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Actuellement en tournée dans toute la France, l'humoriste Paul de Saint Sernin est l'invité de Mehdi Maïzi.

Retrouvez "À la régulière" sur France Inter et sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/a-la-reguliere

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Musique
Transcription
00:11Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans la Régulière, l'émission de toutes les cultures.
00:14Ce soir on reçoit un mec marrant, pour de vrai. Sur les plateaux de télé, il est devenu en
00:19quelques années une sorte de sniper, une phrase, parfois quelques mots et tout peut basculer.
00:24Mais on ne va évidemment pas réduire Paul de Saint-Sernin, notre invité, donc ce soir à ça.
00:28Paul, c'est quelqu'un qui doute, qu'il dit lui-même être mal à l'aise parfois et qui
00:32a fait de ce malaise une force,
00:33notamment lorsqu'il a changé de vie en montant sur scène après avoir embrassé une carrière de journaliste sportif.
00:39Un changement réussi, élu homme de l'année GQ en 2025, en tournée partout en France, des salles pleines tous
00:44les soirs et des millions de vues sur les réseaux.
00:46Il est actuellement en tournée dans toute la France avec son spectacle et à l'Olympia le 13 avril 2027.
00:51On va en parler jusqu'à 23h. Paul de Saint-Sernin est avec nous à la Régulière.
00:59A la Régulière
01:04Medimizing
01:05Paul, comment ça va ?
01:06Et alors, cette introduction, elle est magnifique !
01:08Elle est bien ?
01:09Ouais, bah ouais !
01:10Bah écoute, voilà !
01:11Je suis content de te voir !
01:11Bah moi aussi, très content de te voir !
01:12La dernière fois qu'on s'est vu, ça devait être sur un terrain de foot !
01:14Exactement !
01:14Si on peut tout dire, vraiment !
01:16Exactement !
01:16T'étais bien meilleur que moi !
01:17C'est faux !
01:18Bah t'as déjà un bon niveau, donc c'est un bon compliment que tu me fais, merci !
01:21On va parler de ton rapport au foot un peu après, mais on peut peut-être commencer par l'actualité
01:25évidemment, c'est le spectacle, que j'ai eu l'occasion de voir donc !
01:30Et justement, ce qui est intéressant, c'est qu'évidemment, tu racontes beaucoup de choses en fait sur ta vie,
01:36sur toi, sur même les a priori qu'on peut avoir sur toi.
01:39Et je pense qu'on peut presque commencer par là, parce que, et on en parlait un petit peu en
01:43antenne, quand je te demandais un petit peu qu'est-ce qui explique selon toi le fait qu'il s
01:48'est passé quelque chose derrière toi, tu racontais que le fait justement que tu ne ressens peut-être pas aux
01:52autres, il y a quelque chose de différent dans ton attitude, et peut-être même aussi dans ton nom, et
01:56tu en parles dans le spectacle, c'est les a priori qu'on a pu avoir sur toi, dont tu
02:00joues dans le spectacle.
02:02Est-ce que ça, ça a été, comme ça a posté à vrai, une force ou une faiblesse, tous ces
02:07a priori qu'on a pu avoir sur toi ?
02:08C'est une très bonne question. Déjà, je ne m'en plains pas, parce que je suis loin d'être
02:13le plus à plaindre, évidemment.
02:16T'en parles pas en t'en plaignant, dans le spectacle d'ailleurs.
02:17Non, je crois pas. Je crois que je me moque beaucoup de moi-même, justement.
02:20Ce qui est assez marrant, parce que ce qui surprend les gens, parce qu'ils connaissent le gars de la
02:23télé, qui est un peu froissinique, qui tire sur des gens, parce que c'est son taf en fait.
02:28Un sniper, il tire, le mot il vient de là, malheureusement, c'est un peu violent, mais c'est comme
02:31ça.
02:32Et sur scène, c'est vrai que c'est de moi que je me moque, et c'est vrai que
02:34c'est plus le garçon fragile, sensible, qui galère et qui raconte, qui parle de différence et d'inclusion.
