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Éric Coquerel, député LFI et président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, était l'invité de BFMTV ce dimanche 29 mars
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00:00Bonsoir Éric Coquerel, vous êtes le président insoumis de la commission des finances de l'Assemblée Nationale,
00:05le monsieur budget des insoumis également, on a envie de vous entendre sur les conséquences en France
00:09de cette guerre qui dure depuis maintenant un peu plus d'un mois.
00:13Le gouvernement vient de débloquer une enveloppe d'urgence de 70 millions d'euros
00:17pour les professions les plus touchées, les pêcheurs, les transporteurs,
00:20mais pas de mesure générale pour tous les Français.
00:22Est-ce que pour vous c'est la bonne réponse ?
00:25Vous dites on n'a pas les moyens, donc oui il faut cibler.
00:27Non, je crois que ce n'est pas la bonne réponse.
00:29La bonne réponse c'est que ce ne soit pas les Français, quels qu'ils soient,
00:32qui payent le prix de cette guerre qui en partie est faite au nom du pétrole, en partie.
00:38Donc la solution pour ça, moi je ne suis pas non plus d'accord que ce soit l'État,
00:41ça c'est les propositions à peu près de tout le monde, notamment l'Assemblée Nationale,
00:45qui sont pour baisser la TVA sans assurance que ça se répercute sur le prix à la pompe.
00:49Et donc je suis pour appliquer quelque chose qui existe dans le Code du commerce,
00:53c'est l'article L410-2 qui permet de bloquer les prix et de bloquer les marges.
00:57– Le gouvernement dit que le blocage des prix c'est la pénurie,
01:00parce qu'imposer à un pompiste de vendre du carburant moins cher qu'il l'a payé,
01:05il ne le fera pas, il fermera sa boutique.
01:07– Vous pouvez choisir où vous bloquez les marges,
01:09et moi je suis pour les bloquer au niveau des raffineurs,
01:12c'est-à-dire en gros en France c'est principalement Total.
01:14Total a fait des milliards d'euros de bénéfices depuis plusieurs années,
01:18la dernière c'était le deuxième au niveau du CAC 40,
01:21je pense que sur une certaine durée ça peut être lui qui fait,
01:25et non pas les distributeurs, qui fait, enfin parfois il l'est,
01:28mais ceux qui ne le sont pas, qui fait des sacrifices.
01:31Il faut bien s'entendre sur une chose,
01:32cette histoire de, comme quoi tout d'un coup,
01:35si les pétroliers en gros ne peuvent pas vendre le pétrole au prix où ils l'estiment,
01:39ils iraient ailleurs, c'est de la fumisterie.
01:41Ça a été fait trois fois, c'était fait en Guadeloupe,
01:43le blocage des prix du carburant, c'était fait en Guadeloupe,
01:46ça a été fait au moment de la guerre du Golfe,
01:48ça a été fait, là c'était pas le pétrole, c'était au moment du Covid,
01:52mais pour le pétrole c'était fait au moment de la guerre du Golfe,
01:55que je sache, il n'y a pas eu pénurie.
01:56Les pétroliers ne sont pas partis, tout simplement parce que ce marché est très important.
02:00Si Total par exemple partait du marché français,
02:02vous imaginez bien qu'il y a des concurrents à lui,
02:04qu'il pourrait trouver tout à fait nécessaire de prendre sa place
02:06pour quelques semaines et de s'emparer du marché.
02:08Donc tout ça c'est des arguments qu'il ne paye pas,
02:10et en réalité le gouvernement, c'est pareil d'ailleurs pour le Rassemblement National,
02:15ne veulent pas faire payer les producteurs de pétrole
02:17qui aujourd'hui font des bénéfices mirifiques sur la guerre.
02:21– Éric Coquerel, il y a une image qui a choqué beaucoup de monde ces derniers jours,
02:25vous l'avez sans doute vue, on va la revoir ensemble si vous voulez bien,
02:28c'est le saccage qu'il y a eu à la mairie de Fresnes,
02:30c'est une ville à côté de Paris, c'était dans la nuit de vendredi à samedi,
02:33une quinzaine de personnes masquées, on les voit là à l'image,
02:36filmées par les caméras qui ont attaqué au mortier d'artifice de la mairie,
02:41qui ensuite ont saccagé plusieurs pièces à l'intérieur,
02:44quelques heures avant l'intronisation d'un nouveau maire,
02:47qui est un maire Les Républicains.
