- il y a 13 heures
Travail le 1er mai : la commission mixte paritaire sera-t-elle convoquée cette semaine, malgré les mises en garde des syndicats, pour adopter la loi ? Proposition de loi Yadan contre l'antisémitisme : le texte sera-t-il voté malgré la pétition de près de 700 000 signatures s'y oppose ? Ces deux dossiers sensibles sont entre les mains des députés cette semaine. La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet est l'invitée de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 14 avril 2026.
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00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Et c'est donc la présidente de l'Assemblée Nationale, Iael Brown-Pivet, qui est l'invité d'RTL Matin.
00:06Bonjour et bienvenue sur RTL, Iael Brown-Pivet.
00:08Bonjour, merci de m'avoir invitée.
00:10Tout ça pour ça. Après avoir mis le feu et mobilisé un front syndical uni contre lui,
00:14Sébastien Lecornu a donc décidé hier soir de reculer sur le 1er mai.
00:17On oublie la proposition de loi qui devait changer les règles dès le 1er mai prochain,
00:22qui va rester donc solidement férié et chômé pour les salariés.
00:25Ce matin, est-ce que vous êtes déçu, puisque vous étiez favorable à ce texte, ou soulagé ?
00:30Je suis évidemment déçue, parce que c'est un échec, un échec en fait de la concertation,
00:36et je trouve que c'est symptomatique de ce qui se passe dans notre pays.
00:39On ne discute pas, on ne dialogue pas, et on arrive à ce résultat-là.
00:44Et c'est ça qui est dommage.
00:45Cette question du 1er mai, de faire travailler, de permettre à nos boulangers, nos fleuristes de travailler notamment,
00:51elle est sur la table depuis plus d'un an.
00:53Depuis plus d'un an, ce texte a été voté au Sénat.
00:56Et il était dans l'atmosphère, et les gouvernements précédents avaient pris des engagements de négociation et de discussion.
01:03Et il ne s'est rien passé.
01:05Le texte est revenu à l'Assemblée nationale en janvier 2026.
01:10Donc ce n'est pas comme si ça arrivait aujourd'hui.
01:13Donc c'est la responsabilité du gouvernement, cet échec ?
01:17Il n'a pas négocié avec les organisations syndicales alors qu'il avait plus d'un an pour le faire.
01:22Le résultat, c'est quand ça arrive dans l'hémicycle, patatra, ça ne se passe pas bien,
01:27et on se met à négocier le vendredi soir.
01:29Mais c'est trop tard.
01:31Il faut négocier.
01:32Avant, il faut écouter le Parlement, et il faut écouter les organisations syndicales.
01:36Moi, je n'en peux plus de ce pays où les gens ne se parlent pas.
01:40On ne peut pas réformer si on ne se parle pas.
01:42Gabriel Attal, qui était à l'origine de ce texte, cette proposition de loi,
01:45parle d'une absurdité politique.
01:47Ce sont des mots forts pour quelqu'un qui appartient à la majorité.
01:50Vos mots aussi ce matin sont forts.
01:52Est-ce que le gouvernement de Sébastien Lecornu a encore un poids politique ?
01:56Mais évidemment, c'est une question de méthode, ce n'est pas une question de poids politique.
02:01La méthode qui est suivie actuellement n'est pas la bonne.
02:03Je pense que c'est indispensable de remettre les choses à l'endroit.
02:07Vous l'avez dit en Premier ministre, ça ?
02:07Mais je le dis continuellement à tous ceux qui veulent bien m'entendre,
02:11il faut écouter cette Assemblée Nationale,
02:14et il faut écouter les organisations syndicales,
02:16et il faut accessoirement écouter les Français.
02:18Bon, ça c'est dit et c'est envoyé.
02:21Yael Brown-Pivet, les prix à la pompe restent ruineux pour beaucoup d'automobilistes.
02:25La plupart des spécialistes s'accordent pour dire que ça va encore augmenter
02:28avec le blocus décrété par Donald Trump.
02:30Ce matin, le patron de l'Agence Internationale de l'Énergie
02:34dit que le mois d'avril sera pire que mars.
02:36Pire que mars, pouvez-vous continuer à faire comme si ce problème des prix à la pompe n'existait pas
02:41?
