- il y a 6 semaines
Ces samedi et dimanche, les adhérents des Républicains étaient appelés aux urnes électroniques du parti pour choisir le mode de désignation de leur candidat à la prochaine présidentielle.
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00:00La chef du service politique est avec nous également. Bonsoir Marie, pour évoquer tout d'abord l'actualité politique de
00:05ce début de soirée.
00:07Les militants, les Républicains, votent, votaient depuis le début du week-end pour choisir un mode de désignation de leur
00:13candidat pour la présidentielle.
00:15Ça y est, les résultats sont tombés.
00:16Absolument, il y a une petite vingtaine de minutes, Marc, et aux surprises, ou pas vraiment, Bruno Retailleau est largement
00:23désigné comme candidat des Républicains
00:25pour l'élection présidentielle, avec ce score qui s'affiche, un peu plus de 73% des voix sur une
00:32participation qui s'établit à près de 60% sur 76 000 adhérents.
00:39On faisait les calculs avec Jean-François Copé en coulisses, avec une participation à cette hauteur.
00:44Des adhérents également qui ont voté, vous le savez, soit pour une primaire ouverte, soit pour une primaire plus fermée.
00:50Ça fait un peu plus de 30 000 voix pour Bruno Retailleau, désigné candidat des Républicains.
00:56Pas de triomphalisme ce soir, il n'y avait rien au siège, pas de déclaration de Bruno Retailleau,
01:02qui s'exprimera sans doute dans les médias à partir de demain.
01:06Pas de triomphalisme donc, la question maintenant est de savoir si le parti va se mettre en ordre de marche.
01:12Derrière son patron, désigné désormais candidat, le communiqué termine par cette phrase.
01:18L'ensemble des cadres et des militants des Républicains sont désormais pleinement engagés pour faire gagner le projet par Bruno
01:24Retailleau.
01:25On peut très clairement quand même en douter quand on voit les déclarations des uns et des autres.
01:30On aura dans quelques instants la première réaction de Jean-François Copé.
01:32Je crois que Valérie Pécresse, la patronne de la région Île-de-France, a réagi déjà ?
01:35Oui, absolument. Réaction extrêmement sobre de la patronne de la région Île-de-France, en effet Valérie Pécresse,
01:43qui dit ce soir qu'à un an de l'élection présidentielle, les Républicains ont fait ce choix clair de
01:48désigner Bruno Retailleau,
01:49porter leurs aspirations. Les LR ont désormais un candidat qui portera leur conviction.
01:54C'est un bon point de départ. Voilà, tout est dans le sous-texte.
02:00C'est une victoire de Bruno Retailleau. C'est un plébiscite, 74%, ou c'est ni l'un ni l
02:07'autre ?
02:07Il est légitimé, mais il n'est pas renforcé. Il est légitimé parce qu'il y avait un scrutin.
02:14Bon, la concurrence n'était pas là, donc le scrutin était a priori relativement facile.
02:19Il n'est pas renforcé, parce que s'il s'agit de dire qu'il tient l'appareil, ben oui,
02:25il tient l'appareil.
02:25Bon, et alors ? Qu'est-ce que c'est que l'appareil ? Qu'est-ce qu'il représente
02:30dans la vie politique ?
02:32Théoriquement, 75 000 personnes, ben on ne les a jamais vus défiler de notre vie.
02:37Donc, oui, il est légitimé.
02:39– Sans plus ?
02:40– Sans plus.
02:41– Jean-François Copé, vous avez voté quoi ? Je peux vous demander ?
02:44– Moi, je n'ai pas participé au vote.
02:48– Ah bon ?
02:48– Je n'ai pas participé au vote, non, je n'ai pas participé au vote,
02:50parce que j'ai considéré que la manière dont les choses s'étaient faites
02:54ne correspondaient pas à ce que je souhaitais du tout,
02:56donc je n'ai pas insisté, mais je ne m'en suis pas mêlé.
02:59Non, mais moi, écoutez, moi d'abord…
03:00– Vous êtes ancien patron du parti, c'était l'ancêtre, vous allez me dire, l'UNP.
03:03Et ne même pas prendre part au vote, l'envoqué a dit, ça ne me va pas, je vais voter
03:06blanc.
03:07– Oui, non, mais je ne l'ai pas fait, je ne l'ai pas fait,
03:09parce que je désapprouvais la méthode, mais puis bon, l'UNP, c'était autre chose.
03:12On avait 400 000 militants et sympathisants, on avait fait la vague bleue des municipales de 2014.
03:16– Il arrivait que les soirs de départage, ça ne se passe pas très bien à l'UNP aussi.
03:20– Oui, pardon de vous rappeler des mauvais souvenirs.
03:22– Non, oui, c'est des souvenirs, c'est la vie politique,
03:25mais en même temps, c'était une époque où nous étions un parti de masse,
03:27pour reprendre la célèbre formule entre parti de cadre et parti de masse.
03:31Non, d'abord, moi je voudrais évidemment lui le féliciter,
03:36lui souhaiter évidemment mes voeux de succès.
03:38– C'est votre candidat maintenant ?
03:39– C'est le candidat de mon parti, c'est clair.
03:41– C'est votre candidat ou pas ?
03:42– Attendez, je vais y venir, c'est le candidat de mon parti.
03:46Après, moi, objectivement, je suis assez inquiet quand même,
03:48enfin, je partage ce qui vient d'être dit par Alain Duhamel,
03:51parce qu'en fait, d'abord, il y a une participation très faible, 60%,
03:56et deuxièmement, surtout, en nombre de voix,
03:58parce qu'en fait, il avait fait 75 000 voix,
04:00et là, si j'ai bien compris, il n'en a fait que 32 000.
04:03L'année dernière, quand il a été élu président du parti,
04:05il a fait 75 000 voix, là, je comprends qu'il n'en a fait,
04:08grosso modo, que 30 000.
04:10– Parce que le corps électoral aussi, Jean-François Côté,
04:12est moins important pour ce deuxième vote.
04:14– Vous savez, on avait beaucoup, beaucoup poussé les gens à réadhérer, etc.
04:19Et donc ça, évidemment, c'est pour moi un motif d'inquiétude.
04:21Mais le vrai sujet, Marc Pauvel, je vous le dis très simplement,
04:24c'est que moi, je souhaite, et je milite pour ça,
04:26comme Valérie Pécresse, comme Xavier Bertrand,
04:29et un certain nombre d'autres, Michel Barnier,
04:30pour qu'il n'y ait qu'un seul candidat de la droite et du centre-droit.
04:33Et ce qui m'inquiète énormément, c'est que les écuries sont lancées.
04:39J'espère que nous allons réussir à faire en sorte qu'à la fin,
04:43c'est-à-dire probablement à la fin de cette année 2026,
04:45il n'y ait bien qu'un seul candidat de la droite et du centre,
04:47parce que sinon, il ne sera pas en finale.
04:49Et là, le risque absolu, c'est une finale Mélenchon-Le Pen.
04:52Et donc pour moi, c'est la principale préoccupation.
04:55– Alain Dommel, est-ce que pour vous, Bruno Retailleau va aller au bout ?
04:59Est-ce qu'il y aura un bulletin Retailleau dans tout juste un an à l'élection présidentielle ?
05:03– Alors ça, c'est beaucoup trop tôt.
05:05À l'expérience, on sait très bien qu'un an avant le scrutin,
05:09tout peut se passer, tout peut être changé.
05:12Des candidats complètement nouveaux peuvent apparaître,
05:16d'autres peuvent disparaître, certains sont marginalisés.
05:19Donc on ne peut absolument pas faire de pronostics.
05:23Bruno Retailleau, c'est un homme politique professionnel de bonne qualité.
05:28Il va mener une campagne, c'est évident.
05:30Mais il n'a le monopole de rien sur la scène politique.
05:35Sur sa droite, il y a le Rassemblement national,
05:38il y a Ciotti, ce qui est à peu près la même chose.
05:42Il y aura forcément un ou deux candidats du centre droit et du centre.
05:48Il y aura forcément un candidat socialiste, social-démocrate.
05:54Il y aura peut-être un ou une écologiste, etc.
06:00Donc ça n'est pas le roi, ça n'est même pas le cavalier.
06:08Au stade où on en est aujourd'hui, c'est une tour.
