- il y a 28 minutes
Gamarjoba ! les amis. Nous sommes toujours en Géorgie, un pays où le mot « chacha » ne désigne pas, comme partout ailleurs, une danse latine, mais une eau de vie à 70°. Un pays de combattants, déçu hier, totalement réveillé aujourd’hui, mais on va y revenir.
Commençons par l’état d’esprit. Ça ne va pas. Nous avions demandé hier des belles histoires, mais le réel n’est pas fleur bleue, il n’est pas toujours bien écrit au gré du scénariste, le réel est cynique, amer, il est cruel et souvent moqueur, et en particulier avec ceux qui ne savent pas ce qui leur manque pour conclure brillamment leur propre récit. Celui de cette deuxième journée des championnats d'Europe 2026, c'est maintenant dans ce nouvel épisode d'Hajime, le podcast de L'Esprit du Judo.
Commençons par l’état d’esprit. Ça ne va pas. Nous avions demandé hier des belles histoires, mais le réel n’est pas fleur bleue, il n’est pas toujours bien écrit au gré du scénariste, le réel est cynique, amer, il est cruel et souvent moqueur, et en particulier avec ceux qui ne savent pas ce qui leur manque pour conclure brillamment leur propre récit. Celui de cette deuxième journée des championnats d'Europe 2026, c'est maintenant dans ce nouvel épisode d'Hajime, le podcast de L'Esprit du Judo.
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00:04Professeur, entraîneur, expert, champion d'hier et d'aujourd'hui, mais aussi judokas anonymes,
00:09le podcast de l'esprit du judo, c'est maintenant.
00:13A jimé !
00:22Gamarjoba les amis, nous sommes toujours en Géorgie, un pays où le mot tcha-tcha ne désigne pas comme partout
00:27ailleurs une danse latine,
00:28mais une haute vie à 70 degrés.
00:30Un pays de combattants, déçus hier, totalement réveillés aujourd'hui, mais on va y revenir.
00:36Commençons par l'état d'esprit, ça ne va pas.
00:38Nous avions demandé hier de belles histoires, mais le réel n'est pas fleur bleue,
00:42il n'est pas toujours bien écrit au gré du scénariste, le réel est cynique, amer, il est cruel et
00:47souvent moqueur,
00:48et en particulier avec ceux qui ne savent pas ce qui leur manque pour conclure brillamment leur propre récit.
00:54Alors non, ça ne va pas, non seulement parce que tout ne se passe pas comme on l'aurait souhaité,
00:59mais aussi parce que certaines choses nous déplaisent.
01:02Parfois, il faut savoir le dire, même si nous ne pratiquons pas la critique acerbe à l'esprit du judo,
01:06même si nous aimons ce milieu, et plus que tout, les athlètes,
01:10pour lesquels nous avons un infini respect et beaucoup d'affection.
01:13Mais nous n'aimons pas tout de même que la formidable finale des moins de 73 kilos
01:18entre l'illustre gladiateur géorgien La Chachat de Atashvili, triple médaille olympique couronnée en 2012,
01:24et le ceinturion azerbaïdjanais Eydarov, champion du monde et champion olympique 2024,
01:29se soit conclu sur une troisième pénalité non nécessaire,
01:32comme si l'arbitrage avait plié dans le sens de l'intérêt local.
01:36Cela ne se fait pas avec de tels monuments de judo.
01:39Le corps arbitral avait l'habitude d'adopter une pondération modeste plutôt pertinente.
01:44Cette fois, ce ne fut pas le cas.
01:46Eydarov fut pénalisé sans que la raison en soit flagrante.
01:49Quand les structures commencent à s'assouplir et à ployer facilement dans le sens
01:53dont ne sait quelles pressions annexes l'effondrement menace.
01:58Magnifique d'engagement et de fierté nationale,
02:00La Chachat de Atashvili n'avait pourtant pas besoin d'aide, si c'en était une,
02:04comme il l'avait démontré en demi-finale sur un sublime Ouchi Gaichi plein fer,
02:10notre Gabba national, jusque la vainqueur appliquée de ses trois premiers combats.
02:15On n'a pas aimé non plus, disons-le, parce qu'il faut parfois clarifier les choses,
02:18qu'après une seconde déception, là aussi il faudra y revenir.
02:21Notre champion emblématique du moment, lui, Johan Benjamin Gabba,
02:25décide de renoncer à s'exprimer devant les médias présents.
02:28On comprend bien sa terrible déception et elle nous touche.
02:31Il s'est excusé à travers l'attaché de presse de la Fédération en le faisant,
02:35avec sans doute le sentiment qu'il ne lésait personne.
02:38Trop désireux d'aller noyer ses émotions dans la solitude de sa chambre.
02:42Mais il n'y a pas que les émotions dans la vie,
02:44il y a aussi les responsabilités, les enjeux collectifs.
02:47Sur ses championnats d'Europe, des lointains rivages est de la mer Noire,
02:51loin des rédactions parisiennes, citons les noms,
02:54seul Anouk Korge pour l'équipe, Morgane Maury pour RMC,
02:58deux amoureux du judo, Morgane a même été en pôle dans sa jeunesse,
03:02avaient fait le déplacement, ainsi qu'une équipe de France Télévisions pour le service minimum.
03:06Et nous, bien sûr, à l'esprit du judo,
03:08parce que de toute façon, nous n'envisageons pas de faire autrement.
03:11Il est important de comprendre que ces journalistes,
03:13qui couvrent aussi d'autres sports parfois plus prestigieux,
03:15ont convaincu leur rédac chef de dépenser les billets d'avion,
03:18les nuits d'hôtel et d'effraiement d'hiver avec l'argument habituel.
03:22Gaba sera là, comme ils ont dit avant Clarisse ou Teddy et du voyage.
03:27Sans ce petit coup de pression malin,
03:29la tentation est grande pour ces petites industries de la communication de faire sans.
03:34On peut aussi deviner qu'il faut parfois convaincre au niveau familial
03:37pour ces sorties à l'étranger de plusieurs jours.
03:39Il y a dix ans, tous les grands médias français,
03:41les journaux sportifs, mais aussi les grands généralistes,
03:43Le Monde, Le Parisien, l'Ibé, le Journal du Dimanche, le Figaro,
03:47les radios, RTL, Europe 1, France Inter, envoyaient leurs reporters,
03:52dont nous avons encore les noms et les visages en tête.
03:54Tous enthousiastes, tous amateurs de l'aventure judo.
03:58Progressivement, un à un, ils ont renoncé à venir.
04:01Leurs arguments n'ont plus convaincu les responsables de rédaction et du budget général.
04:05Leur propre intérêt s'est étiolé.
04:07Ils n'ont pas été remplacés dans ce rôle.
04:10La réaction, non pas à chaud, mais sur place du champion,
04:13même fragile, traversée par les éventuels sanglots
04:16que nous avons entendus dans de nombreuses voix au fil des années
04:19et qui nous les ont rendus plus humains, plus respectables pour ce cadeau,
04:22est la seule réelle valeur ajoutée de la présence journalistique sur place
04:26et du prix qu'elle coûte.
04:28Si nos champions ne veulent pas demain se produire en studio
04:31et être interrogés par une intelligence artificielle,
04:33il leur faut maintenant prendre conscience
04:35de l'importance de ce contrat moral entre eux
04:37et les professionnels qui les regardent et rendent compte.
04:40Ajoutons qu'ils sont heureux de pouvoir faire connaître à tous
04:43les grands bonheurs de leur victoire.
04:44Les médaillés ne font jamais défection.
04:47Tout ceci dit, non pas pour nous à l'esprit du judo,
04:50mais pour les journalistes qui se battent pour faire exister le judo
04:53dans les grands médias, mais pour le judo français
04:55et pour Johan Benjamin Gabba lui-même
04:57en le serrant mentalement sur notre cœur.
