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MEDI1TV Afrique : MEDI1 SOIR - 03/04/2026
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00:30Une première perte de ce type depuis le début de la guerre.
00:33Les opérations sont en cours pour retrouver l'équipage, confirment de leur côté les principaux médias américains.
00:42Les pays du Golfe réclament un feu vert de l'ONU pour l'usage de la force afin de débloquer
00:48le détroit d'Hormuz.
00:49Un vote prévu ce vendredi sur ce projet de résolution a été reporté.
00:57C'est une première depuis la quasi-fermeture du détroit d'Hormuz.
01:02Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, trois navires ont traversé le détroit hier selon des données de
01:09suivi maritimes.
01:14Bonsoir à tous.
01:15Avant de développer ces titres, le gouvernement britannique réaffirme son soutien au plan d'autonomie
01:23présenté par le Maroc comme base la plus crédible, viable et pragmatique pour une solution durable au conflit créé autour
01:31du Sahara marocain.
01:33Cette position a été réitérée ce jeudi par Amish Falconer, ministre au Foreign Office britannique chargé du Moyen-Orient et
01:42de l'Afrique du Nord.
01:43Lors d'une intervention au Parlement, il a salué à nouveau la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations
01:51Unies.
01:55Place à présent à notre chapitre consacré à la guerre au Moyen-Orient.
02:16Je le disais en titre, un avion de combat américain a été abattu aujourd'hui en Iran où des opérations
02:23sont en cours pour retrouver l'équipage.
02:27Un pilote a été retrouvé, la télévision d'État iranienne a diffusé des images de ce qu'elle présente comme
02:34l'épave de l'appareil abattu.
02:37La police qui annonce une récompense à qui livrera ses occupants.
02:41L'agence de presse Fars a annoncé, elle, une opération en cours pour retrouver l'équipage.
02:48C'est une première perte de ce type depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
02:56L'Iran doit conclure un accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre en faisant des concessions
03:03sur son programme nucléaire
03:05et en rouvrant le stratégique détroit d'Hourmouz.
03:08C'est l'appel de l'ancien chef de la diplomatie iranienne, Mohamed Javad Zarif, dans une tribune publiée par
03:16une revue américaine,
03:17alors que Donald Trump avait annoncé mercredi dernier deux à trois semaines supplémentaires de frappes intenses
03:25pour envoyer l'Iran, je cite, « à l'âge de pierre » si Téhéran n'acceptait pas une solution
03:30négociée.
03:35Aux Émirats Arabes Unis, régulièrement visés par l'Iran,
03:3912 personnes des Népalais, des Indiens ont été blessées après l'interception d'une attaque à Abu Dhabi
03:46dans un complexe gazier fermé après un incendie au Koweït.
03:51Une frappe de drone sur une raffinerie a également provoqué des feux.
03:56Une centrale électrique de dessalement a été également touchée.
03:59L'armée iranienne avait prévenu au préalable viser des sites américains et israéliens
04:06dans les pays hauts et alliés des États-Unis.
04:08Elle répliquait au président américain qui avait menacé de détruire les infrastructures iraniennes
04:14proclamant que les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques.
04:22Les pays du Golfe, qui appellent le Conseil de sécurité des Nations Unies,
04:27a donné son feu vert à une libération par la force du détroit d'Hormuz.
04:32Un vote prévu initialement ce vendredi sur un projet de résolution en ce sens
04:38a été reporté faute de consensus au Conseil.
04:42Et Téhéran a de son côté mis en garde l'instance de l'ONU contre toute action provocatrice.
04:48Donald Trump, qui multiplie les propos sur le détroit,
04:51affirmait de son côté que Washington pouvait ouvrir le détroit
04:55et prendre le pétrole avec un peu plus de temps.
05:02Et sur ce projet de résolution présenté par le Bahreïn,
05:06qui a pour objectif, je le disais, d'autoriser l'usage de la force pour débloquer le détroit d'Hormuz.
05:12Écoutons l'analyse du politologue Christophe Boutin.
05:16Alors, la première question, c'est de savoir si tous les pays du Golfe sont bien sur la même ligne.
05:22La proposition que vous avez évoquée, qui est la proposition de pouvoir engager des éléments armés
05:28face à ce que le Bahreïn, par exemple, considère comme un terrorisme économique,
05:33proposition d'ailleurs qui a sans surprise le soutien des États-Unis,
05:36est soutenue aussi par les Émirats arabes unis.
05:39Qui sont, je dirais, les deux pays qui ont été, Bahreïn a été touché directement.
05:44Les Émirats ont une vision stratégique, n'oublions pas que les Émirats arabes unis
05:49revendiquent des îles qui sont à proximité de l'Iran.
05:53L'Arabie saoudite est peut-être un petit peu en réserve,
05:55même si elle soutient globalement le projet.
05:58Elle est plus en réserve par rapport à ça,
06:00elle est plus sur l'approche diplomatique
06:03et sur l'aide avec l'éventuelle coalition des 35 à 40 États
06:07qui voudrait sécuriser le détroit d'Hormuz après la fin de la guerre,
06:12après les chocs armés.
06:15Ça, c'est la première question.
06:16La deuxième question, pour répondre à ce que vous évoquiez,
06:19c'est de savoir si le Conseil de sécurité va suivre la proposition du Bahreïn
06:24et on ne peut être que très réservé là-dessus.
06:27Effectivement, il y a le soutien des États-Unis,
06:29mais pour les membres permanents, la Chine et la Russie
06:32ne vont a priori pas être d'accord avec cette proposition.
06:35Et même sur la France et l'Angleterre,
06:38qui, on le voit, sont partis dans une logique de coalition,
06:41de coalition post-guerre, le suivi n'est pas évident.
06:46En tout cas, la quasi-fermeture du détroit d'Hormuz
06:49a entraîné une envolée des cours du pétrole et d'autres marchandises.
06:53Elle sent planer le spectre d'une crise inflationniste mondiale.
06:58L'Iran, accusé par une quarantaine de pays
07:00de vouloir prendre en otage l'économie mondiale,
07:04a prévenu que le détroit resterait fermé
07:06au pays jugé hostile.
07:08Néanmoins, un porte-conteneur du groupe français,
07:11CMA-CGM, a traversé le détroit hier jeudi.
07:15C'est le premier passage connu d'un navire
07:17d'un grand groupe européen de transport maritime
07:20par cette voie.
07:22Trois navires au total, dont un métanier,
07:24co-détenu par une entreprise japonaise,
07:26ont donc traversé le détroit d'Hormuz hier,
07:29en longeant la côte urmanaise.
07:35Le président russe Vladimir Poutine
07:37et son homologue Turc Rajaté Berdogan
07:40appellent un cessez-le-feu immédiat au Moyen-Orient,
07:43invoquant là aussi la crise énergétique qui en découle.
