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Comité d'évaluation et de contrôle : M. Bernard Lejeune, président de la sixième chambre de la Cour des comptes, sur la lutte contre le travail dissimulé
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00:09:01Bien, bonjour à toutes et à tous, mes chers collègues. Donc je vous prie d'abord d'excuser la présidente
00:09:08Yael Brown-Pivet qui ne peut être présente parmi nous ce matin.
00:09:10Et donc je vais la suppléer en ma qualité de vice-président du comité d'évaluation et de contrôle.
00:09:16Lors de sa réunion du 5 décembre 2024, le comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques a inscrit
00:09:21à son programme de travail à la demande du groupe Les Démocrates
00:09:24« Une évaluation de la lutte contre la fraude sociale et le travail dissimulé ». Et il a désigné Mme
00:09:30Blandine Brocard, membre du groupe Les Démocrates,
00:09:32et Anne Mansouri, membre du groupe Union des droites pour la République, comme rapporteur.
00:09:38Au cours de cette réunion, le comité a décidé sur le fondement de l'article L132-6 du Code des
00:09:43juridictions financières de solliciter l'assistance de la Cour des comptes,
00:09:47ce que la présidente Yael Brown-Pivet a fait parcourir en date du 11 décembre 2024.
00:09:51Et donc je suis très heureux d'accueillir aujourd'hui le président de la 6e chambre, M. Bernard Lejeune,
00:09:56qui va nous présenter l'enquête de la Cour intitulée « La politique de lutte contre la fraude aux prélèvements
00:10:02sociaux liés au travail dissimulé ».
00:10:04Donc M. Lejeune est accompagné de M. Jean-Luc Fulachier, président de la section à la 6e chambre, conseiller maître.
00:10:12M. Renaud Lassus, conseiller maître en service extraordinaire à la 6e chambre.
00:10:17Mme Sibylle Roncin, conseillère référendaire en service extraordinaire à la 6e chambre.
00:10:22Mme Sophie Chabert, conseillère référendaire en service extraordinaire à la 6e chambre.
00:10:26Mme Natacha Pinoy, conseillère référendaire en service extraordinaire à la 5e chambre.
00:10:31Et Mme Nathalie Nguélet, vérificatrice à la 5e chambre.
00:10:35Une belle délégation fournie.
00:10:39M. Lejeune, je vous laisse la parole, étant entendu quand même que tous ceux qui suivent nos travaux se rappellent
00:10:45qu'il y a aussi un projet de loi en parallèle qui traite à peu près de sujets similaires.
00:10:50Je n'en dis pas plus et je vous cède la parole.
00:10:54Je vous prie d'appuyer sur le bouton pour activer votre micro.
00:10:57Merci.
00:10:58Merci M. le Président, mesdames et messieurs les députés.
00:11:02Voilà, peut-être effectivement l'occasion de rappeler un peu le contexte et les modalités de travail qui ont été
00:11:07un peu originales.
00:11:08J'en remercie les rapporteurs puisque nous n'avons pas fait un travail classique dans l'avancement,
00:11:15peut-être notamment à cause de cette, alors à cause, je ne devrais pas le dire comme ça, du fait
00:11:20de la concomitance de la loi qui était effectivement travaillée par le Parlement.
00:11:28La demande qui avait été faite, effectivement, on a travaillé sur un périmètre bien défini avec les rapporteurs lors d
00:11:36'une réunion qui ciblait la fraude aux cotisations sociales liées au travail dissimulé.
00:11:41Puisqu'on avait un sujet qui aurait pu être beaucoup plus vaste, mais beaucoup plus difficile.
00:11:45Déjà, vous voyez la délégation, c'est normal.
00:11:47On y a mis les moyens pour faire en sorte que ce travail, qui implique quand même trois chambres sur
00:11:52six de la Cour, la quatrième, la régalienne, la cinquième sur l'emploi et la sixième sur la sécurité sociale.
00:11:58Il fallait effectivement tout ça pour à peu près avoir tous les aspects de ce que vous souhaitiez et de
00:12:02ce que nous avions vu, effectivement, dans les réunions précédentes.
00:12:05Donc pour nous, en plus, nous l'avons mis en œuvre sous la forme d'une évaluation de politique publique.
00:12:11Donc c'était un travail particulier qui exige, outre le travail local, des déplacements, le travail avec des administrations, des
00:12:22sondages qui ont été mis en place,
00:12:23a été également mis en place un comité d'accompagnement, donc un comité d'experts qui nous a accompagnés tout
00:12:28le long.
00:12:29Donc c'est le format pour nous le plus lourd, mais nous l'avions vu ensemble pour le construire.
00:12:35Peut-être un point particulier qui est un peu innovant, M. Maisonneuve le sait, puisqu'il était avec nous également,
00:12:41avec les deux rapporteurs.
00:12:45Nous avons fait des points d'étape, ce qui était original, des points d'étape, on va dire, entre guillemets,
00:12:50confidentiels à ce moment-là,
00:12:52pour vous permettre de pouvoir, en parallèle, suivre l'évolution de la loi, éventuellement les réflexions de la Cour,
00:12:58pour éviter le schéma où nous sortions le rapport aujourd'hui. Et je crois que la commission mixte paritaire arrive
00:13:05dans peu de temps.
00:13:06Mais ça permettait éventuellement de voir si des éléments pouvaient être repris, travaillés, même si certains points n'ont pas,
00:13:13j'imagine, pu être pris en compte.
00:13:15Mais comme il arrive qu'il y ait souvent des lois sur la fraude, je ne doute pas que ce
00:13:20rapport sera utile pour la prochaine étape.
00:13:22Et en tout cas, je vous expliquerai les orientations qui sont proposées par la Cour.
00:13:29Voilà peut-être pour vous donner le cadrage d'ensemble. Vous avez le rapport lui-même et vous avez un
00:13:37cahier méthodologique assez fourni qui était à votre demande
00:13:41et qui vous permet d'avoir toutes les données sur les sondages, toutes les données statistiques qui peuvent être extrêmement
00:13:47utiles pour, bien évidemment, le Parlement, mais pas seulement.
00:13:50Voilà peut-être pour la présentation. Alors je ne sais pas, il y a un PowerPoint qui doit être... Ah,
00:13:56il est là, pardon. Je cherchais pour voir que vous l'ayez.
00:13:59Alors peut-être sur les points sur l'introduction et avec le cadrage, d'abord rappeler un point que nous
00:14:06n'avons pas réexaminé parce que ce n'était pas dans le périmètre,
00:14:09à savoir l'estimation de l'enjeu financier qui avait été évalué il y a quelques années et qui est
00:14:16de l'ordre de 4... Enfin, en tout cas, du côté de l'Ursaf,
00:14:20entre 4,8 et 6,3 milliards d'euros. La Cour l'avait évaluée il y a quelques années à
00:14:28au moins 8,5 milliards d'euros. C'est toujours très difficile à évaluer par définition.
00:14:32On aurait pu refaire cet exercice, mais ce n'était pas l'objet qui était demandé. C'était pour voir
00:14:37plutôt les solutions qui pourraient être apportées
00:14:40d'ordre législatif ou réglementaire pour permettre de mieux lutter contre cette fraude. Et donc nous avons rappelé ces éléments
00:14:47-là.
00:14:48Rappeler donc les finalités de cette politique. Je ne vais pas les lister à chaque fois pour être le plus
00:14:52efficace possible. Bien évidemment, il y a une logique de soutenabilité financière
00:14:57des régimes de protection sociale et la protection des droits des travailleurs. Les deux autres points, vous les avez également.
00:15:03Mais ces deux points ont été particulièrement traités dans le rapport. Vous avez également des recoupements avec d'autres politiques
00:15:13qui sont connues, le criminalité organisée, le blanchiment, etc., mais qui n'ont pas été dans le dispositif du rapport.
00:15:21Ce n'était pas dans ce périmètre-là. Par contre, j'insiste sur le contexte évolutif. On s'aperçoit que
00:15:28cette fraude-là évolue fortement.
00:15:31D'abord, elle est de plus en plus sophistiquée. Elle évolue. Elle est transnationale. C'est le troisième point que
00:15:39vous voyez.
00:15:39Avec notamment le travail détaché, on y reviendra. Et puis, elle évolue avec les plateformes, notamment les plateformes numériques,
00:15:50qui sont de plus en plus en développement, et l'auto-entrepreneuriat, qui s'inclut d'ailleurs dans ces plateformes.
00:15:57Et donc, l'évolution de ces pratiques, les rapporteurs ont pu constater effectivement que la lutte contre cette fraude,
00:16:05il y a toujours un peu une course-poursuite entre les évolutions des technologies et l'évolution de l'imagination
00:16:11des fraudeurs
00:16:12et la nécessité, bien évidemment, pour les organismes d'arriver à lutter contre cette fraude.
00:16:19Voilà. Ça vous donne l'introduction, pour ne pas être plus long, mais vous donnez les points clés qui pouvaient
00:16:24apparaître,
00:16:25en tout cas qui donnent le contexte.
00:16:28Quand on fait une évaluation de politique publique, mais nous l'avions vu avec les rapporteurs,
00:16:32mais puisque maintenant nous avons le rapport complet, nous avons déterminé trois questions évaluatives.
00:16:37C'est à peu près le format habituel. Ces trois questions, vous avez d'abord la question de base.
00:16:44Est-ce que cette politique de lutte a des objectifs clairs et des moyens efficaces ?
00:16:48J'y reviendrai donc bien évidemment. Est-ce qu'elle est... Alors c'est une question 2 qui est plus
00:16:53lourde.
00:16:54Est-ce qu'elle est suffisamment dissuasive ? Donc on verra la prévention, le contrôle et les sanctions.
00:17:00Donc c'est le cœur du dispositif. Mais la troisième question est importante, parce que réduire les pertes...
00:17:05Bien sûr, il y a aussi rétablir le droit des salariés. Je l'ai évoqué au départ.
00:17:09Réduire les pertes, c'est tout le sujet du recouvrement. C'est bien de contrôler. C'est bien de trouver
00:17:13qu'il y a des fraudeurs.
00:17:14Mais c'est mieux d'arriver à faire entrer l'argent. Et on verra que ce n'est pas un
00:17:17mince sujet.
00:17:18Et que même parfois, mais nous l'avons là sur les cotisations sociales, mais je dirais que pour les prestations,
00:17:23nous avons souvent les mêmes sujets. Voilà. Alors démarrons par la première question, celle sur...
00:17:32Est-ce qu'on dispose d'objectifs clairs et de moyens efficaces ? Il y avait trois sous-questions qui
00:17:38ont été regardées sur ce point-là.
00:17:44Les objectifs et priorités sont-elles clairement définies, cohérentes ? Est-ce que les moyens humains sont suffisants à utiliser
00:17:51de manière efficiente ?
00:17:52Alors ce sera surtout le point « utiliser de manière efficiente » qui sera regardé, parce que la Cour se
00:17:57méfie toujours des moyens humains.
00:17:58Sont-ils suffisants ? Parce que tout est relatif. Si je regarde la justice, bien évidemment, vu de la fenêtre
00:18:04là, on pourrait dire qu'ils ne sont pas suffisants.
00:18:05Mais si on les prend là, on enlèverait à d'autres politiques. Et donc, bien évidemment, on tourne un peu
00:18:10en rond à ce moment-là.
00:18:11Mais c'est plutôt de manière efficiente qui sera regardée de notre côté. Et est-ce que la coordination est
00:18:18suffisante et efficace ?
00:18:19Ce sera un point important. Sur le point, donc, sur les objectifs clairs et moyens efficaces, en fait, ce qu
00:18:29'on constate, c'est que c'est une politique
00:18:34sur laquelle il ne s'est pas rien fait. C'est important de le dire. Et les pouvoirs publics ont
00:18:40toujours eu, en tout cas voulu, toujours mettre en place des plans
00:18:46et mettre en place des objectifs à atteindre pour cette politique. Donc régulièrement, des choses ont été mises en place.
00:18:55Le problème, c'est que vous avez beaucoup de plans d'action qui sont mis en place. Et surtout, vous
00:19:00avez beaucoup d'acteurs, aussi bien nationaux que locaux,
00:19:03qui interviennent sur cette politique. Et ces acteurs, on vous les liste. Vous avez des acteurs, bien évidemment, des organismes
00:19:11de la sécurité sociale,
00:19:12les URSAF, la MSA. Vous avez bien évidemment toutes les forces de police, gendarmerie, donc les forces de sécurité intérieure.
