- il y a 7 heures
Gamarjoba ! Et c’est la dernière fois que je vous le dis les amis, avant que nous retournions dans ce pays qu’on aime, la Géorgie, pour un futur championnat. En attendant, Gaumarjos ! Un mot qui sert aussi bien à trinquer entre amis qu’à célébrer la victoire – son sens littéral – et qui a retenti dans la bruyante Olimpic Sport Palace de Tbilissi en ce dernier jour des championnats d’Europe 2026. Mais en l’honneur de qui ? C’est à découvrir en écoutant l’ultime épisode de la série « Au révélateur de Tbilissi » de notre podcast Hajime de L’Esprit du Judo.
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00:04Professeur, entraîneur, expert, champion d'hier et d'aujourd'hui, mais aussi judokas anonymes,
00:09le podcast de l'esprit du judo, c'est maintenant, à j'imais.
00:22Gamma Joba, et c'est la dernière fois que je vous le dis les amis, avant que nous retournions
00:26dans ce pays qu'on aime, la Géorgie, pour un futur championnat. En attendant, Gamma Joba.
00:31Nous n'aurons qu'un mot d'encouragement pour Matteo Akianamongo, le jeune lourd français
00:36qui n'a pu rester que 28 secondes sur le tapis ce dimanche, victime d'un ukiwaza avec un effet
00:41de levier sur le bras, appliqué par le bon technicien allemand Eric Abramov, 3ème en 2025.
00:47A 19 ans, il rêvait sans doute de beaucoup mieux, et on aurait aimé pour lui que l'expérience
00:52dure, mais c'est le métier qui rentre, et pour lui, qui s'est déjà situé de façon
00:56très précoce au sommet de l'élite nationale senior française en décembre. La trajectoire
01:01passe d'abord par la consolidation cet automne de son palmarès international junior, qui
01:06compte déjà une médaille de bronze européenne et mondiale. Les frustrations découragent
01:10les plus faibles, aiguisent les appétits de revanche des plus forts, elles sont faites
01:14pour ça. Celle-ci, il faut le reconnaître, en était une bonne.
01:17Je me suis fait surprendre, je pensais être bien sur les mains et poser sa main dans le
01:25dos, mais je pensais que j'étais à l'aise, mais au final, je n'y ai pas senti venir.
01:28Je me sentais bien, j'étais dans ma bulle, je me sentais bien, mais je vais repartir au travail
01:33et préparer les prochaines distances.
01:34Le fait du jour, peut-être, c'est que Romane Dicot n'est pas ce soir le seul judoka
01:39français, filles et garçons ensemble, à détenir 6 titres européens. Elle ne pourra
01:44en vouloir qu'à elle-même, car à 26 ans, il n'y a guère de raison qu'elle soit
01:47moins
01:48performante qu'à 25, 23, 22, 20 ou 18 ans, l'âge qu'elle avait respectivement lors
01:54de ses 5 titres. Elle ramène bien sa 6ème médaille, mais pour la première fois, elle
01:59est pas d'or, battue qu'elle fut par une jeune fille de 18 ans, comme elle pour son
02:03premier titre, même si la comparaison s'arrête là, puisque, subtile humiliation, sa jeune
02:08rivale n'a finalement pas fini sur le podium. On peut noter d'ailleurs que c'est la première
02:12fois que Romane Dicot perd un combat sur un championnat d'Europe, puisqu'elle l'avait
02:16aussi emporté lors de ses sorties en cadet et en junior. De quoi sans doute trouver l'expérience
02:21piquante, et c'est peut-être d'ores et déjà la meilleure conclusion que l'on peut
02:25tirer de cette nouveauté. Elle lui sera sans doute utile pour ne plus vivre ça pendant
02:29les années de carrière qu'elle a encore devant elle.
02:31Mais reprenons au début. Après une jolie victoire sur Ko Uchigari, ce qui n'est pas
02:35si fréquent pour elle, contre une Allemande sans trop d'expérience, elle était confrontée
02:40à un quart délicat contre la très jeune Estonienne Emma Melis Aktas, 18 ans donc, dont
02:46elle connaissait bien le potentiel pour l'avoir éprouvée en 2025 en la sortant pour le bronze
02:50du championnat du monde dans un combat déjà difficile. Elle s'appliquait sur les mains,
02:55insistant sur le rythme d'attaque, mais en oubliant d'y mettre la précision nécessaire,
03:00la faute peut-être à un traque nouveau chez elle, une peur de perdre qui ne semblait
03:04pas l'habiter lors de sa meilleure année en 2022 quand elle gagnait le championnat
03:08d'Europe et le championnat du monde, en plaçant son irrésistible Makikomi à tout
03:12le monde. Cela se traduit par une forme d'ambivalence dans les attaques qui ne sont non seulement
03:17pas assez souvent destinées à faire tomber, mais qui vont aussi trop vite vers le sol,
03:21comme si de nouvelles frayeurs de contres possibles les accompagnaient discrètement.
03:26À ce jeu-là, les pénalités ne tombent pas toujours, pas assez vite, le souffle devient
03:31plus court. Résiliente, Emma Melis Aktas était restée bien vivante sous les premiers impacts
03:35et commençait au Golden Score à réapparaître, à prendre une fois, deux fois le dessus au
03:40Kumikata et ce qui devait arriver arriva. Ce que Diko craignait finissait par se réaliser,
03:46elle laissait la jeune fille peser sur son bras droit et s'engager en Kosotogari. Elle
03:51perdait l'équilibre et se faisait marquer. Le repêchage l'obligeait à puiser encore
03:55un peu contre la numéro 2 israélienne Michiner, 20 ans, qu'elle ne parvenait pas à faire
04:00céder rapidement aux pénalités et qu'elle finissait par contrer au Golden Score. Elle
04:04était plus déterminée contre la croate Elena Vukovic pour le bronze qu'elle contrait
04:08elle aussi après deux minutes et fixait au sol. Dans l'ensemble de ses prestations, son
04:13relatif manque de solidité dans les appuis, ses difficultés à engager les hanches et
04:17à tourner le dos étaient visibles. Cette insuffisance d'impact, Romane Diko l'attribuait
04:22surtout à la détermination nouvelle de ses adversaires, toute volontaire pour la faire plier.