07:47Lors d'un entretien téléphonique aujourd'hui,
07:50les deux dirigeants ont souligné leur position commune
07:53sur la nécessité d'un cessez-le-feu dans les plus brefs délais
07:56et la nécessité également de l'élaboration d'accords de paix
08:00tenant compte des intérêts légitimes de tous les États de la région.
08:09Au Liban, des frappes ont visé ce vendredi la banlieue sud de Beyrouth
08:14après un appel à évacuer le secteur de l'armée israélienne.
08:18La force intérimaire des Nations Unies au Liban a annoncé de son côté
08:21que trois casques bleus avaient été blessés aujourd'hui
08:25par une explosion encore indéterminée
08:28à l'intérieur d'une de ces positions au sud du pays.
08:32Trois casques bleus ont été tués au Liban au moins d'une semaine.
08:55Dans le reste de l'actualité,
08:58l'eurodéputée franco-palestinienne de gauche radicale,
09:03l'Ema Hassan a été de nouveau entendue par la police judiciaire à Paris ce vendredi
09:10dans le cadre d'une enquête différente des soupçons d'apologie du terrorisme
09:15pour lesquelles elle a été placée la veille en garde à vue.
09:23Retour au Maroc à Tangier.
09:24La 58e session de la Commission économique pour l'Afrique
09:28a clôturé ses travaux au Palais des Arts et de la Culture.
09:31Une conférence de haut niveau où les enjeux du digital ont dominé les débats.
09:37Durant une semaine, experts et décideurs africains ont affiché une ambition commune,
09:42booster les investissements technologiques pour accélérer la croissance du continent.
09:48Le point sur la situation avec Papa Al-Yonsar.
09:52Clap de fin pour la 58e session de la Commission économique pour l'Afrique.
09:5766 ans après la session historique de 1960,
10:00celle d'aujourd'hui a résolument mis le cap sur le numérique.
10:03Une semaine d'échange intense, les experts d'abord, les ministres après,
10:08mais toutes les thématiques convergent vers un seul mot, le digital.
10:12On a eu un thème principal qui porte sur le rôle de l'innovation et du développement technologique
10:20pour booster la transformation socio-économique dans les économies africaines.
10:25Des échanges importants, notamment des échanges d'expérience de différents pays africains.
10:33Parce que le plus grand intérêt d'une conférence pareille,
10:36c'est pour les pays de pouvoir se partager ce qu'ils font,
10:41leurs opportunités, leurs défis, les nouvelles connaissances qu'ils ont mis en place.
10:46Les délégations africaines ambitionnent désormais d'allouer plus de fonds aux nouvelles technologies,
10:51une dynamique qui est en phase avec le thème central de la 58e session.
10:55Cette dynamique d'ailleurs est déjà palpable sur le terrain, c'est le cas au Gabon.
10:59Nous avons eu des travaux enrichissants sur l'innovation technologique au service de l'économie.
11:06Pour notre part, au niveau du Gabon, il est important que l'on investisse sur le numérique,
11:12notamment à l'appui de la mise en place d'un data center important pour héberger les données.
11:17Et derrière, le préalable nécessaire est le développement des sources d'énergie.
11:23Donc l'énergie nécessaire pour accompagner cette stratégie de développement.
11:28Tangier est déjà en tournant pour la souveraineté numérique.
11:32Désespère aux décideurs, les sessions se sont multipliées avec des partages de connaissances,
11:36ce qui dessine le contour d'un continent 2.0.
11:42Et toujours au Maroc, les efforts se poursuivent pour soutenir les agriculteurs touchés par les inondations dans les régions du
11:50Rherbe et du Loucos.
11:51Objectif, atténuer les pertes et relancer la campagne agricole.
11:56Plus de détails dans ce reportage de Mahajamal Idriss Bayota.
12:05Dans les régions du Rherbe et du Loucos, les récentes inondations ont laissé derrière elles d'importants dégâts.
12:12Près de 75 000 hectares de culture ont été affectés, entraînant des pertes de récolte et une hausse des coûts
12:19pour les agriculteurs.
12:27Les puits de cette année ont eu à la fois des avantages et des inconvénients.
12:31Nous accusons un léger retard pour certaines cultures printanières, comme les pois chiches ou la betterave, car les terres étaient
12:38saturées d'eau.
12:39Nous devons désormais enrichir les sols avec davantage d'engrais que d'habitude, ce qui augmente le coût des productions.
12:45Les agriculteurs travaillent dur pour rattraper ce retard.
12:55Certaines régions ont été plus touchées que d'autres.
12:58Chaque agriculteur redouble d'efforts pour rattraper le retard des cultures printanières, qu'il s'agisse des pois chiches ou
13:04du tournesol.
13:07Afin de limiter les effets de ces dégâts et d'alléger le fardeau des agriculteurs,
13:12l'Office régional de mise en valeur agricole du RARB a lancé un programme gouvernemental de rattrapage de la campagne
13:19agricole,
13:20tout en encourageant les cultures printanières.
13:28Le programme de rattrapage de la campagne agricole a été mis en place pour approvisionner les marchés nationaux en légumes
13:34et encourager la culture printanière, telle que les pois chiches et le tournesol.
13:39Il prévoit également la distribution de graines de tournesol aux agriculteurs affectés par les inondations.
13:48Ce programme vise également la réhabilitation des infrastructures hydro-agricoles dans la région.
13:54L'objectif est de faciliter l'accès aux zones sinistrées.
14:00Ce programme comprend aussi la maintenance des infrastructures hydro-agricoles afin de permettre la reprise normale de l'activité.
14:09Ce programme de rattrapage prévoit également un soutien direct aux éleveurs à travers la distribution d'orges pour les ovins
14:16et caprins,
14:17ainsi que d'aliments composés pour les bovins et un suivi sanitaire du cheptel.
14:22Une mobilisation qui vise à limiter les pertes et redonner espoir aux agriculteurs de la région.
14:29Voilà pour l'essentiel de l'actualité et place à présent à l'invité de Soirinfo.
14:43Marrakech s'apprête à accueillir le JITEX Africa, un rendez-vous majeur dédié à l'innovation et aux échanges technologiques
14:52sur le continent.
14:53Plus de 130 pays sont attendus pour cette quatrième édition qui réunira start-up, décideurs et investisseurs autour des enjeux
15:02du numérique.
15:03Une édition qui s'annonce déjà record et pour en parler, nous sommes avec Amal Flaas Rousni, ministre déléguée chargée
15:12de la transition numérique et de la réforme de l'administration.
15:16Amal Flaas Rousni, bonsoir et merci d'avoir accepté notre invitation.
15:24Bonsoir madame, merci pour l'invitation.
15:27Alors je le disais, la quatrième édition du JITEX Africa à Marrakech s'impose aujourd'hui comme un rendez-vous
15:34technologique majeur sur le continent.
15:37Que nous réserve ce grand rendez-vous de la TEC africaine cette année, la TEC africaine et mondiale en termes
15:43de nouveautés et de chiffres records ?
