00:00Ici Alsace, jusqu'à 9h, ici matin.
00:04Une cellule d'écoute des victimes de violences et d'agressions sexuelles,
00:08Héloïse, vient d'être créée en Alsace.
00:10Elle a été mise en place par la direction diocésaine de l'enseignement catholique.
00:14Ce n'est pas la première mise en place dans notre région.
00:16Bonjour André Laurent.
00:17Bonjour.
00:18Vous êtes le président de la fédération France Victime dans le Barin.
00:22Alors depuis le rapport de la CIAS,
00:24la commission indépendante sur les abus sexuels dans l'église en 2021,
00:27vous avez signé une convention avec le diocèse de Strasbourg.
00:31Cette fois, on parle de victimes pas seulement de l'église,
00:33mais bien de l'enseignement catholique.
00:35Qu'est-ce que ça change ?
00:37Ça change qu'il y a effectivement des victimes ou des institutions
00:43dans l'enseignement catholique qui ne relèvent pas directement de l'évêché, d'une part.
00:48D'autre part, les victimes dans le cadre de l'église sont quand même un peu spécifiques
00:54et les actions qui sont amenées, par exemple en matière de prévention,
00:58sont différentes que ce qui se fait, par exemple, dans le cadre de l'église classique.
01:02Donc ça veut dire qu'une cellule doit travailler effectivement sur l'écoute des victimes,
01:07la réception, les accompagner dans leur démarche,
01:10puisqu'il y a des organismes publics, soit dans le droit commun, classique,
01:17avec des mécanismes existants.
01:19Mais quand les faits sont prescrits,
01:21il n'y a plus rien au niveau national, au niveau public,
01:25mais l'église a mis en place des organismes d'écoute et d'indemnisation,
01:32tant pour les victimes dans le cadre de l'église classique,
01:37au niveau des diocèses,
01:38mais aussi dans le cadre des victimes dans les congrégations,
01:41donc souvent des enseignements.
01:44Donc là, la cellule qui a été mise en place par la direction diocésaine de l'enseignement
01:48est une cellule qui, au départ, est une cellule d'écoute.
01:51C'est-à-dire que les victimes peuvent se présenter à elles,
01:54elles sont reçues, écoutées,
01:56et ensuite orientées vers soit des mécanismes d'indemnisation,
02:00soit vers, effectivement, des pots de plainte classiques, au parquet.
02:06Et dans ce cas-là, nous accompagnons habituellement les victimes qui sont signalées au parquet.
02:12Oui, vous, vous allez, du coup, participer aussi.
02:15Cette cellule d'écoute va peut-être vous envoyer ces personnes-là, ces témoignages ?
02:21Parce que des discussions sont en cours.
02:23On a travaillé déjà depuis quelques mois avec le directeur du diocésain de l'enseignement.
02:29Les choses n'étaient pas encore mûres ni prêtes,
02:32mais là, l'actualité a fait que cette cellule a été, je dirais, démarrée un peu sur les chapeaux de
02:38roue,
02:38et les contacts sont en cours pour que nous mettions en place des process
02:42où nous pouvons nous relayer, c'est-à-dire que nous avons des professionnels,
02:47des juristes professionnels, des psychologues qui sont habitués,
02:50dont c'est le métier que d'accompagner les victimes.
02:53Nous sommes aussi en relation avec les instances nationales d'indemnisation
02:58et d'écoute à des indemnisations aussi bien des congrégations que des victimes de l'église
03:02dans le cadre du diocésain.
03:03Donc des mécanismes qui sont en place avec une coopération qui est opérationnelle
03:08et qui se pratique depuis déjà plusieurs années,
03:10puisque nous avons accompagné la SIAZ dans sa cellule d'écoute à l'époque.
03:15Donc savoir mieux les réorienter.
03:17Vous, depuis 2021-2022, quand cette première cellule d'écoute a été mise en place,
03:22vous avez suivi combien de personnes depuis ?
03:25Et est-ce qu'encore maintenant, vous avez des appels et des personnes que vous suivez ?
03:29Nous avons effectivement, suite à la convention qui a été signée en janvier 2023,
03:33nous avons à peu près une quarantaine de personnes qui se sont signalées à nous,
03:37que nous avons accompagnées.
03:40Et actuellement, nous recevons encore, mais à un rythme beaucoup plus faible,
03:43bien entendu, qu'au départ,
03:45mais nous avons encore cette année de nouvelles victimes qui se sont signalées à nous
03:48et que nous accompagnons, je dirais, au quotidien, dans leur démarche.
03:52Est-ce qu'on peut dire que depuis ces différents scandales,
03:57le scandale Béteram notamment, la parole se libère de plus en plus ?
04:00Absolument, elle se libère, mais c'est très progressif.
04:03Et comme ce sont, dans ce cas-là, souvent des faits très anciens,
04:07les personnes ont occulté souvent ça.
04:09Donc on va retrouver aujourd'hui des victimes qui ont 60, 70 ans,
04:12qui se rendent compte qu'il leur est arrivé quelque chose,
04:17ça se décante petit à petit,
04:18et à un moment donné, elles ont besoin d'en parler.
04:20Alors ça peut être effectivement d'essayer d'avoir une indemnisation,
04:23mais la plupart des victimes ne recherchent pas forcément un avantage financier.
04:27C'est vraiment une écoute, une reconnaissance de leur statut de victime
04:30pour qu'on leur dise, c'est vrai, il vous arrivez ça,
04:33l'institution va faire en sorte de s'excuser, éventuellement d'indemniser,
04:37mais l'indemnisation n'est pas au cœur, souvent, des demandes de ces personnes.
04:41D'où l'importance de ces cellules d'écoute,
04:43avec ces... c'est peut-être...
04:46comment dire...
04:48que certains souvenirs ressurgissent,
04:50comme là, on a pu le voir à Saint-André-de-Colmar des années 60, 70.
04:54C'est exactement ce qui se passe.
04:56Et donc, c'est pour cela que c'est très progressif,
04:59parce que les personnes entendent effectivement de l'actualité,
05:02bon, bétarins, etc.
05:04Et puis, progressivement, les personnes risquent de se dire,
05:07mais ça m'a aussi arrivé, que s'est-il passé ?
05:10Et elles essaient de remonter dans leurs souvenirs,
05:12et à ce moment-là, elles ont besoin d'une aide
05:14pour essayer de décompter tout ça,
05:16et de comprendre ce qui leur est arrivé.
05:18D'où l'importance que vous soyez là.
05:19Merci beaucoup, André-Laurent.
05:21On rappelle que vous êtes le président de la Fédération France Victime.
05:23De l'association SOS France Victime 67,
05:26et je suis aussi membre du conseil d'administration
05:28de la Fédération au niveau français,
05:30puisque cette fédération a mis en place un numéro national
05:33pour les victimes de l'Église.
05:35C'est bien noté. Bonne journée, merci à vous.
05:37Merci beaucoup.
05:38Il est 8h moins 5, ici Alsace.
05:40Ici Alsace.
05:42Ici Met.
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