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MEDI1TV Afrique : MEDI1 SOIR - 04/04/2026

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00:16Hello everyone, I'm happy to see you in this new Carrefour d'Informations and all of
00:22this edition.
00:26New ultimatum de Donald Trump, le président américain donne 48 heures à l'Iran pour
00:32conclure un accord et rouvrir le détroit d'Hormuz, sans quoi les Etats-Unis, je cite, déchaîneraient
00:37les enfers sur eux.
00:41Au Liban, cible de frappes israéliennes, de belles initiatives artistiques voient le jour
00:48pour aguer, ne serait-ce que durant quelques heures, les Journées des Enfants.
00:54Et puis au Maroc, nous allons à la découverte d'un lac au pied des dunes de Mrzoga d'Aït
01:01-Srij,
01:02l'Oasis en plein désert. Reportage à suivre en fin de journal.
01:11Bonsoir à tous, on entame ce tour de l'actualité avec notre chapitre consacré à la guerre au
01:16Moyen-Orient.
01:34Et c'est un énième ultimatum du président américain à l'Iran. Donald Trump donne à Téhéran
01:4148 heures pour conclure un accord et rouvrir le détroit d'Hormuz. Autrement, les Etats-Unis,
01:47je cite, déchaîneraient et les ont fait sur eux. Un ultimatum qu'il a partagé sur sa
01:53plateforme Truth Social. Et en l'absence d'une réouverture du détroit, le président américain
01:59menace de détruire les centrales électriques en Iran.
02:06Et hier, pour la première fois dans cette guerre, l'Iran a abattu deux avions
02:13américains au-dessus de son territoire. Un F-15, un avion de combat A-15. Des trois pilotes
02:20qui se trouvaient dans les appareils, deux ont été récupérés par l'armée américaine.
02:26Le troisième est activement recherché. L'Iran et les Etats-Unis se livrent à une véritable course
02:32contre la montre pour tenter de le retrouver. D'ailleurs, Téhéran a proposé une récompense
02:38en cas de capture.
02:43L'escalade qui se poursuit donc au Moyen-Orient, des frappes israélo-américaines
02:49ont visé ce matin le sud-ouest de l'Iran où de puissantes explosions ont été entendues
02:55dans la zone pétrochimique de Mahshahr, dans la province de Khrouzarsan.
03:02Trois entreprises ont été touchées. L'étendue des dégâts reste pour l'heure inconnue.
03:07Dans le sud du pays, cette fois, un agent de sécurité a été tué dans une frappe
03:12qui a visé une centrale nucléaire de Bouchahr, mais sans endommager les installations.
03:21À des milliers de kilomètres du front, la diaspora iranienne vit au rythme des bombardements
03:29et des silences dans l'état américain du Colorado. Notamment, entre espoir et impuissance,
03:35cette diaspora prend au quotidien les nouvelles de ses proches restées dans le pays.
03:40Les détails avec Ababa Khartoukara.
03:44Un quotidien normal devant une tasse de thé fumante, des pâtisseries Persane,
03:49dans un calme matinal à Boulder, dans le Colorado.
03:53Mais ne vous fiez pas aux apparences.
03:54Derrière cette scène paisible, l'inquiétude est permanente.
03:57Shideh Dashti, professeur en génie civil, environnemental et architectural à l'Université du Colorado Boulder,
04:04scrute la moindre nouvelle de ses proches restées en Iran.
04:07C'est un véritable mélange d'émotions. Je comprends la complexité de la guerre
04:20et je n'ai jamais de ma vie préconisé une quelconque action militaire.
04:24J'ai toujours pensé, et je le pense encore, que la meilleure solution est de renforcer la société civile.
04:33Un espoir immédiatement rattrapé par la réalité.
04:42Je n'ai jamais soutenu la guerre. Jamais. Je crois toujours que le changement doit venir de la société civile.
04:49Mais aujourd'hui, tout semble tellement hors de contrôle.
04:54Exilée depuis des années, elle n'a pas revu l'Iran depuis 2019.
04:57Et parfois, la distance devient un poids. Elle se souvient d'un appel juste avant les frappes.
05:10Juste avant le début de la guerre, j'ai parlé au téléphone avec ma cousine en Iran.
05:15Je n'arrêtais pas de lui parler de moyens pacifiques, de soutenir la population.
05:19Elle m'a répondu, mais de quoi parles-tu ? Te rends-tu compte de ce que nous vivons ?
05:24Je vais chaque semaine au funérail d'un enfant de 12 ans.
05:27Et toi, tu es tranquillement installé à Boulder, dans le Colorado.
05:31Et tu dis, oh, il nous faut des solutions pacifiques et de la patience.
05:37Puis, un silence funèbre et une inquiétude grandissante.
05:40Depuis, les nouvelles arrivent au compte aux gouttes.
05:48Ils ont coupé Internet, on ne sait rien.
05:50Parfois, un appel très court, juste assez pour dire, je suis en vie.
05:56Une phrase qui en dit long sur son désespoir, mais une peur domine toutes les autres, celle que rien ne
06:02change.
06:03Pendant ce temps, Toujar, iranien exilé depuis la révolution de 1979, écrit pour ses petits-enfants,
06:09avec une lueur d'espoir qu'il ne leur arrive rien, mais aujourd'hui, le doute s'installe.
06:18Maintenant, ça dure. Et quand ça dure, ce sont toujours les civils qui paient.
06:22Ne touchez pas aux infrastructures, à l'électricité, aux raffineries.
06:27Sans ça, c'est toute la population qui s'effondre, pas le régime.
06:33Le vieil homme redoute une fin sans issue à cette guerre.
06:40On ne peut pas déclencher une guerre et repartir sans résultat, sinon ils seront encore plus durs, encore plus violents.
06:48Entre le silence à Boulder et les bombardements à Téhéran, une même angoisse règne.
06:54Ces voix iraniennes racontent une réalité intime et brutale, celle d'un peuple qui rêve d'un espoir de liberté,
07:01mais avec la peur de tout perdre.
07:05L'Iran, de son côté, continue de riposter à ses frappes.
07:10Les gardiens de la révolution iranienne disent avoir visé un navire lié à Israël dans le Golfe.
07:17Des débris de projectiles interceptés ont fait quatre blessés également à Bahreïn,
07:22alors que deux immeubles ont été endommagés à Dubaï.
07:26Deux immeubles dont celui de la compagnie américaine Oracle.
07:29A Abu Dhabi, cette fois, un ressortissant égyptien est mort lors d'une évacuation du complexe gazier de Habshan dans
07:38l'Emirat,
07:38où un incendie a été provoqué hier par la chute de débris après l'interception d'une attaque aérienne.
07:48L'Iran qui continue également de cibler Israël.
07:51Au moins six explosions ont été entendus aujourd'hui en fin d'après-midi à Al-Quds après la détection
07:58de nouveaux missiles tirés depuis l'Iran.
08:01Plusieurs tirs de missiles iraniens ont, plus tôt dans la journée, blessé cinq personnes à Tel Aviv et dans le
08:07centre d'Israël
08:08et causé des dégâts matériels selon les secours israéliens.