05:00Car quoi de plus grand, de plus admirable
05:02qu'un grand champion momentanément vaincu,
05:04qui sait faire bonne figure et accepter le sort,
05:07félicitant les vainqueurs en annonçant qu'il reviendra plus fort.
05:10Nous n'avons pas aimé non plus que Sarah Leonisizik
05:13ne soit pas championne d'Europe ce soir.
05:14Nous avons depuis le début admiré le talent
05:17de la double médaille olympique des moins de 57 kg,
05:20dès ses premières médailles seigneur brillantes et précoces,
05:22des podiums de Grand Chlem avant ses 20 ans
05:24et décelé en même temps assez tôt chez elle,
05:27une forme de difficulté à gagner les grands championnats,
05:29avec des échecs parfois inattendus dans les combats décisifs,
05:33une question justement soulevée hier par Walid Khar
05:35sur son propre parcours.
05:37A désormais 27 ans, Sarah Leonisizik avait paru afficher
05:40depuis les Jeux 2024 une maturité nouvelle
05:42en emportant son premier Grand Chlem de Paris en 2026
05:45et surtout sa première médaille mondiale en 2025
05:48pour sa quatrième participation.
05:50Il était donc espéré, ce sont les belles histoires
05:53que nous avons envie de raconter,
05:54qu'elle emporte enfin un titre continental senior
05:57ici à Tbilisi pour sa sixième participation
05:59et quasiment autant de médailles d'ailleurs
06:02puisqu'elle n'a raté qu'une seule fois le podium
06:03pour sa première participation en 2018 à 19 ans.
06:06Avec ici comme aiguillon la très remontée Martha Fawaz,
06:10médaillée continentale 2025,
06:12revenue en trompe d'une grave blessure
06:13pour ce rendez-vous 2026,
06:15Sarah Leonis était impeccable dans ses deux premiers tours
06:18contre des adversaires il est vrai modestes,
06:20mais semblait soudain timorer en quart de finale
06:22au moment de préciser les choses
06:24contre l'anglaise Asselia Toprak
06:26qu'elle tenait à bout de bras sans parvenir à accélérer
06:29avant de se faire enrouler sur un petit katagouruma de rien
06:32à 16 secondes du gong.
06:34Le genre de défaite surprise,
06:36de combat dont il n'y a pas grand chose à dire.
06:38Les derniers instants montraient juste assez
06:40de ce qu'aurait pu faire Sarah Leonis en se lâchant un peu plus.
06:43Mais c'était trop tard.
06:45Asselia Toprak,
06:46certes 16e mondiale,
06:47mais sans référence senior
06:48et une médaille européenne junior en 2017,
06:51l'année où elle avait battu en demi-finale à l'époque,
06:55remuant le fer dans la plaie,
06:56une certaine Sarah Leonis-Sizik.
06:58Depuis, la française était passée aux choses sérieuses
07:00et n'avait plus jamais flotté contre cet adversaire
07:02qu'elle a d'ailleurs très largement surclassée
07:04au premier tour du Grand-Chelaine de Paris cette année.
07:06Alors pourquoi douter soudain ?
07:08Pourquoi perdre contre cet adversaire
07:09objectivement loin du niveau requis pour la battre ?
07:11Pourquoi perdre aussi,
07:12puisqu'on en est là,
07:13contre la serbe Marika Perisic
07:15en quart de finale des Europes de Prague en 2020,
07:18de Montpellier en 2023,
07:19tout en la battant partout ailleurs,
07:21comme c'est aussi le cas de la Slovène Kajzer,
07:23qui la prive du titre européen de Lisbonne en 2021,
07:26comme c'est encore le cas de Toprak aujourd'hui.
07:29C'est sans doute la question que doit se poser
07:31maintenant la meilleure française de la catégorie
07:33et si possible en allant chercher les réponses.
07:35Quant à la seconde engagée du jour,
07:37que nous rêvions de voir affronter sa leader en demi-finale,
07:40elle la suivait exactement sur le même rythme,
07:43brillante sur deux combats accessibles
07:44et terriblement frustrante pour son premier combat difficile,
07:47mais pour des raisons largement différentes.
07:49Contre une figure de la catégorie,
07:51la puissante et agressive israélienne
07:53Timna Nelson-Levy, 31 ans désormais,
07:56Marta Fawaz réussissait en effet le démarrage parfait
07:58avec une belle audace,
08:00un petit haut saut au tranchant dès les premières secondes
08:02pour un yuko qu'elle semblait capable de protéger.
08:05N'est affichée ensuite des béances défensives
08:07sur une tentative désespérée de l'israélienne
08:09d'aller prendre la victoire au sol,
08:10en 100 kakujime,
08:12se laissant verrouiller,
08:13sans réagir,
08:14puis renverser
08:15et finalement obligée à l'abandon.
08:16Et on songeait avec empathie pour elle
08:18que c'est au coup que la française a longtemps été blessée.
08:21Forcément en m'alignant sur ce championnat,
08:24je visais déjà la médaille d'or
08:27et une fois que j'ai perdu du coup en quart,
08:31je visais une médaille.
08:32Donc oui, je reviens de loin,
08:35mais c'est quand même une déception.
08:40On ne vient pas au championnat d'Europe
08:41pour juste être sélectionnée,
08:42donc forcément c'est compliqué.
08:45A l'image de mes deux compétitions
08:48que j'ai pu faire,
08:50ça se voit que je suis en reprise.
08:51Après, voilà, j'avais l'envie.
08:54Peut-être que physiquement,
08:56il y a encore à travailler.
08:59C'est une déception aujourd'hui.
09:02L'année dernière,
09:03je suis ressortie de ce championnat
09:04avec le sourire et une médaille de bronze.
09:07Là, je perds un repêchage.
09:10Franchement, c'est un échec.
09:13Je ne peux pas me contenter d'être classée.
09:16En vrai, déjà, même si j'avais eu la médaille de bronze,
09:21ça aurait été avec un petit goût amer.
09:23Là, sans médaille, c'est compliqué.
09:25Je ne suis pas du genre à me chercher des excuses.
09:27C'est vrai, il faut savoir tirer le positif dans tout.
09:30Mais là, aujourd'hui, c'est plus gentil
09:33du gros travail à faire après ce championnat.
09:37Je suis déçue.
09:39J'ai travaillé différemment
09:40pour essayer de revenir au plus haut niveau.
09:44Aujourd'hui, je me bats pour retrouver mon niveau.
09:49C'est dur.
09:50C'est le judo.
09:51Pendant que je n'étais pas là,
09:53les autres ont progressé.
09:55Il faut rattraper ce train qui est en marche.
10:01Je suis motivée.
10:04Il faut trouver les axes de travail qu'il faut
10:06et continuer à aller au charbon.
10:09Encore une belle histoire
10:10que nous ne pouvons pas raconter.
10:12Marta Fawas passant en demi-finale
10:13avec cet avantage acquis en début de combat,
10:16battant Toprak,
10:17qui sera d'ailleurs écarté en vrai
10:19par Nelson Levy,
10:20puis la jeune et tendre Suissesse Binta Giaï
10:22pour le bronze,
10:23confrontant finalement la championne du monde
10:25et Terri Lipparteliani chez elle
10:27et lui faisant mordre la poussière,
10:29prenant toute la lumière
10:29sur ce championnat continental.
10:32Mais pour cela,
10:33il faudra faire mieux au sol dans l'avenir
10:35car c'est déjà dans ce secteur
10:36et avec les mêmes carences défensives
10:39qu'elle s'était fait durement dominer
10:40au championnat du monde
10:41pour lequel elle avait brillamment gagné
10:43sa sélection en 2025.
10:45C'est donc la guerrière israélienne
10:47qui s'y collait en finale
10:48et elle semblait bien devoir tirer
10:50les marrons du feu
10:50après avoir contré un arraché désordonné
10:53de la géorgienne survoltée et ébouriffée.
10:56Mais celle-ci semble de ceux
10:57qui ne se laissent pas trop dicter leur destin
10:59malgré leurs limites.
