- il y a 18 heures
Le 25 mars, le Sénat débattait de la situation au Moyen-Orient, après une déclaration du gouvernement. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé les mesures mises en place par le gouvernement : l’augmentation drastique de l’achat de munitions, la création de France Munitions, la mise à jour de la loi de programmation militaire, mais aussi les mesures pour limiter la hausse des prix de l’essence et du gaz. Les sénateurs ont unanimement condamné le régime iranien et ont mis l’accent sur la mutation de la relation entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Tous ont plaidé pour un rôle central de la France dans le maintien de la paix. Revivez ce débat. Année de Production : 2025
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00:00:01Générique
00:00:09Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans 100% Sénat.
00:00:13Après trois semaines de conflits au Moyen-Orient, le Premier ministre participait hier soir à un débat au Sénat.
00:00:20L'occasion de répondre aux inquiétudes sur la hausse du prix du carburant.
00:00:26On réécoute ensemble ce débat.
00:00:27Ce qui se joue aujourd'hui au Proche et au Moyen-Orient n'est pas une crise lointaine.
00:00:33Ce n'est pas une crise de plus, c'est une guerre qui s'étend, qui frappe des infrastructures civiles,
00:00:39qui menace la sécurité maritime et qui déstabilise durablement toute une région
00:00:43et qui peut aller jusqu'à une forme, on le sait et on peut le redouter, de globalisation.
00:00:49Ce serait facile dans un tel moment de s'abandonner au découragement et de peindre l'avenir en noir.
00:00:56Facile de décrire un monde livré à la force brute, à la loi du plus fort, à la domination des
00:01:01rapports de puissance.
00:01:03Facile de dire une humanité toujours plus dépendante des malédictions de l'or noir.
00:01:07Ce serait vrai, mais ce serait insuffisant.
00:01:10Car le rôle du gouvernement n'est pas de commenter le chaos du monde, il est d'agir, d'agir
00:01:16pour protéger les Français,
00:01:18d'agir pour défendre les intérêts de la nation, d'agir avec nos partenaires
00:01:22et d'assumer devant vous les conséquences complexes que cette situation impose à notre pays.
00:01:30Car oui, cette crise nous concerne directement.
00:01:34Elle nous concerne par les centaines de milliers de Français présents dans la région.
00:01:37Elle nous concerne par nos forces déployées.
00:01:40Elle nous concerne par nos partenaires stratégiques avec qui nous avons des intérêts communs.
00:01:44Elle nous concerne par la lutte contre le terrorisme et contre la prolifération nucléaire.
00:01:48Elle nous concerne par la liberté de navigation.
00:01:51Et elle nous concerne enfin par l'énergie et donc par notre économie et le pouvoir d'achat des Français.
00:01:58Elle interroge aussi profondément nos dépendances.
00:02:02Et de cette réalité découlent pour la France deux conséquences immédiates et concrètes.
00:02:07La première est militaire, la seconde est énergétique.
00:02:12La première conséquence est militaire parce que la France est présente historiquement dans la région,
00:02:17parce qu'elle agit, parce qu'elle doit assumer ses responsabilités globales.
00:02:23Aujourd'hui, plus de 5 000 soldats, marins et aviateurs, sont engagés au Proche et au Moyen-Orient.
00:02:31Au Sud-Liban, 700 militaires français sont engagés au sein de l'opération de maintien de la paix de la
00:02:36Finule.
00:02:37Nous sommes aussi présents en Irak et en Jordanie,
00:02:40avec l'opération Chamal de lutte contre Daesh et de formation de nos partenaires.
00:02:46Nous avons des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis.
00:02:51Dans ce dernier pays, où la ministre était récemment,
00:02:551 000 militaires sont déployés au sein d'un régiment curassier, d'une base navale et d'une base aérienne.
00:03:01Dès le début de la crise, des capacités aériennes et des moyens de défense sol-air ont été envoyés en
00:03:06renfort.
00:03:07Ils ont contribué à la protection de l'espace aérien, notamment des Émirats.
00:03:10Enfin, la Marine nationale engage un volume de bâtiments importants articulés autour du groupe aéronaval Charles de Gaulle,
00:03:18de frégates et de portes-hélicoptères amphibies.
00:03:22Ils sont déployés en Méditerranée orientale, en mer Rouge et dans l'océan Indien.
00:03:27Ils assurent des missions de renseignement, de surveillance et de protection en mer et dans les airs,
00:03:32c'est-à-dire de réassurance au profit de nos alliés et partenaires de la région.
00:03:37La France est un partenaire fiable, on le dit souvent.
00:03:42Nos armées sont réactives.
00:03:45Peu d'armées, mesdames et messieurs les sénateurs, sont capables de se déployer comme les nôtres.
00:03:49La France l'a fait.
00:03:50Et si la France est écoutée, c'est parce qu'elle est sur place.
00:03:53Et bien souvent, on finit, en de pareilles circonstances, par n'écouter que ceux qui sont effectivement sur place.
00:04:02Ce choix a un sens, mais il a aussi clairement un prix.
00:04:05Et c'est précisément pour cela que nous devons en tirer toutes les conséquences.
00:04:10Je veux ici remercier le Parlement d'avoir adopté, il y a trois ans, la loi de programmation militaire.
00:04:18Entre 2017 et 2027, le budget de nos armées, vous le savez, aura doublé.
00:04:23Ce n'est pas un détail.
00:04:25C'est un choix stratégique.
00:04:26C'est un choix structurant.
00:04:28Mais ce choix doit être aujourd'hui amplifié.
00:04:32La guerre aux Proches et au Moyen-Orient, comme celle en Ukraine, nous montre une chose simple.
00:04:36Le retour des conflits de moyenne et haute intensité.
00:04:39Et avec lui, le retour des exigences de masse, d'agilité, de vitesse, d'endurance.
00:04:45Mais aussi, en même temps, de sauts technologiques aussi brutaux qu'essentiels.
00:04:50Sans oublier les fonctions de soutien et de préparation des forces qui ont hélas trop fait les frais des décisions
00:04:56prises au début des années 2000.
00:04:59Mesdames et Messieurs les Sénateurs, il faut accélérer l'examen de la loi de programmation militaire.
00:05:05C'est pourquoi elle sera actualisée dès le mois d'avril.
00:05:08Elle sera présentée par la ministre des Armées au Conseil des ministres du 8 avril prochain, inscrite la semaine du
00:05:134 mai à l'Assemblée nationale et ici même le 1er juin au Sénat.
00:05:18Je remercie les parlementaires et particulièrement vous, M. le Président Cédric Perrin, d'accepter cette accélération et cette modification du
00:05:26calendrier.
00:05:27Mais vous le savez, nous ne pouvons pas faire autrement et surtout, nous ne pouvons pas attendre.
00:05:33L'urgence, ce sont évidemment les munitions.
00:05:36Nous prévoyons d'investir 8,5 milliards d'euros supplémentaires de commandes entre 2026 et 2030,
00:05:43qui s'ajoutent aux 16 milliards d'euros de la loi de programmation militaire votée en 2023, M. le rapporteur
00:05:50Christian Cambon.
00:05:51C'est indispensable et c'est colossal.
00:05:55Au total, c'est comme si le budget annuel des armées au début des années 2000 avait été exclusivement consacré
00:06:03à l'achat des seules munitions.
00:06:05Cette programmation militaire aura ainsi consacré aux munitions un effort financier quatre fois plus important que la précédente.
00:06:14L'effort portera aussi sur la défense sol-air, avec le meilleur système de défense au monde,
00:06:20sur l'alerte avancée, sur les drones et en particulier la lutte anti-drones,
00:06:25dont les drones intercepteurs et les munitions téléopérées,
00:06:28qui doivent pouvoir être enfin produits en masse et à coût maîtrisés.
00:06:33Car nous devons revoir désormais profondément nos modèles.
00:06:37Quand un drone à quelques milliers d'euros mobilise un missile à plusieurs millions d'euros,
00:06:43c'est toute notre conception de l'armement qu'il faut repenser.
00:06:47C'est un des enseignements de cette guerre, comme pour l'Ukraine.
00:06:51Plusieurs sociétés innovantes françaises sont en capacité de produire des drones intercepteurs.
00:06:56J'ai inauguré avec la ministre des Armées, dans l'Essonne, dans les prochaines semaines,
00:07:00une nouvelle usine de production d'où sortiront des milliers de drones par mois.
00:07:04C'est un des effets des décisions que nous avons prises.
00:07:07Nous en voyons enfin le résultat.
00:07:10Quantité et qualité, coût et efficacité, innovation et rapidité,
00:07:16munitions de saturation, mais aussi munitions de précision et donc de décision.
00:07:20C'est un enjeu militaire, c'est aussi un enjeu industriel et donc un enjeu de souveraineté.
00:07:28Et, mesdames et messieurs les sénateurs, cette priorité appelle désormais de nouveaux investissements urgents.
00:07:34D'abord, pour aider à la transformation de notre industrie civile,
00:07:39avec un nouveau plan industrie dual de 300 millions d'euros,
00:07:43pour relocaliser des chaînes de production de composants critiques utiles à la défense,
00:07:48pour en moderniser d'autres et pour aider les industries civiles à investir dans l'innovation de défense.
00:07:53Les industriels prennent des risques pour la défense du pays.
00:07:57Donc, l'État doit les aider davantage.
00:08:00Les ministres présenteront précisément ce plan dans les tout prochains jours.
00:08:04Ensuite, avec la création imminente de la plateforme France Munition,
00:08:10qui sera un grossiste de munitions pour répondre aux besoins des armées françaises,
00:08:14mais aussi de nos alliés et clients à l'export.
00:08:17Elle permettra de massifier les commandes aux industriels,
00:08:20donc d'accélérer enfin la transformation de l'outil production industrielle,
00:08:25et finalement d'augmenter la production de munitions en France, c'est indispensable.
00:08:29Le financement devra être assuré à la fois par l'État, de l'argent public,
00:08:34mais aussi par des investisseurs privés,
00:08:36car ils ont aussi une responsabilité dans l'effort de réarmement.
00:08:41D'autres mesures seront présentées par les ministres de l'Économie et des Armées des Demains.
00:08:45C'est la première fois depuis très longtemps que les ministères civils
00:08:48se mobilisent autour de celui des Armées.
00:08:51C'était une des conditions pour réussir.
00:08:54Nous y sommes enfin arrivés.
00:08:56Cet effort passera aussi par une mobilisation européenne,
00:08:59car si la défense est une affaire de souveraineté,
00:09:02et donc relève de la seule compétence des États,
00:09:05il serait par ailleurs absurde dans un marché commun
00:09:08de ne pas organiser entre États européens
00:09:10une stratégie industrielle et financière cohérente.
00:09:13La base industrielle et technologique de défense européenne est une nécessité.
00:09:17Elle est aussi une opportunité pour la France,
00:09:19car nos industries doivent se montrer plus offensives
00:09:21auprès de nos voisins immédiats.
00:09:23Il n'y a pas de fatalité,
00:09:25et elles doivent adapter une bonne fois pour toutes
00:09:28leur stratégie vis-à-vis de nos voisins et clients potentiels.
00:09:32Alors pourquoi ces décisions comptent-elles aujourd'hui ?
00:09:35Parce que si la France est présente en Méditerranée,
00:09:37dans le Golfe, au Liban, à Djibouti, en Roumanie, dans la Baltique,
00:09:41c'est parce que des décisions ont été prises hier par nos grands anciens.
00:09:46Nous ne décidons jamais seulement pour aujourd'hui.
00:09:49Nous décidons pour les crises de demain.
00:09:51Nous ne décidons jamais pour le temps d'une gestion de crise ou d'une guerre,
00:09:54mais aussi pour les suivantes et pour le temps long.
00:09:56Au fond, la conclusion est simple.
00:09:59Si nous voulons être indépendants, conformément à l'héritage gaulliste,
00:10:03nous devons être capables de nous défendre par nous-mêmes.
00:10:07Et si nous voulons être capables de nous défendre,
00:10:09nous devons investir encore davantage pour maintenant et pour demain.
00:10:13Mais cette réponse ne peut pas être seulement budgétaire.
00:10:17Elle est aussi organisationnelle, elle est aussi juridique,
00:10:22elle est aussi nationale et donc politique, intellectuelle et culturelle.
00:10:28Car la réalité des crises contemporaines est claire.
00:10:33Elles sont rapides, hybrides, imprévisibles.
00:10:36Elles mêlent le militaire, l'économique, le cyber, l'informationnel.
00:10:40Elles visent nos intérêts, mais aussi notre capacité collective à réagir.
00:10:44Elles se cumulent plus qu'elles ne se succèdent.
00:10:48Face à cela, l'État doit être prêt.
00:10:51C'est le sens du nouveau régime d'état d'alerte de sécurité nationale
00:10:55que nous vous proposerons dans la loi de programmation militaire.
00:10:58Un nouveau cadre qui permettra, en cas de menace et lorsque les circonstances l'exigent,
00:11:04d'adapter temporairement nos règles pour accélérer les décisions,
00:11:08simplifier les procédures et lever les blocages
00:11:10qui ralentissent aujourd'hui la conduite de nos projets stratégiques.
00:11:14C'est le sens d'autres mesures qui vous seront proposées par le gouvernement
00:11:19sur la lutte anti-drone, la gestion des stocks stratégiques ou des réserves
00:11:22pour lesquelles nous poursuivrons nos efforts.
00:11:25Car, mesdames et messieurs les sénateurs,
00:11:27il ne serait pas acceptable que, face à une menace imminente,
00:11:31la nation soit entravée par ses propres lenteurs.
00:11:34Nos compétiteurs ne s'imposent pas ces contraintes.
00:11:37Nous ne pouvons pas être les seuls à nous les imposer
00:11:40lorsque notre sécurité est en jeu.
00:11:43Il ne s'agit certainement pas de remettre en cause l'état de droit.
00:11:46Il s'agit de lui donner les moyens d'être efficace en temps de crise.
00:11:50Cela vaut pour la production de munitions.
00:11:52Cela vaut pour les programmes industriels de défense.
00:11:55Cela vaut aussi pour la mobilisation de nos capacités civiles et militaires.
00:12:00Au fond, il s'agit d'une même exigence.
00:12:04Adapter un État conçu pour le temps de paix
00:12:07à un monde qui ne l'est plus tout à fait.
00:12:09La mise à jour de la programmation militaire
00:12:11ne sera donc pas que budgétaire.
00:12:14Elle viendra tirer aussi des conclusions plus profondes
00:12:18sur notre propre organisation,
00:12:21notamment entre l'État militaire et l'État civil,
00:12:24pour nous adapter aux crises actuelles et futures.
00:12:28Mesdames et messieurs les sénateurs,
00:12:30la deuxième conséquence, je le disais,
00:12:33est évidemment énergétique.
00:12:35Car le premier effet de cette guerre,
00:12:37pour les Français, c'est évidemment le prix de l'énergie.
00:12:40Nous le disions cet après-midi
00:12:41lors de la séance de questions au gouvernement.
00:12:44Mais pour bien comprendre ce qui se joue,
00:12:46il faut remettre de l'ordre et de la clarté
00:12:49sur le constat de ce qui se passe.
00:12:51D'abord, nous sommes face à une crise de volatilité des cours.
00:12:56Une volatilité liée à l'imprévisibilité des acteurs de ce conflit.
00:13:00Une volatilité liée à l'incertitude sur sa durée.
00:13:04Une volatilité enfin alimentée par des comportements spéculatifs
00:13:08qui amplifient les mouvements de marché
00:13:10et importent donc une inflation venue de l'extérieur.
00:13:15Mais au fond, cette crise est avant tout,
00:13:19et pour l'instant, une crise de la circulation.
00:13:23Car ce qui est en cause aujourd'hui,
00:13:24ce sont les routes maritimes,
00:13:26c'est la liberté des tankers,
00:13:27ce sont les flux,
00:13:28le détroit d'Ormouz,
00:13:30par lequel transite une part essentielle du pétrole et du gaz mondial,
00:13:34est plus que sous tension, vous le savez.
00:13:37Les déclarations d'hier de l'Iran
00:13:39sur le passage désormais possible des navires non hostiles,
00:13:43je cite,
00:13:44est peut-être un signe d'un changement de phase dans cette crise.
00:13:47Il nous faut bien entendu rester vigilants,
00:13:50pour ne pas dire plus.
00:13:51Les déclarations les plus contradictoires
00:13:53s'enchaînant presque sans trêve
00:13:55depuis plus de trois semaines,
00:13:57alimentant précisément cette volatilité des prix.
00:14:01Et nous devons tout faire
00:14:02pour que cette crise de circulation
00:14:04ne devienne pas une crise de la production.
00:14:08Car si les infrastructures énergétiques
00:14:10venaient à être durablement frappées dans la région,
00:14:13dans une escalade tant verticale qu'horizontale,
00:14:15alors nous changerions de nature de crise,
00:14:18nous basculerions dans une crise plus profonde,
00:14:21plus durable,
00:14:22beaucoup plus difficile à maîtriser.
00:14:24Mais je veux être très clair devant la représentation nationale,
00:14:28il n'y a pas aujourd'hui de risque,
00:14:31de pénurie pour notre pays.
00:14:33Nos approvisionnements sont sécurisés,
00:14:35nos stocks sont mobilisables,
00:14:37notre système tient.
00:14:39Nous ne sommes pas dans la même situation
00:14:42qu'en 2022 ou 2023,
00:14:45où nous avions une dépendance vis-à-vis de la Russie
00:14:48et où notre parc nucléaire, aujourd'hui,
00:14:50est dans une situation de rendement bien supérieure
00:14:54par rapport à 2022.
00:14:56Nous sommes, mesdames et messieurs les sénateurs,
00:14:59face à un problème de coût de l'énergie,
00:15:01pas à un problème d'accès à l'énergie.
00:15:04Et c'est précisément sur ce terrain
00:15:06que le gouvernement oriente et adapte son action.
00:15:10Il agit évidemment en aval,
00:15:13là où les Français subissent directement
00:15:15les effets de la crise.