04:27Les filles m'attendent trop sur l'avant donc j'ai essayé l'arrière, c'est pour ça que c
04:34'est
04:34très frustrant aussi parce que j'ai l'impression d'avoir pour le coup le combat que je perds,
04:37d'avoir vraiment testé d'autres choses et malgré tout ça n'est pas passé. Peut-être
04:40que c'était l'avant la solution, peut-être que je n'ai pas assez travaillé mes nouvelles
04:45techniques entre guillemets. Ça reste un travail encore en cours, j'ai encore de la progression
04:49heureusement et on teste d'autres choses parce que les filles m'attendent. Et forcément
04:55aussi d'alourdir mon panel technique ça fait du bien mentalement aussi, d'ailleurs
05:00indépendamment de la compétition, on en a déjà parlé plusieurs fois, de savoir que
05:03les filles je peux les faire tomber de plusieurs façons possibles, forcément ça rassure entre guillemets
05:08et je me dis que je peux un peu plus les perturber si je peux dire. Leur stratégie souvent c
05:12'est
05:12aussi de faire en sorte que je ne puisse pas m'exprimer donc forcément ça fait des combats
05:15qui durent, qui durent plus longtemps que d'habitude. Je sais que ça va être de plus
05:20en plus le cas forcément parce que c'est de plus en plus dur, les filles travaillent,
05:24je travaille, tout le monde travaille donc voilà je suis consciente que ça va être de
05:29moins en moins facile de gagner. Je suis toujours prête à faire des longs combats, je suis
05:32toujours prête, après forcément comme ça m'arrive moins, je suis peut-être moins habituée
05:35mais je suis toujours prête à le faire donc c'est vrai que d'avoir enchaîné des
05:40combats longs comme ça aussi ça me prouve aussi que je suis capable, même si il y en a un
05:43qui
05:43basque pas de mon côté mais voilà j'ai essayé, j'ai pas baissé la tête, je pense pas avoir
05:46subi pendant 6 minutes, pas du tout d'ailleurs donc voilà il suffit d'une séquence, il suffit
05:51d'une attaque un peu moins bien effectuée, mal effectuée pardon et ça bascule. C'est
05:58le judo mais il y a quand même de belles choses, je suis consciente de ça et j'ai vraiment
06:02hâte
06:02d'analyser tout ça, qu'on puisse avancer et aller chercher un titre mondial à bas.
06:06Elle a sa capacité à ne pas tomber en fait, à rester debout, pourtant j'ai essayé l'avant, j
06:10'ai
06:10essayé l'arrière, j'ai essayé le sous-miguer, j'ai l'impression d'avoir tout essayé, il faut
06:15que je trouve une solution sur elle, l'année dernière au monde c'était passé mais quand
06:19j'ai vu le tableau je savais que ça allait être un match compliqué dans tous les cas
06:21parce que vraiment elle a que 18 ans mais je sais qu'elle va nous emmener très longtemps
06:26donc voilà c'est la jeunesse qui arrive, c'est des filles qui ont faim, qui ont rien à perdre
06:30aussi, donc elles ont la situation la plus favorable j'ai envie de dire, j'y ai été il y
06:34a quelques années
06:34donc je sais très bien ce que c'est, voilà donc oui je sais qu'on va se reprendre, je
06:39sais qu'il y a des choses à faire
06:42et on va rapidement se mettre, après des vacances d'abord, mais rapidement mettre des choses en place
06:46pour que ce genre de profil, pas forcément elle, mais ce genre de profil m'embête le moins possible.
06:50La coach Jane Bridge identifiait aussi la dimension générationnelle avec un message en filigrane,
06:56pour continuer à dominer, il va falloir convaincre les nouvelles prétendantes qu'elle est toujours la reine Romane Dicot.
07:02Elle perd un combat, ça arrive à tout le monde, il faut s'habituer à que tout le monde ne
07:07peut pas gagner tout le temps
07:09et qu'une défaite, on apprend toujours beaucoup plus de choses à une défaite que tout le temps des victoires
07:17et il vaut mieux ici qu'ailleurs des championnats qui sont vraiment très importants
07:24donc c'est toujours bien aussi de se rappeler qu'il faut continuer le travail et continuer à avancer.
07:30Il y a une jeune génération chez les Lourdes qui monte, qui sont motivés et que quelle que soit la
07:35personne en face,
07:37elles sont prêtes à aller, donc il faut être prêt à ça et aussi monter son propre jeu et continuer
07:44à améliorer.
07:45Elle travaille sur les Hashiwaza, Osoto, Koichi, qu'on a vu un magnifique Koichi en premier combat.
07:52Elle essaie aussi des changements de direction, des soumis, bon tout ça à part le Koichi n'a pas trop
07:59vu.
08:01Mais bon on essaie vraiment d'avancer, d'améliorer beaucoup de choses mais il ne faut pas qu'elle oublie
08:08ses points forts.
08:09En effet elle continue à faire ses scores, ses records en soulevé, etc.
08:15Elle est toujours bien concentrée, sérieuse, donc pas vraiment.
08:21Après est-ce que la recherche du 6ème titre, mais bon je l'ai bien briefé avant la compétite que
08:28si on veut arriver là,
08:29c'est pas, pas, pas, séquence par séquence, combat par combat, donc il faut continuer à travailler.
