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Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Allez, on va repartir à Washington où c'est l'annonce qui est faite par le CENCOM, le commandement central
00:04américain dans la région.
00:05Photo à l'appui, le premier groupe d'action amphibie américain composé de l'US Tripoli, mais aussi de deux
00:10navires d'assaut et de la 31e unité expéditionnaire des Marines.
00:15C'est arrivé dans la zone de responsabilité du CENCOM.
00:18Antoine Eulard, on parle de combien de soldats précisément ? On parle de Marines. En sentons un peu plus d
00:23'ailleurs sur les intentions de l'administration américaine.
00:30Alors, ce sont 3500 Marines effectivement qui sont arrivés sur zone hier. Pour quelles missions ? Pour le moment, on
00:36ne le sait pas.
00:37Le Pentagone explique qu'il s'agit de donner davantage d'options à Donald Trump.
00:42En clair, ça veut dire que si le président américain décide de lancer une opération terrestre, ces hommes seront en
00:49première ligne puisque leur spécialité, c'est notamment d'organiser des débarquements en territoire ennemi.
00:55C'est ce qu'on appelle les opérations amphibies, opérations de débarquement depuis la mer. Ce premier contingent, ça n
01:02'est que le début du renforcement des troupes au Moyen-Orient.
01:07La presse américaine indique que le Pentagone réfléchit à envoyer 10 000 autres soldats supplémentaires, notamment des parachutistes.
01:15Tout cela donc si Donald Trump décide de lancer une opération terrestre. Pour le moment, il n'a pas pris
01:20de décision définitive à ce sujet.
01:22Mais les cibles potentielles, on les connaît. C'est l'île de Kark, bien sûr, où transitent 90% du
01:28pétrole iranien.
01:29D'autres îles sont également dans le viseur des Américains, des petites îles qui sont situées à proximité du détroit
01:34d'Hormuz.
01:35Et l'un des objectifs, ça pourrait être de saisir l'une de ces îles pour tenter de sécuriser le
01:39détroit et sécuriser le passage des navires.
01:42Pour le moment, l'opération terrestre n'a pas encore été décidée.
01:46Trump dit qu'il préfère sortir de cette guerre par la voie diplomatique.
01:49Il veut un accord de paix. C'est ce qu'a dit son émissaire Steve Vitkoff hier.
01:53Vitkoff qui précise aussi que ce nouveau déploiement de force au Moyen-Orient, c'est avant tout une façon de
01:58montrer les muscles
01:59pour mettre la pression sur les Iraniens et les forcer de s'asseoir à la table des négociations.
02:03Merci beaucoup Antoine Hollard depuis Washington.
02:05Vincent Arbaritier, bonsoir.
02:07Il envoie 3500 hommes supplémentaires dans le golfe Persique, Donald Trump.
02:12Et en même temps, il veut la paix, il veut les négociations.
02:15Est-ce que c'est contradictoire ou est-ce que c'est assez logique finalement ?
02:19Non, oui, ça a l'air contradictoire, mais en fait, les Américains...
02:23On montre les muscles pour obtenir la paix ?
02:25Oui, mais c'est ce qu'ils ont fait même avant l'opération, si vous voulez.
02:28Non, ce qu'ils vont faire, c'est qu'ils vont occuper, on pense évidemment au détroit d'Hormuz.
02:35Ils vont réouvrir le détroit d'Hormuz.
02:38Ensuite, ils laisseront les Européens, les 35 pays, assurer la police de l'arrière.
02:44Mais réouvrir comment ? Par la force ? Comment on rouvre ce détroit d'Hormuz ?
02:47Tout le monde nous dit c'est impossible.
02:49Ils vont débarquer sur la rivière iranienne, c'est ça.
02:50Quand vous voulez ouvrir un détroit, il faut ouvrir les deux côtés.
02:54Donc, il va y avoir un débarquement de vie forte sur la rivière iranienne, sachant que les Américains ont la...