00:15:16Nous avons engagé un travail étroit avec les distributeurs
00:15:19pour maîtriser les marges
00:15:20et éviter tout effet d'aubaine.
00:15:22Nous disposons d'outils de coercition,
00:15:25mais le dialogue a été privilégié
00:15:27et il a produit des résultats.
00:15:29Je veux poser néanmoins un principe simple
00:15:34et le redire ici même.
00:15:36Les prix ne peuvent pas monter très vite
00:15:38quand les marchés s'emballent
00:15:40et redescendre plus lentement
00:15:42quand ils se détendent.
00:15:44C'est une question de respect du consommateur
00:15:46et ce principe, nous le ferons respecter.
00:15:49La DGCCRF est pleinement mobilisée.
00:15:52Je salue le travail des agents.
00:15:54Les contrôles sont massifs
00:15:56et je le redis, ils ont produit leurs effets.
00:15:59Et nous n'hésiterons pas à utiliser
00:16:01tous les outils à notre disposition
00:16:02si cela est nécessaire,
00:16:05les ministres ayant préparé
00:16:07les différents outils et décrets.
00:16:08Mais nous agissons aussi
00:16:11sur la chaîne de production
00:16:12et de transformation.
00:16:15C'est le sens de la décision
00:16:16qui a été prise de permettre
00:16:17à la raffinerie de Gravenchon
00:16:19d'augmenter ses capacités.
00:16:21Parce que dans une crise comme celle-ci,
00:16:23chaque maillon compte
00:16:24approvisionnement, raffinage
00:16:27et distribution.
00:16:29Mais je veux également évacuer
00:16:31une piste d'emblée.
00:16:33Aucun chèque général,
00:16:35aucune mesure globale à l'aveugle
00:16:38ne seront efficaces
00:16:40dans la crise actuelle.
00:16:42Cela a été tenté par le passé.
00:16:44C'est très coûteux
00:16:45pour les finances publiques.
00:16:46Et derrière un chèque,
00:16:48très vite se cache en général
00:16:49un impôt ou une répercussion
00:16:52très grave pour les déficits publics.
00:16:55Pour ceux, parfois avides,
00:16:57de mimer ce que font
00:16:59nos voisins européens,
00:17:00nous l'avons aussi entendu
00:17:01aux questions du gouvernement
00:17:02cet après-midi,
00:17:02je rappelle que l'Italie a annulé
00:17:04des crédits du ministère
00:17:05de l'Éducation nationale,
00:17:07de l'Intérieur et de la Santé.
00:17:08pour financer ces mesures
00:17:10de remise à la pompe.
00:17:11C'est aussi une leçon
00:17:13que nous avons collectivement tirée
00:17:14des débats budgétaires,
00:17:15je crois,
00:17:16de cet automne dernier.
00:17:18Beaucoup de propositions
00:17:19ont été faites
00:17:19ou refaites ou redites
00:17:21pour baisser le coût de l'énergie.
00:17:24Certains veulent réduire
00:17:25la TVA sur l'énergie.
00:17:28D'autres pays l'ont tentée,
00:17:29notamment la Pologne,
00:17:30en février 2022.
00:17:32Au final, vous le savez,
00:17:33ou je vous le rappelle,
00:17:35la TVA a été captée
00:17:36par les acteurs intermédiaires
00:17:38et le prix à la pompe
00:17:39n'a pas bougé.
00:17:40Pire,
00:17:41quand la TVA a été rétablie,
00:17:43les prix ont augmenté
00:17:44car les intermédiaires
00:17:46ont conservé leurs marges.
00:17:48La baisse de la TVA
00:17:49est une mesure
00:17:50inefficace et ruineuse
00:17:52pour les finances publiques,
00:17:53comme, à la fin,
00:17:55pour les consommateurs.
00:17:56D'autres proposent
00:17:57de revenir
00:17:58à la taxe flottante
00:17:59sur les produits énergétiques,
00:18:00mieux connue
00:18:01sous son acronyme
00:18:01de TIPP.
00:18:03Je veux rappeler
00:18:04que cette expérience
00:18:05a coûté 2,7 milliards d'euros
00:18:07aux finances publiques
00:18:08pour un effet moyen
00:18:10de 2 centimes d'euros
00:18:12seulement par litre.
00:18:14L'efficacité
00:18:15d'une telle manœuvre
00:18:16est donc quasi nulle.
00:18:18La Cour des comptes
00:18:19avait ensuite estimé
00:18:20que cette mesure
00:18:21avait engendré
00:18:22une perte de 600 millions d'euros
00:18:23sur l'année
00:18:24ou la seule année 2004,
00:18:26pour une raison simple,
00:18:28évidente,
00:18:28quand le prix augmente,
00:18:30les quantités vendues diminuent.
00:18:32Une nouvelle fois,
00:18:34la classe politique,
00:18:35me semble-t-il,
00:18:36ne peut pas
00:18:37ne pas tenir compte
00:18:38des expériences passées
00:18:39et des retours d'expériences
00:18:41qui vont avec.
00:18:42Pour autant,
00:18:43il n'est pas question
00:18:45d'abandonner les acteurs,
00:18:46les Françaises et les Français,
00:18:47les plus exposés.
00:18:49Les pêcheurs,
00:18:50directement frappés
00:18:51par la hausse du carburant,
00:18:52font l'objet
00:18:52de premières mesures d'urgence
00:18:54avec des dispositifs
00:18:54de trésorerie
00:18:55des reports d'échéance
00:18:57et un accompagnement renforcé.
00:18:59J'ai demandé
00:18:59aux ministres compétents
00:19:01d'aller plus loin.
00:19:02La Commission européenne
00:19:03a été saisie ce jour
00:19:04pour un certain nombre
00:19:06de projets de mesures
00:19:07et le Conseil de lundi
00:19:09doit nous permettre
00:19:10d'avancer.
00:19:11Les agriculteurs,
00:19:12confrontés à la hausse
00:19:14des prix du carburant,
00:19:15mais aussi du prix
00:19:15des engrais,
00:19:16sont également soutenus.
00:19:18Et au-delà de l'urgence,
00:19:20nous préparons un plan
00:19:21en gré pour réduire
00:19:22notre dépendance
00:19:22et renforcer
00:19:23notre souveraineté agricole.
00:19:24Ce plan vise
00:19:26à limiter les besoins
00:19:27d'apport en engrais,
00:19:28à substituer autant
00:19:29que possible
00:19:30des apports organiques
00:19:31par rapport
00:19:31aux engrais minéraux
00:19:32et à produire,
00:19:34en France,
00:19:34enfin,
00:19:35des engrais minéraux
00:19:36décarbonés.
00:19:37Il faut le dire,
00:19:38nous avons du retard
00:19:40en la matière.
00:19:41Cette crise doit nous permettre
00:19:42de le rattraper.
00:19:44D'autres secteurs
00:19:45sont également concernés.
00:19:47Je pense notamment
00:19:48aux professionnels
00:19:49de santé libéraux,
00:19:50aux secteurs industriels
00:19:51comme la chimie,
00:19:52fortement exposés,
00:19:54vous le savez,
00:19:54au coût de l'énergie.
00:19:55Des annonces ont été faites,
00:19:57d'autres viendront.
00:19:59Car,
00:20:00mesdames et messieurs
00:20:01les sénateurs,
00:20:02dans une crise
00:20:02de cette nature,
00:20:03il faut savoir adapter
00:20:05nos réponses
00:20:06en permanence.
00:20:06Il est évident
00:20:07que la crise va évoluer
00:20:09et il va nous falloir
00:20:11collectivement
00:20:11être très souples
00:20:12et très adaptables.
00:20:14J'ai demandé
00:20:15à l'ensemble des ministres
00:20:15de se préparer
00:20:16à tous les scénarios,
00:20:18y compris les plus difficiles
00:20:19ou les plus graves.
00:20:21Mais il faut aussi,
00:20:22dans le même temps,
00:20:23tordre le cou
00:20:24à une idée fausse.
00:20:26Peu,
00:20:26il est vrai,
00:20:27relayer dans cet hémicycle
00:20:28davantage
00:20:29à l'Assemblée nationale.
00:20:30Non,
00:20:31l'État
00:20:31ne profite pas
00:20:33de cette crise.
00:20:34Déjà,
00:20:35car l'État,
00:20:35faut-il le rappeler,
00:20:36c'est la nation
00:20:37toute entière.
00:20:38Ce qui pourrait,
00:20:39c'est la deuxième chose
00:20:40qu'il faut rappeler,
00:20:41être perçu
00:20:41comme un gain d'un côté
00:20:42et compenser
00:20:43tout le temps
00:20:44par une perte avérée
00:20:46de l'autre
00:20:47par ailleurs.
00:20:47Soutien aux filières,
00:20:49dépenses publiques
00:20:50supplémentaires,
00:20:51impact sur l'activité économique
00:20:52dans la baisse
00:20:53de la consommation
00:20:53et,
00:20:54inévitablement,
00:20:56diminution des rentrées
00:20:56fiscales.
00:20:57D'ailleurs,
00:20:58sous le contrôle
00:20:59du ministre
00:21:00de l'Économie
00:21:00et des Finances,
00:21:01les prévisions
00:21:02de l'INSEE
00:21:03publiées hier
00:21:04tablent sur
00:21:05un ralentissement
00:21:06de la croissance
00:21:06de 0,3%
00:21:08à 0,2%
00:21:10sur les deux premiers trimestres.
00:21:12Enfin,
00:21:13la crise fait monter
00:21:14les taux d'intérêt souverains.
00:21:16Il devient déjà plus cher
00:21:18pour la France
00:21:18d'emprunter
00:21:19pour financer sa dette.
00:21:20Le taux d'emprunt
00:21:21de la dette française
00:21:22a augmenté
00:21:23de 15%
00:21:24depuis le 27 février dernier.
00:21:27C'est pourquoi
00:21:28nous prendrons
00:21:30un engagement
00:21:30simple,
00:21:31la transparence totale
00:21:33en la matière.
00:21:34Elle permettra
00:21:35de répondre aux questions,
00:21:36de dissiper les doutes,
00:21:37d'entraver
00:21:38les fantasmes
00:21:39ou les mensonges
00:21:39qui nuisent au consentement
00:21:40à l'impôt
00:21:41et portent atteinte,
00:21:42je le dis clairement,
00:21:43au patriotisme.
00:21:44Car les seuls profiteurs
00:21:46de cette crise
00:21:47sont les pays producteurs
00:21:48d'énergie fossile
00:21:50dont nous sommes
00:21:51malheureusement
00:21:52encore
00:21:52trop dépendants.
00:21:53Et celles et ceux
00:21:54qui pointent du doigt
00:21:56l'État
00:21:56sont les mêmes
00:21:57qui,
00:21:58il y a seulement
00:21:59de cela
00:21:59trois semaines,
00:22:00refusaient
00:22:01la décarbonation
00:22:02de notre modèle
00:22:03énergétique.
00:22:04Ceci étant dit,
00:22:06le Parlement
00:22:07sera donc
00:22:07pleinement associé.
00:22:08Une première institution
00:22:10interviendra
00:22:11dès le mois d'avril
00:22:12et chacun pourra juger
00:22:13sur pièce
00:22:14de la réalité
00:22:15des effets budgétaires
00:22:16de cette crise.
00:22:17Mais je le dis aussi
00:22:18clairement,
00:22:19chacun devra partager
00:22:20la contrainte,
00:22:22car les choses
00:22:23ne sont jamais
00:22:23aussi simples
00:22:24qu'elles sont parfois
00:22:25présentées par certains,
00:22:27surtout entre
00:22:27deux campagnes électorales.
00:22:29Mais au-delà
00:22:30de la gestion immédiate,
00:22:31cette crise,
00:22:32je le disais,
00:22:33nous rappelle
00:22:33une réalité plus profonde.
00:22:35Notre dépendance
00:22:36aux énergies fossiles
00:22:37demeure trop importante.
00:22:39Et c'est pourquoi
00:22:40la réponse
00:22:40ne peut pas être
00:22:41uniquement conjoncturelle.
00:22:43Elle doit être stratégique
00:22:45et de long terme,
00:22:46car hélas,
00:22:47les deux guerres
00:22:47que nous connaissons
00:22:48ne sont que le début
00:22:49de nombreux dérèglements.
00:22:51Le monde
00:22:52que nous avons connu
00:22:53avant 2022
00:22:54a hélas vécu.
00:22:56Et nous devons
00:22:57hâter la transformation
00:22:58structurelle
00:22:58de notre économie,
00:22:59mais aussi
00:23:00de nos usages.
00:23:01Depuis des années,
00:23:02la France
00:23:03fait un choix clair,
00:23:04le nucléaire
00:23:06et les énergies renouvelables.
00:23:08Les deux.
00:23:08Parce qu'il nous faut
00:23:10une électricité abondante,
00:23:12parce qu'il nous faut
00:23:12une électricité décarbonée,
00:23:14parce qu'il nous faut
00:23:15une électricité souveraine.
00:23:16La programmation pluriannuelle
00:23:18de l'énergie
00:23:18s'inscrit dans cette logique.
00:23:20Elle doit être
00:23:21non seulement tenue,
00:23:22mais elle doit être
00:23:23aussi accélérée.
00:23:25Hier,
00:23:25une crise
00:23:26de cette nature
00:23:27aurait mis immédiatement
00:23:29notre économie à terre.
00:23:31La guerre en Ukraine
00:23:32l'a déjà montré.
00:23:33Beaucoup pensaient
00:23:34que l'Europe
00:23:35ne pouvait pas
00:23:35se passer du gaz russe.
00:23:37Elle l'a pourtant fait.
00:23:38Pourquoi ?
00:23:39Parce qu'il y a eu
00:23:40anticipation,
00:23:41parce qu'il y a eu
00:23:42coordination,
00:23:43parce qu'il y a eu
00:23:44solidarité.
00:23:45La leçon est claire.
00:23:47Seule l'indépendance
00:23:48énergétique
00:23:48protège durablement.
00:23:50Et les déclarations
00:23:51américaines
00:23:51de cette nuit
00:23:52nous renforcent
00:23:53dans cette conviction
00:23:54et nous incitent
00:23:55à aller plus loin
00:23:56et beaucoup plus vite.
00:23:57La décarbonation
00:23:58n'est pas seulement
00:23:59une exigence climatique,
00:24:00c'est une exigence
00:24:01de souveraineté
00:24:02et donc de liberté.
00:24:03Chaque Français
00:24:04peut s'en rendre compte
00:24:05à la pompe,
00:24:06produire davantage
00:24:08chez nous,
00:24:08électrifier nos usages,
00:24:10réduire nos dépendances,
00:24:12tirer les leçons
00:24:13de la crise,
00:24:13c'est investir utilement
00:24:15l'argent des Français
00:24:15pour les protéger
00:24:16et certainement pas
00:24:18de dépenser de l'argent
00:24:18du contribuable
00:24:19pour financer
00:24:20l'économie fossile
00:24:21de pays lointains.
00:24:23C'est arrêter
00:24:23de subir
00:24:24ni cette crise
00:24:25ni les suivantes,
00:24:27car,
00:24:27on le sait,
00:24:28malheureusement,
00:24:29il y en aura d'autres.
00:24:30Comme je l'ai annoncé
00:24:32lors de la publication
00:24:32de la PPE,
00:24:34il y aura un plan
00:24:35d'électrification
00:24:36des usages
00:24:36afin de diminuer
00:24:38nos dépendances
00:24:38aux hydrocarbures,
00:24:39dans le logement,
00:24:40dans la mobilité,
00:24:41dans l'industrie
00:24:42ou l'artisanat.
00:24:43Un plan sera présenté
00:24:44la semaine prochaine
00:24:45pour décarboner
00:24:46la mobilité
00:24:47des particuliers,
00:24:48des artisans,
00:24:48des professionnels
00:24:49ou encore pour réduire
00:24:50la dépendance
00:24:51aux hydrocarbures
00:24:52de certaines filières.
00:24:53Au fond,
00:24:55c'est toujours
00:24:55la même logique.
00:24:56Tirer de chaque crise
00:24:58non pas seulement
00:24:58des mesures d'urgence,
00:24:59mais des décisions durables,
00:25:02parce que,
00:25:02là encore,
00:25:03nous ne décidons pas seulement
00:25:05pour aujourd'hui,
00:25:06nous décidons
00:25:07pour les crises de demain.
00:25:08Mesdames et Messieurs
00:25:09les sénateurs,
00:25:10agir ici tout de suite
00:25:11avec des mesures d'urgence,
00:25:13agir ici tout de suite
00:25:14pour demain
00:25:15avec les mesures
00:25:15qui anticipent
00:25:16les crises du pétrole à l'avenir
00:25:17et qui seront désormais,
00:25:19nous le savons,
00:25:20plus personne ne peut
00:25:20le nier à répétition,
00:25:23agir là-bas,
00:25:24à la source,
00:25:25aux proches
00:25:25au Moyen-Orient
00:25:26pour protéger
00:25:27nos ressortissants,
00:25:28nos intérêts
00:25:28et nos valeurs.
00:25:29Face à cette situation,
00:25:31la France n'est pas spectatrice.
00:25:33La France est une puissance responsable
00:25:36et, en tant que telle,
00:25:37elle agit.
00:25:38Elle agit diplomatiquement,
00:25:39en permettant des scénarios
00:25:41de désescalade.
00:25:41Elle agit,
00:25:42Monsieur le ministre de l'Europe
00:25:43et des Affaires étrangères,
00:25:44au Conseil de sécurité
00:25:45des Nations unies.
00:25:47Elle agit avec ses partenaires européens
00:25:48qui ont affiché
00:25:49une position commune.
00:25:50Elle agit en tant que présidente
00:25:52du G7.
00:25:53Elle agit sur le terrain,
00:25:54aux côtés de ses partenaires
00:25:55et ses alliés.
00:25:56Et elle propose
00:25:57l'arrêt des frappes,
00:25:59notamment contre
00:26:00les infrastructures civiles,
00:26:01une solution diplomatique globale,
00:26:03la cessation des hostilités au Liban,
00:26:05le respect de sa souveraineté
00:26:07et de son intégrité territoriale,
00:26:09le renforcement de l'armée libanaise,
00:26:11une solution politique.