08:38Et non, il n'y avait pas nécessairement de signaux avant de venir.
08:42Derrière une Romane Lico peut désormais se cacher une Léa Fontaine,
08:46la combattante de Sainte-Geneviève étant sélectionnée pour la quatrième fois au championnat d'Europe,
08:51la troisième consécutivement avec déjà deux médailles au compteur, dont une finale en 2021.
08:56Elle avait le champ libre après l'échec de Romane en quart et montrait de son côté à 24 ans
09:02qu'elle est, elle, dans une phase ascendante
09:04que reflète d'ailleurs une flatteuse 5ème place à la ranking mondiale.
09:08Après une victoire très facile en quart contre Yuli Alma Michiner,
09:12elle se retrouvait en demi-finale contre la jeune Actas, auréolé de sa victoire contre la leader française au tour
09:17précédent
09:18et qui avait comme projet de faire dérailler à elle toute seule le convoi des plus de 78 kilos françaises.
09:24Et elle semblait y parvenir. Régulièrement sur l'attaque, Léa Fontaine ne parvenait cependant pas à entraîner au sol la
09:30jeune Estonienne
09:31qui résistait et n'était pas sanctionnée par l'arbitre à la grande exaspération du président Nomis
09:37dont la voix claire descendait des tribunes pour réclamer un « Shido White ».
09:41Il était peut-être justifié ce « Shido » mais Emma Mélis Actas restait mobile et difficile à fixer,
09:47mentalement présente, de plus en plus réactive.
09:49A force d'insister, la Française commençait à faiblir, à prendre du temps pour se relever.
09:55On ne voyait pas comment elle allait empêcher la défaite qu'on voyait se dessiner à une pénalité partout
10:00à quelques secondes de la fin du temps réglementaire.
10:03Mais Léa Fontaine a changé.
10:05C'est construite dans le travail ces dernières années et au-delà de sa force,
10:09son endurance physique et mentale ont été considérablement renforcées.
10:13Elle relançait alors une attaque en allant chercher la bonne forme du geste,
10:17l'engagement suffisant des hanches, le pied sur la cheville, la bonne rotation des épaules
10:22et accrochait enfin la cible mouvante pour le yuko espéré.
10:26Pas de surprise pour le dernier duel puisque la combattante numéro 1 israélienne Razer Shko
10:30était déjà finaliste des 4 éditions précédentes, gagnant celle où Roman Diko n'était pas aligné en 2024.
10:37Menée d'un Wasari lors de leur dernière et récente rencontre à Tbilisi justement au Grand Chelem de Mars,
10:43elle était parvenue à faire tomber à la renverse la colossale Léa sur un magnifique Osoto Otoshi
10:48qui avait fait le tour du web.
10:50Revanche au programme, mais il n'y eut finalement pas de suspense.
10:54Dès la première séquence, elle s'assurait d'une saisie ferme sur la manche
10:57et partait dans une puissante et parfaite attaque en Sode Tsurikomigoshi qui déroulait son adversaire sur le dos.
11:04A 27 ans, elle affiche une progression de plus en plus nette et qui l'amène à la seconde place
11:08mondiale.
11:09Devant Roman Diko, désormais, preuve peut-être qu'il s'agit moins de générations nouvelles qui arrivent
11:14que de cycles de motivation et de travail.
11:17Désormais trois fois médaillée européenne, mais sans l'or qu'elle se voyait décrochée aujourd'hui,
11:22Léa Fontaine accusait un peu le coup.
11:24Si je compte ça, là, ça fait trois finales où je passe à côté, ça commence un peu à me
11:28saouler.
11:29Et après, il va falloir que je me pose et que je trouve les bonnes réponses aux questions du pourquoi
11:33et aller vite effacer ça.
11:35En fait, je pensais que j'avais le temps de pouvoir me remettre en droite et de continuer.
11:38Ben non, du coup, j'ai pas eu le temps.
11:40En fait, c'est relou parce que c'est un truc que je prends il y a trois semaines ici
11:43en finale et je me suis dit, j'ai compris.
11:45Au final, je reprends la même chose.
11:47Donc, c'est chiant en fait, c'est chiant.
11:49Il n'y a pas d'autre mot, c'est chiant.
11:50C'est chiant et c'est à moi de trouver les bonnes ressources nécessaires pour ne plus que ça arrive.
11:55Je pense que je sais faire.
11:56Mais là, à chaud comme ça, c'est dur d'accepter et de se dire, je suis passé à côté
12:01d'une finale européenne.
12:04Ça me saoule.
12:05C'est à moi de gommer ce genre d'erreurs et de ne plus les reproduire.
12:08Et là, à chaud comme ça, ça m'énerve de perdre comme ça, c'est sûr.
12:11C'est des trucs qui ne doivent pas m'arriver et aujourd'hui, ça m'est arrivé encore.
12:16Et je pense qu'il va falloir juste que je te retourne au travail et trouver les solutions.
12:23Et à côté, je me dis, ça fait Paris, ça fait Tashken, ça fait BDC, ça fait les Europe.
12:29Et je ne peux pas non plus enlever cette régularité, mais je ne peux pas non plus me satisfaire de
12:33ça.
12:33Je pense que je sais que je suis forte et qu'il y a des matchs où je n'y
12:36crois pas assez.
12:38Et ce genre de finale, normalement, je dois aller passer.
12:40C'est compliqué des fois.
12:42Il y a des fois où on est là, il y a des fois où on doute quand même parce
12:44qu'on est humain quand même.
12:46Et voilà.
12:46Mais je ne dirais pas que je n'ai pas confiance en moi.