15:49Alors cette année, comme c'est la quatrième édition, le JITEX Africa à Marrakech se renforce et s'intensifie.
15:58Nous avons maintenant une vraie plateforme technologique qui n'est plus qu'africaine.
16:05Nous avons une présence très forte d'autres pays, par exemple l'Europe qui est en force sur le continent.
16:14Nous avons plus de 11 pays qui n'ont jamais participé aux éditions précédentes.
16:22Nous en sommes à la quatrième édition.
16:25Et nous avons aussi 300 start-up qui sont accompagnées par le ministère de la Transition numérique et de la
16:32réforme de l'administration dans le cadre du programme Morocco 300.
16:36Donc c'est une augmentation de 50% par rapport à l'année dernière.
16:40Nous avions accompagné 200 cette année, 300.
16:43Alors ce qu'il faut voir aussi, c'est que cette année, nous avons un focus très très fort sur
16:49la technologie,
16:50les technologies émergentes.
16:52Le focus même du JITEX Africa 2026 cette année, c'est sur l'intelligence artificielle comme levier du développement continental
17:02et mondial.
17:05Et bien sûr, dans ce contexte-là, il y a des thématiques qui reviennent en force,
17:09surtout ce qui concerne l'infrastructure, le cloud, mais aussi la cybersécurité.
17:15Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que cette année, nous avons beaucoup de participants qui viennent de différents
17:24pays,
17:25notamment du Moyen-Orient, aussi de l'Afrique.
17:29On a des pays africains qui participent pour la première fois et plus de 1450 entreprises ou exposants.
17:37Je voudrais signaler aussi la présence d'investisseurs, de plus de 400 investisseurs,
17:44qui capitalisent à eux seuls plus de 350 milliards de dollars en capital actif.
17:50Donc ça veut dire que cette plateforme va réunir des startups, des PME,
17:54mais aussi beaucoup de décideurs, de politiciens, de politiques,
18:00et aussi des nouveautés en termes de technologie,
18:05que ce soit dans le cloud, dans les data centers et la cybersécurité.
18:10Vous avez parlé de cette fréquentation qui est en hausse aujourd'hui.
18:13En quoi cet événement traduit-il concrètement le positionnement du Maroc en tant que hub digital africain ?
18:20Pouvez-vous affirmer que cette édition du JITEC, c'est celle de la confirmation du royaume
18:25en tant que hub technologique du continent ?
18:30Alors, effectivement, cette plateforme technologique est inédite sur le continent.
18:37C'est la première en termes de participation.
18:41On est à plus de 50 000 participants à cette édition.
18:46L'année dernière, on était à 52 000.
18:48On va largement dépasser cette année.
18:50Et non seulement en termes de participation, mais aussi en termes de présence de big tech
19:00qui vont être présentes sur cette plateforme.
19:04Donc, pour nous, pour le continent africain, c'est la plateforme technologique numéro 1
19:09qui vient renforcer le rôle du Maroc en tant que leader de l'innovation technologique.
19:15Bien sûr, on parle ici du numérique, on parle aussi de la voiture connectée, de la voiture intelligente.
19:23On parle ici des data centers, du cloud.
19:25Il va y avoir l'annonce d'une région cloud par un hyperscaler sur la plateforme JITEC.
19:33Et il y aura beaucoup d'innovations technologiques qui vont être annoncées.
19:37Et bien sûr, c'est une plateforme aussi qui permet de nouer des relations,
19:43de créer des deals entre start-up et investisseurs.
19:48Alors justement, le développement de l'économie numérique et des start-up est au cœur de votre stratégie.
19:55Comment structurer un écosystème qui est capable de créer de la valeur ajoutée,
20:00mais tout en attirant l'investissement et en accompagnant le passage à l'échelle des jeunes entreprises ?
20:10Alors, au niveau du ministère de la transition numérique et de la réforme de l'administration,
20:15l'économie numérique est un pan très, très important.
20:18C'est une des deux grandes préoccupations aujourd'hui du ministère.
20:22Alors, par rapport à l'écosystème, nous avons une direction qui s'occupe de l'écosystème numérique.
20:29Et nous avons surtout des initiatives très importantes.
20:32Je citerai quelques-unes.
20:34Par exemple, en termes d'investissement, nous avons attiré des investisseurs dans le cadre d'une offre VC.
20:41Et on va annoncer les neuf fonds d'investissement qui ont été sélectionnés dans cette offre VC.
20:48Nous avons également une offre Vibi pour les start-up.
20:51Entre l'offre Vibi et VC, par exemple, nous avons un budget alloué de 1,3 milliard de dirhams,
21:00juste pour ces deux initiatives.
21:02Mais nous avons également l'accompagnement de start-up.
21:06Comme je l'ai dit au début, cette année, on a upgradé le programme Start-up Maroc Digital.
21:14Et donc, cette année, nous accompagnons 300 start-up pour venir discuter sur cette plateforme de JITEX.
21:21C'est des start-up marocaines qui vont bénéficier de 95% de prise en charge de leurs frais
21:28pour être sur la plateforme JITEX et qui vont venir discuter avec d'autres entreprises,
21:35d'autres PME, mais aussi d'autres investisseurs pour lancer des deals et créer des accords d'investissement.
21:43Alors, justement, en parlant de financement et de start-up marocaines,
21:52permettez-moi de rappeler quelques chiffres.
21:54Ce JITEX réunit 800 start-up, dont 300 marocaines, face à plus, vous l'avez évoqué,
22:00400 investisseurs internationaux qui capitalisent, on parle de 350 milliards de dollars.
22:07Alors, si la mise en relation est une question essentielle,
22:09les convaincre de sortir leur chéquier, c'en est une autre.
22:14Comment, justement, vous accompagnez ces start-up marocaines
22:16à franchir le cap du financement à l'international ?
22:23Alors, on les accompagne de différentes manières.
22:26Déjà, en mettant en place des mécanismes, comme je vous ai dit, de Vibi et de Vici.
22:32Lorsqu'on lance une Vici, ça veut dire que le ministère s'engage à couvrir les first loss de ces
22:41entreprises.
22:41Ça veut dire que les fonds d'investissement qui viennent investir dans la start-up marocaine
22:47sont rassurés que les premières pertes seront couvertes par le MTNRA, le ministère.
22:52Mais aussi, nous avons 1,3 milliard de dirhams qui sont alloués à cette Vici,
23:01qui sont portés par le MTNRA, mais aussi par d'autres institutions,
23:06comme le fonds d'investissement Mahamtis et la CDG.
23:09Donc, nous rassurons les investisseurs.
23:12Nous avons lancé un appel à manifestation d'intérêt.
23:16Nous avons eu 47 investisseurs qui étaient intéressés.
23:20Et sur les 47 intéressés, nous allons annoncer les 9 gagnants lors de ce JITEX Africa 2026.
23:28Les 9 fonds d'investissement sont là pour accompagner les start-up marocaines.