08:12Aujourd'hui, au total, sept salves de missiles ont été tirés depuis l'Iran vers Israël, rapporte l'armée israélienne.
08:24Le Liban meurtri également par cette guerre.
08:28L'armée israélienne continue de pilonner la banlieue sud de Beyrouth visée ce matin par d'intenses frappes dans l
08:36'est du pays.
08:37Un pont sur le fleuve Letani a été détruit.
08:41Israël qui divisait des positions du Hezbollah dans le sud du pays.
08:46L'armée israélienne a également visé aujourd'hui les quartiers de Tir et ses environs,
08:52après un appel à évacuer de quatre secteurs dans cette ville du sud du Liban
08:58où d'ailleurs de précédents raids ont endommagé un hôpital et blessé onze personnes.
09:08Au Liban, où des centaines de milliers de personnes ont été déplacées par la guerre et les frappes israéliennes,
09:16de nombreuses familles ont trouvé refuge dans des écoles où de belles initiatives artistiques voient le jour
09:23pour égayer les journées des enfants, même pour quelques heures.
09:28Les détails avec Nassar Din Ounein.
09:32Avec les bombes, les coups de feu et les ordres d'évacuation, des enfants se sont prises en otage.
09:38Face à ce constat, l'artiste et éditeur libanais Abidal Qadiri s'est lancé dans un combat.
09:43A l'aide de feuilles et de crayons de couleurs, il veut préserver l'innocence des plus jeunes.
09:47Il raconte comment lui est venue cette idée.
09:52J'étais avec mon fils à la maison en train de dessiner quand une bombe a explosé juste à côté
09:57du quartier.
09:58Nous étions en panique, c'était horrible.
10:01En tant que père, on a la responsabilité de protéger son fils.
10:05Et je me suis rendu compte que des centaines d'enfants avaient autant peur que mon fils.
10:12Ici, à Drour Chouir, cette école s'est transformée en refuge.
10:16A l'intérieur, des dizaines d'enfants déplacés se retrouvent pour dessiner.
10:19Pour l'artiste, guerre ou pas, l'enfance doit être sauvée coûte que coûte.
10:23Sous la menace des bombes, il restera ici afin d'offrir aux plus jeunes un espace pour extérioriser leurs émotions.
10:30Quand je leur donne les feuilles blanches, je leur dis, allez-y, sortez tout ce que vous avez sur le
10:35cœur, exprimez tout ce que vous ressentez.
10:39Nous vivons dans la guerre et la violence, mais ce qui me dérange le plus, c'est la tension dans
10:43les rues, la division qu'elle crée au niveau national.
10:46Ces enfants sont l'espoir, ils ne sont pas encore influencés par ces idéologies politiques.
10:50Ici, nous créons un art, nous exprimons l'humanité.
10:56Si Abidal Qadiri maintient son projet, cette initiative ne date pas de l'actuel conflit.
11:01L'artiste et éditeur mènent ce genre d'atelier depuis plusieurs années maintenant.
11:06Ici, il a accompagné plus de 250 jeunes.
11:09Ces activités suivent ces enfants chez eux, feuilles et crayons dans leur sac, sur le conseil de leurs professeurs.
11:15Chaque fois qu'ils en ressentent le besoin, ils pourront exprimer leurs émotions sur papier.
11:21Le dessin est très important, surtout à cet âge.
11:24Comme on le sait, les enfants ont du mal à exprimer tout ce qu'ils ressentent à cet âge.
11:29Grâce à cette activité, ils peuvent se libérer.
11:33Pour ces enfants encore marqués par le bruit des bombes, l'art devient un moyen de répondre à la violence.
11:38Une thérapie face au traumatisme de la guerre.
11:57La guerre russo-ukrainienne
12:01Il y a également une Ukraine dans le centre-est du pays.
12:04Une frappe de drone russe sur un marché de la ville de Nikopol a fait 5 morts et 25 blessés,
12:11selon le chef de l'administration militaire de la région de Dnipro.
12:16Moscou a intensifié ces frappes ces derniers jours sur l'Ukraine,
12:20malgré l'appel de Volodymyr Zelensky à une trêve pour la période de Pâques.
12:26Le président ukrainien se trouve à Istanbul pour des discussions avec son homologue tchoc,
12:32Rajatai Berdogan, autour de la sécurité en Ukraine et au Moyen-Orient.
12:42Retour au Maroc au pied des dunes de Merzouga.
12:46Un lac surgit en plein désert entre biodiversité exceptionnelle et projets d'avenir.
12:52Aboubakar Tonkara nous invite à un voyage à Daitsirij,
12:57un joyau naturel qui séduit et qui intrigue.
13:02Je vous laisse donc découvrir ce joyau.
13:09Entre levier du jour, la lumière dévoile un paysage presque irréel.
13:14Entre sable doré et eau scintillante,
13:16le lac d'Aedstrij offre une scène d'une beauté saisissante.
13:20Ici, désert et eau cohabitent en parfaite harmonie, loin des circuits touristiques classiques.
13:29A quelques kilomètres de Merzouga, ce site naturel attire visiteurs et passionnés de nature.
13:38Sa richesse écologique en fait un véritable sanctuaire pour la faune.
13:43Flamants roses, cigognes, canards sauvages ou encore alouettes,
13:47des centaines d'oiseaux trouvent refuge dans cet écosystème unique très prisé des ornithologues.
13:56Alors nous, oui, on vient en vacances pour la première fois au Maroc.
13:59Effectivement, en arrivant ici, ce qui nous a saisi, c'est vraiment d'être dans un endroit qui est aride.
14:05On vient des dunes qui sont juste derrière et quand on arrive ici, on découvre ces grandes détendues d'eau.
14:10Et on ne s'attend pas à ça et à retrouver là au milieu, à côté du désert.
14:16Pour nous, c'est quelque chose d'exceptionnel, c'est très joli.
14:18Quand on arrive, on voit effectivement des flamants roses qu'on a pu apercevoir.
14:23On a vu certains s'envoler et c'est très joli.
14:27Avec tout le décor qu'il y a derrière, c'est surprenant.
14:35Un émerveillement partagé par les visiteurs, séduit par le calme et le dépaysement total qu'offre cet espace réservé.
14:44Mais derrière cette carte postale se cache un enjeu majeur, préserver cette richesse naturelle.
14:51Un ambitieux projet hydro-agricole a d'ailleurs été lancé pour alimenter durablement le lac
14:56grâce au transfert des eaux de crues de l'Oued-Guérisse, l'objectif, soutenir l'agriculture locale et renforcer l
15:02'écosystème.
15:03Doté d'un budget de plus de 85 millions de dirhams, ce projet bénéficiera à près de 6800 habitants
15:09et permettra d'irriguer plus de 1100 hectares.
15:12Un équilibre entre développement et préservation, essentiel face aux défis climatiques,
15:17un paysage qui fascine par sa diversité.
15:21Quand on est là, il y a quelque chose d'assez similaire par rapport au désert.
15:27On a fait un tour en dromadaire dans le désert hier.
15:30C'est très contemplatif, très calme, très agréable.
15:33Et on est loin de la ville, c'est très apaisant, très reposant d'être là, très très beau.
15:38Alors la visite, les animaux hier, de pouvoir monter sur les dromadaires et là aussi de pouvoir voir les flamants
15:45roses.