11:00A 15 secondes de la conclusion
11:02d'un combat perdu
11:03par cette maladresse initiale,
11:05un trop plein d'envie
11:06qui s'était retourné contre elle
11:07et alors que le public géorgien
11:09lui-même n'y croyait plus,
11:11elle installait une double saisie au corps
11:12et lançait un sassaï volant
11:14aussi spectaculaire qu'efficace.
11:16Hippon massif,
11:17joie délirante du public
11:18et de l'athlète
11:19qui avait renversé le sort contraire.
11:21Les belles histoires ratées des unes
11:23font les belles histoires réussies des autres.
11:25Etérie Lipartelliani, méritante rugueuse
11:28qui était restée jusque-là un peu prisonnière
11:30d'un style trop physique et linéaire
11:32et désormais championne du monde
11:34et championne d'Europe.
11:35Elle a pourtant perdu 9 de ses 10 rencontres
11:38contre la française Sarah Leonisizik,
11:40ceci dit pour remuer une nouvelle fois
11:43le fer dans la plaie.
11:44Mais répétons-le comme un mantra,
11:45une intrigue à résoudre,
11:47ce qui n'est pas pleinement compris
11:48revient sous la forme d'un destin.
11:50Et que devenait-elle alors notre Française
11:52après son échec inattendu
11:53contre l'anglaise Toprak ?
11:55Elle se retrouvait totalement,
11:56comme c'est souvent le cas,
11:57surclassée la malheureuse Fawaz
11:59par deux Oazahari et un yukko
12:00et terminée en beauté
12:02en allant chercher une nouvelle médaille européenne
12:04face à Marika Perisic,
12:06celle qui l'avait privée
12:06de deux titres européens potentiels
12:08et malgré le handicap
12:09d'avoir subi le premier yukko.
12:11De quoi se consoler un peu sans doute
12:14des émotions un peu dans tous les sens.
12:16Qu'en tire-t-elle,
12:17elle-même comme leçon ?
12:19Bien sûr que cette médaille est belle
12:20et puis je me dis que
12:22ce n'est pas facile d'être régulière.
12:24Donc forcément,
12:26je prends conscience
12:27que ça reste quand même un travail
12:28et que ce n'est pas rien.
12:30Mais j'ai envie de plus,
12:33tout simplement.
12:34Et j'avais envie d'être championne d'Europe.
12:36En fait, cette médaille ne me satisfait pas.
12:39Et aujourd'hui, je ne le serai pas,
12:40tout simplement.
12:41Et donc,
12:42ça me reste en travers de la gorge.
12:44Habituellement,
12:45j'essaie quand même d'être
12:46des dames souriantes sur les podiums.
12:47mais là, je suis restée bouloquée
12:50sur ce quart.
12:51Et ce n'est pas facile.
12:53En fait, ce qui se passe,
12:54c'est que je pense que
12:55j'ai voulu trop bien faire,
12:56comme d'habitude.
12:58Sauf que souvent,
12:59je m'en rends compte trop tard.
13:01j'ai envie de faire des combats parfaits.
13:04Quand je dis parfait,
13:05ce n'est pas faire une belle chute,
13:07mais c'est vraiment
13:08de trouver le bon moment.
13:11Oui, on va dire,
13:12d'être pas dans un confort,
13:13mais de faire un combat parfait.
13:15Sauf qu'il y a des fois
13:16où les combats ne peuvent pas être parfaits.
13:20Et tout à l'heure,
13:21les entraîneurs m'ont dit
13:22que le combat parfait,
13:22c'est quand tu gagnes.
13:23D'un côté, je suis d'accord,
13:24d'un autre,
13:25pas tant que ça.
13:25parce que je pense que
13:28l'objectif, c'est bien sûr
13:29de mettre ce qu'on a en application,
13:31de gagner, bien évidemment,
13:32par tous les moyens,
13:33mais aussi d'être quand même
13:34satisfait de ce qu'on fait.
13:36Et en fait,
13:37j'avais l'impression
13:38de gérer le match.
13:39Et il a fallu d'une seconde
13:41où bien évidemment,
13:42je tombe là-dessus,
13:43il n'y a rien à redire.
13:44Mais forcément,
13:45j'aurais dû prendre des risques.
13:48J'aurais dû prendre des risques.
13:49J'aurais dû prendre plus d'initiatives.
13:52Et je ne l'ai pas fait
13:53parce que je voulais essayer
13:54de contrôler le match.
13:55Donc voilà,
13:56c'est pour ma pomme,
13:57comme on dit.
13:58Mais forcément,
13:59ce n'est pas un match
14:00que je dois perdre.
14:01Alors je ne dis pas
14:01que je vais forcément le gagner,
14:02mais pas comme ça.
14:04Je ne devais pas perdre
14:05un match comme ça.
14:07Et donc forcément,
14:08je l'ai un peu de travers.
14:10Quant à la coach,
14:11Jane Bridge,
14:12amère d'avoir vu
14:13ses deux protégés
14:13tomber abruptement aujourd'hui,
14:15elle avait un regard
14:16plus tranchant sur le sujet.
14:18Pour elle aussi,
14:19il est question d'histoire
14:19qu'on se raconte,
14:20mais c'est le réel
14:21qu'il faut affronter
14:22quand on vise les sommets.
14:23On n'était pas très inquiets.
14:26Elle a déjà battu à Paris
14:27il n'y a pas très longtemps,
14:29sans vraiment
14:30un peu de difficulté.
14:32La Verge,
14:33ça change un peu
14:34de stratégie.
14:36Elle avait croisé,
14:37avant,
14:37là,
14:37elle venait
14:39errer et opposer.
14:42Mais en fait,
14:43finalement,
14:44Sarah n'était pas
14:45vraiment en difficulté
14:46au Kumikata.
14:47c'est que juste
14:48elle n'a pas osé
14:50lui rentrer dedans,
14:51aller au bout
14:53de ses mouvements
14:54et elle se fait
14:55se surprendre
14:56avec un katagourma
14:58vers la fin du combat,
15:00difficile à remonter.
15:01Elle a tenté
15:02à moitié
15:04son sasa,
15:05elle n'a pas
15:06un petit peu
15:07le gros soto,
15:08mais en fait,
15:09elle était trop
15:10sur le retenu,
15:11elle n'a pas osé.
15:12et à la fin,
15:14sans oser,
15:15on sort avec
15:16une défaite.
15:18Je pense qu'il y a
15:19des moments
15:19où il faut arrêter
15:20de réfléchir,
15:22arrêter de dire
15:23oui,
15:23si je fais ça,
15:24elle va me faire ça
15:25et faire ça.
15:26On n'a pas le temps
15:27de réfléchir comme ça.
15:29Il faut prendre des risques,
15:30il faut qu'elle ait
15:31confiance en elle,
15:32que ses mouvements
15:33sont très forts,
15:34qu'elle peut
15:38battre tout le monde,
15:39mais bon,
15:40si on passe notre temps
15:41à tourner
15:43des scénarios
15:44dans la tête,
15:45le combat,
15:46il se défile
15:48en le regardant.
15:50À la fin,
15:51il faut bien
15:51que nous en ayons
15:52de belles histoires,
15:54du positif
15:54à ramener du voyage
15:55et il y en avait
15:56aussi aujourd'hui
15:57teinté de douze amères
15:58comme l'est
15:59cette quatrième médaille
16:00européenne de suite
16:01pour Sarah Léonis-Sizik,
16:02mais qui n'est pas la bonne.
16:04Manon Deketter
16:05était sur la liste
16:06des bons sujets,
16:07elle aussi éclipsée
16:08par Laura Stellaire
16:09de la grande
16:10Agbe Nienu
16:11dans cette catégorie
16:12des moins de 63 kg.
16:13Elle a déjà ramené
16:14dans la discrétion
16:15une médaille mondiale
16:16à la France,
16:17c'était en 2022 déjà.