23:34Nous avons donc cette offre capitalistique que nous mettons à disposition et des investisseurs et des start-up marocaines.
23:42Donc, on essaie de mettre en place toutes les garanties nécessaires pour rassurer les investisseurs,
23:49pour pouvoir accompagner l'offre start-up marocaine.
23:52Sur Vibi, nous avons d'autres types de start-up qui sont accompagnées.
23:56Et là aussi, l'offre Vibi, elle est accompagnée, elle est opérée par Tim Wilcombe,
24:02qui va aussi garantir un certain nombre, c'est des garde-fous pour que les start-up puissent continuer.
24:07On a des incentives très intéressantes.
24:11Donc, ça, ce sont deux initiatives par rapport à la start-up,
24:15mais on a aussi quelque chose de très important, qui est l'offre offshore in Maroc.
24:20Et lorsque nous accueillons ces entreprises à l'international et des multinationales sur la plateforme JITEX,
24:30ils voient qu'il y a de la production de haut niveau, ils voient qu'il y a une stabilité
24:34politique,
24:35ils voient qu'il y a un climat des affaires très intéressant.
24:38On est en train de signer avec de nombreuses compagnies.
24:44On va jusqu'à la création de centres, non seulement de l'offshoring classique,
24:49mais on va jusqu'à, avec des hyperscalers par exemple, on a des centres de R&D
24:55qui embauchent des ingénieurs marocains pour développer de la technologie de pointe.
25:00Donc, notre offshoring au Maroc, c'est l'offshoring de nouvelle génération
25:05sur des technologies de pointe avec des ingénieurs de plus en plus qualifiés.
25:09C'est pour nous une façon aussi de rassurer ces multinationales,
25:14de les rencontrer dans le cadre de ces plateformes.
25:17Et ils voient très bien que les produits développés par les entreprises marocaines
25:22sont des produits à OTRL.
25:25Alors, Mme Flaas Rouchouni, vous l'avez dit tout à l'heure,
25:29une priorité, c'est le volet numérique.
25:31Et puis, il y a aussi la réforme de l'administration.
25:34Quelles transformations concrètes sont aujourd'hui engagées
25:38pour passer de logique de digitalisation des services
25:41à une administration plus simple, proactive et centrée surtout sur l'usager ?
25:50Alors, sur l'administration, la réforme de l'administration, il y a deux choses.
25:54Il y a la simplification des procédures.
25:57Et il y a la digitalisation de ces procédures.
26:00Et on travaille sur les deux aspects.
26:03Donc, nous avons des directions spécialisées pour la simplification des procédures.
26:08Donc, c'est tout ce qui est les textes, en fait, de lois et des procédures.
26:11Mais la digitalisation, c'est ce qui permet de rendre opérationnels
26:16ces services d'un point de vue digital et leur accessibilité par les citoyens.
26:21Et nous avons été un peu plus loin dans cette digitalisation
26:24puisque nous avons introduit l'intelligence artificielle
26:28pour rendre ces services digitaux et les parcours aussi
26:33qui sont construits au-dessus des services digitaux
26:36pour les rendre plus accessibles à la plupart des citoyens marocains,
26:41notamment les citoyens qui sont, disons, en déficience digitale.
26:47Donc, aujourd'hui, nous mettons l'intelligence artificielle
26:50au service de la digitalisation des procédures et des parcours.
26:54Et nous sommes en train de travailler sur le Wallet National
26:57qui propose une méta-application
27:01qui va permettre d'accéder à tous les services.
27:04Donc, nous avons conclu des accords avec différents protagonistes.
27:11Nous avons signé avec de nombreuses administrations
27:15pour pouvoir, par exemple, avoir son permis dans le Wallet,
27:21pour pouvoir avoir son assurance sur le Wallet,
27:23pour pouvoir avoir son titre foncier sur le Wallet.
27:26Donc, ce Wallet National, aujourd'hui, c'est un portefeuille numérique
27:31qui va contenir de nombreux documents administratifs
27:36qui sont accessibles à partir du téléphone,
27:39mais aussi qui permet à travers la super app de composer ces services
27:45pour offrir des services composés et agrégés.
27:48Donc, aujourd'hui, la transformation, l'administration marocaine
27:53se dirige vers une administration orientée besoin du citoyen
27:58qui soit plus simple à utiliser,
28:01qui puisse interagir de façon simple aussi avec les utilisateurs
28:08avec toutes les modalités.
28:10Ça peut être la voix, ça peut être le texte, ça peut être le clic.
28:15Et c'est des services qui vont être accessibles de partout,
28:19à n'importe quel moment,
28:20et avec une administration très proactive
28:23vis-à-vis des besoins des citoyens.
28:27Madame Amal Flah Sourdoshni,
28:29ministre déléguée chargée de la transition numérique
28:31et de la réforme de l'administration,
28:33merci d'avoir accepté notre invitation
28:35et d'avoir répondu à nos questions.
28:40Merci pour l'invitation.
28:45Mahmoud Ali Youssouf, le président de la Commission de l'Union africaine,
28:49dans un entretien exclusif sur Médien TV,
28:52revient sur les grands défis du continent,
28:55diplomatie, sécurité, paix, développement et intégration économique,
28:59des révélations exclusives,
29:01des positions tranchées et une vision ambitieuse pour l'avenir de l'Afrique.
29:07Suivons ensemble cet entretien qui vous est présenté par Bachar Tiam.
29:20Bonjour et bienvenue sur Médien TV.
29:22Aujourd'hui, c'est un grand jour pour nous.
29:23En tout cas, nous accueillons le président de la Commission de l'Union africaine,
29:27M. Mahmoud Ali Youssouf,
29:29qui nous vient d'Ethiopie, forcément, d'Addis Abeba,
29:32mais qui a été, pendant 25 ans et même plus peut-être,
29:35le ministre des Affaires étrangères de Djibouti.
29:37M. Ali Youssouf, merci et bienvenue.
29:40Merci de m'inviter sur le plateau de Médien TV.
29:44Oui, tout à fait.
29:45En tout cas, c'est une institution au cœur des ambitions du continent,
29:48mais aussi au centre de nombreuses attentes et critiques.
29:51La Commission de l'Union africaine que vous présidez
29:54incarne à la fois l'espoir d'une Afrique unie et en même temps limitée.
30:00Justement, une gouvernance encore en construction,
30:03vous allez en parler certainement,
30:04face aux défis sécuritaires,
30:06ce qui nous intéresse aussi dans ces régions,
30:09aux urgences économiques et aux aspirations d'une jeunesse
30:11en quête surtout de résultats,
30:13justement, parce qu'ils attendent ça.
30:15Le rôle de la Commission n'a jamais été aussi stratégique,
30:18sur le continent en tout cas,
30:20mais jamais aussi scruté, je crois.
30:23Il est beaucoup scruté.