12:48Non, je sais aujourd'hui ce que je sais faire et que je ne sais pas faire.
12:52Mais il y a des fois comme ça où le cerveau a besoin d'être recentré.
12:56Des fois, c'est compliqué.
12:57Le coach Leblouc, absent de la finale pour cause d'éviction en demi pour excès de parole, l'encourageait à
13:04passer un cap mental.
13:05Je pense qu'elle est loin de ce qu'elle est capable de produire.
13:08Je pense qu'elle n'a pas conscience de son potentiel et qu'elle a peut-être tendance à se
13:14dévaluer ou se mettre une pression.
13:16Je ne sais pas exactement quel terme on pourrait utiliser, mais honnêtement, même sans la configuration du championnat, je pense
13:24qu'elle a le potentiel de faire un titre européen.
13:27Et en plus, comme ça se déroule, les adversaires qui se présentent face à elle, logiquement, tu as les watts.
13:36Jusqu'à Debilissi, il y avait 2-2 entre elle et Herjko. Là, on est passé à 4-2 en
13:40deux compétitions, sachant qu'on bosse bien, je pense.
13:45Et ça ne se voit pas et c'est frustrant. Elle n'est pas du tout au niveau que je
13:52la vois et elle revient dans ses travers dès que la pression monte.
13:56C'est frustrant.
13:57Après, on va essayer de garder le positif. Elle fait une belle médaille d'argent. L'année dernière, elle était
14:025e.
14:02Elle avait fait vraiment un championnat plus que loupé. Là, moi, je suis assez exigeant et je pense quand même
14:09qu'il est en demi-teinte, même s'il est mieux.
14:12Mais il faut qu'elle apprenne à se faire confiance et que ce qu'elle met en place à l
14:18'entraînement, ce qu'elle met en place d'un point de vue technico-tactique,
14:22il faut qu'elle le fasse en compétition. Ça ne sert à rien de le faire à l'entraînement et
14:26de ne pas le mettre en place en compétition.
14:27On avait un plan clair. Franchement, sur la finale du Grand Schlem, elle était très bien. Le plan qu'elle
14:31mettait en place, il était top.
14:33Pour moi, la seule chose qu'il fallait changer, c'était de rester dans son travail de A à Z
14:40et ne pas se déconcentrer et prendre un truc en fin de match alors que tu mènes.
14:44Voilà, elle a pris un truc d'entrée. Elle n'est pas dans la bonne posture. Elle a deux choses
14:51à faire, elle ne les fait pas. Elle la laisse travailler. C'est pas goût, quoi.
14:58Il en restait une, Keila y suffit en moins de 78 kilos, 25 ans tout juste, 25 ans déjà, mais
15:04beaucoup de fraîcheur pour sa première participation à un grand championnat senior.
15:09Une nouveauté dans cette catégorie dominée si longtemps en France par le duo Chumeo-Malonga. Elle avait montré dans les
15:14tournois que si son style tourne autour de Sumigashi,
15:17avec lequel elle surprend beaucoup de monde, son arme maîtresse et sa tête bien faite, son esprit positif et volontaire,
15:24son envie d'avancer sans demander la permission.
15:27Le championnat lui souriait avec une jeune biélorusse en ouverture qui prenait un Sumigashi impeccable,
15:32un combat avorté ensuite pour cause de blessures de la redoutable israélienne Imbar Lanir
15:37et une défaite en demi-finale contre l'inaccessible championne olympique et championne du monde en titre,
15:42l'italienne Alice Bellandi qui la poussait sur l'arrière dans l'une de ses nombreuses tentatives de sauder en
15:46bout de manche
15:47alors que la française avait tenté d'anticiper.
15:49Une manœuvre subtile avec changement de direction que la championne olympique fait consciemment
15:54et rééditait d'ailleurs en finale contre l'anglaise Reed pour un premier titre européen
15:59et une troisième victoire consécutive dans un grand championnat palmarès toujours plus étoffé et série à suivre.
16:05A 27 ans elle aussi, elle a construit une domination progressive
16:08qui culmine depuis sa dernière finale perdue au championnat du monde 2024 contre l'allemande Wagner.
16:14On est curieux de voir qui va pouvoir s'élever à son niveau.
16:17Une bonne journée pour l'Italie d'ailleurs qui atteignait les deux titres ce dimanche
16:20avec la victoire un peu inattendue du moins de 100 kg tatoué Gennaro Pirelli.
16:25L'Italie fait moins de médailles mais trouve autant d'or que la France.
16:29Kaila Issoufi devait donc confirmer ce début réussi avec une médaille de bronze à prendre.
16:33L'Allemagne est redoutable dans cette catégorie avec Anna Monta Olek ou Alina Boehm.
16:37Mais le pays avait privilégié la jeunesse sous des seconds couteaux dans la plupart des catégories.
16:42Et c'est Julie Holterhoff, 28 ans, une habituée des performances en open,
16:46qui avait décroché son second sésame après une première sélection en 2025
16:50et tenait peut-être là l'opportunité d'obtenir le bâton de maréchal de sa carrière.
16:55Elle pouvait d'autant plus s'y croire qu'elle avait pris la mesure de quelques Françaises en tournois ces
16:58dernières semaines,
16:59dont celle de Kaila Issoufi, qu'elle avait dominé en rythme et sur un Soumigaichi latéral en demi-finale de
17:05l'Open de Pologne en février.
17:07Mais la seule véritable rookie de l'équipe de France féminine,
17:10puisque Melke Oshkorn avait déjà fait un championnat du monde en moins de 63 kg,
17:14la seule pure débutante a le sens de la compétition et se transcende avec les enjeux.
17:19Elle n'allait pas se laisser prendre cette première médaille.