00:19:22Vous avez la justice qui est impliquée. Vous avez le monde du travail avec la direction générale du travail qui
00:19:28est bien évidemment impliquée
00:19:29et l'inspection du travail. Mais tous ces acteurs ont quand même leur propre logique. Alors si je prends, puisque
00:19:38je suis à sixième chambre,
00:19:38je vais représenter la 5 et la 4 pour l'occasion aussi, puisque c'était interchambre. Quand je regarde la
00:19:44partie des organismes de sécurité sociale,
00:19:47leur but, c'est de faire rentrer l'argent pour la sécurité sociale. Mais la police et la gendarmerie ont
00:19:54d'autres logiques qui ne sont pas tout à fait
00:19:56faire rentrer l'argent. C'est bien évidemment de lutter contre la criminalité qui peut dépasser. Ils vont avoir un
00:20:01prisme, bien évidemment,
00:20:03sur le travail dissimulé, voire le travail illégal. Et rebelote, bien sûr, pour la justice. La direction du travail, des
00:20:12inspections du travail,
00:20:12vont avoir un prisme sur la partie de travail. Et tous ces acteurs-là, finalement, ont leur propre logique, parfois
00:20:18leur propre feuille de route.
00:20:19Il y a eu du travail de fait. Mais à la fin, on finit par se demander qui coordonne tout
00:20:25ça, qui fixe des objectifs cohérents entre eux
00:20:29et qui cadrent finalement un plan commun à tout le monde. Et là, on s'aperçoit que, bien évidemment, nous
00:20:36avons une faiblesse assez forte
00:20:38avec un pilotage intermédiaire insuffisant. Ça, c'est ce point-là. Deuxième point, si on est bien connecté, en tout
00:20:47cas, je ne vois plus,
00:20:47mais ce n'est pas grave. Moi, j'ai en tête, mais pour que vous voyez. Sur la même chose,
00:20:54ces acteurs-là, du coup, non seulement ne sont pas
00:20:58toujours coordonnés, ne travaillent pas assez ensemble, mais également n'ont pas toujours des outils communs. Chacun fait ses contrôles,
00:21:05chacun travaille de son côté, mais il n'y a pas d'identification, il n'y a pas d'outils
00:21:11communs qui permettent d'avoir
00:21:15où est-ce qu'on en est des différents contrôles et de partage des informations. Voilà. Donc ça, c'est
00:21:20le premier point
00:21:21qui nous apparaît que vous avez vu sur cette diapo. Et du coup, nous sommes arrivés à deux recommandations
00:21:30qui découlent assez naturellement. D'abord, on s'est dit que ce serait peut-être bien qu'on ait un
00:21:34acteur
00:21:35qui coordonne l'ensemble. Pour nous, c'est l'AMICAF... Alors, ce n'est pas MOCAF. C'est l'AMICAF
00:21:39qui doit
00:21:42traiter ce sujet-là. Il nous semble, en tout cas, dans la proposition, auprès du premier ministre,
00:21:46qui doit coordonner et donner, bien évidemment, des objectifs clairs, cohérents, avec des indicateurs.
00:21:52Et donc, c'est cette mission interministérielle à qui doit être confiée cette politique,
00:22:01cette définition interministérielle de politique de lutte contre la fraude.
00:22:06Ce n'est pas forcément un acte aussi facile qu'il paraît, puisque les réactions que vous avez pu voir...
00:22:10Enfin, nous, nous l'avons vu dans la contradiction, puisqu'il n'y a pas d'éléments de réponse
00:22:14des administrations dans ce type d'exercice. Mais dans leurs réactions, chacun avait peur
00:22:18de perdre sa vision des choses, ce qui montre que la vision individuelle de chacun
00:22:26est quand même toujours très forte, et le fait d'avoir une mission interministérielle
00:22:31est importante. Deuxième chose, une fois qu'on a cette mission interministérielle,
00:22:35il faut bien évidemment créer une plateforme sécurisée où chacun donne les moyens
00:22:39à cette mission interministérielle d'avoir, donc sous le paysage de cette NICAF,
00:22:44d'avoir les listings d'entreprises détectées, les contrôles en cours,
00:22:48les verbalisations effectuées, parce que pour définir, bien évidemment,
00:22:51être efficace, il faut bien évidemment donner les moyens à cette mission interministérielle.
00:22:55Alors, c'est la partie, on va dire, de pilotage. On n'est pas allé plus loin
00:22:59sur les recommandations, puisqu'après, on a plutôt été sur la partie contrôle,
00:23:05sanctions et recouvrement, j'insisterai sur ce point-là. Mais ces points-là de cadrage
00:23:09nous semblaient importants. Sinon, on va toujours tourner en rond et on manquera,
00:23:13comment dire, d'un acteur qui va bien évidemment coordonner, avoir les moyens
00:23:17de mettre en place cette politique ? Voilà cette première question qui était posée,
00:23:22que vous aviez posée, une question évaluative. La deuxième question évaluative,
00:23:28donc qui est assez lourde, puisque là, c'est est-ce que la politique publique,
00:23:31cette politique publique est suffisamment dissuasive ? On a donc deux, trois niveaux.
00:23:38On va avoir la prévention, on va avoir le contrôle et on va avoir la sanction.
00:23:43Alors, on va commencer par la prévention, qui est-ce qu'elle est effectivement suffisamment
00:23:51dissuasive, utile ? Alors, les actions de prévention, là aussi, il ne se fait pas rien.
00:23:57Il y a des choses qui se mettent en place, notamment de la part des URSAF, d'ailleurs,
00:24:01des actions de communication auprès des entreprises. Et vous avez d'ailleurs dans le rapport
00:24:06des impacts, où on voit ceux qui ont reçu, disent que c'est bien expliqué, qu'il y a des
00:24:11choses
00:24:11utiles qui leur permettent de comprendre. Il y a des partenariats qui sont faits avec des secteurs
00:24:16professionnels, donc il y a des choses qui se font. Mais globalement, elles ne touchent pas tout le monde,
00:24:21donc elles restent quand même encore insuffisantes. Et leur efficacité est quand même assez inégale.
00:24:27Alors, elle est utile pour beaucoup d'entreprises. Tout le monde n'est pas fraudeur, heureusement
00:24:31d'ailleurs. Mais franchement, pour des schémas de fraude complexe, celui qui veut frauder, je ne suis pas
00:24:36sûr, parce qu'il reçoit de l'information, il puisse bien évidemment l'absorber, puisqu'il n'est pas dans
00:24:41cette logique-là. C'est utile, mais ce n'est aujourd'hui pas suffisant. Peut-être deux points
00:24:48particuliers. Je sais que vous aviez ces questions-là en tête en termes de prévention. D'abord, parce que
00:24:54c'est toujours bien de pouvoir contrôler en amont d'un circuit, d'abord les demandes
00:24:58d'immatriculation à renforcer, pour éviter les sociétés éphémères, puisque bien
00:25:04évidemment, si on a des dispositifs qui vous permettent, soit par des signataires
00:25:09électroniques, vous avez posé des questions, on y reviendra peut-être, des dispositifs
00:25:12qui, au moment de l'immatriculation, évitent en amont d'avoir des sociétés qui vont
00:25:16frauder, mieux c'est. Bien évidemment, ce n'est jamais simple. Mais en tout cas, c'est un point
00:25:21sur lequel on pourrait peut-être renforcer cette forme de prévention. Le deuxième élément,
00:25:27c'est le fait qu'on n'ait pas de base de données nationales qui recensent les sociétés
00:25:31de domiciliation. Là aussi, qui faciliterait le repérage des sociétés éphémères. Donc, il y a des
00:25:36choses peut-être utiles qui pourraient être mises en amont. Et cette prévention simple à mettre
00:25:42en place, qui pourrait être mise en œuvre assez facilement, il nous semble, permettrait, au-delà
00:25:48de l'information, au-delà des partenariats, d'avoir des dispositifs qui bloquent, bien évidemment,
00:25:53notamment les sociétés éphémères, dont on aura l'occasion d'y revenir. On le voit, ce sont
00:25:58notamment des sociétés, bien évidemment, frauduleuses par définition et qui ont des durées
00:26:03très courtes, l'autant, bien évidemment, de faire leur office.
00:26:08Ensuite, les contrôles. Alors, les contrôles, puisque c'est un point extrêmement important,
00:26:15ça va être, là, on a un bilan assez mitigé. Si je regarde du côté des URSAF, d'ailleurs,
00:26:22vous regardez les barres bleues, c'est assez net. Les URSAF font des contrôles de façon
00:26:31très réguliers, très performants, très ciblés, avec une fréquence de redressement,
00:26:36vous voyez, de 85%. Nous avions, avec Jean-Luc Mélenchier, avant-hier, je crois,
00:26:43hier ou avant-hier, nous avions la COS encore dans nos murs à la cour. On a pu travailler
00:26:48avec eux. Donc, il y a un vrai travail qui est fait de leur côté. Et ils arrivent à
00:26:51récupérer 1,5 milliard d'euros par an. Alors, de redressement, je reviendrai sur les recouvrements
00:26:59après. C'est une distinction très importante. Donc, ça, ça veut dire qu'on notifie des
00:27:03redressements pour 1,5 milliard. Mais je crois qu'on est visionné, donc, il me semble.
00:27:10Donc, je n'en dirai pas plus, ni sur la composition de 1,5 milliard, ni d'éléments
00:27:15exceptionnels qui peuvent avoir lieu, parce que je ne voudrais pas donner d'informations
00:27:18qui pourraient être confidentielles au-delà de ce que je peux dire ici, et que nous avons
00:27:23évité d'écrire, d'ailleurs, dans le rapport de façon ciblée. Voilà. Donc, nous
00:27:29avons, en tout cas, ce montant qui est atteint, qui est assez régulier de la part de l'URSSAF.
00:27:33Ce n'est pas le cas de la MSA et des inspections du travail. Il est évident que la MSA
00:27:38a moyen
00:27:38de faire mieux. Ça, c'est indéniable. Et les montants de redressement restent faibles.
00:27:45Et même le nombre de contrôles a baissé. C'est souvent un sujet que nous avons sur le
00:27:49nombre de contrôles avec un certain nombre d'organismes de sécurité sociale. L'inspection
00:27:54du travail, c'est plus compliqué, parce que leur travail est plus généraliste. Et
00:27:58ils ne sont pas là pour contrôler seulement le travail dissimulé. Ils ont d'ailleurs
00:28:03une vision plus large du travail dissimulé, de façon plus globale, le travail illégal.