30:25Alors, la Commission que vous présidez,
30:27est-elle à la hauteur des enjeux,
30:29des attentes des Africains aujourd'hui ?
30:31Peut-elle réellement peser sur le destin du continent ?
30:34Pour en parler, donc, je vous reçois.
30:36Première question, M. le Président.
30:38Beaucoup ont le sentiment que la Commission,
30:40aujourd'hui, produit plus de déclarations que de résultats.
30:45Vous n'êtes pas d'accord sur cette...
30:47D'abord, permettez-moi de remercier le Royaume du Maroc
30:53qui nous a accueillis pour cette 58e session de la CEA.
31:01Une session extrêmement importante
31:03parce qu'elle se penchait sur des questions
31:06relatives à l'innovation,
31:08au niveau de la technologie de pointe,
31:10à la digitalisation de nos économies.
31:13Ce sont des secteurs qui concernent les jeunes, d'abord.
31:15Tout à fait, donc, d'où la question sur la jeunesse.
31:17Exactement, et j'aimerais d'abord, donc,
31:20m'acquitter du devoir de remercier,
31:22d'abord, Sa Majesté, le Roi Mohamed VI, son gouvernement,
31:26pour avoir d'abord accueilli cet événement
31:28extrêmement important pour le continent
31:29et de nous avoir adressé l'invitation
31:32pour pouvoir y contribuer.
31:35Cela fait maintenant un an
31:36que j'assume la responsabilité
31:39de diriger la Commission de l'Union africaine.
31:41Bien entendu, la construction du continent
31:45est une œuvre de longue haleine.
31:50Nos leaders ont mis en place
31:53ce qu'on appelle l'agenda 2063.
31:55Ils l'ont construit sur des plans décénaux.
31:58Le premier s'est écoulé,
32:00le premier plan décénal.
32:02Nous sommes au début du deuxième plan décénal
32:05qu'on a divisé en deux plans quinquennaux.
32:07Et nous avons une batterie, je dirais, de traités...
32:12Ou de plans.
32:13De plans.
32:14Nous avons des mécanismes qui s'occupent de ça
32:16dans tous les secteurs que vous pouvez imaginer,
32:20que ce soit dans le domaine du développement de l'énergie,
32:23dans le domaine de la promotion de la jeunesse, etc.
32:27Maintenant, je crois que la question que vous avez posée
32:30est une question pertinente.
32:31Je crois que la Commission a le premier devoir
32:34de pouvoir porter les ambitions du continent.
32:38Porter les ambitions du continent
32:40se décline en un certain nombre d'objectifs.
32:42Ce qui est très important, c'est qu'à la fin de ce cycle,
32:45et je l'espère, je crois que je ne vais pas rester 40 ans,
32:49mais j'ai un mandat,
32:50je crois qu'à la fin du mandat,
32:52j'aimerais pouvoir faire avancer certaines priorités.
32:58D'abord, la paix et la sécurité sont une priorité pour le continent.
33:01Il y a un certain nombre de régions, de pays qui souffrent de l'instabilité.
33:07Il y a des changements anticonstitutionnels de gouvernement dans d'autres pays.
33:11Il y a l'insécurité qui est créée par des groupes terroristes
33:14dans la côte de l'Afrique, dans le Sahel, au Mozambique, même en Afrique australe.
33:19La priorité des priorités pour mon mandat,
33:23c'est d'abord faire en sorte que la situation en Afrique soit apaisée.
33:28Mais qu'est-ce que vous allez faire concrètement, je pense, sur le terrain,
33:31pour que ces résultats soient au moins perceptibles ?
33:33Je crois que nous avons des mécanismes pour ça.
33:36Nous avons le Conseil de paix et de sécurité,
33:38composé de 15 États membres qui travaillent vraiment au quotidien
33:43sur des prises de décisions importantes sur ces questions de paix et de sécurité.
33:47La Commission a tout un département appelé le PAPS,
33:50qui est le département de la paix et de la sécurité,
33:53dirigé par un commissaire qui travaille.
33:55Je m'appuie personnellement sur des envoyés spéciaux.
33:59Je m'appuie sur des panels des sages, de facilitateurs pour enclencher des médiations.
34:04Parfois, nous nous appuyons sur des champions qui sont des chefs d'État.
34:08Comme par exemple, pour les Grands Lacs,
34:10nous avons le président, son excellence, monsieur le président,
34:12fort de Togo, qui est le médiateur pour la paix dans cette région.
34:19Mais au-delà de ça, je crois que pour avoir des résultats,
34:22comme vous le demandez,
34:24il faut passer par un certain nombre de réformes.
34:27Et nous avons un champion également pour la réforme,
34:30qui est le président Ruto du Kenya.
34:32Donc nous essayons de mettre en place des structures
34:35et des mécanismes qui soient performants
34:37et qui puissent vraiment aller vers des livrables.
34:42Et cela, je crois, comporte et surtout nous incite
34:47à avoir une vision globale des crises sur le continent.
34:51D'où l'importance de la réforme de l'architecture de la paix et de sécurité,
34:55sa fusion avec l'architecture de gouvernance,
34:58être proactif dans des situations
35:00où on sent qu'il y a des violences post-électorales
35:04qui peuvent, n'est-ce pas, intervenir.
35:07Préparer le terrain pour que ces situations ne puissent se développer.
35:12Nous avons vraiment un travail au quotidien
35:14avec des mécanismes qui sont bien rodés,
35:17des hommes et des femmes,
35:18des leaders sur le continent africain
35:20qui essayent de faire la différence.
35:22Et la commission est là pour pouvoir coordonner
35:25tous ces efforts et créer cette synergie qui est nécessaire.
35:30Vous avez cité quelques présidents,
35:32quelques leaders, donc de chefs d'État en général.
35:36La question du Sahel nous intéresse beaucoup
35:39et forcément aussi la Cour de l'Afrique,
35:40d'où vous venez justement.
35:42Ce sont des régions qui sont beaucoup plus instables aujourd'hui.
35:46Est-ce qu'il y a des stratégies particulières
35:49qui sont mises en avant, en tout cas sur lesquelles vous réfléchissez,
35:52pour justement résoudre ces problèmes d'abord
35:54dans ces régions-là précisément ?
35:56Le Sahel en l'occurrence.
35:57Je passerai au Sahel quand je dirai quelques mots
36:01sur la Cour de l'Afrique.
36:03Nous avons dans la Cour de l'Afrique une mission de maintien de la paix
36:06qui, depuis 17 ans, des forces de maintien de la paix africaine
36:11qui essaie de stabiliser la Somalie.
36:13Beaucoup d'argent est allé dans cette mission
36:15et la Somalie a réussi à mettre en place ces institutions,
36:19je dirais, étatiques, grâce à la protection
36:23et grâce à la présence de cette force qu'on a un temps appelée
36:27l'Abyssor, l'Atmis, puis maintenant l'Eussor.
