Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 14 minutes
«Le Hezbollah enseigne aux plus jeunes l'amour de la mort», a témoigné Georges Jamhouri, membre du bureau politique du parti Kataeb libanais, dans 100% Politique WE. 

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonsoir, M. Kérenfleck, et merci encore de m'accueillir sur votre chaîne.
00:05Aucune distinction.
00:06Avant tout, je voudrais montrer toute la solidarité de mon parti
00:10et de notre famille politique vis-à-vis de la France
00:14et surtout de l'armée française avec ses hommes vertueux
00:17qui vont partout dans le monde et surtout au Liban donner de leur vie.
00:21Et je reviendrai sur ce sujet aussi, si vous le permettez.
00:24Distinction, regardez le drapeau du Hezbollah,
00:26il y a une arme dessus et c'est écrit clairement dessus,
00:29c'est la résistance islamique au Liban.
00:31Ce n'est pas la résistance libanaise, c'est la résistance islamique au Liban.
00:35Il n'y a pas aucune distinction, je suis d'accord avec M. Zouer
00:38sur ce qu'il dit sur le Hezbollah et on n'a jamais fait de distinction.
00:42C'était un peu, si vous voulez, un peu d'essayer de cacher le vrai problème,
00:47essayer de faire de façon à parler avec le Hezbollah
00:50en le considérant comme un parti politique.
00:52Il fait de la politique et pas depuis très longtemps,
00:55mais nécessairement c'est une action militaire qu'il fait au Liban.
00:59Je tiens surtout à vous mettre en avant deux menaces qui ont eu lieu aujourd'hui.
01:05Vous savez, quand un groupe politique est attaqué
01:09ou une personne est tuée d'un groupe politique,
01:11c'est pour essayer de, je ne vais pas dire terroriser,
01:14mais essayer de faire comprendre aux autres,
01:16n'allez pas sur ce chemin-là.
01:18Et ce que la France a vécu aujourd'hui,
01:19on n'aurait pas souhaité que vous le viviez.
01:21Nous le vivons depuis 50 ans, pas plus tard que les grandes manifestations de 2005.
01:29Juste après, on a beaucoup de chefs politiques dans notre pays qui ont été assassinés,
01:34que ce soit Pierre Jemayel, que ce soit Jobran Twaini, que ce soit Raphaël Hariri.
01:39C'était un peu dans la même lignée.
01:41Et aujourd'hui, on a eu deux choses.
01:43On a eu M. Florian Montori, qui a un nom, il a un nom, c'est un père de famille,
01:50il a deux filles, il a une mère, il a un père, il a un entourage, il a des amis.
01:55Nous avons vécu exactement la même chose pendant des années.
01:58On n'aurait pas souhaité que la France goûte à ça aujourd'hui.
02:01Et ça, c'est une très grande douleur.
02:03Malheureusement, on partage le deuil ensemble aujourd'hui.
02:06Et donc, la première menace, c'était une menace du Hezbollah.
02:10Le Hezbollah fonctionne ainsi.
02:13C'est un message à la France.
02:14La France qui s'est sentie un peu, on en parlait hier,
02:17qui s'est sentie un peu éloignée des discussions.
02:22On avait senti, durant la journée d'hier,
02:24que la France essayait de rentrer dans les discussions,
02:27essayait de reparler avec les uns et avec les autres.
02:29C'est un message clair pour la France, pour lui dire,
02:32j'étais bien avant, n'avance pas sur ce terrain-là.
02:35Et le deuxième message de menace qu'on a reçu,
02:38c'est M. Nawaf le Moussaoui.
02:40C'est un haut responsable du Hezbollah qui dit clairement au président de la République
02:45que tu n'es pas plus important que Anwar al-Sadat.
02:49Pour rappeler qu'Anwar al-Sadat a été assassiné juste après les accords qu'ils avaient faits avec Israël.
02:55Donc, deux menaces en une seule journée.
02:59Je pense que soit on fait marche arrière, soit on se soumet encore une fois.
03:06Se soumettre, encore une fois, c'est retarder le problème.
