- il y a 14 minutes
Alice Rufo, ministre déléguée des Armées et des Anciens combattants, était l'invitée du Face-à-Face de ce jeudi 7 mai sur BFMTV et RMC.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Alice Ruffaut.
00:04Bonjour.
00:04Merci de répondre à mes questions ce matin.
00:05Vous êtes la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des anciens combattants.
00:10Ce Charles de Gaulle, notre porte-avions, a donc traversé le canal de Suez.
00:16Il est en mer Rouge. Il va passer, semble-t-il, le passage de Babel Mendeb.
00:22C'est donc la direction d'Hormuz.
00:26Pour le moment, il passe Suez et il est en mer Rouge.
00:30C'est un prépositionnement.
00:31Ça veut dire quoi un prépositionnement ?
00:33Ça veut dire que jusqu'à maintenant, dans les dernières semaines, il était en Méditerranée orientale
00:37dans une mission de réassurance en particulier de nos alliés du sud de l'Europe
00:41et puis proche du Liban aussi, pour démontrer qu'on était là en solidarité avec nos alliés.
00:46Le fait de passer le canal de Suez, comme l'a décidé le président de la République,
00:50et d'aller en mer Rouge, c'est vraiment à l'appui de la coalition qu'il a proposée
00:55pour la liberté de circulation maritime.
00:57Donc, c'est un signalement très fort de notre disponibilité à agir
01:01pour que la liberté de circulation dans l'étroit d'Hormuz puisse reprendre.
01:06Effectivement, on suit la route.
01:07Il a donc passé ce canal de Suez.
01:09Dans la plus grande discrétion, on ne l'a appris qu'une fois que c'était fait,
01:13il y a, pour sortir de la mer Rouge, ce fameux passage de Babel Mandèbe.
01:18Est-ce que vous redoutez ce passage ou est-ce que vous vous dites, nous, on passe comme on veut
01:22?
01:22Non, on n'a pas à redouter.
01:24On a plutôt fait une démonstration de puissance, quand même, dans les dernières semaines.
01:27La question n'est pas de craindre ou de ne pas craindre.
01:31La question est de savoir comment on s'en sort de cette situation,
01:35qui, quand même, pèse beaucoup sur tout le monde, sur l'économie mondiale.
01:39Donc, on ne peut pas faire que l'économie mondiale, finalement, soit laissée à la seule volonté.
01:44Et puis, les prix à la pompe, pour nos concitoyens,
01:47soient laissées à la seule décision, et qui change beaucoup,
01:51on le voit aussi dans les derniers jours, des belligérants.
01:53Donc, on doit, à la fois, porter une initiative, faire une proposition,
01:57étayer par des moyens, c'est le cas du Charles de Gaulle, qui est un groupe,
02:00c'est-à-dire qu'il y a des frégates avec lui et des moyens très importants avec lui,
02:04agréger autour de nous des volontés, et puis aussi poser nos exigences aux belligérants.
02:08– Poser nos exigences, on va y revenir, une coalition avec qui ?
02:12On va y revenir aussi, mais puisque vous mentionnez l'ensemble des bateaux
02:15qui accompagnent le Charles de Gaulle, combien de bateaux ?
02:19Combien de marins ? Combien de soldats ?
02:20– Alors, le Charles de Gaulle a tout son équipage, c'est très important,
02:24c'est plusieurs centaines, il y a aussi des avions sur le porte-avions, par définition,
02:29et puis il y a beaucoup de moyens de surveillance.
02:30J'ajoute qu'il est traditionnellement accompagné de frégates.
02:33Il y en avait plusieurs qui étaient déjà en mer Rouge,
02:36et évidemment, l'idée, c'est d'agréger autour de nous,
02:39parce que lorsqu'il était en Méditerranée orientale,
02:41il était accompagné d'un certain nombre de frégates aussi européennes d'autres pays.
02:45Toutes les discussions que nous avons, après, les éléments sont en cours,
02:48il y a des réunions de planification dans ces cas-là,
02:50qui sont encore en cours dans la journée,
02:52et qui doivent permettre d'agréger d'autres moyens,
02:55y compris d'autres pays européens.