06:13– Je crois que vous alliez dire un pion.
06:14– Oui, j'y ai pensé, figurez-vous.
06:16– Je crois que tout le monde y a pensé en vous.
06:18– Si je ne l'ai pas dit, c'est que ça aurait été trop réducteur.
06:24Parce que, je répète, c'est un homme politique professionnel de bon niveau,
06:29qui a un parti maintenant qui est derrière lui,
06:33enfin derrière lui, comme on est derrière lui chez les Républicains.
06:37– C'est-à-dire d'une joue et d'une jambe.
06:44Mais c'est quelque chose de modeste, un point de départ modeste.
06:48Moi, je suis comme Jean-François Copé,
06:51j'ai assisté à un certain nombre d'élections
06:54et j'ai regardé depuis bien longtemps le mouvement gaulliste.
06:57Il faut bien se rendre compte que l'ELR aujourd'hui,
07:02c'est un bataillon dans ce qui a été une armée.
07:08– Alors, peut-être pour rebondir sur ce que dit Alain Duhamel,
07:13plusieurs choses.
07:14D'abord, je pense que les Républicains aujourd'hui
07:18ne sont plus un parti gaulliste en fait.
07:20C'est-à-dire que nous avons eu une dynamique gaulliste
07:23avec un socle commun qui était à la fois fort et large,
07:27vous le savez mieux que personne,
07:29avec une capacité de rassembler en fait ce qu'on appelait
07:33les trois droites, c'est-à-dire la droite légitimiste
07:35qui était objectivement toujours la moins importante en nombre,
07:38celle de l'Ouest, plutôt de tradition catholique,
07:40la droite bonapartiste, c'est-à-dire la droite gaulliste
07:43et puis ce qu'on appelait la droite orléaniste,
07:44c'est-à-dire plutôt la droite, j'ai envie de dire,
07:47européenne, libérale et sociale.
07:50Et ça faisait un ensemble qui faisait l'UMP,
07:52avant RPR, UDF et ensuite, à l'initiative de Jacques Chirac, l'UMP.
07:56Bon, c'était un parti de masse qui n'a rien à voir,
07:59on l'a tous bien compris, avec ce que nous vivons aujourd'hui,
08:02à la fois en nombre de militants qui est extrêmement faible,
08:05mais surtout en socle idéologique.
08:08Et tout à l'heure, vous évoquiez le jeu d'échecs
08:10en disant que ce n'est pas un cavalier,
08:12ce n'est même pas un cavalier, c'est une tour,
08:14la tour étant un peu mieux que le cavalier
08:15dans le classement des pièces du jeu d'échecs.
08:17Moi, je pense malheureusement qu'au stade où nous en sommes,
08:19et si nous restons dans la comparaison avec le jeu d'échecs,
08:24nous n'avons pas aujourd'hui de stratégie qui soit lisible.
08:29Et quel est le problème qui est le nôtre aujourd'hui ?
08:31C'est que Bruno Retailleau, qui avait la possibilité,
08:34me semble-t-il, au lendemain de son élection face à Laurent Wauquiez,
08:37de créer à droite une dynamique de rassemblement renouant avec l'UMP,
08:41a fait un autre choix qui est celui de garder une certaine forme
08:43d'ambiguïté avec le Rassemblement national.
08:47Là où nous, nous sommes un certain nombre à dire,
08:49jamais, parce que, et c'est tout l'objet du livre que j'ai écrit
08:53à propos de la dénonciation des populismes,
08:56jamais nous ne céderons à cette dynamique
08:58qui est une dynamique totalement antinomique
09:00avec celle d'un parti de gouvernement.
09:01Je suis tout à fait d'accord sur un point.
09:03Sur l'ambiguïté avec le RN ?
09:04Alors, sur l'ambiguïté, oui,
09:06puisque un de ses thèmes, c'est, je ne dis pas avec le RN,
09:10mais en direction de ce qui est à la droite du parti républicain,
09:13donc qu'est-ce que c'est sinon que l'extrême droite ?
09:16– Voilà. – Bon, visiblement, il est ouvert
09:19et il souhaite, je ne dis pas rapprocher les appareils,
09:24mais rapprocher les électorats.
09:26Bon, et comme au bout du compte,
09:27l'important, ce sont les électorats plus que les appareils,
09:31donc oui, il est, ce qu'on peut appeler, à la droite de LR.
09:36Bon, maintenant, c'est un point de départ.
09:41C'est un homme résolu.
09:44J'ai connu beaucoup, à un an de l'élection présidentielle,
09:48des gens qui avaient, au départ, une base plus étroite que ça
09:52et qui, néanmoins, se sont débrouillés pour, à l'arrivée, pouvoir peser.
09:59Donc, je ne sous-estime pas ce que représente sa candidature,
10:03mais j'insiste sur le fait, mais je crois qu'on est d'accord là-dessus,
10:06que sa base de départ est très étroite.
10:10La base de départ de ce qu'était le parti gaulliste
10:13que j'ai connu dans toutes ces différentes phases,
10:17c'était presque le tiers de l'électorat.
10:20Là, il faut se rendre compte que les LR, aujourd'hui,
10:23c'est entre 5% et 10%.
10:26C'est-à-dire que, pour dire les choses cruellement,
10:29LR, ça n'est qu'une survivance.
10:33– Jean-François Copé, je vous repose la question
10:35que je vous ai posée il y a quelques minutes.
10:36Est-ce que Bruno Retailleau est votre candidat ?
10:38– Alors, aujourd'hui, je vais être très, très direct.
10:42Moi, je n'ai pas choisi celui qui sera le candidat
10:46que je soutiendrai à la présidentielle.
10:47Pour une raison simple, c'est que je ne veux en aucun cas
10:52soutenir un candidat qui pourrait, de près ou de loin,
10:55donner le sentiment aux Français,
10:58en tout cas, moi, je ne le soutiendrai pas,
10:59qu'il pourrait avoir une sorte d'alliance
11:03avec le Rassemblement national.
11:04– Donc, vous lui demandez de clarifier ?
11:06– Bien sûr, mais je ne cesse de le demander.
11:09– À chaque fois, il vous répond en disant
11:10« Rien dans ma vie ne fait que j'ai voté RN ».
11:12– Non, à vrai dire, il ne répond pas.
11:13C'est-à-dire, il nous rend un peu tous malheureux
11:15parce qu'il y a des actes.
11:17Or, très clairement, il y a eu une séquence
11:19durant laquelle son ami et vice-président
11:22François-Xavier Bellamy,
11:24il n'aime pas qu'on le rappelle,
11:25mais enfin, pour moi, c'est un marqueur
11:26et pas que pour moi, d'ailleurs.
11:28Gérard Larcher pense la même chose,
11:30Michel Barnier aussi.
11:31Il a voté la motion de censure
11:34présentée par Bardella au Parlement européen
11:37contre Ursula von der Leyen.
11:39On peut ne pas être d'accord sur tout,
11:40mais c'est le Parti populaire européen,
11:42c'est notre parti en Europe.
11:44Et il n'y a pas eu un moment de désaveu officiel
11:48de la part de Bruno Retailleau,
11:49qui, dans le même temps, a été particulièrement déterminé
11:52à virer, il faut appeler les choses par leur nom,
11:54nos amis ministres LR qui ont participé,
11:57qui participent au gouvernement de Sébastien Lecornu,
12:00alors même que Bruno Retailleau y avait lui-même participé.
12:04Donc, pour moi, ce n'est pas simplement un malentendu,
12:08c'est une ligne politique.
12:09Je vais pardon d'insister, mais si j'ai écrit ce livre
12:12« Les populistes trahissent le peuple »,
12:14c'est parce que je veux engager,
12:17avec la capacité de conviction qui est la mienne,
12:20un combat pour que les Français,
12:22en connaissance de cause,
12:23sachent ce que c'est le risque
12:25de voir le Rassemblement national
12:28ou le LFI au pouvoir.
12:30Non, mais à partir du moment où il est ambigu
12:32vis-à-vis de partis qui ne fonctionnent pas
12:34comme des partis de gouvernement,
12:35parce qu'ils prennent le pouvoir
12:38en instrumentalisant les émotions des gens,
12:41les colères, les frustrations,
12:43on n'est, nous, pas du tout là-dedans.