03:00Vous êtes un des rares à nous dire ça.
03:01On avait des expériores qui nous disaient, non, non, c'est impossible, il y a trop de risques pour les
03:04Américains.
03:04Trop de risques, ils ont la domination aérienne.
03:07Ils ont la domination aérienne.
03:08Alors même si les autres envoient des missiles, si vous voulez, ils envoient d'ailleurs plus loin.
03:11Donc là, on fait quoi ? On va sur ces petites îles-là pour sécuriser ?
03:14Ou on va sur l'île de Kark qui est un peu plus au nord ?
03:17Voilà, et en même temps, on empêche les Iraniens d'exporter le pétrole.
03:20Parce que c'est ça l'intérêt de l'île de Kark.
03:22C'est la station-service à partir de laquelle les Iraniens remplissent les soutes des tankers qui vont alimenter le
03:30Pakistan ou la Chine.
03:31Donc on prive par là-même l'Iran de ses ressources.
03:35Et les Américains, à partir du moment avec les Israéliens où ils ont la conquête de l'air, où ils
03:39ont assuré la supériorité aérienne, voilà.
03:42Vous annoncez le débarquement, mais le débarquement où exactement ? Sur les petites îles ou également sur la côte ?
03:47La côte, ça c'est autre chose, mais oui.
03:50Mais si, c'est que les Israéliens ne vont pas pouvoir pour les édans.
03:53Il y a ce qu'on ne voit pas.
03:53Souvenez-vous de la guerre des 12 jours.
03:55Qui a vu arriver les avions qui ont bombardé la station de Natanz, sinon au dernier moment ?
04:01On parle, les Américains font de la communication opérationnelle.
04:04Ils parlent de quoi ? De ce qu'ils veulent que les gens voient.
04:07C'est-à-dire les Marines et la 82e Airborne.
04:09Mais les Américains, il y a d'autres forces dans l'armée américaine.
04:12Et ces autres forces, ils ont les moyens de les projeter par des avions.
04:15Je vous invite à aller à la base de Rammstein si vous n'y êtes pas allé.
04:18Vous avez des avions gigantesques, avec des moyens gigantesques, que les Européens n'ont pas, que les Russes avaient aussi
04:23à un certain moment.
04:24Les Américains, s'ils le volent, ils le font.
04:26Ensuite, c'est le président Trump qui choisit, en fonction des options qu'on lui présente.
04:29Mais les Américains, c'est la première armée du monde.
04:31Ce que vous nous dites finalement, c'est que ce que feront les Américains, ils ne l'annonceront pas.
04:36Évidemment que non.
04:37C'est 3500.
04:39Pour vous, le débarquement est annoncé.
04:40Évidemment.
04:41Si vous voulez, il faut être logique.
04:42Quand on déploie des forces, c'est pour les utiliser.
04:45Ce n'est pas pour faire du show of force.
04:48Ça, c'est un peu la méthode européenne.
04:49On ne dit surtout pas nos forces.
04:51On les amène pour faire peur.
04:52Mais ça ne fait peur à personne.
04:53Ce régime iranien, il a peur de qui ?
04:55De personne.
04:56Ça a été très bien dit par l'un des intervenants qui disait que c'est un régime millénariste
05:03qui veut, à la limite, le chaos total.
05:07Donc, ce n'est pas lui qui obéira.
05:09Il y a eu trois randes de diplomatiques qui n'ont servi à rien.
05:14Vous pensez qu'ils veulent négocier ?
05:15Ils ne négocieront pas, les Iraniens.
05:16Oui, mais alors, ils peuvent frapper, les Américains, avec leur risque de drone, non ?
05:19C'est ce que disaient nos experts qui étaient là en disant que Donald Trump ne prendra pas le risque.
05:23Oui, oui, oui.
05:24Ils peuvent faire quelques centaines de marines.
05:26Les Américains ont de quoi se protéger aussi.
