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  • il y a 12 heures
Depuis le mois de mai 2025, la journaliste Emma Vinzent partage avec ses abonnés sur Instagram et TikTok de courtes vidéos d’éducation aux médias pour lever le voile sur la fabrique de l’information et interroger les pratiques journalistiques. elle qui a été journaliste pour TF1 et France Télévisions et veut expliquer l'envers du décors.

Et une de ses dernières vidéos risque de faire réagir, car elle explique le "bidonnage" de certaines séquences alors qu'elle était correspondante de TF1 à Lyon.

Elle revient ainsi sur un direct, non daté, réalisé pour le 13h de la Une dans lequel elle fait un point circulation expliquant que les "premiers ralentissements sont en train d'intervenir"... alors que derrière elle la circulation est plus que fuite.

"Je n'assume pas ça !" lance-t-elle aujourd'hui en s'adressant aux internautes, avant d'expliquer pourquoi elle a été obligée de faire ce direct et de raconter ce petit mensonge.

Elle explique ainsi que la direction de TF1, pousse en fait les journalistes en région à "faire du spectaculaire", même quand il ne se passe rien...

Et Emma Vinzent de décrypter le fonctionnement de la rédaction de TF1, expliquant que les reportages en région sont tous réalisés par des sociétés de productions indépendantes qui ont besoin de "faire du chiffre".

Résultat quand la chaîne veut un reportage et lance un thème, c'est la société en région qui sera la première à réagir avec le reportage "le plus spectaculaire" qui remporte le marché et qui sera ainsi payée environ 2.000 euros pour un reportage de 2 minutes.

Dans l'immédiat, la direction de TF1 n'a pas réagit à ces affirmations, qui interrogent sur le fonctionnement et ces méthodes de "mise aux enchères" des sujets pour les régions.

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Transcription
00:00Emma Vincent, vous êtes au péage de Vienne.
00:02Exactement, on est au péage de Vienne, juste avant Lyon, et ça commence déjà à ralentir.
00:06C'est moi, mais j'assume pas.
00:08Je fais un direct pour TF1 sur des bouchons, alors qu'il n'y a de toute évidence absolument aucun
00:11bouchon derrière moi.
00:12Pourquoi est-ce que les journalistes, ils exagèrent tout le temps ?
00:14C'est une excellente question, c'est justement de ça dont je voulais vous parler aujourd'hui.
00:17Vous savez à quel point c'est important de comprendre nos médias,
00:19puisque ce sont eux qui façonnent notre vision du monde et de l'actualité.
00:23Donc aujourd'hui, on va parler un petit peu du système des journalistes correspondants.
00:26J'ai été correspondante en région pour TF1 pendant 3 ans,
00:30et j'ai été leur correspondante en Inde pendant un an.
00:32Vous allez comprendre pourquoi je mets des guillemets.
00:33Quand j'étais correspondante à Lyon pour TF1,
00:35je devais faire des reportages sur l'actualité autour de Lyon pour le journal de 13h et 20h.
00:39Mais, détail hyper important, je n'étais pas directement employée par TF1.
00:44En fait, TF1 fait appel à des sociétés de production,
00:47des entreprises de production audiovisuelle,
00:48pour produire quasiment tous ces reportages en dehors de Paris, en région et à l'étranger.
00:53Chaque société de production est basée dans une ville différente, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux.
00:56Et elles emploient des journalistes, comme moi,
00:58qui doivent produire des reportages pour les JT de TF1.
01:01Ces reportages, ensuite, ils sont vendus par la société de production à TF1.
01:04TF1 va payer environ 2000 euros pour un reportage de 2 minutes.
01:07Et ce système, il permet évidemment à TF1 d'économiser un max de thunes,
01:10puisqu'ils n'ont pas à payer de salariés en région.
01:12Ils peuvent se contenter d'acheter des reportages à l'unité,
01:15quand ils estiment que ça vaut le coup, quand il y a une grosse actu, par exemple.
01:18Mais, puisqu'il y a un mais,
01:19ils posent aussi un certain nombre de problèmes,
01:21notamment à cause de la concurrence qui se crée entre les sociétés de production.
01:24Certains reportages, prenons par exemple la hausse du prix de l'essence,
01:27peuvent techniquement être faits n'importe où en France.
01:30Donc, il faut choisir quelle société de production va le faire.
01:32Ce qui se passe à ce moment-là, c'est que le ou la rédactrice en chef
01:35va passer un coup de fil à tous les bureaux,
01:37en disant, je veux que vous me trouviez des gens pas contents à la pompe,
01:39un patron de station-service,
01:41et c'est le premier bureau qu'ils trouvent qui remporte le droit de faire le reportage.
01:44Et comme les sociétés de production,
01:46elles ont un objectif financier à atteindre chaque mois,
01:48sinon leur boîte, elle coule,
01:49et bien les journalistes, ils ont pas d'autre choix
01:51que d'essayer de trouver exactement ce que le ou la rédactrice en chef a demandé.
01:55Donc, au lieu d'avoir des correspondants qui font remonter ce qu'ils observent sur le terrain,
01:58on a souvent des rédacteurs en chef qui, depuis Paris,
02:02dictent ce à quoi le reportage doit ressembler.
02:04Et c'est ça qui pousse parfois les journalistes
02:06à exagérer ce qu'ils voient sur le terrain
02:08pour pouvoir vendre un sujet de plus.
02:10Donc, d'une part, il y a la question de la ligne éditoriale de TF1.
02:13Oui, c'est une chaîne privée, elle appartient à Martin Bouygues,
02:15mais c'est aussi important de s'intéresser à son modèle économique,
02:18et d'ailleurs, c'est un modèle économique qui est hyper répandu dans les chaînes de télé,
02:21parce que c'est aussi comme ça que certains médias manipulent l'information.
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