12:45Nous, on est pour des solutions.
12:46C'est pour ça que j'ai parlé de cette vieille parabole
12:49entre les médecins et les charlatans,
12:51parce que le Rassemblement national, comme LFI,
12:53ne propose que des choses qui ne sont pas réalisables.
12:56Et tout le monde le sait.
12:57Et ça, nous, on ne peut pas s'associer à cette démarche-là,
13:00parce qu'après, au pouvoir, on n'est plus rien.
13:02Ça va vous faire plaisir, Jean-François Copé,
13:03et la première réaction de Bruno Rotaillot.
13:05Donc, après sa désignation par les militants,
13:08les Républicains,
13:10désormais candidat de votre parti à la présidentielle,
13:11il y a en France une majorité nationale
13:13qui ne demande qu'à être réunie.
13:14Ah, pardon, si on me l'enlève,
13:15pendant que je suis en train de le lire,
13:16je ne vais pas y arriver.
13:17Je remercie tous les adhérents, les Républicains,
13:19les cadres de nos fédérations,
13:20et tous les élus qui, une fois de plus,
13:22m'accordent leur confiance en me désignant candidat
13:24à l'élection présidentielle.
13:25Je leur avais promis de leur donner la parole.
13:27Je leur promets désormais d'aller jusqu'au bout
13:29pour faire gagner nos idées.
13:31et la suite du message de Bruno Rotaillot.
13:33Après mon élection à la tête de notre famille politique
13:35il y a un an,
13:36c'est une nouvelle étape décisive
13:37dans la reconstruction et la mobilisation
13:39de la droite française.
13:40Après des élections municipales victorieuses,
13:43notre mouvement est désormais en ordre de marche
13:45pour la campagne de l'élection présidentielle.
13:49Alain Dommel.
13:52Écoutez, il vient de gagner une élection
13:56sans confrontation.
13:57Je mettrai toute mon énergie à fédérer la droite.
13:59C'est pourquoi tu dis que c'est la suite du message.
14:01Je reprends ce que je disais.
14:03Il vient de gagner une élection sans confrontation.
14:06Alors, c'est un succès, certes,
14:08mais c'est un symbole.
14:10Ça n'est pas une victoire.
14:11C'est une image.
14:13Bon, c'est une image qui est en sa faveur,
14:15mais c'est une image et absolument rien de plus.
14:18Maintenant, dire qu'il est susceptible
14:20d'entraîner la droite,
14:22si on considère qu'en France,
14:24il y a une partie importante
14:26et sans doute majoritaire de l'électorat
14:28qui est de droite ou d'extrême droite,
14:31il n'en pilote qu'une petite partie.
14:35Je veux dire, LR aujourd'hui,
14:36c'est ça qu'il faut bien comprendre.
14:38LR aujourd'hui, ça n'est qu'une principauté
14:41dans l'empire politique.
14:43C'est pas une souveraineté.
14:44C'est pas un royaume.
14:46C'est toute la difficulté
14:48à laquelle nous sommes confrontés.
14:49C'est-à-dire que ça ne peut marcher
14:50qu'à partir du moment où Bruno Retailleau,
14:53et c'est ce que nous lui avons dit à quelques-uns,
14:55on a cette expérience,
14:56il faut bien que l'expérience,
14:57ça serve à quelque chose,
14:58nous lui avons dit à plusieurs reprises
15:00qu'il fallait qu'il élargisse
15:02son champ d'intervention,
15:03mais pas avec le Rassemblement national,
15:05parce qu'au Rassemblement national,
15:06les gens disent,
15:07on ne va pas voter pour la copie,
15:08on n'a pas besoin de Retailleau,
15:10puisqu'on a déjà Bardella ou Le Pen.
15:13Donc il faut en revanche qu'il fédère
15:15toute la droite et le centre-droite,
15:16c'est-à-dire des millions de gens...
15:17C'est la copie de Bardella ?
15:18Non, c'est pas ce que je vous dis.
15:20Ah, j'ai malentendu.
15:21Oui, parce que vous aviez votre oreillette en même temps.
15:22Oui.
15:23Donc non, le vrai,
15:24ce que j'ai dit tout à l'heure,
15:25c'est qu'il ne faut pas chercher
15:27à rassembler avec les élus
15:29du Rassemblement national,
15:30et quand on dit qu'on va chercher
15:31des électeurs du Rassemblement national,
15:33je serais heureux qu'ils nous rejoignent,
15:34mais ils ne nous rejoindront pas spontanément.
15:36C'est un vote,
15:36toutes les études le montrent,
15:37qui est aujourd'hui très sanctuarisé.
15:39Les gens qui votent Rassemblement national,
15:41ils vont pas changer de vote
15:42en disant, tiens,
15:42je vais pas voter Bardella
15:44parce que finalement,
15:45je vais voter Rottelayau.
15:46Il n'y a pas de voix de ce côté-là.
15:47En revanche,
15:48il y a toute une offre à reconstruire
15:50autour des partis de gouvernement
15:52sur les décombres du macronisme,
15:53et ça, pour le coup,
15:55c'est un Macron politique de droite
15:57autour du rétablissement de l'ordre,
15:58de la sécurité,
15:59mais aussi du progrès économique,
16:01social, scientifique,
16:02qui n'a rien à voir
16:03avec les charlatans de l'extrême droite
16:05ou de l'extrême gauche.
16:06Parce que dans le livre
16:07que j'ai écrit...
16:08Que vous renvoyez do-à-do
16:08dans votre livre.
16:09Bien sûr, c'est LFI
16:12égale Rassemblement national.
16:13Qui, lui, ne met pas un signe égal
16:15entre les insoumis et le règne,
16:17qui dit que les pires,
16:18ce sont les insoumis.
16:18Pour moi, c'est une différence fondamentale,
16:20car tout le monde sait
16:21qu'il y a une histoire,
16:23que l'histoire de France
16:24n'est pas une page blanche,
16:25et que l'histoire des extrêmes,
16:27le Rassemblement national d'un côté
16:28et LFI de l'autre,
16:29c'est l'extrême gauche
16:30face à l'extrême droite.
16:31Dès la fin du XIXe siècle,
16:33quand on fait un peu d'histoire,
16:34on sait que cela se traduit
16:35par une radicalisation
16:36qui n'a rien à voir
16:38avec ce que nous devons faire
16:39en tant que parti de gouvernement,
16:40qui est de rassembler à droite,
16:42je ne dis pas à gauche,
16:43on ne va pas gouverner avec le PS,
16:44à droite, autour de l'efficacité.
16:47Et c'est tout l'enjeu
16:47de corriger les erreurs
16:49des partis de gouvernement.
16:49Alain Dommel.
16:51Bruno Rotaillot,
16:53compte tenu du statut
16:54qu'il a maintenant,
16:55a vocation à diriger la droite.
16:58Ça ne veut en aucun cas dire
17:00qu'il ait vocation
17:02à diriger le centre-droit
17:04et le centre.
17:05Le centre-droit et le centre,
17:07que ce soit Édouard Philippe,
17:09Gabriel Attal et bien d'autres,
17:11ne sont pas du tout
17:13dans sa mouvance politique.
17:14Ils sont complètement différents.
17:17Autrement dit,
17:18je répète l'image,
17:20le Parti républicain
17:22et Bruno Rotaillot,
17:23c'est une principauté
17:25au sein d'un empire.
17:27Et l'essentiel du centre-droit,
17:31du centre,
17:32d'une partie du centre-gauche
17:33qui n'a pas du tout
17:34envie de rapprochement
17:35avec les écologistes, etc.,
17:37il est à conquérir,
17:39mais pas par lui.
17:40Ça sera peut-être
17:43le maire du Havre,
17:44ça sera peut-être
17:47Gabriel Attal,
17:48ça sera peut-être un troisième,
17:50je n'en sais rien.
17:51– Moi, je ne suis pas sûr.
17:52– Non, mais…
17:53– Je ne suis pas sûr
17:54qu'il y en aura un troisième, en fait.
17:55– Non, moi non plus.
17:56– Parce qu'aujourd'hui,
17:58les autres candidats,
17:58ils n'ont pas malheureusement
17:59de moyens financiers,
18:00ils n'ont pas de parti politique.