05:28Ils ne sont pas quand même...
05:28C'est la première armée du monde.
05:29Mais s'ils tuent une centaine de marines, comme le dit aussi, c'est le risque aussi, Ulysse ?
05:33Ce ne sont pas des centaines.
05:35Il va y avoir des milliers d'hommes.
05:37Des milliers d'hommes.
05:38Donc, si vous voulez, c'est une décision grave à prendre.
05:40Mais là, il y a eu...
05:41N'oublions pas que toutes les opérations américaines sont faites de la même façon.
05:44D'abord, une préparation par des bombardements aériens.
05:47C'est ce qui a lieu depuis combien ?
05:49Trois, quatre semaines.
05:50Ensuite, débarquement au sol.
05:52Débarquement au sol, comme ça a été très bien dit,
05:54ce n'est pas des divisions blindées qui vont arriver de nulle part.
05:57Ce sont des gens qui vont arriver par la voie des airs.
05:59Je rappelle qu'ils ont la supériorité aérienne.
06:01Et ensuite, ils vont occuper des points sensibles.
06:06Ce sont des prises de gages.
06:07Et s'ils peuvent couper les ressources iraniennes, ils le feront.
06:11Les Américains ont les moyens de leur politique.
06:14Maintenant, ils ne sont pas obligés de tout dire.
06:16Et voilà.
06:17Jean-Paul Bourgeois.
06:17Juste un point.
06:18Je pense qu'effectivement, on parle de stratégie militaire.
06:21Mais avant la stratégie militaire, nous avons vu tout à l'heure
06:24qu'il y a des contraintes politiques.
06:25Donald Trump peut-il se maintenir ?
06:28Est-ce qu'on peut rester dans le statu quo ?
06:30Réponse, non.
06:31Est-ce que les Iraniens sont prêts à aller à durer ?
06:34Est-ce qu'ils ont intérêt à durer ?
06:35Est-ce qu'ils peuvent durer ?
06:36Réponse, oui.
06:37Donc, il n'est pas impossible, et sans être un spécialiste de la chose militaire,
06:41il n'est pas impossible que Donald Trump se dise
06:43entre rester dans le statu quo, qui serait coûteux pour lui,
06:46coûteux politiquement, coûteux même en termes si les hommes devaient s'installer,
06:50et utiliser une fenêtre de tir avec les risques que cela peut comporter,
06:56quel qu'il soit, mais en disant,
06:57la fenêtre de tir que nous avons eue, c'était pour libérer le détroit d'Hormuz,
07:01parce que ça, c'est un point crucial.
07:02Si on s'installe dans cette situation pour laquelle le détroit d'Hormuz serait fermé aux Occidentaux,
07:09là, ça serait pire que tout.
07:10Il y a des décisions sur le terrain.
07:11À la guerre, il n'y a pas de match nul.
07:13Il y a un perdant, il y a un gagnant.
07:15Qui a les moyens de gagner la guerre ? Les Américains.
07:17Alors, on a beau dire que les Iraniens, ils ont des réserves de drones, des réserves de missiles,
07:20oui, mais leurs réserves ne sont pas inépuisables.
07:22Alors maintenant, autre chose, ça a été dit,
07:24les Russes et les Chinois, évidemment, vont tout faire pour faire durer.
07:27Mais ça, c'est de la stratégie.
07:28C'est un duel de volonté, la stratégie.
07:31J'aimerais qu'on écoute le vice-président G.D. Vance,
07:36qui s'est de nouveau exprimé aujourd'hui, parce que,
07:38alors lui, il affirme toute autre chose,
07:40c'est-à-dire que les États-Unis en ont bientôt terminé avec la guerre.
07:44On va l'écouter, écoutez.
07:47Nous avons atteint tous nos objectifs militaires.
07:50Le président va persévérer encore un peu pour s'assurer qu'une fois parti,
07:54nous n'ayons pas à revivre cela avant très longtemps.
