- il y a 10 heures
Thierry Breton, ancien Commissaire européen et ancien ministre de l'Économie, était l'invité du Face à Face sur BFMTV et RMC ce lundi 6 avril.
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00:03Bonjour à tous, il est 8h29, vous êtes sur BFM TV, RMC, mon invité ce matin c'est Thierry Breton.
00:09Bonjour Thierry Breton, ancien commissaire européen, ancien ministre de l'économie.
00:13Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin.
00:16Alors Donald Trump, le président américain, va tenir ce soir à 19h une conférence de presse depuis la Maison Blanche,
00:22une conférence de presse bien sûr à suivre en direct sur BFM TV.
00:26Est-ce que Donald Trump peut tirer profit politiquement de l'incroyable opération de sauvetage des deux pilotes américains
00:33dont l'avion avait été abattu en fin de semaine dernière ?
00:36Pour lui cette opération qui était encore une fois nécessaire.
00:41Elle est nécessaire parce que, encore une fois, dans la doctrine américaine de l'engagement de combat,
00:46quand un pilote tombe derrière les lignes, on va toujours le rechercher.
00:50Donc il n'avait pas le choix, mais vous avez raison, c'était un peu politiquement, on va dire, quitte
00:55ou double.
00:56Alors il faut se réjouir évidemment que les forces américaines, dans une opération tout à fait exceptionnelle,
01:03n'en doutons pas, elle donnera certainement lieu à un nouveau blockbuster à Hollywood dans quelques années.
01:09Vous vous souvenez, quand la pièce était tombée du mauvais côté,
01:13la chute du faucon noir en Somalie, à Mogadiscio, avait été aussi un blockbuster.
01:18Parce qu'au fond, ça c'est l'Amérique triomphante, l'Amérique qui gagne,
01:22mais c'est l'Amérique qui gagne sur une opération ponctuelle.
01:26Alors bien sûr, ça lui ouvre un espace politique.
01:29Il aurait pu, si jamais, et on se réjouit encore une fois que ça n'ait pas été le cas,
01:33le pilote n'avait pas été retrouvé ou il avait été emprisonné par les Iraniens,
01:36on imagine le drame et le traumatisme que ça aurait créé aux Etats-Unis, mais dans le monde aussi.
01:41Bon, c'est tombé du bon côté, on s'en réjouit.
01:44Il a donc une fenêtre politique, la question c'est de savoir ce qu'il va en faire.
01:48Alors il y a cette conférence de presse, vous avez raison.
01:51N'en doutons pas, il va certainement glorifier, à juste titre, ce qui s'est passé.
01:57On va avoir sans doute moult détails.
02:00Maintenant, pour le reste, la guerre est toujours là.
02:02Et justement, dans le même temps, Donald Trump a repoussé à mardi soir
02:05l'ultimatum qu'il avait fixé à Téhéran pour ouvrir le détroit d'Ormous,
02:09sans quoi il menace, je cite, de déchaîner les enfers sur l'Iran.
02:13Comment comprendre le nouveau report de cet ultimatum ?
02:16Il avait déjà été reporté de dix jours.
02:18Comment interpréter cela ?
02:19Est-ce que c'est un signe de faiblesse du président américain ?
02:21Mais Guillaume Daré, parce qu'aujourd'hui, ceux qui ont les clés,
02:23et je vais le dire de façon très simple,
02:25et avec le plus de hauteur de vue possible,
02:27ce sont les Iraniens, qu'on le veuille ou non.
02:30Parce qu'il faut dire les choses comme elles sont, ce matin, à votre micro.
02:33On avait imaginé que cette opération,
02:36dont personne du reste n'a très bien compris les buts de guerre américains.
02:38On connaît parfaitement les buts de guerre israéliens, on les comprend.
02:43Israël était dans le collimateur, si je puis dire, des Iraniens depuis maintenant des dizaines d'années.
02:48Bon, très bien, ils avaient juré leur perte,
02:49donc ils avaient intérêt évidemment à mener une guerre pour se défendre.
02:53Mais les États-Unis, qu'est-ce qu'ils sont allés faire ?
02:55Si ce n'est répondre à la sollicitation de Benjamin Netanyahou.
02:59Tout le monde le sait maintenant, c'est ça ce qui s'est passé.
