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Le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est exprimé ce mercredi 25 mars à l'Assemblée nationale à propos de la guerre au Moyen-Orient.
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00:00Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le Président de la Commission des Affaires étrangères, Monsieur le Président de la Commission
00:05de la Défense,
00:06avant toute chose, je veux rendre une nouvelle fois hommage au Major Arnaud Frion, mort pour la France en Irak,
00:15ainsi qu'à nos militaires blessés dans l'accomplissement de leur mission.
00:20Je veux dire à sa famille, à ses proches, à ses frères d'armes, la solidarité de toute la nation
00:27et sa reconnaissance.
00:29Cet hommage n'est pas un préambule, il dit déjà à bien des égards l'essentiel.
00:35Car ce qui se joue aujourd'hui au Proche et au Moyen-Orient n'est pas une crise lointaine, ce
00:40n'est pas une crise de plus.
00:41C'est une guerre qui s'étend, qui frappe des infrastructures civiles, qui menace la sécurité maritime et qui déstabilise
00:49durablement toute une région
00:50et qui peut aller jusqu'à une forme, on le sait, on le redoute, de globalisation.
00:56Ce serait facile, dans un tel moment, de s'abandonner, de se contenter d'une forme de découragement et de
01:03peindre l'avenir en noir.
01:05Facile de décrire un monde livré à la force brute, à la loi du plus fort, à la domination des
01:11rapports de puissance.
01:13Facile de dire une humanité toujours plus dépendante des malédictions de l'or noir.
01:18Ce serait vrai, mais ce serait insuffisant, car le rôle du gouvernement n'est pas de commenter le chaos du
01:25monde, il est d'agir.
01:27D'agir pour protéger les Français, d'agir pour défendre les intérêts de la nation, d'agir avec nos partenaires
01:33et d'assumer, devant vous et avec vous, les conséquences particulièrement complexes que cette situation nouvelle impose à notre pays.
01:44Car oui, cette crise nous concerne directement.
01:47Elle nous concerne par les centaines de milliers de Français présents dans la région.
01:51Elle nous concerne par nos forces déployées.
01:54Elle nous concerne par nos partenaires stratégiques avec qui nous avons des intérêts communs.
01:58Elle nous concerne par la lutte contre le terrorisme et contre la prolifération nucléaire.
02:02Elle nous concerne par la liberté de navigation.
02:04Elle nous concerne enfin, évidemment, par l'énergie, donc par notre économie et par le pouvoir d'achat des Français.
02:12Elle interroge donc profondément nos dépendances.
02:16Et de cette réalité découlent pour la France deux conséquences immédiates et concrètes que je veux détailler devant vous à
02:23la faveur de ce débat.
02:25La première est naturellement, Madame la Ministre, militaire.
02:28La seconde est énergétique.
02:30La première conséquence est militaire parce que la France est présente historiquement dans la région,
02:35parce qu'elle agit, parce qu'elle doit assumer ses responsabilités globales.
02:39Aujourd'hui, plus de 5000 soldats, marins et aviateurs, sont engagés au Proche et au Moyen-Orient.
02:46Au Sud-Liban, 700 militaires français sont engagés au sein de l'opération de maintien de la paix de la
02:51Finule.
02:52Nous sommes aussi présents en Irak, en Jordanie, avec l'opération Shamal, de lutte contre Daesh et de formation de
03:00nos partenaires.
03:00Nous avons des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis.
03:06Dans ce dernier pays, 1000 militaires sont déployés au sein d'un régiment curassier, d'une base navale et d
03:12'une base aérienne.
03:13Dès le début de la crise, des capacités aériennes et des moyens de défense sol-air ont été envoyés en
03:19renfort.
03:20Ils ont contribué à la protection de l'espace aérien des Émirats.
03:25Enfin, la Marine nationale engage un volume de bâtiments importants articulés autour du groupe aéronaval Charles de Gaulle,
03:32de frégates, de portes d'hélicoptères amphibies.
03:35Ils sont déployés en Méditerranée orientale, en mer Rouge et dans l'océan Indien.
03:39Ils assurent des missions de renseignement, de surveillance et de protection en mer et dans les airs,
03:44c'est-à-dire de réassurance au profit de nos alliés et partenaires dans la région.
03:49La France est un partenaire fiable, nos armées sont réactives
03:54et peu d'armées sont capables de se déployer comme les nôtres aussi rapidement.
03:58La France l'a fait et si la France est écoutée, c'est parce qu'elle est sur place
04:03et bien souvent on finit par n'écouter que ceux qui sont sur place.
04:09Ce choix a un sens mais il a aussi clairement un prix
04:13et c'est précisément pour cela que nous devons en tirer toutes les conséquences.
04:17Je veux ici remercier le Parlement d'avoir adopté il y a trois ans la loi de programmation militaire.
04:23Entre 2017 et 2027, le budget de nos armées aura doublé.
04:29Ce n'est pas un détail, c'est un choix stratégique et il est structurant.
