[#LeCanapéRouge] Jean Remy Yama, président du PTNP
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00:17Mesdames et messieurs, bonsoir et bienvenue dans ce nouveau numéro du Canapé Rouge du Gabon Media Time,
00:22votre espace d'échange avec les figures majeures du débat public gabonais.
00:27Dans un contexte marqué par une montée de tensions sociales dans plusieurs secteurs
00:33et alors que le pays fait face à des défis politiques et économiques majeurs,
00:37la parole de certains acteurs politiques reste essentielle pour éclairer l'opinion.
00:41Notre invité, Jean-Rémi Yama, président du Parti National pour le Travail et le Progrès,
00:48est une figure majeure de la lutte syndicale et un acteur de l'opposition gabonaise
00:53connue pour ses positions tranchées et constantes depuis son entrée dans l'arène politique.
00:58Avec lui, nous analyserons la situation socio-politique du pays,
01:02la gouvernance politique et économique du gouvernement Oliguengema,
01:07mais aussi les dynamiques politiques actuelles,
01:10notamment à l'approche de l'entrée en vigueur de la loi numéro 16, barre 2025, sur les partis politiques.
01:17M. Jean-Rémi Yama, bonsoir et merci d'avoir accepté notre invitation.
01:21Bonsoir.
01:22Alors, comme il est de coutume sur le canapé rouge de Gabon Media Time,
01:26la première question que je vais vous poser est celle de savoir
01:29comment vous vous portez dans ce contexte marqué par une marche irréversible
01:33vers la récomposition du paysage politique gabonais ?
01:37Je vous porte à merveille, comme d'habitude.
01:40Ok, parfait. Nous allons entrer dans le vice du sujet.
01:42M. le Président, votre dernière apparition publique d'envergure, on va dire,
01:47remonte à la fin des élections couplées du septembre 2025.
01:53Depuis, une certaine réserve a marqué vos prises de position,
01:57laissant planer des interrogations sur votre positionnement actuel.
02:00Pourquoi ce silence depuis les législatives et locales
02:04et que doit-on conclure sur l'état de santé actuel du PMTP ?
02:09Merci. Non, il n'y a pas de changement majeur, pas du tout.
02:16Le silence est tout simplement d'apparence,
02:21parce que j'ai toujours continué à communiquer,
02:25mais le silence est notre visibilité peut-être dans les réseaux.
02:32Et souvent, cette invisibilité est due aux moyens financiers.
02:38C'est la raison pour laquelle, si vous suivez l'actualité,
02:42le PMTP, moi, Jean-Rémi Amart, nous avons lancé une subscription
02:47pour demander à ceux qui me soutiennent,
02:50à ceux qui reconnaissent en moi leur leader,
02:53quelqu'un de constant, de s'investir.
02:55Parce que les challenges sont grands
02:57et nous avons besoin de visibilité et nous avons besoin d'action.
03:02Alors, nous allons entrer dans le vif du sujet.
03:04Cela fait maintenant, ça va faire bientôt un an,
03:07que le pays a entamé une nouvelle ère
03:10sous la direction du président Brice Clottero, Ligny Guema.
03:12Le climat sociopolitique semble avoir muté de manière profonde.
03:18Quel regard portez-vous sur la gestion du pays
03:20après 12 mois de gouvernance du nouveau président ?
03:23Bon, vous voyez 12 mois, mais moi, je vois 3 ans.
03:28Voilà, il ne faut pas occulter les 2 ans de transition
03:33qui ont été des années de gouvernance.
03:35Donc, 3 ans, quel bilan peut-on faire ?
03:41Je crois que chaque Gabonais pourra le constater
03:45que nous sommes loin des attentes de restauration de la dignité.
03:50Nous sommes loin des attentes de règlement,
03:55par exemple, de la dette sociale.
03:57Moi, j'ai longuement communiqué là-dessus.
04:00Ce n'est pas normal que nous soyons dans un pays
04:03où l'État doit des Gabonais.
04:06Moi, j'aimerais qu'un jour,
04:08que le président soit capable de dire,
04:10je ne dois plus...
04:11Enfin, le Gabon ne doit plus...
04:13L'État gabonais ne doit plus aucun Gabonais.
04:16Qu'il n'y ait plus jamais de problème de régularisation
04:18des situations administratives.
04:20Qu'il n'y ait plus jamais de problème de rappel.
04:23Les déflatés de la CNSS,
04:26les post-banques,
04:27les gens à qui leur épargne a été hypothéquée.
04:30Bon, il y a tellement de conflits sociaux latents,
04:33sans oublier les entreprises
04:36qui ne sont pas payées,
04:38c'est-à-dire toutes les dettes,
04:40les services rendus.
04:44L'État doit tellement au Gabonais
04:47que trois ans après, sincèrement,
04:51sans amorce de règlement de cette dette-là,
04:55pour moi, c'est déjà un échec.
04:57Parce qu'en trois ans,
04:59on a l'ancien Premier ministre,
05:01on l'a vu, Don Sima,
05:02il a réglé les rappels,
05:05je pense en 2013.
05:07Et oui, il a payé tous les rappels.
05:09Moi, personnellement, j'en ai reçu,
05:11alors que je n'avais même fait aucune demande.
05:13J'étais surpris sur mon compte
05:16de voir que j'ai...
05:17Donc, c'était possible de faire en sorte
05:20qu'il n'y ait plus jamais de rappel.
05:22Or, à chaque fois, on régle un problème,
05:25on accumule cinq mois, par exemple,
05:27d'arrières et de bourse,
05:28on les paye,
05:29et après, on va réaccumuler encore
05:31cinq mois ou dix mois même,
05:33et ainsi de suite.
05:34Et là, cette spirale, il faut mettre fin.
05:36Donc, en termes de bilan,
05:38oui, il faut regarder le bilan sur trois ans.
05:40Que dire de l'électricité,
05:43que dire de l'eau,
05:44qui constitue le pilier.
05:47C'est le premier pilier du président.
05:50L'accès à l'eau, l'accès à l'électricité,
05:53la communication, les routes,
05:55et tout le reste.
05:55Parce que les routes,
05:56ce n'est pas seulement dans Libreville,
05:58mais c'est entre les provinces,
06:01c'est entre les capitales provinciales,
06:03entre les capitales départementales.
06:05Bref, de mon point de vue,
06:07je pense que trois ans après,
06:10on est loin des attentes.
06:13Alors, on va rester un peu sur ce bilan,
06:15dans un contexte où les populations
06:17expriment de fortes ententes
06:18en matière de pouvoir d'achat,
06:21d'emploi et de services publics.
06:23Estimez-vous aujourd'hui
06:24que les politiques mises en œuvre
06:26ne répondent pas aux préoccupations
06:29effectives des Gabonais ?
