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  • il y a 2 jours
Guillaume Hortsmann, président CNSA Ambulanciers

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Transcription
00:01Générique
00:04Les ambulanciers privés se mobilisent ce matin partout en France et ici aussi chez nous, ils disent stop à un
00:11projet de loi les concernant.
00:13Et Marie Dorsay, vous recevez ce matin le président de la Chambre Nationale des Services d'Ambulances dans le Loiret.
00:18Bonjour Guillaume Hortsman.
00:19Bonjour à tous.
00:20La profession se mobilise donc partout en France pour une journée blanche. Quelle est votre revendication principale ?
00:26Alors effectivement on se mobilise dans toute la France. À Orléans on se regroupe tous pour la région Centre-Val
00:31-de-Loire.
00:32Notre problématique principale concerne l'urgence pré-hospitalière. Pour faire simple, on a un accord de maîtrise des dépenses avec
00:41l'assurance maladie
00:42mais qui a oublié la revalorisation de ce volet de l'urgence pré-hospitalière.
00:47Aujourd'hui on fonctionne à 64 euros de l'heure pour une ambulance d'urgence avec deux personnels.
00:55Ce sont des tarifs qui avaient été calculés en 2018 et qui n'ont pas été revalorisés depuis.
01:01Et personne n'est sans savoir toutes les inflations et augmentations de dépenses qui sont arrivées depuis près de huit
01:07ans maintenant.
01:07C'est quoi l'urgence pré-hospitalière juste pour bien l'expliquer ?
01:09Alors l'urgence pré-hospitalière c'est toutes les missions qu'on mène sous la responsabilité et sous l'égide
01:16du SAMU.
01:16Donc quand effectivement on ne le pense pas toujours, on n'a pas toujours l'image, mais quand on appelle
01:21le SAMU, c'est souvent une ambulance privée en fait qui vient ?
01:25Absolument. Il y a à peu près en France 6 millions et demi, 7 millions d'interventions d'urgence ou
01:32de secours à personne.
01:333 millions sont faites par des ambulanciers privés.
01:35Donc c'est vous qui intervenez et vous intervenez pour 64 euros.
01:39C'est le même prix depuis 2018, c'est ce que vous nous dites.
01:41Il faudrait combien d'augmentation pour rentrer dans vos frais ?
01:46Alors si on voulait avoir un système à l'équilibre, les derniers calculs estiment qu'on devrait tourner autour de
01:5385 euros de l'heure.
01:54Ça paraît compliqué de mettre une augmentation d'un coût comme ça, de 20 euros quasiment ?
01:59Évidemment. D'abord c'est de la dépense d'argent public, donc il faut être très prudent sur la dépense.
02:04C'est ce que l'accord qui a été signé à l'automne dernier a permis sur la transparence et
02:09sur la maîtrise du coût.
02:11Mais après on ne peut plus travailler à perte non plus.
02:14Et le risque, d'abord c'est les défaillances d'entreprise qui, je le rappelle, ont triplé en 2025.
02:19Et puis c'est le désengagement de certains acteurs de cette urgence.
02:24Ce qui veut dire plus de personnes à disposition de la population parce que le risque il est aussi la
02:30sécurité des patients.
02:32Vous avez justement des remontées en centre Val-de-Loire, dans le Loiret, d'entreprises, d'ambulances privées qui vous
02:36disent
02:37là s'il n'y a rien qui est fait on va devoir mettre la clé sous la porte ?
02:39Alors on a quelques collègues effectivement qui nous disent qu'ils sont en grande difficulté.
02:45Certains ont demandé des reports de charges pour l'instant.
02:48D'autres ont des grands problèmes de trésorerie et le premier impact ça peut être sur les salariés avec des
02:54salaires reportés.
02:56Et puis certains ont fait le choix, c'est notamment le cas à l'ouest du Loiret.
03:00Il n'y a plus d'acteurs qui participent à l'urgence hospitalière, ce qui fait que le secteur ouest
03:04a été rattaché au secteur d'Orléans
03:06pour continuer à envoyer des ambulances privées sur intervention à la demande du SAMU.