02:49À ceux-là, ceux que vous voyez à l'image, vous dites quoi ?
02:52– Que je les condamne, il n'y a pas très longtemps,
02:54il y a eu une mairie à l'île Saint-Denis,
02:57il y a deux, trois ans, qui a été saccagée sur ma circonscription,
03:01avec un maire plutôt ennemi qui a été saccagée,
03:03et de la même manière, je les condamne.
03:04Voilà, vous voulez que je vous dise.
03:06– Ces images, elles ont été précédées quelques jours avant,
03:09d'autres images il y a exactement une semaine,
03:11au moment de la proclamation des résultats du second tour dans plusieurs villes,
03:14ce sont des maires sortants qui ont été insultés pour d'autres menacés,
03:17d'autres même doivent depuis avoir une protection policière.
03:21Gabriel Attal, le patron de Renaissance, a dit que ce sont des scènes abjectes,
03:25et il dit que c'est la conséquence des torrents de haine
03:28promus par Jean-Luc Mélenchon dans ces villes gagnées par la gauche.
03:31– Gabriel Attal qui a refusé de condamner Thierry Ménian,
03:34qui est un de ces maires dont on parle,
03:36qui a, par rapport à une de vos consœurs, expliqué, je cite,
03:40« je vais la fouetter, j'y reste qu'au bout, elle va mourir, je la tue, cette salope ».
03:44Je dis, c'est le maire dont vous parlez.
03:46– Non, c'est un ancien maire.
03:47– Non, non, non, c'est le même Thierry Ménian.
03:48– Oui, c'est un ancien maire de la ville.
03:49– Non, non, non, non, c'est le même Thierry Ménian.
03:51– Ça ne change rien, c'est pour toi qu'il a tué.
03:54– Si, si, si.
03:55– Ce que je remarque, c'est que c'est à géométrie variable, si vous voulez.
03:58C'est-à-dire, par exemple, du côté de LR, on n'a jamais condamné ce maire.
04:01On n'a pas condamné le maire d'Arcachon,
04:03qui a menacé, ainsi que sa famille, un de ses opposants politiques.
04:06Donc, de chance, c'était filmé par une caméra.
04:08Et là, tout d'un coup, on nous fait tout un roman
04:12sur des soirées électorales,
04:13où il y a effectivement des huées, des applaudissements,
04:15comme dans n'importe quelle soirée électorale.
04:16– Pas que.
04:17– Hier, écoutez-moi, hier, j'étais à Saint-Ouen, par exemple,
04:20vous voyez, pour le nouveau maire,
04:22enfin, le maire Karim Boimbing, qui a été réélu.
04:24Il y a eu des huées sur la responsable de l'opposition,
04:27qui est de mon parti, il y a eu des huées d'une cinquantaine de personnes.
04:30Je n'ai pas vu personne en faire des caisses,
04:32tout simplement parce que c'est assez habituel.
04:34– Mais là, tout d'un coup, là, tout d'un coup, oui, oui.
04:37Je pense que tout ça fait partie de quelque chose.
04:39Alors, il y a eu des suites avec M. Balibagayoko,
04:44ici même, à pleine de malheur, expliquant.
04:45Il avait dit, c'est la ville des Noirs, alors qu'il était en train d'expliquer.
04:48– Oui, elle s'est peut-être expliquée.
04:49Mais ce qui m'intéresse, c'est qu'il y a eu ça,
04:51avec des ministres qui expliquent que, vis-à-vis de M. Balibagayoko,
04:55sur la foi, d'un site d'extrême droite, il devrait rendre des comptes,
04:58parce que, soi-disant, il aurait menacé les fonctionnaires,
05:00alors qu'il avait juste dit que les fonctionnaires, bien évidemment,
05:03devraient appliquer le programme issu du suffrage.
05:05– Alors, je décris pour ce que…
05:06– Si je dis tout ça, mais attendez, je vais jusqu'au bout,
05:08vous me poser la question.
05:09– Je expliquerai après.
05:10– Je pense que tout ça, c'est du racisme, c'est de la discrimination
05:13vis-à-vis des maires et des habitants des villes populaires,
05:16et vous ne feriez pas…
05:17– Par contre, c'est du racisme anti-les filles.
05:18– Oui, oui, bien sûr.
05:19Non, je n'ai pas dit anti-les filles.