36:30C'est une, je dirais, une réalisation du continent
36:34et surtout de l'Union africaine.
36:36Et nous travaillons avec les autres pays qui traversent des crises,
36:39comme le Soudan.
36:41Et nous essayons aussi, j'ai personnellement nommé des envoyés spéciaux
36:46dans toutes ces zones, surtout au Sahel.
36:50Un diplomate expérimenté de Gambie, Mamadou Tangara,
36:55qui est en train de préparer le terrain pour ma visite dans cette région.
36:59Nous voulons que ces pays-là du Sahel,
37:02qui ont connu des changements anticonstitutionnels,
37:05puissent pouvoir mettre en place un processus de transition
37:08qui mène ces pays-là vers, je dirais, un retour à l'ordre constitutionnel.
37:13Tout à fait.
37:13Et pour cela, je crois qu'il est très important
37:16que l'Union africaine puisse accompagner ces pays-là.
37:20C'est ce que nous essayons de faire à Madagascar,
37:22au Guinée-Bissau également.
37:23Je crois que c'est un travail qui demande beaucoup d'énergie
37:27et surtout une sérénité pour pouvoir rassurer d'abord ces pays-là.
37:34Parce que nous avons besoin de ces pays sur le continent.
37:39Et ils ont besoin de leur environnement régional.
37:42Ces pays-là ne peuvent pas vivre dans une sorte d'autarcie
37:45ou dans un isolement permanent.
37:47Donc le rôle du président de la Commission et de la Commission et de ses organes,
37:51c'est de faire en sorte que ce retour de ces pays-là
37:54dans la grande famille africaine
37:56puisse se réaliser le plus rapidement possible.
37:59C'est mon objectif dans le Sahel.
38:01Bien entendu, la complexité de la situation,
38:03elle dépasse les changements de l'ordre constitutionnel.
38:07Le terrorisme fait ravage dans ces zones.
38:10Le trafic de drogue et le trafic humain dans le Sahel est quelque chose de connu.
38:15Je crois que la fragilité des États du Sahel
38:19ne peut que, je dirais, accélérer cette déliquescence de la situation sécuritaire,
38:25de cette instabilité qui est provoquée par des groupes terroristes,
38:29des activistes et surtout des trafiquants.
38:32Et il y en a beaucoup dans cette région.
38:34Justement, vous avez parlé de solidarité, en tout cas ce que vous avez évoqué.
38:38Et ça m'inspire justement sur le retour au Saint-Louis du Maroc,
38:43il y a dix ans bientôt, c'était en 2017.
38:46Aujourd'hui, quelle est la position du Maroc, vous en tant que président de la Commission,
38:50comment vous lisez cette position du Maroc,
38:52en termes de leadership bien évidemment,
38:53et en termes surtout aussi de son implication sur la sécurisation de ces régions,
38:58dont on vient de citer, notamment le Sahel ?
39:00D'abord, le mérite du retour du Maroc revient à Sa Majesté le Roi Mohamed VI.
39:05C'est lui qui a conduit ce processus de retour au sein du Maroc,
39:12au sein de l'Union africaine.
39:15Cette présence du Royaume du Maroc au sein de l'Union africaine
39:19a une importance stratégique importante, de premier plan.
39:26Pourquoi ?
39:27Parce que, et je le répète souvent, le Maroc est un pays d'ancrage
39:32de ce que le continent essaye de faire comme politique d'intégration.
39:39Le Maroc a d'excellentes relations avec tous les pays de l'Afrique de l'Ouest.
39:43Le Maroc a des réseaux très importants qui vont de l'Afrique de l'Est
39:47vers l'Afrique centrale et au-delà.
39:49Je crois qu'un grand pays comme le Maroc,
39:51qui est le premier producteur par exemple de fertilisants au monde.
39:55Donc le phosphate entre autres.
39:56La phosphate et le Maroc qui est un pays qui a toujours ouvert ses universités
40:00aux étudiants africains depuis des décennies.
40:03Le Maroc qui a un programme de coopération à travers la MCI avec beaucoup de pays africains.
40:09C'est l'agence de la coopération marocaine.
40:12Et tous ces mécanismes que le Maroc a mis en place pour pouvoir consolider ses relations avec les pays africains
40:18le rend éligibles pour jouer ce rôle des pays d'ancrage.
40:22Et moi j'estime que le Royaume du Maroc a un rôle très positif sur le continent.
40:27Et je suis venu ici rencontrer le ministre des Affaires étrangères il y a deux jours
40:32pour discuter des questions qui préoccupent le continent.
40:36Et il faut également rappeler que le Maroc fait partie des premiers tiers des pays.
40:41Le premier tiers fait six pays qui contribuent à hauteur de presque 37-40% du budget de l'Union
40:50africaine.
40:52Et ajouté à cela, le Maroc a déjà complété sa contribution au fond de la paix.
40:58Vous voyez un petit peu l'engagement et le sérieux du Royaume du Maroc quand il s'agit des questions
41:03africaines.
41:03Je crois qu'on ne peut que le féliciter.
41:05La Commission est très satisfaite de son partenariat avec le Royaume du Maroc.
41:10C'était justement ma question suivante parce que vous commencez à expliquer un peu
41:13comment est-ce que le Maroc, la capacité en tout cas du Royaume à inscrire durablement
41:17justement des concepts comme le triptyque paix, sécurité, développement
41:22dont ont besoin ces régions-là, les régions notamment du Sahel qui sont enclavées,
41:27qui n'ont pas accès à la mer.
41:28Donc toute la stratégie que le Maroc met en place justement pour partir de la paix,
41:33assurer la sécurité et en même temps le développement.
41:36Est-ce que vous, comment vous le lisez et comment vous l'accueillez justement ?
41:38Je crois qu'il y a des cas d'école ici au Maroc.
41:40Que ce soit en matière de développement d'infrastructures.
41:43Je viens de visiter Tangemed.
41:46C'est une plateforme logistique extraordinaire.
41:49C'est, je dirais, le premier port d'Afrique et le premier port de la Méditerranée.
41:54Je crois qu'en matière de développement d'infrastructures,
41:58on ne peut que s'inspirer de ce qui se fait ici.
42:01J'ai également eu le plaisir de prendre le TGV entre Tanger et Rabat.
42:10Vraiment une infrastructure de classe mondiale.
42:14Il y a beaucoup, beaucoup de choses sur lesquelles, je crois, le Maroc a montré l'exemple.
42:20Et les pays africains peuvent s'inspirer de cela.
42:23En matière de paix et de sécurité, aujourd'hui le Maroc est un pays stable.
42:30Il est un pays qui ne connaît pas de problèmes de sécurité.
42:33C'est un pays qui a beaucoup travaillé sur ces aspects-là.
42:36Et il peut contribuer maintenant, le Maroc est revenu au Conseil de paix et de sécurité pour un mandat de
42:41deux ans.
42:42Donc encore une...
42:43C'est le troisième mandat d'ailleurs.