00:26:13Et je vais saluer
00:26:14les décisions particulièrement courageuses
00:26:17prises ces derniers jours
00:26:18et ces dernières semaines
00:26:20par les autorités libanaises.
00:26:22Nous pouvons le dire,
00:26:23ces décisions sont historiques.
00:26:25Dans tous les cas de figure,
00:26:27une fois cette guerre achevée,
00:26:29il faudra nous reposer la question
00:26:30de la présence internationale au Liban,
00:26:34pays dans lequel la ministre déléguée
00:26:35se rendra tout prochainement.
00:26:37Et lorsque les conditions seront réunies,
00:26:40la mise en place
00:26:41d'une mission internationale
00:26:42destinée à garantir
00:26:43la liberté de navigation
00:26:44dans les détroits d'Hormuz,
00:26:46dans une logique de protection,
00:26:47comme nous avons su le faire
00:26:49pendant plusieurs mois
00:26:50en mer Rouge.
00:26:52Mais je veux être clair,
00:26:53la France n'est pas partie au conflit.
00:26:56Elle ne participera pas
00:26:58à des opérations de guerre
00:27:00pour ouvrir ce détroit par la force.
00:27:02Elle ne se laissera pas entraîner
00:27:04dans une guerre
00:27:05qu'elle n'a pas choisie.
00:27:07Mais elle est prête
00:27:08à prendre ses responsabilités
00:27:09pour sécuriser les routes maritimes
00:27:11dans le cadre du droit international
00:27:13et avec ses partenaires.
00:27:15Car c'est son rôle
00:27:16de membres permanents
00:27:17du Conseil de sécurité
00:27:18et de grandes puissances
00:27:20maritimes mondiales.
00:27:21Enfin,
00:27:22mesdames et messieurs les sénateurs,
00:27:24je veux dire un mot
00:27:25pour conclure
00:27:26de nos ressortissants.
00:27:28Près de 400 000 Français
00:27:30sont présents dans la région,
00:27:32résidents
00:27:33ou de passage.
00:27:35Le Quai d'Orsay,
00:27:36nos ambassades,
00:27:36nos consulats
00:27:37sont pleinement mobilisés
00:27:38pour les protéger
00:27:39et les accompagner,
00:27:40les aider à revenir en France.
00:27:41De nombreux vols
00:27:43ont été affrétés
00:27:43pour leur retour en France.
00:27:45D'autres sont encore prévus.
00:27:47Nos agents consulaires
00:27:48sont mobilisés
00:27:48depuis le début de la crise
00:27:49et continueront de l'être
00:27:51jusqu'à son terme.
00:27:52Je veux les en remercier.
00:27:54Mesdames et messieurs les sénateurs,
00:27:55au fond,
00:27:56cette crise pose
00:27:57une question simple.
00:27:59Le monde peut-il encore
00:28:00être organisé
00:28:01autour de la sécurité collective,
00:28:03du multilatéralisme ?
00:28:05Et quelles sont les nations
00:28:06encore capables
00:28:07de les défendre ?
00:28:08La France,
00:28:09je le crois dans sa permanence,
00:28:10en est une.
00:28:11Parce qu'elle a une politique
00:28:12de défense.
00:28:13Parce qu'elle a une politique
00:28:14étrangère.
00:28:15Parce qu'elle a une politique
00:28:16énergétique.
00:28:17Parce qu'elle a une politique
00:28:18de partenariat
00:28:18qui refuse l'alignement.
00:28:20Parce qu'elle veut agir
00:28:21concrètement
00:28:22là où d'autres pays
00:28:23se condamnent,
00:28:24malheureusement,
00:28:24à commenter.
00:28:26Et pour reprendre
00:28:26les mots du président
00:28:27de la République,
00:28:28pour être libre,
00:28:29il faut être puissant.
00:28:30À nous,
00:28:32collectivement,
00:28:32et quelles que soient
00:28:33nos convictions politiques
00:28:34sur ces bancs,
00:28:35de continuer d'en tirer
00:28:36toutes les conséquences
00:28:38pour la République
00:28:38et pour la France.
00:28:40Je vous remercie.
00:28:41Merci.
00:28:44Merci,
00:28:45Monsieur le Premier ministre.
00:28:52Dans la suite du débat,
00:28:54la parole est aux orateurs
00:28:56des groupes.
00:28:56Tout d'abord,
00:28:57le président Cédric Perrin
00:28:59pour le groupe
00:29:00Les Républicains.
00:29:05Vous avez la parole.
00:29:12Monsieur le Président,
00:29:13Monsieur le Premier ministre,
00:29:14Mesdames et Messieurs les ministres,
00:29:15mes chers collègues,
00:29:17en vous entendant,
00:29:18Monsieur le Premier ministre,
00:29:19j'ai cru que vous aviez
00:29:20changé d'avis
00:29:21et que vous aviez décidé
00:29:22ce soir de lancer
00:29:24le débat sur la loi
00:29:25de programmation militaire
00:29:26que nous avions prévu
00:29:27d'initiée au Sénat.
00:29:29Mais ce moment viendra
00:29:30et je crois que la soirée
00:29:33était consacrée
00:29:34à la question du Proche
00:29:35et du Moyen-Orient
00:29:36et donc je vais venir
00:29:37sur ce sujet.
00:29:38Est-ce qu'il se joue
00:29:39au Proche et au Moyen-Orient
00:29:41depuis le 28 février
00:29:42n'est pas un nouvel accès
00:29:42de fièvre ?
00:29:43C'est une crise supplémentaire
00:29:45ni une crise supplémentaire
00:29:46dans une région familière
00:29:47des convulsions
00:29:48les plus violentes.
00:29:49Ce qui se joue,
00:29:50c'est une déflagration régionale
00:29:51d'une exceptionnelle gravité,
00:29:53un basculement potentiel
00:29:54aux répercussions
00:29:55d'ores et déjà planétaires.
00:29:56Il faut toutefois l'admettre
00:29:58d'emblée,
00:29:58le cours des événements
00:29:59évolue avec une telle rapidité
00:30:01et dans une telle incertitude
00:30:02qu'il est à cette heure
00:30:03bien impossible
00:30:04d'en percevoir l'issue.
00:30:05Il est possible en revanche
00:30:07d'en retracer les origines
00:30:08et c'est sans doute par là
00:30:10qu'il faut commencer
00:30:11par cette vérité première
00:30:13qu'il convient d'affirmer.
00:30:14Oui, la situation actuelle
00:30:15est avant tout imputable
00:30:16à la politique menée
00:30:17depuis un demi-siècle
00:30:19par la République islamique d'Iran.
00:30:22N'oublierons jamais
00:30:23ce qu'elle est,
00:30:24un régime totalitaire
00:30:25dont la violence s'exerce
00:30:26à l'extérieur
00:30:27mais aussi est d'abord
00:30:28contre son propre peuple.
00:30:30Récemment,
00:30:31la répression sanglante
00:30:31du mouvement
00:30:32Femmes, Vie, Liberté,
00:30:34celle plus cruelle encore
00:30:35des grandes manifestations
00:30:36du mois de janvier,
00:30:37ont à nouveau éclairé
00:30:39la nature réelle
00:30:40d'un pouvoir fondé
00:30:41sur la peur,
00:30:41la brutalité
00:30:42et la soumission.
00:30:43N'oublions pas non plus
00:30:45sa matrice doctrinale
00:30:46qui depuis 50 ans
00:30:47prêche sans relâche
00:30:49la destruction d'Israël
00:30:50et la haine de l'Occident.
00:30:51Cette idéologie
00:30:53ne s'est jamais limitée
00:30:54à des proclamations.
00:30:55Elle s'est traduite
00:30:56par des actions concrètes
00:30:57et persistantes,
00:30:58le développement
00:30:59de capacités balistiques
00:31:00de grande ampleur,
00:31:01la poursuite
00:31:02d'un programme nucléaire
00:31:03à vocation militaire,
00:31:05la structuration
00:31:05d'un réseau de proxys
00:31:07dans toute la région.
00:31:08Hamas,
00:31:09Hezbollah,
00:31:09Houthi,
00:31:10milices chiites
00:31:11en Irak,
00:31:11tous forment
00:31:13un système
00:31:13cohérent
00:31:14et agissant,
00:31:15un système
00:31:16organisé,
00:31:17financé
00:31:17et armé
00:31:18par l'Iran,
00:31:19un système
00:31:19qui n'a eu de cesse
00:31:20de conduire
00:31:21des attaques terroristes
00:31:21contre Israël
00:31:22et qui s'est finalement
00:31:23rendu coupable
00:31:24des atrocités
00:31:25du 7 octobre,
00:31:26un système
00:31:27qui, de ce fait,
00:31:28a enclenché
00:31:28l'engrenage
00:31:29qui nous a conduits
00:31:29à la situation actuelle.
00:31:31N'oublions pas enfin
00:31:32que la nature terroriste
00:31:33du régime iranien
00:31:34et que l'Europe
00:31:35vient enfin
00:31:36de reconnaître
00:31:36après des années
00:31:37d'attermoiement
00:31:38ne se limite pas
00:31:39au Moyen-Orient,
00:31:40elle se manifeste aussi
00:31:42sur notre continent,
00:31:43dans notre pays,
00:31:44avec des dizaines
00:31:45d'attentats réussis
00:31:46ou déjoués
00:31:47depuis 1979.
00:31:48Ce que nous ne devons
00:31:51jamais oublier,
00:31:52c'est que les mollas
00:31:53iraniens,
00:31:54comme l'ensemble
00:31:54de la galaxie terroriste
00:31:55qu'ils contrôlent,
00:31:56ont du sang français
00:31:58sur les mains,
00:31:59celui de nos parachutistes
00:32:00assassinés
00:32:01dans l'attentat
00:32:01du Drakkar
00:32:02de 1983,
00:32:03celui de nos concitoyens
00:32:04morts dans l'attentat
00:32:05de la rue de Rennes
00:32:06en 1986,
00:32:07celui il y a quelques jours
00:32:09à peine
00:32:09de l'adjudant-chef
00:32:11Arnaud Frion
00:32:11mort pour la France
00:32:12à Erbil
00:32:13en Irak.
00:32:14A sa famille,
00:32:16à ses frères d'armes
00:32:17blessés,
00:32:17je veux adresser
00:32:18mes pensées
00:32:18les plus fidèles
00:32:20et dire le soutien
00:32:21de la nation
00:32:22toute entière
00:32:22car le deuil
00:32:23des armées
00:32:23est toujours
00:32:24en vérité
00:32:25le deuil
00:32:25de la France
00:32:26elle-même.
00:32:27Et à travers sa mémoire,
00:32:28c'est à l'ensemble
00:32:29de nos forces
00:32:29que je souhaite rendre hommage
00:32:31de la Méditerranée
00:32:32orientale
00:32:33à la mer Rouge,
00:32:34du Levant
00:32:34au Golfe Persique.
00:32:35elles sont aujourd'hui
00:32:36engagées
00:32:37sur des théâtres
00:32:38exposés
00:32:38et accomplissent
00:32:39leur mission
00:32:40avec un sens
00:32:41du devoir
00:32:41et un courage
00:32:42qui nous obligent.
00:32:44C'est donc
00:32:45dans ce contexte
00:32:45sous-jacent
00:32:46d'une menace
00:32:46iranienne
00:32:47au long cours
00:32:48devenue existentielle
00:32:49pour Israël
00:32:50avec le 7 octobre
00:32:51et l'accélération
00:32:52et l'accélération
00:32:52de la perspective
00:32:53nucléaire
00:32:53que doit être
00:32:54analysée
00:32:54la guerre
00:32:55en cours.
00:32:56Il est évident
00:32:56que celle-ci
00:32:57à l'instar
00:32:57de celle
00:32:58des 12 jours
00:32:59dont elle est
00:33:00le prolongement
00:33:01se situe
00:33:02aux marges
00:33:04les plus reculées
00:33:05du droit international.
00:33:07Cela pose
00:33:07des questions
00:33:08légitimes
00:33:08et il serait
00:33:09hasardeux
00:33:10de les balayer
00:33:10d'un revers de main.
00:33:12Cependant,
00:33:13force est également
00:33:13de constater
00:33:14que depuis
00:33:14de nombreuses années
00:33:15la communauté internationale
00:33:16a tenté
00:33:17par des voies
00:33:18diplomatiques,
00:33:19juridiques
00:33:19ou économiques
00:33:20de contenir
00:33:22la menace iranienne.
00:33:23Résolutions,
00:33:24négociations,
00:33:25accords successifs,
00:33:26sanctions,
00:33:27tous ces instruments
00:33:28ont été mobilisés
00:33:29et pourtant
00:33:29aucun n'a permis
00:33:31de ramener
00:33:31réellement l'Iran
00:33:32vers une forme
00:33:33de normalisation,
00:33:34de l'inciter
00:33:35à s'engager
00:33:36de bonne foi
00:33:36dans la construction
00:33:37d'un environnement
00:33:38régional plus apaisé.
00:33:40Là encore,
00:33:40ce constat doit être
00:33:41assumé
00:33:42car il déclare
00:33:43in fine
00:33:43le recours
00:33:44à la force armée.
00:33:45Il faut également
00:33:46souligner
00:33:47un autre aspect
00:33:48tout à fait fondamental.
00:33:49les frappes israélo-américaines
00:33:51ont suscité
00:33:52un espoir considérable
00:33:53pour beaucoup
00:33:54et avant tout
00:33:55pour la population iranienne
00:33:56elle-même.
00:33:57Au mois de juin dernier,
00:33:59les bombardements,
00:33:59conduits avec une redoutable
00:34:01efficacité par Israël
00:34:02puis par les Etats-Unis,
00:34:04n'avaient pas seulement
00:34:05mis en évidence
00:34:06une large supériorité militaire,
00:34:08ils avaient surtout révélé
00:34:09un incroyable niveau
00:34:10de pénétration
00:34:11de la société
00:34:12et du régime iranien
00:34:13par les services
00:34:14de renseignement israélien.
00:34:16Au moment de l'élimination
00:34:17du guide suprême,
00:34:19ce précédent
00:34:20a donc laissé
00:34:21entrevoir
00:34:21la mise en mouvement
00:34:22de possibles relais
00:34:23internes
00:34:24et la perspective
00:34:25d'une chute
00:34:25du régime
00:34:26non pas uniquement
00:34:27provoquée de l'extérieur,
00:34:29ce qui est toujours
00:34:29à considérer
00:34:30avec la plus grande réserve,
00:34:32mais essentiellement
00:34:33précipitée de l'intérieur.
00:34:35Pendant un temps,
00:34:36cette hypothèse
00:34:36a paru crédible.
00:34:38Mais à mesure
00:34:39que les jours passent,
00:34:40elle semble s'étioler.
00:34:41Bien sûr,
00:34:42il convient
00:34:43de faire preuve
00:34:43de prudence.
00:34:44Le brouillard
00:34:45de la guerre
00:34:45est particulièrement
00:34:46dense
00:34:46et nous ne disposons
00:34:48que d'une vision
00:34:48très partielle
00:34:49des opérations menées.
00:34:51Mais pour l'heure,
00:34:53et bien qu'il soit
00:34:53considérablement affaibli,
00:34:54le régime iranien
00:34:55démontre une forte capacité
00:34:57de résilience.
00:34:58Il conserve ses structures
00:34:59et resserre son emprise
00:35:01sur la population.
00:35:02Il garde sa capacité
00:35:03de riposte asymétrique
00:35:05et dans une stratégie
00:35:06de guerre perlée
00:35:06plus économe en moyen,
00:35:08cherche autant
00:35:09à frapper
00:35:10qu'à durer.
00:35:11Et bien sûr,
00:35:12il maintient
00:35:12le blocage sélectif
00:35:13du détroit d'Hormuz,
00:35:15en réalité,
00:35:16un racket
00:35:16à grande échelle,
00:35:18et déplace ainsi
00:35:19le centre de gravité
00:35:20du conflit
00:35:20en lui conférant
00:35:21une dimension globale.
00:35:23Et partout dans le monde,
00:35:24les conséquences économiques,
00:35:25vous venez de le dire,
00:35:26M. le Premier ministre,
00:35:27sont déjà
00:35:27parfaitement tangibles
00:35:29et demain,
00:35:30si le conflit
00:35:30devait durer,
00:35:31elle pourrait devenir
00:35:32catastrophique.
00:35:33Or,
00:35:34malgré leur évidente
00:35:35supériorité militaire,
00:35:36Israël et les États-Unis
00:35:37ne paraissent pas
00:35:38à ce stade
00:35:39en mesure de maîtriser
00:35:40et d'orienter réellement
00:35:41le cours des événements.
00:35:43Et pour tout dire,
00:35:44l'administration américaine
00:35:45n'a aucune idée
00:35:46de leur point d'arrivée.
00:35:48Or,
00:35:48en matière militaire,
00:35:49l'absence de cap stratégique
00:35:51se paye cher.
00:35:52Dans les alliances,
00:35:53dans les opinions,
00:35:54sur les marchés,
00:35:55et surtout,
00:35:56elle se paye sur le terrain
00:35:57en vise humaine.
00:35:59L'inquiétude,
00:36:00dès lors,
00:36:00monte d'un cran,
00:36:01car l'histoire contemporaine
00:36:02regorge l'intervention
00:36:04commencée dans l'illusion
00:36:05de la maîtrise
00:36:06et poursuivie
00:36:07dans les affres
00:36:08de l'improvisation.
00:36:09À chaque fois,
00:36:10on entre dans la guerre
00:36:11avec des certitudes,
00:36:12puis on y rencontre
00:36:13des déconvenus,
00:36:14et enfin,
00:36:15on s'y enlise
00:36:15avec des contradictions
00:36:17et des risques
00:36:18toujours plus grands
00:36:18d'escalade incontrôlée.
00:36:20Dans ce contexte,
00:36:21la position de la France
00:36:22a été définie
00:36:23avec discernement
00:36:24et nous en donnons
00:36:25acte à l'exécutif.