03:01Les buts de guerre, ils changent tous les deux jours.
03:05Donc évidemment, les Iraniens, ils se sont maintenant organisés.
03:08On se rend compte, peut-être un peu tard, que depuis 40 ans, ils se préparaient à ça.
03:12Ils sont organisés un peu en alvéole.
03:14Oui, bien sûr, il y a eu, je dirais, cette décapitation au plus haut sommet de cet état-mola,
03:20dont on veut tous du reste qu'ils disparaissent, bien entendu.
03:24Est-ce qu'il a disparu, Guillaume Daré ?
03:25Non, il est toujours là.
03:26Comment comprendre ce pas de deux permanents de la part du président américain,
03:31entre la foi, la menace de faire déferler un enfer sur l'Iran,
03:35et en même temps le fait de dire qu'un accord n'a jamais été aussi proche ?
03:38Mais il ne faut jamais écouter, encore une fois, il parle aussi au marché,
03:41on va y revenir dans un instant.
03:42Ce qui se passe aujourd'hui, c'est que les Iraniens se sont organisés,
03:45et ils ne sont pas seuls.
03:46On s'en rend compte maintenant.
03:48Qu'est-ce qu'on voit ?
03:48Ils sont soutus.
03:49Les contours d'une nouvelle alliance ?
03:50Mais bien entendu, cette nouvelle alliance, elle est avec qui ?
03:52Avec ceux qui soutiennent l'Iran.
03:53Comment l'Iran fait-elle pour continuer à renouveler en permanence ces stocks de missiles ?
03:58Ils en fabriquent à peu près 100 par mois.
03:59Comment l'Iran fait-elle pour renouveler en permanence ces stocks très abandons de drones ?
04:04Ils en fabriquent des centaines, voire des milliers.
04:06Une alliance avec qui ?
04:07Avec la Chine, bien entendu.
04:08C'est la Chine qui fournit l'ensemble des composants,
04:10en particulier le propergol,
04:11c'est-à-dire ceux qui vont permettre aux missiles d'être propulsés.
04:14C'est la Chine qui fournit les composants électroniques,
04:16qui ont du reste été bien souvent dérivés,
04:19technologie duale, d'entreprises occidentales.
04:21C'est la Russie qui fournit le savoir-faire maintenant extrêmement sophistiqué sur les drones.
04:26C'est la Chine qui fournit les systèmes qui vont permettre de guider ces missiles,
04:31notamment à travers l'entreprise Baidu.
04:34C'est l'équivalent de notre GPS.
04:36C'est la Corée du Nord qui fournit l'architecture et le savoir-faire en matière balistique.
04:41Donc oui, tout ça, aujourd'hui, est en train de s'organiser.
04:44J'ajoute que le détroit d'Hormuz,
04:46il n'est pas fermé pour tout le monde,
04:48puisque le détroit d'Hormuz, désormais,
04:49il y a une diplomatie qui se remet en place dans la région maintenant,
04:52pardon, mais autour de l'Iran.
04:54L'Iran vient de négocier avec,
04:56tenez-vous bien, les Philippines,
04:58si proches des États-Unis,
04:59avec la Thaïlande, avec le Vietnam,
05:02tout simplement pour refaire passer les bateaux.
05:04Et on voit qu'il y a cette diplomatie qui se remet en place.
05:06Et aujourd'hui, force est de constater
05:08que ceux qui ont les clés,
05:09et je le dis, ça ne me réjouit pas,
05:11c'est plutôt l'Iran.
05:12Mais alors, attendez, je vous arrête une seconde sur ce que vous venez de dire.
05:14Ça veut dire quoi ?
05:15Que l'Iran, paradoxalement,
05:17même si ce pays est frappé depuis des semaines,
05:20est désormais politiquement plus fort qu'avant la guerre ?
05:22Eh bien, en tout état de cause,
05:23l'Iran est rentré dans une guerre qu'on appelle la guerre asymétrique.
05:26C'est-à-dire que, bien entendu, en face,
05:28on a les meilleures armées du monde,
05:29la meilleure armée du monde,
05:30on a les meilleures technologies du monde,
05:32et on l'a vu encore une fois pendant le week-end
05:34pour aller récupérer ce colonel derrière les lignes.
