00:00L'ordonnance promulguée le 26 février 2026 portant code de la nationalité gabonaise consacre implicitement une évolution doctrinale dans l
00:06'architecture juridique du pays.
00:08En effet, l'article 2 de la dite ordonnance redéfinit la notion d'ascendance autochtone sous une nomenclature multidimensionnelle.
00:15Dans cette lecture, le peuple Aoussa est établi au Gabon.
00:17Avant, les institutions modernes rempliraient les critères légaux de l'autochtonie.
00:22À l'heure où l'autochtonie a été redéfinie par cette ordonnance,
00:25il est judicieux de scruter l'article 2 du Dicode qui dispose que l'ascendance autochtone repose sur un lien
00:31de rattachement biologique, linguistique, culturel, social, spirituel et historique.
00:35À une population établie sur le territoire avant la mise en place des institutions étatiques modernes.
00:39Sur le plan chronologique, la démonstration éloquente et l'argumentaire de défenseurs de l'autochtonie Aoussa revêtent la forme d
00:46'une vérité patente.
00:47Si l'on considère l'élection de la République en 1960 comme le curseur des institutions modernes,
00:53la présence Aoussa attestée dès le début du XXe siècle et antérieure largement à l'état postcolonial.
00:59Ce qui, d'emblée, établit le critère de lien historique,
01:03lequel se trouve couplé à une implantation sociale séculaire,
01:06toute chose qui inscrit de facto cette communauté dans la temporalité exigée par le nouveau code.
01:11D'ailleurs, ce code valorise le lien linguistique comme marqueur d'appartenance.
01:14Or, le peuple Aoussa offre un cas d'école d'assimilation vernaculaire.
01:18Au-delà de la maîtrise du français, qui est la langue administrative et officielle,
01:23la pratique courante des langues locales par les Aoussa est une réalité sociologique.
01:27Ces derniers pratiquent le fond, dans le Wellentem, avec une maîtrise dépassant parfois celle des locuteurs natifs.
01:33La Douma et le Nzébi à Koulamoutou, ou encore l'Ipounou et le Varama dans la zone de l'Angounier
01:38et de la Nyanga.
01:39A Yvoire-de-Presse, cette avancée législative, en attendant un éventuel amendement du Parlement et la ratification ou non,
01:46semble n'être que le prolongement naturel d'une volonté politique affirmée au sommet de l'État.
01:50Souvenons-nous que lors de sa tournée républicaine, le général de brigade Brescloterole-Gingema
01:54avait solennellement rappelé que les Aoussa sont des Gabonais.
01:58Cette dédéclaration, loin d'être une simple posture oratoire,
02:01rejoignait la politique d'intégration initiée par feu Omar Bongo Ndimba, son mentor.
02:05Tout compte fait, si plusieurs greffes identitaires sont portées contre le nouveau code de la nationalité
02:10qui devrait être en vigueur au Gabon,
02:13pour les Aoussa du Gabon, le droit vient enfin confirmer ce que l'histoire et la géographie avaient déjà acté.
02:19Et ce même s'il s'agit d'une décision non clairement indiquée dans une loi.
02:23C'est d'ailleurs l'un des écueils de ce texte qui reste flou sur plusieurs notions.
02:27Une chose est sûre, c'est qu'à la lecture du dit code, l'autochtonie est désormais un statut juridique
02:33fondé sur l'antériorité historique et la fusion culturelle.
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