02:42Mais il est pris en charge, personne ne fait comme si ça n'existait pas.
02:45Nous entendons nos compatriotes qui ont du mal à faire le plein,
02:50et la plupart d'entre eux pour aller travailler, pour aller bosser.
02:53Et donc il faut prendre des mesures, il faut prendre des mesures ciblées.
02:57Mais le gouvernement en a annoncé un certain nombre, et il faut aussi que chacun fasse des efforts.
03:03Et donc c'est le gouvernement qui a annoncé un certain nombre de mesures,
03:07et il y en a une que j'ai appelée de mes voeux, c'est l'augmentation du leasing social,
03:11permettre à tous ceux qui peuvent en bénéficier d'acquérir des véhicules électriques.
03:17Même ça c'est à partir de juin, pardon Madame la Présidente,
03:20mais ce n'est pas ça qui va mettre des pattes dans l'assiette à la fin de la semaine
03:22pour ceux qui ne peuvent pas payer ?
03:23Évidemment, mais c'est quelque chose qu'il faut faire et c'est indispensable.
03:26Il faut penser court, moyen et long terme, on ne peut pas faire que court terme.
03:29Les carburants ont baissé en moyenne d'un centime depuis la conclusion du cessez-le-feu.
03:33Il paraît que le Premier ministre n'est pas satisfait des baisses.
03:36So what ? Enfin, il n'est pas satisfait des baisses, c'est lui qui est le manette.
03:39Oui, mais ce n'est pas lui qui fixe le prix de l'essence.
03:42On est dans un pays avec une économie de marché,
03:45et c'était mon deuxième point, chacun doit faire un effort.
03:48Ça veut dire que le gouvernement doit aider ceux qui en ont le plus besoin,
03:52mais les distributeurs doivent faire un effort et les raffineurs doivent faire un effort.
03:56C'est à chaque maillon de la chaîne qu'il doit y avoir un effort.
03:59On entend souvent que quand il y a une hausse,
04:02les distributeurs et les raffineurs la répercutent immédiatement,
04:05alors que quand il y a une baisse, en fait ils ne répercutent pas
04:07parce qu'on ne sait jamais ce qui peut se passer demain.
04:09Il faut que ça, ça s'arrête aussi et quand il y a une baisse potentielle et possible,
04:13il faut qu'elle soit réalisée immédiatement.
04:15Chacun doit prendre sa part du fardeau
04:18pour pouvoir passer cette étape compliquée pour tout le monde.
04:22Il y a de nombreux gouvernements de nos voisins européens
04:24qui ont pris leur part du fardeau.
04:26L'Allemagne, qui n'a pas la réputation de flamber son argent,
04:28va réduire la taxe sur le sans-plomb et sur le gazole.
04:31Moins 17 centimes pendant deux mois.
04:33Même mesure, même type de mesure en Italie, en Espagne, au Portugal,
04:36en Hongrie, en Suède, en Croatie.
04:39Et nous ?
04:40Ça, c'est des mesures qui vont toucher tout le monde,
04:43qui vont toucher toute une population
04:44qu'elle en ait besoin ou qu'elle n'en ait pas besoin
04:47parce qu'il y a des gens dans notre pays qui peuvent supporter la hausse
04:50et il y a des gens dans notre pays qui ne peuvent pas.
04:52Et donc moi, je suis plutôt favorable
04:54à faire des mesures beaucoup plus ciblées.
04:57On sait les faire.
04:58On a fait des chèques carburants.
04:59Mais qu'est-ce qu'on attend ?
05:00Donc en fait, c'est ça qu'il faut faire
05:01parce que c'est beaucoup moins coûteux
05:03et c'est beaucoup plus efficace
05:05parce que c'est à destination,
05:06mais on l'a déjà fait, un chèque carburant
05:08à destination de ceux qui en ont le plus besoin.
05:11On sait faire.
05:12Ça a été fait dans le passé.
05:13Les ordinateurs sont en état de fonctionnement.
05:15Et pourquoi vous ne faites pas alors ?
05:16Ce n'est pas à moi de le faire.
05:17Moi, je suis présidente de l'Assemblée nationale.