05:20Je viens de vous dire, il se trouve qu'une partie de ces maires,
05:23pas tous d'ailleurs, on les a tous assimilés à les filles,
05:25parce que, sans doute qu'à partir du moment où c'est des maires noires,
05:27on ne se soucie pas de leur éticite.
05:29– Je n'ai pas dit qu'ils étaient tous les filles.
05:30– Non, mais je vous dis ce qui a été fait.
05:31– Non, mais il faut parfois remettre des mots sur les choses.
05:40de maires des habitants.
05:41Sur les six villes, il y en a quatre seulement qui sont les filles.
05:43Mais sans doute qu'à partir du moment où c'est des maires
05:46dans les villes populaires noires, finalement, l'étiquette,
05:48on s'en fiche quelque part, parce que ce n'est pas ça la préoccupation.
05:51Tout ça se vaut.
05:51Je dis, je vous le dis, je pense que tout ça…
05:54Alors, je vois bien le travail anti-les filles, on le connaît,
05:57mais derrière ça, je pense que c'est du racisme
05:59et un mépris de classe par rapport aux habitants des quartiers populaires.
06:03On n'en ferait pas autant sur ce qui se passe partout.
06:06J'ai vu que, par exemple, dans une ville RN gagnée,
06:09les gens criaient « on est chez nous, on est chez nous ».
06:12Je n'ai pas vu les ministres réagir.
06:14Et je suis très étonné, parce que depuis hier,
06:16M. Bali Bagayoko, qui a été comparé à un singe sur ses news…
06:21– Sur une autre chaîne par un communiqueur.
06:21– Non, non, mais ce n'est pas autre chose pour moi.
06:23– Qui a été comparé à un singe sur ses news, etc.
06:26– Vous avez remarqué, vous avez entendu des réactions de ministres
06:28sur ça vis-à-vis d'un élu de la République ?
06:30Non.
06:31– Et finalement que la France Insoumise a saisi l'ARCOM sur ce point
06:34qui concerne donc une autre…
06:35– Bien sûr, mais est-ce que vous avez entendu une réaction de ministres ?
06:38– À ma connaissance, non.
06:39– Non, vous avez raison, il n'y en a pas eu.
06:40– À ma connaissance, non.
06:41– Donc par contre, on a des ministres qui se permettent d'écrire
06:43vis-à-vis d'un maire sur la foi d'un site d'extrême droite,
06:46alors qu'il s'est contenté de dire que les fonctionnaires
06:49devaient normalement appliquer la politique qui sera celle de la mairie
06:52issue du suffrage universel.
06:53Je vous dis donc, je pèse mes mots,
06:55ce travail de discrimination, de racisme et de mépris de classe
06:58par rapport aux habitants des quartiers populaires,
07:00notamment de Seine-Saint-Mille,
07:02et des maires qui sont élus,
07:03qui désormais représentent davantage ces villes,
07:05je trouve que c'est lamentable.
07:07Et moi, je demande des excuses notamment aux membres du gouvernement
07:09qui s'y sont à donner.
07:12– Vous avez cité le nouveau maire de la France Insoumise
07:14de Saint-Denis, Bali-Bakayoko,
07:16qui a donc prévu de désarmer sa police nationale
07:18et qui a semé le trouble en laissant entendre
07:19que les policiers qui n'étaient pas d'accord avec ce désarmement
07:22devraient partir.
07:23– Absolument pas dit ça.
07:24– Alors, je reprends ces propos.
07:25Les fonctionnaires qui ne sont pas en phase avec le projet politique,
07:27forcément, ils partiront.
07:29– Alors, je vais vous dire, j'étais à côté de lui.
07:31– Ça veut dire quoi ?
07:31– J'étais à côté de lui où ça s'est passé.
07:33Vous avez des confrères à vous qui l'interrogent,
07:35c'était à la sortie de la mairie,
07:37sur qu'est-ce qu'il attendait par rapport à des fonctionnaires
07:40pour appliquer cette politique.
07:41D'ailleurs, entre parenthèses, c'est un désarmement progressif.
07:44– Il va commencer par les LBD.
07:46– Voilà, il va commencer par les LBD.
07:47– Sur le fond, sur ce qu'il a dit.
07:48– Et une transformation en police de la proximité.
07:50Sa réaction, ça a été de dire que, bien évidemment,
07:52il attendait des fonctionnaires de la ville
07:54qu'ils appliquent cette politique.
07:55– Et sinon, ils partiront.
07:57– Vous avez déjà vu, des fonctionnaires
07:59qui n'appliquent pas une politique décidée,
08:01issue du suffrage universel, ça n'existe pas.