04:33Mais ce choix doit aujourd'hui être amplifié.
04:37La guerre au Proche et au Moyen-Orient, comme celle en Ukraine, nous montre une chose simple.
04:43Le retour des conflits de moyenne et haute intensité
04:45et avec lui le retour des exigences de masse, d'agilité, de vitesse et d'endurance.
04:50Mais aussi de sauts technologiques aussi brutaux qu'essentiels.
04:54Sans oublier les fonctions de soutien et de préparation des forces
04:57qui ont hélas trop fait les frais des décisions prises dans les années 2000.
05:02Mesdames et Messieurs les députés,
05:04il faut accélérer l'examen de la loi de programmation militaire et sa mise à jour.
05:08C'est pourquoi elle sera actualisée dès le mois d'avril sous l'autorité de la ministre.
05:13Elle sera présentée au Conseil des ministres du 8 avril prochain
05:16et inscrite la semaine du 4 mai à l'Assemblée nationale et du 1er juin au Sénat.
05:22Je remercie les parlementaires d'accepter cette accélération et cette modification,
05:26M. le Président Jean-Michel Jacques, du calendrier.
05:29Mais vous le savez, plus que quiconque en tant que vous-même ancien combattant,
05:33nous ne pouvons pas attendre.
05:35L'urgence, ce sont évidemment les munitions.
05:39Nous prévoyons d'investir 8,5 milliards d'euros supplémentaires de commandes entre 2026 et 2030.
05:45qui s'ajoutent aux 16 milliards d'euros de la LPM votée en 2023.
05:50C'est indispensable et je veux que chacun s'en rende compte, c'est colossal.
05:56Au total, c'est comme si le budget annuel des armées au début des années 2000
06:01avait été exclusivement consacré à l'achat de seules munitions.
06:07Cette loi de programmation militaire mise à jour aura consacré ainsi aux munitions
06:10un effort financier quatre fois plus important que la loi précédente.
06:14L'effort portera aussi sur la défense sol-air, avec le meilleur système désormais de défense au monde,
06:20sur l'alerte avancée, sur les drones et en particulier la lutte anti-drones
06:25dont les drones intercepteurs et les munitions téléopérées
06:28qui doivent pouvoir être enfin produits en masse et à coût maîtrisé.
06:32Car, Mesdames et Messieurs les députés,
06:34nous devons revoir désormais plus profondément nos modèles.
06:38Quand un drone à quelques milliers d'euros mobilise un missile à plusieurs millions,
06:43c'est toute notre conception de l'armement qu'il faut repenser.
06:46C'est un des enseignements de cette guerre, comme pour l'Ukraine.
06:49Plusieurs sociétés innovantes françaises sont en capacité désormais de produire des drones intercepteurs.
06:55J'inaugurerai avec la ministre Catherine Vautrin dans l'Essonne,
06:58dans les prochaines semaines, une nouvelle usine de production d'où sortiront des milliers de drones par mois.
07:02C'est un des effets des décisions que nous avons prises et je vous en remercie.
07:07Quantité et qualité, coût et efficacité, innovation et rapidité,
07:14munition de saturation mais aussi munition de précision et donc de décision.
07:19C'est un enjeu militaire, c'est aussi un enjeu industriel et donc un enjeu de souveraineté et donc de
07:25liberté.
07:25Et cette priorité appelle, Mesdames et Messieurs les députés,
07:28de nouveaux investissements urgents décidés et proposés par le gouvernement.
07:33D'abord, pour aider à la transformation de notre industrie civile,
07:37avec un nouveau plan industrie dual de 300 millions d'euros.
07:40Pour relocaliser des chaînes de production de composants critiques utiles à la défense nationale.
07:45Pour en moderniser d'autres.
07:47Et pour aider les industries civiles à investir dans l'innovation de défense.
07:51Les industriels prennent des risques pour la défense du pays.
07:54Donc l'État doit donc les aider davantage.
07:57Les ministres présenteront précisément ce plan dans les tout prochains jours.
08:02Ensuite, avec la création imminente de la plateforme France Munition.
08:07Qui sera un grossiste de munitions inédits.
08:09Pour répondre aux besoins des armées françaises mais aussi de nos alliés.
08:13Et bien entendu de nos nombreux clients à l'export.
08:16Elle permettra de massifier les commandes aux industriels.
08:18Donc d'accélérer enfin la transformation de l'outil de production industrielle.
08:23Et finalement donc d'augmenter la production de munitions en France.
08:27C'est indispensable.
08:29Le financement devra être assuré à la fois par l'État.
08:31Mais aussi par de l'argent privé.
08:34Des investisseurs privés.
08:35Car ils ont aussi une responsabilité désormais claire.
08:39Identifiée dans l'effort de réarmement.
08:42D'autres mesures seront présentées par les ministres de l'économie et des armées.
08:46Dès demain.
08:47C'est la première fois, je le souligne, depuis très longtemps.