17:21A la deuxième séquence, elle se plaçait bien en serinage et marquait le yuko minimum,
17:26qui tombait d'ailleurs après visionnage de la table.
17:29Elle partait ensuite à la bataille défensive avec une idée claire de sa stratégie.
17:32Poser les mains et lancer avant l'autre, ce qu'elle faisait avec enthousiasme,
17:36sans éditation ni précision technique superflu,
17:39récoltant au passage un Shido pour fausse attaque mais aussi un second yuko,
17:43ce qui était une bonne chose parce que l'Allemande parvenait à en combler un sur son Soumigaichi
17:47dans l'une des rares opportunités d'attaque que lui avait laissé la Française.
17:51Radicale et efficace, ce qui semble être un peu la tendance de cette combattante qu'on va apprendre à connaître.
17:56Il y a un an et demi, j'étais même pas dans la ranking, enfin il y a un an,
18:00j'étais même pas dans la ranking mondiale.
18:02Et aujourd'hui, je suis top 10, tête de série et médaillée européenne.
18:06J'avais vraiment envie de faire cette médaille, je voulais le titre.
18:10Maintenant, j'ai perdu contre la meilleure du monde.
18:14Je me suis battue comme j'ai pu, pas de regrets.
18:18Mais par contre, il fallait vraiment sécuriser ça parce que je le mérite,
18:23parce que je travaille énormément, l'INSEP, le club, j'ai trop contente.
18:28J'ai réussi à imposer mon judo et aussi tenter de nouvelles choses.
18:35Il y a eu des combats où je n'ai pas réussi à mettre en place ma technique préférée.
18:40Mais pas grave, on sait faire plein de choses.
18:45Mais je pense que psychologiquement, Tashkent, il y a eu un déclic qui s'est fait.
18:51J'ai vraiment pris confiance en moi, où je me suis dit je peux y arriver et on y va.
18:56Donc oui, je suis plutôt contente de ce que j'ai pu démontrer aujourd'hui.
19:00J'espère qu'elle m'ouvre une porte pour les championnats du monde.
19:03En tout cas, avant ça, il y a le Grand Slam d'Ulambada, qui marque aussi le début de l
19:09'ouverture de la ranking olympique.
19:11Donc aujourd'hui, c'est mon premier objectif, remporter ce Grand Slam.
19:16S'il y a une autre compétition, remporter cette compétition.
19:19Et si j'ai l'opportunité de faire les championnats du monde, mon objectif ultime, c'est de repartir avec
19:26le dessin rouge.
19:27La découvrir, c'était un peu ce que faisait aussi le coach de chaise, Kylian Le Bouk, satisfait de l
19:32'attitude générale de la nouvelle venue.
19:34Une belle réussite pour elle, pour tout son staff.
19:38Moi, je travaille depuis très peu de temps avec elle.
19:40J'essaye de mettre mon grain de sel, mais elle a fait un super parcours à travers ses grands chelèmes,
19:45à travers les différents événements auxquels elle a participé depuis sa montée de KT.
19:53Elle est quand même sur une très belle stat en termes de médailles.
19:57J'espère qu'elle va continuer à progresser et valider les étapes du dessus.
20:01Mais bon, elle commence à battre très régulièrement des clientes très sérieuses.
20:05Donc là, franchement, chapeau, félicitations pour cette première médaille qu'elle a.
20:10Elle est vraiment très rigoureuse, elle bosse beaucoup, elle va chercher des stages.
20:14Elle se démène toute seule pour progresser, pour évoluer.
20:19Franchement, elle se prend en main.
20:20Donc franchement, quand t'es entraîneur, avoir des athlètes comme ça, proactifs,
20:25qui ont une démarche, ça te facilite le travail.
20:28Parce que toi, t'arrives un peu avec ta boîte outils et t'essayes de leur donner un max d
20:31'infos.
20:31Et eux, ils prennent, ils captent et franchement, c'est une éponge.
20:35Donc, c'est cool.
20:37Et comme tu dis, elle a le sourire, elle a envie d'être là,
20:40elle a envie de s'entraîner, elle a envie de progresser.
20:43Tu vois qu'elle est heureuse d'être en équipe de France.
20:48Quand on a fait le brief après la sélection des cheveux d'Europe,
20:51on a dit, voilà, c'est sa première sélection sur un championnat senior.
20:55On nous a dit, mais moi, j'ai déjà eu des sélections en jeunes.
20:57Je sais ce que c'est l'équipe de France.
20:58Donc, elle nous a montré aussi son assurance.
20:59On s'est dit, bon, ok, feu, à toi de jouer, Kayla.
21:03Elle ne s'est pas démontée.
21:04Avec les filles, on a senti une belle énergie.
21:06Donc, bah, c'était cool.
21:09Je pense qu'elle a les armes.
21:10Encore un ou deux kilos sur la balance pour être encore un petit chouïa plus physique.
21:16Et, on va dire, des précisions sur ses attaques.
21:21Dans six mois, un an, elle peut battre Bélandy.
21:24Je n'en doute pas une seconde.
21:25De toute façon, à partir du moment où tu es capable de battre au lac,
21:28des profils de six niveaux, je ne vois pas pourquoi Bélandy ne serait pas accessible.
21:33Et une dernière médaille qui fait huit pour les filles.
21:36Du jamais vu dans cette configuration à neuf engagés.
21:38Et il fallait même remonter aux années 80, notamment 1986 à Londres,
21:43pour retrouver, comme cette année, une combattante française sur chaque podium
21:47et même deux sur celui des plus de 78 kilos.
21:50La malheureuse moins de 57 kilos, Marta Fawaz étant la seule éjectée
21:54et par une française après avoir été en mesure de passer en demi-finale.