00:28:07Et donc, ce n'est qu'une partie de leur mission. Et il n'est pas toujours facile d'identifier
00:28:16particulièrement, d'ailleurs, dans les moyens et dans leurs travaux, ceux qui font au titre
00:28:20du travail dissimulé. Mais ils agissent quand même. Et on y reviendra, parce qu'on parlait
00:28:26de la MICAF tout à l'heure. Le fait de travailler ensemble pour l'ensemble des acteurs, c'est
00:28:31un point extrêmement important et qui parfois manque, même si ça existe. Et il ne faut pas
00:28:37le nier. Voilà. Donc, pour vous dire, dans les contrôles, on a un point faible. C'est
00:28:41des travailleurs indépendants. Bon, ça, vous l'aviez demandé, on a regardé. C'est
00:28:47un sujet qui, là aussi, c'est en forte hausse. Mais, par exemple, les URSAF contrôlent,
00:28:54puisque là, on a des données assez fiables, contrôlent souvent les entreprises de salariés
00:28:59parce qu'ils peuvent trouver des aimants significatifs avec des montants plus significatifs,
00:29:04voilà, qui vont être importants. Et la partie des indépendants a un niveau moyen de redressement
00:29:13beaucoup plus faible. Et donc, bien évidemment, avec les moyens qu'on a, on vise toujours,
00:29:17bien évidemment, ceux qui sont les plus efficaces. En tout cas, les travailleurs indépendants,
00:29:21c'est un effort qui est, voilà, une montée en puissance. Et quand on voit, je vous l'ai dit
00:29:26au départ, l'évolution de la structure du monde du travail, bien évidemment, c'est
00:29:32un secteur qu'il faut regarder de près. Peut-être un point qui vous est donné dans la slide
00:29:41suivante. Vous aviez souhaité regarder sur les secteurs fraudos jeunes. Il n'y a pas
00:29:46de surprise là-dessus. Bien évidemment, on y reviendra. D'ailleurs, le plus gros, c'est
00:29:50la construction. Les deux suivants, c'est le commerce. Et vous avez en jaune l'hébergement
00:29:57et restauration. Une fois que vous avez dit ça, vous avez une majorité écrasante dans
00:30:03ces trois-là. Il n'y a pas de surprise. À ce titre-là, on s'y attendait. Je reviendrai
00:30:08sur la construction par la suite, puisque c'est un point de proposition qu'on a fait. Au
00:30:12titre des contrôles, quand même, on a pu constater qu'il y avait des marges quand même
00:30:18de prographer. On l'a mis sur cette slide-là. Mais d'abord, il faut qu'on aille plus loin,
00:30:26il nous semble, dans l'accès des bases informatiques. Alors c'est compliqué. Chacun
00:30:33est très, je vous le dis, chacun est très prudent dans l'accès qu'on donne aux bases
00:30:37informatiques. Vous avez dû entendre qu'il y a eu quelques mauvaises histoires de bases
00:30:43informatiques qui ont été données à d'autres acteurs et qui se sont fait pirater par la
00:30:49suite. Et c'est des sujets... Alors il ne faut pas renoncer au fait de partager bases
00:30:54informatiques, parce qu'en croisant les données, bien évidemment, c'est la façon de récupérer
00:31:01les fraudeurs et, je pense, les administrations non-consciences. Mais ça nécessite bien évidemment
00:31:06une protection des données et un travail là-dessus. Donc les deux vont de pair. Je vous le dis
00:31:12parce que c'est une prudence qu'ont beaucoup d'administrations. Voilà. Je n'irai pas plus
00:31:19loin là-dessus parce que même chose, comme nous sommes enregistrés, je ne vais quand même
00:31:22pas donner les fragilités des... Voilà. Déjà, ils arrivent à les trouver sans qu'on
00:31:26les dise. Donc on ne va pas donner d'exemples particuliers à ce stade-là. Deuxième élément,
00:31:31le data mining est important. Voilà. Il faut le mettre en place, l'amplifier dans
00:31:36un certain nombre de cas. Certains le font bien. Mais bien évidemment, là aussi, ça
00:31:41n'a de sens que quand on couple des bases de données, quand on le fait sur une seule
00:31:45base de données, c'est bien. Mais quand on couple plusieurs bases de données et quand
00:31:49on discute avec des administrations, là aussi encore récemment, on voit les pistes
00:31:54qui peuvent être faites. Je ne les donnerai pas. Il y a des exemples qui sont donnés, mais
00:31:57trop loin parce qu'à chaque fois, comme j'ai beaucoup de choses en tête, je
00:32:01ne veux pas commettre d'impair en disant les bases de données qui pourraient être
00:32:04couplées puisque là aussi, on est toujours sur un sujet, vous avez compris, où peut-être
00:32:11que j'ai, dans l'audition, je ne sais pas qui écoute, mais peut-être un certain nombre
00:32:15de fraudeurs qui peuvent être intéressés. Donc je ne veux pas leur donner un certain
00:32:19nombre d'informations puisqu'il le faut. En tout cas, le data mining, pas toujours
00:32:25surtout, pas toujours surtout, contrairement à ce qu'on croise. Ils savent s'adapter
00:32:28très vite, mais je ne veux pas leur donner des pistes sur quand on travaille sur lesquelles
00:32:32ils ne sont pas encore au courant. Voilà. Parce que les administrations, il faut reconnaître,
00:32:36font des choses. Donc voilà. Et heureusement là-dessus, sur ce point. Voilà. Donc pour vous
00:32:43donner sur le point, peut-être un point particulier sur le travail détaché qui est un point sensible
00:32:53pour nous. Le travail détaché, bien évidemment, amplifie le risque de... Vous connaissez les mécanismes
00:33:05puisque c'est utilisé en termes de coût du travail. Je ne vous redonne pas la définition
00:33:11et les aimants, vous les avez. En tout cas, le travail détaché, c'est un contrôle très difficile
00:33:18à faire parce qu'il dépend des autres pays. Et à ce titre-là, vous verrez dans les recommandations,
00:33:26on l'indique, la possibilité de faire appel à d'autres pays pour obtenir des informations
00:33:33est beaucoup plus difficile sur le champ social qu'il est sur le champ fiscal. Voilà.
00:33:37On l'a indiqué. On pense que c'est faisable. Alors ça ne dépend pas des parlementaires
00:33:42que vous êtes. Ce n'est pas vous qui votez la loi au niveau européen et qui contrenez.
00:33:46Mais ça n'interdit pas que les parlementaires expriment un souhait, en tout cas une demande
00:33:52auprès des instances européennes pour faire évoluer les échanges de données et les possibilités
00:34:01de contrôler, sachant que quand même, par contre les rapporteurs, il me semble qu'on est
00:34:08derrière l'Allemagne, juste derrière l'Allemagne, le deuxième pays qui a le plus de travail détaché.
00:34:13Donc ce n'est pas neutre pour nous sur ce dispositif-là. Et c'est un dispositif qui est très
00:34:22fraudogène, d'autant plus que ça se couple avec, et ça par contre, on en parle dans nos
00:34:28recommandations, avec les sous-traitances en cascade qui peuvent avoir lieu et qui se
00:34:34couplent avec le travail détaché. Voilà. Donc nous avons des secteurs qu'on identifie
00:34:40facilement. Alors dans les recommandations qui nous ont paru importantes, d'abord, vous
00:34:46l'avez compris, c'est d'étendre les accès à certaines bases de données nationales
00:34:51qui vous sont données ici. Alors la liste était très longue au départ. On a ciblé
00:34:59celles qui nous paraissaient les plus importantes à votre attention et en tout cas qu'il faut
00:35:04pouvoir donner au corps d'inspection, au service d'enquête administratif, donc qui
00:35:09aujourd'hui leur manque. Et dans les débats qu'on a eus avec les experts, c'est vraiment
00:35:13les points les plus importants.
00:35:15La recommandation 4 est particulière. C'est celle sur la limitation de la sous-traitance
00:35:24à trois rangs d'intervention dans le secteur de la construction. Au départ, vous avez vu
00:35:29qu'il y avait trois secteurs touchés. Là-dessus, nous avons eu des échanges avec les juristes
00:35:36des ministères et avec des spécialistes. Nous avons listé que, en termes juridiques,
00:35:41que la construction, puisque nous ne pouvons pas avoir une proposition générale. Elle
00:35:48doit être ciblée. Sinon, vous touchez, bien évidemment, au niveau européen et de
00:35:53façon générale, sur le droit de l'entreprise. Il faut que vous puissiez justifier, bien
00:35:59évidemment, de la raison. Vous avez par exemple sur le nucléaire, pour des raisons de sécurité,
00:36:04vous limitez. Donc vous avez une cible et vous avez une raison. Là, nous donnons la construction
00:36:09pour une raison. Mais on ne pouvait pas mettre, de façon générale, pour toutes les entreprises,
00:36:13parce que toutes les entreprises, tous les secteurs ne sont pas avec le même caractère
00:36:17de fraude. Voilà. Donc c'est pour ça que la cible de la construction a été faite. Mais
00:36:22vous avez l'explication de cette donnée juridique dans le rapport en interne pour expliquer
00:36:29cette recommandation. La cinquième recommandation, c'est la partie de proposer aux institutions
00:36:36communautaires. Un cadre européen d'échange automatique d'informations en matière sociale,
00:36:40pour nous, c'est un point important. C'est fait en matière fiscale. C'est plus difficile
00:36:46à mettre en œuvre. Tout le monde dira que ce n'est pas possible, parce que pour telle ou telle
00:36:50raison, en fait, ça l'est. Mais après, c'est un choix européen d'accepter d'échanger les données.
00:36:58Je ne suis pas sûr que tous les pays soient dans le même contexte, y compris que l'Allemagne et
00:37:01la France
00:37:02sont très touchés par le dispositif dans un sens. D'autres pays dans l'autre sens sont peut-être
00:37:07moins concernés. Mais ça, après, je m'arrête là, puisque je laisse au Parlement, comme au Parlement
00:37:14européen, le soin de voir ce qui est faisable et ce qui ne l'est pas. Voilà pour la partie
00:37:20des sanctions, pardon, du contrôle. Les sanctions. Dernier point. Alors, les sanctions, en fait,
00:37:33ce qu'on a constaté, c'est que, comme le Parlement légifère sur ce point régulièrement,
00:37:38on en a parlé, il existe quand même un arsenal juridique qui est à la disposition du juge
00:37:45assez important. Je le dis parce que souvent, on religifère régulièrement et le but n'était
00:37:52pas une fois de plus de proposer ou de réécrire des choses ou de complexifier. Il existe des
00:38:00choses. Néanmoins, on s'aperçoit que l'efficacité pour le juge, elle est aujourd'hui, dans ce domaine-là,
00:38:11pas très élevé. Pourquoi ? D'abord, parce que c'est une infraction qui est marginale dans
00:38:17l'ensemble. Et donc, en fait, on a d'ailleurs, ça l'est dit dans la première partie, je ne
00:38:21l'ai pas
00:38:21évoqué, c'est un problème souvent de compétence et de connaissance dans ces dossiers-là. C'est sûr,
00:38:28quand vous traitez 1% des infractions, alors bien évidemment, les juges ont des spécialités,
00:38:32mais quand vous avez peu de domaines, c'est la même chose d'ailleurs pour la police et
00:38:36la gendarmerie pour traiter des dossiers, la compétence est un point aussi important
00:38:43que d'essayer de vouloir faire plus de moyens ou plus de domaines spécialisés. Parce
00:38:49que quand vous spécialisez des moyens, vous les déspécialisez pour les autres. Donc,
00:38:53vous tournez en rond. Et donc, ça nécessite pour nous, peut-être, on l'a écrit dans le
00:38:56rapport, on l'a vu ça d'ailleurs avec les administrations, peut-être des formations à
00:39:02faire. Donc, aujourd'hui, c'est une infraction marginale. Et donc, le juge n'a pas toujours
00:39:07connaissance de tous les enjeux. Ce n'est pas parce qu'il sait faire. Mais aujourd'hui,
00:39:13il a un dispositif sur lequel vous avez peu d'infractions pour lui. Et du coup, vous avez
00:39:19des traitements sur lesquels les durées de jugement sont très longues. On vous a donné,
00:39:26c'est, de mémoire, plus de deux ans qui sont effectivement données par les durées
00:39:41de jugement. Et donc, bien évidemment, quand vous avez des durées de deux ans avec des
00:39:45entreprises éphémères qui ont été construites pour être très volatiles... Alors, en plus,
00:39:50ils savent très bien faire... Enfin, ils savent très bien faire avec les droits qu'ils ont.
00:39:54C'est-à-dire qu'ils contestent devant le juge le moindre redressement des URSAF.
00:39:58Enfin, j'exagère un peu. Mais pour ceux qui savent y faire, vous avez des liquidations
00:40:03d'entreprises, des redressements. Enfin bref, tout ça fait que les durées de traitement
00:40:11sur les sanctions sont très longues, bien évidemment, avec, à la fin, une efficacité
00:40:18relativement faible. L'idée de... Donc, vous avez ces points-là qui sont effectivement...
00:40:27vous sont indiqués. L'idée de la cour derrière, ça n'a pas été d'inventer autre chose.
00:40:33C'est de se dire comment on peut, sur des dispositifs d'ailleurs existants dans la
00:40:37nationale juridique, les offrir également à ce type d'infraction pour leur donner
00:40:46de l'efficacité. Et je crois que c'est dans les recos après, voilà, dans les recommandations.
00:40:53On a essayé de regarder les pistes qui existent déjà et qu'on pourrait ouvrir à ce type
00:40:59d'infraction. Alors là-dessus, je vais être franc avec vous, il y a eu débat avec des
00:41:03administrations. La justice est très favorable parce qu'aujourd'hui, la transaction pénale,
00:41:09et je vais le... D'ailleurs, c'est pour ça qu'on la met sous le contrôle, ce qui est
00:41:13une évidence aux modulations du procureur de la République, la transaction pénale va
00:41:17plus vite, plus efficace et elle permet un protocole d'accord. On y reviendra d'ailleurs
00:41:25dans le recouvrement. Un protocole d'accord, donc elle va plus vite. Et elle est efficace dans
00:41:31beaucoup de cas où ce ne sont pas des récidivistes, ce n'est pas des professionnels de la fraude.