06:30Mais bien sûr,
06:31parce qu'il y a tellement d'aberrations.
06:34Je prends l'exemple,
06:36je connais mieux.
06:38Aujourd'hui, on dit
06:39qu'on ne peut plus recruter
06:41à la fonction publique
06:41parce qu'à cause de la masse arrière,
06:45où on dit que la fonction publique
06:47est pléthorique, par exemple.
06:48On prend cet exemple.
06:49Mais moi, je dis que c'est faux.
06:50Ça, je vous dis,
06:52la fonction publique n'est pas pléthorique.
06:54La preuve,
06:55nous avons des départements
06:56où aucun dispensaire ne fonctionne
06:58parce qu'il n'y a pas d'infirmiers.
07:00Nous avons des salles de classe
07:04où il y a plus de centaines d'élèves
07:09alors que pour atteindre
07:11le ratio de 30 à 40 élèves
07:13passant de classe,
07:14ça veut dire qu'il faut recruter ?
07:15Non.
07:16Moi, je vous dis,
07:17la fonction publique n'est pas pléthorique.
07:19Donc, on a la possibilité,
07:22au niveau de la fonction publique
07:24de l'éducation,
07:25au niveau de la fonction publique hospitalière,
07:27ce qui avait été prévu
07:28dans la loi MBAR 2005.
07:31Aujourd'hui, on est en 2026.
07:33Plus de 20 ans après,
07:36tout ce qui avait été prévu
07:38n'a jamais été appliqué.
07:40Donc, la fonction publique territoriale,
07:42par exemple,
07:43elle n'a jamais été mise en place.
07:45C'est-à-dire qu'il n'y a pas
07:46de fonctionnaires territoriaux.
07:48Mais c'est des mécanismes
07:49qui ont été mis en place
07:51plus de 20 ans.
07:53Et on dit aujourd'hui que
07:54la masse salariale,
07:56elle est abondante.
07:57Est-ce que vous savez que
07:58près de la moitié de la masse salariale,
08:01les 800 et quelques milliards,
08:03payent les fonctions politiques ?
08:06Eh oui, ça paye.
08:07C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
08:10on est amené,
08:11c'est-à-dire que la politique
08:12est une forme d'ascension
08:14maintenant sociale.
08:15C'est une forme,
08:16c'est en politique
08:17que les gens veulent y aller
08:19parce que c'est en politique
08:20qu'on est à l'aise.
08:22C'est en politique
08:22qu'on gagne plus.
08:24Et ça, ce n'est pas faux.
08:26Parce qu'en général,
08:27en politique,
08:27vous avez deux salaires.
08:29Il y a le salaire
08:29que la solde vous vire
08:30et il y a le salaire aussi
08:32qu'on vous remet
08:34en argent liquide.
08:35Et ce salaire-là,
08:36il n'est pas connu des Gabonais.
08:38Et nous, au PNTP,
08:40on veut faire en sorte
08:41que cela change.
08:43C'est-à-dire que les fonctions politiques
08:44ne seront plus rémunérées.
08:47Oui, les fonds de souveraineté,
08:49les fonds politiques,
08:50il faut les supprimer.
08:51Il faut que faire la politique
08:53soit considérée
08:54comme un sacerdoce,
08:56c'est-à-dire être au service
08:57des autres,
08:58mais pas venir se servir.
09:01Et donc,
09:01à partir de cet instant-là,
09:03oui,
09:04il faut faire la politique
09:05autrement.
09:06Le PNTP,
09:07c'est ce que nous voulons.
09:07Alors,
09:08quel commentaire faites-vous,
09:09par exemple ?
09:10Bon,
09:11il y a certains acteurs
09:11qui estiment qu'aujourd'hui,
09:14un an après,
09:15on va dire trois ans après,
09:16comme vous dites,
09:17l'actuel chef d'État
09:18ne dispose pas
09:19d'une vision claire
09:20dans la marche du pays.
09:22Partagez-vous cet avis ?
09:24Vous savez,
09:25dans toutes choses,
09:26il y a un début.
09:28Vous savez,
09:29moi,
09:29je suis un enseignant.
09:31Quand je donne un devoir
09:33à quelqu'un,
09:34pour mieux réussir le devoir,
09:35tu dois connaître
09:36les hypothèses
09:38de départ
09:39et la fin.
09:41Ce qu'on demande
09:42à un étudiant,
09:43c'est le cheminement.
09:44Et c'est à travers
09:45le cheminement
09:46qu'on juge
09:47les performances
09:48des étudiants
09:49ou des élèves
09:50d'une manière générale.
09:51Parce qu'on connaît
09:52le début
09:52et on connaît la fin.
09:54Et là,
09:55effectivement,
09:56quand on parle
09:57de pilotage à vue,
09:58c'est-à-dire qu'on ne sait pas
10:01quel est le cheminement
10:02et quelle est la finalité.
10:04on veut obtenir
10:06quoi à la fin
10:07et quel est le cheminement
10:08qu'on...
10:09Enfin,
10:09quelle est la voie
10:10qu'on emprunte
10:11pour évaluer
10:13les avancées.
10:14Parce que c'est à partir
10:15de ce cheminement
10:17clair
10:18qu'on peut évaluer
10:20maintenant les avancées
10:21pour dire que,
10:21ah oui,
10:22on avance,
10:23on avance
10:24et puis,
10:25bon,
10:25mais on y arrivera
10:27peut-être dans cinq ans.
10:28Mais aujourd'hui,
10:29on ne peut pas faire
10:29cette évaluation
10:30parce que,
10:32en clair,
10:32on ne sait pas
10:33où on va.
10:33Par exemple,
10:34dans le domaine
10:35de l'eau et de l'électricité.
10:36Mais dans le domaine
10:37de l'électricité,
10:38c'est la construction
10:39des barrages.
10:40Parce que c'est ça,
10:41c'est l'énergie porte-propre
10:42qu'on recherche.
10:43Ce n'est pas l'énergie
10:44des groupes électrogènes.
10:45Ce n'est pas
10:45les groupes électrogènes
10:47avec du gasoil,
10:48de la pollution.
10:49Ce n'est pas ça
10:50qu'on recherche.
10:50On recherche
10:52donc de construire.
10:53Alors,
10:53quel est notre besoin
10:54en électricité ?
10:55Si on veut transformer
10:56le manganèse,
10:57vous savez combien
10:58de mégawatts
11:00il faut
11:00en électricité
11:01pour transformer
11:03le manganèse,
11:04par exemple ?
11:05Si on veut
11:05les 25 %
11:06ou avec des perspectives
11:08lointaines.