18:01– S'il s'agit des moyens financiers,
18:04il n'y a que Renaissance,
18:05c'est-à-dire Attal
18:06à en posséder réellement.
18:07– Et Horizon et LR,
18:09ce sont les trois partis
18:10qui ont du financement public.
18:11– Oui, mais s'il s'agit
18:12d'avoir un patrimoine financier
18:15susceptible…
18:15Non, mais c'est…
18:16Je ne parle pas en l'air
18:18et je ne parle pas
18:19de façon abstraite du tout.
18:21Quand je dis
18:21un patrimoine financier,
18:23susceptible de financer
18:24une campagne présidentielle.
18:26Le seul qui possède…
18:29– Non, tout à fait d'accord.
18:29– Le seul qui est de l'argent de côté,
18:32de façon tout à fait légale,
18:34mais c'est Renaissance.
18:35– Oui.
18:36– Pardon, je vous recommande
18:37un tout petit peu,
18:38Alain Doamel et Jean-François Copé.
18:39Vous avez prononcé
18:39il y a quelques instants
18:40le nom de Jordan Bardella
18:41qui était hier à Milan,
18:43côté de ses alliés
18:45d'extrême droite européens.
18:46Il y avait l'italien
18:47Matteo Silvani.
18:48Matteo Silvani.
18:49Il y avait…
18:50– Qui est vraiment
18:51l'extrême droite
18:51de l'extrême droite.
18:52– Saldini, j'ai arrivé.
18:53Gerd Wilders, le néerlandais.
18:55Ça y est, je parle mieux
18:56le néerlandais que l'italien.
18:57Voici ce qu'a dit Jordan Bardella
18:59hier devant la superbe
19:00cathédrale de Milan,
19:01le Duomo, regardez.
19:03– Nous allons très certainement
19:05rentrer dans les prochains jours
19:06en campagne présidentielle
19:07avec l'espoir que cette victoire française
19:10que nous entendons obtenir
19:11soit aussi une victoire
19:13pour toutes les nations européennes.
19:14La France est l'un des pays principaux
19:17aujourd'hui de l'Union européenne.
19:19et donc un changement
19:20de gouvernement en France
19:21aura évidemment des répercussions
19:23dans le fonctionnement même
19:24de l'Union européenne.
19:26– Jordan Bardella
19:26qui sera reçu demain
19:28par tous les patrons du MLEF.
19:30Il y a quelques jours,
19:30c'est Marine Le Pen
19:31qui a déjeuné
19:32avec une dizaine de grands patrons
19:33dont Bernard Arnault,
19:34l'homme le plus riche de France
19:35qui, pour la première fois,
19:37a accepté de rencontrer
19:38le Rassemblement national.
19:41La victoire est proche, là,
19:42Alain Douamel.
19:43Tous les plafonds,
19:44la stratégie de la cravate
19:45de respectabilité du RN,
19:47ça y est, elle fonctionne.
19:48– Alors, il y a deux choses.
19:50L'une, c'est que depuis des mois
19:52et des mois,
19:53le Rassemblement national
19:54et en particulier,
19:56il faut le reconnaître,
19:57Jordan Bardella,
19:58essayent de lisser
19:59leur position économique.
20:01Au départ,
20:02c'était des positions économiques
20:03qui étaient intenables,
20:05tout simplement,
20:06et pour des patrons,
20:06c'était un épouvantail.
20:08Ils les ont modérés
20:10autant qu'ils ont pu,
20:10ils les ont peut-être maquillés,
20:12ça je n'en sais rien,
20:12mais le fait est
20:13qu'ils ne sont plus regardés
20:14de la même façon.
20:16Ils ne sont plus regardés
20:17comme une incarnation diabolique.
20:20Alors, à partir de ce moment-là,
20:22le patronat les rencontre
20:24comme le patronat rencontre
20:25tout le monde,
20:26mais j'ai toujours connu
20:27le patronat rencontrant
20:28des dirigeants très à droite.
20:31Vous comprenez officiellement ?
20:34Officiellement,
20:35peut-être moins qu'aujourd'hui,
20:36mais enfin moi,
20:37je les ai connus comme ça.
20:38Ce qui ne veut pas dire
20:40qu'ils n'avaient pas...
20:41Et également,
20:43non seulement des contacts,
20:45alors pour le coup,
20:47institutionnels avec le centre,
20:49mais aussi des contacts
20:50avec la gauche.
20:51Le patronat,
20:52il est d'abord pragmatique.
20:54Le patronat,
20:55il pense d'abord
20:56à ses entreprises.
20:57Donc, il rencontre
20:58ceux qui ne sont pas
21:01incompatibles
21:01avec ses intérêts
21:02parce qu'ils considèrent
21:03qu'il vaut mieux
21:04les connaître
21:04que pas les connaître.
21:06Bon, c'est pas nouveau.
21:08Je vais vous dire,
21:09c'était déjà comme ça
21:10en 1936.
21:11Ah !
21:12Est-ce que c'est un cadeau
21:13fait au RRF
21:14le fait d'être reçu
21:14en grande pompe
21:15par le MEDEF ?
21:16Il y a deux choses
21:16dans votre question.
21:17Il y a la crédibilité économique
21:19du Rassemblement National
21:20et il y a le comportement
21:21du patronat.
21:22Moi, je suis assez d'accord
21:23sur le fait que,
21:23après tout,
21:24si les patrons souhaitent
21:25rencontrer les dirigeants
21:27pour voir ce qu'ils ont à dire,
21:28pourquoi pas ?
21:29Une chose est de les rencontrer,
21:31une autre est de les financer.
21:33Vous évoquez les années 30,
21:35vous avez tout à fait raison.
21:36Chacun se souvient,
21:37pour ceux qui connaissent
21:38un peu l'histoire.
21:39Moi, je me l'inite beaucoup
21:39pour que les hommes politiques
21:41connaissent l'histoire
21:42parce qu'on nous demande
21:43de connaître beaucoup de choses.
21:44Vous avez du travail.
21:45Oui, je l'ai écrit.
21:48On est obligé de savoir
21:49plein de choses
21:50sur les finances publiques,
21:51le droit, etc.
21:52Mais moi, je crois beaucoup
21:53à la profondeur historique.
21:54Je voudrais rappeler
21:55que dans les années 30,
21:56il y avait des patrons
21:56qui recevaient déjà
21:58des responsables
21:59d'extrême droite.
22:00La vérité,
22:01c'est qu'il y en a
22:01qui les finançaient.
22:02Par exemple,
22:03un parfumeur célèbre,
22:05François Coty,
22:06qui finançait les lits,
22:07qui finançait les Cagoulard.
22:09Et il y a toujours eu,
22:11et malheureusement,
22:12toujours aujourd'hui,
22:12des patrons
22:13qui ne se font pas
22:14que rencontrer,
22:15qui financent
22:16l'extrême droite.
22:17Ça, c'est ma première remarque.
22:18Ma deuxième remarque...
22:19Mais ils sont minoritaires
22:20aux patronats.
22:20Oui.
22:20Ceux qui financent.
22:21Ils sont très minoritaires.
22:22Ceux qui rencontrent
22:23sont nombreux.
22:24Ceux qui passent à la caisse
22:26sont beaucoup moins nombreux.
22:27Mais c'est vrai
22:28que de nos jours,
22:29il suffit qu'un seul
22:30ou deux mettent
22:32beaucoup d'argent
22:33et ça règle le problème.
22:34Et nous le voyons
22:34des médias
22:35dans tous les sens.
22:36Bon, parfait.
22:37Ça, c'est ma première remarque.
22:38Ma deuxième remarque,
22:39c'est celle du double langage.
22:40Voilà.
22:41C'est-à-dire que
22:41ce que j'essaie d'expliquer
22:43dans mon livre,
22:43c'est qu'en fait,
22:45la stratégie
22:46de l'extrême droite,
22:47c'est une stratégie
22:48de double langage.
22:48C'est-à-dire que vous avez
22:49d'un côté...
22:50On met des cravates,
22:51on est bien élevés,
22:51on aime les enfants,
22:52on aime les animaux.
22:53Il paraît que maintenant,
22:53à l'extrême droite,
22:54on aime même les Juifs.
22:55Formidable.
