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  • il y a 2 jours
En compagnie de Jean Pierre Labouré, maire de 1983 à 1988, Jean Claude Marchandise, secrétaire général de mairie, tous deux reçus par Bruno Villain.

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00:00Chers amis de Beffrovision, deuxième épisode, je suis en compagnie de Jean-Pierre Labouré, l'ancien maire du catho de
00:0683-88, et Jean-Claude Marchandise, que je remercie d'avoir fait l'effort de venir nous voir.
00:12Alors aujourd'hui, on va vous parler de l'usine Simons, l'usine 1, l'usine 2, toute une histoire.
00:18On va commencer par le début. Jean-Pierre Labouré.
00:22Oui, Simons, c'est vraiment, c'est ce que j'appelle, c'était certainement un des plus beaux fleurons de
00:28la ville du catho en Roisie. Magnifique, d'une usine d'ailleurs, qui avait plus d'un siècle d'existence.
00:341868.
00:351868. Moi, je suis arrivé dans cette société comme directeur technique en 71, du temps de M. Charles-Henri Lauset,
00:43qui était un industriel extrêmement intéressant.
00:47Les carrelages Simons furent à l'honneur cette semaine. Le conseil régional avait organisé un concours de création d'un
00:54très haut niveau. La société Mécano de Calais a obtenu le premier prix.
00:59Le deuxième prix est revenu à la société Simons. C'est M. Bataille, vice-président du conseil régional, qui a
01:07remis le prix.
01:16M. le directeur, le jury du concours régional des entreprises s'est réuni le mois dernier. Vous le savez, vous
01:23êtes venu à l'île recevoir le prix de la création d'entreprise et de la nouvelle entreprise qui va
01:28aujourd'hui au carrelage Simons.
01:30J'ai tenu à venir, en mon nom personnel et au nom du président Noël Joseph, au catho même, afin,
01:37auprès de vous-même, de votre équipe, de vos cadres, de l'ensemble des travailleurs, du comité d'entreprise,
01:44pouvoir adresser au carrelage de Simons tous les compliments du conseil régional pour l'action que vous-même avez menée,
01:52que les travailleurs, que les cadres ont menée,
01:55pour que cette entreprise ait un avenir, que les élus, avec à leur tête le sénateur Grimaldi, ont menée. Il
02:02va de soi que les carrelages Simons, à eux seuls, ne peuvent pas résoudre tous les problèmes douloureux
02:08qui se posent dans le secteur du catho, mais qu'ils sont un exemple, et un exemple de ce qu
02:15'il faut faire pour se battre, pour que le Cambrésil, pour que le catho, pour que la région d'en
02:21fait qu'elle ait un avenir.
02:22Alors, monsieur le directeur, je vous remets ce diplôme en vous remerciant à nouveau pour le travail qu'il fait
02:29et en souhaitant à votre entreprise le plus brillant d'années aussi.
02:41Je suis très ému et je veux dire que les mots me manquent un peu, car je sens bien que
02:48ce papier, ce diplôme,
02:52tout ce qu'il représente devrait être multiplié par 200, et peut-être même beaucoup plus que ça, car il
03:00y a peu de temps, nous étions plus de 300.
03:04Bon, la crise, etc., fait qu'aujourd'hui, la société dont je ne suis que le président entraîneur, et si
03:12je dis ceci,
03:14c'est que je pense au sport, la vie n'est-elle pas, les jeux olympiques tous les jours renouvelés,
03:20et je dois dire que notre équipe de pire amateurs, puisqu'il n'est pas facile de jouer en première
03:29division,
03:30et bien notre équipe de pire amateurs, soutenue par toute la ville, par tous les syndicats, par tout le monde,
03:36les commerçants, tout le monde,
03:38soutenue par les élus, a réussi maintenant à être deuxième,
03:45et deuxième d'un concours qui a beaucoup de valeur.
03:49Un peu d'amertume nous fait dire que nous souhaitions préférer être premier.
03:53Le concours est encore ouvert, sur d'autres disciplines,
03:58et bien nous allons tenter d'avoir là un premier prix.
04:02Nous allons le tenter comme d'habitude tous ensemble,
04:05et je promets aujourd'hui que ce diplôme va être photocopié,
04:12et que chaque membre de l'équipe, qui joue en première en réserve,
04:16ou dans les espoirs, c'est-à-dire les 207 travailleurs,
04:21auront une photocopie de ce diplôme.
04:23Et je tiens une fois de plus à remercier tout le monde,
04:26parce que réellement il n'est pas à moi, mais il est à tout le monde.
04:47Et bon, je suis resté longtemps,
04:49et après ils ont eu des petits problèmes, etc.
