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  • il y a 11 minutes
Regardez Le monde en marche avec William Galibert du 03 avril 2026.

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Transcription
00:02RTL, Le Monde en Marche
00:03Le Monde en Marche avec William Galibert. Bonjour William.
00:05Bonjour.
00:06Ce matin, vous nous ramenez, parce qu'on est déjà allé avec vous, dans ce village des Côtes d'Armor,
00:10Goudelin,
00:11où s'évite un mystérieux frappeur, un homme qui surgit la nuit pour tambouriner aux portes et aux fenêtres des
00:17femmes seules.
00:17Oui, je vais vous raconter comment cette histoire est en train de ronger le village de l'intérieur.
00:21Mais pour vous remettre les choses en tête ou pour vous replonger dans le récit, écoutez, c'était le 15
00:26décembre dernier.
00:27Et dans un petit lotissement du village, il y a quelqu'un qui attend la nuit, se faufile entre les
00:33haies et les portes de garage et qui frappe aux portes.
00:36Il ne parle pas, ne crie pas, il ne vole rien, il frappe, il tambourine et il s'en va.
00:43Il vise exclusivement les femmes seules, les vieilles dames, les veuves et ça fait plus de deux ans que ça
00:48dure.
00:49Bon, ça c'était donc il y a un peu plus de quatre mois et depuis, William, non seulement le
00:53frappeur n'a pas arrêté de frapper, mais la psychose a continué à s'installer.
00:57Oui, c'est la zizanie.
00:58Tout le monde soupçonne tout le monde.
00:59Le frappeur se contente de frapper, mais sa présence s'est diffusée partout, dans les conversations, dans les regards et
01:05ça détruit des nuits, ça détruit des vies.
01:08La journaliste Florence Obna est retournée sur les lieux.
01:11Je lis un extrait de son reportage dans Le Monde.
01:14Après le crépuscule, un silence profond engloutit Goudelin, troublé par le cri d'un oiseau ou le vent dans les
01:20arbres.
01:21Dans les rues, personne.
01:22Les hommes, surtout, évitent de sortir à pied par crainte d'être confondus avec l'inconnu, car l'heure des
01:28soupçons a sonné.
01:29La rumeur s'est mise à colporter des noms, quatre ou cinq peut-être, ce qui pourrait correspondre au portrait
01:35robot du frappeur.
01:37Deux personnes, un temps suspectées, ont depuis quitté le village.
01:40Le visiteur de nuit, lui, a continué à frapper.
01:43Vous imaginez, la psychose qui s'installe.
01:46On regarde les chaussures des gens, leur façon de marcher, parce qu'on est sûr qu'il est du coin,
01:50ce gars-là,
01:50et qu'une fois, on a donc retrouvé une empreinte dans la neige, type Rangers ou Patogas, pointure 45.
01:56L'un des suspects, un temps, a été M, un ancien employé municipal de 68 ans.
02:02Je lis encore, Florence Obna.
02:03Il a ri d'abord, tant il lui semblait inconcevable de pouvoir être accusé.
02:08Mais les ouïdires ont enflé, brutaux, jusqu'à le faire accuser en pleine rue dans le village.
02:12Des élus ont dû intervenir.
02:13Pour lui, les nuits ne sont plus des nuits.
02:16Tout remonte, la peur, l'injustice et un chagrin vertigineux.
02:19Il dit, tu peux tourner à la dépression, tu peux penser à te pendre ici.
02:24Ces choses-là arrivent.
02:25Alors on regarde, qui sort, qui rentre, qui passe derrière l'église,
02:29qui connaît les petits chemins entre les pavillons, dans le lotissement de Carnilienne qui est surtout visé.
02:33Et les femmes, alors, ces vieilles dames qui continuent à être harcelées ?
02:37Elles essayent de noter les jours, les heures où le frappeur se faufile dans leur jardin,
02:42beaucoup dorment maintenant avec la lumière allumée,
02:44certaines ont installé des caméras,
02:46et au moins une dame glisse un pistolet d'alarme sous son oreiller.
02:50C'est qu'on les a traitées de folles, de mamies zinzins.
02:52Jacqueline, 83 ans, a connu les antidépresseurs, l'anorexie,
02:56et même un séjour en maison de repos parce que personne ne voulait la croire.
03:00A la gendarmerie, un adjudant est désormais enfin chargé spécifiquement de ce dossier
03:06dans lequel une quinzaine de plaintes ont été déposées.
03:09Le maire, tout juste réélu, dit que c'est le caillou dans sa chaussure.
03:13Des jeunes femmes du village viennent rendre visite aux victimes plus âgées,
03:17parlent de stress post-traumatique, de soutien nécessaire.
03:21Goudelin commence à comprendre qu'il ne s'agit pas seulement de l'histoire d'un rôdeur,
03:26d'un frappeur, mais de l'histoire de femmes qui ont vécu pendant des années
03:31seules avec cette peur, avec cette honte,
03:33et d'un village où le soupçon et le mystère sont devenus des poisons.
03:37Incroyable cette histoire, au début ça fait sourire, en fait c'est parfaitement effrayant.
03:40C'est fou qu'ils n'aient pas réussi, je ne sais pas, avec des caméras, non ?
03:44C'est le travail qui est mené depuis des mois par les habitants,
03:47et maintenant par les gendarmes.
03:48J'ai l'impression que vous avez l'occasion de nous en reparler.
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