22:56Mais je rappelle juste
22:56un petit détail,
22:57c'est que quand on est
22:58à l'Assemblée nationale
22:59et qu'on est député RN,
23:00on vote avec les LFI,
23:01avec LFI,
23:0340 milliards de hausses d'impôts
23:04sur les entreprises.
23:05Et moi, j'espère
23:06que les entrepreneurs
23:08qui voient Mme Le Pen,
23:09dont j'ai compris
23:10qu'ils avaient dit
23:10qu'ils avaient été consternés
23:11par son discours,
23:12voyant M. Bardella
23:13qui va leur dire
23:14« Mais moi, j'adore les entreprises,
23:20ont voté les 40 milliards
23:21de hausses d'impôts
23:21aux entreprises quand même. »
23:23Pourquoi je vous dis ça ?
23:23C'est parce qu'on est
23:24exactement dans la dialectique
23:26que je décris
23:26quand je parle des charlatans.
23:27C'est-à-dire que ce sont des gens
23:29qui sont dédiés
23:30à s'emparer du pouvoir
23:31en jouant sur les émotions
23:33de la population,
23:34la colère,
23:35la frustration,
23:36la peur,
23:37ce qui les rend
23:37totalement incompatibles
23:39parce que quand ils sont au pouvoir,
23:40on le voit avec Trump,
23:41ils sont obligés
23:42de faire dans la surenchère
23:43et ça donne les fiascos
23:44qu'on voit.
23:45Ou alors le reniement total
23:46comme Mélanie
23:46qui a régularisé
23:48des centaines de milliers
23:51d'irréguliers.
23:52Je me tourne un tout petit peu
23:54vers l'Indo Amel.
23:55Ce débat,
23:55il dure depuis des années.
23:57Est-ce que le programme économique
23:58du RN
23:59est de gauche,
24:00le RN ouvrier du Nord
24:02ou est-ce qu'avec
24:03Jordan Bardella,
24:04il est en train
24:04de se droitiser ?
24:06Essayez par rapport
24:07à il y a 10 ans,
24:08il s'est évidemment droitisé.
24:10Ça, c'est bien clair.
24:13Cela dit,
24:14la question n'est pas
24:15de savoir
24:15s'il modère ses thèmes.
24:17la question est de savoir
24:19s'il a un programme économique
24:21simplement
24:23susceptible
24:23de fonctionner
24:24ou pas.
24:25Et votre réponse ?
24:25Ma réponse,
24:26c'est non.
24:27Ma réponse,
24:28c'est jusqu'à présent,
24:28je n'ai jamais vu
24:29l'extrême droite
24:31proposer
24:31un programme économique
24:33susceptible
24:33de fonctionner
24:34dans une société
24:36libérale
24:37et dans un environnement
24:38à la fois européen
24:39et mondial.
24:40On a un bon exemple.
24:41Est-ce que vous dites
24:42comme Jean-François Copé,
24:43si demain on donne
24:44les clés de l'Elysée
24:45au Rassemblement national,
24:46ce sera des impôts en plus
24:47pour les entreprises ?
24:48Jean-François Copé
24:49rappelait les 40 milliards
24:50d'euros qui finalement
24:52n'ont pas été votés
24:52lors du budget.
24:54Votés par les députés Rennes
24:54mais pas retenus dans la...
24:55Votés en même temps
24:56que les LFI.
24:57Mais pas dans la version finale.
24:58Moi, ça n'est pas du tout
24:59ma thèse.
25:00Ma thèse,
25:00c'est que si Bardella
25:02a gagné,
25:02ce qui est tout à fait
25:04dans l'ordre des choses
25:05possibles,
25:06je ne dis pas probable
25:08mais très possible,
25:09s'il gagnait,
25:10je suis persuadé
25:11que son programme
25:12deviendrait radical socialiste
25:14dans l'heure.
25:16Pourquoi ?
25:17Écoutez,
25:17alors là,
25:17moi je vais vous dire
25:18une chose,
25:19s'il y a bien un risque
25:21que j'invite les Français
25:22à ne jamais prendre,
25:23c'est celui d'essayer.
25:25Non mais si vous avez pensé
25:28que je les encourage
25:29à essayer,
25:30c'est que je me suis mal exprimé.
25:31Parce que,
25:32moi je vais vous dire
25:33une chose,
25:34le principal reproche
25:35qui est fait
25:36par les Français
25:36au parti de gouvernement,
25:38c'est de dire
25:38vous ne faites jamais
25:39ce pourquoi on vous a élu.
25:40Donc si vous dites
25:42qu'eux,
25:42à l'extrême droite,
25:44s'ils sont élus,
25:44ils vont être radical socialistes,
25:46ou radicaux socialistes,
25:47en réalité,
25:48moi je ne pense pas du tout.
25:49Parce qu'ils seront
25:50tellement tenus
25:51par leur base,
25:52comme les Trump
25:53avec sa base américaine,
25:55son électorat américain,
25:56que le risque
25:57est absolument majeur
25:58de toutes les tensions.
25:59Car on oublie
26:00un petit détail,
26:00c'est qu'en Embuscade,
26:01de l'autre côté,
26:02vous avez LFI,
26:03c'est-à-dire des troupes
26:04mélenchonistes
26:05inattentes que ça,
26:06pour radicaliser la rue.
26:07Et donc nous allons être
26:09pris en étau
26:09avec une situation
26:11qui sera absolument
26:12intenable.
26:13Intenable.
26:14Alors, deux choses.
26:15Que sur le plan politique,
26:17l'hypothèse de la victoire
26:18de Jordan Bardella
26:20et de son parti
26:21se traduise
26:22par des tensions sociales
26:23infiniment plus fortes
26:25que celles que l'on connaît,
26:26d'autant plus qu'en ce moment
26:27elles ne sont pas
26:27particulièrement fortes,
26:29elles le deviendraient
26:30inéluctablement.
26:31Là, je suis complètement d'accord.
26:33Maintenant,
26:34mon hypothèse,
26:35je dis que c'est une hypothèse,
26:36je ne dis pas que c'est une certitude
26:38et encore moins une démonstration,
26:39mais mon hypothèse
26:41est qu'un rassemblement national,
26:43si par hypothèse
26:44il l'emportait,
26:46la première des choses
26:47qu'il ferait,
26:47c'est d'effacer
26:48les trois quarts
26:49de son programme économique.
26:50Oui.
26:51Pour essayer,
26:52essayer, je dis bien,
26:53d'éviter les ennuis
26:55et il risquerait
26:57de faire quelque chose
26:58qui serait non pas
26:59contre les entreprises,
27:01mais qui serait pour le coup,
27:02et j'en reviens
27:04à votre livre,
27:04qui serait un populisme
27:08civilisé,
27:10domestiqué,
27:11apprivoisé.
27:12Voilà,
27:12un populisme
27:14apprivoisé.
27:14À mon avis,
27:15les deux mots
27:15ne sont pas compatibles.
27:16Mais si on prolonge un peu,
27:18laissons de côté
27:18les impôts
27:19qui, on l'a vu,
27:20quand ils se lâchent,
27:21c'est de la folie.
27:22Mais il y a un autre sujet
27:23qui est celui
27:24de la dépense publique.
27:25Moi, ce qui m'a beaucoup frappé,
27:26c'est de voir
27:27que dans ce domaine,
27:28en réalité,
27:29les mêmes
27:29qui ont voté
27:3040 milliards de hausses d'impôts
27:31ont été incapables,
27:32je parle du RN,
27:32qui avaient tout loisir
27:33de se montrer responsable
27:34dans le débat budgétaire,
27:35de proposer des baisses
27:36de dépenses publiques.
27:37Les seules baisses
27:38de dépenses publiques
27:38qu'ils proposent,
27:39c'est totalement,
27:40et tout le monde le sait,
27:43impossible à réaliser,
27:45sinon vous pensez bien
27:46qu'on l'aurait fait
27:46depuis longtemps,
27:47c'est de dire
27:48on va arrêter
27:49les aides à l'immigration
27:49et arrêter les aides
27:50à l'Union européenne.
27:51On peut gagner
27:52quelques milliards
27:53et il faut le faire,
27:54mais tout le monde sait
27:54que ça n'est pas crédible.
27:56Et puis qu'on en perd
27:56quelques-uns aussi.
