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  • il y a 20 heures
Mieux manger, soutenir les producteurs locaux… et réduire le budget des courses.
C’est l’objectif de la Sécurité sociale de l’alimentation, un dispositif encore expérimental inspiré du modèle de la Sécu.
Dans le Forez, une première initiative a vu le jour autour de Boën-sur-Lignon, portée par Loire Forez agglomération. Pendant plus d’un an, des habitants volontaires ont travaillé aux côtés de la collectivité pour construire ce projet, définir son fonctionnement et sélectionner les producteurs et points de vente.
Concrètement, chacun cotise selon ses moyens et reçoit ensuite une somme mensuelle pour acheter des produits locaux.
Une expérimentation à taille humaine, qui pourrait bien faire des émules ailleurs.
Reportage à Boën-sur-Lignon d’Alexandre Crouzet.

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Transcription
00:00Mieux manger, soutenir les producteurs locaux et alléger le budget des ménages,
00:04tel est l'objectif de la sécurité sociale de l'alimentation.
00:06Sur le marché, de bois sur l'ignan, les habitudes changent doucement.
00:10Téléphone en main, Nadine valide son panier de légumes en quelques clics.
00:13Je vais sélectionner le producteur.
00:18Une fois qu'il est sélectionné, je vais taper le montant,
00:21qui est de 8,10 euros, donc 8,1 euros.
00:27Je mets ma référence légumes.
00:31Hop, je valide.
00:33Je confirme.
00:35Alors, avec du bœuf aux racines, je confirme.
00:38Et c'est bon, Madame va recevoir un mail et elle est payée.
00:42Personnellement, j'étais une adepte des grandes surfaces
00:44et j'achetais beaucoup de plats préparés.
00:47Donc maintenant, je m'oblige à acheter des légumes frais.
00:50Je m'oblige à aller au marché, alors que ça fait des années que je n'ai pas été au
00:54marché.
00:55Et c'est vrai que la transition pour moi est un peu difficile,
00:58mais je me dis, tant que j'ai mes 100 euros, je mange des produits frais, des produits locaux.
01:03Et au final, ça me fait tout mon moi et je mange local.
01:08Et je soutiens donc les producteurs, du coup, et je soutiens mon porte-monnaie et mon corps.
01:16Comme elle, une centaine d'habitants participent à une expérimentation encore peu connue,
01:20la sécurité sociale de l'alimentation portée localement par l'association SS Apatia.
01:24Le principe repose sur le modèle de la sécurité sociale.
01:28Chacun cotise selon ses moyens entre 10 et 120 euros par mois
01:31et reçoit en retour une allocation de 100 euros pour acheter des produits alimentaires chaque mois.
01:35Ça aide, ça aide beaucoup les fins de mois et tout ce qu'on suit,
01:39puis pour une cotisation, voilà, qui n'est pas chère.
01:42Ça aide les petits commerçants et nous, ça nous aide beaucoup parce qu'on mange du bio en plus.
01:46Si on a un revenu faible, on cotise par exemple 30 euros et on reçoit 100 chaque mois.
01:53Si on a un revenu plus élevé, au-dessus de 2000 euros par exemple,
01:58on cotise 120 et on reçoit 100.
02:00Donc c'est bien un système de solidarité qui fait que ça s'équilibre
02:05entre les plus faibles revenus et les plus gros revenus.
02:10Concrètement, la sécurité sociale de l'alimentation part sur les mêmes bases que la sécurité sociale,
02:17à savoir de donner le droit à tout un chacun
02:22de bénéficier d'une alimentation saine, équilibrée et de bonne qualité,
02:28sans discrimination, sans stigmatisation.
02:33Je dois rappeler aussi qu'un des objectifs de la sécurité sociale d'alimentation,
02:38c'est de permettre à des producteurs et des agriculteurs locaux
02:42de vivre de leur métier de manière décente.
02:47Puisqu'on sait actuellement que bon nombre d'agriculteurs ne vivent pas correctement de leur métier.
02:55Des règlements qui se font directement via une plateforme accessible aux cotisants et aux producteurs.
02:59Un bénéfice également pour les commerçants locaux sélectionnés par l'association
03:02qui voit une clientèle revenir ou arriver, ce qui soutient leurs engagements.
03:06Nous ce qu'on aimait, c'est que déjà on est au levain naturel,
03:09donc on prenait à cœur de savoir ce qu'on faisait réellement manger à nos clients.
03:12Et là, ça nous permettait vraiment d'aller encore plus dans ce côté-là,
03:15que tout le monde puisse accéder à quelque chose de sain pour leur santé.
03:19Et ça, c'est précieux.
03:20Moi, j'ai remarqué que j'ai beaucoup de clients que je vois toujours depuis des années
03:23et que je revends encore plus avec l'hépatia, donc c'est génial.