02:40Et est-ce que ça a été une force ou une faiblesse ?
02:42Je crois que je vais enfoncer une porte ouverte de ouf, mais tant que tu n'essayes pas d'être
02:47quelqu'un d'autre, je crois que ça me fonctionne.
02:49Je crois que les gens se reconnaissent. Ils peuvent ne pas t'aimer, mais on ne peut pas te traiter
02:54de tricheur.
02:56C'est un mot qui est un peu trop à la mode depuis notre génération, la génération YouTube, qui est
03:00l'authenticité.
03:01Mais quand même, j'y crois beaucoup, de ne pas jouer à être quelqu'un d'autre et d'être
03:06soi-même.
03:08Justement, j'imagine qu'il y a aussi forcément des personnes qui t'ont découvert dans un rôle de sniper,
03:12on pourra en parler un peu après.
03:13Et quand on regarde ton spectacle, ce n'est pas ça le spectacle, comme tu viens de le dire.
03:18Est-ce que tu as eu le sentiment que parfois des gens ont pu être surpris ?
03:20Ils s'attendaient peut-être à voir quelqu'un d'extrêmement méchant, et c'est le ressort comique de certains.
03:25Et toi, ce n'est pas du tout ton cas.
03:26Mais gros, il y a des gens à la fin du spectacle qui me disent
03:29« Eh mais, vous êtes gentil en fait ! Je ne sais pas comment le prendre ! »
03:34Mais c'est fou, comme un rôle que tu peux jouer à la télé peut se confondre avec qui tu
03:39es vraiment.
03:39Il ne faut pas confondre le personnage et la personne.
03:42Moi, on me paye pour être un sniper.
03:45On me dit « Tiens, on a invité six mecs ce soir, ton taf c'est de leur faire trois
03:49vannes à chacun et tu es payé à la fin de l'émission.
03:51Ce n'est pas moi qui choisis les mecs, ce n'est pas moi qui choisis mon rôle.
03:54Moi, je fais du mieux que je peux et je joue ce rôle de sniper du mieux que je peux.
03:57Mais le vrai Paul, il est sur scène et c'est vrai que ça surprend les gens.
04:00Surtout que le spectacle, il est assez émouvant aussi, je crois.
04:03Ce n'est pas moi qui le dis, mais il y a vraiment des gens en pleurs.
04:05À la fin, je vois des gros darons, des pères de famille qui rient et qui pleurent en même temps.
04:09C'est tellement un truc fou à voir.
04:11Je ne sais pas si ça m'arrivera deux fois dans ma vie.
04:13Mais des mères de famille à la fin qui viennent me voir en pleurant et qui me disent
04:16merci, vous m'avez donné de l'espoir pour mon fils et tout.
04:19J'en parle avec légèreté, mais c'est quand même un truc fou à vivre le soir même quand tu
04:24le vis.
04:25Quand tu rentres chez toi, c'est beaucoup.
04:28Mais ouais, il y a vraiment ce truc de vous êtes sympa en fait.
04:31Est-ce que tu racontes cette émotion ?
04:33Est-ce qu'elle arrive notamment vers la fin du spectacle ?
04:35Sans spoiler, mais est-ce que tu parles aussi de toi ?
04:37Et du fait de être neuroatypique ?
04:39Même du fait de ne pas avoir été tout le temps un garçon, un mec cool, tu le dis toi
04:43-même en fait,
04:43que tu as plutôt grandi en étant quelqu'un de réservé, tu n'étais pas forcément le mec à la
04:48mode.
04:48J'étais l'inverse.
04:49Dont les parents peuvent avoir peur, tu sais, est-ce qu'il va trouver sa place, etc.
04:52Est-ce que c'est ça aussi, tu as le sentiment, que c'est ça qui peut émouvoir justement les
04:56gens
04:56et raisonner aussi auprès des parents ou même des jeunes d'ailleurs qui peuvent vivre ça ?
05:00Il y a beaucoup de parents qui en ce moment vivent des choses assez nouvelles avec leurs enfants,
05:05dont on parlait peu à leur époque.