42:45Voilà, c'est encore une opportunité pour le Maroc qui a déjà fait œuvre utile lors de ses précédents mandats.
42:51Et c'est l'occasion pour le Maroc de pouvoir continuer à contribuer à tous les processus de paix sur
42:57le continent à travers le Conseil de paix et de sécurité.
43:00Parce qu'effectivement, la question de sécurité sur le continent est posée.
43:04Et la commission, sa force, la commission que vous présidez, sa force ou sa faiblesse, c'est justement son financement.
43:10Il a beaucoup été critiqué que le financement venait de l'extérieur.
43:14Comment est-ce que dans ces conditions aussi, on peut aspirer à la souveraineté de nos actions pour pouvoir mener
43:18à bien tout ce qu'on a justement sur le plateau ?
43:21C'est un message qui me tient à cœur et que je ne cesse de répéter dans les différentes conférences
43:26auxquelles je participe.
43:27Je crois que si on veut parler de souveraineté pour le financement de nos programmes de développement,
43:34il faut qu'on puisse réellement parvenir à une transformation des moyens de financement de nos programmes.
43:43Transformer ces moyens, c'est d'abord compter sur nos propres ressources.
43:47C'est ensuite progressivement s'éloigner de cette façon de faire qu'on avait,
43:54de frapper aux portes de partenaires à chaque fois qu'il y avait des soucis sur ces points-là.
44:00Aujourd'hui, les partenaires traditionnels eux-mêmes sont confrontés à leurs propres défis.
44:05Tout à fait.
44:06Les questions de crise en Europe, la guerre en Ukraine et ailleurs aussi.
44:09Et le tarissement des sources de financement est une réalité aujourd'hui.
44:15Donc il faut une alternative, il faut une option.
44:17On ne peut pas rester les bras croisés en disant « ça va tomber du chien ».
44:21Il faut, moi c'est ce que je dis et je répète à nos décideurs, comptons sur nos propres moyens,
44:27faisons-les de manière vraiment graduelle et surtout essayons de trouver des moyens innovants de financement à nos programmes.
44:37Et les idées sont là et on les avance.
44:39On peut s'appuyer sur la communauté d'affaires des Africains, des hommes d'affaires,
44:44on peut s'appuyer sur les philanthropistes, on peut s'appuyer sur les philanthropes, pardon,
44:48on peut s'appuyer également sur un certain nombre, je dirais, d'acteurs de la société civile,
44:55la diaspora, etc., etc., pour pouvoir mobiliser de ressources.
45:00Je crois que ce n'est plus une option.
45:02On a l'obligation et l'urgence impérieuse de pouvoir compter sur nous-mêmes.
45:09Et je crois que ceci est une nécessité absolue, on ne peut pas faire l'économie de ça.
45:15– Tout à fait, vous avez évoqué un point qui m'intéresse aussi,
45:17vous parlez de s'appuyer sur les réseaux qu'on a, en l'occurrence d'abord les hommes d'affaires,
45:22les philanthropes, etc., etc., et aussi la diaspora, vous avez cité ça.
45:26Je pense aussi que dans ce domaine, le Maroc peut-être aussi peut servir de modèle, je crois,
45:31en tout cas à mon avis, la diaspora marocaine aujourd'hui est active aussi dans tout ce développement
45:36que vous avez tout à fait énuméré un peu, en parlant d'infrastructures,
45:40de Port-de-Tonger, du TGV, etc.
45:42Parce qu'aussi, est-ce qu'aujourd'hui, la Commission africaine peut prendre comme modèle
45:47cette ingénierie financière qui a été mise en place pour intéresser la diaspora marocaine,
45:52qu'elle soit de première, deuxième ou troisième génération,
45:54en tout cas à investir ou sinon revenir carrément dans son pays ?
45:58Est-ce qu'on peut imaginer ce modèle dupliqué ailleurs ?
46:01Je crois que le rôle des diasporas africaines à travers le monde,
46:07dans le développement de leurs pays d'origine, est une réalité que personne ne peut contester.
46:14Dans un certain nombre de pays, les premières sources de revenus ou de recettes en devise
46:19viennent de la diaspora, même que ce soit en Afrique subsaharienne ou même en Afrique du Nord.
46:25– Ça a été le cas au Maroc pendant longtemps. – Et ça a été le cas en Égypte pendant
46:28longtemps.
46:28– Aussi.
46:29– Donc, il est très important de comprendre le rôle de cette diaspora
46:34dans le développement de leurs pays d'origine.
46:38Il appartient aux États membres de préparer le terrain pour permettre à cette diaspora
46:44de revenir avec les valeurs ajoutées qu'on attend, n'est-ce pas, de leur rôle dans leurs pays d
46:50'origine.
46:50Et ils le font. Aujourd'hui, un certain nombre de pays donnent des avantages et des privilèges
46:56même aux membres de cette diaspora, des cartes spéciales, octroient des terrains
47:02pour qu'ils puissent développer des projets immobiliers, leur donnent des facilités
47:06pour qu'ils puissent monter des entreprises. Il faut aller dans ce sens-là.
47:10Je crois qu'il faut poursuivre cette ouverture vers la diaspora.
47:14Je le dis et je le répète, qui est une composante et un élément essentiel
47:18dans le développement de nos pays.
47:22Pas seulement sur le plan économique et financier, mais sur le plan du savoir.
47:26– C'est un retour de compétence, absolument.
47:29– C'est un retour de compétence.
47:29Parce que nos États ont formé ces gens qui sont partis
47:34et ils servent, n'est-ce pas, les pays d'accueil.
47:38Des ingénieurs, des médecins, etc.
47:41Et c'est un droit légitime de leur demander un retour d'ascenseur
47:46pour qu'ils puissent revenir et puis contribuer au développement de leurs pays d'origine.
47:51– Juste dans la partie aussi Agenda 63 de l'Union africaine,
47:56quelle est la part de cette jeunesse ?
47:59Vous avez évoqué tout à l'heure que le Maroc était aussi ce berceau d'accueil
48:06des jeunes africains qui sont formés au Maroc au travers de la coopération marocaine,
48:11la CI, l'Agence de coopération marocaine.
48:13Est-ce que dans cet agenda 63, donc de l'Union africaine,
48:17est-ce qu'il y a une part réservée à ce qu'en Europe on appelle vaguement comme ça,
48:22Erasmus, pour permettre cette mobilité des jeunes étudiants africains
48:27ici et là, à travers le continent ?
48:29– Sur le continent, nous avons des programmes phares au nombre de 15,
48:33dont fait partie l'Université panafricaine,
48:37qui a plusieurs branches sur le continent,
48:39que ce soit en Égypte, en Algérie aussi,
48:43il y a une branche au Kenya et dans d'autres pays.
48:46– Oui, je dirais, l'éducation et la formation des jeunes est une priorité
48:53dans le cadre de l'agenda 2063.