16:19Il a fallu revenir
16:20en équipe nationale,
16:21gagner cette sélection
16:22difficile avec la perspective
16:24du retour attendu
16:25de Clarisse
16:25en vue des championnats
16:26du monde.
16:27Avec Manon Deketter,
16:28c'est peut-être aussi
16:29dans son caractère,
16:30les choses se font
16:31dans la discrétion,
16:32les émotions sont puissantes,
16:33mais rentrées.
16:34Il lui a pourtant fallu
16:35de la force morale
16:36pour assumer
16:37d'être considéré
16:37si souvent comme la seconde,
16:39la remplaçante.
16:40Jusqu'au bout,
16:41cette année,
16:42elle a dû prouver
16:42que sa sélection
16:43était légitime
16:44en allant notamment
16:44la confirmer
16:45par une médaille de bronze
16:46à Tashkent
16:47en février.
16:48Cette fois cependant,
16:49le tableau avait l'air
16:50de lui sourire
16:51et elle montait
16:51effectivement les marches
16:52une à une,
16:54isolée là-bas
16:54sur le tapis 1
16:55quand les regards
16:56et les esprits
16:57étaient accaparés
16:57par les représentants français
16:59en moins de 57 kg
17:00et en moins de 73 kg.
17:03La bulgare Manova
17:04partait sur un
17:05Osotogari
17:06enchaîné en
17:06Djuji Gatame,
17:07la Slovène Mazouzi
17:09sur un fort Kataguruma.
17:10La demi-finale déjà
17:11lui réservait
17:12la numéro 3 mondiale,
17:14la croate
17:14Iva Operan
17:15dont on avait déjà mesuré
17:17qu'elle ne la craignait pas
17:18l'ayant battue
17:19par Ouranage
17:20en finale
17:20d'un grand chelm
17:21en 2024.
17:23Elle s'en souvenait
17:24manifestement,
17:25l'attaquant sur
17:26des Kosotogaki
17:26finit en sacrifice arrière
17:28pour deux yukos
17:29suffisants.
17:30Sans émotions apparentes,
17:32avec efficacité
17:33et intelligence
17:33technico-tactique,
17:34Manon Deketer
17:35n'avait pas tremblé
17:36pour atteindre
17:37le dernier palier,
17:38la finale.
17:40L'argent était acquis,
17:41l'or espéré.
17:43C'est là que l'histoire
17:44pouvait devenir sublime,
17:45un titre puissant,
17:46un statut transformé
17:47pour l'avenir.
17:48L'adversaire était
17:49à la mesure de l'exploit
17:50à accomplir
17:51la néerlandaise
17:52Johan van Lischut,
17:53une finale européenne
17:55et un titre mondial
17:55récolté en 2024,
17:57sans doute la plus forte
17:58du moment,
17:58sans écraser
18:00la concurrence néanmoins.
18:01Il y avait un truc
18:02à faire,
18:03un projet
18:04à mener au bout.
18:05Mais les deux dernières
18:05rencontres n'avaient pas
18:06été en faveur
18:07de la française.
18:07Était-elle nerveuse
18:08en abordant le combat
18:09ou était-ce simplement
18:10cette fois
18:11la faute à pas de chance ?
18:13Elle lançait bien
18:14sa première séquence,
18:15parvenait à saisir
18:15la manche droite,
18:16à se libérer
18:17de la saisie adverse,
18:18attaquait à la volée
18:19en haut Uchigari
18:20qui fauchait dans le vide
18:21et lui faisait perdre
18:23une seconde
18:23son équilibre.
18:24Amenée sur un genou
18:25en position instable,
18:27elle ne pouvait résister
18:27à la poussée opportuniste
18:29et se faisait coincer
18:30au sol
18:30dès les premières secondes.
18:32Une fin abrupte,
18:34rageante
18:34pour une histoire
18:35qui avait si bien commencé.
18:37Il faut que j'analyse
18:38parce qu'actuellement
18:39je n'ai pas l'image en tête
18:40mais j'ai fait une bourde.
18:42Je pense que je suis à l'initiative
18:44et je pense que j'ai voulu
18:45trop être à l'initiative
18:46mais j'ai fait une bourde
18:47et c'est frustrant
18:49parce que je n'ai pas eu le temps
18:49de m'exprimer rien.
18:51C'est dur.
18:52Effectivement,
18:53je fais une médaille d'argent,
18:54voilà, ça se prend,
18:55je ne vais pas
18:56regner dessus, c'est sûr.
18:58Mais c'est dur de finir comme ça,
19:00c'est dur.
19:01Après, c'est ma première médaille européenne.
19:04Après, l'an dernier
19:05où j'ai fait 5e,
19:06j'ai échoué au pied du podium,
19:07cette fois-ci j'ai échoué en finale.
19:09Il y a du positif
19:10mais actuellement
19:11c'est dur de l'accepter.
19:13C'est ça, c'est ça en fait.
19:14Franchement,
19:15ces derniers temps
19:16je me suis senti fort,
19:17je me suis senti bien,
19:17on a énormément travaillé
19:18avec le club,
19:19avec Cédric Révol,
19:20Kylian,
19:21on a énormément travaillé
19:22et franchement,
19:23je me sentais bien
19:24et je me voyais vraiment
19:25champion d'arabe à l'orbit.
19:26Je me suis dit
19:27c'est ton jour.
19:29Et malheureusement,
19:30voulant trop faire,
19:31voulant m'étant trop bien
19:32visiblement,
19:34j'ai fait une boulette
19:36quand on prend un mois bref.
19:37Aujourd'hui,
19:38j'avais un titre à aller chercher
19:39et malheureusement,
19:39je n'ai pas réussi
19:40mais ça reste une médaille européenne
19:42et je vais aller chercher
19:43l'an prochain le titre
19:44et je vais retourner au boulot à fond
19:46et ça va me servir pour plus tard.
19:48L'entraîneur Kylian Leblouk
19:49encaissait aussi le coup
19:50et relativisait tout de même
19:52en voyant peut-être aussi
19:53là où le bas blesse
19:54dans le mental de son athlète.
19:56On savait que
19:57ça allait être un match difficile
19:58mais on espérait un match
20:01déjà gagné,
20:02de une,
20:02et puis de deux,
20:03on se doutait que ça durerait
20:04un petit peu plus.
20:05Là franchement,
20:06ce qu'il laisse sur sa faim
20:07c'est qu'il y a comme un goût
20:09d'inachevé très clairement
20:10et moi personnellement
20:13que ce soit en tant qu'athlète
20:14ou en tant que coach,
20:15le plus dur c'est ces matchs-là
20:16où en fait tu n'as pas eu le sentiment
20:17d'avoir eu la capacité
20:18de t'exprimer à pleine mesure
20:21et je trouve que c'est pire
20:23que parfois perdre honnêtement.
20:26Elle a plus ou moins perdu toute seule,
20:28on ne va pas se mentir.
20:29Même si l'autre la pousse
20:30et réagit
20:31et a le feeling,
20:32il n'y a pas de sujet.
20:34On ne va pas dire
20:34qu'elle s'est fait à Rakiri
20:36mais pas loin non plus quand même.
20:39C'est dommage,
20:42je la trouvais vraiment bien aujourd'hui.
20:45Elle a très bien bossé,
20:47elle était sereine,
20:48elle était efficace.
20:50Il faut qu'elle retienne ça.
20:51Je pense qu'il faut qu'elle retienne ça
20:52et nous aussi,
20:53il faut qu'on retienne ça
20:53pour la suite.
20:55peut-être le stress
20:56d'une première finale.
20:57Après c'est sa première finale européenne
20:59mais ce n'est pas sa première finale
21:00en compétition.
21:03Après,
21:07elle a conscience aussi
21:08que c'est un enjeu particulier.
21:10Elle sait qu'elle est dans une équipe
21:12très concurrentielle.
21:14Elle sait qu'elle a une compatriote
21:18qui est elle aussi très forte.