08:50Que les ministères civils se mobilisent autour du ministère des armées.
08:55C'était une des conditions pour réussir.
08:58Nous y sommes enfin arrivés.
09:00Cet effort passera aussi par une mobilisation européenne.
09:04Car si la défense est une affaire de souveraineté.
09:06Et donc relève, je le redis, de la compétence des seuls États.
09:09Il serait par ailleurs absurde d'avoir, dans un marché commun.
09:13De ne pas organiser, entre États européens, une stratégie industrielle et financière beaucoup plus cohérente.
09:18La base industrielle et technologique de défense européenne est une nécessité.
09:21Nous le savons.
09:22Elle est aussi, surtout, une opportunité pour la France.
09:24Car nos industries doivent se montrer plus offensives auprès de nos voisins immédiats.
09:29Il n'y a pas de fatalité.
09:31Et elles doivent donc, en conséquence, adopter leur stratégie.
09:35Alors, pourquoi ces décisions comptent-elles aujourd'hui ?
09:39Parce que si la France est présente en Méditerranée, dans le Golfe, au Liban,
09:43à Djibouti, en Roumanie, dans la Baltique,
09:45c'est parce que des décisions ont été prises hier ou avant-hier par nos anciens.
09:51Nous ne décidons jamais seulement pour aujourd'hui.
09:53Nous décidons pour les crises de demain.
09:56Nous ne décidons jamais pour le temps d'une gestion de crise,
09:58à court terme ou d'une guerre,
10:00mais pour les suivantes, sur le long terme.
10:02Au fond, la conclusion est simple.
10:05Si nous voulons être indépendants, conformément à l'héritage gaulliste
10:09et entretenu depuis lors par tous les présidents de la République,
10:12nous devons être capables de nous défendre par nous-mêmes.
10:15Et si nous voulons être capables de nous défendre par nous-mêmes,
10:18nous devons investir encore davantage,
10:20pour maintenant, mais aussi pour demain.
10:23Mais, mesdames et messieurs les députés,
10:25cette réponse ne peut pas être seulement budgétaire.
10:28Elle est aussi organisationnelle,
10:31elle est aussi juridique,
10:32elle est aussi nationale,
10:33et donc politique, intellectuelle et culturelle.
10:37Car la réalité des crises contemporaines est claire.
10:40Elles sont rapides, hybrides, imprévisibles.
10:42Elles mêlent le militaire, l'économique, le cyber,
10:45l'informationnel, l'énergie.
10:48Elles visent nos intérêts,
10:49mais aussi nos capacités collectives à réagir.
10:52Elles se cumulent plus qu'elles ne se succèdent.
10:55Face à cela, l'État doit être prêt,
10:58se préparer, se mettre à jour.
11:00C'est le sens du nouveau régime d'état d'alerte de sécurité nationale
11:04que nous vous proposerons dans la loi de programmation militaire.
11:07Un nouveau cadre qui permettra,
11:09en cas de menace et lorsque les circonstances l'exigent,
11:12d'adapter temporairement nos règles
11:13pour accélérer les décisions,
11:15simplifier les procédures,
11:16élever les blocages qui ralentissent aujourd'hui
11:18la conduite de nos projets stratégiques.
11:20C'est le sens d'autres mesures
11:22qui vous seront proposées par le gouvernement
11:23sur la lutte anti-drone,
11:25la gestion des stocks stratégiques
11:27ou les réserves pour lesquelles nous poursuivrons nos efforts.
11:30Car il ne serait pas acceptable
11:32que, face à une menace imminente,
11:35la nation soit entravée par ses propres lenteurs.
11:38Nos compétiteurs ne s'imposent pas ces contraintes.
11:41Nous ne pouvons pas être les seuls à nous les imposer
11:43lorsque notre sécurité est en jeu.
11:46Il ne s'agit certainement pas de remettre en cause
11:49l'état de droit.
11:50Il s'agit tout simplement de lui donner enfin
11:52les moyens d'être efficace en temps de crise.
11:54Cela vaut pour la production de munitions.
11:56Cela vaut pour les programmes industriels de défense.
11:58Cela vaut aussi pour la mobilisation
12:00de nos capacités civiles et militaires.
12:02Au fond, il s'agit d'une même exigence.
12:05Adapter un État conçu pour le temps de paix
12:07à un monde qui ne l'est plus tout à fait.
12:10La mise à jour de la programmation militaire
12:12ne sera donc pas que budgétaire.
12:14Elle viendra tirer des conclusions plus profondes
12:17sur notre organisation
12:18pour nous adapter aux crises actuelles et futures
12:20et en confrontant plus que jamais
12:22l'État militaire à sa composante civile.
12:25Mesdames et Messieurs les députés,
12:27la deuxième conséquence est évidemment énergétique
12:31autant qu'elle compose notre souveraineté
12:33comme les sujets militaires.
