- il y a 2 jours
Retrouvez notre soirée spéciale "Coup de tonnerre en Hongrie, Orban perd le pouvoir", présentée par Alice Darfeuille, sur BFMTV ce dimanche 12 avril 2026
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Nous allons revenir dans un instant sur le conflit au Moyen-Orient, mais nous allons essayer aussi de suivre ce
00:05qui se passe ce soir du côté de la Hongrie.
00:08Ulysse Gosset, puisque des élections législatives se tenaient en Hongrie, et ce qui se passe, c'est que Viktor Orban
00:15semble avoir reconnu sa défaite, Ulysse.
00:19C'est un tournant dans l'histoire de ce pays.
00:21C'est un tremblement de terre pour la Hongrie, et c'est surtout une défaite très sérieuse pour Viktor Orban,
00:26le Premier ministre hongrois, qui a donc été battu.
00:29On n'a pas le chiffre exact des résultats, mais par contre, le Premier ministre Orban a téléphoné à son
00:36adversaire, donc Peter Magyar,
00:38qui est donc élu ce soir, enfin qui dispose aujourd'hui d'une majorité confortable pour devenir le nouveau Premier
00:45ministre de Hongrie.
00:46C'est un événement évidemment très important, parce que Viktor Orban était au pouvoir depuis 2010, donc ça fait 16
00:52ans qu'il était au pouvoir,
00:54et il avait transformé la Hongrie en un régime populiste pro-russe, et qui devenait de plus en plus en
01:05délicatesse, je dirais, avec l'Union Européenne,
01:07notamment sur la guerre en Ukraine et le soutien apporté à l'Ukraine par l'Union.
01:11Donc sa défaite marque un tournant majeur dans l'histoire de la Hongrie.
01:15C'est une défaite pour Vladimir Poutine, c'est une défaite pour l'Amérique de Donald Trump,
01:20et aussi pour son vice-président Jay Devans, qui était en Hongrie tout récemment,
01:26avant d'aller à Islamabad pour parler de l'Iran et négocier avec les Iraniens.
01:31Jay Devans qui était allé en Hongrie pour le soutenir, en dénonçant, je cite,
01:37les ingérences de l'Europe dans la campagne.
01:39Il avait le soutien en France de Marine Le Pen, Victor Orban.
01:41Victor Orban qui est effectivement très proche de Marine Le Pen,
01:44qui elle-même s'est rendue en Hongrie à plusieurs reprises et dont elle était proche.
01:48Si vous voulez, c'est la défaite d'une Hongrie, comme on dit, illibérale,
01:52une démocratie illibérale, avec beaucoup d'accusations de corruption,
01:56de durcissement du régime, de contrôle de la justice, de limogèges de bon nombre de professeurs,
02:03de journalistes, d'hommes politiques hongrois qui ont fait les frais de la main mise sur le pouvoir
02:10par le FIDES, qui est le parti de Victor Orban.
02:13Ce qui est intéressant, c'est que celui qui a gagné, donc on va apprendre à prononcer son nom,
02:18Peter Maga, c'était à l'origine un proche de Victor Orban.
02:22Et c'était quelqu'un qui a décidé de le quitter.
02:26Et c'était sans doute l'une des grandes difficultés d'Orban,
02:28c'est que son adversaire n'était pas quelqu'un de gauche,
02:31c'était un opposant qui venait de son propre camp.
02:34Et donc il avait du mal, finalement, à contrer ses arguments.
02:37Et en tout cas, ce soir, les Hongrois ont décidé de renvoyer Victor Orban à la retraite.
02:45Pas de cinquième mandat pour Victor Orban,
02:48qui est en train de s'exprimer sur ses images en direct depuis Budapest.
02:54Il a donc reconnu sa défaite.
02:56Ce qu'il faut dire aussi, Bertrand Gallichet, et c'est important,
02:59c'est que ce scrutin a visiblement été marqué par une participation record des Hongrois.
03:08Oui, je crois qu'en fait, les Hongrois, après toutes ces années et tout ce qui vient d'être rappelé,
03:14n'en pouvaient plus de ce système qui avait profondément transformé le pays,
03:19mais pas forcément dans le bon sens.
03:21Alors ce qui va changer pour les Hongrois à partir de ce soir,
03:25c'est d'abord, peut-être on peut l'espérer,
03:28un frein à la corruption qui était endémique,
03:31qui était devenu totalement, je dirais, généralisé dans le pays,
03:35et dont le clan Orban avait très largement profité.
03:38Ensuite, sur les institutions, la justice notamment,
03:42qui était très contrôlée, très cornaquée, on va dire,
03:46par le clan Orban également et par les proches du pouvoir.
03:49Les médias également.
03:51Les médias privés avaient pratiquement tous été soit rachetés,
03:55soit interdits par Orban,
03:59et les médias publics étaient sous un contrôle quasiment total.
04:02Donc tout ça, ça va changer.
04:04Après, il y a le rapport à l'Europe, ce qui peut nous concerner.
04:06Le rapport aux minorités aussi était quand même très compliqué dans le système Orban.
04:12Sur le plan sociétal, mais vous savez,
04:14il ne faut pas s'attendre avec Peter Magyar à une révolution.
04:17Ce n'est pas un gauchiste, ce n'est pas un walkiste non plus.
04:19Et je pense que c'est ce qui fait aussi qu'il a réussi à obtenir cette victoire ce soir.
04:24Il y aura une forme de continuité, malgré tout, sur certains sujets.
04:27De ce point de vue-là, vous savez, quand on va en Hongrie,
04:30c'est quand même un des rares pays européens
04:33où, effectivement, on voit qu'il y a quand même une grande différence sur le plan sociétal.
04:38C'est un pays aussi où il n'y a pas d'immigration.
04:41Vous ne voyez pas de femmes voilées dans les rues quand vous allez en Hongrie.
04:44Ça n'existe pas ou quasiment pas.
04:46Donc c'est une société extrêmement différente de la nôtre.
04:49Et ça, ça pourrait ne pas changer, en tout cas pas tout de suite.
04:53Il y a quand même une volonté, je crois, de la part de la population hongroise,
04:57y compris de celle qui a élu ce soir Peter Magyar,
05:00de ne pas bouleverser, finalement, cette vision traditionnelle du pays
05:04qui reste assez fermée, en tout cas, aux idées qui sont répandues ailleurs en Europe.
05:10En ce qui nous concerne, ce qui va changer,
05:12Peter Magyar, il est député européen.
05:16Enfin, il a été, il est ensuite, il s'est assez rapproché de l'Europe,
05:21mais ce n'est pas un européiste, vous voyez.