27:57Exactement,
27:58mais dans le même temps,
28:00qu'est-ce que vous entendez
28:00du RN ?
28:01Pas de réforme des retraites,
28:03je rappelle qu'ils ont absolument
28:05fait toutes les options,
28:06on descend à 60 ans,
28:07puis on veut bien aller
28:07à 62 ans,
28:08alors que tout le reste
28:09de l'Europe est à 67 ans.
28:10Sur les baisses
28:11de dépenses publiques,
28:12pas un mot sur la réforme
28:13des fonctionnaires,
28:14alors qu'on sait très bien
28:15qu'il y a des économies
28:16à réaliser,
28:16parce qu'ils se disent
28:17que c'est peut-être
28:17leur électorat,
28:18et en réalité,
28:19tout est pareil.
28:20Et donc je vois bien
28:21derrière tout ça
28:22qu'ils ne sont absolument
28:24pas préparés
28:25à prendre les décisions
28:26nécessaires
28:26pour sauver notre pays.
28:27Et c'est ça que je trouve
28:28extrêmement grave,
28:30et c'est pour ça
28:31que la campagne
28:31pendant l'année qui vient
28:32doit servir à ça,
28:33à alerter.
28:34Alors, on peut tout à fait
28:36soutenir votre thèse
28:37et engager votre campagne,
28:41voire votre croisade,
28:42pourquoi pas ?
28:44Cela étant,
28:44quand je me rappelle,
28:45je me rappelle assez bien,
28:47ce qu'ont été par exemple
28:49les débats au Sénat,
28:51qui est censé être
28:52l'endroit de la réflexion,
28:54quand même,
28:55et où on prend son temps,
28:56où on connaît les choses,
28:57où on a de l'expérience,
28:59etc.,
28:59quand je me rappelle
29:00le comportement du Sénat
29:01pendant le dernier projet
29:03de budget,
29:05je me dis qu'il n'y a pas
29:07que le problème
29:08du Rassemblement national
29:09en ce qui concerne
29:10la démagogie.
29:11– Oui, très bien.
29:13– Ah bah non,
29:14pas très bien.
29:14– Non, mais oui.
29:15– Très mal.
29:16– Oui, en même temps,
29:17le Sénat a présenté
29:18quand même un contre-budget
29:19dans lequel il y avait
29:19beaucoup de baisse de dépense
29:20quand même.
29:21Souvenez-vous.
29:21– Et il y avait énormément
29:22de baisse de dépense,
29:24dont très peu applicables.
29:26– On peut en discuter,
29:27mais en tout cas,
29:28il y avait une vraie démarche politique
29:29de baisse de dépense.
29:30– Oui.
29:31– Moi, ce que je pense,
29:33pour prolonger notre échange là-dessus,
29:35c'est qu'en fait,
29:36ça n'exonère pas du tout
29:37les partis de gouvernement.
29:38– Ah bah évidemment.
29:39– De faire tout un travail
29:41de reprise en main idéologique,
29:43parce que si on ne le fait pas,
29:44effectivement,
29:44on va laisser tout l'espace
29:46aux extrémistes.
29:47– Je ne vous dirai pas le contraire.
29:48– Jean-François Copé,
29:50dans votre livre,
29:50donc « Quand les populistes
29:51trahissent le peuple »,
29:52vous renvoyez dos à dos
29:53insoumis et RN
29:54en disant que c'est la même chose.
29:55S'ils arrivent au pouvoir,
29:57ils trahiront leurs paroles.
30:00– Et le peuple.
30:01– Et le peuple.
30:01Sur ce mot « populiste »,
30:03est-ce que c'est un gros mot
30:04pour vous, « populiste » ?
30:06Ou est-ce que,
30:06j'espère que je ne vais pas
30:07faire bondir à l'indemnée,
30:09mais est-ce qu'après tout,
30:10quand De Gaulle faisait
30:10des référendums,
30:11ce n'était pas une forme
30:12de bon populisme ?
30:14– Non, non,
30:14il n'y a pas de bon
30:15ou de mauvais populisme.
30:16– Ce n'est pas bien
30:16parce que ça ne peut pas
30:17être bien des populistes.
30:18– Le mot est un mot péjoratif
30:19qui en fait décrit
30:20une attitude politique
30:21qui a été utilisée
30:23dans toute l'histoire
30:23de la démocratie
30:24par des partis extrémistes
30:26dont la stratégie consiste
30:28à exploiter les émotions,
30:31la peur, la frustration
30:33et la colère de la population
30:35pour générer,
30:37autour de ce mécontentement,
30:39des voix et renverser
30:41les partis de gouvernement.
30:42La difficulté,
30:43c'est pour ça que je l'oppose.
30:44Les partis de gouvernement
30:44c'est toujours plus dur pour nous
30:45parce qu'en fait,
30:46nous on a besoin de démontrer
30:47qu'il y a une indulgence
30:49pour les partis populistes
30:50et une exigence
30:51pour les partis de gouvernement.
30:52– Indulgence de qui ?
30:53– Quand Mme Le Pen
30:54ou M. Mélenchon
30:55sortent des énormités,
30:56enfin on en a plein d'exemples,
30:57M. Mélenchon qui insulte
30:59les juges,
31:00dit la République c'est moi
31:01en hurlant
31:02quand Mme Le Pen
31:03sort des chiffres…
31:05– Ça n'est pas
31:05une politique économique.
31:06– Non, mais là
31:07on a quitté l'économie
31:08pour parler de politique.
31:09Quand Mme Le Pen
31:10sort des chiffres
31:11absolument énormes
31:12des mesures
31:13qui ne tiennent pas la route…
31:14– Alors je vais peut-être
31:15vous contredire
31:15mais il y a un responsable politique
31:17assez récemment
31:18qui a sorti des chiffres
31:19qui se sont révélés
31:19complètement faux,
31:20c'est quelqu'un de Vodcan,
31:22Laurent Wauquiez
31:22qui a dit
31:23il y a 3 milliards
31:24à trouver de surplus fiscal
31:26dans les carburants
31:27et il a reconnu
31:28quelques semaines après
31:29que c'était 200 millions.
31:30– Non mais il peut arriver
31:30que malheureusement…
31:31– Tout le monde peut se tromper aussi.
31:32– Non mais là
31:33je ne parle pas d'une erreur.
31:34Dans le cas de Mme Le Pen
31:35ce n'est pas une erreur,
31:35dans le cas de Mme Le Pen
31:40il y a toujours quelqu'un
31:41pour dire non mais c'est normal
31:42c'est Le Pen,
31:43c'est Mélenchon,
31:44ils exagèrent.
31:45Moi je l'ai dit
31:45quand je fais une erreur
31:47de prise sur le pain au chocolat
31:48j'ai 6 mois de campagne de presse
31:49et c'est normal
31:49j'ai fait une énorme…
31:50– Un peu plus même.
31:51– Même plus,
31:51ça revient.
31:52Mais puis moi-même
31:53je dois dire
31:53que je suis devenu nostalgique.
31:54Mais pourquoi je vous dis ça ?
31:56C'est parce que l'exigence
31:57de précision
31:58qui est demandée
31:58au parti de gouvernement
31:59et qui n'est jamais demandée
32:01au parti populiste
32:01est une des marques de fabrique
32:03de cet affrontement impossible.
32:04Un débat
32:05entre un responsable
32:06de gouvernement
32:06et un parti
32:07et un candidat LFI
32:08ou RN
32:09est horriblement difficile.
32:10– Ça veut dire
32:10que la bataille est perdue pour vous ?
32:11– Non.
32:12– Non.
32:12– Heureusement que non.
32:14Ce n'est pas qu'elle est perdue.
32:15C'est qu'il faut la mener
32:16et qu'il faut la mener
32:17sans complaisance.