03:25Et j'ai des clients qui venaient très occasionnellement pour se faire plaisir.
03:29Et là, maintenant, ils peuvent faire plaisir à leurs enfants et se faire plaisir à petit prix.
03:34En plus, ils prennent même des pains de laveille.
03:35On essaye de ne pas gaspiller au maximum et que tout le monde puisse manger à sa faim
03:39et avec des bonnes choses surtout.
03:40On trouve que c'est une reconnaissance parce que du coup,
03:43de savoir que des citoyens qui ont décidé de qu'est-ce qu'ils voudraient manger pour eux
03:49et qu'est-ce qu'ils voudraient que les autres mangent
03:50et qu'ils aient choisi une ferme avec un label d'agriculture biologique
03:53et qu'on fait partie des personnes sur lesquelles les gens peuvent venir choisir leur alimentation,
03:58c'est une reconnaissance de notre travail et des choix qu'on a faits en tant qu'agriculteurs.
04:03Si pour l'heure, les habitants de 21 communes du bassin de vie de Boins-sur-Lignon en sont bénéficiaires,
04:08l'association espère à terme un plus grand développement de ce dispositif.
04:11C'est-à-dire qu'il y a de plus en plus de caisses qui se lancent au niveau national.
04:14Il y en a une à Saint-Etienne.
04:16On a des demandes sur Noir-et-Table, Saint-Germain, il y a Boins,
04:20il y a les Monts-du-Lyonais qui veulent se lancer aussi.
04:22Il y en a près d'une centaine en France actuellement qui se lancent.
04:26Donc l'idée peut-être, c'est dans les années qui viennent,
04:29pourquoi pas imaginer un réseau national complet consacré à la sécurité sociale de l'alimentation,
04:35voire une branche supplémentaire de la Sécu qui serait l'alimentation.
04:38Ça permet à tout le monde, tous les citoyens, de manger selon leur choix et en fonction de leurs moyens.
04:45De manger des choses de qualité, pas forcément bio, mais des produits de qualité.
04:49Mais en fonction de leurs moyens, de pouvoir manger comme tout le monde.
04:53Donc ça implique qu'il y ait des cotisants solidaires et d'autres cotisants qui bénéficient de la solidarité.
04:59Qui n'est pas de l'assistanage, c'est comme la Sécu, c'est-à-dire c'est un droit.
05:03Un droit de se nourrir bien, c'est un droit.
05:05Ça devrait être un droit pour tout le monde, indépendamment de tout le reste.
05:10Parce qu'il y a de gros problèmes de santé liés à la malbouffe, etc.
05:14Dont on parle beaucoup en ce moment, il y a des tas de rapports là-dessus.
05:16Et ça, ça pourrait être aussi une mesure pour encourager les gens à changer de mode d'alimentation.
05:22Et faire bénéficier aux producteurs locaux.
05:25Parce que ça, c'est une ambition forte.
05:27C'est ça, que ça bénéficie aux producteurs locaux.
05:29Pour l'instant, nous sommes une centaine d'adhérents.
05:33Et 91 cotisants.
05:36Et on cible 100 cotisants.
05:38Il y a deux façons de payer, soit avec son smartphone personnel, on se connecte sur le site de la
05:46SSA.
05:46Et sinon, le producteur a aussi un moyen de paiement, il suffit de donner son code.
05:52On n'est pas obligé en tant que cotisant d'avoir un...
05:55Et après, c'est déduit de sa cagnotte de 100 euros.
05:57Et après, c'est déduit de sa cagnotte.
05:58Au total, 17 producteurs présents sur les marchés de Chalmazel, Boins-sur-Lignon et Montbrison.
06:03Et 5 points de vente comme celui-ci à Trelin sont aujourd'hui conventionnés dans le dispositif.
06:08Pour l'épicerie, c'est intéressant de pouvoir faire connaître un peu plus les producteurs du coin.
06:14A des gens qui n'avaient pas forcément l'habitude de consommer local.
06:17Donc c'est très important de leur permettre de refaire des courses et de reconstituer leur propre menu.
06:23Avec des produits locaux, un maximum de produits locaux qu'on vend ici.
06:27Et on a aussi des produits d'épicerie pour permettre aux gens de faire toutes leurs courses en un même
06:32lieu.
06:33Nous, ça nous a permis de toucher de nouveaux clients.
06:35Et puis au niveau des producteurs, c'est intéressant parce que du coup, ça leur permet aussi d'avoir un
06:41nouveau créneau de vente pour leurs produits.
06:44Au-delà du fonctionnement du dispositif, ce sont surtout les usages qui évoluent.
06:48Des courses plus saines reposant sur un principe solidaire tout en soutenant l'économie et la production locale.
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