02:56L'Allemagne a fait quelques annonces concernant le déménage qui sont bienvenues,
03:00chacun doit pouvoir jouer son rôle.
03:01Il y a d'autres pays qui ont des moyens, comme par exemple l'Espagne, l'Italie,
03:04et avec lesquels nous travaillons, les Pays-Bas,
03:06avec lesquels nous travaillons beaucoup à justement construire cette coalition,
03:11ces moyens qui permettront d'agir.
03:12Maintenant, pour agir, il faut que les exigences soient respectées
03:15et que les conditions soient réunies.
03:17Les conditions, encore une fois, je voudrais y revenir,
03:19mais là, vous commencez à mentionner les uns et les autres.
03:22Cette coalition, est-ce que ça veut dire qu'au fond,
03:23notre Charles de Gaulle montre la voie, si je puis me permettre ainsi,
03:28et va être suivie de ces autres bateaux ou soldats des autres pays,
03:35est-ce que c'est ça l'objectif ?
03:37Oui, il y a une cinquantaine de pays qui sont engagés dans cette coalition.
03:41Je rappelle qu'elle a été réunie...
03:43C'est la matérialisation de cette coalition.
03:44Parce qu'on l'évoque depuis le premier jour.
03:47C'était jusqu'à présent un projet.
03:48C'est ça.
03:49C'est une réalisation de journée.
03:50C'est une réalisation, absolument.
03:51C'est-à-dire que c'est une démonstration de crédibilité
03:53de la coalition maritime qui a été construite.
03:55Et je me rappelle que lorsqu'il y a eu la réunion à l'Isée,
03:57c'est quand même normal de poser le cadre politique et d'agréger autour de soi.
04:01Et en fait, là, il s'agit de mise en œuvre, d'exécution
04:04et de crédibilité de la démarche engagée.
04:08Maintenant, on n'est pas belligérant.
04:09On n'est pas belligérant, mais on subit.
04:11Et toute la démarche qui est engagée ces derniers jours,
04:14c'est aussi de dissocier la question du détroit d'Hormuz
04:16de ce qu'on voit des négociations positives ou pas
04:20entre les Iraniens et les Américains.
04:22Et donc, cette question du détroit d'Hormuz,
04:24elle est d'intérêt commun parce qu'on voit les conséquences pour nous.
04:26Et donc, on a le devoir, vu la très grande gravité de la situation,
04:30de proposer une initiative crédible,
04:33qui soit à bonne distance des belligérants,
04:35parce qu'on ne participe pas à cette guerre,
04:37mais qui puisse permettre de manière crédible la libération du détroit.
04:40Prendrons-nous la direction de cette coalition ?
04:43Nous avons le leadership, enfin en tout cas,
04:46pris l'initiative en coordination avec les Britanniques.
04:49En coordination, mais nous avons le leadership de cette coalition.
04:52Aujourd'hui, la France est aux avant-postes de cette coalition.
04:56Oui, parce que la France a des moyens,
04:57parce que le président de la République a eu la même stratégie depuis le départ,
05:01c'est-à-dire de dire, nous ne sommes pas belligérants,
05:03nous voulons isoler la question du détroit,
05:05qui est quand même d'intérêt mondial,
05:07du reste des tensions et de la négociation.
05:10Parce que c'est une priorité, et que j'ajoute, pardon,
05:13c'est à la fois une exigence que nous posons aux belligérants,
05:16mais aussi une proposition que nous leur faisons.
05:19Il n'y a besoin de temps pour la négociation,
05:21et cette négociation doit se faire dans un contexte
05:24où l'économie mondiale n'est pas paralysée,
05:26parce que ça pèse sur tout le monde,
05:27ça pèse sur l'Iran, ça pèse sur les Etats-Unis,
05:28ça pèse évidemment sur l'Europe, sur l'Asie, sur le monde entier.
05:30Au moment où l'on se parle,
05:32ce détroit à Dormuz, il est toujours bloqué.
05:36Concrètement, un navire a été attaqué hier,
05:38il appartient à l'armateur CMA-CGM,
05:41qui est également propriétaire de BFMTV et d'RMC,
05:44sous pavillon Panaméen,
05:46mais aussi sous escorte américaine.
05:49À quoi sert l'escorte ?