32:17Ce que je veux dire par là
32:19c'est que
32:20imaginez
32:20que ça peut marcher
32:21en s'alliant
32:22avec le RN
32:23quand je vois l'état du PS
32:24qui s'est littéralement
32:26couché devant LFI
32:27et qui du coup
32:27a renoncé à la laïcité
32:28qui a renoncé
32:29à toute l'ADN
32:30de son histoire
32:31pour sombrer
32:31dans le communautarisme
32:32de Mélenchon
32:33qui fait
32:34tout un travail
32:35de récupération
32:36assez lamentable
32:37d'ailleurs
32:37d'une partie
32:38de nos concitoyens
32:39de confession musulmane
32:40alors qu'au contraire
32:41la meilleure marque
32:42de considération
32:42c'est de leur dire
32:43vous êtes
32:44avant d'être musulman
32:45vous êtes des citoyens
32:45comme je le fais à mot d'ailleurs
32:47vous êtes des citoyens engagés
32:48et vous devez vous engager
32:49pour votre famille
32:51pour votre pays
32:52virgule la France
32:53ce discours-là
32:54quand il est tenu
32:55par des partis de gouvernement
32:56comme par hasard
32:57ce n'est plus la même chose.
32:58– Alors d'Amel
32:58est-ce que la France
32:59est condamnée
32:59comme beaucoup de pays
33:01à travers le monde
33:02à aller vers le populisme ?
33:04– La France
33:05est menacée
33:06comme tous les pays
33:08libres d'ailleurs
33:08est menacée
33:09par des vagues populistes
33:11ce n'est pas
33:11la première fois
33:12que ça se produit
33:13elle est particulièrement
33:15forte cette fois-ci
33:16ça ne veut pas dire
33:17qu'elle l'emportera
33:18mais c'est très possible
33:19que l'année prochaine
33:20on ait un président
33:22ou une présidente
33:23populiste
33:24c'est tout à fait possible.
33:25– Vous mettez les mêmes
33:25que Jean-François Copé
33:26dans la case populiste
33:27et les FIRN ?
33:28– Non je ne les confonds pas
33:29parce que je trouve
33:30qu'ils n'ont absolument
33:31rien de commun
33:33les insoumis
33:34rêvent
33:35mais expliquent leur rêve
33:36d'une société
33:37complètement différente
33:39qui à mes yeux
33:40n'a aucune chance
33:40de jamais se produire
33:41mais enfin bon
33:42ils rêvent ça
33:43ils rêvent ça
33:45l'extrême droite
33:46et les populistes
33:47de droite
33:48eux
33:48ils ne veulent pas
33:49changer la société
33:50ils veulent à la fois
33:52la gâcher
33:52et la mollir
33:53c'est pas la même chose
33:54ils veulent rendre
33:55tout difficile
33:56ils vont
33:57ils sont quoi ?
33:59les insoumis
34:00ce sont des partisans
34:01de la rupture
34:02les populistes
34:04de droite
34:04en fait
34:05ce sont
34:06à la fois
34:07des opportunistes
34:08et par-dessus tout
34:09des démagogues
34:11le populisme
34:13de droite
34:13c'est la démagogie
34:15Alain Duhel
34:15moi j'ai une divergence
34:17absolument majeure
34:18avec vous sur ce point
34:19c'est dommage
34:19qu'on n'ait pas commencé
34:20plus tôt
34:20je pense
34:22qu'il y a
34:23un signe égal
34:24à mettre
34:24entre LFI
34:25et l'ORN
34:25et je vais vous dire
34:26quel est mon point de vue
34:27là-dessus
34:27c'est que l'un comme l'autre
34:29en fait
34:30sont liberticides
34:31car ils ont besoin
34:32d'assumer
34:33une forme de dictature
34:35dans leur manière
34:36de gouverner
34:36et regarder
34:37comment Mélenchon
34:38dirige l'extrême gauche
34:39aujourd'hui
34:40la violence
34:41et la brutalité
34:41l'éradication systématique
34:43des concurrents
34:44je me rappelle
34:44l'histoire du parti gaulliste
34:46ah si
34:48vous étiez trop jeune
34:49probablement
34:50mais moi je me la rappelle
34:50c'est pas parce que je suis trop jeune
34:51que je connais pas mon histoire
34:53je peux pas vous suivre
34:54comparer le général de Gaulle
34:55à Mélenchon
34:56ça je vais pas y arriver
34:57mais ça n'est pas ce que j'ai fait
34:58bah
34:59non
34:59je dis que dans l'histoire
35:01du parti gaulliste
35:02et le populisme
35:04et l'autoritarisme
35:06ça a été pendant des décennies
35:08la définition
35:10pendant des décennies
35:11oui avec à chaque fois
35:12quand même des rendez-vous électoraux
35:16personne ne veut supprimer
35:17les élections
35:18mais j'entends
35:18aujourd'hui
35:19à travers la démarche
35:20de Mélenchon
35:21une approche radicale
35:23extrêmement violente
35:24qui n'a absolument
35:26rien à voir
35:27avec l'histoire du parti gaulliste
35:29alors d'abord
35:30je vous ai pas dit
35:32que c'est la même chose
35:32je vous ai jamais dit
35:34Mélenchon c'est De Gaulle
35:35ou c'est Pompidou
35:36ou c'est Perfitte
35:37ou c'est Chirac
35:38je vous ai jamais dit ça
35:39non j'ai pas dit
35:41mais Mélenchon
35:41il veut pas gagner le pouvoir
35:42par le combat physique
35:44dans la rue
35:45il veut gagner des élections
35:46je pense qu'il ne les gagnera
35:48jamais
35:48si vous trouvez
35:49qu'il instrumentalise
35:50pas la rue
35:51et que comme par hasard
35:52la violence
35:53quand elle est menée
35:53par des groupuscules
35:54d'extrême-beaut
35:54s'il leur pauvre
35:55toutes les excuses
35:56écoutez regardez
35:57ce qui se passe
35:58avec Jeune Garde
35:58d'abord je l'ai regardé
36:01aussi attentivement
36:02qu'il a cautionné
36:03qu'il a blanchi
36:04le député concerné
36:06revenu tranquillement
36:07dans l'hémicycle
36:07qu'est-ce qu'on aurait dit
36:08si ça avait été
36:09quelqu'un de droit
36:10ça que le député en question
36:11aurait mieux fait
36:12d'aller planter ses choux ailleurs
36:13son chef Mélenchon
36:15ne l'a jamais désavoué
36:16attendez parce que
36:16vous avez répondu
36:17un dernier mot là-dessus
36:18Alain Doamel
36:18parce que je voudrais
36:19on parle un truc
36:19que le député en question
36:21effectivement n'ait pas sa place
36:22à l'Assemblée nationale
36:23je suis complètement d'accord
36:24mais présenter aujourd'hui
36:27le débat politique en France
36:28comme ayant des formes
36:30d'affrontements physiques
36:31massiques dans la rue
36:32ça n'existe pas
36:33et Dieu merci
36:34et Dieu merci
36:35mais par contre
36:35tout est fait du côté
36:36de l'extrême-gauche
36:37pour le faire
36:38tout est
36:40le risque existe
36:41des deux côtés
36:42de l'extrême-gauche
36:44et de l'extrême-droite
36:45simplement l'extrême-droite
36:47est beaucoup plus puissante
36:49que l'extrême-gauche
36:49je voudrais qu'on dise
36:50un mot messieurs
36:51d'un homme
36:52qui n'a pas passé
36:52une très très bonne semaine
36:53qui est Premier ministre
36:54qui s'appelle
36:54Sébastien Lecarnu
36:55qui a dû annoncer
36:57successivement
36:58le report
36:59voire l'enterrement
37:00de la loi Yadant
37:01qui devait lutter
37:01contre les nouvelles formes
37:02d'antisémitisme
37:03l'enterrement des ZFE
37:05les zones à faible émission
37:07qui ont été abandonnées
37:08par le Parlement
37:09et le recul sur la loi
37:11qui devait autoriser
37:13de nombreux commerces
37:14à ouvrir leurs portes
37:15le 1er mai prochain
37:16finalement ce sera
37:17la version rétrécie au lavage
37:18pour le 1er mai prochain
37:20seuls les artisans boulangers
37:22et les artisans fleuristes
37:24pourront ouvrir
37:25mais le Premier ministre
37:26est quand même venu
37:27l'annoncer lui-même
37:28regardez
37:30un projet de loi de sécurisation
37:31qui va être présenté
37:33par le Conseil des ministres
37:34avec des critères assez simples
37:37boulangerie, fleuristes, artisanaux
