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  • il y a 10 heures

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00:00Ce dispositif qui est déjà en place dans certains des départements qui arrivent dans le Nord,
00:04en quoi consiste ce pack nouveau départ ? A qui s'adresse-t-il ?
00:07S'adresse à toutes les personnes victimes de violences conjugales,
00:09mais on sait que l'essentiel de ces victimes, ce sont très nettement des femmes.
00:13Pendant longtemps, on a beaucoup demandé aux femmes victimes de violences.
00:16On leur a demandé d'avoir le courage de partir, d'avoir le courage de porter plainte,
00:19et puis de faire les démarches.
00:20Et donc d'aller frapper à une porte, puis une deuxième, et parfois jusqu'à une dizaine de portes.
00:24Et le risque, c'est qu'elles renoncent à partir,
00:25parce que le lendemain leur paraît encore plus insoutenable, encore plus incertain.
00:30que le fait de rester, c'est d'autant plus que dans 8 cas sur 10,
00:32une femme victime de violences, c'est une mère de famille.
00:35Et donc ce qui peut aussi la faire rester, justement, c'est qu'est l'avenir pour mes enfants.
00:39Le pack nouveau départ, c'est avoir un coordinateur unique,
00:42c'est aller détecter aussi les situations de violences sans que les femmes aient elles-mêmes à se signaler,
00:46et c'est garantir un accompagnement, qui est un accompagnement global.
00:50Ça veut dire la santé, l'accompagnement juridique, dans les démarches judiciaires aussi,
00:54le relogement, France Travail, l'ouverture des droits sociaux, des droits administratifs,
00:58on fait tout pour elles.
00:59Il y a une multiplicité d'aides, vous les avez détaillées,
01:02il s'agit avec ce dispositif de faciliter les démarches d'offrir à ces femmes victimes de violences
01:07la possibilité matérielle de quitter un conjoint violent.
01:10C'est ce qui freine aujourd'hui, ces femmes victimes ?
01:12En fait, ce qui freine, c'est qu'est-ce qui se passe leur d'après.
01:14Une fois que j'ai réussi à partir, une fois que j'ai réussi à porter plainte,
01:19il se passe quoi pour moi ? Il se passe quoi pour mes enfants ?
01:21Il se passe quoi pour leur avenir ?
01:22Donc c'est la question de l'hébergement d'urgence et ensuite du relogement.
01:25C'est des femmes qui, pendant des mois, voire pendant des années,
01:27ont été placées sous contrôle et sous violence.
01:29Donc parfois, elles n'ont plus de compte en banque,
01:31elles n'ont plus de droits sociaux, elles n'ont plus de métier.
01:33Donc c'est tout ça qu'il faut réapprendre.
01:35Il faut réapprendre la dignité, il faut réapprendre la confiance.
01:37Et ça, il faut être accompagné pour le faire,
01:40accompagné en matière de santé, de santé mentale.
01:42Mais il faut aussi être accompagné de manière administrative
01:44pour que tous les droits sociaux soient à nouveau ouverts.
01:47C'est ce qu'on fait avec la CAF.
01:48La CAF dans le Nord, elle est particulièrement innovante et active,
01:51notamment de ce point de vue-là, pour la MSA, même pour les agricultrices.
01:54C'est ce qu'on fait avec France Travail.
01:56On embarque aussi les collectivités, les CCAS, les bailleurs sociaux,
02:00justement pour que tout soit simplifié et que justement, encore une fois,
02:03on pense avec elle et qu'on soit là pour elle.
02:06Les aides qui peuvent être apportées, l'accès au RSA, l'hébergement d'urgence,
02:09les gardes d'enfants, retour à l'emploi, tout ça existe déjà.
02:11Ce que ce PAC apporte en plus, finalement, c'est que la victime n'a plus à s'adresser
02:15qu'à une seule personne, non pas faire des allers-retours entre les différents acteurs.
02:18Qui seront ces personnes qui vont centraliser toutes ces démarches ?
02:21Alors, le pivot, c'est systématiquement l'État.
02:24L'État parce qu'on a évidemment une administration dans chacun des départements
02:28sur la question de l'égalité entre les femmes et les hommes.
02:30La CAF ou la MSA, c'est-à-dire ceux qui vont délivrer les aides,
02:34ouvrir tous les droits sociaux, garantir qu'une fois que vous avez eu votre aide
02:37d'urgence financière en tant que victime de violences conjugales,
02:40tous les autres droits soient bien ouverts pour vous et le Conseil départemental.