15:48Entre nature brute et innovation durable, Daïd Strige incarne une autre facette du désert marocain,
15:55vivante, fragile, paradisiaque et résolument tournée vers l'avenir.
16:11Des images vraiment apaisantes et saisissantes et sans transition.
16:16Place à présent à l'invité de Soir Info.
16:28C'est l'heure de l'invité du Grand Journal.
16:32Plus de 70 000 tentatives d'immigration irrégulière ont été avortées au Maroc rien qu'en 2025,
16:39selon les chiffres dévoilés par le ministère de l'Intérieur.
16:43Un chiffre en recul de 6,4% par rapport à l'année précédente, mais qui témoigne d'une pression
16:50migratoire toujours forte.
16:53Et pour en parler, nous sommes en direct de Casablanca avec Sara Boukri, experte en migration.
16:59Sara Boukri, bonjour et merci d'avoir accepté notre invitation.
17:03Bonjour, merci de m'avoir invitée.
17:06Alors, quand on regarde ce chiffre de plus de 73 000 tentatives avortées au Maroc en 2025,
17:14qu'est-ce qu'il dit concrètement des moyens déployés sur le terrain par les autorités ?
17:21Alors, je pense que ces chiffres ne sont pas le fruit du hasard.
17:25S'ils existent, c'est parce que le Maroc a développé une vraie stratégie migratoire,
17:30portée bien évidemment par la vision de Sa Majesté le Roi Mohamed VI,
17:34qui considère la migration à la fois comme une question sécuritaire humaine, mais aussi de développement.
17:40Il y a d'abord un volet sécuritaire très clair,
17:45le renforcement du contrôle des frontières,
17:48la coopération entre les services de sécurité et le démantèlement des réseaux criminels.
17:53Mais ce qui distingue le Maroc, c'est aussi l'approche humanitaire.
17:57Donc, depuis la nouvelle politique migratoire, il y a eu des opérations de régularisation massive
18:02et un accès élargi aussi aux services sociaux.
18:06Maintenant, vous avez cité la baisse de 6 %.
18:10Il faut bien lire les chiffres, notamment ce qui concerne cette baisse.
18:14Cette baisse ne signifie pas forcément une baisse de la pression migratoire.
18:20En réalité, ce qu'il faut voir, c'est que les réseaux criminels déplacent simplement leur route
18:26vers des zones plus vulnérables via par exemple l'Afrique de l'Ouest ou l'Algérie, etc.
18:32Car ce qu'il faut comprendre, c'est que la migration irrégulière fonctionne comme un système extrêmement flexible
18:38et dès qu'un pays renforce sa politique migratoire,
18:41les réseaux criminels trouvent la solution et cherchent immédiatement d'autres routes pour continuer leurs activités.
18:48Donc, si cela montre une chose, ça montre que la politique migratoire du Maroc rend effectivement aujourd'hui
18:56cette route beaucoup plus difficile pour ces réseaux.
19:00Alors, vous avez parlé de cette forte pression migratoire.
19:04C'est toujours un chiffre intéressant à relever.
19:08300 réseaux criminels démantelés en 2025, c'est considérable.
19:14Justement, est-ce que cela suffit aujourd'hui à freiner durablement cette migration et ces filières
19:21ou est-ce que, vous l'avez dit en quelque sorte, les réseaux se recomposent ailleurs ?
19:28Alors, c'est un chiffre qui est aussi extrêmement révélateur parce qu'on ne parle plus de petits passeurs isolés.
19:35On parle de réseaux criminels transnationaux très bien structurés.
19:40Il faut savoir que le trafic de migrants génère aujourd'hui entre 4,7 et 6 milliards d'euros par
19:45an dans le monde,
19:46ce qui en fait un trafic aussi juteux que nuisible.
19:50Donc, la migration irrégulière aujourd'hui est une industrie criminelle
19:57et ces réseaux fonctionnent véritablement comme des entreprises.
20:01Donc, ils ont des recruteurs dans les pays d'origine, des logisticiens dans les pays de transit,
20:06des passeurs sur les routes maritimes.
20:08Et puis, il y a aussi toute la structure qu'il faut pour le blanchiment d'argent.
20:14Ils utilisent aujourd'hui les réseaux sociaux, les messageries cryptées
20:17et même les plateformes de paiement numérique.
20:20Donc, démanteler 300 réseaux, cela montre que le Maroc applique une politique de fermeté contre les trafiquants
20:26et met toujours dans l'esprit d'équilibre voulu par Sa Majesté le Roi de Moïse VI,
20:31qui est très simple, fermeté contre les réseaux criminels,
20:34mais dignité toujours pour les migrants.
20:40Alors, derrière ces tentatives, il y a toute une organisation, vous avez parlé même, d'entreprises.
20:46En face, les autorités marocaines continuent de renforcer leurs dispositifs de surveillance notamment des frontières.
20:53Est-ce que vous pouvez nous décrire un peu comment fonctionnent aujourd'hui concrètement ces réseaux de passeurs sur le
20:59terrain,
20:59notamment au Maroc ?
21:02Alors, ces réseaux de passeurs, comme je l'ai déjà dit, sont extrêmement adaptatifs.
21:08Et comme je l'ai aussi expliqué au début, ils cherchent toujours la route la plus vulnérable.
21:12Quand une route devient difficile, automatiquement après, ils en ouvrent une autre.
21:17Alors, au Maroc, si on parle du cas spécifique du Maroc, et puis on peut calquer ça sur plusieurs...
21:22Enfin, comme mode opératoire, on peut le calquer sur plusieurs pays aussi.
21:26Leur mode opératoire, il inclut bien sûr le recrutement des migrants dans les pays d'Afrique sud-saharienne,
21:33le transit par certaines zones, le Sahara et l'Algérie, par exemple,
21:38et puis le regroupement dans les zones proches des littoraux,
21:41puis des embarcations de fortune vers l'Espagne, par exemple, ou les Canaries.
21:47Mais il faut noter aussi une évolution importante.
21:51Les réseaux sont de plus en plus digitalisés.
21:53Aujourd'hui, ils recrutent via TikTok, WhatsApp, Telegram.
21:57Ils promettent des traversées garanties et demandent en contrepartie, bien sûr,
22:01plusieurs milliers de dollars par migrant.
22:04Donc, pour eux, c'est très simple.
22:05Les migrants sont littéralement considérés comme des marchandises.
22:11Justement, ces passeurs, donc, qui s'adaptent finalement leur mode opératoire,
22:16qui s'adaptent, la lutte contre ces réseaux, en tout cas, c'est sûr, aujourd'hui,
22:22dépassent largement les frontières de chaque pays, notamment les frontières marocaines.
22:26Le cas échéant, les passeurs tirent parfois parti, justement, du manque de coopération
22:31le long de ces routes migratoires.
22:33Comment s'organise aujourd'hui la coopération internationale concernant ce sujet
22:38qui touche tous les pays, finalement ?
22:41Alors, la coopération internationale existe. On ne peut pas dire le contraire.
22:46Mais à mon sens, et ça n'engage que moi, elle reste insuffisante au vu des chiffres
22:52que vous avez, par exemple, avancés aujourd'hui, et puis d'autres chiffres,
22:55et de la situation aussi sur le terrain.
