00:00Et je ne sais pas pourquoi c'est autant tabou, je ne sais pas pourquoi on s'isole autant quand
00:04on vit avec l'eczéma.
00:05J'ai du mal à le comprendre, personne n'arrive vraiment à me l'expliquer autour de moi, mais oui
00:09c'est encore extrêmement tabou.
00:11Ça a beau être la deuxième maladie de peau dans le monde après l'acné, les gens connaissent mal cette
00:15maladie,
00:16du coup il y a beaucoup de préjugés et il y a beaucoup d'interactions un peu déplaisantes qui peuvent
00:21se produire
00:22avec les gens qui ne sont pas concernés par la maladie, comme le fait de croire que c'est contagieux
00:26ou de croire que c'est uniquement lié au stress ou que c'est un problème d'hygiène.
00:30Et du coup, en fait, je pense que cette méconnaissance de l'eczéma et de la maladie crée encore plus
00:37de difficultés au quotidien.
00:39À la naissance jusqu'à ma puberté, mon eczéma se situait dans le pli de mes coudes et de mes
00:44jambes.
00:44Donc des endroits d'articulation, mais quand même localisés et assez contrôlés.
00:49Et puis en fait, au moment de la puberté, donc avec le déclenchement des hormones de puberté,
00:53j'ai commencé à en avoir dans des endroits beaucoup plus ingérables.
00:56Le visage, avec le contour des yeux, le contour de la bouche, les joues, le cuir chevelu.
01:00Et c'est non seulement des endroits qui sont très compliqués à cacher, parce qu'ils sont en contact permanent.
01:05En plus de ça, c'est les premiers rapports de contact avec les gens,
01:08puisque le visage, c'est la première chose qu'on voit quand on échange avec une personne.
01:12Et en plus de ça, le cuir chevelu, après les cheveux, notamment au niveau de la féminité,
01:17c'est des zones par lesquelles la féminité passe.
01:20Et quand on a une peau qui nous empêche de nous maquiller,
01:23ou quand on a certaines couleurs qu'on ne peut pas porter, certaines matières qu'on ne peut pas porter,
01:28qu'on est obligé de se couvrir parce qu'on n'a pas envie de montrer que notre peau est
01:32en train de peler.
01:32Il y a tellement de choses quand on est une femme en plus, qu'il y a de l'examen
01:35qui sont compliqués.
01:36Et notamment aussi le fait que, pour beaucoup, en syndrome prémenstruel ou pendant nos règles,
01:42on a souvent un pic d'inflammation, et donc encore plus de crises qui se déclenchent.
01:46Quand j'ai vécu ma plus grande plaque, ma plus grande crise d'eczéma en 2019-2020,
01:53j'étais incapable de maquiller.
01:55Je me rappelle que du coup, je ne pouvais plus aller au travail maquillée.
01:58Et j'ai eu une flopée de commentaires et de réflexions du style
02:02« Oh là là, mais tu es fatiguée, tu es sûre que tu es en forme ? »
02:05Enfin, j'avais envie de dire, c'est juste mon visage normal, sans maquillage.
02:08Et je pense que ce regard, quand on est sensible et qu'on le perçoit, c'est très dur,
02:12d'autant plus qu'on est une société d'apparence et quand on est une femme, on s'attend à
02:16ce qu'on ait la peau parfaite,
02:17bien maquillée, etc.
02:18Et dès qu'on montre un certain défaut, ça dérange.
02:21S'isoler ne servira à rien, parce qu'en réalité, il faut que les gens autour de nous comprennent
02:26ce que c'est que l'eczéma, comprennent ce qu'on vit.
02:29Et je pense que c'est important d'en parler.
02:31Et c'est génial qu'il y ait de plus en plus de contes qui libèrent la parole sur des
02:35types de peau
02:36qu'on connaît un petit peu moins.
02:37Je pense qu'on ne parle pas, on n'inclut pas assez toutes les différentes palettes de types de peau
02:42qui existent.
02:43Et d'où l'importance d'en parler et de montrer aux gens, en fait, la peau normale n'existe
02:47pas.
02:48Et il faut montrer notre peau telle qu'elle est.
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