12:34Car le premier effet de cette guerre
12:36pour les Françaises, pour les Français,
12:38c'est évidemment incontestablement le prix de l'énergie.
12:42Mais pour bien comprendre ce qui se joue,
12:45il faut mettre les mots précis,
12:48remettre de l'ordre et de la clarté sur ce qui se passe.
12:50D'abord, nous sommes face à une crise
12:52de volatilité des cours.
12:55Une volatilité liée à l'imprévisibilité
12:57des acteurs de ce compli,
12:59y compris parmi nos propres alliés.
13:01Une volatilité liée à l'incertitude sur sa durée.
13:04Une volatilité enfin alimentée
13:07par des comportements spéculatifs
13:09qui amplifient les mouvements de marché
13:11et importe de facto
13:13une inflation venue de l'extérieur.
13:16Mais au fond,
13:17cette crise est avant tout,
13:19et pour l'instant,
13:21une crise de la circulation.
13:23Car ce qui est en cause aujourd'hui,
13:25ce sont les routes maritimes,
13:26c'est la liberté d'être en cœur,
13:27ce sont les flux.
13:28Le détroit d'Hormuz,
13:29par lequel transite une part essentielle
13:31du pétrole et du gaz mondial,
13:33est plus que sous tension, vous le savez.
13:35Les déclarations d'hier de l'Iran
13:37sur le passage désormais possible
13:39des navires non hostiles, je cite,
13:41est peut-être un signe d'un changement de phase
13:42dans cette crise.
13:43Il nous faut bien entendu rester vigilants,
13:46prudents, pour ne pas dire plus,
13:47les déclarations les plus contradictoires,
13:50s'enchaînant presque sans trêve,
13:52depuis trois semaines,
13:54alimentant donc, une fois encore,
13:56cette volatilité des prix.
13:58Et nous devons tout faire
13:59pour que cette crise de circulation
14:01ne devienne pas une crise de la production.
14:05Car si les infrastructures énergétiques
14:07venaient à être durablement frappées
14:10dans la région,
14:11dans une escalade tant verticale
14:13qu'horizontale,
14:14nous l'avons vu ces 48 dernières heures,
14:17alors nous changerions de nature de crise.
14:19Nous basculerions dans une crise plus profonde,
14:22plus estimique, plus durable,
14:24beaucoup plus difficile à maîtriser.
14:26Mais, je veux être très clair
14:29devant la représentation nationale,
14:31il n'y a pas aujourd'hui
14:32de risque de pénurie pour notre pays.
14:35Nos approvisionnements sont sécurisés,
14:37nos stocks pétroliers sont mobilisables,
14:40notre système tient.
14:41Nous ne sommes pas dans la même situation
14:43qu'en 2022 ou 2023,
14:46où nous avions une dépendance
14:48vis-à-vis de la Russie
14:49et notre parc nucléaire
14:51est dans une situation de rendement
14:53bien supérieure
14:54par rapport à l'année 2022.
14:56Nous sommes face,
14:57mesdames et messieurs les députés,
14:59à un problème de coût de l'énergie,
15:01pas à un problème d'accès à l'énergie.
15:05Et c'est précisément sur ce terrain
15:06que le gouvernement oriente
15:08et adapte son action
15:10sous l'autorité des ministres concernés.
15:12Il s'agit, il agit,
15:14évidemment en aval,
15:16là où les Français subissent
15:17directement les effets de la crise.
15:19Nous avons engagé un travail étroit
15:20avec les distributeurs
15:21pour maîtriser les marges
15:22et éviter tout effet d'aubaine.
15:24Nous disposons d'outils de coercition.
15:26Mais le dialogue a été privilégié
15:29depuis le début de la crise
15:30et il faut le reconnaître
15:32et le souligner,
15:33il a produit des résultats.
15:34Mais je le dis avec la même clarté
15:36qu'au début de la crise,
15:37je veux poser un principe simple.
15:40Les prix ne peuvent pas monter très vite
15:42quand les marchés s'emballent
15:43et redescendre beaucoup plus lentement
15:45quand ils se détendent.
15:47C'est une question de respect du consommateur.
15:50Ce principe, nous le ferons respecter
15:52et les agents de la DGCCRF
15:54sont pleinement mobilisés.
15:56Les contrôles, vous le savez,
15:57sont massifs,
15:58pas autant que nous le souhaiterions,
16:00mais en tout cas, je le redis,
16:01ils ont produit des effets.
16:02Et nous n'hésiterons pas
16:04à utiliser tous les outils
16:05à notre disposition
16:06si cela est nécessaire.
16:08Mais nous agissons aussi
16:10sur la chaîne de production
16:11et de transformation.
16:12C'est le sens de la décision
16:14qui a été prise en début de semaine
16:15de permettre à la raffinerie
16:17de Gravenchon
16:18d'augmenter ses capacités.
16:20Parce que dans une crise comme celle-ci,
16:22chaque maillon compte,
16:23approvisionnement bien entendu,
16:25raffinage et distribution.