22:57Ça, les gens qui travaillent sur le terrain, les personnes, les acteurs qui travaillent
23:00sur le terrain peuvent en témoigner.
23:02Donc, la migration reste toujours encore une tragédie humaine.
23:06Pourquoi je dis ça ? Parce que ces réseaux sont transnationaux,
23:09alors que les réponses restent relativement nationales.
23:14Un migrant, aujourd'hui, peut partir d'Afrique de l'Ouest,
23:17traverser plusieurs pays du Sahel, passer par l'Algérie ou la Libye,
23:22arriver au Maroc, puis tenter l'Europe.
23:25Donc, si un seul maillon de cette chaîne coopère moins,
23:28tout le système devient vulnérable.
23:31Le Maroc, certes, coopère déjà avec l'Espagne, l'Union Européenne
23:35et plusieurs pays africains, mais le Maroc ne peut pas tout faire
23:39face à ces pressions constantes et montantes et grandissantes.
23:42Il faut dire les choses, le Maroc n'a pas à le faire tout seul,
23:46car c'est une question qui touche à tous, qu'ils soient pays de départ,
23:51de transit ou de destination.
23:53Donc, oui, pour moi et à mon sens, cette coopération doit aller plus loin,
24:00notamment sur le partage de renseignements,
24:02parce que comme on l'a dit, là, on a affaire à vraiment des réseaux
24:06structurés transnationaux, à des enquêtes financières
24:10et le démantèlement des circuits de blanchiment.
24:13Moi, personnellement, j'ai l'intime conviction que pour lutter efficacement
24:17contre ces réseaux, il faut suivre l'argent.
24:21Il faut suivre l'argent, c'est-à-dire, est-ce que vous pouvez développer cette idée ?
24:25Alors, comme je l'ai expliqué, il y a un circuit de paiement,
24:29de blanchiment d'argent, etc.
24:31Donc, quand il y a de véritables enquêtes financières,
24:34on sait d'où l'argent vient, où il part,
24:37et ça nous permet d'avoir plus d'informations sur les acteurs,
24:41sur les organisations qui sont derrière ce trafic-là.
24:45Des organisations criminelles.
24:47Alors, vous avez parlé de coopération internationale.
24:49Un chiffre aussi à retenir de ce rapport du ministère de l'Intérieur.
24:55Au Maroc, plus de 4 000 migrants ont choisi un retour volontaire
25:00et ils ont pu bénéficier d'un programme de retour volontaire
25:04vers leur pays d'origine.
25:06Donc, finalement, il y a un accompagnement pour permettre à ces personnes
25:11de retourner au Berkay.
25:15Effectivement.
25:16Donc, cette question des retours volontaires, il faut le dire,
25:18ce n'est pas une question qui est simple à mettre en place.
25:20C'est un processus qui est très compliqué.
25:22Beaucoup de pays n'y arrivent pas.
25:24Alors, le Maroc est pionnier dans le domaine.
25:27Ce n'est pas un novice.
25:29Il a commencé à travailler sur cette question-là
25:31sur les départs volontaires, sur les retours volontaires
25:37déjà au début des années 2000.
25:40Donc, avant même que certaines organisations internationales
25:43ne s'impliquent fortement et ne commencent vraiment
25:46à travailler sur la question,
25:49le Maroc a toujours privilégié le retour volontaire
25:52et refuse les expulsions forcées,
25:54comme il a déjà refusé d'avoir sur son territoire
25:57des centres de détention des migrants.
25:59Et de ce fait, le Maroc reste fidèle à lui-même,
26:02à son approche humanitaire et à la vision humaniste
26:06promis par Sa Majesté Laurent Mohamed VI.
26:09Sarah Bokli, c'est important de rappeler,
26:12vous l'avez fait tout à l'heure,
26:13derrière ces données, derrière ces chiffres,
26:15il existe des réalités humaines, des vulnérabilités.
26:18Plus de 9000 migrants morts ou portés disparus en 2025,
26:22selon l'Organisation internationale pour les migrations.
26:27Qu'est-ce qu'ils risquent aujourd'hui,
26:29celles et ceux qui prennent justement ce chemin migratoire ?
26:34On ne se rend pas compte, mais les risques sont énormes.
26:37Et le chiffre que vous venez d'annoncer le démontre,
26:40il faut le dire, c'est tragique.
26:42La route atlantique, par exemple, vers les Canaries,
26:44est aujourd'hui l'une des plus dangereuses.
26:47Il faut savoir que ces migrants embarquent souvent
26:49sur des embarcations surchargées, sans gilets de sauvetage,
26:53sans navigation fiable.
26:55Certains bateaux restent plusieurs jours en mer.
26:57Et quand il n'y a pas de moteur, par exemple,
27:00c'est souvent une condamnation à mort.
27:02Et là, je ne parle que des risques une fois en mer.
27:06Mais avant d'en arriver là,
27:07le migrant parcourt quand même un long chemin
27:09qui est lui aussi rempli de dangers.
27:12Il y a un point important à rappeler à ce niveau-là.
27:16Les migrants ne sont pas seulement confrontés
27:18au trafic des migrants, qui est déjà assez nuisible,
27:21mais leur vulnérabilité alimente en réalité
27:25tout un écosystème criminel.
27:27Et c'est ça le véritable danger.
27:29Les routes migratoires deviennent souvent
27:30des sortes de corridors pour plusieurs formes
27:34de criminalité organisée.
27:35On peut parler de traite des êtres humains,
27:38enlèvement et extorsion,
27:39trafic de drogue, puisque dans certains cas
27:41les migrants sont utilisés comme des transporteurs involontaires.
27:45Exploitation financière permanente et j'en passe.
27:48La liste est longue.
27:50Est-ce que, à votre avis aujourd'hui,
27:52puisque vous en avez parlé tout à l'heure,
27:55la réponse réside dans la coopération internationale
27:59où il y a aussi d'autres facteurs ?
28:01Parce qu'on rappelle que la migration,
28:02elle est souvent économique, je pense, en premier lieu.
28:07Il y a aussi aujourd'hui les conséquences du changement climatique.
28:11Il y a les guerres.
28:13Il y a tellement de facteurs.
28:14Quelles réponses devraient être apportées aujourd'hui à ce phénomène ?
28:19Alors, oui, il faut qu'il y ait une gouvernance mondiale de la migration.
28:27Il y a déjà eu le pacte mondial sur l'immigration,
28:30que le Maroc, on l'appelle d'ailleurs le pacte de Marrakech,
28:36qui a été ratifié à Marrakech.
28:38Bon, c'est un pacte qui n'est pas contraignant,
28:40mais quand même, il a mis en place un certain nombre d'objectifs
28:43et beaucoup de pays, la plupart des pays l'ont signé.
28:46Donc, la gouvernance mondiale de la migration est importante.
28:50Mais pour moi, ce qui est le plus important,
28:52c'est que cette gouvernance migratoire,
28:54elle doit s'articuler autour d'une vision commune
28:59et se mettre d'accord sur le fait que la migration n'est pas un problème.
29:02Ça n'a jamais été un problème.
