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  • il y a 12 minutes
«Dans l'état de notre droit, il n'y a pas d'immigration de travail sans immigration familiale», a analysé Nicolas Pouvreau-Monti, directeur de l'observatoire de l'immigration et de la démographie, dans Face à Bock-Côté.

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Transcription
00:00Alors, parmi les dimensions les plus méconnues, il y en a évidemment un certain nombre,
00:03je citerai sans doute l'impact de l'immigration sur l'éducation, le système éducatif,
00:07qui est par ailleurs peut-être le sujet brûlant au sein du thème plus largement brûlant.
00:11Vous êtes en parlant, Joachim Lefloquimad ?
00:12Absolument, Joachim Lefloquimad, dans son excellente étude pour l'Observatoire de l'immigration et de la démographie,
00:17Joachim qui mettait en avant, et évidemment je reprends un certain nombre de ses éléments dans le livre,
00:21le fait par exemple qu'aujourd'hui nous avons plus d'un élève de CM1 sur 5
00:25qui ne parle jamais ou quasiment jamais le français à la maison,
00:28donc 20% au niveau national, ça veut dire 40, 50, 70% dans certaines classes
00:32et ça a évidemment des implications très lourdes sur l'enseignement.
00:35Le système éducatif essaye de faire comme il peut et notamment avec l'éducation prioritaire.
00:40Vous avez environ 45% des descendants d'immigrés maghrébins qui sont dans les réseaux d'éducation prioritaire,
00:45les anciennes ZEP avec des moyens spécialement dédiés,
00:4760% des enfants de l'immigration subsaharienne contre 20% de la moyenne des élèves.
00:51C'est 3 milliards d'euros par an, des résultats décevants.
00:53En vérité, on se retrouve à traiter en aval ce qui aurait dû être traité en amont
00:57par notre politique migratoire.
00:59Donc ça c'est un aspect qui est souvent méconnu
01:01et l'aspect sur lequel le débat public est peut-être souvent le moins bien éclairé,
01:06c'est vraiment l'impact économique de l'immigration
01:08parce qu'on vit un corps et on l'entend dans le débat public avec ce mythe
01:11d'un besoin en immigration pour combler par exemple le déclin de la population active,
01:16pour apporter aux finances publiques.
01:18Alors d'abord pour combler un déclin de la population active de manière efficace,
01:22c'est encore faut-il que les immigrés soient au travail et nous avons dit que nous avons en France
01:26l'une des immigrations les moins en emploi d'Europe.
01:29Par ailleurs quand les immigrés travaillent, il y a effectivement énormément d'immigrés qui travaillent,
01:32ça n'est pas inutile de le rappeler, ils sont beaucoup plus souvent sur des emplois peu qualifiés
01:36et donc peu rémunérés.
01:38Les secteurs qui embauchent le plus d'immigrés dans l'ordre, ce sont les employés de maison,
01:42les ouvriers non qualifiés du BTP, le gardiennage et la sécurité privée.
01:46Donc des secteurs qui ont une utilité sociale mais qui ne sont pas ceux qui créent le plus de valeur
01:49ajoutée pour le pays.
01:50Et puis par ailleurs on a en France 4,5 millions de personnes qui sont soit au chômage,
01:55soit dans le halo direct du chômage, ce qui est un taux relativement élevé en Europe.
02:00Et la priorité des politiques publiques ça doit évidemment être d'assécher ce vivier,
02:03de piocher dans ce vivier plutôt que d'entretenir le sous-emploi français
02:07par une immigration de travail nombreuse et peu qualifiée
02:10qui n'est jamais d'ailleurs une immigration de travail pure.
02:13parce qu'on l'évoquait, dans l'état de notre droit, il n'y a jamais d'immigration de travail
02:16sans immigration familiale.
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