11:09Donc,
11:09quel est notre besoin
11:10en énergie,
11:11en électricité,
11:13par exemple ?
11:13Qu'est-ce qu'on va faire
11:14une fois qu'on a produit ?
11:19Comment on fait
11:19pour transporter ?
11:21Comment on fait
11:21pour faire
11:21un maillage territorial ?
11:23Ce qu'on appelle
11:24les autoroutes
11:25de l'électricité.
11:26Chez les autres,
11:27c'est comme ça
11:27que ça fonctionne.
11:28Donc,
11:29on doit équiper
11:29le Gabon
11:30d'autoroutes
11:31d'électricité,
11:32donc faire produire,
11:35comment dire,
11:36transporter,
11:38distribuer
11:38et commercialiser.
11:39Et donc,
11:40pour chaque étape,
11:41il faut clairement
11:43montrer la route
11:44qu'on doit suivre
11:46pour que les Gabonais
11:47sachent
11:47et évaluer.
11:49Pour l'instant,
11:51malheureusement,
11:51en tout cas,
11:52moi,
11:52je ne vois pas
11:53clair là-dessus.
11:54Alors,
11:54nous passons
11:55aux questions économiques.
11:57Les chiffres récents
11:58aujourd'hui
11:59d'économie gabonaise
12:01donnent quelque peu
12:02le tournis.
12:02La dette publique
12:03frôle désormais
12:04la barre symbolique
12:05des 8 000 milliards.
12:07Dans ce contexte
12:08de tension budgétaire,
12:09le gouvernement a dû
12:10intensifier ses échanges
12:11avec le FMI.
12:12Selon vous,
12:13cette trajectoire
12:14d'endettement
12:14est-elle encore soutenable
12:16pour le Gabon ?
12:17Et quel diagnostic
12:18faites-vous
12:19de la rigueur
12:20budgétaire actuelle ?
12:22Je pense que
12:23s'il y avait eu
12:24une rigueur budgétaire,
12:25on n'en serait pas là.
12:27Ça,
12:28on a vu comment
12:29on a plané
12:31pendant...
12:33J'exprime ce terme.
12:34On a vu
12:35comment on a plané
12:36financièrement
12:37pendant la transition.
12:39On nous a dit
12:40qu'il y a eu des milliards
12:41qu'on a pris
12:41par-ci,
12:42par-là.
12:43on a doté
12:44chaque province
12:45de 7 milliards.
12:47Vous multipliez
12:487 par 9,
12:49vous voyez le nombre
12:49de milliards
12:50que ça fait.
12:52On n'a même pas
12:53le bilan,
12:54c'est-à-dire
12:54de ces 63 milliards
12:56qui ont été
12:58dépensés,
12:59du moins donnés.
13:01Donc,
13:02vraiment,
13:02on a plané
13:02pendant presque
13:03deux ans
13:04avec des grands projets
13:05et ensuite,
13:06on nous a dit
13:07que la dette
13:07était plus ou moins
13:09réglée.
13:09aujourd'hui,
13:11on constate
13:12qu'au contraire,
13:14non seulement
13:15les caisses
13:16qui apparemment
13:17étaient donc pleines
13:18au moment
13:19où la transition
13:19arrive,
13:21ces caisses
13:21se sont vidées.
13:22Ça,
13:23c'est une réalité
13:23à tel point
13:24que l'État,
13:26notre note
13:28a été dégradée,
13:29nous sommes à 3C.
13:30C'est-à-dire
13:31que c'est la note
13:31la plus faible.
13:32C'est la note
13:33qui traduit
13:34la faillite,
13:35en fait.
13:36On n'ose peut-être
13:36pas le dire,
13:37mais aujourd'hui,
13:38aucune banque
13:41ne peut prêter
13:43encore l'État gabonais.
13:44C'est-à-dire,
13:44c'est comme,
13:46je prends l'exemple
13:47d'un travailleur
13:48qui,
13:48sa banque,
13:49il est tellement
13:50endetté
13:51qu'il ne peut pas
13:52avoir un crédit
13:53auprès de sa banque
13:54et il est obligé
13:55de faire des prêts
13:56par intérêt
13:57à gauche,
13:57à droite,
13:58avec des taux élevés.
13:59C'est ce qu'on fait
14:00maintenant,
14:01aujourd'hui.
14:01C'est-à-dire que
14:02les banques traditionnelles
14:03contenues de notre note
14:05ne peuvent plus
14:06nous donner de l'argent.
14:07Eh bien,
14:08qu'est-ce qu'on fait ?
14:08On va vers des marchés
14:10secondaires
14:11ou même tertiaires,
14:13mais où les taux
14:14d'intérêt sont
14:16exponentiels.
14:17Et là,
14:18on surendette
14:18encore davantage
14:19les Gabonais
14:20et les familles.
14:22C'est-à-dire qu'on va
14:22essayer d'être là
14:23de génération
14:25en génération.
14:27économiquement,
14:27de toutes les façons,
14:28quand le FMI
14:29est là,
14:30c'est que ça ne va pas.
14:31La présence du FMI,
14:33c'est comme la présence
14:34des médecins.
14:35Si un médecin
14:36vient à votre chevet,
14:37c'est que vous êtes
14:38malade.
14:39Donc, si le FMI
14:40est là,
14:41c'est que l'économie
14:41gabonaise est malade.
14:42Ça, il faut le reconnaître.
14:44Et le FMI
14:45ne vient pas
14:46avec les bonnes nouvelles
14:46en général.
14:48C'est la restriction.
14:49Souvenez-vous
14:49quand le FMI
14:50est venu au Gabon.
14:52En tout cas,
14:52moi, en tant que syndicaliste,
14:53je me rappelle en 2017
14:55que le FMI était là.
14:56Et lorsqu'on parlait
14:57de mesures d'austérité,
14:58les gens disaient...
15:00Et ce qui est extraordinaire,
15:01souvent,
15:01le gouvernement dit
15:02non, non,
15:02c'est impossible.
15:03Comme on nous a dit
15:04que le FMI ne viendra pas.
15:06Si vous regardez bien
15:07les annonces gouvernementales,
15:08il était prévu
15:09que le gouvernement
15:10ne fasse pas appel
15:11au FMI.
15:11Mais sans conseil
15:12des ministres,
15:13eux-mêmes.
15:14Parce que le FMI
15:14ne vient pas
15:15si vous ne l'appelez pas.
15:16C'est quand vous êtes étranglés,
15:17vous appelez le médecin.
15:19Le médecin ne vient pas
15:20si vous ne l'appelez pas.
15:21Donc,
15:22le FMI en nous porte,
15:23enfin,
15:24est là.
15:25Et le FMI,
15:26en général,
15:27ce n'est pas de bonne nouvelle.