05:51Je ne sais pas, honnêtement, je ne peux pas,
05:53il faut voir avec la compagnie,
05:54je ne sais pas jusqu'à quel point
05:55il y avait une escorte matérialisée américaine.
05:57Ce que je sais, c'est que le président Trump
06:00avait annoncé une initiative d'escorte
06:02qui a finalement été abandonnée,
06:03donc on voit bien quand même que la situation n'est pas claire,
06:06ce que ça montre cet épisode.
06:08Ce n'est pas la France,
06:09je crois que le président de la République l'a redit
06:11il y a quelques heures.
06:12C'est important pour vous de mentionner
06:13que ce n'est pas la France qui a été visée ?
06:14Oui, c'est important, parce que...
06:16C'est une propriété d'une entreprise française,
06:18mais ce n'est pas la France.
06:18Mais ça n'en est pas moins grave,
06:19si je puis me permettre.
06:22Ce que ça démontre,
06:23c'est que la situation est extrêmement grave,
06:25extrêmement tendue,
06:26qu'il n'y a pas de solution évidente
06:28et qu'il faut bien que...
06:29Si vous prenez le temps,
06:30je voudrais quand même bien préciser les choses
06:31et je voudrais qu'on comprenne
06:32ce qu'il y a derrière cette phrase.
06:33Quand vous dites,
06:34et quand vous redites ce matin
06:35ce qu'Emmanuel Macron a dit hier
06:36en Conseil des ministres
06:37et a voulu faire savoir
06:39par la voix de la porte-parole du gouvernement hier,
06:41la France n'est pas visée,
06:43c'est aussi pour dire
06:45ce n'est pas une déclaration de guerre.
06:47Ça ne nous entraîne pas dans la guerre.
06:49C'est ça que vous avez en tête.
06:50Exactement.
06:51Et d'ailleurs, la question est posée depuis le début,
06:53je crois en ces termes,
06:54c'est pour ça qu'on répète
06:54qu'on est dans une position défensive,
06:56qu'on n'est pas belligérant.
06:57Je rappelle quand même
06:59la gravité de la situation sur le plan militaire.
07:01On a aussi des soldats
07:02qui sont tombés dans la région.
07:03Donc, il faut vraiment dire la vérité.
07:05La vérité, c'est qu'on n'est pas belligérant.
07:07Et le fait de ne pas être belligérant,
07:09c'est quand même...
07:10Ça nous permet d'agir.
07:11Ça nous permet d'agir.
07:12On n'est pas belligérant,
07:12mais est-ce qu'on n'est pas en train de devenir lâche ?
07:14C'est-à-dire que vous dites,
07:15il y a des soldats qui sont tombés,
07:17on s'en désole,
07:18et plus que sans désoler,
07:19on souffre.
07:20Et en même temps,
07:21il n'y a pas de conséquences.
07:24En fait, il y a des conséquences...
07:26Est-ce que vous comprenez la...
07:26Sujet par sujet,
07:27si je puis me permettre.
07:28Pour ce qui concerne le Liban,
07:29il y a eu une enquête
07:29qui a été demandée
07:30de manière extrêmement ferme.
07:32En Irak,
07:32le président a aussi eu des conversations
07:34sur ce sujet.
07:35Mais au-delà de...
07:36Si vous voulez,
07:37on voit bien ce que donnent
07:39des méthodes
07:40qui peuvent être un peu brutales
07:42en diplomatie.
07:44Je ne crois pas, moi,
07:45que le fait d'avoir
07:47une posture diplomatique
07:48soit lâche ou faible.
07:50Je ne crois pas.
07:51Par contre,
07:51je pense que la diplomatie
07:52doit être armée
07:53de moyens crédibles
07:54pour porter crédiblement
07:56une position.
07:56Et je pense que c'est ça
07:57qu'on réussit à faire.
07:59C'est-à-dire qu'on a toujours dit
08:00que cette guerre n'est pas la nôtre,
08:01mais on en subit les conséquences.
08:03Donc si on regarde
08:05nos concitoyens
08:05et qu'on dit
08:06que ce n'est pas la nôtre
08:07et puis on ne fait rien,
08:08je comprends qu'on puisse
08:09nous le reprocher.