16:27Je veux également évacuer
16:29une piste d'emblée
16:31sans esprit polémique.
16:33Aucun chèque général,
16:35aucune mesure globale à l'aveugle
16:38ne seront efficaces
16:39dans la crise actuelle.
16:41Cela a été tenté par le passé.
16:43C'est très coûteux
16:44pour les finances publiques.
16:45Et derrière un chèque,
16:47très vite,
16:47se cache en général
16:48un impôt
16:49ou une répercussion très grave
16:51pour les déficits publics.
16:53Pour ceux,
16:54parfois avides de mimer
16:55ce que font nos voisins européens
16:57sans regarder
16:58ce qu'ils font réellement
16:59dans le détail,
17:00je rappelle que l'Italie
17:01a annulé des crédits
17:02du ministère de l'Éducation nationale,
17:03de l'Intérieur et de la Santé
17:05pour financer
17:06ces récentes mesures
17:07de remise à la pompe.
17:08C'est aussi une leçon
17:09que nous avons collectivement tirée
17:11des débats budgétaires
17:12de cet automne.
17:12Et je rappelle
17:13qu'on ne peut pas ici souligner
17:14la singularité
17:16de notre modèle énergétique
17:17et nous comparer
17:18avec des pays voisins
17:19qui dépendent bien davantage
17:21que nous
17:21des pays du Golfe
17:22et singulièrement
17:23du gaz venu du Qatar
17:24pour l'Italie.
17:26Beaucoup de propositions
17:27ont été faites
17:27pour baisser le coût
17:28de l'énergie.
17:29Et une fois de plus,
17:30j'y reviens
17:31sans esprit polémique
17:32pour éclairer
17:33le débat public
17:34comme le veut
17:35l'esprit de ce débat.
17:37Certains veulent réduire
17:38la TVA sur l'énergie.
17:40D'autres pays l'ont tenté,
17:41notamment,
17:42vous le savez,
17:43la Pologne
17:43en février 2022.
17:45Au final,
17:46la TVA a été captée
17:47par les acteurs intermédiaires
17:48et le prix à la pompe
17:50n'a pas bougé.
17:51Pire,
17:52le retour d'expérience
17:53a démontré
17:53que lorsque la TVA
17:54a été rétablie,
17:55les prix ont augmenté
17:56car les intermédiaires
17:57ont conservé
17:59par la suite
17:59leurs marges.
18:00La baisse de la TVA
18:01est une mesure
18:03inefficace
18:04mais aussi ruineuse
18:05pour les finances publiques
18:06comme enfin
18:07pour les consommateurs.
18:09D'autres proposent,
18:10nous l'avons entendu hier
18:11lors des questions
18:12du gouvernement,
18:12de revenir à la taxe flottante
18:14sur les produits énergétiques
18:16mieux connus
18:16sous l'acronyme
18:17de TIPP.
18:18Je veux rappeler
18:19que cette expérience
18:20a coûté
18:212,7 milliards d'euros
18:23aux finances publiques
18:24pour un effet moyen
18:26de seulement
18:272 centimes d'euros
18:28par litre.
18:29L'efficacité
18:30d'une telle manœuvre
18:31est donc objectivement
18:33et rationnellement
18:34quasi nul.
18:35La Cour des comptes
18:36avait ensuite estimé
18:37que cette mesure
18:37avait engendré
18:38une perte
18:39de 600 millions d'euros
18:40sur l'année 2004
18:41pour une raison simple
18:43quand le prix augmente
18:44les quantités vendues
18:46diminuent.
18:47Une nouvelle fois
18:48je forme le vœu
18:49que la classe politique
18:51dans son ensemble
18:52nos opposants
18:52comme nos soutiens
18:53sans esprit polémique
18:55tiennent compte
18:56des expériences passées
18:57et des retours
18:58d'expériences
18:59tels qu'ils ont été dessinés
19:00par les meilleurs experts.
19:01Pour autant
19:03il n'est pas question
19:04d'abandonner
19:05les acteurs
19:06les françaises
19:06et les français
19:07les plus exposés.
19:09Les pêcheurs
19:10directement frappés
19:11par la hausse du carburant
19:12font l'objet
19:13de premières mesures
19:13d'urgence
19:14avec des dispositifs
19:15de trésorerie
19:15des reports d'échéance
19:16et un accompagnement
19:17renforcé.
19:18Mais nous le savons
19:19cela ne suffira pas.
19:21J'ai demandé
19:22au ministre
19:23d'aller plus loin
19:24la commission européenne
19:25a été saisie ce jour
19:26et le conseil
19:28de lundi
19:28doit permettre
19:29d'avancer
19:30notamment sur
19:31des mesures
19:31d'aide directe
19:32jusqu'à présent
19:33interdites.
19:34Les agriculteurs
19:35confrontés
19:36non seulement
19:37à la hausse
19:37des prix du carburant
19:38mais donc de facto
19:39à la hausse
19:40du prix des engrais
19:41sont également soutenus.