15:28Alors,
15:28on va rester sur
15:29cet accord technique
15:31dont parle le gouvernement
15:32avec le FMI.
15:34Pensez-vous,
15:35aujourd'hui,
15:38que cet accord
15:39peut constituer
15:40un risque
15:40pour la souveraineté
15:42financière du Gabon ?
15:43On n'a plus de souveraineté,
15:45normalement,
15:46dès que le FMI est là.
15:48Ça,
15:48c'est une illusion
15:49qu'on nous fait.
15:49parce que
15:50le FMI
15:53vous oblige
15:54à revoir
15:54votre loi de finances,
15:55déjà.
15:57Le FMI,
15:57c'est-à-dire,
15:58voilà,
16:00même si c'est vous
16:00qui décidez
16:02des priorités,
16:03mais le FMI
16:04a son mot à dire
16:04parce que
16:05c'est le FMI
16:06qui vous donne
16:06le souffle économique.
16:08Alors,
16:09le souffle financier
16:10pour essayer
16:11de repartir.
16:12Mais ce souffle
16:13est assujetté
16:14à certaines conditions.
16:16et ça,
16:17il faut que le gouvernement
16:17soit transparent
16:18pour nous le dire.
16:20Et souvent,
16:20ces conditions,
16:22c'est comme un traitement
16:23qu'on fait un malade.
16:25Donc,
16:25un traitement,
16:26de fois,
16:26on n'est pas content
16:28de boire les comprimés
16:29que le médecin vous prescrit.
16:30mais,
16:31puisque vous les guérit,
16:33eh bien,
16:33vous êtes obligés
16:35d'en consommer.
16:36Et donc,
16:36là aussi,
16:37c'est ce qui va nous arriver.
16:38On sera obligés
16:40d'être en cure.
16:42Je n'allais pas dire
16:43de désintoxication,
16:44mais on sera en cure.
16:46Et ça va être difficile.
16:47Sur la plupart des projets,
16:49un arbitrage sera refait.
16:52Et voilà pourquoi
16:52le budget a du mal
16:53à se mettre en place
16:54pour l'instant.
16:55Et vous,
16:56en tant qu'acteur politique,
16:57au-delà de ce constat,
17:01quelles seront les solutions
17:03que le gouvernement
17:04pourra envisager
17:05pour redresser la barre ?
17:06Mais la solution,
17:07d'abord,
17:07c'est la bonne gouvernance.
17:09On nous dit tout le temps
17:10bonne gouvernance,
17:11bonne gouvernance,
17:12mais qu'est-ce qu'on met
17:14derrière la bonne gouvernance ?
17:15C'est le changement
17:16de pratique.
17:18Aujourd'hui,
17:19je vous ai dit
17:19que la fonction politique
17:21est considérée
17:22comme la fonction
17:23la plus,
17:25c'est elle
17:26qui rémunère le plus.
17:27Donc,
17:28il faut changer
17:29de paradigme.
17:30Il faut qu'on arrive
17:31à ce que la fonction politique
17:33soit plutôt
17:34celle qui
17:37régule
17:37les fonctions sociales
17:39et les fonctions économiques
17:41dans un pays.
17:42Il faut donner
17:43du pouvoir d'achat
17:44aux Gabonais.
17:46Déjà,
17:46payer les dettes,
17:47c'est donner
17:48du pouvoir d'achat.
17:49Certains vous diront
17:50qu'on relance
17:51l'économie aussi
17:52par la consommation.
17:54Si on paye
17:54vos dettes,
17:55si on augmente
17:56votre pouvoir d'achat,
17:57mais alors,
17:58on augmente
17:58votre pouvoir
17:59de consommation.
18:00Et puis,
18:01il faut se battre
18:01aussi contre
18:02la parafiscalité.
18:04Enfin,
18:04du moins,
18:05oui,
18:07cette fiscalité
18:08qui ne dit pas son nom
18:09et qui est
18:10où l'argent
18:11circule
18:12vraiment
18:13avec des gros montants
18:14et qu'aujourd'hui,
18:17on n'arrive pas
18:18à la canaliser.
18:20Non,
18:20c'est un problème
18:21de bonne gouvernance.
18:22Moi,
18:22je pense que
18:23le Gabon,
18:24avec la faible population
18:25qu'on a,
18:26avec des ressources
18:29géologiques
18:29scandaleuses
18:31qu'on a,
18:32je crois que,
18:34sincèrement,
18:34je ne sais pas
18:35si on regarde
18:36les pays
18:36qui ont les mêmes
18:37richesses que nous,
18:38par exemple,
18:39du Golfe.
18:41Il y a combien de pays
18:42?
18:42Est-ce que le Qatar
18:43a fait déjà venir
18:44un jour le FMI ?
18:45Est-ce que
18:48l'Arabie Saoudite,
18:49tous ces pays-là,
18:50on a tous
18:51les mêmes richesses.
18:52on a le gaz,
18:53on a le pétrole,
18:54on a les minéraux.
18:55Alors,
18:56pourquoi certains pays
18:57se passent du FMI
18:58et pourquoi nous,
19:00avec une faible population,
19:03on a besoin
19:04d'être sous perfusion
19:05du FMI ?
19:06C'est parce que
19:07on a une mauvaise
19:08gouvernance.
19:09Alors,
19:10M. le Président,
19:12nous allons passer
19:12à la deuxième partie
19:14de notre entretien
19:15et revenir peut-être
19:16sur l'actualité.
19:17En février dernier,
19:19la Haute Autorité
19:20de la communication
19:20a frappé fort
19:21en annonçant
19:22la suspension
19:23de certains réseaux sociaux
19:24invoquant des raisons
19:25de régulation.
19:27Selon vous,
19:28s'agit-il d'une mesure
19:29de salubrité publique
19:31telle que présentée
19:32par les autorités
19:33ou d'une dérive autoritaire
19:35portant à tête
19:35à la liberté d'expression ?
19:37En tout cas,
19:39de mon point de vue,
19:40c'est une dérive autoritaire.
19:42Ça,
19:43il n'y a pas d'autre mot
19:43pour le dire.
19:44Parce que,
19:45quel est le résultat
19:47de cette suspension
19:49des réseaux sociaux ?
19:50Déjà,
19:51il faut que le gouvernement
19:51soit conséquent
19:52avec l'humain.
19:53Pourquoi qu'il communique
19:55encore sur les réseaux sociaux
19:56alors qu'il a suspendu
19:58les réseaux sociaux ?
19:59Vous avez suspendu YouTube.
20:01Mais ne communiquez plus
20:02là-dessus.
20:03Ne communiquez plus
20:04sur les réseaux sociaux.