37:39permettant de faire travailler
37:41les salariés sur la base
37:42du volontariat
37:43et en les payant double
37:44voilà
37:45je voudrais juste
37:46qu'on s'arrête sur cette image
37:47parce qu'on a l'impression
37:47d'une très grosse annonce
37:49on a, je sais bien compter
37:51deux, trois ministres
37:52dont l'Inde
37:53avec des lunettes noires
37:54qui viennent donc nous annoncer
37:56que la loi
37:57qui devait changer
37:58beaucoup de choses
38:00voilà
38:00ne va pas rentrer
38:01en vigueur
38:02donc ça va être limité
38:02aux boulangers
38:03et aux artisans
38:04ça veut dire qu'on a un Premier ministre
38:05qui a peur de son nombre
38:06aujourd'hui Alain Demel
38:07ou au contraire
38:08il a bien fait d'entendre
38:09la colère des syndicats
38:11et de la gauche
38:11je pense qu'il a bien fait
38:12de reculer par rapport
38:13à ce qu'il avait dit au départ
38:14je pense qu'il a eu tort
38:15de dire au départ
38:16ce qu'il a dit
38:17bon
38:18cela étant
38:18il ne faut pas du tout
38:20être hypocrite
38:20enfin j'essaye en tout cas
38:21de ne pas du tout
38:22être hypocrite
38:23on a un Premier ministre
38:24qui a des qualités personnelles
38:25à mes yeux évidentes
38:27qui est assez adapté
38:28aux circonstances
38:29dans la mesure
38:30où il est ce qu'il y a
38:31de plus modeste
38:32comme chef de gouvernement
38:34dans une période
38:35où le gouvernement actuel
38:37est ce qu'il y a
38:37de plus modeste
38:38dans la vie politique
38:39et pendant une durée
38:41d'un quinquennat
38:43qui est aussi
38:44ce qu'il y a
38:44de plus modeste
38:45dans notre histoire politique
38:46récente
38:47donc il ne faut pas
38:48le transformer
38:49il ne faut pas faire semblant
38:50de croire
38:50que c'est un tigre
38:51ça n'est pas un tigre
38:53c'est quoi un chaton
38:54c'est pas un chaton
38:56il a ses griffes
38:57d'ailleurs il le montre
38:58assez bien
38:58dans les débats
38:59à l'Assemblée
39:00mais
39:01c'est un chat
39:03Ramin Agrobis
39:04bon
39:04c'est un chat
39:06c'est un chat
39:06Sébastien Lecornu
39:07je suis incapable
39:09de faire ce genre
39:09de comparaison
39:10la seule chose
39:11que je puisse dire
39:11c'est que
39:13c'est pas simplement
39:14un gouvernement modeste
39:15en fait
39:15nous payons
39:16au prix fort
39:17le fait d'avoir
39:18un système politique
39:19totalement dysfonctionnel
39:20depuis cette catastrophique
39:22dissolution de 2024
39:23la 5ème république
39:25historiquement
39:26comment elle a fonctionné
39:27sur deux principes
39:28premièrement
39:28il faut une droite
39:29de gouvernement
39:30une gauche
39:30de gouvernement
39:30et deuxièmement
39:33une majorité absolue
39:34à partir du moment
39:35vous n'avez pas
39:35de majorité absolue
39:36vous payez au prix fort
39:38et ce jusqu'au bout
39:39c'est pour ça
39:40que cette descente
39:40aux enfers
39:41ça veut dire qu'il n'y a plus rien
39:42qui va passer
39:42jusqu'à la présidentielle
39:43tout ce qui est un peu irritant
39:45écoutez
39:46vous le voyez bien
39:48qu'on compte tous autant
39:49pour une loi
39:50sur l'antisémitisme
39:51pourquoi on le fait
39:52parce que l'extrême gauche
39:53a mobilisé
39:54toutes ses troupes
39:54avec des pétitions
39:56dans tous les sens
39:56et que les moyens politiques
39:57les conditions politiques
39:58ne sont pas réunies
40:00mais on voit bien
40:01derrière tout ça
40:01qu'est-ce qui est en jeu
40:02c'est que c'est une descente
40:04aux enfers
40:04depuis la dissolution
40:06que monsieur Macron
40:07impose à notre pauvre pays
40:09et ça va durer encore un an
40:10au moment où
40:11les périls économiques
40:13européens et mondiaux
40:14sont considérables
40:15et on est nous
40:15très fragilisés
40:16par cette situation
40:17mais il n'y a aucune raison
40:18que ça s'arrange
40:19avant mai 2027
40:20il ne va plus rien se passer
40:21Alain Doamel
40:21je ne dis jamais ça
40:22parce que
40:23quand on fait des pronostics politiques
40:25on est sûr d'être démenti
40:26d'une manière ou d'une autre
40:27je ne pense pas
40:28qu'il ne se passera rien
40:29en revanche
40:30il se passera même des choses
40:32et en particulier
40:33en particulier
40:34j'attends non pas
40:35avec impatience
40:35mais avec appréhension
40:37la préparation du prochain budget
40:39qui va être
40:40pas du tout
40:41quelque chose
40:42de superficiel
40:43ça sera un choix
40:44très difficile à faire
40:46il va être absolument
40:47faisable
40:48il va être très compliqué
40:49parce qu'on sera
40:50à quoi
40:50c'est moi
40:51de la présidentielle
40:51il va être très compliqué
40:51mais il n'est pas évitable
40:53donc voilà
40:54il faudra gérer la complication
40:55ou gérer la complexité
40:57comme on veut
40:57enfin les deux en réalité
40:58bon
40:59pour le reste
41:00on va avoir une année politique
41:01évidemment très difficile
41:02mais vous savez
41:04à partir de la rentrée
41:05je pense que
41:06les débats parlementaires
41:07sont éclipsés
41:08par la campagne présidentielle
41:10un tout dernier mot messieurs
41:11si vous le permettez
41:12pour évoquer
41:13les photos
41:14de Jordan Bardella
41:15dans Paris Match
41:16je ne vais pas vous demander
41:16ce que vous en pensez
41:17il a officialisé
41:19sa liaison
41:20avec Maria Carolina
41:20de Bourbon
41:21des deux Siciles
41:23il a d'ailleurs reconnu
41:24que ce n'était pas
41:25des photos
41:27volées
41:28réaction de Sébastien Chenu
41:29le vice-président
41:30des républicains
41:31qui a été interrogé
41:32sur le fait
41:32du rassemblement national
41:34mais vous n'avez pas tant
41:35il a été autrefois
41:36il a été
41:37il était même copéiste
41:38il a été interrogé
41:41sur le fait
41:42que la compagne
41:43de Jordan Bardella
41:44est une influenceuse
41:45et une héritière
41:46voici ce qu'il dit
41:46je suis ravi
41:47que Jordan Bardella
41:48soit amoureux
41:49d'une jeune fille
41:49qui parle six langues
41:50et qu'ils aient l'air
41:51si épanouis
41:52et c'est la fin
41:53de la citation
41:54surtout
41:54tout le monde
41:54ne peut pas cumuler
41:55un certain nombre
41:56d'inconvénients
41:57être moche
41:57mal coiffé
41:58aigri
41:58et éléphiste
42:01Jean-François Copé
42:03alors écoutez
42:03il fallait la trouver
42:04celle-là
42:04mais entre nous
42:06je pense que
42:07si cette phrase
42:08avait été formulée
42:09par quelqu'un
42:09appartenant à un parti
42:10de gouvernement
42:11il aurait eu
42:11une campagne de presse
42:13d'une violence extrême
42:14pour tout ce qui a été dit
42:15là
42:15on lui aurait reproché
42:16absolument tout
42:17il n'est pas impossible
42:17qu'il soit interrogé
42:18dans sa prochaine invitation
42:19ça s'arrêtera au bout de trois jours
42:21voilà après
42:22sur le fond de l'histoire
42:23vous savez
42:23la jeune génération
42:25a une formule
42:25elle dit
42:25il vit sa meilleure vie
42:28Jordan Bardella
42:28parce qu'en ce moment
42:29tout va bien pour lui
42:30mais les choses sérieuses
42:31vont commencer
42:32et là
42:32ça va être une sacrée lessiveuse
42:34Alain Deamel
42:35je pense que Chenu
42:36est plus intelligent
42:37que ce qu'il a dit
42:39ce sera tout ?
42:41ben oui
42:41c'est ce que je pense
42:42c'est ce que je pense
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