00:00Ici Occitanie, le réveil 100% local.
00:05Ici Matin, 7h47, en direct à la radio à la télé, c'est l'invité d'ici matin après le
00:09double féminicide des deux Aveyronaises au Portugal.
00:12Notre invité est le député de l'Aveyron, il vient d'écrire au ministre de la Justice pour demander plus
00:17de moyens, Marek Quetta.
00:18Bonjour Laurent Alexandre.
00:20Bonjour.
00:20Député LFI, NFP de l'Aveyron, l'actualité est donc marquée par ce double féminicide, deux Aveyronaises victimes.
00:26Et puis cet autre féminicide présumé à Merville, au nord de Toulouse.
00:31Vous avez donc écrit directement à Gérald Darmanin, pourquoi ?
00:35Alors avant toute chose, permettez-moi de m'associer à la douleur des familles et des proches qui travaillent un
00:41épisode très compliqué.
00:42Et saluez également les forces de l'ordre, françaises et portugaises.
00:46Et pourquoi avoir saisi le ministre ?
00:49Et bien tout simplement parce qu'il faut faire la lumière sur cet événement, car on dirait que des choses
00:55n'ont pas fonctionné.
00:56Mais qu'il y a eu un dysfonctionnement dans cette affaire et la lumière doit être faite.
01:02Est-ce qu'il détonne cet événement parmi les autres féminicides ?
01:06Il détonne, je dirais que, disons qu'il y en a eu deux en même temps.
01:10Et les féminicides sont en forte progression, puisqu'on voit qu'en 2024 il y en avait eu 141.
01:18Et en 2025, 164. Et il faut que cela cesse, cesse, mais alors très rapidement.
01:23Est-ce que M. Darmanin vous a répondu ?
01:25Pour l'instant, je n'ai pas eu de réponse.
01:28Mais je ne désespère pas qu'il me réponde très rapidement.
01:32Car, comme je l'ai dit tout à l'heure, la lumière doit être faite.
01:35Et elle doit être faite rapidement sur le dysfonctionnement dans cette affaire.
01:38Vous parlez de dysfonctionnement dans plusieurs affaires.
01:40Des proches évoquent des signaux d'alerte.
01:42Ici, pour cette affaire, Cédric prison, actuellement en détention provisoire.
01:45Il y a une condamnation pour violence par le passé, aussi une condamnation pour harcèlement.
01:50Selon vous, qu'est-ce qui ne fonctionne pas aujourd'hui dans la chaîne de protection des victimes ?
01:54Disons que dans cette affaire, au cas particulier, on se rend compte que la victime,
01:59d'après les informations que j'ai, n'avait pas de téléphone concernant les premières alertes.
02:04Le téléphone grave danger ?
02:05Le grave danger, voilà, elle n'avait pas apparemment ce dispositif.
02:09Des signalements avaient été faits, mais n'avaient pas été entendus.
02:12Donc, il faut donner des moyens.
02:15Alors, moi, je pense, par exemple, qu'il y ait des formations, on va dire,
02:21pour les forces de l'ordre, pour les juges, pour toutes ces personnes qui puissent entendre
02:26et détecter au plus rapidement et apporter des solutions.
02:30Vous êtes en contact avec les acteurs locaux dans le département de l'Aveyron, par exemple.
02:33Qu'est-ce qu'ils vous disent de la situation sur le terrain ?
02:36Justement, vous évoquez les forces de l'ordre.
02:39Alors, j'ai évoqué les forces de l'ordre, mais j'ai également rencontré plusieurs fois des associations
02:43dans l'accompagnement et la défense de victimes de violences.
02:47Je pense, par exemple, à l'association Affirmé, à Cap-de-Nac,
02:50qui est proche, enfin, dans ma circonscription.
02:52Et le constat est sans appel, c'est que les violences sont de plus en plus importantes,
02:58de plus en plus fréquentes.
03:00Et il faut se saisir de ce sujet très rapidement et arrêter toutes ces violences
03:05et qu'elles soient, d'ailleurs, je tiens à le préciser, qu'elles soient physiques ou psychiques,
03:08parce qu'il y a plusieurs sortes de violences.
03:11D'où est-ce qu'elles viennent, ces violences ?
03:13Selon vous, vous avez déjà fait un lien entre masculinisme et extrême droite.
03:19Oui, tout à fait.
03:20On voit que le masculinisme est une idéologie antiféministe
03:23qui se développe un peu partout, en France, et même dans le monde, d'ailleurs,
03:27et qui a pour volonté de forger un projet de société
03:30où la féminité serait totalement soumise.
03:33Et j'en veux, par exemple, le dernier sondage, on va dire,
03:37qui fait le Haut Conseil de l'égalité entre les femmes et les hommes,
03:39qui pointe du doigt que 17% des personnes de 15 ans et plus
03:44adhèreraient à ce sexisme totalement hostile.
03:47Donc les jeunes adhèrent de plus en plus au masculinisme, c'est ça ?
03:50C'est bien là le problème.
03:52Les jeunes et les moins jeunes, d'ailleurs, y adhèrent de plus en plus.
03:55Et c'est là que c'est très important de former tous les acteurs de l'éducation nationale.
04:02Par exemple, les éducateurs sportifs, tous ces gens en lien avec nos jeunes,
04:06qui seront plus tard des adultes,
04:08pour que le féminisme puisse continuer à être là
04:13et que l'anti-féminisme soit totalement éradiqué.
04:17On a encore quelques secondes, Laurent Alexandre.
04:20Pour l'instant, vous écrivez au ministère de la Justice.
04:23Est-ce qu'il faut aller plus loin ?
04:25Est-ce qu'il faut proposer une loi ?
04:28Oui, tout à fait.
04:29Moi, je pense qu'il faut aller encore beaucoup plus loin.
04:31Et c'est pour ça que nous portons dans nos propositions, par exemple,
04:34la création d'un haut commissariat totalement dédié à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
04:41La formation complète est obligatoire de l'ensemble des professionnels concernés
04:45pour prévenir et répondre à ces violences
04:47et allouer un budget que les associations demandent depuis très longtemps.
04:53Puisqu'on sait que, par exemple, en Espagne,
04:55le budget alloué est de 16 euros par personne et par an,
04:59alors qu'en France, il n'est que de 5 euros.
05:01Merci Laurent Alexandre.
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