05:22Ce n'est pas quelqu'un qui va vouloir afficher des drapeaux européens partout
05:26et se lancer à corps perdu dans un flirt poussé avec l'Europe.
05:34Les Hongrois et Peter Magyar, à leur tête, voudront, je pense, garder un peu de distance.
05:38Ils auront besoin de l'Europe.
05:39C'est un pays qui a besoin de se développer.
05:41C'est un pays qui n'a pas beaucoup de croissance.
05:43C'est un pays qui a pris beaucoup de retard.
05:45Et c'est vrai que l'argent aussi de l'Europe a été très souvent détourné.
05:49Et qui n'a pas ouvert ses portes, c'est ce que vous dites.
05:50En même temps, l'immigration, ce n'est pas que les femmes voilées non plus.
05:53Non, mais en l'occurrence, on le sait, en Europe, c'est quand même une immigration qui vient beaucoup d
05:59'Afrique.
05:59Et donc, la réalité visible, en tout cas, elle est celle-là.
06:03Et c'est ce qui frappe quand on va à Hongrie.
06:05Ce qu'il faut dire aussi, c'est qu'elle était quand même assez dingue, la campagne qui l'a
06:09menée, Victor Orban, pour ce cinquième mandat.
06:13Il a beaucoup insisté sur un point, c'est le conflit en Ukraine, en disant, en substance, si vous votez
06:19pour mon opposant, vous allez vous retrouver embarqué dans ce conflit entre l'Ukraine et la Russie.
06:25Oui, en réalité, c'était faux, parce que si Peter Maguire est très différent de Victor Orban, je rappelle qu
06:30'il venait donc du même parti, et que c'est lui aussi un nationaliste hongrois très convaincu.
06:35Mais sur l'Ukraine, il n'est pas du tout sur la ligne européenne, il n'est pas non plus
06:41engagé, et il est probable qu'il continue à s'opposer ou à négocier ardument le soutien de la Hongrie,
06:48au plan, notamment, de plusieurs dizaines de milliards de dollars, qui est bloqué actuellement à Bruxelles en raison de l
06:54'opposition de Victor Orban.
06:56Donc, tout ne va pas changer, mais ce qui va changer surtout, c'est la gestion du pays, la gestion
07:01de la Hongrie, qui était devenue, comme ça a été dit,
07:05comment dire, ultra-radicale, corrompue, et avec un pouvoir de Victor Orban tout-puissant,
07:12qui était devenu quasiment le vassal de Poutine, et qui avait réussi à nouer des relations extraordinaires avec Donald Trump.
07:20Et on peut dire qu'il y avait un véritable âge d'or entre l'administration Trump et Victor Orban.
07:27Donc, les conséquences de ce changement de Premier ministre vont être très importantes dans l'équilibre, je dirais, Est-Ouest,
07:35enfin Amérique-Europe, si j'ose dire,
07:37et vont peut-être également provoquer des changements à Bruxelles.
07:42Mais il faut rappeler que la Hongrie a besoin des fonds européens, énormément,
07:48et que dans la négociation sur l'Ukraine, il y a toujours cette question,
07:52est-ce que vous soutenez la politique de l'Europe à l'égard de l'Ukraine ou pas ?
07:57Et quand Victor Orban avait, de façon systématique, essayé de saboter tous les plans de soutien à l'Ukraine,
08:04eh bien, il y avait des conséquences, c'est-à-dire que l'aide européenne avait été bloquée.
08:07Donc, ça va permettre de réengager un dialogue, je dirais, plus facile avec la Hongrie,
08:12mais, encore une fois, non pas avec quelqu'un de complètement différent d'Orban sur le plan idéologique,
08:19c'est quand même un souverainiste hongrois qui a été élu ce soir.
08:22– Victor Orban, qui a donc pris la parole, on l'a suivi en direct sur BFM TV,
08:27et qui a notamment dit que le résultat des élections était clair et douloureux,
08:32et il a confirmé avoir donc appelé et félicité son opposant.
08:38Vous disiez tout à l'heure, Bertrand Gallichet, en fait, les Hongrois n'en pouvaient plus.
08:43Mais qu'est-ce qui a joué ? Qu'est-ce qui peut expliquer aujourd'hui cette défaite de Victor
08:47Orban ?
08:48Les questions économiques aussi ont pesé dans cette campagne ?
08:51– Oui, parce que, comme je le disais à l'instant, en fait, la Hongrie est un pays qui a
08:55du retard sur le plan du développement,
08:57et un retard qui ne devrait pas exister, car ils ont bénéficié de nombreux fonds européens,
09:04comme la plupart des pays de l'Europe de l'Est ou de l'Europe centrale,
09:09qui sont rentrés un peu tardivement dans l'Union européenne, et c'est assez frappant.
09:13Alors, ce n'est pas un pays non plus qui est très en retard,
09:17mais par rapport, si vous voulez, à ses voisins ou à certains de ses voisins proches,
09:21il y a quand même une différence qui est assez nette.
09:24Et on sait aussi que, si vous voulez, il y a ce contraste entre, finalement,
09:30une aspiration de la population hongroise, et on le voit à la faveur de ces élections,
09:36à une modernité et à plus d'entrée dans le XXIe siècle, si j'ose dire,
09:43mais en même temps, il y a ce côté, on veut garder notre souveraineté,
09:47on est assez nationaliste en Hongrie,
09:50les gens sont quand même très attachés à leur drapeau,
09:53à leur identité, à leur mode de vie,
09:56et donc, il n'y aura pas de basculement radical.
09:59Mais c'est vrai que Orban, qui a beaucoup joué sur ses valeurs traditionnelles,
10:04a en même temps, finalement, souffert d'une décrédibilisation
10:09à cause des pratiques qu'il a lui-même laissées faire dans son entourage.
10:15Je parlais de la corruption, il y a eu des enrichissements absolument considérables,
10:18et puis le fait que les institutions elles-mêmes ont été tordues à son bénéfice
10:23et au bénéfice de ses proches.
10:25Et ça, c'était insupportable.
10:26Alors, pour l'anecdote, je rappelle quand même que Peter Maguire a été marié
10:29avec une femme qui était elle-même au parti Fidesz, le parti de Orban,
10:35et qui a été même ministre de la Justice.
10:37Donc, vous voyez, bon, ils ont divorcé depuis,
10:39mais tout ça est quand même très imbriqué au départ.
10:42Il connaît même le parcours personnel de ce nouveau...
10:49Ils étaient assez proches avec Victor Orban au début,
10:52mais en fait, vous posez la question,
10:54qu'est-ce qui s'est passé ?
10:55Il se parlait du divorce, en l'occurrence.
10:56Qu'est-ce qui s'est passé ?
10:57Usure du pouvoir, essentiellement.