02:44Et puis après, il y a évidemment beaucoup d'opérateurs qui viennent en soutien.
02:48Je parlais de France Travail, par exemple.
02:50Je parlais des bailleurs sociaux.
02:51Je parlais du CHU aussi, évidemment, parce que c'est tout un parcours de soins
02:54et de santé qu'il faut reprendre.
02:56Parfois, c'est des femmes qui, pendant des années, ont renoncé à la santé,
02:59n'ont plus eu un seul médecin.
03:00Et évidemment, l'accompagnement des enfants.
03:02Parce que les enfants sont bien systématiquement aussi des victimes
03:06des violences conjugales, quand bien même ils ne les ont pas subies eux-mêmes directement.
03:10– Ici Nord, 7h47, nous sommes en direct avec Aurore Berger,
03:13ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes
03:16et de la lutte contre les discriminations.
03:18– Aurore Berger, faut-il avoir porté plainte pour rentrer dans ce parcours ?
03:21À partir de quand ? Est-ce que l'on peut être détecté ?
03:23Est-ce que l'on peut s'adresser à quelque chose ?
03:24– Justement, le principe du pacte nouveau départ, c'est aussi d'aller détecter.
03:28C'est-à-dire que les violences, il faut que chacun comprenne bien,
03:30ça ne se résume jamais à des coups.
03:32Et ça commence d'ailleurs jamais par des coups.
03:34Si au premier jour, à la première heure d'une rencontre,
03:36une femme subissait des coups, elle partira en courant.
03:38Ce n'est pas ça qui se passe.
03:39C'est bien d'autres mécanismes qui se mettent en place
03:41et qui permettent ensuite d'avoir l'ascendant, d'avoir le contrôle
03:45et puis que des violences physiques, des violences sexuelles
03:47puissent malheureusement exister, parfois pendant des années.
03:50Moi j'ai rencontré récemment une femme, elle avait plus de 80 ans,
03:53donc vous imaginez ce qu'elle a eu à endurer pendant des années.
03:55Donc on vient détecter, on vient détecter avec tout le secteur associatif,
03:58on vient détecter avec les forces de l'ordre,
04:00on vient détecter avec les professionnels de santé,
04:02que ce soit des médecins, des infirmiers,
04:04que ce soit à l'hôpital, que ce soit en ville.
04:06Donc ces personnes vont détecter, signaler à la femme
04:08ce qu'elle vraisemblablement est déjà en train de vivre
04:10pour qu'elle réalise déjà les violences
04:13qui sont en train de s'appuyer sur elle
04:16et puis lui permettre d'entrer dans un parcours.
04:18En clair, on essaye d'anticiper.
04:20D'anticiper pour qu'une fois qu'elle aura réussi
04:23d'elle-même à prendre la décision de partir,
04:25tout ait déjà été pensé avec elle et pour elle
04:28pour qu'elle ne revienne pas en arrière sur sa décision de partir.
04:31Ce PAC a été déployé déjà dans plusieurs départements.
04:33Est-ce que vous avez eu des retours de femmes qui disent
04:36« Non, je ne veux pas entrer dans ce parcours »
04:39malgré, encore une fois, le fait qu'elle ait pu être détectée,
04:41malgré le fait qu'il y ait eu des violences.
04:42Vous l'entendez à 7h tout à l'heure,
04:43une audience qui s'est tenue au tribunal d'Arras
04:45où il y a des faits de violences
04:47et pourtant la femme ne se porte pas partie civile,
04:49elle ne demande pas réparation.
04:50Oui, mais parce qu'il faut aussi entendre
04:53et respecter le temps des victimes.
04:55Et trop souvent d'ailleurs, on met ça un peu en accusation.
04:57Pourquoi elle n'est pas partie plus tôt ?
04:58Pourquoi elle a accepté tout ça ?
04:59Elle n'a pas accepté tout ça,
05:00c'est qu'elle n'avait pas forcément la capacité
05:02à faire différemment, évidemment.
05:04Et donc il faut respecter les victimes
05:06et pendant des années, souvent on les a privées de liberté.
05:08La liberté, il faut qu'elle la retrouve
05:10et la liberté, c'est aussi de dire
05:11« Je suis prête maintenant à porter plainte »
05:13ou « Je ne suis pas prête tout de suite à porter plainte ».
05:15Et d'ailleurs, c'est pour ça en effet
05:16que le dépôt de plainte n'est pas une condition.