08:09Mais là, on ne fait pas rien
08:10puisque le porte-avions
08:12passe le détroit d'Hormuz
08:13et puisque nous avons
08:14une initiative...
08:15Enfin, le porte-avions
08:16ne passe pas le détroit d'Hormuz.
08:17Le pardon, excusez-moi.
08:18Le détroit de Babel-Hormuz.
08:20Le détroit de...
08:20Non, non.
08:21Le canal de Suez.
08:22Pardon.
08:23Mais il va...
08:23Je suis désolée.
08:24Et il va passer
08:25ce détroit de Babel-Hormuz.
08:26Mais ce que je veux dire par là,
08:28c'est que notre initiative,
08:30d'abord,
08:30elle est soutenue
08:31par de nombreux pays
08:32qui ne sont pas belligérants,
08:33qui subissent les conséquences.
08:34Donc on a réussi
08:35à agréger autour de nous.
08:37On a aussi des moyens militaires.
08:39Enfin, ça sert à quelque chose
08:41d'avoir investi
08:42dans la défense aussi.
08:43Voilà.
08:43C'est important
08:43et c'est évidemment
08:44un message que vous faites passer aussi
08:46aux députés,
08:47aux élus,
08:47parce que la question
08:49du budget de l'armée
08:50est à nouveau,
08:51comme chaque année,
08:52en discussion
08:53et qu'il continue à augmenter.
08:55Alice Ruffaut,
08:56on le disait,
08:56ce navire qui a été attaqué hier,
08:58l'arrivée de notre porte-avions,
09:01est-ce qu'on aura vocation
09:04à escorter d'éventuels bateaux
09:06pour leur permettre
09:07de sortir aussi
09:08par le détroit d'Hormuz
09:09ou même d'y rentrer ?
09:10Est-ce que notre vocation
09:11sera d'escorter ?
09:13Est-ce qu'on aura
09:13ce rôle-là
09:14très concrètement ?
09:16Oui,
09:16on sait que pour
09:19sécuriser
09:20le trafic maritime,
09:21il faut redonner
09:22de la confiance
09:22aux armateurs
09:23et aussi aux compagnies
09:24d'assurance
09:24parce qu'il faut bien passer.
09:26Donc,
09:26il y a des questions
09:27de mines
09:27et de déminage.
09:29Il y a plusieurs actions
09:30à mener.
09:31Il y a évidemment
09:31des questions
09:32de sécurisation
09:32des transits.
09:34Maintenant,
09:34au stade
09:35où on en est maintenant,
09:36au fond,
09:37ce qu'on dit à l'Iran,
09:38c'est
09:39vous avez besoin de passer.
09:41c'est aussi dans l'intérêt
09:42de l'Iran
09:43que le trafic
09:45puisse reprendre.
09:46Et vous devez,
09:47pour ça,
09:48donner des gages
09:49crédibles
09:50aux Américains
09:50que vous êtes prêts
09:51à vous engager
09:52dans une négociation
09:53sérieuse.
09:54Et aux Américains,
09:55on dit,
09:56séparer la question
09:58du détroit d'Hormuz
09:58du reste de la négociation
10:00et nous sommes prêts
10:00à prendre nos responsabilités
10:02pour permettre,
10:03sans être belligérant,
10:05de sécuriser le trafic.
10:06Que vous répondent-ils ?
10:07Je trouve,
10:08en tout cas,
10:08dans les contacts
10:09qu'on a eus ces derniers jours
10:10à tous les niveaux
10:10et le président de la République
10:11a eu des échanges aussi
10:12avec le président iranien
10:13et avec le président Trump,
10:14notre voix est entendue.
10:16Est-ce que cette coalition
10:17est soutenue aussi
10:18par les Etats-Unis ?
10:19Ou est-ce qu'elle doit être
10:21totalement indépendante ?
10:22Je pense que cette coalition
10:22doit être indépendante
10:23parce que c'est la condition
10:24de son efficacité.
10:26Parce qu'au fond,
10:27le fait de ne pas être belligérant
10:29nous permet de porter
10:30un message aux belligérants
10:31qui soit à la fois
10:32une proposition crédible
10:34et en même temps
10:35des exigences crédibles.