20:05Vous voyez
20:06l'inconséquence du gouvernement.
20:08Vous supprimez
20:08les réseaux sociaux,
20:09mais vous communiquez
20:10encore là-dessus.
20:11Et quel est le résultat ?
20:13Quand on prend une décision,
20:15on mesure l'efficacité
20:17de cette décision.
20:18En quoi cette décision,
20:20elle est efficace
20:21et rentable,
20:23enfin,
20:24comment on dit ça,
20:24dans l'intérêt
20:25des populations.
20:26Parce que les décisions,
20:27quand on est gouvernement,
20:28on prend les décisions
20:29dans l'intérêt du peuple.
20:31On ne prend pas les décisions
20:32contre les intérêts du peuple.
20:34La régulation,
20:36moi,
20:36je ne vois pas
20:37d'où ça vient.
20:38Pourquoi les autres pays,
20:41dites démocratiques,
20:42ne coupent pas les réseaux sociaux ?
20:43Est-ce que là-bas,
20:44on n'insulte pas les gens ?
20:45Mais il y a des tribus,
20:46nous.
20:46Si on vous insulte,
20:48vous portez plainte.
20:50Dans tous les pays du monde,
20:51même en France,
20:53quelqu'un qui est en Chine,
20:54il vous insulte,
20:55vous pouvez porter plainte
20:56à cette personne.
20:57Est-ce que vous êtes obligés
20:58de me priver
21:00de ce droit-là ?
21:01Parce qu'il y a des gens
21:02qui vous embêtent.
21:05Pourquoi on a coupé
21:06les réseaux sociaux,
21:06en réalité ?
21:08Et ça,
21:08je pense que
21:09le gouvernement ne nous donne pas
21:10ou la HAC
21:11qui a pris cette décision,
21:12ne nous dit pas exactement
21:14pourquoi on a coupé
21:15les réseaux sociaux
21:15et quel est le résultat final.
21:20Puisque,
21:20apparemment,
21:21avec les DPN,
21:23tout le monde arrive
21:24toujours à se connecter
21:25et puis voilà,
21:26la vie continue.
21:27Et peut-être qu'aujourd'hui,
21:29ils ont honte de revenir
21:30parce que
21:32même le rétablissement
21:33des réseaux sociaux,
21:36quand ce sera fait,
21:37les gens ne s'en rendront
21:38même pas compte
21:38que les réseaux sociaux
21:41ont été rétablis
21:42parce qu'aujourd'hui,
21:43les gens ne se rendent
21:43même plus compte
21:44qu'il y a coupé
21:45des réseaux sociaux.
21:46Alors,
21:47parallèlement à cette actualité,
21:50la promulgation
21:51du nouveau code
21:51de la nationalité
21:52a provoqué
21:53une véritable
21:55levée des boucliers
21:56au sein de l'opinion
21:57publique
21:57et de la société civile.
21:59Quelles sont,
21:59selon vous,
22:00les incidences réelles
22:01de ce texte
22:01sur la cohésion sociale
22:03et quelles définitions,
22:05par exemple,
22:05vous,
22:06en tant qu'acteur
22:06de la société civile,
22:08faites-vous
22:08de la citoyenneté
22:09gabonaise ?
22:10Bon,
22:12moi,
22:12j'ai parcouru
22:13ce texte.
22:14Je vous assure
22:14que,
22:16vraiment,
22:17qu'on me pardonne,
22:18j'ai peut-être
22:18des gros mots,
22:19on va me dire,
22:19mais c'est une absurdité.
22:21Ça,
22:21je vous le dis.
22:23Et pourquoi
22:24je le dis ?
22:24Parce que,
22:25déjà,
22:25il est contradictoire,
22:26le texte,
22:27tant sur la forme
22:28que sur le fond.
22:30Sur la forme,
22:31par exemple,
22:34mais qu'est-ce
22:34qui justifie
22:35la prise
22:37d'une ordonnance
22:39pour l'espérer
22:40sur le code
22:41de nationalité ?
22:43On a vu au Gabon
22:44les codes,
22:46comment on appelle,
22:47le code minier,
22:48le code
22:48de la santé,
22:51le code
22:52des marchés publics.
22:54C'est la première fois
22:55qu'un code
22:56sera,
22:58enfin,
22:59est passé
22:59par une ordonnance.
23:01L'ordonnance,
23:02c'est la possibilité
23:03qu'on donne au président
23:04de la République
23:05pendant les deux mois
23:06d'intercession
23:07de prendre des textes,
23:11donc,
23:11d'avoir le pouvoir
23:13du législateur
23:14pour prendre des textes
23:15pour régler
23:17une situation
23:17urgente.
23:19Et donc,
23:21pour que,
23:21lorsque la session
23:24va reprendre,
23:26les parlementaires
23:27doivent ratifier.
23:29Le texte a été
23:30plus le 26,
23:31je crois,
23:32le 26 février.
23:32deux ou trois jours
23:34avant la rentrée
23:35parlementaire.
23:36Qu'est-ce qui pouvait
23:37justifier cela ?
23:38Pas du tout.
23:38Tout simplement
23:39pour occulter
23:41son examen
23:42parce que l'examen
23:44d'une ordonnance
23:45qu'on ratifie
23:46et l'examen
23:47d'un texte initial
23:48au Parlement,
23:48ce n'est pas
23:49le même temps,
23:49ce n'est pas
23:50les mêmes principes.
23:51Et je ne serais pas
23:52surpris
23:52que ce soit
23:53dix jours
23:54avant la clôture
23:55de la session
23:56pour éviter
23:57de rendre
23:58l'ordonnance caduque.
23:59Eh bien,
24:00on va appeler
24:00les parlementaires
24:01en pas de course
24:02pour essayer
24:03d'examiner ça
24:03et donc,
24:04pour moi,
24:05la force,
24:06elle n'est pas déjà.
24:07Ça veut dire
24:07qu'on veut précipiter
24:09les choses,
24:09on veut cacher
24:11les choses.
24:12Mais non,
24:12le fond,
24:13le cours de nationalité
24:14en tant que tel.
24:15je vous assure,
24:17il y a beaucoup
24:18de contradictions.
24:19Les articles disent
24:20par exemple
24:20qu'on ne peut pas
24:21être apatride.
24:22Après,
24:23l'article 64
24:23qui fait couler
24:24beaucoup d'encre,
24:26donne le contraire.
24:28Mais en réalité,
24:29au fond,
24:30qu'est-ce qu'on...
24:31En fait,
24:32qu'est-ce que ce code-là
24:34nous envoie
24:35comme signal ?
24:36Ça veut dire
24:37que c'est à l'endroit
24:39de ceux qui ont
24:40deux nationalités.