00:36:26Car si le combat
00:36:27contre le terrorisme
00:36:28et le totalitarisme islamique
00:36:30est bel et bien le nôtre,
00:36:32il n'en demeure pas moins
00:36:33que cette guerre
00:36:34n'est pas celle de la France
00:36:35ni celle de l'Europe
00:36:36ou de l'OTAN.
00:36:38D'abord,
00:36:39parce qu'elle a été décidée
00:36:39en dehors
00:36:40de tout cadre collectif,
00:36:41sans qu'aucune démarche
00:36:43d'information préalable
00:36:44n'ait été entreprise.
00:36:46Or,
00:36:46il n'est concevable
00:36:47pour notre pays
00:36:48de s'associer aujourd'hui
00:36:49à des opérations militaires
00:36:50dont il n'a eu à connaître,
00:36:52ni la planification tactique,
00:36:53ni la définition
00:36:54des objectifs.
00:36:55Ensuite,
00:36:56parce qu'une participation
00:36:57directe
00:36:58dans les conditions actuelles
00:36:59ne ferait que participer
00:37:00à l'élargissement
00:37:01du conflit,
00:37:02ajouter chaos
00:37:04et danger
00:37:05au danger ambiant
00:37:06et exposer nos forces
00:37:07dans un contexte
00:37:08que nous ne maîtrisons pas.
00:37:10A l'évidence,
00:37:11pourtant,
00:37:12nous ne pouvons
00:37:13nous désintéresser
00:37:13de ce conflit
00:37:14qui engage nos intérêts,
00:37:16notre sécurité,
00:37:17nos alliances
00:37:18et plus largement
00:37:19la stabilité internationale.
00:37:21Dès lors,
00:37:22si la France
00:37:22doit à ce stade
00:37:23mobiliser les instruments
00:37:24de sa puissance,
00:37:25c'est avant tout
00:37:26pour confirmer
00:37:27qu'elle est un acteur
00:37:28prévisible,
00:37:29capable d'agir
00:37:30avec constance,
00:37:31un allié fiable,
00:37:32soucieux d'honorer
00:37:33ses engagements,
00:37:34un allié solide,
00:37:35apte à protéger
00:37:36des partenaires,
00:37:37des partenaires qui,
00:37:38en l'occurrence,
00:37:39s'emploient pour l'instant
00:37:40à contenir le conflit
00:37:42plutôt qu'à l'étendre.
00:37:44Dans un second temps,
00:37:45n'excluons pas
00:37:46que notre pays
00:37:46prenne toutes ses responsabilités
00:37:48internationales
00:37:49en matière de liberté
00:37:49de navigation,
00:37:50mais dans un cadre
00:37:51qui devra être concerté,
00:37:53agréé
00:37:54et, autant que possible,
00:37:55maîtrisé.
00:37:56C'est dans cette capacité
00:37:57à conjuguer
00:37:58engagement et maîtrise
00:37:59que réside aujourd'hui
00:38:01notre devoir
00:38:02comme notre valeur ajoutée.
00:38:04Et dans la grande
00:38:05recomposition géopolitique
00:38:06que cette guerre
00:38:07ne manquera pas
00:38:08d'engendrer au Moyen-Orient,
00:38:10c'est aussi
00:38:10dans cette ligne
00:38:11de conduite
00:38:12que la France
00:38:13pourra espérer
00:38:14retrouver
00:38:14dans cette région du monde
00:38:16un peu d'influence
00:38:18qu'elle y exerçait
00:38:19auparavant.
00:38:20Et puis, bien sûr,
00:38:21il y a le Liban,
00:38:23éternelle victime
00:38:24collatérale
00:38:25des conflits
00:38:25qui traversent la région.
00:38:27À nouveau,
00:38:27il se retrouve
00:38:28emporté
00:38:29dans la tourmente
00:38:29et, dans cette épreuve,
00:38:31il tourne naturellement
00:38:32son regard
00:38:32vers notre pays.
00:38:34Là aussi,
00:38:35soyons clairs,
00:38:36en ouvrant
00:38:36un nouveau front
00:38:37contre Israël,
00:38:38le Hezbollah
00:38:39porte la responsabilité
00:38:40première
00:38:41de ce nouveau drame
00:38:42libanais.
00:38:43Et de la même manière
00:38:44que le Hamas
00:38:44a trahi le peuple
00:38:45Gazaoui
00:38:46en l'entraînant
00:38:46sciemment vers l'abîme,
00:38:47le Hezbollah
00:38:48a une nouvelle fois
00:38:49trahi le peuple libanais.
00:38:51Constatons par ailleurs
00:38:52que malgré
00:38:53les résolutions
00:38:53des Nations unies,
00:38:54malgré la présence
00:38:55indispensable
00:38:56de Nafinul,
00:38:57malgré le cessez-le-feu
00:38:58et les engagements pris,
00:38:59le Hezbollah
00:39:00n'a jamais eu
00:39:01la moindre intention
00:39:02de désarmer,
00:39:03de se conformer
00:39:04à un cadre étatique
00:39:05ou de cesser
00:39:05de menacer Israël.
00:39:07Il n'a en réalité
00:39:08jamais eu
00:39:09d'autre intention
00:39:10que de servir
00:39:11les intérêts
00:39:11du seul maître
00:39:12qu'il connaisse,
00:39:13le régime de Téhéran.
00:39:15Mais il faut également
00:39:16le rappeler,
00:39:17le peuple libanais
00:39:19n'est pas le Hezbollah.
00:39:20Il aspire à autre chose,
00:39:21à exercer sa souveraineté,
00:39:23à garantir sa sécurité,
00:39:25à renouer
00:39:26avec la prospérité.
00:39:27Il aspire
00:39:28à une normalité
00:39:29retrouvée
00:39:29et exprime désormais
00:39:31sans ambiguïté
00:39:32sa volonté
00:39:33de tourner
00:39:34la page du Hezbollah.
00:39:35Cette aspiration
00:39:36est une opportunité,
00:39:38une opportunité fragile
00:39:39mais réelle,
00:39:40une opportunité
00:39:41que le gouvernement israélien,
00:39:42le moment venu,
00:39:42ne devra surtout pas faire
00:39:43l'erreur d'ignorer,
00:39:44car rien ne serait pire
00:39:46que de franchir
00:39:46la mince frontière
00:39:47qui sépare le courage
00:39:48d'affronter ses ennemis
00:39:49de l'Urbis
00:39:50qui viserait
00:39:51une domination militaire
00:39:52sans lendemain politique
00:39:54et qui condamnerait
00:39:55à un État
00:39:56de guerre permanent.
00:39:57Dès lors,
00:39:58la France est dans son rôle
00:39:59lorsqu'elle cherche
00:40:00à établir
00:40:00des canaux de communication
00:40:02et à poser les termes
00:40:03d'une discussion future.
00:40:05Toutefois,
00:40:05il faut le dire
00:40:06avec lucidité,
00:40:07rien n'adviendra
00:40:08tant que l'État libanais
00:40:10demeurera privé
00:40:11des moyens nécessaires
00:40:12pour en finir
00:40:12avec l'emprise du Hezbollah.
00:40:14Restaurer son autorité,
00:40:16présenter des garanties
00:40:17de sécurité crédible
00:40:18à Israël.
00:40:19Enfin,
00:40:20si notre pays
00:40:20a un rôle à jouer
00:40:21dans ce conflit,
00:40:22il a aussi des enseignements
00:40:23à en tirer.
00:40:25Le premier,
00:40:25c'est que l'Atlantique
00:40:26continue manifestement
00:40:28de s'élargir
00:40:28chaque jour un peu plus
00:40:29et qu'il est indispensable
00:40:31pour les Européens
00:40:32d'accélérer leur adaptation
00:40:33face à cette nouvelle réalité.
00:40:35Le second,
00:40:36c'est que nos moyens militaires,
00:40:38eux aussi,
00:40:38doivent accélérer leur mue,
00:40:40car si les événements
00:40:41confirment l'importance
00:40:42de notre loi
00:40:42de programmation militaire,
00:40:43ils en illustrent
00:40:45aussi les limites.
00:40:46En effet,
00:40:47l'accent mis
00:40:47sur la cohérence
00:40:48de nos armées
00:40:49leur permet aujourd'hui
00:40:50de faire ce qu'aucun
00:40:51d'autres pays européens
00:40:52n'est en capacité de réaliser,
00:40:53à savoir déployer rapidement
00:40:55des moyens navals
00:40:56et aériens robustes
00:40:57et opérationnels,
00:40:58et dès lors faire valoir
00:40:59une véritable autonomie
00:41:01d'action.
00:41:02Mais dans le même temps,
00:41:03c'est 80%
00:41:04de notre flotte hauturière
00:41:06qui est aujourd'hui mobilisée
00:41:07en complément
00:41:07de notre unique porte-avions,
00:41:09ce qui dégarnit considérablement
00:41:11ces autres théâtres
00:41:12de déploiement.
00:41:13Dans le même temps,
00:41:14c'est le stock
00:41:14de missiles antiaériens
00:41:15de nos rafales
00:41:16qui font comme neige au soleil.
00:41:18Et dans le même temps,
00:41:19c'est notre capacité
00:41:19à défendre nos soldats,
00:41:21nos emprises
00:41:21et plus largement
00:41:22nos territoires
00:41:23face aux attaques
00:41:23de drones et de missiles
00:41:24qui apparaît largement
00:41:25perfectibles.
00:41:26Tout cela rappelle
00:41:27une évidence
00:41:28que nous connaissons
00:41:29que trop bien.
00:41:30La France est un pays
00:41:31militairement capable,
00:41:33mais aux moyens
00:41:33trop limités.
00:41:35Certes,
00:41:35la cohérence
00:41:36est indispensable,
00:41:37mais la masse
00:41:38est fondamentale.
00:41:39Nous n'avions cessé
00:41:40de vous le dire
00:41:41en 2023,
00:41:42M. le Premier ministre.
00:41:43Nous prenons acte
00:41:45évidemment de votre souhait
00:41:46de créer la plateforme
00:41:47France Munition,
00:41:48mais M. le Premier ministre,
00:41:50Mme la ministre,
00:41:51imaginons juste un instant.
00:41:52Où en seraient aujourd'hui
00:41:54nos stocks de munitions
00:41:55si le Sénat
00:41:56avait été entendu
00:41:57en 2023
00:41:58et que nous avions
00:41:59réellement passé
00:42:00les commandes
00:42:01dont nous avions besoin ?
00:42:03Quant à la capacité
00:42:04d'innovation
00:42:04et d'adaptation
00:42:05pour les matériels
00:42:06comme les doctrines,
00:42:07il s'avère plus que jamais
00:42:08incontournable.
00:42:10L'actualisation prochaine
00:42:11de la loi de programmation militaire
00:42:13devra être l'occasion
00:42:14de s'engager plus avant
00:42:15sur ces axes,
00:42:17car rappelons-nous
00:42:18que soutenir nos armées,
00:42:20ce n'est pas seulement
00:42:20s'incliner
00:42:21lorsque l'un des leurs
00:42:23tombent au champ d'honneur,
00:42:24c'est avant tout
00:42:24leur donner les moyens
00:42:26de protéger,
00:42:27de durer
00:42:27et de vaincre.
00:42:28Je vous remercie.
00:42:30Merci, M. le Président.
00:42:36La parole est à notre collègue
00:42:38Michael Vallée
00:42:39pour le groupe socialiste
00:42:41écologiste
00:42:42et républicain.
00:42:45Vous avez la parole.
00:42:49Merci, M. le Président,
00:42:50M. le Premier ministre,
00:42:51Mesdames et Messieurs les ministres,
00:42:52chers collègues.
00:42:54Une fois n'est pas coutume,
00:42:55je vais commencer
00:42:56par citer le New York Times,
00:42:57un journal de référence
00:42:59pour tout bon atlantiste
00:43:00qui se respecte.
00:43:02Le 5 janvier,
00:43:03le New York Times
00:43:03a clairement tiré
00:43:05la sonnette d'alarme
00:43:06en confirmant
00:43:07une accélération
00:43:08du programme nucléaire iranien
00:43:09et la capacité de Téhéran
00:43:10à développer une bombe atomique
00:43:12en moins de cinq ans.
00:43:14C'était le 5 janvier,
00:43:16mais c'était le 5 janvier 1995.
00:43:20Le Time magazine,
00:43:21de son côté,
00:43:22confirmait, je cite,
00:43:23« le caractère extrêmement avancé
00:43:25du programme nucléaire ».
00:43:26Mais c'était en 2003.
00:43:28Et les mensonges de 2003,
00:43:30nous les connaissons.
00:43:32Cette année-là,
00:43:33Colin Powell,
00:43:33une main sur le cœur
00:43:34et l'autre agitant
00:43:35une fiole d'anthrax,
00:43:37garantissait au monde
00:43:37l'existence d'armes chimiques
00:43:39en Irak.
00:43:41« Trump change d'avis
00:43:42et de but de guerre
00:43:43comme de cravate.
00:43:44Mais ce qui ne change pas
00:43:45depuis des décennies,
00:43:46c'est la capacité
00:43:47des États-Unis d'Amérique
00:43:48à se proclamer garante
00:43:49de la stabilité du monde
00:43:50en déclenchant des guerres
00:43:53illégales
00:43:53sur des fondements fallacieux. »
00:43:57W. Bush avait montré la voie.
00:44:00Rassurons-nous ou inquiétons-nous,
00:44:02l'agressivité américaine
00:44:04n'est pas la seule constante
00:44:05des relations internationales.
00:44:06Le caractère terroriste,
00:44:08sans doute aucun,
00:44:09du régime iranien
00:44:10et de ses affidés,
00:44:12déçoit rarement lui aussi.
00:44:14Ne serait-ce que ces dernières années,
00:44:16nous avons assisté le cœur lourd
00:44:17au massacre d'un peuple
00:44:19par ses propres dirigeants,
00:44:20par dizaines de milliers
00:44:22depuis le début de l'année 2026
00:44:23et après une répression
00:44:25déjà inédite par son ampleur
00:44:26contre les femmes
00:44:27qui ont montré
00:44:28à tous leurs compatriotes
00:44:30la voie de la résistance.
00:44:32Au groupe socialiste,
00:44:34nous sommes fiers
00:44:34d'avoir été à cet égard
00:44:35parmi les premiers
00:44:36à demander l'inscription
00:44:37du Corps des gardiens
00:44:39de la Révolution
00:44:39sur la liste européenne
00:44:40des organisations terroristes.
00:44:43Une autre constante
00:44:44depuis quelques années
00:44:45est celle de l'expansionnisme israélien
00:44:47et de la disproportion
00:44:48de ces initiatives.
00:44:51Intensification de la colonisation
00:44:52et volonté d'annexion
00:44:54en Cisjordanie,
00:44:55massacres et contrôles
00:44:56des territoires à Gaza,
00:44:57répétition d'opérations
00:44:58de contrôle du Sud-Liban
00:44:59sont autant de marques
00:45:01de l'hubris
00:45:02des gouvernements israéliens.
00:45:04Monsieur le Premier ministre,
00:45:05Mesdames et Messieurs les ministres,
00:45:07ce qui nous intéresse ce soir,
00:45:08ce n'est pas la revue de presse
00:45:09des Malheurs du Monde,
00:45:10mais la position de la France,
00:45:12la réalité de ses marges
00:45:13de manœuvre
00:45:14et de sa capacité
00:45:15à peser sur les événements
00:45:16d'une région
00:45:17où sa voix a porté
00:45:18dans un passé encore récent
00:45:19à travers ce qu'on a appelé
00:45:21la politique arabe
00:45:23de la France.
00:45:24La France n'a pas voulu
00:45:25cette guerre.
00:45:26Ceux qui respectent
00:45:28le droit international
00:45:28n'ont pas voulu cette guerre
00:45:30et ceux qui l'ont voulu
00:45:32peinent à la justifier,
00:45:33car comment la justifier ?
00:45:35Par l'effondrement du régime,
00:45:38outre le fait
00:45:38que l'histoire nous a appris
00:45:39que les peuples
00:45:40n'aiment pas
00:45:40les missionnaires en armes,
00:45:42le cas d'espèce
00:45:42du régime iranien
00:45:43semble infirmer
00:45:44cette possibilité
00:45:45à court terme.
00:45:47En s'assurant
00:45:48de l'anéantissement
00:45:49des capacités militaires
00:45:50du régime,
00:45:51quels services de renseignement
00:45:53peuvent aujourd'hui
00:45:53le garantir ?
00:45:54Si ce sont les mêmes
00:45:56que ceux qui avaient proclamé
00:45:57le désarmement effectif
00:45:58du Hezbollah
00:45:58il y a quelques mois,
00:45:59nous sommes autorisés
00:46:00à douter.
00:46:02En garantissant
00:46:03que l'Iran
00:46:04n'atteindra pas
00:46:04son objectif nucléaire
00:46:05militaire,
00:46:06capacité de projection
00:46:07comprise,
00:46:09les déclarations
00:46:09des hauts-gradés
00:46:10récemment démissionnaires
00:46:11aux Etats-Unis
00:46:11ont infirmé
00:46:13l'imminence du danger.
00:46:14Et d'ailleurs,
00:46:16Monsieur le Premier ministre,
00:46:17de quelles informations
00:46:18disposez-vous
00:46:19quant à la réalité
00:46:20des capacités
00:46:21de charge nucléaire
00:46:22comme de projection
00:46:23du régime iranien,
00:46:24c'est ma première question.
00:46:27Si les guerres
00:46:28continuaient
00:46:28à être menées
00:46:29au nom du doute,
00:46:31comme les assassinats
00:46:32politiques
00:46:32au nom
00:46:33de l'efficacité militaire,
00:46:34le monde pourrait connaître
00:46:36un embrasement généralisé.
00:46:38Qu'aurait-on dit
00:46:39à l'époque
00:46:39si un dirigeant
00:46:41d'un pays arabe
00:46:41avait frappé,
00:46:42avec une frappe
00:46:43évidemment chirurgicale,
00:46:44la maison de Colin Powell
00:46:46avec sa famille ?