08:03Donc, l'étonnement, ça serait plutôt qu'à un moment donné,
08:06des gens puissent lui poser la question
08:08qu'est-ce qui se passe si ces fonctionnaires ne les appliquent pas.
08:10C'est ça qui est anormal.
08:11– Mais ce que je ne comprends pas,
08:12c'est pourquoi vous désarmez à Saint-Denis,
08:14et pas à Roubaix, où David Guéraud,
08:16qui vient d'être élu lui aussi, dit
08:18je vais garder l'armement de ma police municipale.
08:21Il y a moins d'insécurité dans une ville que dans l'autre.
08:23La logique n'est pas la même.
08:24– Est-ce que vous avez remarqué
08:25qu'Emmanuel Grégoire ne veut pas armer la police parisienne ?
08:27– Oui, il n'est pas insoumis,
08:28c'est pour ça que je vous encourage plutôt sur Vomers
08:30que sur Emmanuel Grégoire.
08:31– Bien évidemment, la question ne se pose pas.
08:32Donc nous, à Saint-Denis, ou ailleurs,
08:35vous poserez la question à David Guéraud,
08:37mais ou ailleurs, nous estimons effectivement
08:38que la police municipale, pour assurer la sécurité,
08:42ne devait pas au bout d'un moment remplacer
08:44dans son rôle la police nationale.
08:46Pourquoi ? Parce que je vais vous dire
08:47ce qui se passe concrètement.
08:48C'est que la police nationale, du coup,
08:50éventuellement enlève soit des effectifs,
08:52soit estime que certaines des tâches
08:53qui étaient d'abord les siennes auparavant de répression,
08:56tout d'un coup sont prises par d'autres.
08:58Donc vous avez des effets d'inégalité selon les villes
09:00en ce qu'elles peuvent ou pas mettre de l'argent
09:02par rapport à cette police.
09:04Et donc nous, ce que nous souhaitons,
09:05c'est que la police nationale accomplisse son rôle,
09:07c'est son rôle, le rôle de répression
09:09de la police nationale, elle est formée pour ça,
09:11elle a des EPJ qui permettent de ça se fasse
09:13dans le cadre légal, et la police municipale,
09:15son rôle, c'est celui de police de proximité,
09:18de prévention, et quand il y a un problème,
09:20elle appelle la police nationale.
09:21Mais du coup, David Guéraud, il n'a pas compris ça,
09:22à Roubaix.
09:24Vous m'avez posé la question par rapport
09:26à M. Bagayoko, et comme tout ça se passe,
09:29doit se faire en lien avec l'État,
09:31parce qu'il y a un continuum de la sécurité,
09:33tant que l'État n'aura pas remplacé
09:35ses policiers, notamment pour agir
09:37quand il y a justement des événements violents,
09:39pour l'instant, les policiers de Saint-Denis
09:41restent armés pour cette raison-là.
09:43Donc ça sera un désarmement progressif,
09:44et contrairement à ce qui a été dit,
09:45pour l'instant, il y a un policier qui est parti,
09:46je vous le dis aussi, parce qu'on a eu des...
09:49Des armées dans la presse, qu'on dit plusieurs...
09:51Et là, vous démentez des choses dont on n'a pas parlé
09:52sur cette antenne.
09:53D'accord, mais oui, mais d'accord.
09:55Vous avez raison, vous faites une sorte de revue de presse globale.
09:57Puisqu'on est dans la revue de presse.
09:58Vous me parlez des déclarations de M. Attal.
09:59Éric Coquerel, je suis sûr que vous avez ouvert
10:00la tribune dimanche ce matin,
10:02qui publie un sondage élable à 13 mois
10:04de l'élection présidentielle.
10:05Le RN, quel que soit son candidat,
10:07largement en tête, entre 31,5 et 38,5.
10:10Et face à lui, au second tour,
10:12si l'élection avait lieu dimanche prochain,
10:15ce serait Édouard Philippe,
10:16l'ancien Premier ministre.
10:19Ça y est, on la connaît, l'affiche de la présidentielle, c'est ça ?
10:21Ça vous réjouit ?
10:22C'est le deuxième tour ?
10:23Oui.
10:23Si vous faites les fois sur les sondages un an avant,
10:26oui, vous pouvez penser ça.
10:27En général, ça ne marche pas vraiment comme ça.