10:59En fait, Orban, ça fait 30 ans qu'il est dans la politique hongroise,
11:03ça fait 16 ans qu'il est Premier ministre,
11:05et son régime a été marqué par nombre d'irrégularités
11:10du égard au respect de l'État de droit,
11:12qui a été souvent bafoué.
11:14Mais il y a aussi une cause économique très profonde.
11:17Quand Orban, au début de son dernier mandat, est arrivé,
11:21il avait poussé pour l'augmentation des salaires.
11:24C'était une période florissante,
11:25grâce notamment au soutien de l'Union européenne.
11:28Aujourd'hui, il y a une telle inflation
11:30que tous les gains enregistrés par les Hongrois
11:34au début des mandats d'Orban ont disparu.
11:38Et donc, ça explique aussi ce vote assez massif.
11:41Et puis, il y a aussi une différence d'âge.
11:43Orban a 62 ans, Peter Maga en a 45.
11:46Donc, c'est un changement, presque de génération en tout cas.
11:49C'est un jeune libéral conservateur,
11:52c'était quelqu'un de centre-droit,
11:54pour expliquer d'où il vient et ce qu'il est.
11:56Et qui s'inscrit, je dirais, dans la ligne plutôt centre-droit
12:00de la majorité du Parlement européen.
12:02Il est d'ailleurs, lui-même, député européen.
12:04C'est comme député européen qu'il a commencé sa carrière politique
12:07et que son ascension a démarré.
12:09En tout cas...
12:10Il parle ce soir, Ulysse, d'une victoire, d'une défaite douloureuse.
12:14Mais ça n'est pas non plus une surprise.
12:15On rappelle que les derniers sondages
12:18donnaient quand même une nette avance à son opposant.
12:21Alors, ce n'est pas une surprise,
12:22mais vous savez, en politique, on ne dit jamais c'est fini.
12:25Et on veut toujours essayer de garder le pouvoir.
12:27On l'a vu encore récemment en France.
12:29Donald Trump, il y a 48 heures, qu'est-ce qu'il a dit ?
12:33Après la visite de son vice-président, il a dit
12:35« Si Orban gagne, je subventionnerai à nouveau la Hongrie
12:39et je ferai un don de 10 milliards de dollars à la Hongrie. »
12:43Donc, ils ont essayé, je pense les Américains, jusqu'au bout,
12:46enfin l'Amérique de Donald Trump,
12:47d'empêcher la défaite de Viktor Orban.
12:50Ça n'a pas fonctionné tant le mécontentement
12:54était profond dans la population pour des raisons économiques,
12:57je viens d'en parler, pour des raisons politiques
12:59et aussi pour peut-être cette dérive du pouvoir personnel de Viktor Orban.
13:06On redoutait d'ailleurs des irrégularités lors de ce scrutin, Élise.
13:10Mais je dirais que c'est important ce soir, je trouve que c'est un geste assez noble
13:14et en tout cas à respect de la démocratie, de Viktor Orban,
13:18qui était un dirigeant tout puissant et qui en a bien abusé,
13:22mais qui ce soir appelle son opposant, le félicite et reconnaît sa défaite
13:26avant même que les résultats définis soient tombés.
13:28C'est une bonne nouvelle pour l'Europe et ça veut dire qu'on peut avoir des résultats,
13:33des élections qui se passent dans de bonnes conditions
13:36et qui se traduisent par un changement de pouvoir dans de bonnes conditions
13:40et de façon démocratique et pacifique dans le monde dans lequel on vit,
13:43ce n'est pas inutile de le rappeler.
13:44Parce que les résultats définitifs ne sont pas encore tombés,
13:48ce qui explique pourquoi aussi peut-être on n'assiste pas à des scènes de liesse
13:53lorsqu'on voit ces dizaines de personnes, ces centaines de personnes réunies dans la rue.
13:56Alors on ne sait pas si ce sont des soutiens ou pas de Viktor Orban,
13:59visiblement ce sont plutôt des soutiens de Peter Margar,
14:02mais on reste encore prudent, on attend les résultats définitifs.
14:05Oui et vous savez que les Hongrois auxquels j'ai pu parler ces derniers jours,
14:10ces dernières semaines, voyaient les sondages mais n'y croyaient pas,
14:14se disaient mais finalement on va aboutir, on va finalement constater
14:20un résultat qui sera à l'inverse de ce que nous aurons voté
14:23parce qu'il est trop fort, il tient le pays de façon tellement étroite
14:28que les élections ne reflèteront pas la réalité du vote.
14:32Donc ils n'y croyaient pas et je pense que c'est aussi ce qui fait que ce soir peut
14:36-être
14:37la foule qui est rassemblée à Budapest ou ailleurs est un peu dans l'expectative
14:42et attend vraiment une publication des résultats officiels.
14:45Mais juste un mot pour revenir sur l'atmosphère qui régnait dans ce pays.
14:51Je vous parlais des médias tout à l'heure, je me souviens avoir fait il n'y a pas si
14:55longtemps
14:55un reportage sur un média privé, radio et télévision qui essayait de survivre
15:01dans cet univers qui avait été complètement phagocyté par Victor Orban et ses proches
15:07et en fait toutes les publicités fournies, tous les contrats publicitaires
15:13qui auraient pu être passés par des organismes publics avaient été supprimés.
15:18Donc ces organismes, ces médias privés n'avaient plus du tout d'argent venant de campagnes publicitaires de l'État
15:24et même les annonceurs privés finalement renonçaient à annoncer sur ces médias
15:31parce qu'ils avaient peur des représailles du pouvoir.
15:34Vous voyez où on en était, c'est quand même un système qui était extrêmement dur
15:37pour la démocratie et pour les libertés publiques.
15:40Général Chollet, je vous voyais me faire signe pour réagir.
15:43Oui, parce qu'il y a une dimension qui n'a pas été mentionnée
15:48et là c'est l'expert en renseignement qui vous parle
15:50c'est justement la fin de l'ère Orban va améliorer le niveau de confiance
15:57dans les échanges de renseignement au niveau des pays européens.
16:01Orban, c'était la porte ouverte aux indiscrétions
16:05voire à la pénétration des services russes voire chinois en Europe.
16:09On peut espérer, mais il faudra voir à l'usage
16:12que la nouvelle administration hongroise jouera le jeu
16:15des échanges de renseignement entre états membres de l'UE
16:18sans avoir la crainte, sans qu'on ait la crainte
16:21que tout ce qui sera dit ou fait au niveau de Bruxelles
16:25que ce soit à l'INCENT, le centre de renseignement de Bruxelles
16:28pour la partie civile ou à l'EMUE pour la partie militaire
16:32ne parte pas directement à Moscou ou à Pékin.