07:57C'était fondamentalement son objectif.
07:58Il a dit, voyez, ce pays nous menace de toutes parts.
08:01Il tente encore de se doter de l'arme nucléaire.
08:04Nous devons donc les neutraliser pour très, très longtemps.
08:06C'est là l'objectif.
08:08Vous avez raison, les prix de l'essence ont effectivement augmenté
08:11en raison de la situation au Moyen-Orient, mais ils vont baisser.
08:13Il s'agit d'une réaction très temporaire à ce qui sera, au final,
08:17un conflit de très courte durée.
08:19Je crois que le président a été très clair à ce sujet.
08:22Nous n'avons aucune intention de rester en Iran dans un ou deux ans.
08:25Nous nous occupons de nos affaires.
08:27Nous allons bientôt quitter les lieux et le prix de l'essence va baisser.
08:33Ulysse Gosset, vous voyez les Américains tenter un dernier coup de poker, là,
08:35ou d'ici deux semaines ?
08:37GDV, là, lui, il a envie de repartir très vite.
08:40Il n'était pas pour cette guerre.
08:41Il n'est pas pour l'attaque au sol, visiblement.
08:42Enfin, il dit clairement, ce n'est pas une guerre sans fin, etc.
08:46Si les Américains débarquent en Iran, comme vous semblez le dire,
08:50ça veut dire qu'ils vont rester au moins quelques mois.
08:52Parce que s'ils arrivent et qu'ils repartent après, ça n'a plus de sens.
08:55Les Iraniens vont...
08:56Il va y avoir un effet dominole.
08:57Dans ces cas-là, l'équilibre du régime iranien risque d'être fortement...
09:02Oui, mais il y a aussi un risque de nombreuses victimes du côté...
09:05Il y a des risques, oui.
09:06De toute façon, la guerre, c'est des risques.
09:08Oui, mais...
09:08Ce n'est pas la politique.
09:09Oui, mais on est en 2026.
09:11Si on a quelques dizaines ou quelques centaines de...
09:16Comment dire ?
09:17De cercueils en zinc ou en plomb qui arrivent sur la base d'Andrews,
09:20ça va être terrible.
09:21Rappelez-vous le nombre de tués américains en Irak.
09:25Il y a quand même une limite aux États-Unis
09:28qui est bien plus haute que notre limite d'acceptation.
09:31Non, non, mais je retiens ce soir, vous avez l'air extrêmement convaincu.
09:34Tous les experts militaires qui sont venus sur le plateau,
09:37sans exception, ont dit c'est impossible.
09:40C'est pour ça que je me permets de vous...
09:41Écoutez, on verra.
09:41C'est pour ça qu'on est surpris.
09:42C'est contre toutes les promesses qu'avait fait notamment Donald Trump
09:45au moment de son élection.
09:47Mais c'est surtout cela.
09:48C'est parce que politiquement...
09:50Politiquement, sa base n'en veut pas cette guerre.
09:52Si ça traîne, il est mort politiquement.
09:56Et donc, il peut se trouver une situation dans laquelle il se dit
09:59je n'ai pas beaucoup le choix, ça traîne, je suis mort.
10:04Et donc, il faut y aller.
10:06Donc, quel sera le coup ?
10:07Vous avez raison de dire que depuis...
10:09Il n'y a pas que depuis Donald Trump.
10:13Déjà, Obama disait, Obama avait été élu sur le fait
10:15qu'il fallait ramener les boys à la maison, etc.
10:18Donc, c'est une tendance américaine.
10:19Et c'est vrai qu'on ne veut plus voir de cercueil à arriver aux Etats-Unis
10:23avec le drapeau...
10:25Voilà.
10:26Donc, ça, c'est impossible.
10:28La question, c'est à quel moment ça s'arrête ?
10:30On peut arrêter.
10:31Et surtout, s'il y a un risque pour le détroit sur le Yémen.