19:43Et au-delà de l'urgence
19:44nous préparons
19:44un plan engrais
19:45pour réduire
19:46notre dépendance
19:46et renforcer
19:47notre souveraineté agricole.
19:49Ce plan vise
19:50à limiter
19:50enfin si j'ose dire
19:52les besoins d'apport
19:52en engrais
19:53notamment optimisation
19:54des quantités
19:55à substituer
19:56autant que possible
19:57des apports organiques
19:58par rapport
19:58aux engrais minéraux
19:59et à produire
20:00en France
20:01des engrais minéraux
20:02décarbonés.
20:03Nous avons
20:04il faut le reconnaître
20:05beaucoup trop de retard
20:06cette crise
20:07de nous permettre
20:08de le rattraper.
20:09D'autres secteurs
20:10sont également concernés.
20:11Je pense notamment
20:12aux professionnels
20:13de santé libéraux
20:14aux secteurs industriels
20:15comme la chimie
20:15fortement exposés
20:17au coût de l'énergie.
20:19D'autres filières
20:20que je ne cite pas ici
20:21puisque nous l'avons fait
20:22tout à l'heure
20:22lors des questions
20:23au gouvernement
20:23sont évidemment concernées.
20:25Des annonces ont été faites
20:26mais je le dis
20:27d'autres viendront.
20:28Car dans une crise
20:30de cette nature
20:30il faut savoir adapter
20:32nos réponses
20:33en permanence.
20:34Il est évident
20:35que la crise
20:35va évoluer
20:36de jour en jour
20:37et il va nous falloir
20:38être très souple
20:39très adaptable.
20:41J'ai donc demandé
20:42à l'ensemble des ministres
20:43de se préparer
20:43à tous les scénarios
20:45y compris
20:46les plus difficiles
20:47et les plus graves.
20:48Mais il faut aussi
20:49dans le même temps
20:50tordre le cou
20:51à une idée fausse
20:52non
20:53l'État
20:53ne profite pas
20:54de la crise.
20:55Déjà
20:56car l'État
20:57c'est la nation
20:57tout entière
20:58ce qui pourrait être
20:59perçu
21:00comme un gain
21:00d'un côté
21:01et on le sait tous
21:02compensé par une perte ailleurs
21:03soutien aux filières
21:04dépenses publiques
21:05supplémentaires
21:06impact sur l'activité économique
21:08dont la baisse
21:09de la consommation
21:09et diminution
21:10des rentrées fiscales.
21:11D'ailleurs
21:12monsieur le ministre
21:13de l'économie
21:13et des finances
21:14les prévisions
21:15de l'INSEE
21:15publiées hier
21:16table sur un ralentissement
21:18de la croissance
21:19de 0,3 à 0,2%
21:21sur les deux premiers trimestres.
21:24Enfin
21:25là aussi vous le savez
21:26mais il est utile
21:26de le rappeler
21:27la crise fait monter
21:28les taux d'intérêt souverains.
21:30Il devient déjà plus cher
21:31pour la France
21:32d'emprunter
21:32pour financer sa dette.
21:34Le taux d'emprunt
21:34de la dette française
21:35a augmenté de 15%
21:37depuis le 27 février.
21:39C'est pourquoi
21:40nous prendrons
21:41un engagement simple
21:43la transparence totale
21:45en la matière.
21:46Elle permettra
21:47de répondre aux questions
21:48de dissiper les doutes
21:49d'entraver les fantasmes
21:50ou les mensonges
21:51qui nuisent
21:52au consentement à l'impôt
21:53et portent atteinte
21:55je le dis clairement
21:56au patriotisme.
21:57Car les seuls profiteurs
21:58de cette crise
21:59sont les pays producteurs
22:01d'énergie fossile
22:02dont nous sommes aujourd'hui
22:03encore trop dépendants.
22:04Et celles et ceux
22:05qui pointent du doigt
22:06l'Etat
22:06sont les mêmes
22:07qui parfois
22:08il y a seulement
22:09trois semaines
22:10refusés la décarbonation
22:11de notre modèle énergétique.
22:14Ceci étant dit
22:15le Parlement
22:16Madame la Présidente
22:17de l'Assemblée nationale
22:17sera donc
22:18pleinement associé.
22:19Une première institution
22:20interviendra
22:21dès le mois d'avril
22:23et chacun pourra juger
22:24sur pièce
22:25de la réalité
22:26des effets budgétaires
22:27de cette crise
22:27sur le terrain économique
22:28mais aussi sur le terrain
22:30budgétaire et fiscal.
22:31Mais je le dis aussi clairement
22:32chacun devra partager
22:34la contrainte
22:35car les choses
22:36ne sont jamais
22:37aussi simples
22:37qu'elles sont
22:38parfois présentées
22:39par certains
22:39surtout entre deux
22:40campagnes électorales.