48:56Nous avons récemment, dès que je suis arrivé,
48:58signé un mémorandum d'entente avec, je dirais,
49:05l'association de la jeunesse africaine, dont le CI sera au Maroc.
49:11– À Rabat, certainement aussi.
49:13– Oui, et nous sommes en train de travailler avec le Royaume du Maroc
49:18pour pouvoir donner vraiment à ce siège de la jeunesse africaine
49:24au Royaume du Maroc, une dimension vraiment continentale.
49:30Je suis en train de pousser afin que nos États-Unis puissent ratifier
49:34le pacte de la jeunesse qui permettrait justement d'avoir un cadre juridique.
49:40– Mais il est très important de comprendre qu'aujourd'hui,
49:44nous avons 600 millions de jeunes sur le continent.
49:46Et en 2050, la population africaine sera de 2,5 milliards,
49:50dont l'essentiel sera jeunes de moins de 25 ans.
49:54Donc nos États membres déjà comprennent, n'est-ce pas,
49:58l'enjeu et les défis.
50:00Mais on ne doit pas considérer la jeunesse comme un problème.
50:03Mais on doit voir la jeunesse comme une solution, une opportunité.
50:08Et je le dis et je le répète, vraiment, la jeunesse est ce powerhouse,
50:12comme disent les anglo-saxons, du développement sur le continent.
50:16Et nous travaillons sous-dans des programmes en faveur de la jeunesse.
50:21Et les premières nominations que j'ai faites, c'est justement créer des mécanismes
50:28pour pouvoir jeter le passerelle entre ces organisations de la jeunesse
50:33et la commission de l'Union africaine.
50:35Nous avons beaucoup de défis, certes,
50:37mais je crois qu'on ne néglige ni minimise cette interaction
50:45que nous devons avoir en tant que commission avec la jeunesse africaine.
50:48– Tout à fait. La question de l'eau et de l'assainissement,
50:52on en a évoqué un peu en parlant de questions de sécurité autour de la région,
50:56notamment l'Afrique est confrontée à ce problème d'eau, d'accès à l'eau.
51:00Le Maroc devrait accueillir une conférence continentale en décembre prochain,
51:04Inch'Allah, autour de ces questions-là.
51:07Aujourd'hui, est-ce qu'il y a des expertises,
51:08comme le Maroc les développe aussi, sur le continent,
51:11ou partir du Maroc pour pouvoir aussi encore les dupliquer ?
51:15C'est possible dans ces questions-là,
51:16parce que c'est des questions quand même fondamentales, je crois.
51:18– Exactement. Il faut rappeler d'abord que le thème de cette année sur le continent,
51:23c'est l'eau et l'assainissement.
51:24Quelques chiffres pour vraiment cerner l'ampleur des crises
51:32en matière d'eau et d'assainissement que nous avons sur le continent.
51:36Près de 480 millions de nos concitoyens africains n'ont pas accès à l'eau potable.
51:41780 millions n'ont pas accès à l'assainissement.
51:45Et je crois que l'eau est un enjeu majeur.
51:49Avec les changements climatiques et la rareté de cette ressource,
51:54il est très important de pouvoir se concentrer sur la meilleure manière
52:00de gérer cette ressource vitale dans nos pays.
52:05Elle peut être source de conflits.
52:06– Elle l'est déjà par moment, par endroit.
52:10– Oui, dans certaines zones.
52:12Mais dans d'autres zones, ça marche très bien.
52:14Par exemple, le Sénégal, la Mauritanie et le Mali,
52:16la gestion de ces ressources ne pose aucun problème.
52:19Et donc, il est très important d'anticiper sur ces crises futures de l'eau.
52:24Les crises de l'eau vont arriver.
52:26Et c'est pour ça que nos chefs d'État ont décidé, cette année,
52:30de faire de l'eau, n'est-ce pas, un thème central.
52:33Il y a eu des premières réunions au Sénégal
52:35pour pouvoir préparer la rencontre très importante au Baroque
52:40sur l'eau et l'assainissement d'ici la fin de l'année.
52:43La question aujourd'hui de la gestion de cette ressource vitale
52:51pour l'agriculture, pour la consommation humaine, pour les activités industrielles
52:55fait partie de l'agenda 2063 et fait partie du CADEP
53:01qui est, je dirais, la stratégie africaine du développement de l'agriculture.
53:06Dans un certain nombre de pays, la collaboration marche très bien.
53:11Vraiment.
53:12Et je crois que ces exemples qui sont bien, je dirais, bien construits
53:18peuvent être source d'inspiration pour d'autres pays.
53:21Le Royaume du Maroc a été très avant-gardiste
53:25dans la gestion de cette ressource en eau
53:28en construisant, je dirais, un réseau de barrages communicant.
53:33Plus de 200 barrages, oui.
53:34Plus de 200 barrages qui permettent, par exemple,
53:36pendant des périodes de sécheresse prolongées, pendant des années,
53:40de pouvoir continuer à faire vivre les populations,
53:43à faire en faire compte que la production agricole ne soit pas affectée, etc.
53:47Je crois que ce sont des exemples qui peuvent toujours inspirer d'autres pays
53:51qui sont engagés, n'est-ce pas, sur cette voie de promotion
53:55et de développement de cette ressource vitale pour la vie de manière générale.
53:58On va juste rappeler peut-être que cette conférence va être tenue
54:02sous l'égide des Nations Unies aussi.
54:04Donc, d'où l'importance.
54:05Ça va au-delà du continent, je crois.
54:06C'est ça.
54:07Absolument.
54:07Cela va au-delà du continent.
54:10Et si elle doit être tenue, n'est-ce pas, juste avant le sommet du COP32,
54:20qui va être organisé, c'est le sommet sur le climat,
54:23qui va être organisé à Diceba, c'est un signe.
54:26Pour vous dire que les changements climatiques, l'eau, le développement
54:30et la stabilité sont liés.
54:32C'est la triptyque dont on parle.
54:33C'est la triptyque.
54:34Elles sont liées, exactement.
54:36Il y a un nexus, c'est un triptyque, qui peut représenter une opportunité,
54:40mais qui peut également créer des fortes tensions et surtout des crises
54:44entre les États.
54:46Merci.
54:47Merci beaucoup, M. le Président.
54:48Merci.
54:49Je rappelle que vous êtes président de la Commission de l'Union africaine.
54:52Merci à vous, chers téléspectateurs, de nous avoir suivis depuis Tanger
54:56en recevant le président de la Commission de l'Union africaine ici à Tanger.
55:00L'avenir nous dira si la Commission africaine peut transformer
55:03les promesses en résultat concret.
55:05Une chose en tout cas est sûre, les Africains, eux, n'attendent plus.
55:08Ils sont exigeants de plus en plus, exigeants d'ailleurs.
55:11Merci à vous et à très bientôt.
55:14On arrive ainsi à la fin de ce carrefour.
55:17Merci de l'avoir suivi.
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