00:46:47Et d'ailleurs,
00:46:49l'assassinat du terroriste
00:46:50n'assera là
00:46:51pour quels résultats ?
00:46:53Nous assistons
00:46:54à un de ces moments
00:46:55de l'histoire
00:46:55où les gains
00:46:56de court terme
00:46:57privent les peuples
00:46:58de dirigeants
00:46:59avec la hauteur
00:46:59de vue nécessaire
00:47:00pour construire
00:47:01un long terme enviable.
00:47:03Trump est celui,
00:47:04personne ne le rappelle,
00:47:06qui a mis fin
00:47:07à l'accord
00:47:07sur le nucléaire civil iranien.
00:47:09Les Mollahs
00:47:10sont de ceux
00:47:10qui choisissent
00:47:11de faire couler
00:47:11le sang
00:47:12de leurs compatriotes
00:47:13plutôt que de perdre
00:47:14leur pouvoir.
00:47:15Et Netanyahou
00:47:16sème les germes
00:47:17de la haine
00:47:17sur plusieurs générations
00:47:19plutôt que de chercher
00:47:20la stabilité
00:47:21et la paix
00:47:22par la prospérité
00:47:23de ses voisins.
00:47:24Ils sont très loin
00:47:25les accords d'Abraham.
00:47:27Cette guerre illégale,
00:47:29je crois que c'est important
00:47:30de le dire,
00:47:31ce n'est pas seulement
00:47:31une guerre
00:47:32que nous n'avons pas voulu
00:47:33ou une guerre
00:47:34pour laquelle
00:47:35il n'y a pas eu
00:47:35de concertation,
00:47:36c'est une guerre
00:47:37illégale
00:47:38en dehors du droit international,
00:47:39n'apportera
00:47:40ni la liberté
00:47:41aux Iraniens,
00:47:42ni la stabilité
00:47:43aux Libanais,
00:47:44ni la sécurité
00:47:45aux Israéliens
00:47:46et aux Etats-Unis
00:47:47comme le soulignent
00:47:48nombre d'experts.
00:47:49Car nous vivons
00:47:50ce moment de bascule
00:47:51où même les formes
00:47:52illusoires
00:47:52de la règle de droit
00:47:53sont pulvérisées
00:47:54à coups de missiles patriotes
00:47:56par l'hubris
00:47:57de la puissance militaire.
00:47:59Washington n'a jamais
00:48:00tiré la leçon d'Athènes
00:48:02dans la guerre
00:48:02du Péloponnèse.
00:48:03Imaginant un dialogue
00:48:04entre les habitants
00:48:05de l'île de Mélos
00:48:06et les Athéniens,
00:48:07Thucydie décrit alors
00:48:08que la justice
00:48:09n'entre en ligne de compte
00:48:11dans le raisonnement
00:48:12des hommes
00:48:12que si les forces
00:48:13sont égales
00:48:14de part et d'autre.
00:48:15Dans le cas contraire,
00:48:17les forts exercent
00:48:17leur pouvoir
00:48:18et les faibles
00:48:19doivent leur céder.
00:48:21Les Etats-Unis
00:48:21ont pourtant déjà
00:48:22connu ce moment méliens
00:48:23au Vietnam,
00:48:25en Irak
00:48:26et même au Venezuela
00:48:27récemment,
00:48:29cédant à la tentation
00:48:30de régler par la force
00:48:30et le coup d'État
00:48:31ce que le droit international
00:48:33ne permettait pas.
00:48:35Il y a 2400 ans,
00:48:36le peuple mélien
00:48:37a fini massacré
00:48:37par Athènes,
00:48:38seules les femmes
00:48:39et les enfants
00:48:39furent épargnés.
00:48:41Tel ne fut pas le cas
00:48:42des écoliers
00:48:43tués par la frappe
00:48:44américaine
00:48:45sur la ville
00:48:45de Minab.
00:48:46Tel ne fut pas le cas
00:48:47des 3200 Iraniens
00:48:49tombés sous les bombes
00:48:49israélo-américaines.
00:48:51Tel ne fut pas le cas
00:48:52des 1100 morts au Liban
00:48:53tués par des frappes
00:48:54israéliennes.
00:48:56Tel ne fut pas le cas
00:48:57des 1000 morts
00:48:57en Cisjordanie
00:48:58depuis l'automne 2023.
00:49:00Et aucun de ces morts
00:49:01ne conjurera
00:49:02l'horreur,
00:49:03l'horreur absolue
00:49:04du 7 octobre.
00:49:06L'Occident américanisé
00:49:08se veut civilisation
00:49:09mais qui a-t-il
00:49:10de civilisé
00:49:11à faire passer la guerre
00:49:12pour un jeu vidéo ?
00:49:13Les publications
00:49:14sur X
00:49:15de la Maison Blanche
00:49:16assimilant les frappes
00:49:17à des jeux sportifs
00:49:18sur Nintendo,
00:49:19vous pouvez aller vérifier,
00:49:21ou celles couplant
00:49:21les images de la guerre
00:49:22à la musique
00:49:23de Star Wars
00:49:24comme le fait
00:49:25l'armée israélienne
00:49:26dans sa communication
00:49:27grand public
00:49:28et officielle
00:49:28sont indignes.
00:49:30La guerre n'est
00:49:31ni un jeu vidéo
00:49:32ni un jeu d'enfant.
00:49:34Elle est dans
00:49:34les quartiers sud
00:49:35de Beyrouth,
00:49:36le fracas des explosions
00:49:37qui terrorise les civils,
00:49:38contraint de respirer
00:49:39l'odeur du phosphore blanc
00:49:40parmi d'autres substances
00:49:42dont y craignent
00:49:43la composition chimique.
00:49:45La guerre illégale
00:49:46de Trump et Netanyahou,
00:49:47c'est déjà la mort
00:49:48d'un soldat de la France,
00:49:50un soldat de trop
00:49:51et nous nous joignons
00:49:52à l'hommage
00:49:53rendu ce soir.
00:49:55Si cette guerre
00:49:56n'a pas de but
00:49:56clairement affiché,
00:49:57si aucune victoire
00:49:57revendiquable
00:49:58ne semble à portée de vue,
00:49:59si chaque jour
00:50:00le décompte des morts
00:50:01inutiles croît,
00:50:02alors pour qui
00:50:03et pourquoi cette guerre ?
00:50:04Pas pour les peuples
00:50:05de la région,
00:50:06eux qui voient la mort
00:50:07en face
00:50:08à chaque bombardement.
00:50:10Pas plus pour les peuples
00:50:11européens.
00:50:12Je ne parle pas
00:50:13des Français
00:50:13qui étaient à l'investiture
00:50:14de Trump
00:50:14et qui sont à l'abri.
00:50:16Mais je parle du Français
00:50:17qui n'a d'autre choix
00:50:18que d'aller à la pompe
00:50:18pour aller travailler,
00:50:20celui-là même
00:50:20qui a pris de son temps
00:50:21et de son salaire
00:50:22pour occuper les ronds-points
00:50:23en 2018,
00:50:24car c'est le même.
00:50:26Alors à qui bénéficie
00:50:27cette guerre ?
00:50:28Pas à l'État,
00:50:29évidemment.
00:50:29Vous l'avez dit,
00:50:30M. le Premier ministre,
00:50:30et ce genre de délire
00:50:32complotiste
00:50:33ne sont pas dans nos discours,
00:50:34fort heureusement.
00:50:35Mais comme en 2022
00:50:36aux sociétés pétrolières
00:50:37et gazières
00:50:38et à leurs actionnaires.
00:50:40Madame la ministre
00:50:40de l'Énergie
00:50:41a déclaré cet après-midi
00:50:42au Sénat
00:50:42que ce que le contribuable
00:50:43ne payait pas aujourd'hui,
00:50:44il devra le payer demain.
00:50:46Mais de quel contribuable
00:50:47parlons-nous ?
00:50:48Le capital a toujours besoin
00:50:49qu'on lui torde le bras
00:50:50pour qu'il se montre
00:50:51patriote.
00:50:52Ce n'est pas aux classes populaires
00:50:53de payer les pots cassés.
00:50:55Y êtes-vous prêt ?
00:50:56Comment ?
00:50:56Au-delà du dialogue
00:50:57avec les acteurs de l'énergie
00:50:58et des mesures sectorielles,
00:51:00c'est ma deuxième question.
00:51:02Et la France
00:51:03et l'Europe
00:51:04dans tout cela.
00:51:05Au front commun
00:51:05qui s'est formé
00:51:06après l'agression russe
00:51:07de 2022,
00:51:08s'est substituée
00:51:09une cacophonie européenne.
00:51:10Je cherche
00:51:11la position commune
00:51:12des Européens
00:51:12que vous avez évoquée
00:51:13dans votre discours,
00:51:14M. le Premier ministre.
00:51:15La présidente
00:51:16de la Commission européenne
00:51:17se prend pour la chef
00:51:18d'orchestre
00:51:18qu'elle n'est pas.
00:51:19Le chancelier allemand,
00:51:20quant à lui,
00:51:21soutient la logique
00:51:22de l'attaque israélo-américaine
00:51:24et la rectification
00:51:25faite hier
00:51:26par le président allemand
00:51:27n'y change rien.
00:51:28Le chancelier
00:51:28n'a pas non plus repris
00:51:29du président américain
00:51:30lorsque celui-ci
00:51:31a proféré
00:51:32des menaces inadmissibles
00:51:33à l'encontre
00:51:34de Pedro Sanchez.
00:51:35J'aimerais savoir
00:51:36votre position,
00:51:37M. le Premier ministre,
00:51:38sur ces déclarations,
00:51:39comme sur celles
00:51:40beaucoup plus indiquées
00:51:41du président
00:51:41du gouvernement espagnol
00:51:42qui a marqué,
00:51:43avec les outils
00:51:44dont il disposait,
00:51:45son opposition
00:51:46à une guerre illégale.
00:51:48Où se situe la France
00:51:49entre ces différentes options ?
00:51:51C'est ma troisième question.
00:51:52Nous saluons évidemment
00:51:54et sincèrement
00:51:54la saisine du Conseil
00:51:55de sécurité de l'ONU
00:51:56par le président Macron,
00:51:58mais nous regrettons
00:51:59notre timidité diplomatique.
00:52:01D'abord,
00:52:02ni le président Macron
00:52:03ni le gouvernement
00:52:03n'ont condamné
00:52:05l'agression israélo-américaine.
00:52:07Constater qu'elle se fait
00:52:08en dehors du droit international
00:52:09ne suffit pas.
00:52:11Nous vous donnons l'occasion
00:52:12ce soir
00:52:12d'éclaircir les choses,
00:52:14de les nommer
00:52:14pour ce qu'elles sont
00:52:15et de condamner.
00:52:16C'est ma quatrième question.
00:52:18Ensuite,
00:52:19qu'est-ce qui retient la France
00:52:21d'imposer un rapport de force
00:52:22au gouvernement israélien ?
00:52:23La prudence diplomatique
00:52:24ne peut se confondre
00:52:26avec la naïveté.
00:52:27Monsieur le ministre,
00:52:28pourquoi nous contentons-nous
00:52:29de mesures sans effet
00:52:31telles que des sanctions financières
00:52:32contre les colons violents
00:52:33et les ministres extrémistes
00:52:35du gouvernement israélien ?
00:52:36L'annexion de facto
00:52:38de la Cisjordanie,
00:52:38l'occupation du Cid Liban
00:52:39qui risque de devenir,
00:52:41comme l'a déclaré aujourd'hui
00:52:42Antonio Guterres,
00:52:43un nouveau Gaza
00:52:44et le risque d'épuration
00:52:46dans les territoires
00:52:47palestiniens colonisés
00:52:48sont ordonnés
00:52:49par le Premier ministre
00:52:50Netanyahou lui-même.
00:52:51À la suite de votre déplacement,
00:52:53vous avez déclaré,
00:52:54Monsieur le ministre
00:52:54des Affaires étrangères,
00:52:55que les autorités israéliennes
00:52:56vous avaient assuré
00:52:57qu'elles mettraient tout en œuvre
00:52:58pour préserver les populations
00:52:59et les infrastructures civiles
00:53:01au Liban.
00:53:02Comment les croire ?
00:53:03Comment les croire après ce qui s'est passé
00:53:04à Gaza ?
00:53:05Quand on sait que le ministre Smotrich
00:53:07a promis de faire de Dahye
00:53:09un nouveau Kanyounes,
00:53:10cette ville du sud de Gaza,
00:53:12entièrement rasée.
00:53:13Comment dire notre refus
00:53:15de voir le Liban
00:53:15devenir une variable d'ajustement ?
00:53:18Quel moyen de pression
00:53:19envisagez-vous d'activer
00:53:20si le gouvernement
00:53:21ne respectait pas son engagement,
00:53:23gouvernement israélien,
00:53:24ce qui sera le cas ?
00:53:26C'est ma cinquième question.
00:53:28Récemment,
00:53:28le président Macron a déclaré,
00:53:29vous l'avez rappelé,
00:53:30monsieur le Premier ministre,
00:53:31que pour être libre dans ce monde,
00:53:32il fallait être craint
00:53:33et que pour être craint,
00:53:34il fallait être puissant.
00:53:35Mais ajoutons que pour être puissant,
00:53:37il faut être crédible.
00:53:39Monsieur le ministre,
00:53:40la France n'est pas de ces nations
00:53:42qui oscillent entre la violence
00:53:43et le droit.
00:53:44La France est crédible
00:53:45dans l'arène mondiale
00:53:45quand elle parle au peuple
00:53:47plutôt qu'aux empires
00:53:48et quand elle accorde ses paroles
00:53:51à ses principes.
00:53:52Dès lors,
00:53:54condamner fermement
00:53:54l'agression américaine
00:53:55et convaincre nos partenaires européens
00:53:57de faire de même
00:53:58participeraient
00:53:58du repositionnement
00:53:59du continent européen
00:54:00sur la scène géopolitique.
00:54:03Renouer un dialogue
00:54:04approfondi et constant
00:54:05avec le Sud
00:54:06et pas seulement
00:54:07au moment le plus aigu
00:54:08de la crise,
00:54:08nous en avons déjà parlé
00:54:09dans d'autres débats
00:54:1050-1,
00:54:11est une de ces conditions
00:54:12de notre crédibilité.
00:54:14Dans le cas d'espèce,
00:54:15nous avons besoin
00:54:16de l'Inde,
00:54:17du Brésil et de la Chine
00:54:18pour peser sur l'Iran,
00:54:20pour donner corps
00:54:21concrètement
00:54:21aux exhortations faites
00:54:22à Téhéran
00:54:23de reprendre le dialogue
00:54:24et qui sont absolument
00:54:26nécessaires.
00:54:27Monsieur le Premier ministre,
00:54:28Mesdames et Messieurs les ministres,
00:54:29la guerre en Iran,
00:54:31après les droits de douane
00:54:32l'année dernière,
00:54:32le coup d'État au Venezuela
00:54:33et les menaces
00:54:34sur le Groenland,
00:54:35n'est pas la dernière
00:54:35de nos peines face à Trump.
00:54:37Il est enfin l'heure
00:54:38pour nos amis
00:54:39et partenaires européens
00:54:40de dessiller leurs yeux.
00:54:42Nous devons les y aider
00:54:43car qui d'autre que nous,
00:54:44à part peut-être
00:54:45les Espagnols ?
00:54:46L'héritage
00:54:47golo-mitterandien
00:54:48de la France
00:54:48nous permet
00:54:49d'être les plus à même
00:54:50de réagir
00:54:51à ce moment de bascule.
00:54:52La naïveté serait létale,
00:54:54la renonciation
00:54:55aux principes coupables
00:54:56et le monde
00:54:57a besoin
00:54:57de la voix
00:54:58de la France.
00:54:58Nous ne demandons
00:54:59qu'à vous entendre
00:55:01encore plus clairement
00:55:02que ce n'est le cas
00:55:02aujourd'hui.
00:55:03Je vous remercie.
00:55:04En février 2022,
00:55:05un fou dangereux,
00:55:07ivre de grandeur,
00:55:08a allumé en Ukraine
00:55:09une mèche
00:55:10qui a fait exploser
00:55:11un baril de poudre
00:55:12et bouleverser
00:55:13l'ordre mondial.
00:55:15La guerre devait durer
00:55:16une semaine.
00:55:17Elle entre
00:55:17en sa cinquième année.
00:55:19En février 2026,
00:55:21un autre fou dangereux
00:55:22a allumé au Proche-Orient
00:55:24une autre mèche
00:55:24qui remet à nouveau
00:55:26en cause
00:55:26l'équilibre international.
00:55:28La guerre devait-elle
00:55:29aussi durer une semaine ?
00:55:31Un mois plus tard,
00:55:32le monde entier
00:55:32se pose la question
00:55:34« Qu'est-ce qui va se passer ? »
00:55:36La réponse simple,
00:55:39courte et précise
00:55:40est la suivante
00:55:41« Dieu seul le sait ».
00:55:43Il y a un an,
00:55:44ici même,
00:55:45je comparais
00:55:46la présidence de Trump
00:55:47à la cour de Néron.
00:55:48Je me trompais,
00:55:50c'est la cour des miracles.
00:55:52Un anti-vax,
00:55:53ancien héroïnomane
00:55:55et ministre de la Santé.
00:55:56Un climato-sceptique,
00:55:58ministre de l'économie.
00:55:59Un animateur télé-alcoolique,
00:56:02ministre des armées.
00:56:03Une ancienne agent du Qatar,
00:56:05ministre de la justice.
00:56:06Une groupie de Poutine,
00:56:08ministre de la sécurité nationale.
00:56:11Un proverbe turc dit
00:56:13« Quand un clown s'installe
00:56:14dans un palais,
00:56:15il ne devient pas roi,
00:56:16c'est le palais
00:56:17qui devient un cirque ».
00:56:18Cette fine équipe
00:56:20a décidé de créer
00:56:21un concurrent de l'ONU.