22:42Mais au-delà
22:42de la gestion immédiate
22:44cette crise
22:45je le disais
22:45nous rappelle
22:46une réalité plus profonde.
22:48Notre dépendance
22:49aux énergies fossiles
22:51demeure trop importante.
22:52Et c'est pourquoi
22:53la réponse
22:54ne peut pas être
22:55uniquement conjoncturelle
22:56et peut-être
22:57plus que d'habitude
22:58elle doit être stratégique
23:00et de long terme.
23:02car hélas
23:03les deux guerres
23:04que nous connaissons
23:05ne sont que le début
23:06de nouveaux dérèglements.
23:07Le monde
23:08que nous avons connu
23:09avant 2022
23:10a hélas
23:11je crois vécu.
23:12Et nous devons
23:13hâter la transformation
23:14structurelle
23:14de notre économie
23:15et de nos usages.
23:16Depuis des années
23:17la France a fait
23:18un choix clair
23:19le nucléaire
23:21et les ingénieurs
23:22renouvelables
23:22les deux
23:23parce qu'il nous faut
23:24une électricité abondante
23:25parce qu'il nous faut
23:26une électricité décarbonée
23:27parce qu'il nous faut
23:28une électricité souveraine.
23:30La programmation
23:31pluriannelle
23:31de l'énergie
23:32s'inscrit dans cette logique.
23:34Elle doit être tenue
23:35elle doit être accélérée.
23:37Hier
23:38une crise de cette nature
23:40aurait mis
23:40immédiatement
23:41notre économie à terre.
23:43La guerre en Ukraine
23:44l'a déjà montré.
23:45Beaucoup pensaient
23:46que l'Europe
23:46ne pourrait pas
23:46se passer du gaz russe.
23:48Elle l'a pourtant fait.
23:49Pourquoi ?
23:50Parce qu'il y a eu
23:51anticipation
23:52parce qu'il y a eu
23:53coordination
23:53parce qu'il y a eu
23:55solidarité.
23:56La leçon est claire
23:57seule l'indépendance
23:58énergétique
23:59protège durablement
24:00et les déclarations
24:01américaines de cette nuit
24:02nous renforcent
24:03dans cette conviction
24:04et nous incitent
24:05à aller plus loin
24:06et plus vite.
24:07La décarbonation
24:08n'est pas seulement
24:08une exigence climatique
24:09c'est une exigence
24:10de souveraineté
24:11et donc de liberté.
24:13Chaque Français
24:13peut s'en rendre compte
24:14à la pompe.
24:15Produire davantage
24:16chez nous
24:17électrifier nos usages
24:18réduire nos dépendances
24:20tirer les leçons
24:21de la crise
24:22c'est investir
24:23utilement l'argent
24:24des Français
24:24pour les protéger
24:25et certainement pas
24:26de dépenser
24:27de l'argent
24:28du contribuable
24:29pour financer
24:30l'économie fossile
24:31de pays lointains
24:32dont nous sommes dépendants.
24:34C'est arrêter
24:35de subir
24:36ni cette crise
24:38ni les suivantes
24:38car
24:39Mesdames et Messieurs
24:40les députés
24:40nous savons
24:41il y en aura d'autres.
24:43Comme je l'ai annoncé
24:45lors de la publication
24:46de la PPE
24:47il y aura un plan
24:48d'électrification
24:49des usages
24:50afin de diminuer
24:50nos dépendances
24:51aux hydrocarbures
24:52dans le logement
24:53dans la mobilité
24:53dans l'industrie
24:54ou l'artisanat.
24:56Un plan sera présenté
24:57dès la semaine prochaine
24:58pour décarboner
24:59la mobilité
25:00des particuliers
25:01des artisans
25:01des professionnels
25:02ou encore pour réduire
25:03la dépendance
25:04aux hydrocarbures
25:05de certaines filières.
25:06Au fond
25:06c'est toujours
25:07la même logique
25:08tirer de chaque crise
25:10non pas seulement
25:11des mesures d'urgence
25:12de court terme
25:13mais des décisions
25:14enfin durables
25:15et structurelles
25:16parce que
25:17là encore
25:18nous ne décidons pas
25:20seulement pour aujourd'hui
25:21nous décidons
25:22pour les crises de demain.