21:58Un résultat bluffant sur le nombre dont l'entraîneur-chef Lucie Décosse
22:02se félicitait forcément.
22:04C'est le point positif de ces championnats d'Europe.
22:07Oui, c'est sûr, on a cinq finales, on a des médailles dans chaque catégorie.
22:12Donc oui, oui, ça c'est le côté positif.
22:16Les quatre finales perdues, ce n'est pas non plus,
22:18ce n'est pas comme si les filles étaient arrivées en finale
22:20contre une fille qui n'était pas attendue et qu'elles avaient perdu.
22:24À chaque fois, c'est quand même aussi les meilleurs qui sont en face,
22:27aussi sur le papier, sur les finales perdues.
22:30Donc ça fait relativiser un peu, mais il y a du travail.
22:34C'est sûr qu'il y a du travail.
22:36On aurait voulu plus de médailles d'or forcément,
22:38parce que là, on est aussi dans une Olympiade où c'est ce qu'on veut aller chercher,
22:42c'est encore plus d'or.
22:44Mais l'année dernière, on était à deux, trois finales.
22:47Là, on est à cinq. On peut dire que c'est un peu mieux.
22:50Après la sortie trop rapide du dernier masculin de la délégation ce dimanche,
22:54Daniel Fernandez, entraîneur responsable des garçons,
22:56était passé en zone mixte pour donner son point de vue
22:59sur la performance du jeune poilot français
23:01et aussi son bilan de l'équipe masculine.
23:03Quatre médailles et un titre, résultat stable par rapport à l'année dernière
23:07et rendu intéressant notamment par l'éclosion d'un nouveau jeune talent,
23:10Dayane Boulem Tafès.
23:12Je perçois ça comme un junior encore chez les Lourds
23:15qui promet de belles choses.
23:19Lui, Matteo, il a fait des gros stages depuis le début de l'année.
23:22Il est parti au Japon pendant presque un mois au mois de janvier.
23:26Il était avec nous au Brésil la dernière fois.
23:29Et à chaque fois, il est exemplaire.
23:31C'est pareil, il s'engage, il essaye, il est sérieux.
23:36Et puis pour le coup, à l'entraînement, il montre des belles choses.
23:39Là, on savait qu'un championnat d'Europe aujourd'hui,
23:42la marche, elle est un peu trop haute.
23:44Mais c'est pour lui faire prendre de l'expérience
23:46et c'est pour le construire pour un futur le plus proche possible.
23:50Pour revenir sur les championnats d'Europe,
23:51on est avec le staff très satisfait du comportement de tout le monde d'ailleurs.
23:56Il est médaillé évidemment, les gens qui ne sont pas médaillés aussi d'ailleurs.
24:01C'est de bonne augure et ça valide aussi le cœur qu'ils mettent à l'ouvrage sur les entraînements.
24:07La Georgie, en tout cas chez les masculins, c'est « the place to be » pour performer.
24:15Donc ça rajoute aussi à la valeur de la médaille.
24:21C'est bien pour les gars médaillés, c'est bien même pour les gens qui ont avancé et qui sont
24:25placés.
24:25Ça valide des choix sportifs, ça valide des choix d'entraînement.
24:30Ça met de la confiance mutuelle d'ailleurs entre les athlètes, le staff, nos dirigeants.
24:39Ça nous laisse la possibilité de nous entraîner et de continuer à travailler sereinement.
24:42Donc c'est bien pour tout le monde.
24:43Au-delà de l'aspect comptable et médaillable, ce que j'aime dans ce groupe, c'est l'état d
24:49'esprit.
24:50C'est leur manière de se comporter à l'entraînement mais même en dehors.
24:55C'est des gens qui sont respectueux, qui sont travailleurs.
24:59Et rien que ça, moi ça me va.
25:02Après, sportivement ça avance donc c'est top.
25:06Donc aujourd'hui, j'ai aucune limite à mettre sur les ambitions des garçons.
25:14C'est pas pour ça qu'on ne peut pas louper un rendez-vous.
25:19Mais en tout cas, on peut se retourner en disant, on fait ce qu'on doit faire.
25:25Les gars s'entraînent bien et les gars seront prêts.
25:28Après, le jour de la compétition, ça reste la compétition.
25:31Donc c'est pour ça que j'ai une confiance totale à la fois dans les garçons et à la
25:34fois dans mon staff.
25:36Et donc ça va quoi.
25:38Il fallait noter tout de même que malgré ces douze médailles du jamais vu depuis plus de dix ans,
25:43la France ne finissait pas Première Nation.
25:45Dominée dans cette bataille, non pas par la Russie comme en 2024 et 2025,
25:49restée elle aussi à deux titres, mais par la Géorgie, ultra motivée chez elle,
25:54qui culminait à quatre titres dont, en ce dernier jour, celui spectaculaire du fantasque poilou Gouram Tushijvili.
26:02Face au double champion olympique de 35 ans désormais, le tchèque Lukasz Karpalek.
26:07C'est la première fois que la Géorgie termine en tête de la bataille continentale.
26:10L'avènement d'une championne féminine à la hauteur du groupe masculin n'y est pas tout à fait pour
26:15rien.
26:15Alors, si elle se félicitait elle aussi de la bonne dynamique générale, Frédéric Jossinet, manager de l'équipe de France,
26:21notait tout de même la persistance d'un paradoxe toujours à résoudre,
26:24la solidité générale de l'équipe féminine, mais la persistance aussi de ses difficultés à aller décrocher l'or.
26:31Huit médailles, cinq finales, mais un seul titre, c'était tout de même à souligner.
26:36Ça faisait un petit bout de temps aussi qu'on voulait plus de finales, ben là on les a quand
26:39même, même si on aurait aimé encore plus de médailles d'or.