03:09Le problème ne va pas s'arrêter.
03:11C'est un problème récurrent.
03:12On en parlait la semaine dernière aussi.
03:14C'est un problème, à chaque fois qu'on l'oublie, on le met sous le tapis
03:17et hop, ça ressort de nouveau et on recommence.
03:20On reprend les mêmes et on recommence.
03:21Donc, voilà, c'est ce que j'avais à vous dire là-dessus.
03:24Encore une fois, toute notre solidarité et notre condoléence à la France
03:28et à l'armée française vertueuse.
03:30Merci, Georges Amoury.
03:31Peut-être cette dernière question.
03:32Est-ce qu'il est temps que la France se souvienne qu'elle a une voix singulière au Liban ?
03:36En tout cas, lorsque l'on vous entend, c'est ce que cela nous rappelle.
03:41Et on a l'impression que cette voix singulière française,
03:44cela fait des siècles que nos deux pays sont amis.
03:47Eh bien, la diplomatie française l'a peut-être un peu oubliée aujourd'hui.
03:52Au début de la guerre, il y a eu des hommes français qui sont venus se battre avec nous.
03:57C'est-à-dire, c'est des choses dont on se souvient nous-mêmes.
04:00C'est des gens qu'on a connus, qu'on a vus et il y en a qui ont laissé
04:03leur vie ici.
04:04La relation historique avec la France n'est pas que diplomatique, elle n'est pas que historique.
04:10C'est une relation qui est entre les familles.
04:14Vous savez, j'ai pris l'avion aujourd'hui même pour venir de Paris à Beyrouth.
04:19Tout l'avion était plein de jeunes Libanais qui étudiaient en France.
04:22Je n'ai pas vu des jeunes Libanais aller étudier à Téhéran.
04:26Et c'est très révélateur de la relation très proche entre le peuple libanais et la France.
04:32Moi-même, je suis marié, mon épouse est française.
04:34Dans toutes les familles, il y a des mariages mixtes et des mariages mixtes,
04:38de vrais mariages mixtes, ce n'est pas des mariages comme on en voit malheureusement ailleurs.
04:41Hier, on parlait des mariages blancs.
04:42Non, il y a un vrai amour entre le peuple libanais et le peuple français.
04:47On a la même culture, on se comprend.
04:49Et vis-à-vis de la mort, aujourd'hui, on parle de la mort de Florian Montori.
04:52Vis-à-vis de la mort, nos morts ont des noms.
04:55Ils ont une identité.
04:57On se rappelle d'eux.
04:59Ils ne meurent pas, on ne se réjouit pas quand quelqu'un est mort.
05:02On est triste quand quelqu'un est mort, il va nous manquer.
05:04Il va manquer à leur famille, il va manquer à leur mère, à leur père.
05:07Alors qu'aujourd'hui, on voit du monde pas très loin de chez nous
05:10se réjouir de la mort de leur époux et de leurs enfants.
05:13Vous savez, je ne voulais pas en parler parce que c'est très très fort comme image
05:17et je ne sais pas si ça passe en France.
05:20Dans les écoles du Hezbollah, quand on fait l'appel à l'école,
05:27en France, on dit « Olivier, vous allez répondre présent ».
05:31Eux, ils répondent « martyr ».
05:33Ils lèvent la main et ils disent « martyr ».
05:35Et les petites filles, on leur apprend dès le jeune âge
05:38à porter leur enfant dans l'un seul de mort.
05:43Je ne sais pas si vous comprenez.
05:45C'est-à-dire qu'on leur apprend à porter leur enfant en martyr déjà à l'école.
05:51Il n'y a pas de mots.
05:52On ne peut plus rien dire là-dessus.
05:54On éduque dès l'enfance au sens de la mort et de l'amour de la mort.
06:01On est ailleurs.
06:02On est dans une culture tout à fait différente.
06:04Aujourd'hui, la famille de Florian le pleure.
06:06Nous le pleurons aussi.
06:08Nous avons pleuré beaucoup durant la guerre.
06:10C'est une logique que les autres ne comprennent pas, malheureusement.
Commentaires

Recommandations

BFM
il y a 4 heures