16:35Il y avait un grand malaise à Bruxelles avec les représentants hongrois
16:41et qui faisait que le niveau de renseignement synthétisé pour la commission
16:45était à chaque fois réduit à la portion congrue
16:48parce que plus personne n'osait partager
16:50parce qu'il manquait la confiance avec les services hongrois.
16:55Il y a d'autres pays...
16:55Juste vous ne croyez pas si bien dire
16:57parce qu'à l'instant la présidente de la commission européenne
17:00Ursula von der Leyen réagit avec ces mots
17:02elle dit ce soir le cœur de l'Europe bat plus fort en Hongrie.
17:08Et en termes de renseignement je peux vous assurer
17:10que c'est... on attendra au résultat
17:13mais c'est un événement très important.
17:16En termes de soutien militaire à l'Ukraine
17:18alors même si vous nous expliquez parfaitement
17:20pourquoi on pourrait s'attendre à une forme de continuité
17:23de la part du vainqueur de ces législatives
17:25on rappelle quand même que c'est Viktor Orban
17:27qui récemment a bloqué le déclenchement
17:31d'une aide très importante
17:32une aide majeure pour les Ukrainiens.
17:34Oui puisque depuis que Donald Trump a suspendu
17:36toute l'aide à l'Ukraine sur le plan financier
17:39c'est l'Europe qui y finance.
17:40Et donc il y avait un paquet d'aides de 90 milliards
17:43sous forme de prêts qui avaient été votés
17:45par les dirigeants européens
17:49sauf par Viktor Orban
17:50et comme il fallait une décision unanime
17:51il bloquait complètement la décision.
17:53Et ce n'est pas la première fois en fait
17:54à plusieurs reprises dans les récents conseils européens
17:58Orban bloquait.
17:59Alors on pouvait se dire que c'était une habileté
18:01pour obtenir plus de soutien
18:03de la part de la communauté européenne
18:05de la part de l'Union européenne
18:06et ça a souvent marché
18:08c'est-à-dire qu'il obtenait plus de subventions.
18:09Mais là ça s'est transformé
18:11en une véritable opposition politique.
18:14Mais attention parce que
18:16le nouveau Premier ministre
18:17donc Peter Maga
18:18n'est pas non plus favorable
18:20à la livraison d'armes à l'Ukraine.
18:22Il est beaucoup plus modéré
18:25qu'Orban sur ce sujet.
18:27Il soutient et il reconnaît à l'Ukraine
18:30le droit de se défendre
18:31et il reconnaît Poutine comme agresseur.
18:33Ça c'est très important sur le plan politique.
18:35Mais sur le plan financier
18:37et sur le plan d'envoi des armes
18:38il n'est pas pour non plus.
18:39Donc il conserve quand même
18:41cette prudence
18:41et cette distance je dirais
18:43par rapport à d'autres pays européens
18:45comme la France par exemple.
18:46La France, une réaction justement
18:47à l'instant Ulysse Gosset
18:49le Président de la République
18:50qui écrit ces mots
18:51La France salue une victoire
18:53de la participation démocratique
18:54de l'attachement du peuple hongrois
18:57aux valeurs de l'Union Européenne
18:58et pour la Hongrie
19:00en Europe
19:01dit Emmanuel Macron.
19:03Il ne se mouille pas beaucoup
19:04le Président français.
19:04Non mais il a raison
19:05de souligner
19:06la très forte participation
19:08des Hongrois
19:09qui sont allés massivement voter
19:10ce qui traduisait
19:12d'une certaine manière
19:13leur volonté de changement.
19:18Certains journaux hongrois
19:20parlaient de dégagisme
19:21entre guillemets.
19:22Mais qu'est-ce qu'a annoncé
19:23le futur Premier ministre ?
19:24Hausse des allocations familiales
19:27hausse des retraites
19:29garantie de l'indépendance
19:30de la presse
19:31et examen de toutes les situations
19:34compliquées entre guillemets
19:35d'atteinte à l'état de droit.
19:37Donc c'est quand même
19:37quelqu'un qui incarne
19:39vraiment une volonté de changement
19:40mais pas simplement politique
19:42et je dirais même
19:42plus presque plus économique
19:45parce que la Hongrie
19:47avait connu son âge d'or
19:48c'est vrai
19:49et qui était en train
19:50de perdre tous ses atouts
19:53et ça explique sans aucun doute
19:55au-delà de l'aspect politique
19:56la forte mobilisation
19:57des Hongrois aux urnes.
19:59Saison de règne.
20:01de Victor Orban
20:04est-ce que vous avez en tête
20:07des moments forts
20:08de ce règne
20:09des décisions
20:10qui ont marqué
20:11plus que d'autres
20:13ce règne de Victor Orban
20:14sur la Hongrie
20:15Bertrand Galichet
20:16les coups d'éclat
20:17si je puis dire ?
20:18Ça a été une imprégnation
20:19très lente
20:19très diffuse
20:21mais très constante
20:22en réalité
20:22de la mainmise
20:24sur le pouvoir
20:25et sur les pouvoirs
20:27je parlais de la justice
20:28je parlais de la presse
20:29mais finalement
20:29tous les aspects du pouvoir
20:31y compris
20:31et surtout
20:32les aspects économiques
20:34de la vie
20:34de la Hongrie
20:35ont été impactés
20:37par cette politique
20:39finalement
20:39qui consistait
20:41à privilégier
20:42les amis du pouvoir
20:44et c'était vrai
20:45dans tous les domaines
20:45dans l'immobilier
20:46par exemple
20:47mais aussi
20:47dans l'industrie
20:49dans les grands contrats
20:50qui ont été passés
20:51par le gouvernement
20:52Orban
20:53depuis donc 2010
20:55maintenant
20:56et c'est une situation
20:58qui va changer
21:00parce que
21:01la Hongrie
21:02a besoin
21:02de se moderniser
21:03et de s'ouvrir
21:04alors la Hongrie
21:05vous le savez
21:06a été très proche
21:07et toujours
21:07aujourd'hui très proche
21:09par exemple
21:09de la Chine
21:10pas seulement
21:11de la Russie
21:11pas seulement
21:13des Trumpistes
21:14mais aussi
21:15de pays
21:16comme effectivement
21:17Pékin
21:18qui ont implanté
21:21des industries
21:23il y a une grande
21:23université
21:24financée par la Chine
21:25donc il y avait
21:26vraiment un rapport
21:27important
21:28avec des
21:29on va dire
21:30des régimes illibéraux
21:31mais ce qu'il faut
21:34retenir
21:34c'est que sur le fond
21:35pour revenir
21:36à des sujets
21:36de société
21:37il n'y aura pas
21:38véritablement
21:39de rupture
21:40au sens où
21:41ça a été rappelé
21:42effectivement
21:44Orban
21:45avait beaucoup
21:46donné d'argent
21:47notamment pour
21:48les familles
21:49et cette politique
21:50familiale
21:51le doublement
21:51des allocations
21:52familiales
21:53Peter Magyar
21:54s'y est engagé
21:55quand vous voyagez
21:56en Hongrie
21:57si vous avez
21:58plus de 65 ans
21:59c'est gratuit
22:00donc vous voyez
22:01il y a quand même
22:01un certain nombre
22:02de mesures sociales
22:03c'est un état
22:03à la fois
22:05très nationaliste
22:06et très social
22:07et tout ne va pas
22:09changer
22:09d'un claquement
22:10de doigts
22:11dans les heures
22:12qui viennent
22:12je crois qu'il y a
22:12un certain nombre
22:13de choses aussi
22:14auxquelles les Hongrois
22:15sont attachés
22:16parce que ça fait partie
22:17de leur mode de vie
22:18et c'est ça qui fait
22:18qu'il a tenu si longtemps
22:19aussi
22:20j'imagine
22:21quand il a été élu
22:22il faut le rappeler
22:23il a été élu massivement
22:24ça a été un triomphe électoral
22:26mais les moments clés
22:27c'est quoi
22:28la réforme de la constitution
22:30qui bouleverse
22:31l'équilibre des pouvoirs
22:32et qui est critiquée
22:32par l'Union Européenne
22:33parce que justement
22:34l'état prend
22:36une bonne part du pouvoir
22:37et réduit celui
22:38de la justice
22:38celui de la presse
22:39etc.
