00:00Ici Alsace, jusqu'à 9h, ici matin.
00:03Pas de cantine à Strasbourg et des profs qui manquent à l'appel.
00:07Aujourd'hui Sébastien part tout en Alsace.
00:09C'est la grève pour dénoncer le manque de moyens, la future carte scolaire, les salaires, les conditions de travail,
00:15des manifestations sont organisées aujourd'hui par l'intersyndicale à Strasbourg et à Mulhouse.
00:21Bonjour Joséphine Boiteux-de-Coin.
00:23Bonjour.
00:23Vous êtes la secrétaire départementale du syndicat FSU dans le département du Barin.
00:28Trois enseignants sur dix annoncés en grève.
00:30Aujourd'hui, ça c'est pour le premier degré au niveau national.
00:33Est-ce qu'on s'attend à peu près à la même chose chez nous en Alsace et dans le
00:37Barin ?
00:37Disons qu'on l'espère.
00:38On sait déjà qu'effectivement des collègues sont en grève.
00:41On sait aussi qu'il y a quelques écoles qui sont fermées.
00:44Et des écoles qui ne sont pas fermées mais en tout cas qui ont un pourcentage de grévistes qui est
00:48quand même important.
00:50Mais difficile de dire toujours avant le jour J combien seront dans la rue.
00:54Tout ça pour dénoncer la carte scolaire qui est en train d'être affinée.
00:59Une centaine de classes sont menacées selon vous dans le Barin.
01:02Même chose dans le Haut-Rhin.
01:05Ça paraît énorme, non ? Vous vous attendez vraiment à ça ?
01:08Oui, en fait, c'est ce qui découle de toutes les décisions budgétaires
01:12qui ont été prises au niveau national sur les suppressions de postes
01:15qui concernent beaucoup le premier degré plus que le second, même si le second est quand même impacté.
01:21Donc nous, on a eu déjà des documents qui nous permettent effectivement d'affirmer
01:24que sont prévues plus d'une centaine de classes qui seraient fermées.
01:28Là, il y a 27 postes qui sont à rendre, entre guillemets, selon ces contraintes budgétaires.
01:32Dans le département du Barin, c'est quoi les autres classes du coup qui disparaissent ?
01:37Les autres classes, c'est tous les moyens qui sont alloués à droite et à gauche.
01:41Alors, il y a des postes de remplaçants qui sont créés, mais du coup, c'est des postes de classe
01:45qui disparaissent.
01:46C'est le déploiement des passes, qui sont les pôles d'appui à la scolarité,
01:49qui nécessitent des enseignants référents, qui ont déjà commencé à être déployés sur le département,
01:54mais qui sont finalisés d'être déployés pour la rentrée.
01:58C'est aussi les décharges exceptionnelles qui sont données aux directions
02:03pour les écoles d'éducation prioritaire, qui en ont besoin.
02:06C'est tous ces petits ajustements qui, normalement, sont faits tous les ans,
02:10et qui, cette fois, nécessitent de supprimer des postes de classe pour les appliquer.
02:15Comment ça se traduit, très concrètement, en termes d'apprentissage pour les enfants concernés ?
02:21Est-ce que vous redoutez des classes surchargées ?
02:23Est-ce que des écoles peuvent carrément fermer dans certaines petites communes ?
02:30Alors, les écoles qui ferment dans certaines communes,
02:34normalement, ce n'est pas ce qui ressort de la case scolaire,
02:36puisque c'est normalement la décision des mairies.
02:38Cela dit, on a effectivement le cas d'une école où le moyen n'est pas alloué,
02:44donc, techniquement, elle ferme, même si, du coup, ça veut dire qu'à un moment,
02:48on peut remettre les moyens dans cette école.
02:50Quelles conséquences sur l'éducation des élèves ?
02:53Ça fait, effectivement, des classes surchargées,
02:56des classes où les conditions d'apprentissage, du coup, sont plus difficiles,
03:00parce que le temps que l'enseignant peut passer avec chaque élève est forcément amoindri.
03:06On entend ce matin des témoignages avec ici Alsace de parents d'élèves très, très inquiets,
03:11notamment à Rosenvillers, dans ce petit village où il y a une situation assez ubuesque.
03:16Un 5 niveau dans une seule classe, c'est a priori ce qui pourrait se passer avec des élèves
03:21qui apprennent à écrire, à compter en CP, à côté d'enfants qui jouent encore pour s'éveiller en maternelle.
03:27Ça, on peut vraiment s'attendre à quelque chose comme ça ?
03:29Nous, on essaie de le défendre en expliquant, c'est un cas dont on a parlé effectivement vendredi
03:35avec l'administration, mais en fait, ce n'est même pas le seul cas.
03:39On a aussi une classe qui, a priori, serait à 28 à la rentrée de la petite section OCM2.
03:44Donc, c'est des situations qui existent et qui pourront être la réalité à la rentrée.
03:48Les services de l'État se basent souvent sur une réalité démographique pour faire ses comptes,
03:54pour faire les créations, les suppressions de classes.
03:58Comment prendre compte ? On est obligé d'admettre que la situation démographique est à la baisse.
04:04Ça, c'est sûr. Après, il y a plusieurs choses.
04:07C'est qu'eux, ils se basent sur des moyennes en comptant la ville et les milieux ruraux
04:12qui ne sont pas du tout les mêmes, puisque, comme vous l'avez dit,
04:14il y a des endroits où, effectivement, quand il y a des quintuples niveaux,
04:17ça paraît logique d'avoir des effectifs qui sont plus allégés,
04:19mais du coup, ça fausse les moyennes.
04:21Et je pense qu'il y a plein d'enseignants qui, quand ils apprennent qu'il y aurait 21 élèves
04:25par classe en moyenne
04:26et qu'eux, ils en ont 28 ou 30, même parfois, c'est loin de leur réalité.
04:33Et nous, en fait, on est même dans cette dynamique de profiter de la baisse démographique
04:40pour justement améliorer les conditions d'apprentissage.
04:42Et puis surtout, c'est un argument qui est utilisé aujourd'hui par le gouvernement,
04:46alors qu'en 2018, avec la hausse de la démographie, il y avait quand même des fermetures.
04:50Donc c'est un peu quand ça les arrange.
04:51Et là, effectivement, il y a de l'argent à récupérer, donc ça les arrange d'utiliser cet argument.
04:54Vous vous mobilisez également aujourd'hui pour des revalorisations salariales,
04:59problème d'attractivité dénoncé aussi dans votre profession,
05:02alors que 70% des enseignants ne conseillent pas leur métier selon une récente étude.
05:07Et donc vous remercie, en tout cas, Joséphine Boiteux de Coin.
05:09Vous êtes la nouvelle secrétaire départementale de la FSU dans le Barin.
05:13Et vous vous mobilisez donc à 14h, place de la Bourse à Strasbourg,
05:16cet après-midi au autre rassemblement à 10h30, ça c'est ce matin, à Mulhouse.
05:21Merci madame.
05:21Merci.
05:21Chaque matin, un invité pour échanger sur l'actualité ici Alsace.
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