00:41:37Et beaucoup de gens ont fraudé, parfois des erreurs, etc. Ils sont primo-délinquants,
00:41:44comme on dit. J'ai utilisé les termes de la justice. Et donc, bien évidemment, là,
00:41:48on peut avoir des dispositifs efficaces, beaucoup plus que d'aller dans des dispositifs lourds,
00:41:53d'ordre pénal, qui vont prendre deux ans, qui vont être lourds pour la justice, alors qu'on aurait
00:41:58pu passer par un dispositif qui existe, mais qui n'existe pas pour ce type d'infraction.
00:42:05Rebelote pour l'ordonnance pénale délectuelle, qui pourrait être applicable là aussi et qui,
00:42:09c'est marqué dans le rapport, doit être appliqué pour, bien évidemment, des infractions
00:42:15qu'on estime mineures ou en tout cas primo-délinquants. Là, il faut bien évidemment l'apprécier,
00:42:23ça a été indiqué. Il n'est pas question dans l'esprit de la Cour, parce qu'on a eu
00:42:26des échanges
00:42:27avec la administration, de dégrader ce type de fraude et d'infraction quand elle est lourde
00:42:34et qu'elle est récidiviste, au terme pénal. Et c'est pour ça, bien évidemment, que c'est
00:42:39sous l'autorité de la justice qui, bien évidemment, il n'y a pas d'automaticité, et c'est bien
00:42:43évidemment le procureur de la République, les juges, qui, bien évidemment, ont la main là-dessus.
00:42:47Mais il leur manque dans le circuit quelque chose qui leur permettrait d'être plus efficace.
00:42:53Ça a été une longue discussion là-dessus. Et je dis rebelote, on l'aura dans le recouvrement.
00:42:59On peut bien évidemment rester droit, on estime, très dur et rester sur un circuit.
00:43:05Mais les fraudeurs, bien évidemment, verront qu'on a une faible efficacité et on leur donne
00:43:10des moyens d'être plus efficaces et d'être plus rapides. Et à eux, bien évidemment, c'est
00:43:15un moyen, ce n'est pas une substitution d'un moyen par un autre.
00:43:19La peine complémentaire. Je m'y attarde 5 minutes parce que la peine complémentaire,
00:43:24on s'est aperçu. Je ne sais pas si vous avez la curiosité de chercher, mais il faut vraiment
00:43:29vouloir le trouver. C'est-à-dire qu'en gros, vous allez sur le site du ministère du Travail
00:43:34et si vous trouvez en gros une quinzaine, vingtaine d'entreprises sur lesquelles, franchement,
00:43:39sur la France, ça prête à sourire. C'est-à-dire que celui qui fraude, il a l'avantage
00:43:43de ne pas être connu et ce qui est quand même en termes de lutte contre ceux qui frottent
00:43:52sur la concurrence, qui ne respectent pas le droit de la concurrence. Du coup, le fait
00:43:58d'être connu et d'être visible, automatiquement, c'est important. Et donc le juge, en fait,
00:44:03il ne le sait pas. Il a tellement de choses différentes. Il ne sait pas qu'il a cette
00:44:07possibilité. Il ne le sait pas toujours. Et donc, rarement, cette peine a été mise.
00:44:10Donc nous, on propose d'inverser. La peine complémentaire est affichée, publiée. Mais
00:44:17comme nous pouvons individualiser la peine, et c'est normal, le juge a cet élément-là.
00:44:21Il peut l'enlever s'il estime. Et ça, je ne vais pas plus loin. C'est à lui d
00:44:25'apprécier
00:44:25toujours le principe d'individualisation de la peine. La dernière recommandation un peu
00:44:30particulière, c'est que nous avions un dispositif. Lorsqu'il y avait un redressement notifié,
00:44:36notifié qu'il y avait une assignation à l'audience civile, c'était la justice. Vous
00:44:40imaginez une plateforme numérique avec 1 000 personnes qui travaillaient sur cette
00:44:48plateforme. Je dresse très volontairement, fortement. C'était à la justice d'écrire
00:44:54aux 1 000 salariés pour pouvoir témoigner. Encore fallait-il qu'ils connaissent les 1 000.
00:44:58Donc vous pouvez toujours, bien évidemment, mettre un terme à cette procédure. On propose
00:45:03d'inverser, de dire, après tout, c'est à l'employeur de proposer, quand il conteste,
00:45:12de mettre à sa charge et de faire venir devant la justice les employés, les 1 000 ou moins
00:45:17de 1 000, ça, lui, de s'en débrouiller. Et donc, bien évidemment, pour la justice,
00:45:20ça allège et ça sécurise la procédure. Voilà. Donc il n'y a pas de choses, vous avez vu
00:45:26dans le rapport spectaculaire. Mais il y a un pas de côté qui est très net en disant
00:45:32publicité et d'offrir une possibilité d'être plus efficace avec des circuits plus
00:45:39rapides que ce qui existe aujourd'hui. Nous n'avons pas inventé une nouvelle sanction
00:45:43ou un nouveau dispositif. C'est uniquement des modifications qui visent à rendre plus
00:45:50effectifs les sanctions. On essaye de s'adapter par rapport à notre public.
00:45:55politique. Dernière question, c'est celle sur la réduction des pertes pour la sécurité
00:46:02sociale et le rétablissement des droits des travailleurs. Ces deux points ont été
00:46:08regardés. La première, on va commencer par le recouvrement des rédressements, des créances
00:46:15des URSAF, MSA, qui n'ont pas pu être récupérés. Alors je vais vous donner l'exemple
00:46:21notamment des URSAF, puisque le recouvrement est faible. C'est-à-dire que sur les 1,5 milliard
00:46:27que vous évoquez tout à l'heure, à la fin, il n'y en aura que 150 000. Voilà. Si
00:46:34je faisais
00:46:34un raisonnement simple. D'ailleurs, on vous l'a marqué, on estime que sur 4,1 milliards
00:46:39de restes à recouvrir au 31 décembre 2024, ce qui a été constaté, nous avons une estimation
00:46:44qui est une fourchette, bien évidemment, en ce moment-là, entre 2,2 et 3,7 qui seront
00:46:48perdus. Voilà. Donc c'est bien... La question précédente, on dit si on pouvait avoir 4,1,
00:46:55avoir 5,5 à récupérer les gens. Si à la fin, vous ne récupérez rien dans les caisses,
00:47:02c'est pour ça que j'insiste sur sa dernière question et ce point du recouvrement qui est
00:47:07un point extrêmement sensible en termes d'efficacité pour les finances sociales.
00:47:13Et je rappelle, finances sociales qui permettent, on verra le redressement des droits, des
00:47:17haïts, mais en termes de déficit de la sécurité sociale, c'est quand même l'obligation
00:47:22pour chacun de cotiser et de créer les droits pour l'ensemble des salariés, l'ensemble
00:47:28des entreprises. C'est quand même le modèle de la sécurité sociale. Donc c'est un point
00:47:33pour nous extrêmement important. Alors bien évidemment, aujourd'hui, on s'aperçoit
00:47:40que tous les leviers ne sont pas toujours utilisés par les organismes de recouvrement,
00:47:44les conservatoires, les seuils directeurs financiers, il y a des choses qui ne sont pas
00:47:47mises en place. Mais quand même, ça a beaucoup progressé. Quand on voit les outils qui sont
00:47:52mis en place aujourd'hui par les URSAF notamment, ça a beaucoup progressé. Il faut reconnaître
00:47:57un net progrès. Et ce point-là, il faut le noter. Mais ce n'est pas toujours utilisé
00:48:05complètement parce qu'il manque peut-être un certain nombre de choses qu'on pourrait
00:48:12mieux utiliser. D'abord, le fait qu'on puisse faire des protocoles d'accord. Ça se fait
00:48:19sur le plan fiscal. Aujourd'hui, et nous avions d'ailleurs dans des débats, je crois,
00:48:26hier, une infraction qui nous disait que ça n'existe pas, c'est dommage parce qu'il faut
00:48:32rappeler, comme c'est une infraction lourde, je rappelle, on a vu pour la partie sanction,
00:48:38un peu belote pour le recouvrement, si vous avez un million à récupérer, plus ces amendes,
00:48:42plus les taux, etc., à la fin, vous pouvez trouver, pas pour le criminel haut de gamme,
00:48:47mais pour un certain nombre d'entreprises, vous lui demandez un million et demi, il ne
00:48:50ne sait pas faire puisqu'il est en difficulté. Alors soit vous dites « c'est un million et
00:48:53demi, je ne veux pas en entendre parler », vous aurez zéro à la fin, soit à un moment donné
00:48:58et vous laissez la possibilité aux URSAF, effectivement, qui connaissent le milieu, de dire
00:49:02comme c'est sur le plan fiscal, nous pouvons mettre un protocole d'accord, c'est-à-dire
00:49:07un montant, peut-être inférieur, mais qui permettra peut-être, un, de faire rentrer
00:49:11de l'argent, et deux, peut-être, pour une entreprise, dans des conditions particulières,
00:49:17peut-être de survivre, mais ça c'est un autre débat qui n'était pas celui de notre
00:49:26rapport. Deuxième élément, le fait de compenser les créances et les dettes entre organismes
00:49:30de sécurité sociale. Alors la loi permet des choses d'ailleurs, commencer à ouvrir
00:49:35des possibilités, mais, moi je dis toujours, c'est la sécurité sociale, et même au-delà
00:49:39de la sécurité sociale, quand vous avez des montants, après tout, ils pourraient être
00:49:44récupérés dans d'autres caisses, dans d'autres domaines, sur lesquels on pourrait aller beaucoup
00:49:49plus loin, pour récupérer les fonds qui ont été, qui n'ont pas été payés par l'entreprise
00:49:58ou le chef d'entreprise, puisque parfois il peut y avoir une solidarité de cet ordre-là.
00:50:03On a également le sujet de l'entraide de recouvrement entre les pays, qui pourrait
00:50:08être, là aussi, on revient sur l'aspect européen, dans l'espace économique européen
00:50:13et le Royaume-Uni, là aussi, qui pourrait être amélioré. Voilà, c'est un sujet, j'insiste
00:50:18là-dessus, qui est extrêmement important à regarder, puisque c'est toute l'efficacité
00:50:21financière qui fait que tout le travail sinon avant sera, tous les contrôles pratiquement
00:50:29seraient voués à l'inutilité, entre guillemets, si derrière, bien évidemment, il n'y a pas
00:50:33cette efficacité. Ce qui nous amène d'ailleurs à deux recommandations, je viendrai après
00:50:40sur les droits des travailleurs. D'abord, sur le fait d'autoriser la frangibilité
00:50:46du recouvrement des prélèvements, ce que j'indiquais par opposition à tiers-détenteurs,
00:50:50ou compensation vis-à-vis des organismes de sécurité sociale. Donc c'est d'étendre
00:50:54la possibilité de récupérer. Et le deuxième, faire ces fameux protocoles transactionnels
00:51:00qui permettaient, bien évidemment, limiter aux gens, primo-délinquants, voilà, bien
00:51:05évidemment, pas faire ça à ceux qui sont, qui organisent bien évidemment les fraudes
00:51:12ou qui est récidive. Le dernier point, le rétablissement des droits sociaux des salariés.
00:51:19On a été, là-dessus, on a d'ailleurs une réponse très négative sur cette, très, très,
00:51:27négative sur cette dernière question, aussi bien recouvrement, vous avez compris,
00:51:31qui est très faible que sur les droits des salariés, parce que rétablir les droits
00:51:37sociaux, c'est très compliqué. Trois compliqués parce qu'il faut arriver, un, à identifier
00:51:43les salariés. Pas toujours simple, parce que bien évidemment, certains sont payés main
00:51:49à la main. Certains ne veulent pas être identifiés, donc c'est très compliqué. On l'a vu sur
00:51:56la procédure. Deux, il faut arriver à rétablir les droits individuels. C'est compliqué.