00:56:22Depuis que son conseil
00:56:23de la paix existe,
00:56:24Trump a déclenché
00:56:25plus de frappes militaires
00:56:26que Biden
00:56:27durant tout son mandat.
00:56:28chaque fois que l'affaire
00:56:30Epsine ressurgit,
00:56:31les bombes explosent
00:56:32quelque part dans le monde
00:56:33et font diversion.
00:56:36Bombarder plus
00:56:37pour gagner plus.
00:56:39Il n'y a pas un pays
00:56:40où Trump n'est profité
00:56:41de la situation
00:56:41pour s'enrichir
00:56:43sans jamais oublier
00:56:44sa famille.
00:56:45Boeing personnel
00:56:46offert par le Qatar,
00:56:48investissement dans tous
00:56:49les projets du Golfe
00:56:49ou d'ailleurs,
00:56:51manipulation des cours
00:56:52de bourse
00:56:52dont bénéficient
00:56:53quelques initiés.
00:56:54Un seul de ces conflits
00:56:56d'intérêts
00:56:57aurait provoqué ici
00:56:58une procédure immédiate
00:57:00de destitution.
00:57:01Mais nous ne sommes pas ici.
00:57:03Nous sommes dans
00:57:04l'Amérique MAGA,
00:57:05la conduite des affaires publiques
00:57:07au service
00:57:07des intérêts privés.
00:57:09Après les doigts de douane,
00:57:11le Groenland,
00:57:12le lâchage de l'Ukraine,
00:57:14l'humiliation des alliés,
00:57:16l'aller-retour inefficace
00:57:17au Venezuela
00:57:18et tant d'autres,
00:57:19une nouvelle aventure
00:57:20insensée commence.
00:57:21Qu'on me comprenne bien,
00:57:23je suis le dernier
00:57:24à me plaindre
00:57:25de la décapitation
00:57:26du régime des Mollah
00:57:27et le premier
00:57:28à réclamer la liberté
00:57:29pour le peuple iranien.
00:57:31Mais quelle est la stratégie
00:57:32pour y parvenir
00:57:33et les dégâts collatéraux,
00:57:36y compris pour les Iraniens,
00:57:37ont-ils été mesurés ?
00:57:39La réponse est
00:57:40il n'y a pas de stratégie
00:57:42et les dégâts collatéraux
00:57:44sont passés
00:57:44par pertes et profits.
00:57:46Tout comme lorsqu'en janvier,
00:57:47Trump a appelé
00:57:48les Iraniens
00:57:48à descendre dans la rue
00:57:50pour les laisser ensuite
00:57:51être massacrés
00:57:52par les Basidji.
00:57:54Après le prétexte
00:57:55de la bombe atomique
00:57:56iranienne imminente,
00:57:57contredite par la directrice
00:57:59du renseignement américain
00:58:00elle-même,
00:58:01puis l'argument
00:58:02du changement de régime,
00:58:03c'est Marco Rubio
00:58:05qui finalement
00:58:06crache le morceau,
00:58:07nous y sommes allés
00:58:08parce que nous avons
00:58:09suivi Netanyahou.
00:58:10Autrement dit,
00:58:12nous n'avons
00:58:12aucun objectif propre.
00:58:14Trump s'est assis
00:58:15sur les avertissements
00:58:16des rares
00:58:17qui ont eu le courage
00:58:17de lui dire
00:58:18ce qui allait à l'évidence
00:58:20se passer.
00:58:21Le blocage
00:58:22du détroit d'Ormuz,
00:58:23l'extension de la guerre
00:58:24à tout le Proche-Orient
00:58:25et enfin les contre-coups
00:58:26dans le mondatier.
00:58:28Dans une dernière intoxe
00:58:29dont le seul but
00:58:30est de calmer
00:58:31le prix du pétrole
00:58:32et les bourses
00:58:32qui chutent,
00:58:34il annonce
00:58:35que des négociations
00:58:36sont en cours.
00:58:37Le président du Parlement
00:58:38iranien dément
00:58:39dans les heures
00:58:40qui suivent.
00:58:40C'est la première
00:58:42négociation internationale
00:58:43où une des parties
00:58:44découvre qu'elle négocie
00:58:46en regardant
00:58:46le journal télévisé.
00:58:48Les pétroliers
00:58:49sont bloqués
00:58:50dans le Golfe.
00:58:51Les Émirats
00:58:51ferment leur espace aérien.
00:58:53Les influenceurs
00:58:54sur la plage
00:58:55à Dubaï
00:58:55supplient
00:58:56qu'on vienne
00:58:56les rapatrier.
00:58:58Les raffineries
00:58:58et les champs de pétrole
00:58:59sont en feu.
00:59:00Après avoir rassemblé
00:59:02la plus puissante armée
00:59:03du monde,
00:59:04échoué à gagner
00:59:05une guerre
00:59:05contre une puissance moyenne,
00:59:07explosé le prix
00:59:08du pétrole
00:59:09et du gaz
00:59:09et tenu des discours
00:59:11sans queue ni tête,
00:59:12le golfeur
00:59:13de Mar-a-Lago
00:59:14avoue sans honte
00:59:15être stupéfait
00:59:16par la riposte iranienne,
00:59:18pourtant parfaitement
00:59:19prévisible,
00:59:20et appelle à l'aide
00:59:21ses alliés
00:59:22qui l'insultaient hier.
00:59:23Et ceux-ci lui répondent
00:59:25« Vous n'avez consulté
00:59:26personne,
00:59:27vous n'avez pas de plan
00:59:29et nous n'avons
00:59:30aucune raison
00:59:31de vous suivre
00:59:31à l'aveugle
00:59:32dans le brouillard ».
00:59:33Trump,
00:59:34le seul éléphant
00:59:35au monde
00:59:36qui se promène
00:59:36avec son propre
00:59:37magasin de porcelaine,
00:59:38n'a plus le choix
00:59:40qu'entre deux solutions
00:59:41aussi mauvaises
00:59:43l'une que l'autre.
00:59:44Se retirer piteusement
00:59:45en prétextant
00:59:46sans convaincre personne
00:59:47avoir atteint
00:59:48ses objectifs
00:59:49ou déclencher
00:59:51l'escalade
00:59:51avec les résultats
00:59:52connus d'avance
00:59:53depuis le Vietnam,
00:59:55l'Irak
00:59:55ou l'Afghanistan,
00:59:56l'enlisement
00:59:57et à la fin
00:59:58le départ honteux
00:59:59en laissant le champ libre
01:00:01à l'époque
01:00:01aux communistes,
01:00:02à Daesh
01:00:03ou aux talibans.
01:00:05Le problème
01:00:06de l'Europe
01:00:08c'est qu'on ne peut
01:00:09stopper
01:00:09un désastre
01:00:10avec de belles phrases
01:00:11en suppléant
01:00:12Israël
01:00:13et le Hezbollah
01:00:13de ranger leurs armes
01:00:14et en déclarant
01:00:15qu'Hormuz
01:00:16n'est pas notre guerre.
01:00:17C'est vrai
01:00:18mais cela ne fait
01:00:19que souligner
01:00:20notre impuissance.
01:00:22À court terme
01:00:22la position de la France
01:00:23est la bonne.
01:00:25Nous ne participons
01:00:26pas à une offensive
01:00:26sans but,
01:00:27sans stratégie
01:00:28et sans visibilité
01:00:29mais nous tenons
01:00:31nos engagements
01:00:32internationaux
01:00:32en protégeant
01:00:33nos alliés
01:00:33dans le Golfe
01:00:34et en Méditerranée
01:00:35et en étant prêts
01:00:37à concourir
01:00:38à la libre navigation
01:00:39dans le Détroit
01:00:40car nous sommes
01:00:41le seul pays européen
01:00:42à avoir conservé
01:00:43des forces aéronavales
01:00:45opérationnelles.
01:00:46Cette position
01:00:47doit être soutenue.
01:00:49Mais il va bien falloir
01:00:50aussi que les 27
01:00:51commencent à résoudre
01:00:52leurs problèmes
01:00:52urgents et graves.
01:00:54Les guerres en Ukraine
01:00:55et au Proche-Orient
01:00:56nous envoient
01:00:56un message simple
01:00:57et clair.
01:00:58Nous ne pouvons compter
01:00:59que sur nous-mêmes.
01:01:01De Gaulle l'avait compris
01:01:02le premier voici 60 ans,
01:01:03son message a été oublié
01:01:05par les Européens.
01:01:06Il est plus que temps
01:01:07d'en tenir enfin compte.
01:01:09L'Europe a trois défis majeurs.
01:01:11Garantir sa propre sécurité,
01:01:14produire un système
01:01:15de décision efficace
01:01:16et s'inscrire
01:01:17dans la grande révolution
01:01:18technologique,
01:01:19cognitive et financière
01:01:21du XXIe siècle.
01:01:22Sinon,
01:01:23l'alternative sera simple,
01:01:25la vassalisation
01:01:26par nos alliés
01:01:27ou la soumission
01:01:28à nos ennemis.
01:01:29L'objectif ?
01:01:31Devenir une Europe
01:01:32puissance militaire
01:01:33par un réarmement
01:01:34qui se pose
01:01:34une réindustrialisation
01:01:36et des investissements
01:01:37massifs.
01:01:38Devenir une Europe
01:01:39puissance politique
01:01:40avec, entre autres,
01:01:41l'extension des décisions
01:01:42à la majorité qualifiée.
01:01:45Enfin,
01:01:45redevenir une Europe
01:01:46puissance économique
01:01:47et commerciale
01:01:47par la mise en œuvre
01:01:49des rapports Draghi
01:01:49et l'État.
01:01:50Tout le monde le sait,
01:01:51mais peu de choses
01:01:52se passent.
01:01:53En 2022,
01:01:54on nous a dit
01:01:55que l'Europe
01:01:55entraîte en économie
01:01:56de guerre.
01:01:57Quatre ans plus tard,
01:01:58les commandes
01:01:59ne sont pas à la hauteur.
01:02:00La grande œuvre européenne,
01:02:01le marché unique,
01:02:02restent loin des objectifs
01:02:03de 1993.
01:02:04Quant à la révolution
01:02:05technologique,
01:02:06nous sommes à des années
01:02:07lumières de la mise
01:02:08en place des instruments
01:02:09financiers indispensables
01:02:11pour rattraper les économies
01:02:13des États-Unis
01:02:14et la Chine.
01:02:15La France occupe
01:02:16une place paradoxale
01:02:17dans cette problématique.
01:02:18Elle est le pays européen
01:02:19qui comprend mieux
01:02:20la situation,
01:02:21le seul qui est
01:02:22et conserver une armée
01:02:23autre que symbolique
01:02:24et une force de dissuasion.
01:02:26Mais elle est aussi
01:02:27aujourd'hui,
01:02:28après 40 années
01:02:28de démagogie
01:02:29et de promesses intenables,
01:02:31en grande difficulté
01:02:31budgétaire.
01:02:33John Adams,
01:02:34le deuxième président
01:02:34des États-Unis,
01:02:35disait
01:02:36« Il y a deux façons
01:02:37d'asservir une nation.
01:02:38La première par les armes,
01:02:40la deuxième par la dette. »
01:02:42Malgré ces difficultés,
01:02:43vous nous avez annoncé,
01:02:44Monsieur le Premier ministre,
01:02:45une augmentation sensible
01:02:46des budgets
01:02:47de la loi programmation militaire
01:02:48et une actualisation
01:02:50de ses objectifs
01:02:52après que vous l'ayez
01:02:53déjà fait il y a trois ans.
01:02:54C'est un effort
01:02:55que je tiens à saluer,
01:02:56mais c'est aussi un défi.
01:02:58La campagne
01:02:59pour l'élection présidentielle
01:03:00commencera bientôt.
01:03:02La démagogie
01:03:02des deux extrêmes
01:03:03qui ne vont cesser
01:03:04d'appeler à la gabegie financière
01:03:06et d'expliquer
01:03:07qu'on peut avoir
01:03:07le beurre
01:03:08et l'argent du beurre
01:03:09fera peser
01:03:10sur les candidats raisonnables
01:03:11un terrible handicap.
01:03:13Pourtant,
01:03:13il est impératif
01:03:14de relever
01:03:15le double défi
01:03:15de notre sécurité
01:03:17et la remise en ordre
01:03:19de nos dépenses publiques.
01:03:21La question cruciale
01:03:22qui se pose aujourd'hui
01:03:23est la suivante.
01:03:24Comment en convaincre
01:03:25nos concitoyens ?
01:03:26Depuis trois semaines,
01:03:28le Moyen-Orient
01:03:28s'embrasse de nouveau.
01:03:30Trois semaines
01:03:31d'escalade continue.
01:03:32Trois semaines
01:03:33durant lesquelles
01:03:33la situation
01:03:34n'a cessé
01:03:35de se dégrader,
01:03:36faisant peser
01:03:37des risques considérables
01:03:38sur la stabilité
01:03:40de toute une région
01:03:40et au-delà,
01:03:42sur l'équilibre du monde.
01:03:43Dans ce contexte,
01:03:45les prises de parole
01:03:45de l'exécutif
01:03:46ont permis
01:03:46d'exprimer
01:03:47la position de la France.
01:03:48Mais il est essentiel
01:03:50et même nécessaire
01:03:51que le Parlement
01:03:52puisse pleinement
01:03:53jouer son rôle,
01:03:54débattre,
01:03:55éclairer,
01:03:56contribuer au choix
01:03:57qui engage notre pays.
01:04:00Ce qui se joue
01:04:01aujourd'hui dépasse
01:04:02de loin
01:04:02une crise régionale.
01:04:04C'est une rupture
01:04:05profonde,
01:04:06une rupture
01:04:07dans l'équilibre
01:04:08du monde,
01:04:08une rupture aussi
01:04:10dans le respect
01:04:11du droit,
01:04:12une rupture
01:04:12dont nous mettrons
01:04:13des années
01:04:14à mesurer
01:04:14toutes ses conséquences.
01:04:16Face à cela,
01:04:17notre groupe souhaite
01:04:18parler clairement
01:04:19et avec responsabilité.
01:04:21Nous condamnons
01:04:22sans ambiguïté
01:04:23la guerre d'agression
01:04:24menée par les Etats-Unis
01:04:26et Israël
01:04:26contre l'Iran.
01:04:28Quel que soit
01:04:29notre collègue
01:04:30Kadi qui est parti,
01:04:31mais je ne doute pas
01:04:31que ça lui sera
01:04:33rapporté sur...
01:04:34Notre collègue Kadi,
01:04:35écoutez,
01:04:35je vais le dire.
01:04:36Quel que soit
01:04:37notre opposition
01:04:38intransigeante
01:04:39avec le régime iranien,
01:04:41quels que soient
01:04:41les combats
01:04:42que nous menons
01:04:42depuis toujours
01:04:43et nous étions
01:04:44parfois bien seuls
01:04:45pour les libertés,
01:04:47les droits humains
01:04:47et plus particulièrement
01:04:48le droit des femmes,
01:04:50rien ne saurait justifier
01:04:51une telle violation
01:04:53du droit international.
01:04:54La notion
01:04:55de guerre préventive
01:04:56invoquée aujourd'hui
01:04:57ne repose
01:04:58sur aucun fondement solide.
01:05:00L'histoire pourtant
01:05:01nous enseigne
01:05:01une chose simple.
01:05:03On n'impose pas
01:05:04la démocratie
01:05:04par la guerre.
01:05:05On ne construit
01:05:07jamais la liberté
01:05:07sur la destruction.
01:05:08La remise en cause
01:05:10des règles communes
01:05:11par les Etats-Unis
01:05:12et Israël
01:05:12est une attaque
01:05:13en règle
01:05:13à la construction
01:05:15d'un monde
01:05:15moderne,
01:05:16pacifié.
01:05:17Ce qui se déroule
01:05:18sous nos yeux
01:05:19est une agression
01:05:20qui franchit
01:05:21des lignes rouges
01:05:21extrêmement graves.
01:05:23Les éliminations
01:05:24ciblées de dirigeants
01:05:25constituent
01:05:26des exécutions
01:05:28extrajudiciaires.
01:05:29Elles remettent
01:05:30en cause
01:05:30les principes fondamentaux
01:05:32du droit international.
01:05:33Mais plus grave,
01:05:35elles privent
01:05:36le peuple iranien,
01:05:38celui qui vit en Iran
01:05:39comme celui
01:05:40qui vit en exil,
01:05:41celui qui a dû fuir
01:05:43le régime islamiste.
01:05:44Elles le privent
01:05:45de jugement,
01:05:47elles le privent
01:05:47de vérité
01:05:48et elles le privent
01:05:50de réparation
01:05:51et donc
01:05:52de reconstruction.
01:05:53Elles fragilisent
01:05:54ainsi
01:05:55l'avenir
01:05:56et repoussent
01:05:57au lointain
01:05:57la construction
01:05:58d'un Iran
01:05:59pacifié
01:06:00et démocratique.
01:06:02Elles ouvrent
01:06:03de fait
01:06:03une période
01:06:04d'instabilité
01:06:05dont nous ne pouvons
01:06:06aujourd'hui
01:06:07mesurer l'ampleur.
01:06:08En trois semaines,
01:06:09le conflit
01:06:10a changé de nature.
01:06:11Il s'est étendu.
01:06:12Le Liban
01:06:13est touché,
01:06:13l'Irak
01:06:14est déstabilisé,
01:06:15les tensions
01:06:15gagnent
01:06:16l'ensemble
01:06:16du Golfe.
01:06:17La logique
01:06:18est celle
01:06:19d'une escalade
01:06:20mais d'une escalade
01:06:21sans fin.
01:06:22Et comme toujours,
01:06:23ce sont les peuples
01:06:23qui paient le prix.
01:06:24Des milieux de morts,
01:06:26des centaines
01:06:26d'enfants tués,
01:06:27des millions
01:06:28de déplacés,
01:06:29des villes détruites,
01:06:30des infrastructures
01:06:31essentielles
01:06:32anéanties.
01:06:33A cela s'ajoutent
01:06:35des risques écologiques
01:06:36majeurs,
01:06:36notamment après
01:06:38les frappes
01:06:38sur des installations
01:06:39sensibles.