21:20donc je pense que ça peut être,
21:23probablement ça pourrait expliquer
21:24la pression supplémentaire
21:26qu'elle doit se mettre.
21:27En tout cas,
21:28je l'imagine comme ça.
21:30Après,
21:31honnêtement,
21:33ce qui est dommage pour moi
21:34c'est qu'elle n'a pas montré
21:36sur cette fin de journée
21:38tout le travail qu'elle amasse
21:40parce que c'est quelqu'un
21:41qui travaille beaucoup,
21:42qui met beaucoup de cœur
21:43dans ce qu'elle fait.
21:44Elle est très professionnelle.
21:47Je n'hésiterai pas aussi
21:48à lui répéter
21:49parce qu'il va falloir aussi
21:50qu'elle accepte
21:51cette belle médaille d'argent.
21:54Mais c'est vrai que c'est frustrant
21:56de se dire que tu travailles dur
21:58et que tu es à quelques centimètres
22:00d'arrivée à cette médaille d'or européenne
22:05et qu'elle te file entre les doigts
22:08de par une action,
22:10on va dire,
22:11un peu précipitée.
22:11C'est aussi ça qui est frustrant.
22:13C'est quand on voit le niveau
22:16qu'elle est capable
22:17d'avoir à l'entraînement.
22:19sa capacité à varier,
22:20être capable de trouver des solutions
22:22en fonction de chaque adversaire.
22:24Et puis elle a de très très
22:25grosses qualités physiques.
22:26Donc là, clairement,
22:27on se dit qu'il y a quand même
22:28un terreau plus que fertile
22:30à aller chercher de la médaille d'or.
22:31Elle s'est fait une relativement
22:33grosse blessure
22:35au mois de décembre
22:38à Lischio
22:39avec des suites
22:40qui ont pris du temps.
22:42Elle a fait le tournoi de Paris
22:44avec vraiment pas grand-chose
22:45en termes de préparation.
22:47Elle a accroché sa qualification
22:48de football d'Europe
22:50à Tashkent
22:51en accrochant une médaille.
22:54Aujourd'hui,
22:55elle a montré
22:56qu'on avait raison
22:57d'avoir confiance en elle.
22:59Et c'est déjà un bon début,
23:01je pense,
23:01parce qu'elle a conscience
23:03qu'elle est attendue.
23:05Je pense qu'elles le sont toutes,
23:06mais je pense qu'elle a conscience
23:09encore un peu plus
23:10que dans d'autres catégories
23:11qu'elle a attendues
23:13avec la plus grande française
23:16de l'histoire
23:17en termes de performance.
23:19Donc je pense que ça doit
23:21un petit peu envahir son esprit quand même.
23:23De l'argent pour Manon Deketter
23:24en moins de 63 kg,
23:25du bronze pour Sarah Léonie Sizik
23:27en moins de 57 kg,
23:29la France allait encore
23:30en récolter une
23:31dans celle des moins de 73 kg.
23:33On l'a compris,
23:34ce n'est pas du côté
23:35de Johan Benjamin Gaba
23:36qu'il faut chercher,
23:37mais se tourner vers l'inattendue,
23:39la totale fraîcheur,
23:40du côté de Diane Boulême-Tafès,
23:4320 ans,
23:44vice-champion de France senior.
23:46C'était sa première fois,
23:47tout aurait pu le dépasser,
23:49on en a vu d'autres
23:50dans cette configuration,
23:51mais avec le jeune Parisien,
23:53tout de suite,
23:53le miracle a eu lieu.
23:55Une connexion parfaite
23:56avec l'événement,
23:57avec le jeu lui-même
23:58qu'il joue dans un faux rythme suave
24:00et un absolu équilibre
24:02d'esprit de corps
24:03dans l'opposition la plus forte.
24:05Cinquième à Paris
24:05après avoir notamment détruit
24:07le vice-champion du monde japonais
24:08Ishiara,
24:09il avait déjà fait passer le frisson.
24:11Voilà qui est totalement judo
24:13et inaccessible à la plupart.
24:15Cette audace tranquille,
24:16l'avenir dira
24:17si elle est favorisée
24:18par une forme d'inconscience
24:19relative due à sa jeunesse
24:21ou si c'est son génie,
24:23mais c'est merveilleux à observer.
24:25Face au sumi gaichi balourd
24:26de ses deux premiers adversaires,
24:28il les réglait
24:28avec une grâce extrême
24:29d'un Dehashibarai
24:31époustouflant
24:31et sur un Uchimata
24:33en reprise d'initiative
24:34tout en rondeur.
24:35Moins de deux minutes
24:36passées sur le tapis
24:37de Tbilisi.
24:38L'adversaire suivant
24:39était d'un autre calibre,
24:40le portugais
24:41Otari Kwan Tidze
24:42et c'est la puissance physique
24:43du jeune français
24:44qui se révélait
24:45à cette occasion,
24:46toujours régulée
24:46par une technique
24:47smooth et précise.
24:48Un katagourma d'abord
24:50que le solide portugais
24:51tentait de contrer
24:52de toute sa force
24:53sans y parvenir
24:54et un étourdissant
24:55Utsui Goshi
24:56illuminant
24:57l'Olympique Sport Palace
24:58pour finir.
24:59Et déjà une ancienne connaissance
25:01à gérer en quart de finale,
25:02rien de moins
25:03que le champion olympique
25:04en titre,
25:05le terrible
25:05Azerbaïdjanais
25:06Eydarov
25:07qu'il avait rencontré
25:08et battu
25:08au Grand Prix de Lima
25:09en 2025.
25:11Pas de problème
25:12pour le jeune parisien
25:12qui posait sa garde
25:13de gaucher
25:14et assumait les déplacements,
25:15toujours disponible
25:16pour une tentative juste,
25:18une attaque esquissée
25:19ou poussée,
25:20toujours en rythme
25:21et en éveil.
25:21Le pistolero
25:22d'Alxasava,
25:24dûment averti du danger,
25:26le laissait s'installer
25:26et plongait avec conviction
25:28sur son catagourma favori
25:29masqué par un séoyen versé,
25:31une arme mortelle
25:32qui lui obtenait
25:33un petit yucos suffisant.
25:35Dayan Boulême-Tafes
25:36ne se désunissait pas
25:37et emportait ensuite
25:38un combat difficile
25:39contre l'anglais
25:39Ethan Nairn,
25:41récent vainqueur
25:41du Grand Prix d'Autriche
25:42en battant des pointures
25:43comme l'italien Basile
25:44et le brésilien Carnien.
25:46Il lui plaçait d'abord
25:47son haut chiguerie
25:48en cercle à genoux
25:48avant de se faire contrer
25:50puis de lui en remettre
25:51un quand même.
25:52au pied du mur,
25:53non pas d'une belle histoire,
25:55mais d'un rêve à peine permis,
25:56une médaille européenne
25:58pour cette première sélection.
25:59C'était désormais
26:01à portée de main,
26:02mais bien barré tout de même
26:03par la présence
26:04d'un aîné de prestige,
26:06le champion du monde
26:07et médaillé olympique Gabba,
26:08son partenaire de club au PSG.
26:10De quoi plier sous la pression,
26:12faire allégeance à l'autorité.
26:14C'était plutôt l'inverse.
26:15Comme il l'avait été
26:16un peu toute la journée,
26:18Johan Benjamin Gabba
26:19semblait porter, lui,
26:20le poids du risque de perdre,
26:21les hanches en arrière
26:22et le centre de gravité bas.
26:24Il ne parvenait pas
26:25à prendre la main
26:26sur son partenaire d'entraînement,
26:27semblant même donner des signes
26:29qu'il en connaissait la valeur
26:30et qu'il ne la négligeait pas.
