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  • il y a 7 semaines
Le spécialiste du Proche-Orient, Michel Fayad, parle du péage qui pourrait être imposé dans le détroit d’Ormuz : «Les Iraniens vont imposer ce racket de plusieurs millions de dollars pour chaque bateau».

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Transcription
00:00Pour le moment, ce qu'on croit, c'est que les Iraniens vont imposer ce qu'on disait tout à
00:05l'heure,
00:06ce racket de 2 millions de dollars pour chaque bateau, chaque tanker qui passe...
00:10Ils ont les moyens d'imposer ça, les Iraniens ?
00:12Oui, vous savez, finalement, le détroit d'Hormuz, c'est 50 kilomètres.
00:16Donc 50 kilomètres, c'est facilement contrôlable, que ce soit par des missiles, que ce soit par des marins, que
00:21ce soit par du minage.
00:23Il y a différents moyens de contrôler le détroit d'Hormuz.
00:26Dans le reportage, vous avez montré comment il y a des taxes qui se sont prélevées au niveau du canal
00:35de Suez.
00:36Vous savez, chaque oléoduc et gazoduc, il y a ce qu'on appelle des honoraires de transit, des pipeline fees
00:41en anglais.
00:43Et ils peuvent aller jusqu'à 2 dollars, 3 dollars le baril.
00:48Ça veut dire que le prix de carburant, si tel est le cas, si jamais un péage est mis en
00:53place,
00:53ça veut dire que les prix des carburants ne vont jamais redescendre pour les Français qui nous regardent ?
00:56Non.
00:58Disons, il y a deux choses qu'il faut séparer.
01:01En fait, par rapport au prix qui est à la pompe, il y a la question de l'offre et
01:06de la demande.
01:06Est-ce qu'il y a suffisamment de pétrole qui arrive sur le marché ou est-ce qu'il n
01:10'y en a pas suffisamment ?
01:11Si le détroit d'Hormuz est ouvert, il y a suffisamment de pétrole qui arrive sur le marché.
01:15Donc le fait qu'il y ait une taxe, évidemment, elle sera répercutée, mais elle est minime par rapport au
01:21fait que la quantité, elle, revient sur le marché.
01:23D'accord. Mieux vaut une taxe que le blocage total, de toute façon ?
01:25Ça, c'est certain.
01:26D'accord.
01:26Et surtout qu'il y a aussi autre chose, c'est que vous avez les Iraniens qui jouent sur le
01:31détroit d'Hormuz,
01:32mais ils pourraient aussi utiliser les outils au Yémen pour paralyser toute la production de pétrole de l'Arabie saoudite.
01:36On se focalise uniquement sur le détroit d'Hormuz qui a fait monter le prix du baril à 118 dollars.
01:43Simplement, si les outils tapent sur la production saoudienne, ils l'ont fait en 2019 en paralysant à l'époque
01:48la moitié de la production saoudienne.
01:50S'ils venaient à paralyser l'entièreté de la production saoudienne, le prix du baril serait à 300 dollars, le
01:55baril.
01:56C'est encore pire, vous voyez.
01:57Et justement, l'oléoduc qui traverse la mer Rouge pour arriver en mer Méditerranée, qu'on appelle Suez-Méditerranée,
02:06transporte chaque jour 2,5 millions de barils de pétrole vers l'Europe.
02:10Et ça aussi, les outils du Yémen peuvent le paralyser.
02:13Donc il y a différents outils que les Iraniens et les outils ont.
02:17En revanche, l'Iran n'est pas tout puissant.
02:20Je voulais répondre un petit peu à ce que disait Mathias en début d'émission.
02:22C'est que l'Iran a aussi des armes.
02:25Enfin, il y a des choses qui peuvent aussi lui faire très mal.
02:27Vous savez que l'économie iranienne, c'est une économie qui est socialiste.
02:30Il y a énormément de subventions, énormément de fonctionnaires.
02:34Aujourd'hui, les fonctionnaires sont payés en retard, y compris les soldats, y compris les gardiens de la révolution.
02:39Les subventions ne sont plus payées pour l'électricité, pour l'eau, etc.
02:45Et donc les Américains, les Israéliens, s'ils faisaient une opération d'envergure sur l'île de Karg, par exemple,
02:49et couperaient la possibilité pour les Iraniens d'exporter leur propre pétrole,
02:54la République islamique d'Iran aurait des problèmes à se maintenir au pouvoir.
02:58Parce que vous savez que le président iranien a parlé de trois semaines avant la faillite économique de l'Iran.
03:03Donc c'est quelque chose qui compte, parce qu'un soldat ou un gardien qui n'a plus de salaire
03:08pour se battre,
03:09c'est le début de la fin, et il y a deux, je veux donner juste un truc, une chose,
03:13très rapidement.
03:14Le régime de Bachar el-Assad est tombé après 13 ans, à partir du moment où les soldats de Bachar
03:19el-Assad n'étaient plus payés.
03:21Ça c'est une chose.
03:21Et le régime de Slobodan Milošević était tombé après une campagne de bombardement.
03:26Quand les bombardements ont cessé, il y a eu une crise économique sans précédent en Serbie,
03:30et le régime de Slobodan Milošević est tombé.
03:32Donc la République islamique d'Iran a des outils, a des armes, a de quoi faire très mal à l
03:37'économie mondiale,
03:38mais ce n'est pas non plus un pays qui est tout puissant et qui ne peut pas tomber.
03:42Non, il a des difficultés et il pourrait aussi tomber.
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