04:53Donc j'ai quitté la société pour partir diriger dans le groupe d'EV une usine à Maubeuge,
04:59dans les années 80, je ne sais plus exactement, enfin peu importe.
05:04Dans les années 80.
05:05Ou dans ce jour-là.
05:08Et étant partie, l'usine, la société d'époque, a eu pas mal de vicissitudes au débat,
05:15et elle est arrivée qu'elle a dû déposer le bilan.
05:20Mercredi après-midi, une soixantaine d'ouvriers des établissements à décalage de Simons
05:24ont à nouveau manifesté dans les rues de la cité.
05:28La veille, ils avaient distribué en ville des affiches ainsi libellées.
05:3321 mars 1989, Simons liquidé, 200 emplois en moins,
05:402 milliards de centimes en moins pour la ville,
05:42Simons doit vivre, aidez-nous.
06:44Portant un cercueil à l'enseigne des travailleurs décalage de Simons,
06:49ils ont fait une loge au carrefour de l'Octroi,
06:52se rendirent ensuite au carrefour de l'hostellerie,
06:56puis place au syndic Arnault,
06:58où ils ont symboliquement brûlé le cercueil.
07:02M. Mandrelier, un des responsables syndicaux,
07:05a fait part de l'inquiétude des ouvriers.
07:19Chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou,
07:26chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou,
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07:32chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou, chou
07:36C'est parti !
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22:40Et ça, ça a été... Alors j'ai essayé de lutter, bien sûr. D'abord, il fallait réduire le personnel.
22:47Ça me faisait mal. On a essayé de lutter, lutter, lutter.
22:51Et puis malheureusement, il est arrivé un moment où il fallait... Il fallait. Donc on a stoppé. Et c'est
23:01là qu'après, il y a eu un Libanais qui a repris un peu le...
23:09Surtout les socles. Ils n'ont pas les bâtiments. Mais bon, il est propriétaire des bâtiments. Alors je crois qu
23:15'il est toujours propriétaire des bâtiments.
23:17Enfin, j'en sais, mais je crois qu'il est toujours propriétaire. Mais il y a un projet. Oui, j
23:22'espère. Apparemment, il y a un projet. De toute façon, il y a un gros problème.
23:27L'usine 1, il n'y a pas de gros problème d'environnement. Mais l'usine 2, qui avait été
23:34occupée par Chapé, qui travaillait avec de l'acide, etc.,
23:39les terrains sont assez chargés. Ça veut dire que tout projet qu'il y aura là-dessus, j'ai l
23:44'impression qu'il va falloir d'abord nettoyer un petit peu le terrain.
23:49Mais dans l'État où c'est aujourd'hui, il faut démolir. Par contre, ce qu'il faudrait surtout, c
23:55'est conserver ce magnifique portail
23:57que j'ai fait restaurer, qui est sur le devant la gare. C'est une richesse. Il faut le conserver.
24:05Alors...
24:06Du côté de la ville, Simons, c'est important aussi. Vous avez participé à chaque fois.
24:09Oui, à chaque fois. Oui, Simons, de toute manière, pour l'histoire, dirons-nous, de Simons, ça a été le
24:17nerf, dirons-nous, de la fabrique.
24:20Enfin, en plus, c'était à part Chapé et encore. C'était l'une des industries qui employait le plus
24:31de monde aux cadres.
24:33Il y avait Sédou aussi. Il y avait Sédou, oui, Pégnat.
24:36Ah, Sédou. Mais vous savez, M. Machandé, quand nous sommes arrivés en 71 à Le Cato, c'est une ville
24:42qui était entre 8 et 9 000 habitants à cette époque-là,
24:45il y avait 9 000 salariés sur Le Cato. De Grémont, presque 3 000. Chapé, 700. Les fonderies, les...
24:59De Grémont aussi. Manufacturer métallique. C'était... Et je me souviens, moi, qui habitait Roudeguise, tous les jours, à partir
25:08de 5h du matin,
25:10il y avait des bus, Chapé, Simons, qui circulaient dans la ville. On allait chercher le personnel jusque dans l
25:16'Aisne.
25:18— C'était la bonne époque. — Ah, bah oui. C'était... C'était vraiment...
25:22— Quelqu'un qui était licencié d'une boutique, il y a tombé une place au lendemain. — Exactement.
25:26— Le lendemain, là, il pouvait traverser la rue, il en trouvait... — Ah oui, c'est vrai. J'ai
25:29entendu. C'est vrai. Il n'y avait pas de souci.
25:31— Et aujourd'hui, c'est peut-être plus la vérité. — Non, enfin...
25:35— Alors un regret quand même, le fait que Simons... Ça a même bouleversé un petit peu votre vie.