26:32Imperturbable de son côté,
26:33le plus jeune ne manquait jamais
26:34une occasion de placer
26:35ses pivots assassins,
26:36prolongeant toujours
26:37le mouvement jusqu'à son terme,
26:39sans forcer ni se défaire,
26:41sans jamais laisser
26:42de moments neutres,
26:43cassant à la racine
26:44la plupart des très fortes
26:45attaques de son intimidant adversaire,
26:47au point de finir par en saturer
26:49la capacité d'action.
26:51Et c'est sur une reprise d'initiative
26:52en remontant du sol
26:53qu'il trouvait l'ouverture
26:54pour un Osotogari
26:56âpre et tenu
26:56qui projetait le champion
26:58français Gabba en enfer.
27:00Battu par un rival de club
27:01de 20 ans,
27:02après avoir tenu le monde
27:03dans sa main
27:04au jeu de Paris
27:05et au championnat du monde
27:06suivant,
27:07la compétition géorgienne
27:08était cruelle.
27:09Le champion silencieux,
27:11c'était au coach
27:11Ludovic de la Côte
27:12de mettre les mots
27:13sur les plaies.
27:14Oui,
27:15le champion qui perd
27:16est forcément déçu.
27:17Un garçon qui a de l'orgueil
27:18comme Johan,
27:19il doit être piqué.
27:20De surcroît,
27:21une rencontre franco-française,
27:23ça doit peut-être en rajouter.
27:26Maintenant,
27:26moi je tiens d'abord
27:27à féliciter Dayane
27:29pour sa journée.
27:30Il a montré de l'engagement,
27:31il a été efficace,
27:32pertinent
27:32dans sa proposition.
27:33Donc c'est super,
27:34bravo à lui.
27:36Et concernant Johan,
27:38il est champion du monde
27:39en titre.
27:41L'année post-jeu,
27:43il a réussi à être champion du monde,
27:44ce que peu en réussit à faire.
27:46Digérer le dossard rouge,
27:47ce n'est pas si simple.
27:49À Bouddhabi,
27:49on a vu que ce n'était pas encore ça.
27:51À Paris,
27:52c'était catastrophique.
27:54Là,
27:54il y a eu des choses
27:54vraiment positives.
27:55Peut-être que vous ne les avez pas relevées,
27:57mais dans l'attitude,
27:58plus calme,
27:59moins d'attaques parasites.
28:01Donc il y a un travail de cadrage,
28:03il y a un travail de Hashiwaza
28:06qu'il va falloir qu'on développe.
28:07Voilà,
28:08mais un peu plus.
28:09Il y a des directions à prendre.
28:11Et puis pour le reste,
28:13une fois la déception passée,
28:14là,
28:14il a une semaine,
28:15on va tous se revoir au calme,
28:17on va remettre les choses à plat,
28:19on va redéfinir des objectifs de travail
28:20et puis ça va bien se passer.
28:22Sur le Georgien,
28:23le Georgien,
28:24qui est champion d'Europe,
28:26le Georgien,
28:27très solide aujourd'hui,
28:28très,
28:28très solide.
28:29Non,
28:29ils se connaissent,
28:30c'était la sixième rencontre.
28:32Johan lui avait déjà mis son Uchigari,
28:34il l'attendait,
28:35il a été un peu gourmand.
28:36il ne fallait pas y retourner aussi vite
28:39ou autant de fois.
28:41Et voilà,
28:42c'est une erreur tactique.
28:44Pour moi,
28:44ce match,
28:45il le perd sur une erreur tactique.
28:46Aujourd'hui,
28:47Johan,
28:47il est en préparation des championnats du monde.
28:49Il y avait des aspects
28:50qu'on souhaitait qu'il mette en place,
28:53notamment ici.
28:54Et je parle du Neuaza.
28:56Pour le coup,
28:57il a montré de l'efficacité
28:58et ça,
28:58c'est très intéressant.
29:00Debout,
29:02il a manqué certaines choses.
29:04Maintenant,
29:05c'est parfois un peu timing.
29:06Parfois,
29:07retourner une troisième fois
29:08sur un Uchigari,
29:10c'est peut-être pas pertinent.
29:11Maintenant,
29:12il n'y a pas mort d'homme.
29:13Peut-être que lui va vouloir
29:15se renfermer dans le travail.
29:17Mais justement,
29:18peut-être qu'il va falloir
29:19ne pas s'enfermer dans le travail,
29:21mais faire certaines choses différemment.
29:23Et ça,
29:23on va débriefer avec les collègues,
29:26notamment Stéphane Frémont,
29:27avec qui je suis
29:30et j'accompagne Johan.
29:31On va bien cibler
29:33les points
29:34qu'on va devoir développer.
29:36Pour le coup,
29:37je ne suis vraiment pas miqué.
29:38C'est un homme
29:39des grands rendez-vous.
29:42Maintenant,
29:42je le redis sincèrement,
29:44l'objectif,
29:44c'est le championnat du monde.
29:45Il a à cœur
29:46d'aller gagner un deuxième titre.
29:47Pas conserver le sien,
29:48d'aller en gagner un nouveau
29:49parce que ça ne sera pas
29:50le même championnat,
29:51ça ne sera pas
29:51les mêmes personnalités,
29:52les mêmes athlètes.
29:54Donc,
29:55voilà,
29:55il y a des choses
29:56à mettre en place
29:56pour pouvoir aller conserver
29:58un de sa rouge.
29:59Au bras levé de l'arbitre,
30:00les vannes
30:01se sont ouvertes pour Diane.
30:03emporté par les sanglots
30:04comme un enfant submergé.
30:05Il pleurait
30:06en lâchant tout,
30:07des larmes abondantes
30:09et belles
30:09comme sa journée rêvée.
30:10Un beau cadeau
30:11pour conclure.
30:12Médaille européen senior
30:13pour un garçon
30:14qui n'était pas parvenu
30:15à s'exprimer
30:16à ce niveau
30:16l'année dernière
30:17encore en junior,
30:18c'est une sacrée progression.
30:20Son premier supporter
30:21et mentor,
30:22son père,
30:23en donnait quelques clés,
30:24rappelant que derrière
30:25les beaux gestes,
30:25il y a toujours
30:26la capacité de travail.
30:27Je me souviens
30:28d'un quart de finale
30:29ou une demi-finale
30:30avec Kelvin Ray,
30:31d'ailleurs,
30:32où il avait pris
30:33un Yganye Wasari
30:34et il restait 4 secondes
30:36et il avait pris
30:36un Uranagé.
30:37On m'avait dit à l'époque
30:38qu'il faut qu'il apprenne
30:39à gérer, etc.
30:40Je pense que c'est Diane.
30:43Le judo,
30:44pour lui,
30:44c'est du combat,
30:45c'est chercher
30:46à faire tomber.
30:48Voilà,
30:48c'est à fond.
30:50Bravo Diane.
30:51Je pense qu'aujourd'hui,
30:52c'est ce qui lui a permis
30:53de gagner,
30:54d'être généreux.
30:55Diane,
30:56depuis cadet,
30:57il participe
30:58au championnat d'Europe
30:59et cette médaille
31:00il court après.
31:01Et là,
31:03il y avait un monde
31:04où il ne devait pas
31:05l'avoir
31:05et puis il l'a eue.
31:06C'est dommage
31:07que ce soit
31:07contre un autre français.
31:10J'aurais bien aimé
31:10que ce soit séparé.
31:12Mais voilà,
31:12c'est une grande fierté
31:14pour Diane
31:14et bravo.
31:15Il était doué,
31:16il avait déjà une hanche
31:17gamin.
31:18Du coup,
31:18après,
31:19moi je fonctionne
31:20parce qu'il y a
31:21le petit frère derrière
31:22qui avance aussi.
31:23et je fonctionne
31:25avec leur qualité.
31:26Donc Diane avait vraiment
31:27cette qualité d'orange
31:28à gauche,
31:29faire le Shimata,
31:30etc.
31:30Au gauchis,
31:30il faisait à l'époque.
31:31Donc on a travaillé
31:32autour de ça.