03:13L'un des points noirs aussi que vous soulignez à l'occasion de cette mobilisation, c'est le projet de
03:17loi de décentralisation
03:19qui vous concerne pour partie. Expliquez-nous quel impact il aurait ce projet de loi sur votre profession ?
03:25Alors dans ce projet de loi, il y a ce qu'on appelle un contrat territorial des secours à personne.
03:31La difficulté ce n'est pas qu'il y ait un projet de loi et qu'on modifie et qu
03:34'on améliore.
03:36On note toujours au service des citoyens le secours à personne.
03:40La problématique c'est qu'on n'a même pas été concerté.
03:42Donc un projet de loi qui ne concerte même pas un acteur qui représente 46% du volume de prise
03:49en charge, c'est assez particulier.
03:51Mais qu'est-ce qu'il contient ce projet de loi qui vous met en colère ?
03:53Ce projet de loi, il nous met en colère parce qu'il fait passer la responsabilité des SAMU aujourd'hui
04:01directement vers les préfets, vers les préfectures et qui auront la main sur l'organisation de ces prises en charge
04:12en écartant les professionnels de santé qu'on est.
04:15Donc c'est les préfectures qui gèreraient SAMU, pompiers, etc. ?
04:19Absolument. Le SAMU perdrait en quelque sorte, en partie, pourrait, on est au conditionnel,
04:25le projet de loi c'est toujours un projet donc il faut essayer de l'amender,
04:27les SAMU pourraient perdre leur autonomie et tout serait à la main des préfectures.
04:33Nous c'est une vraie inquiétude et c'est quelque chose qu'on ne souhaite pas
04:36et puis en premier lieu on souhaite déjà être concerté.
04:38A tout cela évidemment s'ajoute, comme pour toutes les personnes qui utilisent des véhicules quels qu'ils soient,
04:43le prix du carburant, ça aussi on imagine que ça pèse très lourd sur les entreprises d'ambulances privées.
04:48Alors oui tout à fait, c'est pas le moteur de notre mobilisation d'aujourd'hui
04:53mais on a été rattrapé par l'actualité finalement, l'actualité tragique au Moyen-Orient
04:59et quand on achète du carburant comme tout le monde,
05:04que ce soit ceux qui vont travailler aussi en la même difficulté à plus de 2 euros, 2,30 euros
05:08dans certains cas.
05:08Vous demandez une aide pour la profession, pour le secteur ?
05:11Alors il y a eu des demandes qui ont été faites, l'État a fait un premier geste
05:15qu'il faut souligner de 70 euros par véhicule sanitaire.
05:18Alors il faut des conditions très particulières, ce qui fait que personne ne va y aller.
05:20Parce qu'il faut déjà être en difficulté, notamment en fait des demandes de report de charges aussi à l
05:24'URSSAF,
05:24sans être trop technique, il faut déjà être en difficulté à faire une demande de report
05:27pour demander l'aide de 70 euros par véhicule.
05:30Bon, il faut déjà être heureux qu'il y ait un minimum, ça ne suffira pas.
05:37Pour vous donner un exemple, une ambulance fait à peu près 80 000 kilomètres par an en moyenne,
05:41si vous comptez à 10 litres, voilà, quand vous rajoutez 50 centimes,
05:45vous avez un surcoût par véhicule qui est de l'ordre de 500-600 euros.
05:48Nous, dans notre entreprise, on consomme 200 000 litres de carburant par an,
05:51une augmentation de 50 centimes, il n'y a pas besoin d'avoir fait beaucoup d'études,
05:55ça fait un surcoût de 100 000 euros.
05:57Merci beaucoup Guillaume Orsman d'être venu nous expliquer ce matin
06:01les raisons de la colère des ambulanciers privés pour cette journée blanche aujourd'hui.
06:05Bonne journée à vous.
06:06Merci et bonne journée à vous aussi.
06:07Bonne journée à vous aussi.
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