22:40et de la justice
22:40donc
22:41deuxièmement
22:42c'est la crise migratoire
22:43en 2015
22:44vous vous souvenez
22:45quand la Hongrie décide
22:46de construire une clôture
22:47à ses frontières
22:48et refuse les migrants
22:49donc ce qui avait suscité
22:50beaucoup
22:50de contestation
22:52et d'opposition
22:54et puis donc
22:55le troisième
22:57élément majeur
22:58c'est son rapprochement
22:59continu
23:00et régulier
23:02avec la Russie
23:03de Poutine
23:04à tel point
23:04que récemment
23:05par exemple
23:08Orban avait fait arrêter
23:09une délégation
23:10d'Ukrainien
23:11qui était venue
23:11à Budapest
23:12pour négocier
23:13vous savez
23:13le passage
23:14du pétrole russe
23:16à travers l'Ukraine
23:17pour que ça arrive
23:18en Hongrie
23:18et les Ukrainiens
23:19n'étaient pas d'accord
23:20sur le mode de fonctionnement
23:21et donc
23:22il y avait un conflit
23:23très clair
23:23entre les deux pays
23:24mais qu'a fait Orban
23:25et bien il a fait arrêter
23:26les négociateurs
23:27c'était une façon
23:29brutale
23:29d'exprimer son désaccord
23:30donc
23:30c'est cette gestion
23:32très personnelle
23:33et très
23:34comment dire
23:35et très autoritaire
23:36finalement
23:36de cet homme
23:38qui avait
23:39à l'origine
23:40suscité
23:41un véritable espoir
23:42et qui a d'ailleurs
23:44réussi
23:45dans les premières années
23:46à développer
23:47l'industrie
23:49l'économie
23:50de la Hongrie
23:51et puis ensuite
23:51il y a eu
23:52ces reculs démocratiques
23:53qui ont été soulignés
23:54Général Chollet
23:55ajoutez à cela
23:56les révélations récentes
23:58des coups de fil
24:01passés
24:01par le ministre
24:02des Affaires étrangères
24:03hongrois
24:04avant
24:05pendant
24:05et après
24:06des réunions
24:08à Bruxelles
24:08qui allaient directement
24:10vers Moscou
24:10donc on avait quand même
24:12un lien
24:12qui était absolument
24:14contraire
24:15j'allais dire
24:15à l'esprit même
24:17de l'Union Européenne
24:18d'autres éléments
24:20qui sont quand même
24:21assez significatifs
24:22c'est pour des programmes
24:23nucléaires
24:24mais peut-être que
24:24vous voulez en parler
24:26la Hongrie
24:27a fait le choix
24:29quand même
24:30russe
24:30je ne sais même pas
24:31si les Chinois
24:31ne sont pas
24:32dans la partie
24:33mais pour des programmes
24:34majeurs
24:35qui sont absolument
24:36dimensionnants
24:37pour l'Union Européenne
24:38c'était le choix
24:39de la Hongrie
24:40des filières
24:41et des propositions
24:43faites par les Russes
24:44donc on était
24:45totalement éloignés
24:46mais encore une fois
24:47regardons à l'usage
24:48avec Orban
24:49on était très éloignés
24:51de cette solidarité
24:53de cette idée
24:54de faire équipe
24:55dans l'Union Européenne
24:56et de regarder
24:57à l'Est
24:58à Moscou
24:59mais comme vous l'avez dit
25:00bien au-delà à Pékin
25:01quand j'étais moi-même
25:01en séjour à Pékin
25:02j'étais à chaque fois
25:04étonné
25:04par le jeu
25:05des Hongrois à Pékin
25:07par rapport au reste
25:08des pays membres
25:09de l'UE
25:09ce qui explique aussi
25:11peut-être pourquoi
25:11la présidente
25:12de la Commission Européenne
25:13dit ce soir
25:14que la Hongrie
25:15se rapproche
25:16un peu plus
25:16de l'Europe
25:17avec ce résultat
25:19des élections
25:20législatives
25:21c'est la chute
25:22Bertrand Galichet
25:23c'est la chute
25:24ce soir
25:24d'un homme
25:25qui était
25:25l'un des visages
25:27emblématiques
25:28de l'extrême droite
25:29en Europe
25:29et dont on pensait
25:31qu'il était indéboulonnable
25:32comme quoi
25:35ses personnalités
25:36extrêmement fortes
25:37extrêmement charismatiques
25:38parce que c'est son cas
25:39ne sont pas
25:41éternels
25:42en politique
25:43alors
25:43rien ne dit
25:44qu'il ne reviendra pas
25:46on ne sait pas
25:46l'avenir n'est pas écrit
25:48mais c'est vrai
25:48qu'il a en fait
25:50trop tiré sur la corde
25:52je pense qu'on peut
25:53résumer les choses
25:53comme ça
25:54il a été trop loin
25:55en matière
25:56d'enrichissement
25:58de ses proches
25:59en matière
25:59de détournement
26:00finalement
26:01des institutions
26:02démocratiques
26:03en matière
26:04de médias
26:06qui ont été muselés
26:07les uns
26:07après les autres
26:08et les médias d'État
26:10ont été mis au pas
26:11donc le fait
26:12d'avoir accumulé
26:14tout cela
26:14même s'il a gardé
26:16des valeurs
26:17qui conviennent
26:18aux Hongrois
26:20et qui conviennent
26:20toujours aux Hongrois
26:21et bien
26:22ces dérives
26:23n'étaient plus supportables
26:25par la majorité
26:26de la population
26:27et je crois
26:28qu'au fond
26:29le couvercle
26:30si vous voulez
26:31a sauté ce soir
26:32et c'est ce qui explique
26:33que le résultat
26:35est quand même
26:36assez net
26:37et que
26:38Orban n'a pas réussi
26:40comme certains
26:41le soupçonnaient
26:42à tort ou à raison
26:43à bourrer les urnes
26:44et à
26:45touter les élections
26:46pour rester au pouvoir
26:48l'aurait-il fait
26:50en avait-il l'intention
26:50personne ne peut le dire
26:51mais en tout cas
26:52comme je vous l'ai expliqué
26:53tout à l'heure
26:54c'était un peu
26:55l'idée qui courait
26:56il avait
26:57cette