05:20Ça ne vous aura pas échappé.
05:21Je n'ai pas les manettes.
05:22Je ne suis pas au gouvernement.
05:23Et le gouvernement devrait le faire vite alors ?
05:24Je dis ce que je pense,
05:25bien souvent, parfois, à contre-courant.
05:27Et je suis indépendante.
05:30Et donc, j'essaye d'avoir du bon sens
05:33dans cette crise-là.
05:34Parce qu'une aide totale,
05:36comme celle dont vous parlez
05:38sur les autres pays européens,
05:39c'est quelque chose de très coûteux.
05:41Les dernières aides,
05:42lors de la dernière crise énergétique,
05:44c'est 36 milliards d'euros.
05:45Mais à force de dire
05:46qu'on ne veut pas aider ceux
05:47qui n'en ont pas besoin,
05:48on n'aide pas ceux
05:48qui en ont vraiment besoin.
05:49C'est ça qui ne va pas.
05:50Il faut aider ceux
05:51qui en ont besoin.
05:51Et j'apporte quelques pistes de solutions.
05:54Autre sujet potentiellement brûlant,
05:57le gouvernement travaille
05:58sur un projet d'allocation sociale unique.
05:59Une remise à plat
06:00avec un double objectif.
06:01Un, que personne ne gagne plus
06:03par les aides qu'en travaillant.
06:05Deux, s'assurer que tous les bénéficiaires
06:06touchent bien ce à quoi ils ont droit.
06:08Est-ce que vous y êtes favorable ?
06:10Et est-ce que c'est le moment
06:10de se lancer dans cette bataille-là ?
06:12Alors, sur le fond,
06:12je suis très favorable
06:13parce que c'est un projet
06:15qui a été annoncé
06:16par le président de la République
06:17en 2017.
06:18Moi, j'étais à l'époque
06:19bénévole au Resto du Coeur
06:21et je peux vous dire
06:21qu'on passait notre temps
06:22à aider des personnes
06:24qui ne bénéficiaient pas
06:25de tous les droits
06:26auxquels normalement
06:27elle devrait prétendre.
06:28Donc, avoir une aide unique,
06:30ça permet justement
06:31de supprimer
06:33le non-accès aux droits,
06:35le non-recours.
06:36Donc, ça, c'est quelque chose d'important.
06:38Et après, poser de façon principielle
06:40qu'il vaut mieux
06:40et qu'on gagne plus d'argent
06:42quand on travaille
06:42que quand on ne travaille pas,
06:44ça, c'est du simple bon sens.
06:45Donc, ça me paraît juste.
06:47Est-ce que c'est le bon moment ?
06:49Je crois, là, pour le coup,
06:50que si on arrive
06:52à trouver une majorité,
06:53c'est important
06:53de pouvoir passer ce texte.
06:55Maintenant, à l'Assemblée nationale,
06:57ce que je voudrais,
06:58c'est qu'on puisse aborder
06:59des sujets
07:00qui intéressent effectivement
07:01le quotidien des Français
07:02et qui nous permettent
07:03d'avoir des majorités.
07:04Comme vous le savez,
07:05l'Assemblée nationale
07:05est un peu compliquée
07:06à manœuvrer en ce moment.
07:08Donc, autant y mettre
07:09des textes
07:10dont on sait
07:10qu'on peut les faire
07:12naviguer correctement
07:13jusqu'à bon port.
07:14Donc, sujet intéressant,
07:15mais pas forcément la priorité
07:16si j'ai bien compris
07:16ce que vous nous dites.
07:17La présidentielle,
07:18voilà un sujet
07:19sur lequel vous n'êtes pas très clair.
07:20Vous qui êtes plutôt tranchée,
07:21vous le disiez,
07:21sur beaucoup de sujets,
07:22quitte à vous faire des ennemis,
07:23y compris dans votre famille politique.
07:25Sur ce sujet-là,
07:26dès qu'on vous parle
07:27de vos ambitions,
07:27vous tournez autour du pot.
07:28Pourquoi ?
07:30Moi, je n'ai pas l'impression
07:31de tourner autour du pot.
07:33Je pense que
07:33le moment venu,
07:35je n'hésiterai vraiment pas
07:37à dire que ça m'intéresse
07:38ou que ça ne m'intéresse pas.