05:17Donc parfois, peut-être que certaines
05:19ne seront pas prêtes tout de suite
05:20à rentrer dans le parcours
05:21mais elles savent qu'il existe.
05:23Elles savent que ces portes-là existent
05:25et elles savent que le jour où elles seront prêtes,
05:27ce sera possible.
05:27Mais la donnée la plus intéressante pour nous,
05:29dans les départements, on l'a déjà déployée
05:31et l'objectif, il est clair, c'est de généraliser,
05:33c'est que celles qui sont rentrées dans le parcours,
05:35aucune n'a renoncé.
05:37Aucune n'est revenue en arrière sur sa décision
05:39de quitter son conjoint violent,
05:41ce qui est pour nous évidemment
05:42la démonstration de l'utilité du pacte nouveau départ.
05:45Pour rester sur cet enjeu de la détection,
05:47en janvier 2025, vous étiez venue à Aumont
05:49où une habitante de la commune avait été tuée par son mari.
05:52Vous aviez dit à l'époque
05:52que tout le monde pouvait avoir indirectement une responsabilité.
05:55les voisins qui montent le son de la télé
05:57quand on entend quelque chose
05:58ou les proches qui savent des choses,
06:00qui ne le disent pas.
06:00Est-ce que vous pensez que les choses ont évolué de ce point de vue ?
06:02Oui, parce que hier,
06:03je réunissais notamment les policiers et les gendarmes
06:05et eux me disent qu'il y a de plus en plus
06:07de signalements de faits.
06:08C'est-à-dire qu'on n'a pas forcément des femmes
06:10qui viennent immédiatement porter plainte,
06:12mais on a beaucoup plus aujourd'hui
06:14de personnes qui signalent,
06:15y compris des tiers.
06:16Ça veut dire en effet des professionnels de santé,
06:18ça veut dire des signalements
06:19du monde de l'éducation nationale,
06:21mais ça veut dire aussi des voisins,
06:23des amis, des collègues,
06:25ça il faudra en permanence le redire.
06:27Composer le 17,
06:28ce n'est pas de la délation.
06:29Composer le 17 pour une femme victime de violences
06:31ou un enfant victime de violences,
06:33c'est sauver une vie potentiellement.
06:34Donc il faut le faire.
06:36C'est un acte citoyen en fait,
06:37de venir prévenir des violences,
06:39de venir détecter des violences
06:40et de dire qu'on tend la main aussi,
06:42même quand parfois en effet
06:43une femme n'est pas prête à la saisir,
06:44parce qu'il faut le temps nécessaire
06:46pour que ce soit possible.
06:47Mais évidemment,
06:48les forces de l'ordre,
06:49elles sont là pour l'entendre.
06:50Ce PAC Nouveau Départ
06:51va être progressivement déployé
06:52dans le département du Nord,
06:53savez-vous,
06:55dans le Pas-de-Calais,
06:56qui est le département
06:57qui compte le plus de victimes
06:58rapportées au nombre d'habitants ?
06:59Moi j'espère,
07:00dès la rentrée de cet automne,
07:01on essaie de déployer
07:02dans tous les départements.
07:03Mon objectif,
07:04c'est clairement la généralisation
07:05du PAC Nouveau Départ.
07:06Il faut avoir à bord tout le monde,
07:07c'est-à-dire évidemment l'État,
07:08l'ensemble des services de l'État,
07:10les conseils départementaux,
07:11les CAF, la MSA, les partenaires.
07:13En moyenne,
07:13c'est 30 à 60 partenaires
07:15qu'on a à chaque fois
07:16dans chaque département.
07:17Donc c'est pour ça que moi,
07:18je ne fais pas de fausses promesses
07:19en disant ce sera tel jour,
07:20telle heure.
07:20Mais c'est une priorité pour moi
07:22que ça puisse être déployé
07:23évidemment aussi dans le Pas-de-Calais
07:24et donc j'espère dès cet automne.
07:25En tout cas,
07:26pour le moment,
07:26c'est dans l'arrondissement
07:27de Valenciennes,
07:28suivront l'arrondissement
07:28d'Avennes-sur-Reyl,
07:29pas partir du mois de juin.
07:30Cet automne,
07:31l'arrondissement de Douai,
07:32généralisation dans tout le département
07:33à partir de 2027
07:34pour le département du Nord
07:34et donc prochainement
07:35dans le Pas-de-Calais.
07:36Merci beaucoup.
07:36Merci à vous.
07:36C'est notre invitation.
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