00:00Simplement une question à propos de la situation inflammable ou pas toujours ?
00:06Oui, inflammable depuis plusieurs mois, semaines en tout cas, on a affaire à, comme vous l'ont dit,
00:13vous inviter au plus grave choc d'offres pétrolières de l'histoire, mais aussi à une guerre maritime sans précédent,
00:20avec probablement une analyse des États-Unis sur le fait d'attaquer l'Iran sans penser au fait
00:26que l'Iran immédiatement allait se servir du détroit d'Hormuz comme une clé.
00:33Et il faut rappeler quand même que c'est l'Iran qui a été le premier à initier ce blocage
00:37initial du détroit
00:38et que maintenant les États-Unis l'imposent depuis hier sur l'ensemble des ports iraniens,
00:44ce qui n'empêche pas quand même, me semble-t-il, d'après l'information que nous avons,
00:48que des navires passent le détroit d'Hormuz.
00:51– Oui, mais alors ils ont passé ces navires le détroit d'Hormuz, mais ils n'ont pas passé le
00:56blocage,
00:56enfin le blocus américain. On a donc un blocage iranien, un blocus américain,
01:01et vous dites que finalement c'est la plus grave dérive de l'histoire du droit international de la mer.
01:06On n'avait jamais vu ça ?
01:08– Jamais, jamais, et ça peut préfigurer pire encore.
01:12Vous savez, le commerce maritime dont on parle, c'est 95% du commerce mondial,
01:18de toutes les marchandises au monde, dont 80% en valeur.
01:22Donc dès lors qu'il se grippe, et là il n'est pas grippé, il est bloqué,
01:27la crise peut être beaucoup plus grave pour les citoyens du monde entier que l'a été le Covid,
01:32pendant lequel d'ailleurs le commerce maritime était très actif, comme on s'en souvient.
01:37Et donc l'épisode que nous vivons aujourd'hui dans ce détroit d'Hormuz,
01:43qui est devenu célèbre maintenant, mais pourrait se répéter assez facilement, hélas.
01:50Je pense notamment au détroit de Malacca, avec une proportion beaucoup plus grave.
01:56Dans un livre que je viens de publier récemment, je parle de tout ça,
02:00et j'avais l'impression de parler dans le vide il y a encore un an,
02:02mais la vérité c'est qu'il y a deux, trois, ce qu'on appelle les choke points,
02:06qui ne sont pas que les canaux de Suez et de Panama,
02:08mais qui sont clairement les passages de la Turquie.
02:12Là, Hormuz, Bab el-Mandeb, on a vu que les Houthis étaient à l'œuvre aussi,
02:16en mer Rouge, et puis évidemment en mer de Chine méridionale.
02:21Et donc tout non-respect des règles internationales,
02:25et ces règles disent clairement que nous sommes là dans la haute mer,
02:28et donc dans la haute mer, le passage, la liberté...
02:31– Il n'y a pas de péage, il n'y a pas de location.
02:33– Il n'y a pas de contrôle possible, il n'y a pas de péage surtout,
02:36il n'y a pas de rétribution.
02:39– Olivier, pour avant d'abord, je vous coupe,
02:40parce que le patron de Total, Patrick Pouyanné, a déclaré récemment
02:45qu'au nom de la liberté du marché pétrolier,
02:48il va falloir quand même passer le plus vite possible ce détroit,
02:51et lui il est prêt à payer une compensation.
02:53S'il faut verser une compensation pour faire passer les tankers, allons-y.
02:56Donc on est en train peut-être de mettre en place effectivement
02:59une nouvelle façon de franchir ces détroits.
03:03– Avec un péage.
03:03– J'imagine que la proposition de Patrick Pouyanné était une proposition,
03:08et elle ne respecte pas en tout cas le droit international,
03:11il n'est pas question de payer un péage, une indemnisation,
03:16une contribution, quelle que soit sa nature, et à personne,
03:20ni à l'Iran, ni aux États-Unis, ni à quiconque d'ailleurs.
03:24Donc je crois que nous pouvons récuser cette proposition.
03:28J'espère d'abord que dans quelques jours, les bateaux qui sont bloqués,
03:33il y en a près de 2000 qui sont bloqués dans le golfe Persique,
03:36près de 400 qui veulent rentrer dans le golfe Persique,
03:38que cette circulation pourra se faire.
03:41Et en tout cas, toujours selon les règles du droit international,
03:45qui sont capitales.
03:45et si on commence à passer cette ligne rouge,
03:51là on va rentrer dans un scénario catastrophe à l'échelle mondiale.
03:54à l'échelle mondiale.
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