10:36Vous dites,
10:37nous ne sommes pas belligérants
10:38et on le comprend bien,
10:39c'est une phrase importante pour vous,
10:41vous devez poser cette limite.
10:43Mais je voudrais
10:43qu'on imagine le scénario,
10:45c'est-à-dire qu'au fond,
10:46une fois que le porte-avions
10:48sera arrivé à proximité,
10:51si effectivement
10:51cette coalition
10:52entre en action
10:53et que l'on participe
10:55à la fluidité
10:57et à l'ouverture
10:58en quelque sorte
10:59de ce détroit d'Ormouz,
11:00il y aura,
11:01comme vous le dites,
11:01une manière d'escorter
11:02les navires.
11:03Si l'un de ces navires
11:03est attaqué,
11:04comme ça a été le cas
11:06hier,
11:07un missile iranien
11:08qui prendrait pour cible
11:09un navire,
11:11on rentrerait
11:13clairement
11:13en action.
11:15Vous savez,
11:16le droit international
11:17est une bonne boussole.
11:19En droit international,
11:21les détroits doivent être libres
11:23de passage
11:23et en droit international,
11:25un navire attaqué
11:26par définition
11:27se défend.
11:29La coalition qu'on propose,
11:31c'est vraiment une coalition
11:31de pays capables
11:32et volontaires.
11:33Ce que je veux dire,
11:33c'est que concrètement,
11:34si ce missile arrive,
11:35on répliquera ?
11:36De toute façon,
11:38un moyen...
11:38Enfin là,
11:39on est vraiment dans un...
11:39Je ne veux pas faire des scénarios
11:40qui ne sont pas
11:41sur la table aujourd'hui.
11:42mais de toute façon,
11:43évidemment que les moyens français
11:46se défendent
11:47et puis défendent aussi
11:48les moyens civils
11:48quand ils sont à proximité.
11:49C'est littéralement
11:50la Convention sur le droit de la mer,
11:51ce que je vous dis.
11:52Mais il y a une différence
11:54entre utiliser
11:56des moyens militaires
11:57pour permettre
11:59de porter de manière crédible
12:00une solution
12:01parce que la crise est grave.
12:03Vous espérez
12:03que notre présence,
12:05notre démonstration de force
12:06soit insuffisante ?
12:08Il faudra un accord
12:09des belligérants
12:09sur les conditions
12:10et sur les exigences
12:11que nous portons.
12:11Ce que nous démontrons,
12:13c'est que nous sommes capables d'agir
12:14et que nous sommes volontaires
12:16pour agir.
12:16En fait,
12:16ce que vous êtes en train
12:17de nous dire ce matin,
12:17Alice Ruffo,
12:18c'est qu'au fond,
12:19notre présence militaire
12:20sera prête.
12:23Il n'y aura plus qu'à appuyer
12:24sur le bouton,
12:24si je puis me permettre.
12:25Ce n'est pas loin.
12:25Voilà.
12:26On s'approche
12:27pour pouvoir,
12:28le cas échéant,
12:29si véritablement
12:31les deux parties
12:31se mettent d'accord,
12:34être entrées en action.
12:35Absolument.
12:36C'est-à-dire
12:36qu'il faut pouvoir poser.
12:37Parce que moi,
12:38j'entends ce que vous disiez
12:39tout à l'heure.
12:40On dit,
12:41alors voilà,
12:41cette guerre,
12:41nous ne l'avons pas choisie
12:42et puis il y a des conséquences
12:44pour tout le monde.
12:45Bon,
12:45il faut agir.
12:46Voilà.
12:47Et donc,
12:47agir,
12:47ça ne veut pas dire
12:48rentrer dans la guerre.
12:49Ça veut dire
12:50se mettre en mesure d'eux.
12:51Et ça veut dire
12:52être clair sur la ligne.
12:53Depuis le début,
12:54quand même,
12:54depuis le début,
12:56le président de la République,
12:57la France et ses partenaires
12:58ont été extrêmement clairs.