10:36Le barinier, vous disiez, il est condamné à gagner la guerre.
10:42Tout à l'heure, vous disiez, non, finalement, tout le monde peut sortir un peu la tête haute
10:45et gagnant-gagnant de ce pouvoir.
10:47C'est définir ce que ça veut dire, gagner, en fait.
10:50C'est effectivement, on part sur les objectifs du départ.
10:53Ça paraît complexe compte tenu de, j'allais dire,
10:59le sablier, le temps ne va pas dans le sens, effectivement,
11:02par exemple, de récupérer l'uranium.
11:04Je le maintiens, c'est une opération qui prend du temps matériellement.
11:07On n'est pas à quelques jours, on est à quelques semaines.
11:09Donc, voire un peu plus.
11:11Parce qu'en plus, c'est des matières compliquées.
11:12que pour les transformer, enfin bref, c'est une opération chimique en tant que telle
11:17qui est assez compliquée.
11:18Bon, une fois qu'on a dit ça, je veux bien qu'on mette de côté la question,
11:22quelque part peut-être, de l'uranium, en disant qu'il a bombardé des sites
11:25et que ça suffit pour dire, finalement, on n'a peut-être pas trouvé l'uranium
11:28parce que, vous voyez, il est sous terre, que c'est trop dangereux.
11:30Alors, vous voyez, on a ce qu'on appelle rallonger le temps de percer.
11:33C'est ce que, d'ailleurs, dit J.D. Vence.
11:34Il a dit, on a neutralisé pour de longues années la capacité iranienne.
11:39Donc, quelque part, ça, admettons, vous voyez, je fais un pas.
11:43Néanmoins, ensuite, il y a la question du régime change.
11:46Ça, effectivement, si on va dans votre sens, ça veut dire qu'il faut une opération terrestre
11:50pour la faire tomber.
11:51Je crois que même ceux qui sont contre le régime et qui sont venus ici,
11:56on dit que ça ne peut pas se résoudre uniquement par une opération militaire
11:59qui se déciderait avec, je ne sais pas, 10 000 hommes, 15 000 hommes.
12:03Oui, jusqu'à 17 000.
12:04Voilà.
12:05Ensuite, il y a la question, effectivement, du balistique.
12:07On l'a oublié.
12:09Mais, image de propagande que vous avez montrée tout à l'heure sur le drone,
12:12ce que je montrais, c'est marrant.
12:14C'est dans un site intact.
12:15On nous a dit que tout était bombardé et qu'il n'y avait plus rien.
12:18Trump l'a redit hier.
12:19Peut-être que, encore une fois, c'est de la propagande.
12:21Je nargue, mais l'image, ça se trouve, ça a été fait avant, on ne sait pas quand.
12:24Mais ça montre quand même une capacité, là où tous les experts,
12:29les services de renseignement le disent, la force de l'Iran, c'est de dissimuler.
12:33C'est qu'on ne sait pas.
12:34Et cette incertitude fait que ce que dit avec certitude Donald Trump rend les choses compliquées.
12:40Enfin, peut-être, c'est ce que je disais sur qu'est-ce que ça veut dire gagner pour Donald
12:44Trump,
12:44j'en démarre pas.
12:45C'est, effectivement, à mon sens, sortir le détroit d'Hormuz de son blocage.
12:51Est-ce que ça veut dire par la force ?
12:53On parle de négociation.
12:54Ben, négociation avec qui ?
12:56Les Iraniens, ils ne veulent pas négocier.
12:57Mais les Américains, comme les Iraniens, ne veulent pas gagner,
13:03or, dans des conditions d'humilier l'adversaire.
13:05Et c'est normal, parce qu'on est sur des potions.
13:08Il y a eu deux rangs de négociation.
13:09Les deux veulent...
13:10Ils ont tout fait pour ne pas...
13:11Mais attendez, qu'est-ce qu'on voit ?
13:13La négociation, c'était les JCPOA, on a arrêté pour faire une opération forcée.