26:58intention
26:59qui lui était prêtée
27:00oui donc
27:01tout cela
27:02s'est évidemment
27:02passé dans un climat
27:04très particulier
27:04ce qui explique
27:05aussi peut-être
27:06ce soir
27:07la prudence
27:08de ces centaines
27:09de personnes
27:10réunies dans les rues
27:11de Budapest
27:12que vous voyez ici
27:13à l'image
27:14sur ces images en direct
27:14et qui attendent
27:15les résultats
27:17définitifs
27:17Emmanuel Macron
27:18qui a donc réagi
27:20qui salue une victoire
27:21de la participation
27:22démocratique
27:22de l'attachement
27:23du peuple
27:24on croit
27:24quel était le lien
27:25la relation entre
27:26Emmanuel Macron
27:26et Victor Orban
27:27qu'est-ce que l'on sait
27:28de ça
27:28Ulysse Gosset ?
27:29il ne s'entendait pas
27:31si mal que ça
27:31en réalité
27:33étonnamment
27:33et pourquoi
27:34alors ça je vous laisse
27:35la liberté du legement
27:36non mais parce que
27:36la relation entre la France
27:37et la Hongrie
27:38non mais ce qui était
27:38intéressant c'est que
27:39Orban c'était un peu
27:41devenu l'obstacle
27:42à tous les accords
27:42européens
27:43et donc
27:44il irritait profondément
27:46Bruxelles
27:46on peut le dire comme ça
27:47d'ailleurs dans ses campagnes électorales
27:49il avait affiché des panneaux
27:51stop Bruxelles
27:52arrêtez Bruxelles
27:55mais Emmanuel Macron
27:56qui voulait que les accords
28:00aboutissent
28:01notamment à propos de l'Ukraine
28:02avait réussi à lier
28:05une relation personnelle
28:06avec lui
28:06et à chaque fois
28:08qu'il y avait des conseils
28:08européens importants
28:09il s'arrangeait
28:10soit pour aller dîner
28:11à Budapest
28:11soit pour faire venir
28:12Victor Orban à Paris
28:13à l'Elysée
28:14pour discuter avec lui
28:15et essayer d'amadouer
28:16le personnage
28:17et ça a relativement
28:18bien marché
28:19jusqu'à récemment
28:20où là
28:21Orban était dans une
28:22situation de blocage
28:24en particulier
28:24sur le fameux financement
28:26de l'Europe
28:27à l'Ukraine
28:28alors on entend quand même
28:29cette foule
28:30qui commence à célébrer
28:33cette victoire
28:35acquise
28:36vous savez ce qui est
28:36très intéressant
28:37c'est que Victor Orban
28:38quand c'était un jeune homme
28:39jeune hongrois
28:41c'était un contestataire
28:42au cheveu long
28:42qui en 1989
28:45avait fait parler de lui
28:47parce qu'il avait pris
28:48la parole
28:48sur une des grandes places
28:50de Budapest
28:50pour dénoncer
28:52la mainmise
28:53de l'Union soviétique
28:54sur le pays
28:56sur la Hongrie
28:56il était devenu
28:57un symbole
28:58de la révolte des jeunes
29:00contre l'URSS
29:01et contre le communiste
29:02c'était donc un jeune
29:04qui a fait sa mutation
29:05comme quoi
29:06oui oui mais bon
29:08il y en a eu d'autres
29:09comme ça
29:09et donc si vous voulez
29:10l'idée c'est que
29:11il a donc
29:12non seulement
29:13fait parler de lui
29:14à cette occasion
29:14c'est comme ça
29:15qu'il est entré en politique
29:16il est devenu
29:17un homme politique
29:18extrêmement puissant
29:19et ensuite
29:20il a été élu
29:21premier ministre
29:22et il est resté
29:2316 ans au pouvoir
29:25vous l'avez déjà
29:26approché vous
29:26ou vu en meeting
29:27Ulysse Gosset
29:28je ne l'ai jamais interviewé
29:29je l'ai vu
29:29dans des réunions
29:30soit à Bruxelles
29:31soit à Paris
29:32lorsqu'il venait
29:32on n'a jamais réussi
29:34à faire une interview
29:35je crois qu'il n'a fait
29:36quasiment aucune interview
29:37auprès de médias français
29:39et il y avait
29:39si vous voulez
29:40une méfiance de sa part
29:41à l'égard des médias français
29:42vis-à-vis de la presse
29:44en général
29:45parce qu'au début
29:46c'était un jeune homme
29:47donc engagé
29:48puis devenu
29:49plutôt libéral
29:50plutôt conservateur
29:52et puis ensuite
29:53illibéral
29:54c'est-à-dire
29:55c'est ce tournant
29:56qu'ont pris
29:57les dirigeants populistes
29:58en Europe
29:59et dont il était devenu
30:00un des principaux leaders
30:02donc il y avait
30:05dans Victor Orban
30:06d'abord
30:06un véritable charisme
30:08il ne faut pas non plus
30:09négliger le fait
30:10qu'il a réussi
30:11à être pendant 16 ans
30:12et 4 fois réélu
30:14c'est pas rien
30:15et il avait toujours
30:18un grand talent
30:19pour haranguer la foule
30:20et on l'a vu
30:21jusqu'au dernier meeting
30:23cette semaine
30:23donc c'était quelqu'un
30:25c'était un véritable phénomène
30:27c'était un animal politique
30:30de très haut niveau
30:31pardon
30:32j'ai eu l'occasion
30:33de l'approcher
30:33justement en Chine
30:34vous tombez à pic ce soir
30:36général Cholot
30:37je suis l'homme
30:38qui tombe à pic
30:39je ferai un feuilleton bientôt
30:40mais non
30:41à l'occasion
30:42d'une visite en Chine
30:43j'avais été invité
30:44à une des réceptions
30:46de toute évidence
30:47c'est quelqu'un
30:48qui avait un leadership
30:49et un charisme évident
30:51et moi
30:52ce qui m'a toujours
30:53un peu étonné
30:55c'est que la Hongrie
30:56qui était un des deux pays
30:57qui avait eu une révolte
30:59dans le glacis soviétique
31:02avec la Tchécoslovaquie
31:04et c'était encore une fois
31:05une révolte