12:59La boussole,
13:00c'est le respect
13:00du droit international,
13:01c'est la reprise
13:02des négociations,
13:03c'est la fin des hostilités
13:04et c'est surtout,
13:06là,
13:06aujourd'hui,
13:07tenir compte du fait
13:08que le Détroit
13:09doit être rouvert
13:09et qu'il faut séparer
13:10ce sujet des autres.
13:11Vous séparer ce sujet
13:12des autres,
13:12mais il y a une question,
13:13évidemment,
13:14qui est aussi celle
13:14de l'accès ou non
13:15de l'Iran à la bombe atomique.
13:18Selon l'agence Reuters,
13:19qui a eu accès
13:20à des documents
13:21du renseignement américain,
13:23l'Iran ne serait
13:24qu'à 12 mois
13:24de la bombe atomique.
13:26Est-ce qu'on peut
13:27véritablement se dire
13:28qu'une négociation
13:30dans ces conditions-là
13:30est possible ?
13:32Alors,
13:32non seulement elle est possible,
13:33mais en plus,
13:34elle est nécessaire.
13:34Et on y participera
13:35à celle-là ?
13:36Je crois que la France
13:37a suffisamment d'expertise
13:38sur le dossier nucléaire iranien
13:39pour savoir,
13:40en tout cas,
13:40qu'une négociation
13:42comme celle-là
13:42mérite du temps
13:43et du calme
13:45dans la durée.
13:47D'où aussi
13:47l'initiative qu'on porte.
13:49Je veux dire,
13:49ce n'est pas simplement
13:50on sépare le Détroit d'Ormuz
13:51du reste
13:52et on ne s'occupe pas du reste.
13:53Ce n'est pas ça.
13:53C'est juste
13:54qu'il faut donner,
13:56créer les conditions
13:57d'une négociation valable.
13:59Les Émirats Arabes Unis
14:00ont été visés
14:01par plusieurs missiles.
14:02On a des accords
14:03de défense avec eux.
14:04Est-ce qu'on a participé
14:05à leur défense ?
14:06Oui, nous avons participé
14:07à la défense du ciel
14:09des Émirats,
14:09y compris avec des moyens aériens.
14:11Ça fait partie
14:12des clauses
14:12que nous avons
14:13dans nos partenariats
14:13de sécurité
14:14avec les pays du Golfe
14:15de manière permanente.
14:17Pas sur un événement particulier.
14:19Mais je profite
14:20de cette occasion
14:21pour condamner
14:22évidemment les frappes
14:23complètement inacceptables
14:24qui ont eu lieu
14:24sur les infrastructures
14:25aux Émirats.
14:27On voit bien
14:27que cette guerre
14:28a des conséquences
14:29pour nos partenaires.
14:29Et en fait,
14:30la France
14:31fait quand même
14:32œuvre de crédibilité,
14:34de prévisibilité.
14:35Quand on a
14:35le droit international,
14:37quand on le respecte...
14:37Et quand ils nous demandent,
14:38quand les Émirats Arabes Unis
14:39nous demandent
14:40de les défendre,
14:41nous sommes au rendez-vous.
14:41Nous sommes au rendez-vous,
14:42nous sommes crédibles
14:43avec des moyens militaires.
14:44Je veux dire,
14:44on a une stratégie diplomatique
14:45qui est très claire,
14:47qui est celle
14:47du respect international
14:48et de permettre
14:49la reprise
14:50de la liberté
14:50de circulation maritime
14:51et d'assurer
14:52la sécurité
14:53de nos ressortissants
14:54et de nos partenaires
14:55de la région.
14:55Et on met
14:56nos moyens militaires
14:56à l'appui
14:57de ces stratégies.
14:57Je rappelle,
14:58pour ceux qui nous écoutent,
14:59Alice Ruffaut,
14:59vous êtes la ministre déléguée
15:00aux armées.
15:02L'enquête
15:03sur la mort
15:04de nos deux soldats
15:05tombés
15:06dans le cadre
15:07de la finule
15:08dans le sud
15:08du Liban,
15:10est-ce qu'elle avance
15:11et est-ce que vous en avez
15:12un début
15:12de conclusion ?
15:14Oui,
15:15les choses avancent.
15:16Le gouvernement libanais
15:18a pris vraiment
15:19des engagements
15:20en la matière.
