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  • il y a 7 heures
À seulement 33 ans, Line apprend qu’elle est atteinte d’une insuffisance ovarienne prématurée. Entre parcours d’infertilité, fausses couches et symptômes de ménopause, elle raconte son parcours semé d’embuches, encore trop peu évoqué.
Transcription
00:00Jamais, au grand jamais, je ne savais qu'on pouvait être ménopausé très tôt, bien avant la quarantaine.
00:06Alors c'était au début de la trentaine, ça faisait déjà un an et demi que j'essayais d'avoir
00:11un enfant avec mon conjoint.
00:12Il n'y avait toujours pas de test de grossesse positif.
00:16En revanche, à l'arrêt de la pilule, j'ai commencé à avoir des cycles un peu chaotiques, parfois trop
00:20courts, d'autres fois trop longs.
00:21On a consulté une gynécologue qui nous a poussé à faire un bilan d'infertilité.
00:26Les analyses de sang ont montré que l'AMH, qui est une hormone qui mesure le stock d'ovocytes résistants,
00:34était proche de zéro.
00:36Je me suis rendue compte qu'il y avait un mot composé sur cette situation-là, qui s'appelle insuffisance
00:42ovarienne prématurée.
00:43C'est donc la ménopause qui arrive très tôt, avant 40 ans.
00:46J'étais avec mon conjoint depuis plus de 7 ans et je croyais que j'avais encore le temps.
00:50Or à 33 ans, c'était presque trop tard.
00:52D'abord, j'en ai parlé avec ma mère, qui n'avait elle-même pas réalisé qu'elle avait été
00:56ménopausée assez tôt, à 42 ans.
00:59Et j'ai appris par la même occasion qu'il y avait une forte corrélation entre l'âge de l
01:03'aménopause d'une fille et celui de sa mère.
01:06Il me restait encore des follicules, il restait un fonctionnement ovarien, mais qui était donc bien en deçà de ce
01:12qui était attendu pour une femme de mon âge.
01:14Donc le médecin que j'ai vu, spécialiste de l'infertilité, m'a proposé de passer par des inséminations intra
01:20-utérines, qu'on appelle aussi inséminations artificielles.
01:23Et on a été très surpris parce qu'après cette première insémination, nous avons obtenu une première grossesse.
01:29Donc nous étions aux anges, sauf qu'à la première échographie, on s'est rendu compte que le bébé était
01:36porteur d'une trisomie 21.
01:38Prendre une décision à ce moment-là est d'une violence inouïe.
01:41Ceux qui ne sont pas passés par là pourront dire « Ah, mais tu as bien fait de prendre cette
01:45décision » ou alors « Mais comment tu as pu prendre une telle décision ? »
01:48Parce qu'au final, on a décidé d'interrompre cette grossesse et de faire ce qu'on appelle une interruption
01:52médicale de grossesse.
01:54Mais c'est une décision extrêmement douloureuse et extrêmement difficile à prendre.
01:58Ce qui s'est passé, c'est qu'il n'y a tout simplement pas eu de retour des règles.
02:01Mes règles ne sont pas revenues.
02:03En revanche, tous les symptômes de l'aménopause sont venus en force.
02:06J'avais des sueurs nocturnes, des bouffées de chaleur en pleine journée.
02:10Je me balade dans la rue, je rentre dans une boutique et là, je commence à suer.
02:13Je suis fatiguée et donc je n'ai plus de règles.
02:16Je revois le médecin.
02:17Il m'a donné un traitement pour faire repartir les cycles.
02:20Les cycles sont revenus.
02:22Et à ma grande surprise, j'ai été enceinte de manière spontanée.
02:26Mais malheureusement, le jour même où j'ai appris que j'étais enceinte, le matin, le soir, je faisais une
02:32fausse couche.
02:33Qu'après cette deuxième grossesse, nous avons à nouveau tenté des inséminations artificielles.
02:38Et là, le médecin nous dit, bon, on va attendre trois mois avant de recommencer une insémination.
02:43Vous allez prendre de l'acide folique non synthétique que votre corps peut digérer tous les deux.
02:49Ce que je ne savais pas à ce moment-là, c'est que j'étais déjà enceinte de deux jours.
02:55Sauf qu'au final, cette grossesse a tenu.
02:57J'ai donc été enceinte d'un petit garçon qui a aujourd'hui cinq ans.
03:00Après cette grossesse, j'ai eu une seule fois un retour de règle et puis plus rien.
03:05J'ai reconsulté mon médecin, mon gynécologue, qui alors a fait une échographie.
03:10Il m'a dit, mais il ne se passe rien.
03:12Ça veut dire qu'il n'y a pas d'activité ovarienne.
03:14Et puis moi, je commençais à avoir des sueurs nocturnes.
03:17Il m'a dit, on ne peut pas vous laisser ainsi.
03:19Il faut prendre un THS, c'est-à-dire un traitement hormonal substitutif.
03:24C'est-à-dire qu'il se substitue aux hormones qui ne sont plus créées par le corps,
03:28alors que pour une femme de cet âge, elle devrait être créée.
03:32Il permet, si on le prend de façon discontinue, de continuer à avoir des règles artificielles.
03:37C'est-à-dire, on prend les oestrogènes en continu, la progestérone à peu près dix jours par mois.
03:42À l'arrêt de la progestérone, on a des règles artificielles et on vit comme toute femme de notre âge.
03:47Sur la ménopause précoce, c'est toujours silence radio.
03:51Personne n'en parle.
03:51Ce que je conseillerais aux autres femmes, c'est d'en parler autour d'elles.
03:55Parce que plus on en parle, plus d'autres femmes vont partager leurs histoires.
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