01:06:40Nous sommes donc
01:06:41bien face
01:06:41à un danger global,
01:06:42un danger qui dépasse
01:06:44cette région du monde.
01:06:45Et la fermeture
01:06:46du détroit d'Ormuz
01:06:47en est une illustration
01:06:48immédiate.
01:06:50Les prix de l'énergie
01:06:51augmentent,
01:06:51les conséquences
01:06:52se font sentir
01:06:53jusque dans notre pays.
01:06:55Et une question demeure,
01:06:57qui paie,
01:06:58qui en profite ?
01:07:00Nous refusons
01:07:01que la guerre
01:07:02devienne une opportunité
01:07:03de spéculation.
01:07:05Spéculation
01:07:05sur l'essence,
01:07:06le gaz,
01:07:07les engrais,
01:07:08de la pêche
01:07:09à l'agriculture
01:07:10en passant
01:07:10par la plasturgie,
01:07:11ce sont des pans
01:07:12entiers de notre économie
01:07:14qui sont menacés.
01:07:15Une menace
01:07:16dont personne
01:07:17ne peut prédire
01:07:17la durée,
01:07:18une menace
01:07:19qui pèse
01:07:19sur le long terme,
01:07:20car rien ne peut garantir
01:07:22que les spéculateurs
01:07:22d'aujourd'hui
01:07:23seront les bienfaiteurs
01:07:25de demain,
01:07:26faisant revenir
01:07:27les prix
01:07:27à ceux
01:07:28de fin février
01:07:282026.
01:07:30La guerre économique
01:07:31est là
01:07:31et nous la subissons.
01:07:33Et pour combien
01:07:34de temps
01:07:34nos concitoyens
01:07:35vont subir
01:07:35ces hausses ?
01:07:36Pour combien
01:07:37de temps
01:07:38choisir
01:07:38entre se déplacer
01:07:40ou se nourrir
01:07:40va s'imposer
01:07:41à nos concitoyens ?
01:07:43Monsieur le Premier ministre,
01:07:45de nombreux pays
01:07:45européens ont d'ores
01:07:46et déjà pris
01:07:47des mesures diverses.
01:07:48Que comptez donc
01:07:49vous faire
01:07:49concrètement
01:07:50pour nos concitoyens ?
01:07:52Au-delà
01:07:53de ce qui est en jeu,
01:07:54c'est l'ordre
01:07:54international lui-même.
01:07:56Une ligne de fracture
01:07:57apparaît alors clairement.
01:07:58entre celles et ceux
01:07:59qui défendent
01:08:00le droit international
01:08:01et celles et ceux
01:08:02qui s'en affranchissent.
01:08:04C'est une question
01:08:05qui traverse aujourd'hui
01:08:06l'ensemble
01:08:07de la communauté
01:08:08européenne
01:08:10internationale.
01:08:11L'Europe a su,
01:08:12à juste titre,
01:08:13défendre le droit
01:08:14dans d'autres contextes.
01:08:15Mais aujourd'hui,
01:08:15sa parole
01:08:17apparaît plus hésitante.
01:08:18Cette hésitation
01:08:19fragilise le droit
01:08:20lui-même,
01:08:21car le droit
01:08:22n'est crédible
01:08:22que s'il est universel.
01:08:24nous faisons
01:08:25pour notre part
01:08:26un choix clair.
01:08:27Le choix du droit,
01:08:28le choix de la justice,
01:08:30le choix de la paix.
01:08:31Et ces choix
01:08:32impliquent
01:08:32des actes concrets.
01:08:34Refuser
01:08:34toute annexion,
01:08:36sanctionner
01:08:36toute violation
01:08:37de la souveraineté
01:08:38des peuples,
01:08:39et ces principes
01:08:40doivent s'appliquer
01:08:41partout,
01:08:42y compris
01:08:43à Gaza,
01:08:44en Cisjordanie
01:08:45et au Liban.
01:08:46Au Liban,
01:08:47qui devient de fait
01:08:48un pays occupé,
01:08:49ce sont plus de bombes
01:08:51qui sont tombées
01:08:51ces trois dernières semaines
01:08:52que sur l'Iran.
01:08:54Les souffrances
01:08:55des populations civiles,
01:08:56les destructions massives,
01:08:57les déplacements forcés
01:08:58imposent une responsabilité
01:09:00internationale
01:09:01à la hauteur.
01:09:03Et enfin,
01:09:04quel devenir
01:09:04pour le peuple ukrainien
01:09:06soutenu ici
01:09:08comme ailleurs
01:09:09face à l'agresseur russe,
01:09:11alors même
01:09:11que l'interdiction
01:09:13des importations
01:09:13de pétrole russe
01:09:14vient d'être retirée
01:09:16de l'agenda
01:09:16à court terme
01:09:17de Bruxelles ?
01:09:18Quel message
01:09:19renvoyons-nous
01:09:20collectivement
01:09:21à nos peuples ?
01:09:22Y aurait-il
01:09:23les méchants
01:09:23d'un jour
01:09:24et les méchants
01:09:25d'un autre jour ?
01:09:26Enfin,
01:09:27quel avenir
01:09:28pour nos ressortissants,
01:09:29Cécile Collère
01:09:30et Jacques Paris,
01:09:31certes libérés
01:09:32des géoles iraniennes,
01:09:33mais toujours assignés
01:09:34à l'ambassade de France ?
01:09:36Que penser
01:09:37des propos
01:09:38de l'ambassadeur
01:09:39d'Iran en France
01:09:39qui affirme
01:09:40avec un certain cynisme,
01:09:41je cite,
01:09:42qu'il est possible
01:09:43qu'il revienne
01:09:44un jour en France ?
01:09:46Face à cette situation,
01:09:47la France
01:09:48a une responsabilité
01:09:49particulière.
01:09:51Membre permanent
01:09:52du Conseil
01:09:52de sécurité,
01:09:54seul pays
01:09:54de l'Union européenne
01:09:55à posséder
01:09:56l'arme nucléaire,
01:09:57elle doit porter
01:09:58une voie indépendante,
01:10:00forte et cohérente.
01:10:01Cela implique
01:10:02de ne pas participer
01:10:03à cette guerre,
01:10:04ni directement,
01:10:05ni indirectement.
01:10:07Cela implique
01:10:08de garantir
01:10:08que notre territoire
01:10:09ne soit pas utilisé
01:10:11à des fins contraires
01:10:12au droit international.
01:10:14Cela implique aussi
01:10:15de parler clairement
01:10:16à nos alliés,
01:10:17de dire non
01:10:18quand le droit
01:10:19est bafoué,
01:10:19de dire non
01:10:20à la logique de guerre.
01:10:22Au-delà du cessez-le-feu
01:10:24indispensable,
01:10:25des mesures concrètes
01:10:26doivent être prises.
01:10:28Embargo sur les armes,
01:10:29sanctions,
01:10:29fin des complaisances
01:10:30avec un certain nombre
01:10:32de ses dirigeants.
01:10:34Je l'ai dit,
01:10:35ce qui est en jeu
01:10:35dépasse la seule crise régionale.
01:10:38Finalement,
01:10:39c'est notre capacité collective
01:10:42à faire respecter
01:10:43le droit
01:10:44qui doit être démontré
01:10:46dans les jours à venir.
01:10:48Renoncer à ce principe,
01:10:49c'est accepter un monde
01:10:50où la force prime,
01:10:52un monde de conflits permanents,
01:10:55un monde d'instabilité.
01:10:57Et ce monde-là,
01:10:58Monsieur le Premier ministre,
01:10:59Mesdames et Messieurs les ministres,
01:11:00nous ne l'acceptons pas,
01:11:02nous ne l'accepterons jamais.
01:11:04Dans un contexte déjà marqué
01:11:06par des bouleversements majeurs,
01:11:07climatiques, économiques et sociaux,
01:11:10nous n'avons ni le temps,
01:11:11ni les moyens
01:11:13de renoncer aux droits.
01:11:15C'est pourquoi nous continuerons
01:11:17à porter avec constance,
01:11:20détermination,
01:11:20le respect du droit international,
01:11:23la paix
01:11:23et la souveraineté des peuples.
01:11:25Parce que c'est au fond,
01:11:26à nos yeux,
01:11:27la seule voie d'avenir,
01:11:29la seule voie pour un monde de paix,
01:11:31capable de projeter
01:11:32vers un monde meilleur
01:11:33les habitants de notre planète.
01:11:36Le président Cédric Perrin
01:11:38a évoqué la situation
01:11:40au Liban
01:11:41où le Hezbollah
01:11:42a entraîné
01:11:44le pays
01:11:44dans une guerre
01:11:45qu'il n'avait pas choisie.
01:11:46Et vous avez eu raison,
01:11:47Monsieur le Président,
01:11:47de rappeler
01:11:47que le Hezbollah,
01:11:49ça n'est pas
01:11:50le Liban
01:11:51et qu'il faut faire la différence.
01:11:53Dans une guerre
01:11:54qu'il n'avait pas choisie
01:11:55et qui n'est pas sans nous rappeler
01:11:57l'escalade militaire
01:11:59entre Israël et le Hezbollah
01:12:00du mois d'octobre 2024.
01:12:02Et lorsque je me suis rendu
01:12:03à Beyrouth la semaine dernière,
01:12:06j'ai rencontré
01:12:06des familles libanaises
01:12:08qui se trouvaient
01:12:08une nouvelle fois
01:12:09dans les mêmes abris
01:12:10dans lesquels
01:12:11elles avaient trouvé refuge
01:12:13il y a un peu moins
01:12:14d'un an et demi.
01:12:17Une attaque du Hezbollah
01:12:19sur Israël
01:12:20qui a appelé
01:12:21de la part d'Israël
01:12:23des représailles
01:12:24qui ont provoqué
01:12:25plus d'un millier de morts
01:12:27et plus d'un million
01:12:28de déplacements
01:12:30de Libanaises
01:12:31et de Libanais
01:12:32du sud vers le nord.
01:12:33Et dans ce contexte,
01:12:34nous avons salué
01:12:36et soutenu
01:12:36les décisions très courageuses
01:12:37du gouvernement libanais
01:12:39qui, après avoir adopté
01:12:40le 5 août dernier
01:12:41un plan de désarmement
01:12:42du Hezbollah,
01:12:43ont plus récemment
01:12:44décidé de déclarer illégales
01:12:47les activités militaires
01:12:48du Hezbollah,
01:12:49ordonnées à l'armée
01:12:50de procéder
01:12:51à leur interruption,
01:12:53désarmement de la milice,
01:12:56et cette semaine,
01:12:57renvoyer,
01:12:58expulser
01:12:59l'ambassadeur
01:13:01d'Iran
01:13:01au Liban.
01:13:03En parallèle,
01:13:04le président Aoun
01:13:05a proposé
01:13:06qu'un dialogue
01:13:07de haut niveau
01:13:08puisse se tenir
01:13:08entre gouvernement libanais
01:13:10et gouvernement israélien
01:13:11pour la première fois
01:13:12dans l'histoire
01:13:14de ces deux pays
01:13:15qui n'ont jamais
01:13:15réellement établi
01:13:17de coexistence pacifique,
01:13:19ce qui est évidemment
01:13:20une marque
01:13:21de courage politique
01:13:22que nous avons
01:13:23là aussi soutenu.
01:13:24Puis nous tenons
01:13:25aux côtés
01:13:27des forces armées
01:13:28libanaises.
01:13:29Nous devions
01:13:29accueillir à Paris
01:13:30le 5 mars
01:13:31une conférence internationale
01:13:33dédiée à ce renforcement
01:13:34qui a été reportée,
01:13:36mais nous sommes
01:13:37en lien
01:13:37avec
01:13:39les forces armées
01:13:41libanaises
01:13:41pour définir
01:13:42la manière
01:13:43dont au moment
01:13:43où la finule
01:13:45va mettre
01:13:48ou va terminer
01:13:49sa mission,
01:13:50que les contingents
01:13:51qui figurent
01:13:54si toutefois
01:13:55nous trouvons
01:13:56un terrain
01:13:56d'entente
01:13:57et un cadre
01:13:58juridique convenable,
01:14:00puisse soutenir
01:14:01d'une manière
01:14:02ou d'une autre
01:14:03les forces armées
01:14:04libanaises
01:14:05dans les différents
01:14:05efforts
01:14:06qu'elles doivent mener.
01:14:07Et quant à Israël,
01:14:09nous avons exhorté
01:14:11les autorités
01:14:12à s'abstenir
01:14:12de toute incursion terrestre,
01:14:14à s'abstenir
01:14:14de toute frappe
01:14:15sur les infrastructures
01:14:16civiles,
01:14:17à préserver
01:14:18les civils
01:14:18tout simplement,
01:14:19les zones
01:14:19d'enseignement peuplées,
01:14:20en particulier
01:14:21la banlieue sud
01:14:22de Beyrouth
01:14:22et le centre
01:14:23de Beyrouth
01:14:23qui a été
01:14:24ciblé,
01:14:25ce qui ne s'était
01:14:26pas produit
01:14:27depuis longtemps
01:14:28au Liban.
01:14:29Et puis,
01:14:30nous les avons
01:14:31très fortement
01:14:33poussés
01:14:34à saisir
01:14:34la main tendue
01:14:35par les autorités
01:14:37libanaises
01:14:37pour engager
01:14:38ce dialogue
01:14:39de haut niveau
01:14:39qui doit pouvoir
01:14:40dessiner les conditions
01:14:41d'un cessez-le-feu
01:14:43durable,
01:14:44d'un désarmement
01:14:45coordonné
01:14:46et ordonné
01:14:46du Hezbollah
01:14:47qui doit rendre
01:14:48ses armes
01:14:48et puis
01:14:49d'une coexistence
01:14:52pacifique,
01:14:52c'est-à-dire
01:14:53d'arriver
01:14:54jusqu'au point
01:14:54de mettre fin
01:14:56à l'état
01:14:56de guerre
01:14:57permanente
01:14:58qui en réalité
01:14:59subsiste
01:15:00depuis 1949,
01:15:01même si
01:15:01les deux pays
01:15:03sont en trêve.
01:15:05Nous facilitons
01:15:06par ailleurs
01:15:06les discussions
01:15:07entre le Liban
01:15:09et son autre voisin,
01:15:11la Syrie.
01:15:11Le président
01:15:12de la République
01:15:12a réuni
01:15:13les deux présidents
01:15:14pour une visioconférence
01:15:16qui, elle aussi,
01:15:17avait un caractère
01:15:17assez historique.
01:15:19Nous souhaitons
01:15:20que l'escalade
01:15:20s'arrête
01:15:21le plus rapidement
01:15:22possible
01:15:23et que s'engage
01:15:26un travail
01:15:28des autorités
01:15:29libanaises,
01:15:29de l'armée libanaise,
01:15:30mais avec
01:15:31les deux voisins
01:15:33pour que la paix
01:15:34et la stabilité
01:15:35puissent revenir au Liban,
01:15:36qu'ils puissent
01:15:37se doter
01:15:37d'un État fort,
01:15:38souverain,
01:15:38disposant du monopole
01:15:39des armes,
01:15:40capable d'assurer
01:15:40la sécurité
01:15:41de toutes les communautés
01:15:42et notamment
01:15:43la communauté chiite
01:15:44et d'assurer
01:15:46cette coexistence
01:15:47pacifique
01:15:48avec ses voisins.
01:15:49Michael Vallée
01:15:50a soulevé
01:15:51un certain nombre
01:15:52de questions.
01:15:53D'abord,
01:15:54en revenant
01:15:54sur les motifs
01:15:55parfois invoqués
01:15:58par les autorités
01:15:59américaines
01:16:00pour expliquer
01:16:02le déclenchement
01:16:03des opérations
01:16:04militaires
01:16:04le 28 février dernier,
01:16:06il a semblé
01:16:07s'interroger,
01:16:07vous avez semblé
01:16:08vous interroger,
01:16:09monsieur le sénateur,
01:16:09sur la menace
01:16:11que soulève
01:16:12le programme
01:16:13nucléaire iranien.
01:16:16Il ne m'appartient pas
01:16:18de justifier
01:16:18des opérations
01:16:19militaires
01:16:19que nous n'avons pas
01:16:20approuvées
01:16:20et que nous ne
01:16:21participons pas.
01:16:22Mais il m'appartient
01:16:23de rappeler
01:16:23quelques éléments
01:16:24qui attestent
01:16:26du fait
01:16:26que le développement
01:16:29du programme
01:16:29nucléaire iranien
01:16:30ces dernières années
01:16:33contrevient
01:16:33aux droits
01:16:34internationaux
01:16:34et à tous
01:16:35les engagements
01:16:35que l'Iran
01:16:36a pris.
01:16:37L'année dernière,
01:16:38avant le déclenchement
01:16:39de la guerre
01:16:40des 12 jours,
01:16:40monsieur le sénateur,
01:16:42d'après les rapports
01:16:42de l'AIEA,
01:16:43l'Iran disposait
01:16:45de 6 000 kilos
01:16:46d'uranium enrichi,
01:16:47soit 30 fois plus
01:16:49que la limite fixée
01:16:50par l'accord
01:16:51qui avait été trouvé
01:16:51il y a 10 ans.
01:16:52Et là où le temps
01:16:53nécessaire
01:16:54à la constitution
01:16:54d'une bombe
01:16:56avait été fixé
01:16:57par ce même accord
01:16:58à une année,
01:16:59il était,
01:17:00avant la guerre
01:17:01des 12 jours,
01:17:02de quelques jours
01:17:03seulement.
01:17:04En tout cas,
01:17:04le temps nécessaire
01:17:05à la constitution
01:17:07de la quantité
01:17:09d'uranium enrichi
01:17:10pour la constitution
01:17:10d'une bombe.
01:17:12Donc, à nouveau,
01:17:12je ne dis pas ça
01:17:13pour justifier
01:17:14des opérations militaires.