15:20Nous,
15:20on a évidemment
15:21une exigence forte
15:22sur ce sujet
15:23et j'ajoute
15:25que les Nations Unies
15:25l'ont aussi.
15:27parce qu'il ne peut pas
15:28y avoir d'impunité
15:29quand on vise
15:30un soldat
15:30de maintien de la paix.
15:31Pour l'instant,
15:31je n'ai pas d'éléments
15:32nouveaux à vous apporter.
15:33Le président avait parlé
15:33d'éventuels crimes de guerre.
15:36De toute façon,
15:37de fait,
15:38cibler des soldats
15:38de maintien de la paix
15:39qui,
15:40vous ne pouvez pas ignorer
15:41que ce sont des soldats
15:41de maintien de la paix
15:42quand ils sont sur le terrain
15:43et qu'en plus,
15:43quand ils font une mission
15:45de ravitaillement
15:46en l'espèce
15:46d'un poste à un autre
15:47de la finule.
15:48Il est confirmé
15:48que c'est le HESBOLA ?
15:49C'est toute évidence
15:51une action du HESBOLA.
15:53Demain,
15:54c'est le 8 mai,
15:55vous accueillerez
15:56des vétérans ukrainiens
15:59qui viennent d'arriver
16:00sur le sol français.
16:02Est-ce que ça veut dire
16:04que cet autre front
16:05est toujours un front
16:06sur lequel nous sommes
16:07nous-mêmes
16:08le plus actifs possible ?
16:09Il y a évidemment
16:09les aides européennes.
16:11Quelle est la position
16:11de la France ?
16:12Est-ce qu'on continue
16:13à aider ?
16:13Oui,
16:13on continue à aider l'Ukraine.
16:15D'ailleurs,
16:15en fait,
16:15on voit les conséquences
16:16de la déconstruction
16:17du cadre international
16:19établi précisément
16:21après 1945.
16:22Bon,
16:22ce cadre,
16:22quand même,
16:23il nous a permis la paix.
16:24Donc,
16:24il ne faut pas lâcher
16:25sur les principes
16:26du droit international
16:27et le fait qu'il y ait
16:28des règles.
16:29Il ne faut pas lâcher
16:29parce qu'on voit bien
16:30que quand il n'y a plus
16:30de règles
16:31et quand on ne sait pas
16:32les défendre
16:32et quand on ne met pas
16:33les moyens pour les défendre,
16:34en fait,
16:35ça pèse sur tout
16:36et sur la sécurité.
16:37Donc,
16:37oui,
16:37on défend le droit international
16:38en Ukraine
16:39comme on le défend
16:40ailleurs dans le monde.
16:41Il n'y a pas de double standard
16:42en matière de respect
16:43du droit international.
16:44Et une dernière question,
16:44la finule,
16:45pardon,
16:45mais officiellement,
16:47c'est terminé
16:48à Noël prochain.
16:50Est-ce que nous prolongerons,
16:51est-ce que nous,
16:52d'une manière ou d'une autre,
16:53même si le cadre
16:54de la finule lui-même
16:55n'aura plus
16:56de matérialité juridique,
16:57est-ce que nous prolongerons
16:59notre présence
17:00au Liban
17:01sous une autre forme ?
17:01Nous avons dit,
17:02oui,
17:02aux autorités libanaises
17:03notre disponibilité
17:05à continuer d'agir
17:06à l'appui
17:06des forces armées libanaises
17:07dans le respect de la souveraineté
17:09et de l'intégrité
17:10territoriale du Liban.
17:11Je sais que les autorités
17:12libanaises souhaitent
17:12un cadre international
17:14et c'est parfaitement respectable
17:15et nous y travaillons
17:17en fait dès maintenant
17:17parce que c'est bien ça
17:18qu'il faut préparer
17:19pour la suite.
17:19Nous resterons
17:19et presque aussi nombreux
17:21ou peut-être même
17:22aussi nombreux ?
17:22Les modalités doivent être définies
17:24mais nous sommes tout à fait disponibles
17:25pour appuyer
17:27les autorités libanaises
17:28pour le désarbement du Hezbollah
17:29et dans le respect
17:30de la souveraineté
17:30et de l'intégrité
17:31territoriale du Liban.
Commentaires