00:52:02Et donc parfois, on fait des droits forfaitaires qui apportent très peu de droits. Les droits
00:52:08forfaitaires ne seront jamais à la valeur, et ça vous est expliqué dans le rapport, par
00:52:12rapport aux droits individuels. Et donc du coup, c'est un angle mort. Il faut le reconnaître
00:52:18sur cette reconnaissance, alors qu'il y aurait possibilité. Mais c'est très difficile à
00:52:24faire, et il faut reconnaître que pour les organismes de sécurité sociale, la priorité,
00:52:29c'est de récupérer l'argent. Avant cet aspect-là, où quand vous êtes après coup sur une fraude,
00:52:36souvent, comme je disais, c'est très difficile d'identifier tout le monde et d'avoir des éléments
00:52:40assez fins pour rétablir finement les cotisations et les droits de chaque droit à retraite,
00:52:48droit familiaux, droit etc., dans toutes les cotisations. Voilà. Et pour finir, on a été
00:52:57très sobre là-dessus. On n'a pas été plus loin, mais c'est vrai qu'on a bien compris
00:53:01que beaucoup de salariés dedans... Alors je vais vous dire pourquoi ils ne souhaitent pas
00:53:05souvent être impliqués dans ces sujets-là. C'est parce que ça vous implique de perdre
00:53:11d'autres droits. Si vous reconnaissez que vous avez été payés, etc., toutes les autres
00:53:18prestations sociales tombent ou peuvent être ajustées. Primes d'activité, ça possiblement,
00:53:25APL, etc., je ne vais pas toutes les lister, bien évidemment. Donc vous avez un calcul,
00:53:29et ça nécessiterait d'ailleurs, une fois que vous recalculez là-dessus, de recalculer
00:53:33toutes les autres prestations. Donc c'est un sujet sur lequel, voilà, les administrations,
00:53:39les organismes et les salariés, je ne vais pas dire que globalement, il y a massivement
00:53:44un angle mort sur lequel tout le monde ne cherche pas véritablement à avancer dans
00:53:52ce domaine-là. Voilà. Donc on vous a donné en conclusion des recommandations. C'était
00:53:57votre souhait, plutôt de nature législative et réglementaire, même s'il y a des éléments
00:54:00au départ. Les points clés, c'était éviter de travailler en silo pour les administrations.
00:54:06Il faut l'AMICAF, il faut quelqu'un qui donne l'ensemble. Il faut se concentrer sur
00:54:11les zones de vulnérabilité, aussi bien dans les domaines que vous nous aviez indiqués,
00:54:16sectoriels, que dans des types de sociétés éphémères, travail détaché. On repère
00:54:21ça, effectivement. Peut-être avoir des réponses pénales plus graduées, ce qu'on a dit,
00:54:27sans atténuer la gravité, mais donner peut-être plus de possibilités pour le juge. Optimiser
00:54:33le recouvrement, on l'a vu. Et avec un point très sensible sur la fronte nationale, qui
00:54:38était un peu un fil rouge tout le long, mais qui ne dépend pas que de vous. Mais il y
00:54:42aura
00:54:42vraiment un travail, peut-être d'insistance, parce que notre pays, peut-être plus que d'autres
00:54:48pays européens, peut en être fortement affecté. Voilà. Désolé d'avoir peut-être
00:54:53été un peu long, mais ça permettait d'avoir une vision complète d'un rapport que vous
00:54:57avez souhaité, assez complet quand même.
00:55:02Merci pour votre intervention. Je vais sans plus tarder laisser la parole à nos rapporteurs,
00:55:07peut-être la collègue Monsoury, qui a, je crois, si j'ai bien compris, des obligations
00:55:10ensuite.
00:55:13Merci beaucoup. Merci pour cette description très claire du rapport. J'en profite d'ailleurs
00:55:20parce que, comme l'a expliqué M. le Président, je vais devoir partir, pour vous remercier
00:55:24des échanges qu'on a eus et de tous les points d'étape. Je crois que le rapport est tout
00:55:30à fait conforme à la vision que nous avions de celui-ci. Donc merci beaucoup. Une question
00:55:36simplement, parce que c'est un sujet qu'on avait abordé la dernière fois, au moment
00:55:41de la prévention, notamment sur la création de nouvelles entreprises, dans le cadre de
00:55:46la lutte, justement, des sociétés éphémères. Moi, j'avais une inquiétude, justement,
00:55:50sur l'alourdissement de la procédure pour les sociétés qui seraient de bonne foi.
00:55:54Donc je voulais simplement savoir, est-ce que vous avez pu voir et est-ce que vous pourriez
00:55:58nous détailler, justement, de quelle façon l'authentification se fera, plus dans le détail.
00:56:04Merci beaucoup.
00:56:08Allez-y, M. le Président.
00:56:10Alors, vous savez quoi, M. le Président, je vais mettre un peu à l'honneur les rapporteurs.
00:56:15Voilà, on avait des questions et tout, mais je trouve que, voilà, c'est là-dessus,
00:56:20parce que c'est quand même... Moi, j'ai présenté le travail, on a délibéré et tout,
00:56:23mais voilà, c'est peut-être l'occasion aussi de leur laisser répondre de façon très ciblée
00:56:28sur le sujet.
00:56:32C'était pas un piège, hein, Renaud ?
00:56:36Merci, je sais pas si vous m'entendez.
00:56:40Évidemment, c'est un point important de pas décourager l'auto-entrepreneuriat
00:56:44et il y a tout le débat sur est-ce que la complexité administrative n'est pas d'ailleurs
00:56:48un vecteur de fraude ? Donc on avait bien ça en tête.
00:56:50Donc, de ce point de vue, on propose pas d'alourdissement particulier,
00:56:56notamment pour les tout-petits, les micro-entrepreneurs qui se lancent
00:56:59et qui sont couverts par des dispositions fiscales et sociales particulières.
00:57:03Le seul élément du rapport, c'est ce que vous disiez, M. le Président,
00:57:06c'est d'être plus vigilant au moment de l'immatriculation,
00:57:12soit au niveau des greffes, soit au niveau des sociétés de domiciliation,
00:57:17parce que là, on a des sociétés ou des personnalités
00:57:23qui organisent de façon récurrente et multipliée des fraudes
00:57:27à différents endroits du territoire sans que le dispositif actuel
00:57:30ne permette de les identifier.
00:57:33Mais on a essayé dans le rapport d'avoir cet équilibre
00:57:36entre le ciblage sur des secteurs particuliers,
00:57:40sur des secteurs fraudogènes, sur des gens qui organisent la fraude
00:57:44de façon répétée, sans dissuader l'esprit d'entrepreneuriat,
00:57:48notamment pour les plus petits d'entre eux.
00:57:53Juste peut-être en complément pour vous dire que dans ces processus-là,
00:58:03récemment, on a eu l'information, sans donner des professions,
00:58:07on va éviter là-dessus, les URSAF dans les contrôles
00:58:12sur le guichet d'entreprise, l'URSAF va être associée,
00:58:16parce qu'il y avait des professions sur lesquelles ça se faisait
00:58:19un peu automatiquement, et les URSAF, qui ont une vision du coup,
00:58:23puisqu'elles sont impliquées après dans les cotisations,
00:58:26vont être impliquées sur certaines professions qui échappaient encore.
00:58:30Ça fait partie de cette logique qu'on explicitait.
00:58:38Est-ce que, mesdames les rapporteurs, vous aviez d'autres questions ?
00:58:46Je vous laisse la parole.
00:58:50Merci, monsieur le président.
00:58:52A mon tour de vous remercier très sincèrement.
00:58:56J'avoue que moi, c'est la première fois que j'ai l'honneur et le plaisir
00:58:59de participer à ce genre d'exercice, si vous me permettez le terme.
00:59:06Et c'est très instructif.
00:59:09Je pense que ça nous fait du bien aussi, à nous, en tant que députés,
00:59:14je l'avoue très humblement, de pouvoir mener un travail de fond.
00:59:19Grâce à vous, merci encore.
00:59:21C'est vrai que vous êtes quand même assez impressionnants face à nous.
00:59:29Et merci de nous avoir guidés, j'allais dire, aussi dans nos réflexions,
00:59:34au fur et à mesure, avec ces fameux points d'étape,
00:59:37avec tous les moyens de la Cour que vous avez mis à notre disposition.
00:59:43Et puis sur la méthodologie, on a beaucoup appris sur ce sujet aussi.
00:59:48Donc vraiment, ce sont des remerciements qui ne sont pas fins.
00:59:53Merci évidemment aussi pour le fond de ce rapport,
00:59:56qui correspond encore plus, j'allais dire, à l'idée qu'on pouvait en avoir initialement.
01:00:05Et pour votre présentation, qui nous donne effectivement un certain nombre de recommandations.
01:00:14et on va tout mettre en oeuvre pour essayer d'en pousser un certain nombre.
01:00:19Ça, je pense qu'il faut qu'on s'y engage.
01:00:22J'ai quelques questions, alors peut-être pas toutes.
01:00:27Vous écrivez en particulier qu'il y a un très faible taux moyen de recouvrement,
01:00:32des redressements notifiés, vous en avez parlé,
01:00:35et ça cache une forte disparité en particulier des taux régionaux.
01:00:40Est-ce que vous seriez en mesure de nous détailler les bonnes pratiques,
01:00:44j'allais dire, des administrations les plus performantes dans ce domaine ?
01:00:48C'est à la page 100, si je ne m'abuse.
01:00:53Et pour prolonger cette idée, à la page 169,
01:00:56vous remarquez une très forte disparité dans les délais de recouvrement par les commissaires de justice,
01:01:01avec une moyenne de 233 jours dans l'hexagone et de 743 jours dans les drômes.
01:01:07Mais sur l'hexagone seul, je remarque également une très forte disparité
01:01:11avec des délais qui vont entre 58 jours à 559 jours selon les régions.
01:01:17Alors, est-ce que vous êtes en mesure de savoir à quoi attribuer de tels écarts ?
01:01:23Est-ce que vous avez observé par ailleurs une corrélation entre ce délai et le taux d'insolvabilité ?
01:01:30Et les entreprises incriminées, eh bien, profitent-elles, j'allais dire, de ces délais
01:01:34pour organiser leur insolvabilité ?
01:01:38Je vous remercie.
01:01:40Alors, celle qui va vous répondre, mais alors, le moindre chiffre que vous voulez, c'est Sophie.
01:01:45Voilà, vous l'avez repéré, qui est, voilà, sur le recouvrement,
01:01:49parce que c'était un point très important.
01:01:52Alors, effectivement, sur le recouvrement, les bonnes pratiques,
01:01:55enfin, les pratiques les plus performantes, on observe qu'au niveau des URSAF,
01:01:59notamment celles qui ont un meilleur taux de recouvrement,
01:02:01sont celles qui ont un pilotage très resserré de leurs études de commissaire de justice,
01:02:05mais vraiment très resserré.
01:02:06C'est un premier point.
01:02:08C'est aussi celles qui ont une très bonne connaissance des leviers
01:02:13qui sont à leur disposition, les garanties, les sûretés, la solidarité financière,
01:02:17et qui les ont appliqués très tôt.
01:02:19Donc, il y a aussi une question d'expérience.
01:02:21Il y a aussi des URSAF qui ont mis en place des liens très étroits
01:02:25entre les services de contrôle et les services de recouvrement.
01:02:28Et c'est très utile, puisque quand un inspecteur, en fait, contrôle,
01:02:31il peut repérer où sont les biens
01:02:33et tout de suite avertir, en fait, les services de recouvrement.
01:02:37Et plus on a ce lien étroit entre les deux services,
01:02:42meilleur sera le recouvrement.
01:02:44Mais ce n'est pas suffisant pour expliquer ces écarts.
01:02:47Il y a aussi votre fichier cotisant et aussi votre ciblage,
01:02:52qui peut impacter très fortement le taux.
01:02:54On voit par exemple en URSAF de France,
01:02:57dans leurs fichiers cotisants, une grande partie des sociétés
01:03:01finissent par être des sociétés en redressement judiciaire,
01:03:05en procédure collective, parce qu'il y a beaucoup de sociétés éphémères.
01:03:07Et dans ces cas-là, forcément, malgré toutes les actions de recouvrement,
01:03:13vous n'allez pas beaucoup recouvrer.