26:42On a quand même des finales, donc ça veut dire que quelque part, on a gagné en performance sur les
26:50championnats d'Europe.
26:52Et puis, un champion d'Europe avec une densité quand même beaucoup plus importante aussi que l'année dernière, il
26:58faut le souligner.
26:59Donc, non seulement on bat les dix médailles de l'année dernière, mais en plus de ça, le championnat, il
27:03est plus fort.
27:03Et je trouve qu'il faut quand même le dire et ça apporte des éléments supplémentaires.
27:08Et puis évidemment, avec aussi une nouvelle jeunesse, on va dire, qui vient s'exprimer.
27:15Ben aussi bien Diane que qu'elle a, premier championnat officiel, première médaille.
27:20Et ça quand même, ça fait longtemps qu'on n'a pas vu ça non plus.
27:23Ça va certainement donner des idées pour certains et certaines jeunes qu'on doit voir.
27:29Très honnêtement, pour tout le monde, pour eux en premier, mais aussi pour ceux qui sont là et qui ont
27:35envie aussi d'être plus performants.
27:37Donc, je trouve très intéressant.
27:40C'est ce que j'ai demandé aussi aux équipes d'encadrement et je les remercie évidemment au passage.
27:44Parce qu'ils doivent transmettre, ils doivent, au-delà de transmettre, incarner, transpirer cette rigueur, abnégation, d'aller jusqu'au
27:53bout.
27:53C'est ce que je leur avais demandé au tout début de championnat.
27:56Et c'est vraiment aujourd'hui ce qu'ils transmettent au quotidien.
27:59Quand on fait du haut niveau, ce n'est pas facile pour les athlètes, mais ce n'est pas facile
28:02non plus pour les staffs.
28:04Et ces douze médailles, on leur doit aussi quelque part, donc il faut aussi le souligner.
28:08Et en effet, cet état d'esprit, c'est eux et elles qui le transmettent au quotidien, tous les jours,
28:15dans l'entraînement,
28:16quand ils partent en stage à l'étranger et sur les jours de compétition.
28:19On va dire qu'on part d'un bon pied.
28:23Le début de la campagne olympique, c'est le mois de juin, ce n'est pas le mois d'avril.
28:27Il va y avoir des sélections, très certainement avant l'été, pour les championnats du monde.
28:31Et je pense que le vrai tremplin et le tunnel pour aller jusqu'aux Jeux Olympiques
28:37sera plus à partir de la sélection des mondes et notamment aussi avec le grand chelem de Mongolie.
28:43Là, on est presque, on va dire, dans la fin de Prégio.
28:49Et on va se tourner très rapidement, en effet, sur cette quête olympique, aussi bien en termes de préparation qu
28:54'en termes de qualification.
28:55Quant au passionné président Noumiss, premier supporter et parfois coach supplétif depuis les tribunes,
29:00il assumait ce déficit d'or en faisant du nombre, une qualité et apportait son regard personnel.
29:06Il n'y a pas les 4 heures, c'est un fait. Et les 2 ors que j'ai ratés
29:10se sont compensés par 2 médailles supplémentaires.
29:13Donc à un moment donné, tu vois, il faut se dire, est-ce qu'on aurait préféré avoir 4 heures
29:18toutes seules ou 12 médailles ?
29:20Bah moi, même s'il n'y avait pas eu d'or, j'aurais préféré avoir 12 médailles.
29:23Parce que humainement, mes athlètes, ils s'entraînent tous les jours, ils s'entraînent dur, la concurrence, elle est dure.
29:29Théâtre Bilicis, voilà, ça envoie du lourd. Vous avez vu, ça envoie du lourd quand même. C'est pas rien,
29:34quoi.
29:34On vous a habitué à faire toujours beaucoup de médailles, voilà. Peut-être qu'on va arrêter l'enfer, hein,
29:40pour que, voilà, que 12 médailles, c'est juste exceptionnel.
29:43C'est faire 12 médailles à l'étranger, sur un autre territoire que le nôtre, on avait déjà fait 12,
29:49mais c'était en France en 2014, chez nous.
29:53Là, on est à l'étranger, c'est du jamais vu, on l'a jamais fait, tu vois. Donc moi,
29:57je suis hyper content.
29:58Et on est sur le chemin, c'est pas, c'était pas l'objectif. L'objectif, ça reste quand même
30:03les jeux.
30:03On fait tout pour se préparer pour les jeux. Et ce que je vois qui a bien fonctionné, c'est
30:08qu'on a des jeunes qui sont arrivés,
30:09qui ont intégré l'équipe difficilement, parce qu'on a fait des choix difficiles pendant les comités de sélection,
30:18des choix contestés, même au TAS. Et au final, nos choix, ils ont été plutôt payants dans l'ensemble.
30:24Et on ressort avec 12 médailles. Donc le bilan, il est extrêmement positif pour le judo français, quoi.
30:30C'était un enjeu, je l'ai dit, je voulais amener de la jeunesse. Et tu les amènes en compétition,
30:37et ils perdent tout de suite d'entrée. Donc c'est un pari réussi, pari difficile, risqué.
30:45On a vu qu'on s'est fait quand même chahuter au dernier comité de sélection. Normal, normal.
30:51On a pris nos responsabilités. Je pense que c'est important de prendre ces responsabilités.
30:57Et elles ont payé. Voilà, maintenant, il va y avoir des grands prix.
31:00Les filles vont sortir sur les grands prix. On va voir derrière le comité de sélection.
31:04Mais je trouve que cette jeunesse qui éclate et qui montre de belles choses et beaucoup d'envie.
31:10Tu vois, moi, je pense que l'espoir, c'est le truc le plus important en judo.
31:15Donner espoir à l'ensemble de l'équipe de France qu'ils peuvent tous y arriver.