29:05La migration est, au contraire, une opportunité.
29:08Elle a toujours existé.
29:10C'est un phénomène qui n'est tout à fait humain.
29:11Des sociétés se sont construites à travers l'immigration.
29:14Et l'histoire nous le démontre.
29:16Toutes les sociétés qui étaient fermées,
29:18toutes les civilisations qui étaient fermées
29:21sont des civilisations qui ont disparu.
29:23Et toutes les civilisations qui ont été alimentées
29:26par cet échange de cultures,
29:30ce mouvement d'êtres humains, etc.,
29:33sont des civilisations qui sont restées et sont restées pérennes.
29:38Donc, la migration est une chance,
29:41c'est une opportunité,
29:42à condition qu'elle soit bien gérée.
29:45Aujourd'hui, moi, ce que je reproche
29:46à la gouvernance migratoire aujourd'hui,
29:50c'est qu'elle aborde la migration
29:54sous le prisme uniquement sécuritaire.
29:56Alors que ce n'est pas du tout ça.
29:58Il n'y a pas de mur qui pourrait empêcher les migrants de migrer.
30:03Ça ne fait que renforcer les réseaux de trafic de migrants
30:07et ça ne fait qu'augmenter les prix
30:08et puis inventer de nouvelles routes migratoires.
30:12Donc, la solution sécuritaire uniquement n'a jamais été une solution.
30:17Oui, pour la solution sécuritaire,
30:19contre les réseaux de migrants,
30:21mais pas contre les migrants.
30:22Les migrants sont aussi des victimes de ce trafic-là,
30:27de cette situation-là.
30:29Donc, aujourd'hui, ce qui est le plus important,
30:31c'est de se mettre d'accord sur l'approche à avoir,
30:33le regard à avoir sur la migration.
30:35Et je pense qu'une fois on changera le regard qu'on a sur la migration,
30:39on pourra trouver les solutions les plus adaptées.
30:43Sarah Bouclé, sur ce message,
30:47je vous remercie d'avoir répondu à nos questions aujourd'hui.
30:51Avec plaisir.
31:01Sous-titrage Société Radio-Canada
31:02Alors, l'été, comme dit l'adage, en avril,
31:04ne te découvre pas d'un fil.
31:06De fortes rafales de vent avec des chasses poussières sont prévues lundi
31:11dans plusieurs provinces du Royaume,
31:14indique la Direction Générale de la Météologie.
31:17Ce phénomène peut atteindre des vents allant jusqu'à 100 km par heure
31:22et touchera les provinces de Azélal, Chichawal, Haouz, Marraksh, Swera,
31:28Shuka-Eitsbaha, Tiznit ou encore Tarudant et Agadière.
31:36Direction la ville de face, cette fois à la découverte
31:41et à la rencontre de ces femmes exceptionnelles.
31:46Cela fait plusieurs années qu'elles brillent, qu'elles aident
31:50et qu'elles font de la broderie traditionnelle fessie.
31:55Les machines ne les impressionnent pas avec leurs mains
31:58et nourrissent au quotidien leur passion pour le fil et les beaux motifs.
32:03Je vous laisse découvrir dans ce sujet de Nasser Din Oulayin.
32:07Dans la Médina de Fès, un art ancien est perpétué par ces femmes,
32:11celui de la broderie traditionnelle fessie.
32:13Cet héritage résiste à l'épreuve du temps, à l'industrialisation et à la course aux technologies.
32:18Amina Milan, Arfioum Kaltoum et Samira Rachid se définissent comme des gardiennes du fil.
32:24C'est un art complexe, il faut avoir de la jugeote, un esprit vif, de bons yeux.
32:30Après, c'est vrai qu'on vieillit un peu, on n'est plus toute jeune et le temps fait son
32:33travail.
32:34Avant, durant notre jeunesse, c'était du travail et beaucoup de rire.
32:38Je ne vous raconte pas les fous rires qu'on a pu avoir ici entre nous.
32:44La broderie fessie n'est pas seulement un métier, mais une vie entière consacrée au partage.
32:49Je n'ai pas arrêté de former des jeunes apprentis dans les centres d'artisanat.
32:53De jeunes garçons ont même appris les fondements alors qu'à la base, c'était un métier de fille.
33:00Ce métier signature de la cité Idricide est réputé pour la finesse de ses points et de ses motifs géométriques.
33:06Pour arriver à ce résultat, des années d'expertise et de pratique, mais surtout beaucoup de patience.
33:11Et pour nos gardiennes du fil, hors de question de céder à l'industrialisation.
33:17Il faut aimer cet art si on veut l'apprendre. C'est un métier où le cœur vient avant l
33:22'expertise.
33:23J'ai passé des années de formation et d'apprentissage pour arriver à faire ce que je fais aujourd'hui.
33:29Et qu'on soit clair, ici, on travaille à la main, pas de machine.
33:35Ici, tout est fait manuellement et pour nos gardiennes, ça le restera.
33:39Elles tiennent à conserver cet héritage marocain.
33:41Chaque fil de soie est choisi à la main pour tisser ses décorations aux nombreuses utilités,
33:46orner des nappes, des coussins, des cafetans qui sont encore aujourd'hui portés par les nouvelles générations.
33:54Et tout de suite, je vous laisse avec toute l'actualité économique.
34:06Bonjour à tous et bienvenue sur Medi1TV. Voici l'essentiel de l'actualité économique.
34:11On commence ce journal au Maroc.
34:13L'ensemble des activités du pays devrait se transformer dans les années à venir.
34:17Le royaume vise à solidifier sa souveraineté énergétique
34:20et accélère son plan de transition vers les énergies renouvelables.
34:24Actuellement, 12 plans de décarbonation sont en cours pour les 12 régions du Maroc.
34:28Récemment, les industriels ont été appelés à intensifier leur démarche de transition vers des standards bas carbone.
34:34En ce début d'année, près de 46% du mix énergétique marocain est assuré par les énergies renouvelables.
34:39Mais avec cette accélération, les autorités visent les 52% d'ici 2030.
34:44Parallèlement, le Maroc travaille également à la mise en place d'un marché carbone national.
34:49Objectif, accompagner les investissements et préserver la compétitivité des entreprises face aux exigences du marché.
34:55Une dynamique territoriale qui pourrait bien permettre au pays d'être plus stable face aux crises à venir.
35:01Toujours au Maroc, face à la crise mondiale de l'énergie, le royaume devrait tenir le coup encore un temps.
35:06Selon le ministère de la transition énergétique, les stocks marocains d'essence et de gasoil
35:10devraient couvrir près de 50 jours de consommation pour le pays.
35:13Au niveau national, l'impact de la crise est atténué grâce à la diversification des sources d'approvisionnement,
35:19notamment avec l'Europe et les Etats-Unis.
35:21Cela dit, malgré les stocks, les tarifs à la pompe ont augmenté d'environ 30%.
35:25Pour limiter les répercussions, le gouvernement a réactivé les aides au profit des transporteurs professionnels
35:31comme les taxis, les bus et les camions.
35:33Mais si le conflit s'enlise, les conséquences sur les économies seront inévitables
35:37pour tous les pays importateurs d'hydrocarbures.