01:03:15Donc il y a ce point-là, le ciblage, votre fichier cotisant,
01:03:18et aussi les bons pilotages et les relations étroites,
01:03:21par exemple, j'ai les problèmes de voie,
01:03:23entre les services qui peuvent expliquer ces différences.
01:03:28À titre d'exemple, pareil au niveau du régime agricole,
01:03:32si dans votre ciblage, vous avez plus de sociétés qui ont pignon sur eux,
01:03:37qui sont là depuis longtemps et qui veulent continuer leur activité,
01:03:41plus votre taux de recouvrement sera meilleur,
01:03:43parce qu'elles essaieront de trouver des solutions.
01:03:44Voilà.
01:03:58Alors, vous en avez un petit peu parlé.
01:04:01Dans l'annexe 14, vous évoquez justement la nécessité d'encourager un recours accru aux échéanciers.
01:04:09Dans quelle mesure cette orientation vous paraît-elle compatible avec l'objectif de dissuasion de la fraude,
01:04:15notamment dans les cas de travail dissimulé et organisé ?
01:04:18Existe-t-il un risque que ces dispositifs soient utilisés de manière opportuniste par certains acteurs,
01:04:26et en particulier dans le cadre de ces fameuses sociétés éphémères ou organisant leur insolvabilité ?
01:04:32Et comment vous pourriez envisager d'en sécuriser l'usage ?
01:04:39Peut-être, puisque de façon générale, en fait, ces protos d'accord,
01:04:44les transactionnels, ces échanciers, ce sont des outils qui permettraient d'être plus efficaces.
01:04:52Aujourd'hui, c'est noir ou blanc.
01:04:54Si on pouvait avoir un peu de nuances qui permettraient d'être plus efficaces.
01:04:59Après, je dirais que les URSAF, les organismes de recouvrement, enfin, les organismes URSAF, MSA ou d'autres,
01:05:08sont quand même des organismes qui connaissent et qui, là-dessus, seront appréciés.
01:05:14Il faut savoir faire confiance aux acteurs.
01:05:16Enfin, c'est l'hypothèse qu'on fait.
01:05:17Et de voir si vous avez une société organisée, si c'est quelque chose qui est organisé, vous le voyez
01:05:24assez vite.
01:05:26En général, quand vous commencez à recouvrir, elle a peut-être déjà disparu, d'ailleurs, certaines, voilà.
01:05:30Alors que d'autres, mais Sophie a donné, elle pourra compléter.
01:05:33Quand vous avez des sociétés qui ont pignon sur rue ou autre chose,
01:05:36vous avez moins de risques, quand même, à un moment donné, que la société disparaisse du jour au lendemain.
01:05:43Donc, vous arrivez quand même à apprécier le tissu des entreprises pour apprécier l'atumé.
01:05:47Et peut-être que Sophie a des exemples ou des aimants en tête.
01:05:52Alors, effectivement, actuellement, les MSA et les URSAF font des échéanciers quand c'est demandé.
01:05:59Mais, effectivement, il y a des vérifications très, très fortes avant d'accorder les échéanciers.
01:06:03Voilà, sur l'entité, sa capacité à payer.
01:06:07Et, on va dire, le taux, en fait, de respect des échéanciers est relativement bon.
01:06:13Donc, bien évidemment, une société éphémère ne va pas demander des échéanciers.
01:06:17Et, quoi qu'il arrive, s'il y a une rupture de l'échéancier,
01:06:20il y a automatiquement une reprise du recouvrement dès la première échéance rompue, souvent.
01:06:38Votre travail est tellement riche, et même si vous apportez, évidemment, beaucoup, beaucoup d'éclairage,
01:06:46ça, je vais dire, interroge sur d'autres choses.
01:06:51Alors, en ce qui concerne les marchés publics de la construction,
01:06:57est-ce que vous pensez qu'il pourrait être pertinent de systématiser la déclaration du coût de la main-d
01:07:04'oeuvre
01:07:04en incluant, notamment, le volume d'heures prévisionnelles, les taux horaires et le recours à la sous-traitance ?
01:07:09Et est-ce qu'une telle mesure vous paraît de nature à améliorer, justement,
01:07:14l'appréciation de la cohérence économique des offres
01:07:17et à renforcer, eh bien, la détection des situations de travail dissimulées,
01:07:21notamment dans un contexte de montage complexe,
01:07:24reposant souvent sur une sous-estimation du coût du travail ?
01:07:29Ce point, on ne l'a pas audité, on n'a pas été dans ce domaine-là.
01:07:35Il faut toujours faire attention, enfin, Renaud le disait,
01:07:39il ne faut pas que les mesures ou les aimants qu'on met là en place,
01:07:42parce qu'il y a des fraudeurs folétiques contre la fraude, c'est bien normal,
01:07:45on mette en place des mesures qui deviendraient trop contraignantes
01:07:49pour les chefs d'entreprise et les entreprises.
01:07:51Voilà. Donc, c'était un peu la logique aussi des métriculations.
01:07:55Le but, c'est de mettre en place des dispositifs sans changer le guichet unique,
01:07:59mais en interne, voilà, c'était l'exemple qui était donné.
01:08:02Là, chaque fois qu'on fait de l'administration en plus,
01:08:04et on demande aux aimants, plus vous alourdissez, vous contraignez.
01:08:08Voilà. Donc, mais nous ne l'avons pas audité sur la piétrapie.
01:08:11Et puis, nous, ce qu'on a audité, c'est le risque de fraude.
01:08:14C'était uniquement sur la sous-traitance en cascade,
01:08:18où, à un moment donné, on s'aperçoit que la fraude devient extrêmement forte,
01:08:24pour ne pas dire massive, arrivé à un certain niveau de sous-traitance.
01:08:27Et là, on a été pour, non pas surcharger qui que ce soit,
01:08:31mais interdire d'aller trop loin,
01:08:34parce que, d'ailleurs, y compris le donneur d'ordre au départ,
01:08:36je ne suis pas sûr qu'à la fin, ils sachent très bien ce qui se passe
01:08:39si on est au niveau 4 ou 5.
01:08:41Donc, ça pose, en plus, d'autres problèmes.
01:08:43Mais on n'a pas été jusqu'au...
01:08:46Oui, vas-y.
01:08:47Donc, votre question porte sur les marchés publics,
01:08:50c'est-à-dire la commande publique.
01:08:52Alors, deux rapides commentaires.
01:08:53D'abord, sur ce segment-là, il y a déjà plus d'obligations qu'ailleurs,
01:08:56notamment sur les déclarations des sous-traitants.
01:08:59Et puis, en plus, quand c'est commande publique et nucléaire,
01:09:01donc là, vraiment, il y a...
01:09:01Donc, ce secteur-là fait l'objet de points particuliers.
01:09:05Mais notre proposition, notre recommandation,
01:09:07couvre l'ensemble de l'économie,
01:09:09y compris le recours à la...
01:09:11Enfin, le secteur à la sous-construction,
01:09:13des commandes privées par des entreprises, etc.
01:09:15Où là, il nous semble nécessaire d'aller plus loin
01:09:20dans le dispositif juridique que ce qui existe aujourd'hui.
01:09:24Sur l'interdiction de la sous-traitance
01:09:26au-delà d'un certain rang d'intervention,
01:09:28de troisième rang, par exemple.
01:09:30Oui.
01:09:40Voilà, ça, c'est votre projet de loi qui va...
01:09:51Très bien.
01:09:52Moi, j'ai quelques questions aussi complémentaires.
01:09:54Je me faisais la réflexion que le rapport que nous avions rendu
01:09:59dans le comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques
01:10:01en 2018 sur la lutte contre la délinquance économique et financière,
01:10:04qui comprenaient en partie ce périmètre-là.
01:10:07Nous avions fait des recommandations qui étaient précurseurs,
01:10:11je ne sais pas comment on veut dire, dans le domaine.
01:10:13Et c'est toujours un peu rageant de se dire
01:10:15que plusieurs années plus tard,
01:10:18on en est encore à demander des politiques interministérielles,
01:10:20me coordonner, etc., etc., etc.
01:10:22Sur la question de la prévention, d'abord,
01:10:29pour avoir rencontré il n'y a pas si longtemps que ça
01:10:31l'Office national antifraude,
01:10:34dont vous faites assez peu état, en fait, dans le rapport,
01:10:36plutôt les CODAF, etc.,
01:10:37donc je veux bien que vous nous expliquiez
01:10:40pourquoi l'ONAF n'est pas vraiment dans votre cible.
01:10:45Je sais bien que ce ne sont pas les infractions
01:10:46qui poursuivent au principal, mais quand même, voilà.
01:10:50Ils nous faisaient état de se dire
01:10:52mais en fait, nous, en tant qu'organisme répressif,
01:10:57de contrôle,
01:10:58enfin répressif en l'occurrence,
01:10:59c'est uniquement sur sollicitations judiciaires,
01:11:02mais ils disent, en fait, à chaque fois,
01:11:04on voit quand même des schémas qui se reproduisent de fraude.
01:11:07Et on voit quels sont les points de passage
01:11:08pour ceux qui veulent frauder,
01:11:11les faiblesses des dispositifs,
01:11:13et notamment quand il y a des procédures dématérialisées,
01:11:15on parlait de l'immatriculation tout à l'heure,
01:11:17et ils nous disent, ils me disaient
01:11:20pourquoi on ne nous sollicite jamais
01:11:22quand on met en place un nouveau dispositif d'aide
01:11:24à une entreprise, etc.,
01:11:25pour qu'on puisse dire, attention,
01:11:27là, il y a déjà eu plein de cas
01:11:28où, à ce moment-là,
01:11:29si vous n'aviez pas demandé tel document,
01:11:31alors que juste demander ce document-là en plus,
01:11:33nous, ça nous permet immédiatement
01:11:34de trier les potentiels fraudeurs,
01:11:37et voilà, c'est-à-dire de faire de la prévention primaire
01:11:39en tant que telle,
01:11:40c'est-à-dire de ne pas permettre l'architecture
01:11:41qui permet la fraude derrière.
01:11:43C'est quand même le meilleur moyen de l'éviter.
01:11:45C'est qu'elle ne l'ait même pas commencé à avoir lieu,
01:11:47qu'elle ne soit même pas possible.
01:11:49Et donc, qu'en est-il de différentes administrations
01:11:52que vous avez auditionnées,
01:11:54notamment de l'URSSAF ?
01:11:55Est-ce qu'il y a une organisation administrative interne
01:11:59entre l'URSSAF et la MICAF,
01:12:03notamment, pour à la fois,
01:12:05soit modifier des procédures déjà existantes,
01:12:07du niveau réglementaire,
01:12:08pour faire cette prévention primaire,
01:12:10soit pour faire des préconisations,
01:12:12notamment dans le cadre des études d'impact,
01:12:13des projets de loi,
01:12:14pour faire en sorte qu'on ne crée pas nous-mêmes
01:12:17des nouveaux dispositifs ?
01:12:18Étant entendu que la période un peu étalon pour ça,
01:12:22on va dire ça comme ça,
01:12:23ou emblématique,
01:12:24ça a quand même été la période du Covid.
01:12:28Monsieur le Président,
01:12:29je dirais presque que vous avez fait la réponse
01:12:33à votre question en indiquant
01:12:34si c'est le problème qu'on met en évidence
01:12:36de coordination entre les administrations,
01:12:40les organismes.
01:12:41C'est-à-dire qu'à un moment donné,
01:12:43vous avez raison,
01:12:45chacun va être dans son couloir de nage,
01:12:46va dire, moi j'ai repéré des trucs,
01:12:48si on me demandait ça,
01:12:49je pourrais le dire,
01:12:51mais parfois on pourrait dire à celui-là,
01:12:52ce serait peut-être bien
01:12:53que vous nous donniez des infos là-dessus,
01:12:54parce que le partage n'est pas toujours
01:12:57aussi évident que ça.
01:12:59Et la difficulté,
01:13:00c'est que chacun étant dans son couloir de nage,
01:13:03nous on s'est aperçu par exemple
01:13:05que vous aviez des fraudes
01:13:06qui pouvaient être repérées
01:13:08par des organismes locaux,
01:13:11je ne sais plus comment ils s'appelaient
01:13:12ces organismes où ils se réunissent,
01:13:14les CODAF,
01:13:16qui se réunissent localement,
01:13:19mais il y a parfois des dispositifs
01:13:21qui vont plus large,
01:13:22et le CODAF d'à côté,
01:13:23ce n'est pas que l'autre le fait, etc.
