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  • il y a 2 jours
Pour la première fois en France, un congrès est organisé ces deux prochains jours afin d'aborder l'intégralité des enjeux liés à la consommation de protoxyde d'azote. Cécile Bossaert, médecin urgentiste au CHU de Lille et présidente du forum, répond aux questions d'ici Nord.

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Transcription
00:00Bonjour Cécile Bossard, vous êtes médecin urgentiste au CHU de Lille, présidente également de ce congrès Nox Forum 2026 qui
00:06ouvre aujourd'hui.
00:07De quoi allez-vous discuter pendant ces deux prochains jours de santé publique, de prévention, de la réponse pénale aussi
00:12apportée ?
00:13Ce sont ça les enjeux aujourd'hui liés au protoxyde d'azote ?
00:16Finalement les enjeux sont assez divers et ce qu'on voulait dans ce congrès c'était essayer d'aborder l
00:22'intégralité ou presque de la thématique
00:24puisqu'elle est à la fois une thématique de santé publique, de soins, de recherche mais aussi de société.
00:30Vous avez parlé de la réponse pénale, vous avez parlé de prévention, c'est aussi les villes, la politique, l
00:36'écologie.
00:37Et tout ça on va essayer d'en parler pendant ces deux jours.
00:40Le protoxyde d'azote a été commercialisé au départ sous forme de capsules pour un usage culinaire.
00:46Quand est-ce que le produit a-t-il commencé à être dévié de son usage initial ?
00:50Comment en est-on arrivé aujourd'hui à ce sujet de santé publique ?
00:53Alors il est dévié depuis plusieurs années, ça fait au moins 10 ans
00:56parce que les étudiants en santé à l'époque déviaient déjà les capsules en milieu festif.
01:03Mais depuis 2020-2021 ce qu'on constate c'est une massification des consommations.
01:08Donc une expansion à un peu toute la jeunesse et surtout une massification de la consommation
01:14par le biais du fait qu'on peut acheter de très très grosses quantités.
01:18Les capsules vous n'en voyez plus, c'est devenu complètement asbine, c'est des bonbonnes voire des tanks
01:23qui font l'équivalent de 500 capsules.
01:26Et donc on consomme, les personnes qui consomment, consomment de très très grandes quantités chaque jour.
01:30Et pourquoi ? Pourquoi inhalt-on du protoxyde d'azote ?
01:32Quelle sensation est-ce que cela procure comparé à d'autres substances ?
01:35On l'appelle le gaz hilarant justement parce qu'il provoque en fait une distorsion sensorielle.
01:40Donc on va avoir une modification des couleurs, une modification des sons.
01:44Ça peut faire rire, ça détend, c'est pour ça que c'est utilisé en anesthésie aussi à l'hôpital.
01:49Et donc c'est ça qu'on recherche, c'est un effet euphorisant de bien-être.
01:53Un petit peu comme avec l'alcool, sauf que ça dure quelques secondes à une minute.
01:57Ce qui cache de graves conséquences ensuite sur la santé.
02:00Qu'est-ce que vous avez constaté au CHU de Lille ?
02:02Vous avez vu des gens arriver qui avaient une grosse consommation de protoxyde d'azote
02:06et qui ont eu des soucis ensuite ?
02:07C'est ça la problématique, c'est que maintenant que les personnes consomment de très très grandes quantités,
02:12on se retrouve avec des complications qu'on ne connaissait pas,
02:14même avec l'usage anesthésique, qui restent bien moindres.
02:18Et donc vous avez des complications chroniques du type atteinte neurologique
02:22avec des gens qui ont des difficultés à la marche, des difficultés à se concentrer, des troubles de mémoire,
02:28des problématiques de thrombose aussi, de caillot de sang.
02:31Et puis pour des choses un peu plus aigües, tout ce qui est traumatique,
02:34chute, accident routier bien sûr, et brûlure, brûlure au froid.
02:38Il est 8h moins le quart, vous êtes sur ICI Nord, et nous sommes en direct avec Cécile Bossard,
02:42présidente du congrès Knox Forum 2026, qui débute aujourd'hui à Lille.
02:45Cécile Bossard, il y a les conséquences sur la santé, qu'on vient d'évoquer, du protoxyde d'azote,
02:50et ses conséquences sur la voie publique, je dirais, puisque vous l'avez dit,
02:52le produit peut provoquer des accidents de la route,
02:54il est impliqué dans plusieurs accidents de la route que nous avons eus ici récents,
02:58parce qu'il est inhalé en voiture, pourquoi là aussi ?