25:42— Oui, oui, un petit peu. Mais enfin, c'est sûr que... Est-ce que si il n'y a
25:48pas eu cette crise à cette époque,
25:50est-ce qu'aujourd'hui, vu le marché du carrelage, il serait encore possible de les maintenir ? Je ne
25:55sais pas.
25:55Il y a ça aussi, parce que le carrelage en France, actuellement, ne représente plus grand-chose qu'en activité.
26:02Alors qu'il fut... Et le Nord, notamment. Le Nord, grâce au charbon, c'était le plus grand secteur de
26:11production de céramique
26:12au nord de la France. — Pourtant, de mémoire, Simons, il exportait partout. Il y a des magnifiques demeures
26:20qui ont été... — Nous avions... Ici, sur Simons, le Câteau, plus de 50% de la production partait à
26:30l'étranger.
26:32En Pologne, partout. On a développé des marchés en Pologne magnifiques. Mais c'était vraiment...
26:39Mais bon... Il faut savoir aussi que mes prédécesseurs, qui étaient propriétaires de ces usines,
26:48c'était... L'Osée, Mme de Vauguay, avec ses rabattis, Douzi. C'était l'époque où ces grands industriels
27:00se partageaient ensemble le marché français. Donc il n'y avait pas de souci. Chacun avait sa petite part.
27:08Ça marchait bien. Et alors après, c'est plus de vue comme ça. C'est ça le problème. Eh oui.
27:13Ah oui.
27:14Je me souviens que... C'est une petite anecdote. Mme de Vauguay, qui était la grande patronne de ces rabattis...
27:20C'est une dame... Parce que tous les... Tous les ans, les grands industriels se recevaient entre eux.
27:31Il y avait des chasses organisées ici. Parce que M. Lausée possédait des terres. Alors, c'est fini.
27:35Il y a une petite histoire de Mme de Vauguay, qui était venue pour un week-end de chasse.
27:42Et M. Lausée et Charles-Henri, qui étaient un homme formidable, passent dans mon bureau et me disent,
27:48« Mme de Vauguay vient ce week-end avec des lévriers. »
27:52Elle leur dit, « Dans la part, il y a des chenilles, mais ils ne sont pas très propres. On
27:56ne pourrait pas essayer de faire quelque chose de... »
27:58Je ne me suis pas de problème. J'en vois donc une équipe pour remettre de la peinture, etc.
28:03Bon. Se passe le week-end de chasse. Le lundi, M. Lausée vient à mon bureau et me dit,
28:09« M. Labouré, vous ne savez pas, Mme de Vauguay, elle est venue avec des lévriers. Elle est repartie avec
28:14des zèbres. »
28:16Il s'était collé au barrière. Ah, j'ai souviens de ça.
28:21Bonne anecdote. Eh bien écoutez, je pense qu'on a reparlé un petit peu de l'usine Simons.
28:27C'est vrai que ça fait partie de notre patrimoine. On espère qu'il y aura quelque chose derrière.
28:33Mais je sais que le maire nous en parlera ultérieurement pour nous donner un petit peu ce qu'il compte
28:40faire.
28:40Mais sincèrement, alors qu'avec Roland Gribaldi, on avait été un petit peu...
28:47Bon, on a été un petit peu opposants. Mais dans ce dossier, on a été formidable.
28:54D'ailleurs, c'est pour ça que demain, vous allez...
28:56Ben oui, ça me fait plaisir. Ça me fait plaisir demain d'aller lui dire un petit bonjour.
29:00J'ai vu la semaine dernière que l'espace possible d'une association a racheté le bâtiment pour le réhabiliter
29:14et de faire un internat.
29:16Apparemment, dans les deux ans...
29:18Quel bâtiment ?
29:20Oui, à Villa Simons.
29:22Elle devrait partir.
29:23Mais la Villa Simons n'est plus dans les usines.
29:26Non.
29:27Elle est à part.
29:28Oui, tout à fait.
29:29Donc, il y a des projets.
29:30On laissera notre maire, Serge Simons, qui n'a pas pu venir d'ailleurs.
29:35Il s'en excuse, mais il n'est pas présent sur le gâteau.
29:39Donc, on le laissera.
29:41Nous en parler plus.
29:43Eh bien, je le souhaite.
29:44Monsieur Labouré, merci beaucoup.
29:45Monsieur Marchandise, merci d'avoir répondu tous les deux à notre invitation.
29:49Et puis, bonne continuation.
29:51Très bien.
29:52Je vais tout à l'heure, après, voir cette magnifique abbatiale que vous avez restaurée.
29:56Dans dix minutes.
29:57Dans dix minutes.
29:59Je ne connais pas d'ailleurs le nouveau prêtre que vous avez.
30:01Je l'ai eu au téléphone.
30:03Il est charmant.
30:04Oui, c'est bien.
30:05Merci.
30:06À bientôt.
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