05:37Mais derrière, on a effectivement, pour se défendre,
05:40les missiles patriotes, vous savez,
05:42tout le monde en a entendu parler,
05:43ça coûte entre 1 et 2 millions de dollars, pardon,
05:46pour taper ou pour faire abattre des drones à 30 000 dollars.
05:51Et derrière, qu'est-ce qui se passe ?
05:53Les réserves sont en train de s'amoindrir.
05:56Aujourd'hui, songez que depuis le début des hostilités,
06:00c'est deux années de fabrication des patriotes
06:02qui ont été consommées.
06:04Et le Patagone commence à s'inquiéter.
06:06Les réserves sont en train de faiblir.
06:08Et pendant ce temps-là, l'Iran est dans une logique de flux.
06:10C'est ce qu'on appelle une guerre asymétrique.
06:12L'Iran s'y est préparé.
06:13Donc oui, il est temps pour Donald Trump,
06:16qui par ailleurs est sous pression,
06:17sous une très forte pression aux États-Unis,
06:19en particulier de la part des électeurs
06:21et en particulier de la part des consommateurs.
06:23Des électeurs, est-ce qu'il est sous la pression des militaires aussi ?
06:25Est-ce que ces hésitations que l'on voit,
06:27ça témoigne d'une lutte en coulisses
06:29entre d'une part les politiques et d'autre part les militaires ?
06:33Mais tout ce dont on parle ce matin ensemble, Guillaume Daré,
06:35les militaires le savent bien mieux que vous et moi.
06:37Évidemment, ils n'étaient pas pour cette guerre.
06:40Ils savent, vous savez, à Washington,
06:41on dit une chose, ça m'avait beaucoup marqué.
06:43Maintenant, je ne peux plus y aller, hélas,
06:44pour quelque temps aux États-Unis.
06:45Je le regrette du reste.
06:46Interdit le territoire par les Américains.
06:47Mais du temps où j'y allais souvent,
06:48je voyais souvent les think tanks,
06:50et ils disaient, vous savez,
06:52le problème des guerres éclairs,
06:53c'est les trois premières années.
06:55On sait aux États-Unis
06:56que quand on se lance dans une guerre éclaire,
06:57c'est jamais de bon adage.
06:59Et donc, effectivement,
07:00les militaires américains n'étaient pas pour.
07:01Du reste, ceux qui manifestent,
07:03je dirais, leur inquiétude
07:05ou leur vélité de ne pas suivre
07:06les foucades du président américain,
07:08je pense en particulier
07:09au chef d'état-major de l'armée de terre,
07:11ils sont limogés.
07:12Donc, les militaires, eux...
07:14Alors, la bonne nouvelle,
07:15pour revenir sur ce que vous disiez tout à l'heure,
07:17c'est que comme Donald Trump
07:18vient incontestablement de remporter,
07:20je dirais, un succès politique aujourd'hui,
07:23parce que l'effet drapeau aux États-Unis,
07:25ça compte.
07:25Et le fait qu'on ait réussi à sauver
07:27ce colonel de l'armée de l'air,
07:29c'est très important.
07:30Ça remet les militaires,
07:32je dirais, au centre du jeu.
07:34La chef de cabinet, Mme Wills,
07:36qui semble être l'adulte dans la place,
07:39peut-être la seule du reste,
07:40veille désormais à ce que ceux qui savent
07:42puissent rencontrer le président des États-Unis.
07:45Les militaires sont maintenant,
07:47je dirais, remontés d'un cran,
07:49puisqu'encore une fois,
07:50ils ont réussi cette opération.
07:50J'espère qu'ils seront convaincre le président des États-Unis
07:53qu'il voudrait mieux maintenant arriver à un cessez-le-feu,
07:55plutôt que ces foucades qui n'ont strictement aucun sens.
07:59Parce qu'encore une fois,
08:00si jamais il fait ce qu'il dit,
08:01c'est-à-dire qu'il commence à détruire
08:03et les ponts, et les centrales électriques,
08:05on rentre dans des zones grises,
08:08celles des crimes contre l'humanité.
08:09Il faut faire très attention.
08:11Et il faut être bien conscient
08:12que les Iraniens ont démontré de façon très précise
08:15qu'ils vont taper en réciprocité,
08:17et là, peut-être dans des usines de dessalement,
08:19dans des infrastructures qui sont des infrastructures civiles,
08:22et ce serait évidemment l'embrasement.