31:19Tu vois, le petit Diane Boulentafès, il était à Aix-en-Provence il y a un an.
31:25A Aix-en-Provence il y a un an, il faut se rendre compte.
31:27Et là, il est médaillé européen senior. C'est juste dingue, quoi.
31:31C'est juste dingue. Et lui, lui se voit aller aux Jeux olympiques.
31:34Il vous l'a dit. Ah, voilà. Il se voit aller aux Jeux olympiques.
31:37Il se voit décrocher une médaille aux Jeux olympiques.
31:39Voilà. Eh bien, ça va donner... J'espère, ça va donner...
31:44Il va donner à toute sa génération la même envie.
31:47Il va les faire rêver. Il va les emmener avec lui.
31:51Non, ça va être... Il va y avoir une concurrence de dingue. Et moi, j'aime ça, quoi.
31:54On va devoir retravailler le schéma tactico-technique sur la première minute
31:59parce que c'est pas normal de les perdre aussi vite comme ces finales.
32:03Et ça me rappelle un peu les demi-finales qu'on perdait au jeu.
32:07Il y en a beaucoup qui se sont enchaînées. Et on doit les gagner.
32:10Donc, quand tu montes sur une finale, c'est pour gagner. C'est pour aller chercher un titre.
32:14C'est tellement important d'avoir un titre versus une finale
32:18qu'il manque un petit truc de préparation, tu vois.
32:21Donc, on va le travailler. Mais vraiment, ça reste...
32:26Les Europes, c'est la préparation pour Bakou.
32:28Maintenant, on va aller à Bakou confiants. Et j'espère qu'on va ramener plus de titres, quoi.
32:33Est-ce qu'il est possible de ramener plus de titres à Bakou qu'aux Europes ?
32:36Johan, je pense qu'il est dans une position extrêmement difficile à tenir.
32:40Il a fait rêver toute la France à Paris en individuel et en équipe.
32:47Sans lui, on ne serait pas champion olympique par équipe.
32:49Et il a fait un exploit. Derrière, il va chercher un champion du monde.
32:53Il est champion du monde à Budapest avec la manière.
32:59Et du jour au lendemain, il se retrouve dans la peau de celui qui doit défendre.
33:06Défendre son titre, défendre son palmarès.
33:08Et tout le monde l'agresse, vraiment, alors que c'était lui qui agresserait avant.
33:13Donc, il a une phase où il va devoir apprendre à être le leader.
33:17Et aujourd'hui, on l'a vu. Il n'est pas prêt.
33:20Mais par contre, il fait quand même une belle compétition. Il fait cinquième.
33:23Et je suis sûr qu'on va en discuter, voir ce qu'on met en place pour qu'il comprenne
33:29qu'aujourd'hui,
33:30lui, c'est le leader et qu'il faut passer au-delà et puis il faut réengager.
33:35Il s'engage un peu moins qu'avant. Il gère peut-être un peu plus.
33:41Mais j'ai ultra confiance en lui et son staff pour le remobiliser.
33:46En plus, pour moi, c'est encore mieux.
33:50Il y a Diane qui arrive, qui va lui pousser les fesses, comme on dit chez nous.
33:54Et la concurrence va être très, très forte, quoi.
33:58Et je suis sûr que ça va donner des idées à d'autres.
34:00En fait, Gaba, il a poussé une génération à se dire tout est possible.
34:06Sauf qu'il a donné des idées à la génération de Diane.
34:10Et eux aussi, ils pensent que tout est possible maintenant.
34:13Et ils vont vouloir prendre sa place et prendre la place des autres.
34:15Et donc, je suis sûr que ça va créer des destins incroyables, quoi.
34:20Moi, j'ai hyper confiance dans cette équipe de France.
34:22On a quatre médailles masculines.
34:24Du beau judo, des hippons, voilà.
34:27Et non, je suis très, très confiant, quoi.
34:29Romane, elle est venue en compétition.
34:33C'est une compétition parmi d'autres.
34:34C'est un sixième titre carat.
34:36OK, bon, pour moi, c'est...
34:38Les gens, ils pourraient le voir comme un échec, mais elle ramène une médaille.
34:43Romane, il faut se rendre compte de ce que c'est, Romane.
34:45C'est onze championnats, dix médailles.
34:49Non, mais la stat, elle est folle.
34:50Onze championnats, Europe, mondiaux, dix médailles.
34:54Elle s'est trompée qu'une seule fois.
34:56La stat, elle est complètement folle.
34:58Aujourd'hui, elle n'est pas dans un bon jour.
34:59Elle fait une médaille.
35:00Elle va chercher dans une médaille.
35:02Une journée, elle n'est pas dedans.
35:03Vous avez vu, on l'a tous vu.
35:05Elle n'était pas...
35:06Voilà.
35:07Peut-être qu'elle avait un peu la pression de cette sixième médaille d'or,
35:11de rentrer dans l'histoire du judo européen.
35:14Peut-être que voilà.
35:15Mais même avec ça, elle va quand même te chercher une médaille.
35:18Donc quelque part, je suis confiant dans l'avenir de Romane, quoi.
35:23Je n'ai pas de sujet.
35:24Le chemin, ce n'est pas le chemin d'Europe.
35:26Le chemin, pour elle, c'est les titres mondiaux et olympiques qui comptent.
35:31Romane, on sera déçu si au prochain jeu, elle n'est pas championnats olympiques.
35:35Il est temps de refermer les pages de l'histoire des championnats d'Europe de Tbilisi.
35:38L'aventure reprendra très vite avec des championnats du monde en Azerbaïdjan,
35:43reportés après la rentrée des classes du 4 au 10 octobre à Bakou.
35:47D'ici là, bien des choses se seront passées.
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