24:41Vous qui avez
24:42deux nationalités,
24:43l'État va vous retirer
24:45votre nationalité
24:46d'origine.
24:48C'est le signal
24:50qu'il s'envoie.
24:52Ça veut dire
24:53que l'autre signal,
24:54c'est que
24:55ce n'est plus la justice
24:56qui décide.
24:57C'est le président.
24:59Après avoir consulté
25:00deux ministres,
25:01c'est-à-dire
25:01deux de ses membres
25:02du gouvernement
25:03qu'il a nommés,
25:05c'est-à-dire
25:05le ministre de la Justice
25:06et le ministre de la Déférence.
25:08Je dis bien
25:09deux de ses membres
25:10du gouvernement
25:10qu'il a nommés
25:11parce que le président
25:12est chef du gouvernement.
25:14Quelle est la valeur
25:14d'un tel document ?
25:17Est-ce que
25:18les gens se rendent compte
25:19que notre nationalité
25:21d'origine
25:22est un droit international ?
25:24Ce n'est pas quelqu'un
25:25qui me l'a conféré.
25:26C'est le droit international
25:27qui dit que
25:28lorsque cet espace
25:29s'appelle Gabon,
25:32alors
25:32ceux qui sont nés là,
25:34ceux qui sont là depuis,
25:35sont des Gabonais.
25:36Et ça va
25:38de génération
25:38en génération.
25:39Moi,
25:40j'ai la nationalité
25:40gabonaise
25:41parce que mon père
25:42est Gabonais
25:42parce que ma mère
25:43est Gabonaise.
25:44Mais aujourd'hui,
25:45ce texte
25:47peut remettre
25:48en cause
25:49ma nationalité
25:50d'origine.
25:53Et derrière,
25:54on va introduire
25:56la notion
25:56de certificat
25:57de nationalité.
25:58on en parle déjà.
26:00Oui,
26:02parce qu'hier,
26:03le certificat
26:04de nationalité
26:04a été demandé
26:05à ceux qui
26:06avaient
26:07un père,
26:08un des parents
26:09étranger.
26:10Mais là,
26:11les Gabonais
26:12d'origine,
26:13ne soyez pas surpris
26:13qu'on introduise
26:15maintenant
26:16la production
26:17d'un certificat
26:19de nationalité.
26:21Et donc,
26:22tout ça là,
26:24moi je dis
26:24sincèrement,
26:25ça n'en valait
26:26pas la peine
26:26parce que c'est celui
26:27qui est au pouvoir.
26:29Celui qui décide
26:30des nominations,
26:31il a le pouvoir
26:32de nommer
26:33et il a le pouvoir
26:34aussi de démettre.
26:36Donc,
26:37il peut avoir
26:38ces critères
26:39de nomination.
26:41Ce n'est pas la peine
26:42de fabriquer
26:43les critères
26:44quand on sait
26:45que soi-même,
26:46on ne les appliquera pas.
26:47Vous vous souviendrez
26:48l'article 10
26:50de la Constitution
26:51qui disait
26:51qu'Ali Bongo
26:53à l'époque
26:53ne pouvait pas
26:54être candidat.
26:55mais ça fait couler
26:56beaucoup d'an.
26:57Mais on nous a produit
26:58des actes d'exence
26:59qui disent qu'Ali Bongo
26:59et jusque-là,
27:00il y a toujours
27:01cette polémique
27:01est-ce qu'Ali Bongo
27:03est le fils naturel
27:04ou pas ?
27:05Parce que nous,
27:06à l'époque,
27:06on avait demandé
27:07qui est un test
27:08d'ADN
27:09parce que le père
27:10ne vit plus
27:11mais la mère vit.
27:13Faisons un test
27:13d'ADN
27:14et on met fin
27:14à cette polémique.
27:16On ne nous a jamais
27:17écoutés.
27:18Donc,
27:18je dis,
27:19ce code
27:21nécessite un débat public,
27:22le code
27:23de la nationalité.
27:24Ce ne sont pas des choses
27:24qu'on peut prendre
27:25à la légère
27:26parce que ça va définir
27:28notre vivre ensemble
27:29et nous ne produisons pas
27:31des textes
27:31où celui qui viendra
27:33après
27:33va venir enlever.
27:35Et puis aussi,
27:36nous sommes dans le cadre
27:37de la mondialisation.
27:38Je vous assure,
27:39le Gabon sera
27:40comment ?
27:40Dans 20 ans,
27:4130 ans,
27:4240 ans,
27:4250 ans ?
27:43Si vous faites
27:44des Gabonais
27:44à plusieurs catégories,
27:47eh bien,
27:47ça,
27:48je vous assure,
27:48vous êtes en train
27:49de créer
27:49l'instabilité
27:50du Gabon.
27:51Vous allez faire
27:53des apatrides.
27:54Moi,
27:54les seules apatrides
27:55dont je connais,
27:56c'est la Palestine.
27:58La Palestine,
28:00les Palestiniens
28:01n'ont pas d'État.
28:02Donc,
28:03c'est des apatrides,
28:04entre guillemets.
28:05Et là,
28:05on veut faire
28:06des Gabonais
28:07des Palestiniens ?
28:08Non.
28:08Moi,
28:09je pense qu'il y a
28:09un État
28:10qu'il faut prendre
28:10comme exemple,
28:11c'est Israël.
28:13Israël est relié
28:15à la terre,
28:16où que vous soyez.
28:18Si vous êtes juif,
28:19c'est votre terre.
28:20Il faut qu'on ait
28:21cette notion.
28:22Ce n'est pas parce
28:23que quelqu'un a servi
28:25aux États-Unis,
28:26dans l'armée américaine,
28:27que vous allez dire
28:28« Ah non, non, non,
28:29il ne doit plus être
28:30Gabonais. »
28:31Non.
28:31Mais au contraire,
28:33c'est là-bas
28:33qu'on doit lui dire
28:35que comme tu es Gabonais,
28:36tu ne dois pas servir.
28:38Donc,
28:38cette diaspora,
28:40on doit la garder.
28:41Elle est utile
28:42pour le Gabon.
28:43Et donc,
28:44il faut chercher
28:45des attachements.
28:46C'est à quoi
28:47il faut arriver.
28:48Des attachements.
28:49Qu'on soit rattaché
28:50vraiment de façon
28:51indéfectible
28:52à notre nation,
28:54à notre terre.
28:55Voilà ce que je peux dire
28:56vraiment à ce sujet.
28:58Alors,
28:58la vie politique
28:59s'apprête à connaître
29:00un tournant
29:01avec l'entrée en vigueur,
29:02on va dire,
29:03en juin prochain
29:04de la loi numéro 16
29:05barre 2025
29:06sur les partis politiques.