31:06qui avait été réprimée
31:07dans le sang
31:07par les soviétiques
31:08était devenue
31:09à travers Orban
31:10le pays
31:11de l'Union Européenne
31:13en Europe
31:13le plus proche
31:14de la Russie
31:15et ce paradoxe
31:16ce paradoxe
31:17qui s'est étalé
31:19dans le temps
31:19qui est venu lentement
31:20j'allais dire
31:21c'est le fait d'Orban
31:23et de sa clique
31:24moi à titre personnel
31:26mais je ne suis pas là
31:27pour donner un avis personnel
31:28je suis ravi
31:29mais encore une fois
31:30je ne suis pas sûr
31:31que Peter Magyar
31:31ne réservera
31:33que de bonnes surprises
31:34alors précisément
31:35est-ce qu'avec cette victoire
31:37de Peter Magyar
31:38on peut dire
31:39et considérer ce soir
31:42que les Hongrois
31:43ont choisi l'Europe
31:44que c'est une mauvaise nouvelle
31:46pour Vladimir Poutine
31:47et une bonne nouvelle
31:48pour Zelensky
31:49c'est pas aussi simple
31:50que ça
31:50non parce que
31:51effectivement
31:52Peter Magyar a dit
31:54qu'il ne soutiendrait pas
31:55militairement l'Ukraine
31:57ça c'est extrêmement clair
31:58ça fait partie d'ailleurs
32:00des fondamentaux
32:01de sa campagne
32:02parce que
32:02mais pourquoi
32:03parce que ça coûte trop cher
32:04ou parce qu'il faut rester
32:06du côté des Russes
32:07parce que
32:08pour sa campagne
32:09il était important
32:10de ne pas
32:11prêter le flanc
32:12à Orban
32:14qui aurait utilisé
32:16au fond
32:16cet argument
32:17pour dire
32:18vous voyez
32:19pour dire à ses électeurs
32:20aux Hongrois en général
32:22vous voyez
32:23si vous votez
32:23Peter Magyar
32:24et bien
32:24il va vous entraîner
32:26dans la guerre
32:26en Ukraine
32:28et contre la Russie
32:29et nous sommes
32:30un petit pays
32:31et nous n'avons pas
32:32les moyens
32:32ni la volonté
32:33ni le goût
32:34de rentrer
32:35dans cette aventure
32:36et c'est pour ça
32:37qu'il a été extrêmement
32:38modéré
32:39maintenant qu'il arrive
32:40au pouvoir
32:41il est probable
32:42qu'il va rester
32:43sur cette ligne
32:44très prudente
32:45et qu'il ne s'engagera pas
32:46et d'autre part
32:47il est
32:49un Européen
32:50encore une fois
32:51qui est
32:53qui garde une distance
32:54vis-à-vis de Bruxelles
32:55qui
32:56veut bien profiter
32:58finalement
32:58de tout ce que peut apporter
33:00de positif
33:00et de moderne
33:01l'Europe
33:02dans la Hongrie
33:03qui en a bien besoin
33:04mais qui ne veut pas
33:06être soumis
33:06aux joues de Bruxelles
33:08et en tout cas
33:09qui veut garder
33:11je dirais
33:11une certaine
33:13indépendance
33:14une certaine autonomie
33:15et une certaine
33:16souveraineté
33:17je crois que c'est un mot
33:17qui est très important
33:18pour les Hongrois
33:19on va écouter un extrait
33:20je viens vers vous
33:21Ulysse
33:21dans un instant
33:22un extrait du discours
33:23de Victor Orban
33:25qui a donc reconnu
33:26sa défaite
33:29ni la responsabilité
33:31ni l'opportunité
33:32de gouverner
33:33ne nous ont été données
33:34j'ai félicité
33:35le parti gagnant
33:39ce que je voulais dire
33:41c'est que
33:41vous demandiez
33:42qu'est-ce qui va changer
33:43en Hongrie
33:45ça va vraiment dépendre
33:46du résultat
33:47et c'est pour ça
33:47que c'est important
33:47d'attendre
33:48les résultats définitifs
33:49parce que
33:49en fait
33:50c'est une élection
33:51qui va se jouer
33:52au Parlement
33:53et en fonction
33:54de la majorité
33:56des deux tiers
33:57qu'il aura
33:57le nouveau Premier ministre
33:59alors il pourra gouverner
34:00à sa guise
34:01si j'ose dire
34:02en tout cas
34:02pour suivre son programme
34:03s'il n'a qu'une majorité
34:05de 50 et quelques pourcents
34:07alors il restera
34:08d'une certaine manière
34:10prisonnier
34:11des députés
34:12qui restent favorables
34:13à Victor Orban
34:14donc ça se joue
34:15vraiment dans les urnes
34:15il faut voir exactement
34:17quelle sera
34:17cette majorité
34:18qu'il obtient
34:19au Parlement
34:20qui lui permettra
34:21s'il a les deux tiers
34:22et bien
34:23d'appliquer
34:24son programme
34:25de réforme
34:26d'augmentation
34:26des salaires
34:27des retraites
34:28des allocations familiales
34:29et également
34:30son orientation politique
34:32différente
34:33notamment sur la gestion
34:34de l'état de droit
34:35en Hongrie
34:36dans quelle mesure
34:37en 16 ans de règne
34:37il a changé
34:38ce pays
34:39Bertrand Galichet
34:40il a changé
34:41le visage
34:42de la Hongrie
34:43Victor Orban
34:44et bien
34:45il l'a un peu
34:47renfermée
34:48sur elle-même
34:48à un moment
34:49où les pays voisins
34:51les pays d'Europe centrale
34:52et d'Europe de l'Est
34:53s'ouvraient
34:54beaucoup plus largement
34:55et ça c'est un contraste
34:56qui est important
34:58il a un pays
34:59frère
35:00je dirais
35:01qui était
35:02qui est toujours
35:03la Slovaquie
35:04qui a adopté
35:05à peu près
35:06le même modèle
35:07le même comportement
35:08de défiance
35:10vis-à-vis
35:10de l'Europe
35:11les mêmes prises
35:12de position
35:13sur les sujets
35:14internationaux
35:15et notamment
35:15sur l'Ukraine
35:16mais c'est un peu
35:18une exception
35:19au sein
35:19de ces pays
35:21d'ex-Union soviétique
35:22qui ont connu