25:24Mesdames et Messieurs
25:25les députés
25:26agir ici
25:27tout de suite
25:28avec des mesures d'urgence
25:29agir ici
25:30tout de suite
25:31pour demain
25:31avec les mesures
25:32qui anticipent
25:33les crises du pétrole
25:33à venir
25:34et qui seront à répétition
25:36agir là-bas
25:37à la source
25:38aux proches
25:38au Moyen-Orient
25:39pour protéger
25:39nos ressortissants
25:40nos intérêts
25:41et nos valeurs
25:42face à cette situation
25:44la France
25:45n'est pas spectatrice
25:46la France
25:47c'est une puissance
25:48responsable
25:49et en tant que telle
25:50elle agit
25:51elle agit diplomatiquement
25:52monsieur le ministre
25:53de l'Europe
25:53et des affaires étrangères
25:54en permettant
25:55des scénarios
25:55de désescalade
25:56elle agit
25:57au conseil de sécurité
25:58des Nations Unies
25:59elle agit
25:59avec ses partenaires
26:00européens
26:01qui ont affiché
26:01une position commune
26:02ce qui n'a pas toujours
26:03été facile
26:04ces dernières années
26:04elle agit en tant que
26:06présidente du G7
26:07elle agit sur le terrain
26:08aux côtés de ses partenaires
26:10et alliés
26:10et surtout
26:11elle propose
26:13l'arrêt des frappes
26:14notamment contre les infrastructures
26:15civiles
26:16une solution diplomatique globale
26:18la cessation des hostilités
26:19au Liban
26:20le respect de sa souveraineté
26:21et de son intégrité
26:22territoriale
26:23le renforcement
26:24de l'armée libanaise
26:25une solution politique
26:26je veux saluer
26:27les décisions courageuses
26:28notamment
26:29prises par les autorités
26:31libanaises
26:32ces jours derniers
26:33elles sont
26:34mesdames et messieurs
26:34les députés
26:35historiques
26:36la ministre déléguée
26:37aura l'occasion
26:38de s'y rendre
26:39dans tous les cas de figure
26:40une fois
26:41cette guerre
26:42achevée
26:43il faudra nous reposer
26:44la question
26:45de la présence
26:46internationale
26:47au Liban
26:48et lorsque les conditions
26:50seront réunies
26:51la mise en place
26:52d'une mission internationale
26:53destinée à garantir
26:54la liberté de navigation
26:55dans le détroit d'Hormuz
26:56dans une logique
26:57de protection
26:57comme nous avons su le faire
26:59avec notre marine nationale
27:00en mer rouge
27:02mais je veux être clair
27:03la France
27:04n'est pas partie
27:05au conflit
27:06elle ne participera pas
27:08à des opérations
27:09de guerre
27:09pour ouvrir ce détroit
27:11par la force
27:11elle ne se laissera pas
27:13entraîner dans une guerre
27:14qu'elle n'a pas choisie
27:15mais elle est prête
27:16à prendre
27:17ses responsabilités
27:19pour sécuriser
27:20les routes maritimes
27:21dans le cadre
27:22du droit international
27:23et avec ses partenaires
27:25car c'est son rôle
27:26de membre permanent
27:27du conseil de sécurité
27:28et de grande puissance
27:30maritime mondiale
27:32enfin
27:33je veux dire un mot
27:34et pour conclure
27:35de nos ressortissants
27:37près de 400 000 français
27:39sont présents
27:40dans la région
27:41résidents
27:42ou de passage
27:43le quai d'Orsay
27:44monsieur le ministre
27:45nos ambassades
27:46nos consulats
27:47sont pleinement mobilisés
27:48pour les protéger
27:49et les accompagner
27:50les aider
27:51à revenir en France
27:53de nombreux vols
27:54ont été affrétés
27:55pour leur retour
27:56en France
27:56d'autres sont encore prévus
27:58nos agents consulaires
27:59sont mobilisés
27:59depuis le début
28:00de la crise
28:01et continueront
28:02de l'être
28:02jusqu'à son terme
28:03je veux les en remercier
28:05chaleureusement
28:06et publiquement
28:07pour le travail
28:08admirable
28:08qu'ils ont rempli
28:10dans une des crises
28:11les plus difficiles
28:11de ces dernières années
28:14Mesdames et Messieurs
28:15les députés
28:15au fond
28:16cette crise
28:17pose
28:18une question simple
28:19le monde
28:20peut-il encore
28:21être organisé
28:22autour de la sécurité
28:22collective
28:23du multilatéralisme
28:24et quelles sont
28:25les nations
28:26encore capables
28:27de les défendre
28:28je le crois
28:29et c'est une permanence
28:30française
28:30depuis de nombreuses
28:31décennies
28:32la France en est une
28:33parce qu'elle a
28:33une politique de défense
28:34parce qu'elle a
28:35une politique étrangère
28:36parce qu'elle a
28:37une politique énergétique
28:38parce qu'elle a
28:38une politique de partenariat
28:39qui refuse
28:40l'alignement
28:41systématique
28:42c'est le moins que l'on puisse dire
28:43parce qu'elle veut agir
28:44concrètement
28:45là où d'autres pays
28:46se condamnent
28:47malheureusement
28:48parmi nos voisins
28:48à commenter
28:49pour reprendre
28:50les mots du président
28:51de la République
28:51pour être libre
28:53il faut être puissant
28:54à nous de continuer
28:56collectivement
28:56et quelle que soit
28:57nos sensibilités politiques
28:58d'en tirer
28:59toutes les conséquences
29:00pour la France
29:01je vous en remercie
29:02Merci beaucoup
29:03Monsieur le Premier Ministre
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