29:07Ce texte
29:09durcit considérablement
29:10les critères
29:11d'existence
29:12des formations politiques.
29:13Le PNTP
29:15est-il menacé
29:16par cette nouvelle législation
29:17et de manière plus large ?
29:19Craignez-vous
29:19un nettoyage programmé
29:20du paysage politique gabonais ?
29:23Non, pas du tout.
29:24Le PNTP est un parti...
29:27Nous avons participé
29:28aux élections.
29:29Le PNTP est légalement
29:31constitué.
29:32Donc,
29:33la loi sur les partis politiques,
29:35vous verrez.
29:36L'objectif,
29:37on nous a dit quoi ?
29:38Que cette loi
29:40devait réduire
29:40le nombre de partis.
29:41précisément.
29:44Je vous envoie un peu
29:45dans l'histoire.
29:47À l'époque
29:49d'Omar Bongo,
29:51le nombre d'adhérents
29:52qui étaient exigés,
29:54c'était
29:543 000 adhésions
29:56pour créer
29:57un parti politique.
29:59Quand il y arrive,
30:00on passe
30:01à 9 000 adhésions.
30:03Et on a dit
30:04que c'était
30:05pour réduire
30:05le nombre
30:06de partis politiques.
30:07Et pourtant,
30:07c'est soit à l'Ibongo
30:08qu'il y a eu
30:09104 partis politiques,
30:11c'est-à-dire plus
30:12qu'à l'époque
30:14d'Omar Bongo
30:16où
30:18le nombre...
30:19Enfin,
30:19comment dire ça ?
30:19Les conditions
30:20étaient plus favorables
30:22puisqu'il fallait
30:22seulement 3 000 signatures.
30:24Donc,
30:24vous comprenez
30:25la variation ?
30:26Ça veut dire que
30:26les mesures
30:29qu'on prend,
30:30c'est pour empêcher
30:31certains
30:32d'y accéder.
30:35Mais
30:35le pouvoir,
30:36en général,
30:38fabriquera
30:38les partis politiques
30:40qu'il voudra.
30:41Et
30:42on va voir.
30:43Aujourd'hui,
30:43nous sommes 104
30:44ou 105 partis politiques.
30:46Nous allons voir
30:49combien de partis politiques
30:51on aura
30:52après l'application
30:54de cette loi.
30:55Et je suis sûr
30:56et certain
30:57que ce chiffre
30:58ne va pas diminuer
30:59parce que
31:00nous sommes passés
31:01de 9 000
31:03à 10 000
31:04pour avoir
31:06un parti politique.
31:07Je dis bien
31:08de 9 000
31:09à l'époque d'Ali
31:10à 10 000.
31:11Vous pensez
31:12que ça va changer quoi
31:13exactement ?
31:14certes,
31:15les partis politiques
31:16d'opposition
31:17auront des difficultés
31:18pour être créés,
31:20c'est-à-dire
31:20les nouveaux
31:20partis politiques
31:21d'opposition,
31:22mais le pouvoir,
31:23en général,
31:24puisque le système
31:25reste le même,
31:26ça, il ne faut pas
31:39surpris que pour contrer
31:41l'opposition,
31:42le pouvoir va utiliser
31:44les mêmes méthodes,
31:45c'est-à-dire
31:46faciliter la création
31:48d'autres partis
31:49qu'il va contrôler
31:50pour essayer
31:51d'être un contrepoids
31:53à une forme
31:53d'opposition réelle
31:55pour mettre en place
31:56une opposition
31:57maintenant fictive
31:58et donc,
31:59ce sont les mêmes
32:00mécanismes.
32:00Donc, on va voir.
32:02Sinon,
32:02le PNTP n'est pas menacé,
32:04pas du tout.
32:05Nous avons un siège,
32:06nous avons tout
32:07ce qu'il faut
32:08et donc,
32:10maintenant,
32:10c'est au niveau
32:10de la représentativité.
32:12Je voudrais rapidement
32:13revenir là-dessus
32:15parce que les gens
32:15confondent
32:16la légalité
32:17et la représentativité.
32:18C'est deux choses
32:19différentes.
32:21Au niveau
32:21de la représentativité,
32:23c'est
32:25suite aux critères,
32:27il n'y a que
32:28quatre partis
32:28représentatifs
32:29aujourd'hui.
32:30C'est le PDG,
32:31enfin,
32:31l'UDB,
32:32le PDG,
32:33l'Union nationale
32:35parce qu'ils ont
32:35au moins
32:37trois élus nationaux
32:38et 25 élus locaux.
32:40Mais ça,
32:41c'est la représentativité
32:42pas la légalité.
32:44Alors,
32:46plus largement,
32:47comment analysez-vous
32:48l'état actuel
32:49de l'opposition gamounaise
32:50si on peut parler
32:51aujourd'hui encore
32:52d'opposition
32:53dans un contexte
32:54où les lignes
32:55semblent se redessiner ?
32:57Non,
32:57il y aura toujours
32:58opposition,
32:59il y aura toujours
33:00majorité.
33:00Vous savez,
33:01les gens qui veulent
33:02qu'il y ait
33:04un parti unique,
33:05c'est une absurdité.
33:07Ça,
33:07je vous assure,
33:08ce n'est pas dans
33:09l'intérêt du Gabon.
33:11Souvenez-vous,
33:11lorsqu'il n'y avait
33:12qu'une maison
33:12de téléphonie mobile,
33:15comment était-elle
33:15prise ?
33:16je ne cite pas cette maison,
33:17je ne cite pas cette maison,
33:18mais quand d'autres
33:18maisons sont venues
33:19s'ajouter,
33:20la concurrence
33:20est un atout,
33:23c'est une bienfaisance
33:26pour le peuple.
33:27Donc,
33:28il y aura toujours
33:29l'opposition,
33:30il y aura toujours
33:31la majorité.
33:32Et,
33:34vraiment,
33:35je dirais même
33:35à ceux qui sont
33:36de la majorité,
33:38mais veuillez à ceux
33:39qu'on a une opposition
33:40forte,
33:41parce que c'est
33:41l'opposition forte
33:43qui va faire en sorte
33:45que la majorité
33:46travaille.
33:48Parce que si on a
33:49une opposition faible,
33:50imaginez un état
33:51ou une ville
33:52où tous les policiers
33:54sont dans la botte
33:56des malfrats.
33:58C'est une ville
33:59qui sera comment ?