31:34Il avait de grands segments
31:35donc c'était,
31:35voilà,
31:35c'était le but,
31:36c'était qu'il utilise ça,
31:38aller,
31:38de l'allonge,
31:38etc.
31:40et voilà.
31:40Donc lui,
31:41ça a bien marché.
31:42Le petit,
31:42c'est différent.
31:43Il est plus des petits
31:44c'est oeil.
31:45Il est,
31:45voilà,
31:46c'est des registres.
31:47Je pense que le judo,
31:49notre sport,
31:50il a cette,
31:52c'est exceptionnel
31:53parce que tout le monde
31:53peut s'exprimer.
31:54Petit,
31:55grand,
31:55etc.
31:56C'est juste trouver
31:58la bonne technique,
31:59le bon truc
32:01pour les faire progresser.
32:02Les championnats du monde junior,
32:03c'était dur
32:04et je pense que c'est ça aussi,
32:06être un champion,
32:07c'est quand c'est dur
32:08parce qu'il y en a beaucoup là.
32:10Je pense à Martha Fawaz,
32:11par exemple,
32:12qui a perdu aujourd'hui,
32:13Romain,
32:14etc.
32:14Je pense que c'est
32:16être capable de rebondir.
32:18Donc Diane a été capable.
32:19Là,
32:20ça va vite,
32:20le judo,
32:20ça va vite.
32:21En tout cas,
32:21le sport,
32:21ça va vite.
32:22Et puis,
32:23mais voilà,
32:24c'est être capable
32:24d'avoir ce rebondir
32:26et réavancer.
32:28Des défaites,
32:29il va en connaître.
32:29Là,
32:29on est content,
32:30on est tous contents,
32:31mais voilà,
32:31il y aura des jours avec,
32:33des jours sans.
32:34Aujourd'hui,
32:34c'est un jour avec,
32:35on va profiter.
32:36Souvent,
32:36quand il était petit,
32:37je lui disais que le judo,
32:39voilà,
32:39on gagne un moment
32:41et puis le lendemain,
32:42il faut recommencer.
32:43Je me rappelle,
32:44quand tu étais minime,
32:44tu pleurais parce que
32:46les autres ne te laissaient pas gagner,
32:47tu avais gagné la Coupe de France.
32:49Et là,
32:50maintenant,
32:50voilà,
32:51ça va être
32:53les mondes,
32:54j'espère.
32:54Et voilà,
32:55il continue à progresser
32:56parce qu'il a 20 ans,
32:57il faut encore qu'il progresse.
32:59Il y a un an,
33:00un peu plus d'un an,
33:01il était encore au SOJVOR avec moi.
33:03Donc,
33:04c'est vraiment cool,
33:05ouais.
33:06C'est une belle progression,
33:07il faut continuer encore.
33:08C'est encore un diamant brut.
33:11L'entraîneur Franck Chambi,
33:12on a vu d'autres
33:13et il n'était même pas
33:14vraiment surpris.
33:15en très honneur,
33:16il ne m'a pas forcément bluffé
33:17parce que je savais
33:18qu'il était capable
33:19de faire ce genre de performance.
33:24Après,
33:25c'est quand même un premier,
33:26je ne sais pas,
33:26d'Europe senior,
33:27il sort des juniors,
33:29il a eu,
33:30au total,
33:31ça fait six combats.
33:33Six combats,
33:33alors c'est vrai
33:34que ses premiers adversaires,
33:35il était assez expéditif,
33:38ce qui lui a permis
33:38au bout de course
33:39d'avoir un peu plus d'énergie
33:41parce que quand on sort des juniors,
33:42on n'a pas l'habitude
33:43de se faire une compète comme ça.
33:46Mais bon,
33:48bluffer, oui,
33:49sur le comportement plutôt.
33:51C'est le comportement
33:52dans le sens où
33:52il ose,
33:53il ose,
33:54il ose tout
33:55et puis,
33:56il n'est pas sur la retenue.
33:57C'est le signe
34:00de vrais combattants,
34:02des gens qui prennent du plaisir
34:03à s'engager dans le fight.
34:06C'est ce qu'on recherche aussi,
34:07ça fait plaisir.
34:08C'est un athlète qui,
34:09il sort des juniors aussi,
34:11il faut qu'il fasse ses armes,
34:12qu'il s'expérimente.
34:13Le fait de faire des erreurs,
34:15ça va lui servir pour plus tard.
34:17Il faut qu'il aiguise
34:18un peu son judo.
34:19Après,
34:19s'engager,
34:20c'est bien
34:20parce que c'est ce qui fait la force
34:21et avec son attipicité
34:23dans son judo,
34:23ça lui permet
34:24d'avoir des grosses cartouches.
34:27Maintenant,
34:27ce sont des combats
34:28très serrés
34:29où ça va jouer
34:29un peu sur l'expérience.
34:31C'est là où il va falloir...
34:33Maintenant,
34:33il démarre,
34:34on va dire qu'il est allé
34:35rentrer dans la cour des grands
34:36et que le plus dur,
34:37il est devant lui maintenant
34:37pour aller chercher
34:38les d'autres médailles
34:39plus importantes.
34:40Après,
34:40je ne m'arrête pas
34:41sur le combat franco-français.
34:43Bien sûr,
34:43pour battre Johan,
34:45c'est bien,
34:45c'est un champion du monde
34:46et puis s'il est dur à battre,
34:47de toute façon,
34:48Johan,
34:48c'est un combattant aussi.
34:50Mais après,
34:51ça reste un combat de haut niveau,
34:54comme s'il devait prendre un étranger.
34:56Maintenant,
34:56c'est plutôt sur le comportement.
34:58C'est ça
34:58que j'ai aimé
34:59chez lui aujourd'hui.
35:00C'est le comportement
35:01qu'il a eu
35:02de ne pas...
35:03Des fois,
35:03quand on sort des juniors,
35:05enfin,
35:05quand on est jeune,
35:05comme ça,
35:06on est un peu inhibés
35:06et on va chercher...
35:08Voilà.
35:09Et lui,
35:09il n'a pas fort aux yeux.
35:10Il se livre.
35:11Il se livre.
35:12Et ça...
35:12Et des fois,
35:13il le dit très bien,
35:14sans calcul.
35:15Sans calcul.
35:16Et moi,
35:18c'est ça
35:18que je retiens
35:19de la journée.
35:19C'est quelqu'un
35:20qui s'engage
35:23avec des techniques.
35:25Des fois,
35:25ça part du sol.
35:26Il y a Raben,
35:27il va au corps à corps.
35:30Il fait un espèce de hochi
35:31où il va chercher
35:32la réaction
35:33quand il fait son hochi à genoux.
35:34Il enchaîne le sol,
35:35où il va chercher le juji
35:36même s'il a beaucoup
35:37de travail à faire encore.
35:39Mais bon,
35:39il est assez complet,
35:40finalement.
35:41C'est ça
35:42que j'ai trouvé intéressant
35:43chez lui,
35:44aujourd'hui,
35:44avec ce niveau de trompétisme.
35:46Des fois,
35:46quand on est un tipeee
35:46comme ça,
35:47on fait des relances
35:47dans tous les sens.
35:49Et là,
35:49pour le coup,
35:50il est respecté
35:50quand même
35:53les schémas techniques
35:54au taquis.
35:55Il les a quand même
35:55assez respectés.
35:57Là où il est en difficulté,
35:58des fois,
35:58c'est quand il mène.
35:59L'autre,
36:00forcément,
36:00il est d'honneur
36:00donc il est obligé
36:01d'accélérer.
36:02Mais des fois,
36:06vraiment exigeant
36:06sur le kumikata,
36:08il va attaquer,
36:10il va faire son héri
36:10à plat ventre.
36:11Il se met dans des postures
36:12où il va se baisser.
36:15Il faut qu'il ait une garde,
36:17une saisie
36:17un peu plus de sécurité.
36:22Et ça,
36:22c'est le travail,
36:24c'est l'expérience.