35:39On enchaîne avec de nouvelles mesures prises au Maroc.
35:42Pour préserver le pouvoir d'achat face à la flambée de l'énergie,
35:45le gouvernement décide de débourser 48 dirhams supplémentaires pour chaque bouteille de gaz boutane
35:50afin de maintenir le prix à son niveau actuel.
35:53Pour l'Etat, le coût s'élève désormais à 78 dirhams au lieu des 30 dirhams qu'il prenait à
35:57son compte avant la crise.
35:59Par conséquent, le coût mensuel de la subvention culmine à 600 millions de dirhams.
36:03Et pour ce qui est de l'électricité, que ce soit à usage domestique ou industriel,
36:07les prix des factures seront maintenus grâce à une compensation supplémentaire de 400 millions de dirhams
36:12injectés mensuellement par l'Etat.
36:14De nouvelles mesures pour aider les Marocains à faire face aux retombées de la crise énergétique.
36:19Dernière information concernant le Maroc.
36:21Au Royaume, le secteur touristique reste solide et confirme son bon début d'année.
36:25Fin février 2026, les recettes voyage ont atteint 21,4 milliards de dirhams, une hausse de 22,2% sur
36:32un an.
36:32Dans le même temps, les dépenses voyage ont légèrement baissé de 1%.
36:36Conséquence directe, le solde de la balance voyage ressort positif à 16,27 milliards de dirhams.
36:42Une bonne nouvelle pour l'économie nationale, le secteur touristique étant une grande force de son développement.
36:47On reste en Europe où l'inflation repart à la hausse.
36:50Dans la zone euro, elle atteint 2,5% sur un an en mars contre 1,9% en février.
36:56Une accélération liée principalement à la flambée des prix de l'énergie dans le sillage du conflit au Moyen-Orient.
37:01Les prix de l'énergie ont ainsi progressé de 4,9% sur un an alors qu'ils avaient reculé
37:06le mois précédent.
37:07Cette poussée des prix inquiète les autorités car elle pourrait bien peser sur la croissance
37:11tandis que la banque centrale européenne reste prudente sur l'évolution de ses taux directeurs
37:15dans un contexte devenu beaucoup plus incertain.
37:19A l'international, les tensions géopolitiques secouent aussi les métaux industriels.
37:23Le cours de l'aluminium a fortement progressé après des attaques revendiquées par l'Iran
37:27contre deux importantes fonderies situées à Bahreïn et aux Émirats Arabes Unis.
37:31Le prix de la tonne a bondi de plus de 4% dans un marché déjà fragilisé par les risques
37:36de perturbations dans la région.
37:38Les investisseurs craignent désormais une nouvelle pression sur l'offre mondiale.
37:41Le sujet est stratégique car depuis la guerre en Ukraine,
37:44le Moyen-Orient est devenu un fournisseur clé d'aluminium pour plusieurs grandes économies,
37:49notamment l'Union européenne, les Etats-Unis et le Japon.
37:52Toute nouvelle perturbation pourrait donc peser sur plusieurs secteurs industriels.
37:56Cap vers l'Afrique.
37:58Au Nigeria, l'Union européenne investit 290 millions d'euros dans les secteurs de la santé,
38:03de l'agriculture et de la gestion des migrations.
38:05Ces investissements rentrent dans le cadre de l'initiative Team Europe.
38:09Au total, avec cette nouvelle enveloppe, les financements mobilisés par Team Europe
38:12atteignent les 962 millions d'euros.
38:15L'Union européenne maintient sa position de principal partenaire commercial multilatéral du Nigeria.
38:21Toujours en Afrique, le Togo prévoit une accélération de sa croissance,
38:24plus 6,5% en 2026.
38:27La dynamique s'accompagne d'une légère hausse de l'inflation attendue à 1,8%.
38:31Les autorités avertissent toutefois des retombées de la crise énergétique.
38:35Pour faire face, le Togo essaie d'anticiper les chocs en misant sur la poursuite de ses réformes structurelles.
38:40Parmi les priorités, le développement de financements dédiés aux énergies renouvelables
38:44et le soutien aux entreprises agroalimentaires.
38:47Objectif, renforcer la résilience de l'économie en réduisant la dépense aux importations.
38:51Un défi que doit tenir le pays s'il veut préserver sa croissance.
38:55C'est la fin de votre journal économique.
38:57Merci de l'avoir suivi.
38:58La suite de vos programmes sur Medi1 TV.
39:02Votre Soir Info se poursuit avec l'invité Culture.
39:05Medi1 TV.
39:22Mesdames et messieurs, bonsoir et bienvenue dans l'invité Culture.
39:26C'est une mutation qui bouscule cinq siècles d'hégémonie de l'imprimerie.
39:30L'histoire du livre numérique est une redéfinition totale de notre rapport au savoir et à la propriété intellectuelle
39:38face à des algorithmes qui prédisent nos goûts et des plateformes qui transforment l'œuvre en service.
39:45Comment l'édition traditionnelle se réinvente-t-elle ?
39:48Sommes-nous à l'aube d'une démocratisation ultime de la lecture ou d'une fragilisation du droit d'auteur
39:55?
39:55On a pourtant longtemps cru le livre de papier immuable, gardien de nos mémoires.
40:03Aujourd'hui, l'encre s'est faite binaire et les pages se sont muées en pixels.
40:08Nos bibliothèques peuvent tenir dans un écran noir qu'on tient et qui sont plus légers qu'un livre de
40:14poche
40:15que perdons-nous et que gagnons-nous dans cette métamorphose du geste de lire pour comprendre les enjeux de la
40:21mutation du livre.
40:23Alors, j'ai le plaisir de recevoir Khaira Bouaza.
40:26Bonjour.
40:27Bonsoir à vous.
40:28Vous êtes enseignante, formatrice, coach.
40:30Vous utilisez également le livre comme outil de travail pédagogique, outil thérapeutique.
40:35C'est un plaisir de nous avoir comme invitée ce soir.
40:36C'est un plaisir de partager.
40:37Merci.
40:39Parlez-nous de la mutation des pratiques de lecture actuelles.
40:42Alors, je pense qu'aujourd'hui, on lit beaucoup.
40:45La question n'est pas là.
40:46Je pense qu'on lit énormément entre lire des notifications, lire des messages, des e-mails,
40:51la lecture de textes courts ou longs que nous trouvons sur les réseaux sociaux,
40:56lire aussi des analyses de notre ami Tchad GPT ou la lecture de livres sacrés.
41:00Je pense que nous lisons différemment chacun.
41:02Donc, certains vont préférer la lecture digitale avec les petites tablettes ou les liseuses.
41:08D'autres vont encore être des fans du livre et en faire un rituel,
41:12que ce soit le soir, avant de dormir, les matinées,
41:15ou carrément prévoir des journées ou des week-ends de lecture et immersion total.
41:20Donc, je pense que la question n'est pas forcément de est-ce qu'on lit ou pas et de
41:24comment,
41:25mais surtout, est-ce qu'on arrive à plonger en profondeur dans un livre, quel que soit le support.
41:31C'est une bonne question.
41:33Alors, aujourd'hui, à l'ère du numérique avec, on va dire, le changement de pratique de lecture
41:39ou le changement des habitudes.