10:29Vous avez remarqué que les sondages se plantent régulièrement
10:32depuis maintenant un an.
10:33Pas même plusieurs années, d'ailleurs.
10:35Y compris...
10:36Je vous rappelle qu'au soir des élections législatives,
10:39la dernière, le RN était donné vainqueur
10:41jusqu'à ce que ce soit des résultats sortis des urnes.
10:44Évidemment, on est très loin.
10:46Évidemment, avant le second tour, il y a un premier tour.
10:48Mais je suis sûr que vous avez vu le chiffre,
10:49vous avez forcément regardé le chiffre de Jean-Luc Mélenchon,
10:53face à Jordan Bardella, au second tour,
10:56battu à 70% par Jordan Bardella.
10:58Est-ce que finalement, ça ne donne pas raison à Olivier Faure,
11:01le patron du PS, quand il dit qu'aujourd'hui,
11:02Jean-Luc Mélenchon est devenu un boulet pour la gauche ?
11:04J'ai vu que M. Gluckspin était battu à 60% de M. Bardella.
11:07Vous, c'est 70%.
11:07Vous avez remarqué ?
11:08Non mais d'accord, vous avez remarqué.
11:09C'est même 72,5.
11:10Vous avez remarqué que M. Rotaillot est battu à 60%.
11:13C'est pour ça que j'ai bien dit celui qui réalise
11:16le moins bon score face au RN.
11:17Pour moi, ces sondages n'ont pas de valeur.
11:19Mais je vais vous dire ce qui m'intéresse là-dedans.
11:20C'est qu'on explique si c'est Jean-Luc Mélenchon,
11:23M. Gluckspin, M. Ford, ne disent qu'il n'a aucune chance.
11:26J'observe que M. Gluckspin n'a aucune chance.
11:28Il est écrasé, selon le sondage.
11:29Je ne dis pas que c'est vrai, je dis que c'est selon le sondage.
11:31Et moi, j'ai tendance à penser que quand M. Gluckspin, par exemple,
11:34explique que jamais d'alliance avec LFI,
11:37même au deuxième tour,
11:38il envoie un message comme quoi il ne pense pas être au deuxième tour
11:41ou il ne pense pas jouer pour la victoire.
11:43Parce que vous adressez un message comme ça à nos électeurs,
11:46vous ne pouvez pas dire qu'on adresse un message
11:47uniquement aux responsables de LFI, les électeurs s'en fichent.
11:50Donc en réalité, j'attire l'attention de M. Gluckspin
11:53et de M. Ford, des dirigeants socialistes,
11:55qui sont en train de se jouer ce jeu-là.
11:57En fait, concrètement, ce que ça veut dire,
11:59traduit en sondage, c'est que pour l'instant,
12:01quiconque de gauche est au deuxième tour,
12:03il se fait écraser.
12:04Et à mon avis, ça a un lien avec ce sectarisme.
12:05Et celui qui, pour reprendre votre mot,
12:07se fait le plus s'écraser.
12:08Comment vous expliquez qu'il soit aussi fort au premier
12:11et aussi faible au second Jean-Luc Mélenchon ?
12:13Peut-être parce que, justement,
12:15il y a toute cette campagne,
12:16notamment de gens de gauche,
12:18qui pensent qu'aujourd'hui,
12:19alors je ne parle même pas du bloc central,
12:20parce que là, c'est carrément le...
12:21qui pensent que le principal adversaire dans la situation,
12:24ce n'est pas l'extrême droite,
12:26c'est Jean-Luc Mélenchon.
12:27Donc le responsable, c'est les autres ?
12:28Non, écoutez, j'entends,
12:30vous êtes d'accord avec moi,
12:31j'entends M. Retailleau qui pense qu'il faut faire un bouclier républicain,
12:38je ne sais pas qui l'appelle,
12:39y compris avec le RN contre nous.
12:42Mme, du côté bloc central,
12:45on dit quasiment la même chose.
12:46Et du côté socialiste, on dit plus d'alliances.
12:48Donc vous envoyez un message,
12:49comme quoi votre principal adversaire,
12:51dans la période de moment où vous dites vous-même,
12:52M. Bardella peut gagner,
12:53c'est-à-dire l'extrême droite.
12:55Vous l'avez absolument...
12:56Avec sa tradition qui est la sienne,
12:58eh bien moi j'observe que c'est quelque part
13:00faire perdre en réalité tout le monde.
13:02J'attire au moins l'attention des gens de gauche
13:04sur ce genre de déclaration.