35:24toutes les transformations
35:25que l'on connaît
35:26et qui ensuite
35:28ont été
35:29les plus enthousiastes
35:30je pense par exemple
35:31à la Pologne
35:31je pense
35:33à d'autres
35:34pays
35:35de ce groupe
35:36de nations
35:38qui étaient
35:39finalement
35:39très emballés
35:41par l'idée
35:41de rejoindre
35:42une Europe
35:42de l'Ouest
35:43et à se conformer
35:44au mode de vie
35:46de l'Ouest
35:46et là
35:46ça n'a pas du tout
35:48été le cas
35:48et il a voulu
35:52finalement
35:53imposer
35:53cette ligne politique
35:55qui a été
35:56une lente dérive
35:57ça n'est pas arrivé
35:58d'un seul coup
35:59et ça s'est
36:00je dirais
36:01amplifié
36:02à partir du moment
36:03de la guerre
36:04en Ukraine
36:04il y a 4 ans
36:05c'est intéressant
36:06ça ce que vous dites
36:06c'est que
36:07cette politique
36:08qu'il a mise en oeuvre
36:10il ne l'a pas
36:11faite dès le début
36:12avec des déclarations
36:13fracassantes
36:14ça s'est fait
36:15petit à petit
36:16de manière insidieuse
36:18et progressivement
36:20et il a suscité
36:21beaucoup d'espoir
36:21parce que
36:22c'était à l'époque
36:23bon il était
36:24beaucoup plus jeune
36:25évidemment
36:25et puis
36:26il avait
36:27su finalement
36:28mobiliser
36:29la population
36:29autour
36:30à la fois
36:31de perspectives
36:32de modernisation
36:34du pays
36:34de progrès
36:36économique
36:37et social
36:38tout en conservant
36:39ce socle
36:40un peu traditionnel
36:42familial
36:43auquel
36:43les Hongrois
36:45sont très attachés
36:46regardez ces images
36:47vues du ciel
36:48des rues
36:49de Budapest
36:50avec des centaines
36:52des milliers
36:53de personnes
36:54réunies dans les rues
36:55de Budapest
36:56alors que
36:56les résultats
36:57définitifs
36:58ne sont pas
36:58encore tombés
36:59mais c'est une question
37:00de minutes
37:01je souriais
37:04parce que
37:04je relisais
37:04les déclarations
37:05de Viktor Orban
37:06sur l'Union Européenne
37:07un jour
37:07il avait comparé
37:09l'Union Européenne
37:09à l'Union Soviétique
37:10en dénonçant
37:11la bureaucratie
37:12de Bruxelles
37:13etc
37:13donc c'était
37:13une opposition
37:14frontale
37:15qu'il avait affichée
37:17et qui lui avait
37:18à la fois
37:19permis
37:20de se rapprocher
37:21de Poutine
37:21et d'avoir
37:21une popularité
37:22et une dimension
37:24internationale
37:24très importante
37:26quand Donald Trump
37:27a été élu
37:28qui a
37:29en fait
37:30réduit
37:30les capacités
37:31d'aider l'Ukraine
37:32de Zelensky
37:33donc vous demandiez
37:33tout à l'heure
37:34est-ce que c'est
37:34une bonne nouvelle
37:35pour l'Ukraine
37:35et pour Zelensky
37:36c'est évidemment
37:37une bonne nouvelle
37:38pour Volodymyr Zelensky
37:39et pour les Ukrainiens
37:40qui doivent se réjouir
37:41ce soir
37:41mais encore une fois
37:42son successeur
37:43n'est pas non plus
37:44favorable
37:46au financement
37:47de l'aide
37:48sans y regarder
37:49de plus près
37:49qui est promise
37:50à l'Ukraine
37:51puisque je rappelle
37:52que l'enjeu essentiel
37:53c'est une somme
37:54de 90 milliards d'euros
37:55dont l'Ukraine a besoin
37:57pour acheter
37:57des matériels
37:58notamment américains
38:00assurer sa défense
38:01notamment sa défense
38:02anti-aérienne
38:03contre les raids
38:05de l'aviation
38:06et de l'armée russe
38:07mais on ne se trompera pas
38:08en disant
38:08que c'est une mauvaise nouvelle
38:09pour Poutine
38:10et pour Trump
38:11très mauvaise nouvelle
38:12pour Poutine
38:13et pour Trump
38:13on ne se trompera pas
38:14pour qui d'autre en Europe
38:15Ulysse Gosset ?
38:16ce n'est pas une bonne nouvelle
38:17pour tous les mouvements
38:18entre guillemets
38:19qui lui sont proches
38:20et pour nous
38:21je pense que ce soir
38:22ce sera intéressant
38:22d'avoir la réaction
38:23de Marine Le Pen
38:24on l'attend
38:25qui a fait campagne pour lui
38:27qui le soutenait
38:28et réciproquement
38:29et donc dans cet esprit
38:31ça vise
38:32tous les mouvements
38:33illibéraux
38:34qui ont fait florès
38:35en Europe récemment
38:37en Allemagne
38:37en particulier
38:38mais aussi
38:39dans les démocraties
38:41du Nord
38:41où il y a eu
38:43une poussée
38:44de mouvements populistes
38:45qui correspondaient
38:46aux questions
38:47enfin aux questions
38:49liées à l'immigration
38:50aux questions liées
38:51au coût de la vie
38:54et à une certaine fatigue
38:57aussi
38:57des partis traditionnels
38:59et des dirigeants
39:00au pouvoir
39:01donc oui
39:03je crois que c'est
39:03une décision politique
39:06ce soir
39:06un vote
39:07en Hongrie
39:08qui va avoir
39:09un impact
39:10sur toute l'Europe
39:11et ce sera intéressant
39:13d'avoir aussi
39:14la réaction
39:15de Genevieve
39:16le vice-président
39:17des Etats-Unis
39:17qui avait fait campagne
39:18pour lui
39:19qui s'était rendu
39:20à Budapest
39:20et de Donald Trump
39:21sauf qu'il a 2-3 autres dossiers
39:24à gérer
39:24en ce moment
39:25G. Davance
39:26le conflit au Moyen-Orient
39:27évidemment
39:27mais c'était important
39:28de commenter
39:30ses résultats
39:32en Hongrie
39:33coup de tonnerre
39:34en Hongrie
39:34donc Victor Orban
39:35qui perd
39:36le pouvoir
39:37au wow
Commentaires