00:00Parce que le détroit d'Hormuz, en effet, il nous tient à la gorge, nous, le reste du monde.
00:06Enfin, il tient à la gorge l'Iran aussi.
00:08Si l'Iran veut survivre un peu plus que trois minutes, s'ils veulent avoir un avenir politique,
00:13c'est quand même leur artère fémoral par laquelle passent tous les Iraniens.
00:17Donc, ils ne peuvent pas le fermer indéfiniment.
00:19– Ils laissent passer les bateaux, pour le coup, qui vont dans leur intérêt.
00:23– Mais ce n'est pas avec ça qu'ils survivront plus de trois minutes.
00:27– À ça, vous pensez que cette carte-là, ils ne pourront pas la jouer ?
00:31– Ils ne pourront pas la jouer indéfiniment.
00:33Il est scandaleux qu'ils la jouent.
00:34C'est une atteinte absolue à ce qu'il fait, la vie du monde.
00:40– Franchement, on se demande même pourquoi ils ne l'ont pas fait avant, non ?
00:44– Ils ne l'ont pas fait avant, parce que jusqu'à présent,
00:46il restait probablement, même chez eux, une petite parcelle de rationalité.
00:51Mais il y a en effet, dans le monde, sur la planète,
00:53il y a cinq ou six des trois qui sont vraiment les artères du commerce mondial,
01:01sans lesquelles, comme dans le poème de Musset, c'est le sang qui se fige,
01:06le sang irrigateur de la planète qui se fige.
01:10Donc, bloquer cette artère-là, c'est en effet un danger majeur pour le monde,
01:16c'est un danger pour eux aussi, et c'est en effet inacceptable.
01:18– Et vous seriez favorable à une opération militaire pour mettre fin
01:23à ce contrôle qu'ils ont sur le détroit d'Hormuz,
01:26à laquelle, pour l'instant, la France ne veut pas participer ?
01:28– Je pense qu'il faut que le détroit d'Hormuz soit libéré, naturellement.
01:33Je pense qu'il faut que le…
01:35– Militairement ?
01:36– Par tous les moyens.
01:37Et si, en effet, ça ne se règle pas demain à Islamabad,
01:43sous l'égide de ces grands démocrates que sont les Pakistanais,
01:46il faudra le régler autrement.
01:47– Et la France, doit-elle rester à distance de cette opération, selon vous,
01:51comme elle a choisi de le faire pour l'instant ?
01:54– Il y a deux raisonnements.
01:55Je comprends que la France dise, attendez, on n'a pas été consulté,
01:59on ne nous a rien demandé, pourquoi est-ce qu'on viendrait maintenant nous chercher ?
02:02Je comprends cette réaction.
02:04En même temps, je crois aussi qu'il faut regarder un peu plus loin,
02:07à l'échelle de nos enfants, à l'échelle de l'histoire.
02:11Est-ce qu'on souhaite que l'Amérique l'emporte ?
02:15Ou est-ce qu'on souhaite que les Mollas triomphent ?
02:19Bon, voilà.
02:20Donc, il faut que ça suffise.
02:22– Donc, il faut se mouiller un peu plus, c'est ça que vous dites ?
02:24– Il faut passer outre les agaceries, il faut penser que Trump est une péripétie
02:28dans l'histoire des États-Unis, il faut penser que ça durera peut-être encore moins longtemps
02:33qu'on ne le pense, et penser qu'en revanche…
02:36– Donc, oui, il faut y participer.
02:37– Oui, bien sûr, il faut passer sur… c'est plus que de l'agacerie, c'est de l'humiliation.
02:43Trump a dit des choses abjectes sur le président Macron.
02:47– Mais au-delà de la susceptibilité, c'est peut-être qu'on ne veut pas participer à un engrenage,
02:51en fait, c'est peut-être aussi ça le raisonnement d'Emmanuel Macron.
02:53– Non, mais l'engrenage est là, l'engrenage est déjà là, nous y sommes en plein.
02:59Regardez les déclarations de notre Premier ministre, d'ailleurs parfait, avec beaucoup de sang-froid,
03:03il a dit, on est en guerre, la guerre par tous les moyens.
03:06– C'est ça que vous avez retenu, vous ?
03:08– Ah ben…
03:09– Non, mais je veux dire, ça vous a interpellé, effectivement.
03:11– J'ai retenu une vraie gravité, une vraie sagesse et une vraie intelligence
03:17des modalités nouvelles de la guerre qui fait rage, même quand il n'y a pas des avions dans le
03:22ciel.
03:22– À tous les niveaux.
03:23– C'est ça qu'a dit Lecornu, il n'y a pas besoin qu'il y ait des missiles
03:26et des bombes
03:26pour être en guerre, et il a raison.
03:28– Sous-titrage Société Radio-Canada
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