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  • il y a 12 minutes
«Le problème d'Emmanuel Macron est l'ambiguïté permanente», a pointé Marc Eynaud, auteur de «L'ampleur des dégâts, 2017-2026 le vrai bilan d'une présidence», dans Face à Bock-Côté

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Transcription
00:00Mais en fait, elle repose sur un immense malentendu.
00:02Il est vrai, Emmanuel Macron, en 2017, il y a eu un vote d'adhésion.
00:05D'ailleurs, son livre Révolution, qui est sorti en 2016,
00:08qui faisait un peu office de livre programme,
00:10enfin programme pas tant que ça, puisque c'était avant tout,
00:12c'était le début d'un espèce de projet global pas très précis,
00:15mais en tout cas sur le diagnostic que posait à l'époque Emmanuel Macron sur la France,
00:18il y avait plein de bonnes choses.
00:20Il avait compris en réalité que les Français aspiraient à davantage d'allègements fiscales,
00:26à davantage d'efficacité, à davantage de pouvoirs égaliens,
00:29et à davantage surtout de confiance et de liberté.
00:31Et c'est là, c'est ce qui est terrible justement avec Emmanuel Macron,
00:33c'est qu'il pose un bon diagnostic sur l'État de la France.
00:36Il construit une campagne et un projet, entre guillemets, en conséquence,
00:39mais derrière, ça a été une succession de malentendus,
00:42une succession d'échecs, une succession de désamour.
00:46Et c'est cela qu'Emmanuel Macron en réalité a payé très cher.
00:49En 2017, il y avait véritablement un vote d'adhésion.
00:51Je rappelle d'ailleurs qu'Emmanuel Macron avait pour lui le vote des actifs,
00:54avait pour lui le vote des jeunes.
00:56Et face à lui, par exemple, François Fillon, lui, a réussi simplement à mobiliser les retraités.
01:02Il y avait donc un élan, il y avait une promesse, mais derrière, effectivement, il n'y a rien eu.
01:06Il y avait un diagnostic, on l'arrive bientôt au bilan,
01:08mais il y avait un diagnostic plutôt juste sur l'État de la France, dites-vous.
01:12Pourtant, il y avait chez lui peut-être une part manquante,
01:14c'est la sensibilité aux questions identitaires, culturelles.
01:17Et le premier décrochage, le décrochage massif, c'est avec les gilets jaunes,
01:20le parti de l'enracinement presque involontaire,
01:22la France a été localisable, celle qui avait payé le prix de la mondialisation.
01:26Est-ce que la vraie rupture dans l'histoire du macronisme,
01:28c'est les gilets jaunes et comptez le représenter ?
01:30Ou est-ce que c'est même antérieur ?
01:32Ça a été la première rupture.
01:33En fait, c'est ça qui a été très curieux avec Emmanuel Macron.
01:36Et c'est pour cela que, dès sa campagne présidentielle,
01:38beaucoup de... quelques personnalités ont commencé à s'en méfier
01:40parce qu'il y avait des signaux qui étaient extrêmement inquiétants.
01:43C'est quelqu'un qui disait qu'il n'y avait pas de culture française pendant sa campagne,
01:45mais c'est quelqu'un qui allait aussi aux fêtes Joannique et Orléans
01:47pour célébrer Jeanne d'Arc.
01:49C'est quelqu'un qui allait au Puy du Fou
01:50et qui expliquait que les Français, au fond,
01:53avaient toujours été un petit peu monarchistes.
01:54C'est vraiment toute cette relation très ambivalente
01:57qu'avait Emmanuel Macron avec l'histoire.
01:58C'était en vrai, finalement, les ferments du en même temps.
02:00Et en fait, c'est pour ça qu'il y avait un petit peu de tout pour tout le monde.
02:03Tout le monde pouvait un petit peu se rassurer avec ce qu'il entendait
02:06et tout le monde pouvait aussi s'inquiéter
02:08pour des raisons sensiblement équivalentes
02:09puisque c'était vraiment l'en même temps.
02:11C'était un coup à gauche, un coup à droite.
02:12Ça a commencé à ce moment-là.
02:14Et c'est cela aussi la problématique
02:19qui a entretenu Emmanuel Macron.
02:20L'ambiguïté permanente, c'est finalement...
02:22Il est arrivé en 2017 avec un vague projet,
02:24avec une majorité totalement absolue, il faut le rappeler,
02:27et derrière, une succession de malentendus.
02:30La crise des Gilets jaunes, elle n'a pas commencé, je pense,
02:33sur un problème purement identitaire.
02:35Mais ce qui est assez amusant, c'est qu'elle a commencé...
02:36Elle est devenue.
02:36Elle est devenue parce qu'au fur et à mesure des réponses
02:39qu'on tentait d'apporter Emmanuel Macron,
02:41on s'apercevait qu'en effet, il n'avait strictement rien compris.
02:42Mais les Gilets jaunes, c'était d'abord...
02:45Là où Emmanuel Macron a été élu sur une promesse
02:46quand même plutôt libérale, un peu moins d'État,
02:49un peu plus de confiance, libération des énergies,
02:52libération des entreprises,
02:54eh bien, il y a eu en réalité une taxe.
02:56Ça a commencé, il faut le rappeler, par une taxe.
02:58C'était deux ans après la révolte des bonnets rouges
03:00en Bretagne sur la taxe carbone.
03:01Eh bien, Emmanuel Macron a répondu un an après
03:03avec une taxe sur le diesel.
03:05Et ça a été finalement l'étincelle d'un incendie
03:08qui couvait déjà, effectivement.
03:10Mais ça a été en réalité l'explosion.
03:12Sous-titrage Société Radio-Canada
03:16Sous-titrage Société Radio-Canada
03:17...
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