07:41Maintenant, je crois
07:41que ce moment n'est pas venu.
07:43Et le spectacle que je vois
07:46et finalement ce club
07:48des machos qui se déclarent
07:50quasiment quotidiennement,
07:52on a un de ces messieurs
07:53qui se déclarent candidats,
07:55je trouve que ce n'est pas
07:56la bonne façon de faire.
07:57C'est Édouard Philippe ?
07:57Bruno Retailleau ?
07:59Gabriel Attal ?
07:59J'ai entendu David Lissnard
08:01aussi se présenter.
08:02Ils sont légions
08:04et je pense que ce n'est pas
08:05la bonne façon de faire.
08:07Ils sont hors sujet ?
08:07Hors tempo ?
08:08La bonne façon de faire,
08:09c'est déjà de parler
08:10de ce que l'on veut faire,
08:12ce que l'on peut proposer
08:13aux Français.
08:14En fait,
08:15et profondément,
08:17moi je ne crois pas,
08:18c'est un scoop au Père Noël.
08:20Et donc,
08:20je ne crois pas
08:21au Sauveur suprême
08:23qui, parce qu'il sera élu
08:24Président de la République,
08:25réglera d'un coup d'un seul
08:26tous les problèmes
08:27de notre pays.
08:28Je pense au contraire
08:29qu'il faut qu'on travaille
08:29en équipe
08:31à plusieurs.
08:32Il ne vous aura pas échappé
08:33que les équipes aujourd'hui
08:34sont exclusivement masculines.
08:36Or, notre pays
08:37est composé de 50% de femmes
08:41et donc il faut qu'il y ait
08:42des femmes qui soient
08:43autour de la table
08:43et il y en a
08:44de grands talents.
08:45Et donc, moi,
08:46ce que je voudrais,
08:47c'est qu'on puisse se réunir
08:49ensemble,
08:50en mixité,
08:51qu'on travaille
08:51un projet pour la France
08:53et qu'on pense d'abord
08:54aux Français
08:55avant de penser
08:56aux ambitions personnelles
08:57et aux égaux.
08:57Est-ce que vous répondez clairement ?
08:58Est-ce que vous excluez,
08:59oui ou non,
09:00d'être candidate
09:00à la présidentielle ?
09:01Moi, je n'exclus
09:02aujourd'hui rien.
09:04Mais aujourd'hui,
09:05à nouveau,
09:06je ne veux parler
09:07que d'une chose,
09:08du fond,
09:08et je ne veux m'adresser
09:09qu'à une personne,
09:11les Français.
09:12J'ai une dernière question.
09:13Je ne sais pas si vous avez vu
09:13la une du Parisien ce matin,
09:15mais l'opposition de droite
09:16au Conseil de Paris
09:17veut installer des caméras
09:18de surveillance
09:18dans les écoles
09:19pour surveiller les dérives
09:20de certains animateurs
09:21périscolaires.
09:22Bonne ou mauvaise idée ?
09:24En tout cas,
09:25c'est une idée
09:26qui vise
09:27à assurer la sécurité
09:28de nos enfants
09:29et ça,
09:29c'est prioritaire.
09:30On ne peut pas trembler
09:32quand on confie nos enfants
09:33dans le système scolaire
09:34ou périscolaire.
09:36Il faut des solutions.
09:37Je ne suis pas convaincue
09:38que mettre des caméras partout,
09:39ce soit la bonne solution.
09:40Il faudrait recruter
09:42des personnes de qualité
09:43et s'assurer après
09:45qu'elles sont formées
09:46et qu'elles exécutent
09:48correctement leurs missions.
09:49D'abord le recrutement
09:50et la formation
09:52avant les caméras.
09:53Mais c'est un gros sujet
09:54et je pense qu'il n'est pas
09:55suffisamment traité
09:57et c'est national.
09:57Ce n'est pas que Paris.
09:59Je pense que là,
10:00on a un vrai questionnement.
10:01Merci beaucoup,
10:02Yaël Broun-Pivet,
10:03d'être venu sur RTL ce matin.
10:04Dans un instant,
10:04c'est votre...
10:05...
10:05...
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