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  • il y a 4 jours
Émission C l’Hebdo du 16 décembre 2023 sur France 5, dans laquelle Laeticia Hallyday et Jean-Claude Camus reviennent sur leurs souvenirs avec Johnny Hallyday. Témoignages personnels, anecdotes et regards croisés permettent de mieux comprendre l’homme derrière l’artiste et l’empreinte qu’il a laissée dans le paysage musical français.

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Musique
Transcription
00:00On va accueillir maintenant quelqu'un qui a beaucoup compté dans la carrière de Johnny Hallyday, son producteur historique Jean
00:04-Claude Camus.
00:05Écoutez comment Johnny parlait de lui.
00:07Des fois ma folie va un petit peu trop loin, c'est-à-dire qu'à la limite il faudrait
00:12que je donne de l'argent pour pouvoir chanter plutôt que tout le monde gagne sa vie.
00:18Alors Camus est là un petit peu pour me stabiliser, un petit peu pour me rendre raisonnable.
00:24Mais c'est quelqu'un qui en même temps c'est un artiste.
00:29Donc souvent il dépasse lui-même les propres budgets qu'il s'était fixé.
00:33Donc c'est pour ça que je m'entends bien avec lui.
00:35Vos femmes Jean-Claude Camus, ça vous fait rigoler d'entendre ça ?
00:38Oui, ça me fait rigoler et ça me touche beaucoup parce que ça rappelle beaucoup de souvenirs en effet.
00:43Oui, c'était une grande aventure.
00:46Il disait que vous étiez un artiste.
00:49Après aller très loin pour lui.
00:50Je ne sais pas si je suis un artiste, je ne crois pas.
00:56Vous savez, moi quand on me disait, vous connaissez, vous avez les choses, etc.
01:06J'ai dit mais non, je ne suis pas un artiste, je ne suis pas ça.
01:09Moi je suis le goût du public.
01:11Et je crois que c'est ce qui m'a toujours guidé dans ma carrière et qui m'a guidé
01:15avec Johnny.
01:17C'est que je connaissais évidemment bien son public.
01:21Je connaissais évidemment bien tout ce que pouvait amener Johnny.
01:25Et c'est sans doute ce qui a permis qu'on aille aussi longue route, 35 ans.
01:30C'est un beau voyage.
01:32Vous avez dit on s'est aimé très vite.
01:34Après vous vous êtes brouillé, après vous êtes réconcilié.
01:36C'est marrant parce qu'à chaque fois qu'on lit les interviews, quand on vous écoute, on se dit
01:39mais c'est le vocabulaire d'une histoire d'amour.
01:42Et après vous dites aussi quand vous étiez fâché qu'il y avait une souffrance insoutenable.
01:45C'est exact, mais j'irais presque que nous étions un vieux couple.
01:49Nous étions un vieux couple, évidemment qu'on a eu des prises de becs très sévères avec Johnny.
01:56Mais ça s'arrangeait toujours.
01:59J'ai des tas d'anecdotes.
02:01On en veut bien une, non ?
02:03Des coupes pendables.
02:06Ce n'était pas simple avec vous.
02:08Vous savez, pour s'occuper d'un artiste, je crois qu'il faut avoir beaucoup de psychologie.
02:13Je ferais presque ouvrir un cabinet de...
02:15Mais c'est quoi un coup pendable quand on s'occupe d'un artiste ?
02:19Ça veut dire quoi ?
02:20Denis, c'est quand même quelqu'un de très cabossé.
02:24Et donc, il y a des moments où il était vraiment en bas moralement et tout.
02:31Vous ne voulez pas y aller ?
02:31Parfois il vous a dit, je ne vais pas faire ce concert ?
02:34Ah ben ça, c'était parfois vrai et parfois faux, parce qu'il adorait me faire marcher.
02:40Combien de fois en tournée, j'arrivais, il était dans sa loge, assis sur le canapé.
02:47Regarde, regarde, j'ai mes mains qui tremblent, j'ai mes mains qui tremblent.
02:51Je ne vais pas pouvoir chanter, Jean-Claude, je ne vais pas pouvoir chanter, appelle un médecin.
02:54Il attendait que j'appelle le médecin et quand je raccrochais, il est cathédré.
02:58Ça, c'était Johnny.