08:24Il faut tout faire, évidemment, pour l'éviter.
08:26Il faut vraiment que l'on puisse jouer,
08:29et nous, les Européens,
08:30de toute notre force diplomatique
08:32pour éviter cette affronte.
08:33On va venir au rôle de la France,
08:34mais effectivement, vous le disiez à l'instant,
08:35sur le terrain, aucun signe de désescalade,
08:37puisque ce matin, encore, Téhéran a visé avec ses missiles
08:39et ses drones Israël, le Koweït,
08:41les Émirats arabes unis.
08:43Quand vous dites qu'il faut qu'il trouve une porte de sortie,
08:45est-ce que c'est parce qu'à vos yeux, aujourd'hui,
08:46c'est une guerre ingagnable pour les États-Unis ?
08:49C'est une guerre asymétrique, je l'ai dit.
08:50D'un côté, vous avez effectivement les Iraniens,
08:52et il faut toujours les dire désormais,
08:54et ses alliés, car ses alliés sont là.
08:57Donc, encore une fois, c'est beaucoup plus que les Iraniens,
08:59donc ils se sont organisés sur un temps long,
09:02et dans ce conflit asymétrique,
09:04c'est-à-dire une guerre de flux d'un côté,
09:07vous savez, l'histoire nous apprend que dans ce cas-là,
09:10ceux qui ont l'horloge en main,
09:12ce ne sont plus les États-Unis, c'est l'Iran.
09:14L'Iran s'est organisé,
09:15ils sont organisés sur un temps long,
09:17et la guerre asymétrique, ça a aussi des impacts très forts
09:20dans les populations, sur l'économie.
09:23Le galon à 4,10 dollars aujourd'hui aux États-Unis,
09:27songez que le prix de l'essence aux États-Unis,
09:29il a monté de 45% depuis le début des hostilités.
09:3115% pour la France, effectivement, c'est beaucoup plus aux États-Unis.
09:34Vous parliez de la position, effectivement, de la communauté internationale.
09:38Est-ce que le président français, Emmanuel Macron,
09:39a raison de rester à distance, de marteler que ça n'est pas notre guerre,
09:43quitte à être pris pour cible par Donald Trump,
09:45qui juge que la France n'est pas assez coopérative ?
09:46Oui, il faut arrêter de rester pris pour cible,
09:48je suis bien placé pour le savoir,
09:49il faut continuer à faire ce qu'on a à faire,
09:50et à dire ce qu'on a à dire,
09:51car encore une fois, la démocratie, c'est ça.
09:53Le président de la République, il a eu parfaitement raison,
09:56il a eu, encore une fois, un comportement,
09:59qui a été le comportement, à mon avis,
10:00qui était absolument celui que nous devions avoir.
10:02Je rappelle que nous avons envoyé, en Méditerranée,
10:07septentrionale, au large des côtes chypriotes,
10:09le porte-avions Charles de Gaulle,
10:11plus, encore une fois, une escadre de destroyers,
10:14qui sont européens.
10:15Et pourquoi Guillaume Daré ?
10:17Parce que voyez-vous, pour nous, Européens,
10:18la parole, ça compte.
10:20Nous, on tient nos engagements.
10:21Nous avons un engagement entre nous,
10:22qui s'appelle l'article 42-7 des traités.
10:25Quand un pays européen est attaqué,
10:26or Chypre a été attaqué par des missiles,
10:28on doit aller le défendre.
10:29Quand des pays avec lesquels nous avons des alliances,
10:32je pense en particulier des pays du Golfe
10:33et les Émiratis,
10:35sont attaqués,
10:36nous avons des alliances.
10:37Nous, on respecte les alliances.
10:39Eh bien, les États-Unis, aujourd'hui,
10:40croyez-moi, désormais,
10:41on s'interroge vraiment
10:43sur leur capacité à les tenir.
10:44C'est ça, le monde qui se recompose.
10:46Donc oui, nous avons une place à jouer,
10:48et nous la jouerons.
10:49Mais encore une fois, là où on est,
10:50c'est vrai qu'on n'a pas du tout...
10:51Mais nous sommes toujours les alliés des États-Unis ?