01:17:15Je dis ça
01:17:16pour rappeler
01:17:17à ceux qui semblent
01:17:19parfois l'oublier
01:17:19que l'Iran a violé
01:17:21à de très nombreuses
01:17:23reprises
01:17:23le droit international,
01:17:24ses engagements
01:17:25internationaux,
01:17:26ses engagements
01:17:27relatifs à l'accord
01:17:28sur le nucléaire iranien,
01:17:29tant et si bien
01:17:29que nous avons décidé
01:17:30à la fin du mois
01:17:31de septembre dernier
01:17:31de réappliquer,
01:17:33puisque nous en avions
01:17:34conservé le droit,
01:17:35l'ensemble des embargos
01:17:36qui avaient été levés
01:17:37il y a dix ans,
01:17:38embargo sur les banques,
01:17:39embargo sur les équipements
01:17:40nucléaires,
01:17:41embargo sur les armes
01:17:42également.
01:17:43Vous avez évoqué,
01:17:45comme d'autres,
01:17:46la position des Européens.
01:17:47Alors, bien sûr
01:17:49qu'il y a eu
01:17:50quelques différences
01:17:51d'appréciation
01:17:51et différences
01:17:53dans les expressions.
01:17:54Mais moi,
01:17:54ce que je constate,
01:17:55je préfère regarder
01:17:56le verre à moitié plein.
01:17:58C'est ainsi
01:17:59que je regarde l'Europe
01:18:00pour ce qui me concerne,
01:18:02ce qui ne m'empêche pas
01:18:03d'être parfois exigeant.
01:18:05Je constate
01:18:05qu'aucun pays européen
01:18:06ne s'est déclaré
01:18:07comme partie prenante
01:18:08à cette guerre
01:18:09et qu'aucun pays européen
01:18:11n'y participe
01:18:11d'une manière
01:18:12ou d'une autre.
01:18:13Et puis,
01:18:13j'y reviendrai
01:18:14en réponse
01:18:15à d'autres questions.
01:18:16Je crois que l'Europe
01:18:17a montré,
01:18:18par la sécurité
01:18:18qu'elle a apportée
01:18:19à ses ressortissants,
01:18:20par la sécurité
01:18:21qu'elle a apportée
01:18:22à ses alliés,
01:18:23son meilleur visage,
01:18:24celui d'une union
01:18:25de pays libres
01:18:27qui ne se laisse pas
01:18:28entraîner dans des guerres
01:18:29qu'ils n'ont pas choisies,
01:18:30même lorsqu'elles sont menées
01:18:31par des alliés,
01:18:33mais qui déploie
01:18:35ses capacités
01:18:36pour tenir
01:18:38les engagements internationaux,
01:18:39les engagements
01:18:40qu'elle a pris
01:18:41auprès d'autres pays.
01:18:43Où se situe la France ?
01:18:44Nous l'avons dit
01:18:45très clairement.
01:18:47Il s'agissait là
01:18:47d'opérations militaires
01:18:49dont les buts
01:18:49n'étaient pas précisément définis,
01:18:51qui étaient conduites
01:18:51à l'écart
01:18:52du droit international,
01:18:54que nous ne pouvions
01:18:55donc approuver
01:18:55et auxquelles
01:18:56nous ne pouvions
01:18:57en aucun cas
01:18:59participer.
01:18:59Vous avez évoqué
01:19:00la question
01:19:01des moyens de pression
01:19:02et notamment
01:19:02les moyens de pression
01:19:03sur Israël,
01:19:05en semblant écarter
01:19:07de revers de la main
01:19:09les sanctions
01:19:09que nous avions
01:19:10pu prendre
01:19:11à l'encontre
01:19:12notamment des colons
01:19:13extrémistes
01:19:14et violents
01:19:14en Cisjordanie,
01:19:16au niveau national
01:19:16comme au niveau européen.
01:19:17Je veux quand même rappeler
01:19:18que lorsque nous avons
01:19:20au niveau européen
01:19:22d'abord
01:19:23la France
01:19:24et puis un peu plus tard
01:19:25l'Allemagne
01:19:26mis en question
01:19:27l'accord d'association
01:19:28entre l'Union européenne
01:19:30et Israël,
01:19:32proposition que
01:19:33la Commission européenne
01:19:35a formulée
01:19:35à la rentrée
01:19:36de septembre dernier,
01:19:38c'est sans doute
01:19:39l'un des éléments
01:19:39décisifs
01:19:40qui a permis
01:19:41la fin
01:19:41de la guerre
01:19:43à Gaza
01:19:44même si le cessez-le-feu
01:19:46depuis a été fragile.
01:19:48Et puis enfin,
01:19:48peut-être
01:19:49un petit désaccord
01:19:50sur la manière
01:19:52dont vous avez évoqué
01:19:54le sujet
01:19:55des doubles standards
01:19:56des géométries variables
01:19:57que certains ont évoquées.
01:19:59Vous avez semblé dire
01:20:00que
01:20:01à moins de
01:20:03je dirais
01:20:04de
01:20:07à moins de
01:20:09prendre des positions
01:20:10un peu différentes
01:20:10de celles
01:20:11que nous avons prises,
01:20:12nous risquons
01:20:12d'être
01:20:14critiqués
01:20:14par les pays du Sud
01:20:16qui,
01:20:16en tout cas
01:20:17c'est ce que j'ai compris
01:20:18de votre intervention,
01:20:19se trouveraient aujourd'hui
01:20:20en soutien de l'Iran.
01:20:23Personne,
01:20:24aucun pays du monde
01:20:25du Sud,
01:20:26du Nord,
01:20:26de l'Est et de l'Ouest
01:20:27n'est aujourd'hui
01:20:27en soutien de l'Iran
01:20:29qui a décidé
01:20:29de prendre pour cible
01:20:31des pays
01:20:33qui ne l'avaient pas
01:20:34agressé
01:20:35pour commencer.
01:20:36Et j'en veux pour preuve
01:20:36l'adoption aujourd'hui
01:20:39par le Conseil des droits
01:20:40de l'homme
01:20:40des Nations Unies
01:20:41à l'unanimité
01:20:4247 pays
01:20:43représentés
01:20:44avec des blocs
01:20:46de toutes
01:20:46les zones géographiques
01:20:48d'une résolution
01:20:50qui condamne
01:20:55les attaques
01:20:56non provoquées
01:20:57perpétrées
01:20:57par l'Iran.
01:20:59Donc il faut bien
01:20:59avoir à l'esprit
01:21:00qu'on n'est pas
01:21:01dans la situation
01:21:02d'autres conflits
01:21:03où la communauté internationale
01:21:05se partage
01:21:05ou les pays du Sud
01:21:06se rallient
01:21:07d'un côté
01:21:08plutôt que de l'autre.
01:21:09Vous voyez de quel conflit
01:21:09je veux parler.
01:21:10On est ici face
01:21:11à une série
01:21:14de représailles
01:21:14que l'Iran a prises
01:21:15et qui sont condamnées
01:21:17par l'ensemble
01:21:17de la communauté internationale.
01:21:20Claude Maluré
01:21:21a rappelé
01:21:23avec beaucoup de force
01:21:26les grands paramètres
01:21:29du moment
01:21:29que nous vivons.
01:21:31En l'écoutant
01:21:32je ne pouvais pas
01:21:34m'empêcher
01:21:35de penser
01:21:35aux premières heures
01:21:37qui ont suivi
01:21:37le déclenchement
01:21:38de ces opérations militaires
01:21:39dont chacun ici
01:21:41a conscience
01:21:42que les buts
01:21:43n'étaient pas précisément définis
01:21:44ce qui explique
01:21:44une partie du chaos
01:21:46dans lequel nous
01:21:46nous trouvons
01:21:47plongés
01:21:48à cet instant.
01:21:50Et dans les premières heures
01:21:51il y en a eu
01:21:52sur des plateaux
01:21:53de télévision
01:21:54pour peut-être
01:21:55fasciner par le déploiement
01:21:56de la force militaire
01:21:57d'une certaine manière
01:21:59se réjouir
01:22:00ou applaudir
01:22:03ces déploiements
01:22:04ou ces opérations militaires
01:22:06sans anticiper
01:22:07les conséquences
01:22:09qu'elles peuvent avoir
01:22:09et en passant
01:22:11par pertes et profits
01:22:12ces grands principes
01:22:13du droit international
01:22:14qui ne sont pas là
01:22:14pour le geste
01:22:17mais qui sont
01:22:18le fruit
01:22:19d'une longue histoire
01:22:21notamment européenne
01:22:23faite de siècles
01:22:24de guerre
01:22:24et de paix
01:22:25qui nous
01:22:26nation européenne
01:22:27nous ont enseigné
01:22:28que l'intégrité territoriale
01:22:30donc le respect
01:22:31des frontières
01:22:32que l'audité
01:22:32détermination
01:22:33des peuples
01:22:34que le non-recours
01:22:35à la force
01:22:36à moins qu'il ne soit
01:22:37prescrit
01:22:38par la communauté internationale
01:22:40sont des principes
01:22:41peut-être un peu
01:22:42simples
01:22:42peut-être un peu
01:22:44ringards
01:22:44mais qui sont les seuls
01:22:45qu'on ait inventés
01:22:46jusqu'à présent
01:22:47pour garantir
01:22:48la paix
01:22:48et la stabilité
01:22:50vous avez
01:22:51ensuite
01:22:51parlé de l'Europe
01:22:52et je crois que là
01:22:53vous avez fait
01:22:54le constat le plus juste
01:22:55ce que nous voyons
01:22:57devant nous
01:22:57c'est une rivalité croissante
01:22:58entre deux superpuissances
01:23:00et je ne range pas la Russie
01:23:01dans cette catégorie là
01:23:02la Chine
01:23:03et les Etats-Unis
01:23:03avec
01:23:04une tension grandissante
01:23:06qui va avoir
01:23:07si rien n'est fait
01:23:09des conséquences
01:23:09de plus en plus
01:23:10préoccupantes
01:23:10sur nos vies quotidiennes
01:23:13comme c'est le cas
01:23:13aujourd'hui
01:23:14avec la flambée
01:23:15des prix
01:23:16des hydrocarbures
01:23:17la seule manière
01:23:18d'éviter que cette
01:23:19conflictualité
01:23:20ne dérive
01:23:21et qu'elle nous entraîne
01:23:22nous-mêmes
01:23:23dans des conflits
01:23:24que nous n'aurions pas choisis
01:23:26du fait de nos dépendances
01:23:27c'est l'Europe
01:23:28l'Europe qui se lève
01:23:30qui assume
01:23:31son destin
01:23:33d'indépendance
01:23:34qui s'en donne les moyens
01:23:35et vous l'avez dit
01:23:36à la fin de votre intervention
01:23:37c'est plus facile à dire
01:23:38qu'à faire
01:23:38ça suppose
01:23:39un certain nombre
01:23:40d'efforts
01:23:40que le Premier ministre
01:23:41a apporté
01:23:42avec les lois
01:23:42de programmation militaire
01:23:44avec le budget
01:23:46que nous avons fini
01:23:47par adopter
01:23:48des efforts sans doute
01:23:49à faire à l'avenir
01:23:50parce que l'Europe
01:23:52ne sera indépendante
01:23:52que si la France
01:23:54ne montre la voie
01:23:55et je crois que
01:23:56le moment
01:23:57l'exige
01:23:58Cécile Kukerman
01:23:59a rappelé
01:24:00à raison
01:24:01que la guerre
01:24:02préventive
01:24:03les guerres préventives
01:24:04n'ont aucune justification
01:24:06en droit international
01:24:07le recours à la force
01:24:08n'est justifiable
01:24:10que lorsqu'il relève
01:24:11de la légitime défense
01:24:12ou lorsqu'il est prescrit
01:24:13par le Conseil de sécurité
01:24:14des Nations Unies
01:24:15et puis vous avez rappelé
01:24:16que ce sont les peuples
01:24:17qui payent le prix
01:24:18le plus lourd
01:24:18de ces conflits
01:24:20peuple iranien
01:24:21peuple israélien
01:24:22peuple libanais
01:24:24mais aussi
01:24:25dans la quinzaine
01:24:26des pays
01:24:26qui sont désormais
01:24:27concernés
01:24:28par cet embrasement
01:24:29régional
01:24:30certains de nos ressortissants
01:24:32qui vivent
01:24:32encore avec l'inquiétude
01:24:34et la peur des bombardeaux
01:24:35ce qui pose problème
01:24:37ce sont les institutions
01:24:38qui sont les gardiennes
01:24:39de ces principes
01:24:41et qui ne parviennent plus
01:24:42à les faire appliquer
01:24:43et c'est pourquoi
01:24:44quand on est la France
01:24:45et qu'on a la responsabilité
01:24:46principale
01:24:46de membres permanents
01:24:47du Conseil de sécurité
01:24:48on se doit
01:24:49si on veut être crédible
01:24:51quand on invoque
01:24:51le droit international
01:24:52de proposer
01:24:54des pistes
01:24:54de réformes
01:24:56et en particulier
01:24:57des réformes
01:24:57visant à rendre
01:24:58ces institutions
01:25:00les Nations Unies
01:25:00et leur Conseil de sécurité
01:25:01plus légitimes
01:25:03et plus efficaces
01:25:04plus légitimes
01:25:04en élargissant
01:25:05le cercle
01:25:05des membres permanents
01:25:06du Conseil de sécurité
01:25:07qui en réalité
01:25:08vous le savez
01:25:10est formé
01:25:10de 15 membres
01:25:11dont les 5 puissances
01:25:13victorieuses
01:25:13de la Deuxième Guerre mondiale
01:25:14et 10 membres élus
01:25:15tous les deux ans
01:25:16il s'agit maintenant
01:25:17d'élargir le cercle
01:25:18des membres permanents
01:25:19avec les grands émergents
01:25:21Brésil et Inde
01:25:21avec le Japon
01:25:22et l'Allemagne
01:25:23et avec deux pays africains
01:25:24qui rendront
01:25:25les décisions du Conseil
01:25:26plus légitimes
01:25:27et puis plus efficaces aussi
01:25:28et l'initiative
01:25:30que porte la France
01:25:30depuis ce qui s'est passé
01:25:32en Syrie
01:25:32où le droit international
01:25:33n'a pas pu protéger
01:25:34les 400 000 Syriens
01:25:36qui sont morts
01:25:36dans la guerre civile
01:25:37et bien c'est de retirer
01:25:39le droit de veto
01:25:39aux membres permanents
01:25:40du Conseil de sécurité
01:25:41lorsque sont constatées
01:25:42des atrocités de masse
01:25:44pour que ces situations
01:25:45ne puissent pas
01:25:46rester impunies
01:25:48et puis Akhli Melouli
01:25:49avec beaucoup de force
01:25:50et beaucoup de cœur
01:25:51a lui aussi rappelé
01:25:53les géométries
01:25:54la nécessité
01:25:55d'éviter
01:25:57la diplomatie
01:25:59à géométrie variable
01:25:59mais je veux le redire
01:26:04la France ne fait pas
01:26:06de double standard
01:26:06et si le droit international
01:26:09n'a pas suffi
01:26:10à mettre fin
01:26:11à certains conflits
01:26:12au Proche-Orient
01:26:12ni à mettre fin
01:26:14en conflit en Ukraine
01:26:15puisqu'un membre
01:26:16lui aussi investi
01:26:17de la responsabilité
01:26:18principale
01:26:19au Conseil de sécurité
01:26:21est le principal agresseur
01:26:23du peuple ukrainien
01:26:24et bien ça ne nous empêche pas
01:26:25nous de veiller
01:26:27à ce que
01:26:28les principes
01:26:29du droit international
01:26:29soient rappelés
01:26:30partout et tout le temps
01:26:31vous avez dit
01:26:32l'Espagne a montré
01:26:33le meilleur visage
01:26:34de l'Europe
01:26:34moi je vais vous dire
01:26:35ce que je pense vraiment
01:26:36le meilleur visage de l'Europe
01:26:37il a été donné
01:26:38par la France
01:26:40et par sa marine nationale
01:26:41qui s'est déployée
01:26:42en un temps record
01:26:43en Méditerranée orientale
01:26:44pour démontrer sa capacité
01:26:46à sécuriser
01:26:47nos partenaires européens
01:26:48Chypre
01:26:48un pays de l'Union européenne
01:26:50a été ciblé
01:26:52touché
01:26:53et nos moyens militaires
01:26:55étaient déployés
01:26:55pour lui porter secours
01:26:57c'est ça l'Europe
01:26:57c'est la solidarité
01:26:58c'est la fidélité
01:27:00lorsqu'on prend des engagements
01:27:01vis-à-vis des pays
01:27:02du Golfe
01:27:03et c'est le refus
01:27:04de se laisser entraîner
01:27:05dans une guerre
01:27:06qui n'est pas la nôtre
01:27:07et puis enfin
01:27:07vous avez rappelé
01:27:08l'importance
01:27:09de ne pas oublier
01:27:10le conflit israélo-palestinien
01:27:12qui est au coeur
01:27:13des convulsions
01:27:15qui secouent
01:27:16la région
01:27:17depuis trop longtemps
01:27:18nous avons l'année dernière
01:27:20beaucoup travaillé
01:27:21vous vous en souvenez
01:27:22pour faire émerger
01:27:23un consensus international
01:27:25autour de la solution
01:27:25à deux états
01:27:26avec une exigence
01:27:28pour nous
01:27:29qui est la sécurité
01:27:29d'Israël
01:27:30une exigence pour nous
01:27:31qui est l'autodétermination
01:27:32ou le droit
01:27:33à l'autodétermination
01:27:34du peuple palestinien
01:27:36et nous allons continuer
01:27:37à oeuvrer en ce sens
01:27:39parce que c'est la seule
01:27:40solution susceptible
01:27:42de ramener la paix
01:27:43et la sécurité
01:27:44dans cette région
01:27:44Merci à toutes et à tous
01:27:46d'avoir suivi ce débat
01:27:47pour plus d'informations
01:27:48rendez-vous sur notre site
01:27:50publicsénat.fr
01:27:51très belle journée à vous
01:27:53à très vite
01:27:53sur les chaînes parlementaires
01:27:56Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:57Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:01Sous-titrage Société Radio-Canada
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