13:17Oui, mais c'est autre chose.
13:17Non, mais attendez.
13:18La force, on y a mis, qu'est-ce qu'on a fait ?
13:19On met la menace.
13:20La menace pour habiter à quoi ?
13:21Pour arriver à une négociation.
13:23Excusez-moi, à la fin des fins, il n'y aura pas de, entre guillemets,
13:26d'occupation terrestre de long terme des Américains du territoire iranien.
13:30Ça, à mon sens.
13:31Mais en fait, sortir sur une victoire, ça peut être que sur cette version-là.
13:35Et là, je vais dans le sens de M. Beaujolais, qui l'a dit tout à l'heure.
13:38Les Américains, qui sont quand même souverains sur ce qu'ils souhaitent,
13:42des élections qui vont arriver.
13:43C'est-à-dire, effectivement, Ulysse, sur les échéances,
13:47que ce soit la Chine, son anniversaire, le 4 juillet,
13:50Jean-Pas, c'est des meilleurs,
13:52à mon sens, ne peuvent pas aboutir vers une occupation
13:54qui ne peut être autre que de long terme.
13:56Je ne dis pas que ce n'est pas possible.
13:57Déjà, avant l'occupation, il faut déjà gagner des territoires.
14:00Non, mais ça passe par une présence.
14:03Mais le régime ne va pas partir.
14:04Ils sont arrivés, on s'en va.
14:05Non.
14:06Le régime, il va être déstabilisé.
14:08Il s'est pris quand même énormément de...
14:09Est-ce que le régime iranien, même affaiblit, toujours debout ?
14:14Oui.
14:16Le régime iranien, toujours là, ça pourrait aussi être une forme de victoire, finalement.
14:21Après ces manifestations, après cette guerre, finalement...
14:23Non, mais attendez, je crois qu'il y a deux choses.
14:26Ce qui est dit, pareil, c'est sourcer le guide à moins d'importance que les Pazarans.
14:31C'est une symbolique politique qui oriente.
14:34Mais les Pazarans sont là.
14:35Donc, moi, soit, en fait, ils ont disparu,
14:36et je serais ravie, effectivement, pour les Iraniens qui dominent,
14:39parce que je rappelle qu'on a une population qui est massacrée.
14:42Néanmoins, la réalité montre que ça ne va pas dans ce sens-là.
14:44Donc, ça, après, vous pouvez le nier, je veux bien l'entendre.
14:47Non, je n'y pas, mais...
14:47Mais dire que le régime est en train de tomber,
14:49je crois que c'est un peu plus complexe que ça,
14:51et force est de constater qu'ils sont encore là,
14:54et qu'ils ont aussi montré qu'ils étaient capables de ralentir la volonté américaine
15:01à faire de Serguel, qui était censé s'arrêter, excusez-moi,
15:03depuis déjà plusieurs jours.
15:04On va, justement, partir tout de suite en Iran,
15:07retrouver notre correspondant Siavoj Ghazi,
15:08correspondant RFI France 24, Siavoj,
15:11avec, ce soir, encore de nouvelles explosions entendues à Téhéran.
15:16Au moment même où il y avait des rassemblements
15:19sur les différentes places de Téhéran,
15:21à partir de 8h, 9h du soir,
15:24il y a eu une série de frappes contre plusieurs quartiers de Téhéran,
15:28notamment des quartiers de l'Est.
15:29Donc, où il y a des immeubles militaires,
15:34ou des immeubles d'habitation pour les militaires,
15:37mais aussi dans d'autres quartiers de la capitale iranienne.
15:40Malgré ces frappes,
15:42les manifestations et les rassemblements ont continué,
15:46ne se sont pas dispersés.
15:49Il y a eu aussi des frappes sur la ville de Karaj.
15:53Visiblement, toutes ces frappes viennent de l'aviation israélienne,
15:57et les États-Unis ne participent pas à ces frappes contre Téhéran,
16:01mais aussi la ville de Karaj.