10:53Bien entendu, nous sommes les alliés,
10:54en particulier dans le sein de l'OTAN,
10:55mais il faut se faire respecter,
10:57se faire entendre.
10:58Allié, ça ne veut pas dire vassal.
11:00Vous évoquiez, il y a quelques instants,
11:01évidemment, les conséquences économiques.
11:03D'après un calcul de l'AFP hier,
11:05le prix du diesel moyen en France,
11:07c'était 2,30 euros.
11:09Certains ont du mal à employer ce mot-là.
11:11Roland Lesquion, le ministre de l'Économie,
11:13est revenu sur une déclaration.
11:14Est-ce que pour vous, oui ou non,
11:16c'est un choc pétrolier ?
11:18Les chocs pétroliers,
11:19on est aujourd'hui à un prix du baril
11:21qui est à 1,10, 1,12, je crois, ce matin.
11:24Tant qu'on n'est pas en dessous d'un 20,
11:26les choses, on va pouvoir les gérer.
11:27À partir d'un 20,
11:28on rentre un peu dans un autre monde.
11:29Donc on n'est pas très loin.
11:30Autour des 110 dollars ce matin, effectivement.
11:32Voilà, 110.
11:32Donc on est à 110, un petit peu au-dessus.
11:34À 120, ça commence à devenir...
11:35C'est une crise durable
11:37parce qu'on voit les pays du Golfe qui disent
11:38il va nous falloir des semaines, des mois
11:40pour reconstruire justement
11:42les installations qui ont été touchées.
11:44Est-ce que les Français qui nous écoutent
11:45doivent se préparer à des mois
11:48payer un prix du diesel à plus de 2,30 euros ?
11:50Eh bien, on l'espère tous que non.
11:52Et cette crise, elle est due par la faute
11:53où je dirais l'origine, c'est qui ?
11:55C'est un homme.
11:56Cet homme s'appelle Donald Trump.
11:58C'est une crise qui est une crise artificielle.
12:00Encore une fois, la production, elle est là.
12:01Sauf que nous en payons tous le prix aujourd'hui.
12:03Sauf qu'on en paye tous le prix.
12:04Et c'est la raison pour laquelle
12:05il est temps, je dirais, de revenir à la raison.
12:08Alors encore une fois,
12:09on est tous pour que ce régime des MOLA tombe,
12:11bien entendu.
12:12Mais on voit qu'il s'est organisé.
12:14Il faut maintenant évidemment appeler à un cessez-le-feu.
12:16Je pense que c'est ça, évidemment, la bonne démarche.
12:18On commence à en parler.
12:19On parle effectivement d'un projet de travail de 45 jours
12:22pour négocier une paix durable ensuite.
12:24Mais je le répète, encore une fois,
12:27celui qui a les clés s'appelle Donald Trump.
12:29Il est lui...
12:30Alors avant de parler peut-être...
12:32Alors on est très concerné.
12:32Vous parlez de 2,30 euros.
12:34J'étais dans la Creuse la semaine dernière.
12:36J'ai vu effectivement sur l'autoroute
12:40certaines stations à 2,40.
12:42Tenez-vous bien pour le gasoil.
12:43Certains parlent même peut-être d'un prix du gasoil
12:45à 3 euros dans quelques jours, dans quelques semaines.
12:47Face à cette crise,
12:48le gouvernement promet de nouvelles aides
12:50en ce début de semaine.
12:51Il y a déjà eu des aides ciblées.
12:52Un paquet de 70 millions d'euros.
12:54L'ERN réclame la baisse des taxes.
12:56La France insoumise,
12:57le blocage des prix.
12:58C'est quoi la bonne solution pour vous ?
12:59Il n'y a qu'une seule solution, Guillaume Daré.
13:01C'est le fait que tout ce que l'État va gagner,
13:03entre guillemets,
13:04grâce à cette crise
13:05ou à cause de cette crise
13:06et notamment parce qu'il va gagner un peu de TVA,
13:08soit restitué à l'euro près
13:09à ceux qui en ont le plus besoin.
13:11J'ai fait les calculs.
13:11Le gouvernement dit
13:12qu'on a gagné un peu plus de 230 millions
13:14mais on en a perdu plus de 400 également.
13:15J'ai fait les calculs.
13:16Le gouvernement a raison.