01:13:24Donc il y a des choses,
01:13:26les gens arrivent à peu près
01:13:27à travailler ensemble,
01:13:28mais ça reste très artisanal,
01:13:29et sur la bonne volonté des gens.
01:13:31Il n'y a pas d'organisation,
01:13:33comment dire,
01:13:34de coordination avec un acteur fort,
01:13:35c'est la première recommandation.
01:13:37Sur Amicaf,
01:13:37de dire à un moment donné,
01:13:38il y en a un qui guide l'ensemble,
01:13:41et ce n'est pas si évident que ça,
01:13:43parce que quand vous dites ça,
01:13:45et vous l'avez dit déjà
01:13:47il y a quelques années,
01:13:48vous l'avez dit,
01:13:48pourquoi ça n'avance pas ?
01:13:49Parce qu'à un moment donné,
01:13:51chaque acteur va avoir
01:13:52sa propre logique,
01:13:53c'était au début où on l'a indiqué,
01:13:55sa propre orientation,
01:13:57sa propre politique.
01:13:58Le ministère du Travail,
01:13:59il a son souci sur le travail, etc.
01:14:01À la limite,
01:14:02si l'argent ne rentre pas
01:14:03à la sécurité sociale,
01:14:04ce n'est pas sa politique.
01:14:07Et à un moment donné,
01:14:08il faut qu'il y en ait un qui dise,
01:14:09attendez, moi, chacun,
01:14:11non, on va mettre en place,
01:14:12on va mettre une plateforme,
01:14:14ou on va mettre toutes les infos.
01:14:15C'est les deux premières recommandations.
01:14:17Parce que finalement,
01:14:18personne ne partage les infos,
01:14:20ou difficilement.
01:14:21Et donc l'exemple que vous donnez,
01:14:23mais à la limite,
01:14:23je pourrais l'avoir,
01:14:25d'autres qui pourraient dire,
01:14:26mais nous, on aimerait avoir
01:14:27cette information,
01:14:27on ne l'a pas,
01:14:28ils ne nous disent jamais rien.
01:14:29Mais inversement,
01:14:30est-ce que vous vous donnez ?
01:14:30Non.
01:14:31Et donc finalement,
01:14:33il y a des choses qui se font.
01:14:34Il y a des contrôles communs
01:14:36qui se mettent en place.
01:14:37Il y a des organisations locales,
01:14:38notamment,
01:14:38qui se mettent en place.
01:14:39Donc les gens agissent.
01:14:40On a des administrations
01:14:42et des fonctionnaires
01:14:43qui sont plutôt actifs,
01:14:44qui essayent de faire des choses.
01:14:46Mais à la fin,
01:14:47il n'y a jamais,
01:14:48et le seul qui, normalement,
01:14:49a l'autorité commune
01:14:50sur toutes les administrations,
01:14:51il s'appelle le Premier ministre.
01:14:52Et le fait de dire
01:14:53que la MICAF doit être
01:14:54au niveau du Premier ministre
01:14:55et qu'il doit y avoir
01:14:56un acteur qui lui rend compte
01:14:57et qui, en son nom,
01:14:59coordonne l'ensemble,
01:15:00ce serait pas mal.
01:15:01Voilà.
01:15:02Ce qui n'empêche pas,
01:15:02après, à chacun d'avoir
01:15:03son travail ministériel
01:15:04et ses orientations.
01:15:05Mais à un moment donné,
01:15:06il doit faire les choses.
01:15:06C'est pour ça que
01:15:07ces deux premières recommandations,
01:15:08parce que c'était de l'organisationnel,
01:15:10on aurait pu se dire,
01:15:10bon, mais vous avez raison.
01:15:12Ces deux premiers points,
01:15:14ça structure énormément
01:15:15l'efficacité de tout le reste.
01:15:17Voilà.
01:15:18Je ne peux pas répondre mieux
01:15:19que ce que vous avez pressenti
01:15:22et vu et malheureusement
01:15:23qui perdure.
01:15:26Du coup, sur la réimpression,
01:15:27parce qu'il y a quand même
01:15:28la mission interministérielle
01:15:30qui pourrait avoir plus de moyens.
01:15:35Les CODAF,
01:15:35alors le problème des CODAF aussi,
01:15:37c'est qu'ils se partagent
01:15:37des missions à la fois
01:15:38de répression administrative
01:15:40et de répression judiciaire
01:15:42et que, du coup,
01:15:43il y a besoin de coordonnées
01:15:44un peu entre les deux.
01:15:46En plus, si c'est du judiciaire,
01:15:47il faut que vous ayez un parquet
01:15:48dans le coin
01:15:48qui soit un peu spécialisé,
01:15:50qui ait les bons réflexes
01:15:52dans ces matières d'enquête.
01:15:53Mais du coup,
01:15:53est-ce qu'il y a
01:15:55l'office central,
01:15:56parce qu'il y a
01:15:56un office central,
01:15:57le lutte
01:15:59contre le travail dissimulé,
01:16:01est-ce que cet office central,
01:16:03il est moteur,
01:16:05parce que l'URSSAF est là en parallèle,
01:16:08l'URSSAF ne fait pas de judiciaire ?
01:16:10Bon, nous, on avait fait
01:16:11une préconisation en 2018
01:16:12de dire,
01:16:12est-ce que ce ne serait pas
01:16:13une bonne idée
01:16:16sur le principe
01:16:17des officiers fiscaux judiciaires
01:16:18d'avoir des qualifications judiciaires
01:16:22chez des agents des URSAF
01:16:24qui développent ces qualifications-là
01:16:25justement pour mieux coordonner
01:16:27administratives, judiciaires
01:16:28et avec la compétence métier ?
01:16:31Est-ce que c'est une piste ?
01:16:33Est-ce que vous l'avez réfléchie
01:16:35ou pas ?
01:16:36Est-ce que vous l'avez écartée ?
01:16:37Non, Natacha, peut-être.
01:16:40Je ne sais pas, sur ce point.
01:16:42On n'est pas allé sur cette voie-là
01:16:45parce qu'en fait,
01:16:46quand on a rencontré
01:16:47les différents parquets,
01:16:49ils nous ont bien dit
01:16:50qu'ils avaient des relais
01:16:51au niveau des URSAF
01:16:52pour avoir les informations.
01:16:53Donc, en fait, ça ne nous est pas apparu
01:16:57primordial d'aller sur cette voie.
01:16:59On ne l'a finalement pas retenue
01:17:01après l'avoir quand même
01:17:02à un moment donné envisagée.
01:17:07Si je peux ajouter un point.
01:17:09C'est vrai que la voie de donner
01:17:11des prérogatives de police judiciaire
01:17:13à l'URSAF,
01:17:14c'est quand même un pas à franchir
01:17:16qui est une totale...
01:17:17Et on a pu échanger aussi
01:17:19avec les administrations
01:17:20et on a estimé
01:17:23au terme de notre instruction
01:17:24qu'il était plus optimal.
01:17:26Peut-être que s'identifient mieux
01:17:28les uns les autres,
01:17:29c'est-à-dire que les parquets
01:17:30identifient mieux
01:17:30notamment les forces locales
01:17:32de l'OCLTI,
01:17:33l'Office de lutte
01:17:34contre le travail illégal,
01:17:35qui a dans les départements
01:17:36les CELTIF
01:17:38et qui sont parfois
01:17:38pas bien identifiés
01:17:40par les procureurs
01:17:41pour être mandatés.
01:17:42Donc, est-ce qu'il ne faut pas
01:17:43plutôt optimiser les forces en place
01:17:44plutôt que de créer
01:17:46quelque chose d'assez révolutionnaire
01:17:48en dotant tous les agents
01:17:49de l'URSAF,
01:17:50en tout cas ceux qui luttent
01:17:51contre la fraude
01:17:51de prérogatives
01:17:52de police judiciaire ?
01:17:54On a réfléchi à la question
01:17:55et on a jugé préférable
01:17:58de promouvoir
01:17:59l'optimisation de l'existant.
01:18:03Ok, je prends ça
01:18:04pour un compliment
01:18:04que vous avez qualifié
01:18:05de révolutionnaire
01:18:06à ma proposition.
01:18:09Néanmoins,
01:18:10ce n'est pas si révolutionnaire
01:18:11que ça.
01:18:11Quand je prends, par exemple,
01:18:12des officiers fiscaux judiciaires
01:18:13et encore une fois,
01:18:14une fois que la personne
01:18:15passe dans le monde judiciaire,
01:18:17l'intérêt,
01:18:18c'est qu'elle vient
01:18:19avec toutes ses compétences,
01:18:20qualifications,
01:18:20connaissances du secteur,
01:18:21du métier
01:18:22et que ça va beaucoup plus vite
01:18:23ensuite pour orienter
01:18:24l'enquête.
01:18:26Mais une fois que la personne
01:18:27passe du côté judiciaire,
01:18:28elle n'est plus...
01:18:29Ce n'est pas l'URSAF
01:18:30qui gérerait ces effectifs-là
01:18:31et ces agents-là.
01:18:32Ce serait évidemment
01:18:32soit dans les antennes,
01:18:34les celtifs, etc.
01:18:35C'est la matière première
01:18:37que va requérir
01:18:37parce que les témoignages
01:18:38qu'on a vus
01:18:39des policiers
01:18:39et des gendarmes
01:18:40à l'époque,
01:18:40c'est qu'eux, en fait,
01:18:41vont se former
01:18:42à ces problématiques-là
01:18:43alors que ce n'est pas
01:18:43leur point de départ
01:18:45et que du coup,
01:18:46le coup pour aller
01:18:46jusqu'à la connaissance métier,
01:18:48en plus le turnover
01:18:48en police judiciaire,
01:18:49que ce soit côté gendarmerie
01:18:50ou police,
01:18:51il est quand même
01:18:52non négligeable.
01:18:53Je passe les réformes
01:18:53du moment
01:18:54qui n'y aident pas,
01:18:55mais bon, bref.
01:18:56Et que du coup,
01:18:57apprendre des gens
01:18:57dont c'est le cœur de métier
01:18:58qui ont vraiment
01:18:59cette volonté,
01:19:00c'est quand même un schéma.
01:19:01C'est pour ça que je parlais
01:19:02de l'ONARF
01:19:02parce que finalement,
01:19:03eux ont développé
01:19:04ce modèle-là
01:19:05et il est efficace
01:19:06et efficient.
01:19:07Et en plus,
01:19:08ils ont toujours
01:19:08tous le réflexe
01:19:09parce qu'ils sont
01:19:10dans la même barque
01:19:11de faire des saisies
01:19:12immédiatement,
01:19:12des saisies,
01:19:13parce que c'est quand même là,
01:19:14c'est pareil,
01:19:14le point de passage,
01:19:15en tout cas dans la répression,
01:19:16le plus important,
01:19:17c'est celui-là,
01:19:18massifier les saisies.
01:19:19Si je peux juste
01:19:20ajouter un point
01:19:21au niveau de l'OCLTI,
01:19:22un agent permanent
01:19:23des URSAF
01:19:24qui est présent
01:19:24dans les effectifs,
01:19:25qui justement
01:19:26est là pour former,
01:19:28donner le lien
01:19:29et apporter son expérience
01:19:30et les retours.
01:19:33Oui, j'espère
01:19:34qu'ils travaillent ensemble
01:19:35au moment où on se parle.
01:19:36Je suis même sûr
01:19:37et certain et convaincu.
01:19:38Non, mais c'est juste
01:19:39qu'eux disaient
01:19:39en fait,
01:19:40je vais retaper
01:19:40sous le format judiciaire
01:19:42ce qui a déjà été fait
01:19:43très bien
01:19:43sous un format non judiciaire
01:19:45par l'agent
01:19:46qui connaît son métier.
01:19:47Et du coup,
01:19:47même les policiers
01:19:48et les gendarmes
01:19:48disaient
01:19:49ma plus-value
01:19:49de reprendre
01:19:52sous la bonne forme
01:19:54judiciaire
01:19:54les informations
01:19:55et quand c'est fait
01:19:56en direct.