34:01Si tous les policiers
34:02qui sont chargés
34:03de respecter l'ordre,
34:05d'en faire appliquer
34:06certaines lois,
34:07s'ils sont dans la botte,
34:09des malfaiteurs,
34:10des bandits,
34:11c'est la même chose
34:12si on est dans un pays
34:14où il n'y a pas
34:16d'opposition,
34:17ou du moins
34:17l'opposition est moribonde,
34:20mais celui qui est en face
34:21ne se sentira pas
34:24contraint
34:24ou obligé
34:25de faire des choses.
34:27Non,
34:27c'est,
34:28comment dire ça,
34:29c'est l'opposition
34:30qui,
34:31une opposition forte
34:32donnera
34:34une majorité aussi
34:36crédible et forte.
34:38Mais une opposition
34:39faible affaiblira
34:41aussi la majorité
34:43et ça affaiblira
34:43notre système
34:44politique.
34:45Donc,
34:46je,
34:47vraiment,
34:47je milite
34:48pour une opposition
34:49forte.
34:50Alors,
34:51entre réforme structurelle
34:52et incertitude électorale,
34:54votre parcours
34:55a toujours été
34:56celui d'un homme
34:57engagé,
34:57tant sur le plan
34:58syndical
34:59que politique
34:59aujourd'hui.
35:00Quelles sont
35:01vos ambitions
35:01personnelles
35:02pour la suite
35:03et quel rôle
35:03comptez-vous
35:04jouer
35:04dans le Gabon
35:05de demain ?
35:07Mais,
35:09c'est vrai,
35:10c'est vrai,
35:11j'ai commencé
35:11ce combat
35:12depuis longtemps
35:12et je pense
35:13que je l'ai dit
35:14à chaque fois.
35:15Je suis constant.
35:17Ça,
35:18au moins,
35:18les gens
35:19peuvent me reconnaître
35:20cela.
35:20Je suis constant.
35:21Les gens
35:22m'ont d'abord
35:22accusé
35:23à tort
35:24d'être un ingrat.
35:25Le président
35:26Ligy m'a sorti
35:26de prison,
35:27je m'oppose
35:28à lui.
35:28Mais,
35:28il y en a
35:29qui comprennent
35:29maintenant
35:30tant qu'en fait,
35:31je suis fidèle
35:33à moi-même,
35:34à mes convictions.
35:35Et mes convictions,
35:36c'est d'avoir
35:37un Gabon
35:38vraiment meilleur,
35:40que les Gabonais
35:40soient épanouis.
35:42Dieu ne nous a pas
35:43créés pour qu'on souffre.
35:44Ce n'est pas possible.
35:45C'est nos choix
35:47qui font que
35:48nous sommes dans la misère.
35:50C'est notre égoïsme.
35:51Et donc,
35:52moi,
35:52je suis,
35:53entre autres,
35:54avec mon staff,
35:56nous,
35:56nous voulons
35:57que les choses changent.
35:58Et nous allons
35:59nous battre.
36:00C'est-à-dire que là,
36:00je n'ai pas un handicap
36:01pour nous.
36:02Non.
36:03Moi,
36:03je ne dis pas que
36:05mon rôle,
36:06c'est d'être président
36:06de l'Arc publique.
36:07Même pas.
36:08Je ne peux
36:09pas être président
36:10de l'Arc publique.
36:12Ce n'est pas ça
36:13le plus important.
36:14Mon rôle n'est pas
36:15d'occuper des fonctions.
36:16Mais mon rôle,
36:17c'est de faire en sorte
36:18que les choses
36:20fonctionnent correctement.
36:21Si par ma parole,
36:23si par mes idées,
36:24les gens peuvent
36:26se dédouaner
36:27et faire en sorte
36:28que le pays
36:29fonctionne,
36:30que les Gabonais
36:30soient à l'aise,
36:31pourquoi est-ce que
36:32nous,
36:32on n'arrive même pas ?
36:34C'est-à-dire que
36:34vous êtes salarié,
36:36j'ai dit bien salarié,
36:37du public ou du privé,
36:39mais votre salaire
36:40ne peut pas vous permettre
36:40d'accéder à la propriété.
36:42Votre salaire ne peut pas
36:43vous permettre
36:44d'avoir des avantages
36:48qui rehaussent
36:49votre dignité.
36:50Non.
36:51donc ma perspective,
36:53c'est que je resterai
36:54toujours moi-même.
36:56Ça,
36:56c'est l'assurance.
36:57Vous pouvez dire
36:57tout ce que vous voulez.
36:58Vous pouvez essayer
37:00de m'asphyxier,
37:01de faire tout,
37:02mais je vous assure,
37:03je resterai égal
37:05à moi-même.
37:05Et je prie Dieu
37:06pour que je le sois toujours.
37:09Alors,
37:09M. Jean-Rémi,
37:10nous sommes arrivés
37:11au terme
37:12de notre entretien.
37:13Peut-être un dernier mot
37:15pour vos compatriotes ?
37:18Oui.
37:20Merci déjà
37:21de cette possibilité
37:22que vous nous donnez.
37:23Mais mon dernier mot,
37:25c'est en politique,
37:26c'est de l'espoir.
37:27C'est un mot d'espoir.
37:28Je veux donner
37:29de l'espoir aux Gabonais
37:30en disant vraiment
37:31je sais
37:32que le chemin est long.
37:35Il y a des leaders
37:36qui vous ont déçus.
37:38Mais ne perdez pas espoir.
37:40N'éteignez pas votre lampe.
37:42Gardez-la allumée
37:44et faites confiance
37:46à certains leaders.
37:48Faites-moi confiance.
37:50Moi,
37:50j'ai toujours été constant
37:54et je ne pense pas
37:56un seul instant
37:57que je vous trahirai.
38:00Donc,
38:00et c'est la raison
38:01pour laquelle
38:01je profite
38:02de votre antenne
38:03pour vous dire
38:04soutenez les actions
38:05que le PNTP lance.
38:08Soutenez les actions
38:09que Jean-Rémi
38:10y a ma lance
38:11et je vous assure
38:12que c'est pour le bien
38:13de tous les Gabonais
38:14et que Dieu bénisse
38:15le Gabon.
38:16Dans un contexte
38:18aussi sensible,
38:18le débat démocratique
38:20et la confrontation
38:20des inés
38:21apparaissent plus que jamais
38:22essentielles
38:23pour écrire
38:23les choix à venir.
38:25Mesdames et messieurs,
38:27c'était Jean-Rémi Yama,
38:28président du PNTP,
38:31invité du canapé rouge
38:33de Gabon Media Time.
38:34Merci de nous avoir suivis.
38:36À très bientôt
38:37pour un nouveau numéro
38:38toujours à l'heure
38:39de l'info
38:39sur Gabon Media Time.
38:50Sous-titrage Société Radio-Canada
38:51Sous-titrage Société Radio-Canada
38:57Sous-titrage Société Radio-Canada
38:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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