13:17Donc ces 230 millions,
13:18il faut les restituer.
13:20Ça crée une enveloppe.
13:21Pour qui ?
13:22Évidemment, pour ceux qui en ont le plus besoin.
13:24Les agriculteurs,
13:25les marins-pêcheurs,
13:26bien sûr,
13:26tous ceux qui ont besoin de leur voiture.
13:27On pense en particulier
13:28à ceux qui ont un besoin
13:30pour aller travailler.
13:31Les infirmières libérales, par exemple.
13:32Les infirmières libérales,
13:33ceux qui vont aider.
13:33Mais pas d'aide générale.
13:34L'aide générale, certainement pas.
13:36Mais vous savez pourquoi ?
13:36Parce qu'on n'a plus les moyens.
13:38Parce qu'on n'a juste plus les moyens.
13:39On est aujourd'hui
13:40le pays qui devient
13:41le pays le plus endetté
13:43en valeur,
13:43ça c'est certain,
13:44d'Europe.
13:45Et bientôt également en pourcentage.
13:46On est le seul pays
13:48des pays européens
13:49qui n'arrive pas
13:50à avoir un budget
13:50en dessous de 5% de déficit.
13:52C'est-à-dire créer
13:53170 milliards de plus
13:55de dépenses tous les ans
13:56que ce qu'on gagne.
13:56C'est juste plus possible.
13:58On n'a pas les moyens
13:59mais ceux qui nous écoutent
14:00se disent ce matin
14:01on n'a pas les moyens
14:02de peut-être remplir
14:04le plein d'essence
14:05tout à l'heure
14:05quand on va aller
14:05à la station service.
14:06C'est la raison pour laquelle
14:07il faut être sélectif.
14:08Nous sommes évidemment
14:10un peuple.
14:12Il faut être attentif
14:13à ceux qui en ont
14:13le plus besoin.
14:14Il y en a d'autres
14:15qui peuvent faire des efforts.
14:16Il faut être sélectif.
14:17J'ajoute...
14:17Rigoureux sur le plan économique
14:18en même temps,
14:19c'est ce que vous dites.
14:19Mais bien entendu.
14:20Mais pourquoi ?
14:21Avec une règle particulière
14:22sur le déficit.
14:23Mais c'est la raison
14:24pour laquelle je pousse
14:25moi-même
14:25parce qu'encore une fois
14:26la France n'est plus capable
14:27depuis maintenant des années
14:28de tenir ses engagements,
14:29de tenir encore une fois
14:30sa parole.
14:31Donc je propose
14:32le fait que
14:34pour la prochaine présidentielle
14:35on soit tous d'accord
14:36comme les Allemands
14:37l'ont fait en 2009
14:38pour nous obliger
14:39à l'horizon 2032
14:40c'est pas demain
14:41de limiter notre déficit
14:43à 1% de déficit
14:44de façon à redonner
14:45la crédibilité
14:46dont la France a besoin
14:47pour pouvoir exister
14:48vis-à-vis
14:49de ses partenaires
14:51mais aussi vis-à-vis
14:52des marchés financés.
14:53Songez aujourd'hui
14:54qu'on va avoir
14:55100 milliards par an
14:56d'intérêts à payer
14:58et on les paye
14:59aujourd'hui
14:5980 points de base
15:00de plus que l'Allemagne
15:01tout simplement
15:01parce qu'on est incapable
15:02il y a une prime de risque
15:03sur la France
15:03parce qu'elle est incapable
15:04de tenir ses budgets.
15:05Donc c'est la proposition
15:06que je fais
15:07c'est une proposition
15:08qui n'est absolument pas
15:09une proposition
15:10très contraignante
15:11elle est très étalée
15:12dans le temps
15:12mais elle nous redonnera
15:13la crédibilité
15:14pour que la France
15:14retrouve sa parole
15:15et maîtrise son destin.
15:16Est-ce que l'État
15:17est un profiteur de guerre
15:18comme le dénonce
15:18Marine Le Pen ?