03:00Ce qui est génial, Jean-Claude aussi, c'est qu'on parlait d'une histoire d'amour entre vous et
03:03Johnny,
03:03mais celui, celle qui vous réconcilie, c'est l'épouse.
03:06C'est une sorte de ménage à fond.
03:08Écoutez, oui, tellement de mauvaises choses ont été écrites, etc.
03:15Laetitia m'a toujours été fidèle, toujours.
03:20Et je lui dois tellement, parce qu'évidemment, on a une séparation douloureuse
03:27et qui n'a d'ailleurs pas duré longtemps, cette séparation.
03:30Grâce à Laetitia, celle qui vous a réconciliée.
03:32Grâce à Laetitia, c'est Laetitia à Bruxelles qui m'a appelé, qui m'a passé de Johnny.
03:38Parce que, bon, Johnny était quand même très, très fier.
03:40Je ne pense pas qu'il aurait fait le premier plat.
03:42Mais quand on s'est retrouvés tous les deux, seuls dans la loge, dans les bras l'un de l
03:46'autre,
03:47je suis tellement content, Jean-Claude.
03:49Et là, il vous dit que vous lui avez manqué, ça vous surprend ?
03:52Parce que normalement, Johnny, il ne dit pas ce genre de choses, en tout cas pas à vous.
03:54On a eu un moment de grâce, ensemble, qui a été formidable.
04:01Et après, on ne s'est plus quitté, on n'avait plus d'enjeu commercial.
04:05Moi, j'étais évidemment retraité.
04:07Et j'étais avec lui, grâce à toi aussi, encore, deux jours avant qu'il s'en aille, j'étais
04:12avec lui.
04:13Vous avez fait vivre des choses, Johnny.
04:15Parce qu'en plus, le nom de Johnny, ça ouvrait des portes.
04:18On se souvient de Chirac, Sarkozy, Macron.
04:23Alors, il y a une anecdote, je crois, avec Jacques Chirac, qu'il réveille en pleine nuit,
04:27parce qu'il avait planté la Ferrari dans le mur du ministère de l'Intérieur.
04:32Oh, il en a fait, oui, oui.
04:34Ça ne vous surprend même pas.
04:35Il y en a eu des tas comme ça.
04:37Il y en a eu des tas comme ça.
04:38Oui, oui, absolument.
04:41Et sa grande spécialité, c'était de téléphoner à ces gens-là ou à d'autres connus à 3h, 4h
04:49du matin.
04:50Il adorait ça.
04:52Michel Drucker, on sait quelque chose quand il a voulu.
04:54La seule fois où j'ai dit non à Johnny pour un spectacle, c'était le coup de l'hélicoptère.
04:59Je dis, écoute, là, je suis désolé, mais c'est interdit.
05:02Ce n'est pas moi qui te dis non, c'est interdit.
05:05À partir de ce moment-là, il savait que Michel Drucker était pilote d'hélicoptère.
05:10Il a commencé à réveiller Michel toutes les nuits.
05:15Toutes les nuits.
05:15Toutes les nuits.
05:16Il fait très attention à sa santé et à son sommeil.
05:19Il l'appelait toutes les nuits.
05:21Toutes les nuits.
05:21Eh bien, il a eu raison.
05:23Michel a réussi à lui dégoter l'histoire de l'hélicoptère.
05:25Il ne lâchait rien.
05:28Quand il voulait quelque chose, il faisait tout pour l'obtenir.
05:31Ah, ça, oui.
05:34Il lâchait rien.
05:35Et votre plus beau souvenir avec lui, est-ce que vous en avez un ?
05:39J'en ai tellement de beaux.
05:42Tellement de beaux.
05:43Le stade de France, la première tour Eiffel, etc.
05:50Mais c'est certainement triste, ce que je vais vous dire.
05:53Mais mon plus grand souvenir avec Johnny,
05:56qui, vous savez, n'avait pas l'habitude de se lever tôt,
05:59ou plutôt de se coucher tôt.
06:03Et quand j'ai perdu mon papa, on l'emmenait à 150 kilomètres de là,
06:09et qui j'ai trouvé sur le parvis de l'église, Johnny qui était là.
06:12– Sans vous prévenir avant.
06:13– Sans me prévenir.
06:15Voilà, ça, c'était Johnny.
06:17Mais on partageait tellement de choses,
06:20même dans la vie privée, dans l'intime.
06:24Même moi, si j'allais mal, apparemment,
06:27c'était un compagnon.
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