13:05Vous n'avez absolument rien à vous reprocher ?
13:08Les propos de Jean-Luc Mélenchon...
13:10Non, non, non, mais...
13:11Les propos, vous dites,
13:12c'est la faute de la gauche qui ne veut plus nous.
13:14Un peu la même manière dont tout à l'heure,
13:16vous embarquez la discussion sur uniquement
13:19le fait de lui, etc. d'applaudissements
13:21vis-à-vis de maires une partie seulement
13:22et les filles des villes populaires,
13:24et vous ne regardez pas ce qui se passe
13:25par rapport à d'autres maires à LR,
13:26par exemple, qui ont eu des déclarations
13:28autrement plus graves.
13:29Je trouve que c'est une façon
13:30d'orienter la discussion et l'opinion publique.
13:33Et moi, ce que je demande aux gens,
13:34c'est de regarder un petit peu plus
13:36ce qui se passe en réalité.
13:37Il y a beaucoup de poids de mesure.
13:39Donc, de ce point de vue-là,
13:40nous, on n'a rien à se reprocher
13:41parce que je vais vous dire une chose.
13:42Il y a un endroit en France
13:44où il y a une force qui s'est retirée
13:45pour battre le RN.
13:46C'est Marseille.
13:48J'ai regardé curieusement
13:49ce qui s'est passé à Castres.
13:50Je ne sais pas si vous avez suivi Castres
13:51ou Carpentras.
13:55C'est très intéressant parce qu'à force
13:57de taper uniquement sur les filles
13:59et de ne plus se préoccuper du RN,
14:00à Castres, il y avait trois listes de droite
14:02au deuxième tour.
14:02Ils n'ont même pas été capables
14:03de fusionner.
14:04Et une liste de gauche.
14:05Le RN est passé avec 29% des voix.
14:07Autrement dit, à force, en réalité,
14:09de considérer que le principal adversaire
14:11dans le pays, c'est une force
14:12qui est profondément républicaine,
14:14qui est France insoumise,
14:14et un candidat Jean-Luc Mélenchon,
14:16on ouvre grand la voie
14:17au Rassemblement National.
14:18Donc, je dis à tous ces gens-là
14:20de faire attention.
14:20On n'est pas loin d'un sentiment
14:22pré-révolutionnaire électoral.
14:23C'est ce que c'est Gérald Darmanal,
14:25de la justice, ce matin, dans Le Parisien.
14:27Non pas au sujet des images
14:28dont on parlait il y a quelques instants
14:29dans les mairies,
14:30mais au sujet du résultat
14:31des élections municipales.
14:32Vous êtes d'accord avec lui ?
14:33On n'est pas loin d'un sentiment
14:35pré-révolutionnaire électoral.
14:36Il y a une France aujourd'hui,
14:37et on va en parler dans un instant
14:39avec Jérôme Fourquet,
14:39il y a une France aujourd'hui
14:40qui est prête presque à la violence.
14:44C'est pas ce qui a été dit.
14:45Il parle de pré-révolution électorale.
14:46Pré-révolutionnaire, en France,
14:47on coupe des têtes.
14:48Électoral, c'est ce que vous me dites.
14:50J'ai pas lu l'interview,
14:51mais c'est ce que vous me dites.
14:52Nous, à partir du moyen,
14:53nous, on prône une révolution citoyenne
14:55par les urnes,
14:55parce qu'on est totalement pacif,
14:57qu'on pense que c'est comme ça.
14:58Je pense qu'il a raison de dire
14:59que c'est tout à fait possible.
15:00Dans ces cas-là,
15:01inévitablement,
15:02le résultat au deuxième tour
15:03face à Bardella
15:03ne sera pas celui que vous accréditez
15:05à Jean-Luc Mélenchon,
15:05s'il a raison.
15:06Je n'accrédite pas à Jean-Luc Mélenchon.
15:07J'ai cité ma source,
15:09il s'agit d'un sondage
15:09qui est là publié ce matin.
15:11Je pense qu'il n'a pas tort.
15:11Je pense qu'il n'a pas tort.
15:12Pour une fois,
15:13je dis une chose positive
15:14sur l'admirateur de Jacques Banville,
15:16historien d'extrême droite,
15:17mais je trouve que dans ces cas-là,
15:18ça montre que les sondages,
15:19c'est un peu n'importe quoi.
15:20Je pense qu'il n'a pas tort.
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