15:19Certainement pas
15:20et je suis tout à fait
15:21contre ce type de mots
15:21excessifs
15:22l'État n'est pas
15:23un profiteur de guerre
15:24l'État a démontré
15:25qu'il était capable
15:26de le faire
15:26il en a du reste
15:27un peu trop fait
15:27songez que la dernière crise
15:29c'était 70 milliards
15:30qu'on a donné
15:30vous vous souvenez
15:31pour faire face
15:32au choc énergétique
15:33les français n'en sont pas
15:34très reconnaissants
15:35mais par contre
15:35le déficit et la dette
15:37elle est là
15:37donc non
15:38l'État n'est absolument
15:38pas un profiteur de guerre
15:40je crois qu'on a réussi
15:41maintenant
15:42avec les instruments
15:43qui sont les nôtres
15:44à expliquer
15:45que les surplus
15:46qui sont créés
15:46vont être redistribués
15:47à l'europrès
15:48à l'ensemble de celles
15:49et ceux qui en ont
15:49le plus besoin
15:50j'ajoute que
15:51pour les compagnies pétrolières
15:52il est hors de question
15:53évidemment
15:54qu'il y a aussi
15:54de l'enrichissement indus
15:56donc il faudra aussi
15:59et tout le monde l'apprécie
16:00donc faire en sorte
16:01que quand on a
16:02un peu de surplus
16:03et bien on l'utilise
16:04pour pouvoir faire en sorte
16:05là aussi
16:06d'aider celles et ceux
16:07qui en ont besoin
16:08Thierry Breton
16:08jamais une campagne présidentielle
16:09probablement ne sera déroulée
16:11dans un tel climat
16:12d'incertitude
16:12à quoi est-ce qu'il faut
16:13s'attendre
16:14et qu'est-ce que ça dit
16:15de la campagne
16:15que nous allons vivre
16:16dans les prochains mois
16:17et bien ça dit que
16:17plutôt que d'essayer
16:18de savoir
16:19qui sera celle
16:20ou celui
16:20qui sera
16:21l'homme providentiel
16:22ou la femme providentielle
16:23commençons par travailler
16:24sur un projet
16:27providentiel
16:27un projet
16:28qui nous réunisse
16:29plutôt qu'il nous divise
16:30modestement
16:31c'est précisément
16:31ce à quoi je m'attèle
16:32avec cette proposition
16:33Vous allez prendre part
16:35votre part
16:36à ce débat présidentiel ?
16:37Sur le projet oui
16:37parce que je suis concerné
16:38il se trouve que
16:39là aussi
16:40j'ai cette expérience
16:41j'ai baissé l'endettement
16:42de la France
16:43avec Jean-François Copé
16:43lorsque nous étions aux affaires
16:44on sait comment faire
16:45non pas parce qu'il faut
16:46le refaire nous-mêmes
16:47mais tout simplement
16:48parce que de cette expérience
16:49on a appris
16:50ce qu'il fallait faire
16:51pour remettre la France
16:52sur les rails
16:53qui en a tant besoin
16:53Vous avez des contacts
16:54avec les différents candidats
16:55ou c'est vous qui pourriez porter
16:56cette proposition
16:57et ces propositions-là ?
16:58J'ai des contacts
16:58avec les différents candidats
16:59et je les vois tous
17:01les uns après les autres
17:03je le dirais
17:03je ne suis pas là
17:04pour faire du name dropping
17:06comme on dit
17:06mais croyez-moi
17:07je les vois
17:07et j'essaie de leur expliquer
17:09encore une fois
17:09la raison pour laquelle
17:10il me semble
17:11que sur cette question-là
17:12nous devrions créer
17:13une union sacrée
17:14parce que c'est la seule façon
17:16dont la France
17:16pourra me semble-t-il
17:17remaîtriser son destin
17:18Vous pourriez vous
17:19vous les lancer
17:20dans une candidature
17:20à l'élection présidentielle
17:21pour poser vos propositions
17:23sur la table ?
17:23Je suis en train de vous dire
17:24que ce n'est pas du tout le sujet
17:25le sujet c'est le programme
17:26le programme providentiel
17:28c'est là où modestement
17:29je vais tout faire
17:31pour apporter ma contribution
17:32dans les finances publiques
17:33et puis dans ce que je connais bien aussi
17:34c'est la place de la France
17:36dans l'Europe
17:37Merci beaucoup Thierry Breton
17:38d'avoir été notre invité
17:40ce matin
17:41sur BFM TV
17:42et RMC
17:43Merci à tous
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