00:005-7, le morning RMC, Élise Dangean, Mathieu Béliard.
00:05Il est 5h13 sur RMC et RMC Story. Très bon réveil avec RMC.
00:10Élise, on part dans l'héros ce matin.
00:12Oui, allez, on y va à l'est de Montpellier où 19 communes sont concernées par la prolifération des lapins
00:17de Garenne
00:17qui ravagent les cultures des agriculteurs. Bonjour Anna Jojard.
00:22Bonjour.
00:22Anna, vous êtes allée à la rencontre de ces agriculteurs qui, on peut le dire, sont tabous.
00:27Eh oui, comme Baptiste Aberlin, qu'il est maraîcher et ça fait 3 ans qu'une partie de sa production
00:32part entre les dents des lapins de Garenne.
00:34Ici, donc là, vous avez des haricots, donc tout le long.
00:37Là, ils ont mangé toutes les feuilles des haricots sur le premier mètre.
00:40Et donc ces haricots-là ne pousseront pas, quoi.
00:43Après, vous avez là les salades d'à côté.
00:46Donc celles-là, on les a plantées jeudi dernier.
00:48Il y avait déjà des salades avant, mais que les lapins avaient tout mangé.
00:51Du coup, c'est comme si on avait perdu l'équivalent de 750 salades où on a replanté à la
00:55place.
00:55Pour nous, on va être autour de 30 000 euros de pertes, quoi, sur l'année dernière.
01:00Et chaque année, c'était à peu près ça, quoi.
01:02Sachant que la première année où nous, on a eu des soucis avec le lapin,
01:04il y a 3 ans, là, on a eu plus de la moitié du chiffre d'affaires qui était perdu.
01:08Pour limiter les pertes, Baptiste a investi 10 000 euros pour clôturer ses 3 hectares.
01:13Mais à chaque fois, les lapins ont fini par trouver un chemin pour passer.
01:17La semaine dernière, il a donc doublé son grillage en espérant que ça fonctionne cette fois-ci.
01:21Ce que j'ai appris là sur ces 3 ans, c'est qu'il ne faut pas crier victoire trop
01:24vite.
01:24On peut être vite déçu et se dire, aïe, aïe, aïe, ce qu'on a fait, ça ne sert à
01:27rien.
01:28Mais bon, déjà, jusqu'à la fin du printemps, on va pouvoir travailler.
01:31Et après, pour le moment, on est encore à se poser la question
01:33si on va planter toutes les cultures de juillet et août.
01:36Donc c'est tout ce qui est blettes, tous les choux, où est-ce qu'on met le frein
01:39et on se dit qu'on attend de voir encore 6 mois, au moins pour essayer d'arrêter de perdre
01:44de l'argent.
01:45Et dans cette zone, tous les agriculteurs sont concernés ?
01:48Et oui, les lapins mangent tout, les salades, les choux, le blé,
01:51mais aussi les troncs des arbres fruitiers qu'ils grignotent,
01:53ce qui, à terme, peut tuer l'arbre, tout simplement.
01:56Ils s'attaquent aussi aux vignes, Pascal Bianchetto est vigneron,
01:59et il en a fait l'expérience sur des vignes qu'il venait de planter.
02:02Sur 3 hectares, ils nous ont mangé 1,5 hectare qu'il a fallu qu'on replante à la main.
02:06Cette petite souche, on l'a replantée l'année dernière.
02:09Cette année, on va la monter jusqu'au fil.
02:10On ne pourra tirer que le bras l'année prochaine, mais on perd 2 ans.
02:14Et sur la totalité de la parcelle, on a perdu cette année la récolte à la moitié.
02:19Et on est en train de tout clôturer.
02:21Mais bon, le grillage, pour nous, ce n'est pas une solution.
02:23Il faut trouver la solution qui est beaucoup moins de lapins.
02:26Sinon, on ne pourra plus rien faire pousser.
02:28Donc, on n'aura que des champs pleins d'herbes.
02:32Et voilà.
02:33Mais alors, Anna, est-ce qu'on sait pourquoi ces lapins prolifèrent autant dans cette zone ?
02:37Eh bien déjà, leur rythme de reproduction.
02:39Une femelle peut avoir 3 à 5 portées par an, avec à chaque fois 4 à 12 lapraux.
02:45En plus, il semble échapper à la myxomatose ou à la maladie virale hémorragique
02:48qui touche habituellement les lapins de Garenne.
02:51C'est ce qu'explique Karine Salmeron-Lario,
02:53responsable administrative de la coopérative agricole de Mogio.
02:56On a un lapin qui est résistant aux maladies typiques du lapin.
03:00Alors, même si à chaque période, il y a quelques individus qui sont touchés,
03:05ça ne suffit pas à enrayer la prolifération.
03:08Elle s'interroge aussi sur la meilleure manière de lutter contre la prolifération de l'espèce
03:13qui s'est installée du côté de Mogio en 2018.
03:16Le lapin nécessite une coordination solide et fine,
03:20parce qu'ils se vont toujours plus vite que nous, ils se reproduisent tous les 3 mois.
03:23Donc, il faut vraiment agir de concert.
03:25Il faut, en période de chasse, la chasse de jour,
03:29en période de non-chasse, les fureuteurs,
03:32les louvetiers la nuit,
03:34et ensuite, voilà, venir détruire les garènes.
03:37Parce que si on laisse les garènes vides,
03:39elles vont se repeupler très rapidement.
03:41La préfecture a déjà mis en place des moyens,
03:43en allongeant par exemple la période de chasse pour cette espèce,
03:46en autorisant aussi leur piégeage toute l'année
03:48et en déployant des louvetiers en renfort dans la zone.
03:50Merci Anna Jojard.
03:55On l'a demandé, on l'a demandé.
03:57Mais je suis surpris quand même,
03:59j'avais oublié qu'on avait demandé Chantal Goyal.
04:00Il faut qu'on explique ce qu'il y a à un louvetier.
04:01Oui, justement, ceux qui sont chargés de la régulation.
04:04La chasse au lapin, pour le coup, c'est pas une vieille tradition.
04:09Je vois Arthur.
04:10Non, non, non, je ne sais pas.
04:11Bonjour, Arthur Askin.
04:12Bonjour, bonjour.
04:13Moi, j'allais partir sur la cuisine, vous le savez, à tout moment.
04:16Le pâté de lapin, le civet de lapin,
04:18le lapin, la moutarde, bien entendu.
04:22Si on peut aider les agriculteurs.
04:23On est là, on se porte volontaire.
04:25C'est pas cher la viande de lapin.
04:26Blague à part.
04:27Une fois qu'on a fait toutes ces blagues,
04:29c'est moins cher que la plupart des autres viandes.
04:31C'est plus cher que le poulet, c'est un peu moins cher que le bœuf.
04:33Ah si, si, si.
04:34Ça fait longtemps que je n'allais pas acheter.
04:35Ah bah regardez le prix de la cuisse de lapin.
04:37Vous allez voir.
04:37Je vais regarder.
04:38Je vous enverrai une photo.
04:40Blague à part.
04:41Vous êtes agriculteur dans les rôles ou ailleurs.
04:43Cette question des nuisibles.
04:44Là, on avait une concentration exponentielle.
04:47dans cette partie du département.
04:49Mais peut-être que c'est une réalité que vous rencontrez ailleurs.
04:51Témoignez ce matin au 32 16.
04:53On vous attend.
04:53Vous serez en direct avec nous.
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