36:25Après,
36:25c'est le...
36:26Et quand on est sur la chaise,
36:28quand on voit ça,
36:28on se dit
36:28« Oh là là,
36:29mais il a marqué trop tôt,
36:30finalement.
36:30Il a marqué à 2 minutes 30.
36:32Il reste 2 minutes 30 derrière.
36:34Ça va être complet.
36:35Il va pas pouvoir...
36:37Et bon,
36:38il a quand même tenu,
36:39bon,
36:39à part sur Ida Roche.
36:42Je suis assez content
36:43sur le fait
36:45qu'il ait tenu
36:45les schémas techniques
36:47ou tactiques
36:48sans forcément
36:49trop se dévoiler
36:50sur des contres
36:51ou quoi que ce soit.
36:52Et Diane Boulam-Tafès
36:53lui-même.
36:54Il prend tout cela
36:55avec grâce
36:56et une modestie non feinte
36:57qui ajoute au charme
36:59et le fait entrer
36:59de plein pied
37:00dans le cœur
37:00des judokas français.
37:01Même à l'entraînement,
37:02des fois,
37:02c'est compliqué
37:03de le faire tomber.
37:03Donc là,
37:04en compétition,
37:05quand vraiment
37:05les choses basculent
37:06de mon côté,
37:07c'est indescriptible.
37:09Je ne m'attendais pas
37:10donc du coup,
37:11c'est vite l'émotion
37:12qui me prend.
37:13Puis moi,
37:13je vous ai dit
37:15il y a quelques semaines
37:16que l'émotion,
37:16c'était les championnats d'Europe,
37:18c'était soit je gagne,
37:18je pleure,
37:19soit je perds,
37:19je pleure.
37:19Donc là,
37:20c'était vraiment
37:21beaucoup d'émotions
37:22et beaucoup d'émotions positives.
37:24Et je fais du judo
37:24pour ça,
37:25pour vivre des journées
37:26comme celle-ci.
37:27j'ai été l'arraché,
37:28c'est le six combats.
37:29C'est la position d'outsider
37:31qui me plaît bien
37:32sur ce championnat-là.
37:33J'avais vraiment rien à perdre
37:34et c'est sûr que je n'ai pas vraiment
37:38énormément senti de stress et tout.
37:40Je pense que pour Joanne,
37:42c'était différent.
37:42Lui,
37:43il doit toujours remettre son titre,
37:48enfin,
37:49reprouver à chaque fois.
37:49Donc,
37:50c'est vraiment une position
37:50très différente.
37:52Donc,
37:52voilà,
37:52c'est l'opportunité,
37:54comme je l'ai dit dans l'interview,
37:55c'est une opportunité à saisir.
37:57Je l'ai saisie aujourd'hui
37:58et je suis très content
37:59que ça tourne comme ça.
38:00Et voilà,
38:02je suis reconnaissant
38:03envers tous ceux
38:03qui m'ont accompagné
38:05de près ou de loin,
38:06ma famille,
38:07mon club,
38:08mes entraîneurs
38:09d'équipe de France,
38:10juniors,
38:11seniors,
38:12vraiment tous ceux
38:13qui ont contribué
38:14à ce projet-là
38:14parce que,
38:16voilà,
38:16ça n'a vraiment pas été facile
38:17depuis deux ans.
38:20c'était,
38:21voilà,
38:21on a remonté la pente
38:22et maintenant,
38:22ça y est,
38:23on y est,
38:23on peut souffler.
38:24Je n'ai pas eu de médaille
38:26en championnat,
38:26que ce soit championnat d'Europe,
38:28championnat du monde,
38:29cadet,
38:29juniors,
38:30toujours passé à côté.
38:31Et là,
38:32les étoiles se sont alignées
38:33pour enfin avoir
38:34ma première médaille.
38:35Surtout,
38:36ça fait six mois
38:36que je suis sur le circuit,
38:37donc c'est ma première
38:38médaille senior
38:39pour ma première année.
38:41Et,
38:41ben voilà,
38:42ça récompense vraiment
38:43tout le travail
38:43que j'ai pu mener
38:44et que ce soit
38:45de la blessure
38:46à revenir sur
38:47le circuit junior
38:48et là,
38:49vraiment m'exprimer
38:50sur les seniors
38:51et je pense que
38:53là,
38:53il y a une bonne dynamique
38:54et il faut que je garde ça.
38:55Chacun a une histoire
38:57à raconter
38:57et moi,
38:58j'écris justement
38:59mon histoire aujourd'hui
39:00donc,
39:01affaire à suivre.
39:01Quand on sort quelqu'un
39:02sur un championnat,
39:03je pense que,
39:04ben,
39:04Stéphane me l'avait dit,
39:05Stéphane Nomis,
39:05le président,
39:06il m'a dit
39:06si on te sort,
39:07c'est qu'on te fait confiance
39:07et ben là,
39:08j'ai pu lui prouver
39:09aujourd'hui
39:10qu'il fallait compter
39:11sur moi,
39:11sur des grands événements aussi.
39:13Sur les peu de compétitions
39:13que j'ai fait,
39:14j'ai pu rencontrer
39:14vraiment beaucoup de gens
39:16du gratin
39:17des médailles mondiales
39:18à l'Olympique et tout
39:20et du coup,
39:21ben c'est sûr,
39:21je prends de la confiance
39:22et maintenant,
39:23ben je pense que
39:24j'ai ma place aussi
39:25donc avec plus de confiance
39:27en soi,
39:28ça passe toujours mieux.
39:29C'est le judo,
39:29c'est ça,
39:29il faut respecter le judo,
39:30il faut faire du judo
39:31et c'est en faisant tomber,
39:33en produisant énormément
39:34que voilà,
39:35je pense qu'aujourd'hui
39:36je peux arriver
39:37à faire de belles choses
39:38et puis moi,
39:38j'ai la flamme,
39:39je suis jeune
39:39comme tu l'as dit
39:41et vraiment,
39:43je ne calcule pas en fait,
39:44vraiment,
39:45j'y vais,
39:46je m'engage
39:46et c'est que comme ça,
39:48je pense que je peux réussir
39:49et je ne calcule pas beaucoup.
39:50La belle histoire,
39:51c'était donc la sienne
39:52et la morale,
39:53c'est lui qui la donne
39:54en disant
39:55tout est possible,
39:56tout est possible
39:57à celui qui ose,
39:58qui ne triche pas
39:59avec le risque
40:01et avec le jeu.
40:02Diane,
40:03merci pour ça aussi.
40:04La médaille est belle
40:05mais elle est en bronze.
40:07La France mène encore
40:08la bataille des nations
40:09avec ses deux titres d'hier,
40:10ses deux finales
40:11et ses trois accessites
40:12mais les deux titres
40:13obtenus par la Géorgie
40:14aujourd'hui
40:15la ramènent juste
40:15dans le sillage
40:16et ses combattants
40:17en réserve
40:18sont tous aspirants
40:19à l'or.
40:20La Russie
40:21commence à peine
40:22son championnat.
40:23Il faudra à la France
40:23au moins un titre en plus
40:25pour être au diapason
40:26des belles années,
40:27deux,
40:27ce n'est pas impossible
40:28et ce serait royal.
40:29La bataille sera rude
40:30en moins de 70 kilos
40:32pour Melchior Korn
40:33qui fait son premier championnat d'Europe.
40:34Elle sera intense
40:35en moins de 90 kilos
40:37pour Alexis Mathieu
40:38et Maxime Gaël
40:38et Ngaïap Ambu.
40:40De beaux espoirs
40:41de médailles
40:41qui devront franchir
40:42la porte des enfers
40:43gardés par les titans
40:45géorgiens Maizuradze,
40:46champion du monde
40:47et Bekaori,
40:48double champion olympique.
40:50Encore quelques heures
40:51et nous aurons de nouvelles
40:52belles histoires
40:53à nous dire.
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