41:42Est-ce que le lecteur lit en profondeur aujourd'hui,
41:45prend le temps de réfléchir, d'intégrer les informations qu'il lit ?
41:51Je pense personnellement que c'est un des exercices les plus difficiles de la lecture,
41:55car un des objectifs principaux de lire, c'est de pouvoir développer sa pensée profonde et son esprit critique.
42:04Et pour ça, il faut justement accéder à cette lecture profonde.
42:07Et pour y arriver, c'est des connexions neuronales incroyables qui se mettent en place.
42:13C'est un exercice.
42:14C'est un exercice qui demande du silence, qui demande de la lenteur, qui demande de la profondeur
42:19pour pouvoir justement connecter tous ces aspects-là.
42:23Donc, entre la mémoire, l'imagination, l'émotion qu'on arrive à toucher à travers un livre.
42:28Et là, ça devient de plus en plus difficile parce que les lectures, on peut dire que c'est encore
42:33plus superficiel.
42:34Et on va accéder à du contenu plus rapide qui saute directement aux conclusions plutôt que de passer par des
42:40schémas de pensée qui sont plus complexes et qui nécessitent cette connexion-là.
42:44Et puis, vous l'avez dit avec l'intelligence artificielle, des fois, on lit l'analyse d'un livre, le
42:48résumé, ça ne peut jamais se substituer à une lecture en profondeur d'un livre dans sa globalité.
42:54Tout à fait, tout à fait.
42:56On observe donc une substitution, on va dire, du papier ?
43:01Je ne dirais pas vraiment substitution. Je pense que le papier a toujours une place centrale, pour le moment en
43:07tout cas.
43:07Pour le moment.
43:07Oui, je pense qu'il sache.
43:09On espère, on espère.
43:09J'espère, en tout cas, je suis une grande défenseur du papier.
43:14Pareil, pareil. Je pense que le papier a une place incroyable.
43:16C'est une expérience sensorielle complète que la digitalisation ne peut pas offrir pour le moment.
43:21Je pense qu'on est plutôt dans un esprit de complémentarité.
43:24Des usages.
43:25Oui, des usages.
43:26C'est-à-dire que moi-même, l'année dernière, j'ai voyagé avec un livre en papier qui est
43:30littéralement tombé à l'eau.
43:31Et je me suis retrouvée à devoir le sécher, à retrouver son état, pas initial, mais un état acceptable.
43:37Et donc, cette année, j'ai décidé de prendre une liseuse en voyage.
43:40N'empêche que cette liseuse-là ne remplacera pas les livres que j'ai déjà.
43:43Donc, c'est plus, comme a dit une super chercheuse que j'aime beaucoup, qui a fait beaucoup de travaux
43:48sur la lecture profonde.
43:49Elle s'appelle Marianne Wolfe.
43:51Elle a dit que le challenge aujourd'hui, c'est de développer ce qu'elle appelle un cerveau lecteur bilingue,
43:56qui est capable de lire en profondeur sur papier et qui a aussi la rapidité de pouvoir consommer du format
44:03digital.
44:03Quand on lit sur liseuse, bon, c'est un format qui est différent.
44:07Encore, il faut aussi pouvoir s'habituer.
44:08Je parle pour les générations 90.
44:10Après, pour les jeunes générations, ils ont l'habitude.
44:13Donc, le fait de cette forme-là, on peut partager ses notes,
44:18on peut voir les passages qui sont les plus populaires,
44:23qui ont le plus intéressé les autres lecteurs.
44:26Il y a également une annotation qui peut s'accompagner de cette lecture.
44:33La lecture n'est pas forcément la nôtre en tant que lecteur.
44:36Est-ce que ça influence un petit peu le lecteur dans sa réflexion ?
44:41Je pense qu'il y a un côté social qui s'est développé à travers la lecture.
44:45Avant, c'était quelque chose de purement intime.
44:48Maintenant, c'est un moyen de trouver des points communs, des ressemblances
44:55et surtout une possibilité d'identification à travers ces passages.
45:01Je vais trouver le mot, uniformisation de la pensée ou des goûts peut-être,
45:09un petit peu comme les séries et les films qu'on retrouve sur plateforme,
45:14à force d'avoir les plus populaires.
45:16Finalement, c'est ceux qui sont tout de suite regardés
45:18et on passe à côté de choses qui sont importantes cinématographiquement parlant.
45:22C'est la même chose pour le livre aujourd'hui.
45:25On est un petit peu dans cette même logique.
45:27Est-ce que ce n'est pas un danger ?
45:29Exactement.
45:29Je pense qu'il y a une partie de danger, pas complètement.
45:32Il y a un côté positif qui est de l'inspiration et de l'influence
45:35pour inspirer les gens à aller acheter ces mêmes livres-là,
45:39mais on perd justement aux singularités.
45:41C'est-à-dire que le livre devient maintenant des fois un outil de tendance.
45:45On trouve des livres qui sont en rupture de stock.
45:47Il y a les tendances qu'on appelle maintenant les BookTok et les Bookstagram,
45:50c'est-à-dire qu'on a des personnes qui vont influencer au niveau de la lecture.
45:53C'est bien parce que ça attire une nouvelle catégorie de lecteurs,
45:57mais il y a aussi le risque là, quand on lit comme tout le monde,
46:00est-ce qu'on lit vraiment pour soi-même ?
46:02Et est-ce qu'on arrive vraiment à se forger ses propres idées,
46:06sa propre réflexion à travers un livre quand on n'est que influencé ?
46:09Donc, trouver sa part entre les deux, suivre les tendances
46:13et en même temps trouver ses propres lectures.
46:14On perd aussi cette possibilité ou ce réflexe de pouvoir être interpellé
46:21par un livre en librairie, par une couverture, par un titre,
46:26chose qui ne se fait plus aujourd'hui quand on justement suit
46:30ce qui se dit sur les réseaux sociaux.
46:32Quand on est influencé par un lecteur, il y a ce choix qui nous est propre,
46:39qu'on perd d'une certaine manière ou cette possibilité de tomber sur un livre.
46:43Cette petite pépite de par nous-mêmes, par hasard,
46:47c'est quelque chose qui se fait de plus en plus rarement.
46:49Complètement d'accord.
46:50Et tu as parlé tout à l'heure, Meryem, d'algorithmes.
46:52En fait, aujourd'hui, les algorithmes nous connaissent tellement bien
46:55qu'ils vont nous proposer des livres qui correspondent à nos choix.
46:58Sauf que nous, nous sommes des humains avec beaucoup de contradictions et de paradoxes.
47:02Et donc, des fois, ce que l'algorithme va me proposer,
47:05peut-être même qu'il me ressemble,
47:07mais ça va être différent de ce que je vais aller chercher en librairie.
47:09Maintenant, les gens arrivent en librairie avec des listes,
47:11comme une liste de courses, à chercher des livres tendances.
47:14Et pourtant, il y a un grand plaisir à déambuler dans une librairie
47:18sans aucune attente et se laisser appeler par un livre.
47:22Une expérience personnelle, c'est que je lis beaucoup de livres de bien-être,
47:25psychologie et développement personnel.