16:03Malgré cela, la population reste en la rue pour dénoncer les frappes israélo-américaines
16:09et soutenir le pouvoir dans son action,
16:13mais aussi les militaires, les forces armées iraniennes,
16:15notamment ceux qui sont derrière les lanceurs de missiles,
16:20pour attaquer Israël, mais aussi les bases américaines dans la région.
16:25Ces frappes sont moins intenses que les nuits précédentes,
16:29peut-être un signe qu'on va faire plutôt un compromis,
16:33un accord pour mettre fin au conflit.
16:37– Ulysse Gosset, on voit ces tirs israéliens sur Téhéran ce soir,
16:41mais on apprend aussi qu'un nouveau missile a été tiré depuis le Yémen vers Israël,
16:45donc avec ces fameux outils, c'est le deuxième missile,
16:48puisque tout à l'heure, Hugo nous parlait d'un drone,
16:50et c'est vrai que la CIA a estimé récemment encore à 200 000
16:54le nombre de combattants des outils au Yémen.
16:57Est-ce qu'ils peuvent encore avoir une force de perturbation,
17:00là, dans cette guerre importante ?
17:02– Oui, oui, ce n'est pas simplement un mouvement rebelle,
17:04comme on le dit un peu facilement, c'est un allié de l'Iran,
17:08c'est un mouvement régional assez fort,
17:10qui dispose d'un mini-État,
17:12puisqu'ils contrôlent la capitale du Yémen depuis 2014,
17:16ils sont en guerre contre l'Arabe des Saoudites,
17:18même s'il y a eu une forme de cessez-le-feu avec les Américains,
17:21qui jusqu'à présent avaient venu,
17:22mais là, ça y est, le cessez-le-feu est rompu.
17:25Et donc, c'est l'engagement des outils dans la guerre,
17:28qui est évidemment une mauvaise nouvelle pour les Occidentaux,
17:31pour la mer rouge qui mène au canal de Suez,
17:34qui pourrait être aussi l'objet de tirs de missiles.
17:36– Et bizarrement, au moment où les Américains renvoient des troupes.
17:39– Et pour les Américains qui sont en train, effectivement,
17:42de poursuivre leur campagne.
17:44Alors, on a d'un côté cette nouvelle menace,
17:47qui est évidemment à prendre très au sérieux,
17:49parce que si elle se poursuit,
17:51ça veut dire qu'il y a un deuxième front, clairement.
17:53Et puis, d'un autre côté, vous l'avez dit,
17:56les Israéliens, eux, poursuivent leur campagne de bombardement,
17:58et ils vont aller le plus loin possible, le plus longtemps possible,
18:02jusqu'à l'éventuelle négociation, si elle a lieu et si elle aboutit.
18:06Et d'ici là, Israël ne changera pas de stratégie,
18:09même si ça coûte très cher à l'armée israélienne en termes de moyens.
18:13Ils vont, eux aussi, être assez rapidement à court de munitions,
18:18et surtout, ils vont être très certainement extrêmement fatigués par cette campagne.
18:22Même si ça coûte très cher.
18:23Avec un manque de réservistes aussi.
18:24Oui, c'est ça, même s'il y a débat au sein.
18:26Mais ils iront jusqu'au bout, parce que pour eux, pour Israël,
18:28on le sait, c'est un combat existentiel.
18:30Mais est-ce qu'ils ont les capacités, Ulysse, d'aller jusqu'au bout ?
18:33Parce que si un nouveau front s'ouvre avec le Yémen,
18:36et ça se sent tue, c'est ce qu'on semble voir ce soir.
18:38On voit bien qu'il y a des difficultés sur le dôme de fer et les moyens de protection,
18:42et ils sont eux-mêmes réduits leurs moyens de défense.