03:01Pourquoi est-ce qu'on l'inhale au volant ? Parce que c'est quelque chose qu'on a constaté.
03:04De la même manière qu'on conduit sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants,
03:08on est en soirée, on est avec des amis, et on consomme, on continue de consommer.
03:12Et puis en plus, c'est une consommation qui a été extrêmement banalisée,
03:16notamment via les réseaux sociaux, parce qu'on leur a dit,
03:19voilà, cette consommation, l'effet ne dure pas longtemps.
03:23Donc on se dit, si je prends le volant, il ne va rien se passer.
03:25Et puis quand on est jeune, on est immortel, souvent.
03:28Et donc on consomme au volant, un peu parce qu'on est dans la fête,
03:33parce qu'on est dans l'ambiance, parce qu'on pense qu'il ne va rien se passer.
03:36Un projet de loi a été présenté hier en Conseil des ministres,
03:39un projet de loi qui est très large, mais qui porte des nouvelles dispositions
03:42sur le protoxyde d'azote.
03:43Il crée trois nouveaux délits.
03:45Inhalation de protoxyde d'azote, un an de prison, 3 750 euros d'amende.
03:48Transport sans motif légitime, deux ans de prison, 7 500 euros d'amende.
03:51Conduite sous emprise, on vient d'en parler, trois ans de prison, 9 000 euros d'amende.
03:55C'est une bonne nouvelle, cette volonté gouvernementale de durcir la législation ?
03:59Alors ce qui est bien, c'est qu'on est un peu mitigé en fait.
04:03Parce que ce qui est bien, c'est que c'est un premier message assez fort
04:09qui dit, voilà, on prend note de la sonnette d'alarme que vous tirez depuis des années.
04:14Et on essaye d'adresser un message puissant aux industriels du protoxyde d'azote
04:19en leur disant que c'est interdit, aux consommateurs aussi en faisant comprendre
04:22que c'est grave de consommer du protoxyde d'azote, que c'est dangereux.
04:25En revanche, c'est largement pas suffisant.
04:27Parce qu'à l'heure actuelle, vous pouvez dire, oui, il y a un délit routier,
04:31un délit de consommation, sauf qu'on est incapable de dépister le protoxyde d'azote.
04:34On ne sait pas le détecter quand il a été consommé, même une demi-heure ou une heure avant.
04:38Les autorités récemment ont dit qu'il y avait des tests qui étaient en cours,
04:41qu'on pourrait le faire un jour, ce n'est pas encore le cas ?
04:43Il existe une société qui commercialise des tests de cette nature,
04:48sauf que le niveau de preuve apporté de son efficacité est insuffisant
04:54pour pouvoir l'utiliser à ce jour.
04:57Donc ce qu'on demande, c'est aussi un soutien institutionnel et financier
05:02de la part de l'État pour aider les chercheurs justement à trouver la solution.
05:08Il y a un débat parallèle.
05:09Certains réclament que le protoxyde d'azote soit classé dans la catégorie des produits stupéfiants.
05:14Est-ce que vous considérez, vous, en tant que médecin, le protoxyde d'azote comme une drogue,
05:17comme un produit stupéfiant en tant que tel ?
05:19Je pense qu'il peut être considéré comme stupéfiant dans le sens où vous avez un mésusage qui est fait
05:25avec des gens qui consomment de plus en plus et qui ont besoin de consommer de plus en plus.
05:30Les addictologues du Congrès vous diront qu'a priori, il y a un mécanisme addictogène de cette molécule.
05:35Cela dit, c'est toujours la même chose.
05:37Le classer comme stupéfiant sans ajouter à ça des mesures
05:401. d'aide, de soutien à la recherche
05:44et 2. de prévention auprès du grand public, ça ne sera jamais suffisant.
05:47Et tous ces sujets, vous en débattrez lors de ce congrès qui débute aujourd'hui,
05:51qui va durer deux jours, c'est à Lille, à l'hôtel de région.
05:54Le public peut d'ailleurs venir, il faut s'inscrire, c'est ça ?
05:56C'est ça, les inscriptions en ligne sont fermées,
05:58mais on peut venir s'inscrire sur place au Conseil Régional.
06:02C'est ça, les inscriptions en ligne sont fermées.
06:02C'est ça, les inscriptions en ligne sont fermées.
06:02C'est ça, les inscriptions en ligne sont fermées.
06:02C'est ça, les inscriptions en ligne sont fermées.
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