47:27Donc, je n'ai que ça dans les propositions des algorithmes.
47:29Alors que dernièrement, quand j'arrive en librairie,
47:32j'ai pris des classiques, du Tolstoy, du Condéran,
47:34qui ne sont pas du tout ou qui ne figurent pas sur mes algorithmes en ce moment.
47:38Et avec, si on devait parler de l'auteur dans tout ça,
47:42les auteurs d'aujourd'hui, est-ce qu'ils sont en train de s'adapter
47:45à ces tendances ou à ces goûts qui émergent ?
47:50Je pense que c'est nécessaire, c'est nécessaire de s'adapter un petit peu,
47:54sans pour autant perdre sa voix, sa singularité,
47:57à vouloir se fondre dans un moule qui est en train de se former.
48:03Donc, je pense que c'est tout le challenge, ici,
48:05de garder sa voix tout en ayant la possibilité
48:07de se donner suffisamment de visibilité dans ce monde
48:09qui commence à être ultra connecté.
48:12Et donner aussi de la visibilité à ces auteurs
48:14qui gardent leur propre style singulier.
48:17Exactement.
48:19Qui ne plaisent peut-être pas à tout le monde,
48:20mais qui pourraient plaire à une certaine, en tout cas,
48:22catégorie de lecteurs.
48:24Avec l'essor de l'auto-édition numérique aussi,
48:27que reste aujourd'hui de la valeur ajoutée fondamentale
48:30d'une maison d'édition traditionnelle,
48:33telle qu'on la connaît, telle qu'on l'a toujours connue ?
48:36Est-ce qu'à un certain moment, elles devront également s'adapter
48:39à cette mutation qui s'est déjà opérée, on va dire ?
48:43Alors, je vais répondre plus en tant que lectrice,
48:45je ne suis pas très proche du milieu de l'édition,
48:48mais je peux dire qu'aujourd'hui, les maisons d'édition,
48:51c'est un rôle central au niveau de l'écosystème du livre,
48:55et qu'elles sont les garantes de la crédibilité,
48:59de la légitimité d'un livre.
49:01Elles vont aussi agir en tant que filtre,
49:05pour positionner en fait des auteurs qui ont fait un travail,
49:08et ils ont été accompagnés par la maison d'édition
49:11de l'écriture à la distribution.
49:12Et je pense que le challenge encore ici pour les maisons d'édition,
49:15c'est de faire de l'auteur une voix, un esprit,
49:19une personnalité, et pas seulement promouvoir ses livres.
49:22Peut-être aussi avec des initiatives pour faire des librairies
49:25plus qu'un point de vente, mais plus un lieu de rencontre,
49:29un espace plus chaleureux pour garder justement
49:31cette proximité avec le lecteur qu'on est en train de perdre.
49:34Notamment avec ces rencontres entre les lecteurs et leurs écrivains.
49:38Exactement.
49:39Dans les librairies, et aussi organisés par certaines maisons d'édition.
49:44En tout cas, le livre papier est en train de devenir
49:46un objet de collection, j'ai l'impression.
49:49Je ne sais pas.
49:50En tout cas, au produit de luxe, qu'est-ce que vous en pensez ?
49:53Produit de luxe, peut-être.
49:56Ça dépend comment on le perçoit.
49:57Moi, je pense que c'est un achat intentionnel,
50:00donc c'est un achat émotionnel aussi.
50:03Des fois, j'achète des livres parce que la couverture me plaît beaucoup,
50:06parce que le titre m'appelle, et parce que j'ai envie de les garder
50:08longtemps chez moi, que j'ai envie de les transmettre
50:10à d'autres personnes, à mon enfant peut-être.
50:13Donc, c'est quelque chose qu'on offre
50:16ou que l'on s'offre à soi-même.
50:18Et je pense que le livre va devenir une expérience,
50:21une expérience différente, parce qu'on est constamment sur les écrans.
50:24Donc, le livre va nous orienter vers une expérience qu'on est en train de perdre.
50:28Et d'ailleurs, rien qu'aux mots qu'on utilise, on est en train de voir la transformation,
50:32c'est-à-dire qu'on parle d'un livre, on va le feuilleter.
50:35Et ça, c'est très joli, je trouve, feuilleter un livre,
50:37ouvrir une page au hasard.
50:39Par contre, au niveau du digital, on va parler de scroller,
50:42on va parler de défiler.
50:43Et là, je pense que juste les mots, ils expriment que l'expérience est complètement différente.
50:48Donc, je préfère feuilleter un livre et en faire un objet intentionnel.
50:53Donc, cette transition qui est en train de s'opérer aujourd'hui,
50:57n'est pas forcément une fatalité ?
51:00Je ne pense pas vraiment que ce soit une fatalité.
51:02Je pense qu'on pourra trouver un équilibre entre les deux.
51:06En tout cas, la survie du papier est importante.
51:08Tout à fait. Je pense qu'elle est importante,
51:10qu'elle nous rapproche de quelque chose de plus essentiel,
51:13de plus complet comme expérience.
51:15Et je pense aussi qu'avant de passer à la lecture digitale,
51:19il est essentiel surtout pour nos jeunes, très jeunes lecteurs,
51:22pour les enfants, de passer absolument par la case papier.
51:25C'est grâce au papier qu'ils vont pouvoir développer
51:28cette capacité de pensée profonde et de lecture constante.
51:31Et à ce moment-là, dès qu'on l'a développée,
51:33c'est OK de switcher et de jouer entre les deux.
51:35Mais je pense que le papier restera nécessaire pour une expérience complète.
51:39Quand on parle de lecture constante, on parle de votre spécialité,
51:42c'est un petit peu le livre et l'outil que vous utilisez justement dans votre club,
51:50votre bibliothérapie, qui est un club qui accompagne justement des lecteurs
51:57avec des choix de livres ciblés pour pouvoir justement les aider à appréhender
52:03certaines difficultés qu'ils vivent au quotidien et qui sont propres à chacun.
52:10Exactement. En fait, le livre est un outil qui m'a beaucoup aidée personnellement
52:12et j'avais tellement envie de pouvoir transmettre ça.
52:15Donc, à travers le club de lecture, je le vois autour de moi qu'on est à 90% sur
52:19du papier.
52:20Donc, les gens sont encore attachés à leur livre en papier.
52:24Ils l'utilisent pour surligner et interagissent différemment avec le texte.
52:28Et c'est de la bibliothérapie.
52:30Donc, le fait de se soigner à travers le livre et de se retrouver dans le livre.
52:35Et puis, surtout, de faire l'essentiel.
52:37Un livre, il n'est pas censé nous donner des pensées toutes faites ou des idées toutes faites,
52:40mais de nous aider à penser par nous-mêmes et à développer une pensée constructive.
52:44Merci à vous, Khaira Bouazza.
52:45C'est un plaisir de vous avoir comme invité ce soir.
52:47Je rappelle que vous êtes enseignante, formatrice, coach
52:50et que vous utilisez le livre comme outil thérapeutique.
52:55Merci beaucoup, Miriam. C'était un plaisir.
52:56Un plaisir partagé.
52:57C'est la fin de l'Invité Culture pour ce soir.
52:59Je vous souhaite une très bonne soirée.
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