18:44Par exemple, lorsqu'un missile outil a une trajectoire
18:46qui visiblement l'amène dans le désert,
18:48ils ne vont pas dépenser des moyens pour l'éliminer.
18:50Donc, ils prennent leur temps avant de frapper.
18:54Mais oui, s'il s'agit de frapper l'Iran jusqu'au bout,
18:56ils iront jusqu'au bout avec le soutien des Américains.
18:59Si Trump décide d'arrêter, alors là, c'est indifférent.
19:01En fait, il y a une dimension aussi religieuse à ce conflit
19:03qui est souvent mésestimée entre sunnites et chiites.
19:06C'est ça, la vraie guerre.
19:07Et c'est pour ça que les Iraniens, les chiites,
19:13les houthis de zaïdites, qui sont des chiites,
19:15qui sont vraiment très proches du régime des Mollahs au plan religieux,
19:18souhaitent aussi un embrasement général
19:20et souhaitent aussi gagner sur les sunnites.
19:23Et ça, c'est un enjeu religieux.
19:25Et Donald Trump, en tant qu'allié de l'Arabie saoudite,
19:28depuis 1945, les Américains ne peuvent pas laisser tomber l'Arabie saoudite
19:33et a fortiori les autres Émirats.
19:35Ce n'est pas simplement sur le plan économique,
19:37c'est aussi qu'il y a un enjeu religieux entre sunnites et chiites,
19:42et surtout si le gouvernement ne change pas en Iran.
19:44Donc, en fait, bien sûr qu'à partir du moment où cette guerre a été enclenchée,
19:50il y a toute une machinerie qui se met en place
19:53et qui est, pour l'instant, incontrôlable.
19:55Et en fait, on voit bien que finalement,
19:57Donald Trump avait dit aux Iraniens,
19:59et moi, j'insiste sur le fait que 50 000 personnes,
20:0250 000 Iraniens ont été massacrés,
20:04ils venaient, la mairie venait au secours de ces îles.
20:08Voilà, ils arrivaient.
20:10Au fond, ils sont complètement oubliés.
20:12Et qu'en réalité, qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas,
20:15la guerre a changé de figure.
20:17On partait pour le régime iranien, essentiellement le nucléaire,
20:20et la population iranienne qui se faisait massacrer.
20:23Finalement, on est venu n'y aider la population iranienne,
20:26et le régime est encore là.
20:27On entend par une experte que c'est très compliqué
20:29d'aller récupérer les 440 kilos d'uranium enrichis.
20:34Très compliqué, on ne dira pas impossible.
20:37Il y a une autre experte qui disait que c'était plus simple.
20:39Oui, mais j'ai tendance à penser qu'en période de guerre...
20:43Professeur au CNRS, je suis deux camions...
20:46J'imagine que ça ne doit pas être possible.
20:49Mais j'imagine en termes de...
20:50Mais tous les autres disent pas ça.
20:51Il faut aller les trouver, c'est pareil.
20:52Il faut aller les trouver.
20:54C'est pareil.
20:56Il y a des gens du Mossad, il y a des gens...
20:58J'imagine...
20:58Mais ils ne les ont toujours pas trouvés, enfin.
21:00J'imagine qu'en termes de bon sens...
21:01S'il vous plaît, s'il vous plaît.
21:02J'imagine qu'en termes de bon sens et compte tenu de la guerre,
21:06ça doit être quand même tout si peu compliqué.
21:08Ça, c'est la première chose.
21:09Donc là-dessus, c'est point d'interrogation
21:11par rapport au premier objectif du président.
21:13Le deuxième objectif, c'était faire tomber le régime
21:16et soulager, et en tout état de cause,
21:18mettre en sécurité une population iranienne
21:21qui se fait massacrer.
21:21Et le régime est encore là.
21:22Aujourd'hui, le régime est encore là.
21:24On n'a pas l'uranium enrichi.
21:25En revanche, on a deux fronts de hier.
21:27Merci Jean-Claude Beaujour.
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