01:19:57Et en plus,
01:19:58les logiciels,
01:19:58en parlant pas
01:19:59des logiciels
01:19:59de procédure judiciaire,
01:20:00mon Dieu.
01:20:02Heureusement que les gendarmes
01:20:03sont plus stables
01:20:04sur le sujet.
01:20:07sur la...
01:20:08Est-ce que la dématérialisation
01:20:10au global
01:20:12est pour vous,
01:20:13je reprends vos termes,
01:20:14fraudogène ?
01:20:17La dématérialisation
01:20:18de...
01:20:19De tout.
01:20:22Des procédures
01:20:23d'immatriculation,
01:20:24des procédures
01:20:25de recouvrement,
01:20:26des procédures
01:20:26de tout ce que vous voulez,
01:20:27de toute façon,
01:20:28tout commence
01:20:28à être à peu près
01:20:29complètement dématérialisé.
01:20:32Voilà.
01:20:32Y compris pour déclarer
01:20:33ses salariés,
01:20:34etc.
01:20:35Alors,
01:20:39globalement,
01:20:39moi,
01:20:39j'aurais tendance
01:20:39à dire,
01:20:40mais là,
01:20:41je le dis
01:20:41sur un sentiment
01:20:42parce qu'on n'est pas allé...
01:20:43Enfin,
01:20:43il n'y a pas
01:20:44une expertise spéciale
01:20:45là-dessus.
01:20:45J'aurais tendance
01:20:46à dire...
01:20:48Alors,
01:20:48on pourrait dire
01:20:49oui,
01:20:50par exemple,
01:20:51c'est plus facile,
01:20:52tous les actes
01:20:53sont plus faciles.
01:20:55Je dirais quand même
01:20:55non parce que
01:20:56ça nous permet quand même
01:20:57d'avoir des bases
01:20:58de données,
01:20:58des éléments
01:20:59qui,
01:21:00dans les termes
01:21:00de contrôle,
01:21:01data mining,
01:21:02etc.,
01:21:02d'avoir des bases données
01:21:03qui nous permettent
01:21:03d'être plus efficaces.
01:21:05Imaginons un monde
01:21:06que de papier.
01:21:07Si je fais l'inverse,
01:21:08monde papier,
01:21:12je pense que
01:21:13ça ne gênerait pas
01:21:14plus au fraudeur
01:21:15que de passer
01:21:16par de la numérisation
01:21:17que par du papier.
01:21:18On pourrait se dire
01:21:19bon,
01:21:19voilà,
01:21:19ça ralentirait,
01:21:20serait moins efficace
01:21:21peut-être pour créer
01:21:22une entreprise.
01:21:22Mais alors,
01:21:23on n'aurait pas
01:21:24de base de données
01:21:24pour chercher le fraudeur
01:21:26et avoir des éléments
01:21:27de contrôle.
01:21:28On saurait,
01:21:29à zéro.
01:21:30Voilà.
01:21:30Donc,
01:21:32voilà,
01:21:33c'est pour ça que,
01:21:34non,
01:21:35je reste quand même
01:21:35plutôt sur le fait
01:21:36que la numérisation,
01:21:37elle permet quand même
01:21:38une grande efficacité
01:21:40sur l'ensemble
01:21:41des procédures,
01:21:42de l'administration
01:21:42et pour nous,
01:21:44en l'occurrence,
01:21:45dans ce domaine-là,
01:21:45pour le contrôle quand même.
01:21:47Si on n'avait pas ça,
01:21:49je ne vais pas dire
01:21:50qu'on serait à l'âge de pierre,
01:21:51mais un peu.
01:21:57Et sur les propositions
01:22:00que vous faites
01:22:00en matière pénale,
01:22:05il y a une logique
01:22:07à ce que vous les fassiez.
01:22:09Mais,
01:22:10pour ce qui me concerne,
01:22:11ce ne sera pas une question,
01:22:12mais en tout cas,
01:22:12de dire que je ne suis pas
01:22:14d'accord pour juste
01:22:18prendre sous l'angle
01:22:19de l'efficacité
01:22:20de la rentrée financière,
01:22:22résumer le concept
01:22:23d'efficacité
01:22:24en matière de réplation.
01:22:25Je ne crois pas
01:22:26que l'efficacité
01:22:27ne réside que
01:22:27dans le recouvrement,
01:22:29la saisie,
01:22:30la confiscation,
01:22:30en l'occurrence,
01:22:31et dans les amendes.
01:22:33Et c'est pourquoi
01:22:34la transaction pénale,
01:22:37pour moi,
01:22:38ne revêt pas
01:22:38toutes les qualités
01:22:39d'efficacité
01:22:40qu'on attend
01:22:40d'un système judiciaire.
01:22:43Mais je comprends
01:22:44que vous le fassiez.
01:22:45Effectivement,
01:22:45ça va plus vite.
01:22:46La certitude
01:22:47de prendre l'argent
01:22:49est plus élevée.
01:22:51Est-ce que, du coup,
01:22:52on se dit
01:22:53qu'en fait,
01:22:54la personne devait
01:22:55150 millions,
01:22:56on préfère qu'à la fin
01:22:57avoir 1,5...
01:22:58Enfin, allez,
01:22:59150 millions.
01:22:59On préfère avoir
01:23:0175 sur
01:23:02plutôt que zéro.
01:23:04Bon,
01:23:05il y a une question,
01:23:06effectivement,
01:23:07en quelque sorte,
01:23:07peut-être,
01:23:08d'application
01:23:09de la peine
01:23:10à revoir
01:23:10plus que de peine
01:23:12en tant que telle.
01:23:13Parce que si,
01:23:13à la fin,
01:23:14la prévisibilité
01:23:15est plus grande
01:23:16de payer son infraction,
01:23:19on peut aussi avoir
01:23:20des effets
01:23:20contre-productifs
01:23:22d'entreprises
01:23:23qui osent plus frauder
01:23:24parce que,
01:23:24de toute façon,
01:23:25à la fin,
01:23:25elles pourront faire
01:23:25une transaction
01:23:26et s'y retrouver
01:23:26globalement
01:23:28entre le pavé et le papri,
01:23:29etc.
01:23:29Sachant qu'en plus,
01:23:30la justice,
01:23:30quand elle fait
01:23:31une procédure transactionnelle,
01:23:32ne fait pas une enquête
01:23:33si approfondie que ça.
01:23:35Elle-même gère ses moyens
01:23:37et donc,
01:23:38dans sa balance,
01:23:39dire,
01:23:39je ne vais pas aller gratter
01:23:41autant que de besoin,
01:23:43m'arrêter là
01:23:43et prendre mon gain
01:23:45tout de suite.
01:23:46Donc vraiment,
01:23:46et qu'on croit
01:23:46en termes d'efficacité globale
01:23:48de ce que ça représente,
01:23:49je ne suis pas convaincu
01:23:50et je suis même
01:23:50plutôt en désaccord
01:23:53en l'occurrence.
01:23:54Peut-être qu'effectivement,
01:23:55sur le prononcer
01:23:56des peignes complémentaires,
01:23:57il y a des choses à faire.
01:23:58Mais là,
01:23:59on renvoie,
01:23:59vous parlez des juges
01:24:00qui ne prononçaient pas
01:24:01assez de peignes complémentaires,
01:24:02mais ça veut dire aussi
01:24:02qu'il y a des parquets
01:24:03qui ne requièrent pas
01:24:04assez de peignes complémentaires.
01:24:05Il y a rien,
01:24:05mais ils vont tous les mettre
01:24:06dans le même bateau quand même
01:24:07et qu'il n'y a pas
01:24:08la circulaire de politique pénale
01:24:09qui va bien en la matière
01:24:10pour indiquer aux parquets
01:24:11que c'est un enjeu,
01:24:12etc.,
01:24:13et dans les structurations
01:24:13des parquets.
01:24:14Donc je pense qu'il y a
01:24:15beaucoup de choses,
01:24:15et là où je rejoins
01:24:16votre rapport,
01:24:17beaucoup de choses à faire
01:24:17qui ne sont pas du tout
01:24:19du ressort de la loi
01:24:19en l'état existant
01:24:21de notre loi
01:24:22qui a des marges
01:24:23de progression substantielles.
01:24:26Et ça,
01:24:26je le partage avec vous.
01:24:29Merci pour la qualité
01:24:31de vos travaux.
01:24:31Juste peut-être
01:24:32pour réagir quand même,
01:24:34c'est un choix,
01:24:35la Cour a fait vraiment,
01:24:36sur cette orientation
01:24:37qui n'était pas évidente.
01:24:38C'est un choix
01:24:39totalement assumé
01:24:40et le rapport
01:24:42est un rapport
01:24:43pour vous aider
01:24:43à la réflexion.
01:24:45C'est un rapport
01:24:46de la Cour
01:24:46et vous êtes les législateurs.
01:24:48Donc là-dessus,
01:24:50je ne cherche pas forcément
01:24:50à convaincre X ou Y.
01:24:52Après,
01:24:52c'est un débat
01:24:52et ça vous permet
01:24:53de voir des pistes possibles.
01:24:55Je rappelle quand même
01:24:56que c'est un dispositif
01:24:57qui existe du côté fiscal.
01:25:00Mais peut-être
01:25:01que vous voulez aller
01:25:02en arrière sur le côté fiscal.
01:25:03Et même du côté environnemental,
01:25:05vous savez,
01:25:05je suis au bon poste d'observation
01:25:06pour voir ce qui se passe
01:25:07depuis 9 ans.
01:25:08Et c'est pour ça
01:25:08que je vous dis,
01:25:08je comprends que vous le fassiez.
01:25:09C'est dans l'ère du temps.
01:25:10Enfin,
01:25:10ça a été développé
01:25:10dans tout un tas de matières.
01:25:12Mais je pourrais vous donner
01:25:12des contre-exemples
01:25:14de transactions
01:25:15qui n'ont pas bien fonctionné
01:25:17et d'homologations
01:25:18qui n'ont pas été données
01:25:19dans certains cas de figure.
01:25:21Et cette suite était tant mieux
01:25:22et que derrière,
01:25:23ça crée d'autres problèmes juridiques.
01:25:24Donc, bon,
01:25:26voilà,
01:25:26à l'époque,
01:25:27quand ça a été mis en place,
01:25:28justement,
01:25:28on prenait pour exemple
01:25:29le procès
01:25:30de je ne sais plus
01:25:31quelle grande banque.
01:25:32C'était UBS,
01:25:33justement,
01:25:33où il y avait eu
01:25:34une procédure transactionnelle
01:25:35qui n'avait pas abouti
01:25:37et le procès pénal
01:25:39en lui-même
01:25:39qui avait continué
01:25:41du coup de la sorte
01:25:42avait conduit
01:25:43à une différence
01:25:45substantielle
01:25:45du montant
01:25:46de l'amende.
01:25:47Quand je dis substantielle,
01:25:48du simple au triple
01:25:50et ça se comptait
01:25:50en milliards.
01:25:52Donc, je veux dire,
01:25:53à un moment donné,
01:25:54et là, avec UBS,
01:25:55je pense que le recouvrement,
01:25:56c'est jouable.
01:25:57On sait à peu près
01:25:58où ils sont.
01:25:59Ils ne vont pas faire
01:26:01une liquidation judiciaire.
01:26:04Donc, à la fin,
01:26:05est-ce que ça ne bénéficie pas
01:26:06justement plus favorablement
01:26:08aux très gros
01:26:09qui peuvent avoir
01:26:09les moyens de transiger
01:26:11plutôt qu'à la myriade
01:26:13des petits ?
01:26:13Voilà.
01:26:16Point d'interrogation.
01:26:20Ah oui,
01:26:20il faut évidemment,
01:26:21je vous propose
01:26:22d'autoriser donc
01:26:23la publication du rapport
01:26:24de la Cour des comptes
01:26:25ainsi que du cahier méthodologique
01:26:26qui lui est associé.
01:26:28Donc,
01:26:28si les parlementaires
01:26:30ici présents
01:26:31sont tous d'accord,
01:26:32je vous propose
01:26:33du coup
01:26:34de l'approuver
01:26:35et il en est ainsi décidé.
01:26:38Et je vous remercie
01:26:39pour les réponses
01:26:40à vos questions,
01:26:40la présentation du rapport
01:26:41et j'espère qu'il sera
01:26:42beaucoup lu.
01:26:43Merci.
01:27:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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