05:07Et aujourd'hui, on dit aux parents, votre fils, il a peut-être un trouble de l'attention à la
05:12hyperactivité
05:12ou un trouble du spectre autistique ou il est dyslexique ou dyslexique.
05:16C'est des mots qu'on n'utilisait pas il y a encore quelques années parce qu'en France,
05:19on est assez hors-terre sur ces questions-là.
05:22Et le fait de mettre des mots dessus, d'en parler sans misérabilisme, sans jamais me plaindre,
05:26mais en en riant très fort et en disant à la fin, vous avez vu en fait, ça va, je
05:32suis heureux.
05:33Et ça donne pas mal d'espoir aux parents et j'adore ça.
05:35C'était pas le but en écrivant, mais en fait, il y a une forme de...
05:40Tu sais, c'est l'histoire de cette jeune femme qui vient me voir à la fin d'un spectacle.
05:44Elle a regardé tout le spectacle avec un casque audio sur les oreilles.
05:47Je spoil un peu, mais c'est pas grave.
05:49Et elle vient me voir à la fin, elle tourne dans le hall, là où je prends les photos
05:53et je parle un peu avec les spectateurs et je suis intrigué.
05:56C'est que cette nana qui a regardé tout le spectacle avec un casque, elle se barre.
06:00Tu l'as vue, toi, forcément, pendant le spectacle.
06:01Je l'ai vue pendant le spectacle.
06:02Au deuxième rang, elle est là avec son casque.
06:03Même, ça fait bizarre de jouer devant quelqu'un qui a un casque.
06:06Et elle part et elle revient et elle me serre fort dans les bras.
06:09On se connaît pas.
06:10Et elle me dit merci de parler pour ceux qui ne peuvent pas le faire.
06:15Bah gros, tu vis ça.
06:17Tu l'as pas prévu en écrivant le spectacle.
06:18Toi, t'écris juste des blagues avec ton pote co-auteur.
06:21Et tu captes la puissance.
06:23Et tu comprends tout, en fait.
06:24Tu comprends pourquoi t'as écrit.
06:25Tu comprends pourquoi tu montes sur scène.
06:26Tu comprends tout à ce moment-là.
06:27À quel moment, toi, tu t'es senti peut-être plus à l'aise, justement, dans la vie ?
06:32Est-ce que c'est en montant sur scène ?
06:34Est-ce que c'est un peu avant ?
06:35Est-ce qu'il y a un moment ou une perte de ta vie
06:37où tu as senti que tu prenais un peu plus le contrôle, peut-être ?
06:40T'as évoqué le foot.
06:41Pardon d'arriver déjà au foot.
06:42Non, allons-y.
06:42Mais je te promets que...
06:44Mais t'en parles souvent.
06:45Tu dis à quel point ça a été un moyen aussi de t'inclure dans...
06:47Bien sûr.
06:48Mais c'est fou.
06:49J'invite tous les jeunes garçons qui galèrent un peu,
06:53qui ne se sentent pas cool à mettre le pied dans un vestiaire.
06:55Alors évidemment que ça va être dur et que ça va te tanner un peu le cuir.
06:59Tu parles aussi de ça dans le spectacle.
07:01Oui.
07:01De la camaraderie qui peut parfois tourner en varcèlement.
07:07Et j'arrive à en rire.
07:08Tu vois, le fou rire que t'as à un enterrement
07:11ou le fou rire que t'as en classe, t'as pas le droit de l'avoir.
07:13Ce fou rire interdit.
07:14Si t'arrives à rire d'un truc supposément triste,
07:18je pense que tu gagnes parce que le rire est deux fois plus puissant.
07:20Ce rire que t'as à un enterrement, il vient du fin fond des entrailles.
07:22Il est inarrêtable.
07:23Ce n'est pas juste un rire qui vient de ton cerveau après une bonne vanne.
07:25Tu vois, là, tu ne fous pas.
07:26Il y a le rire qui vient des entrailles et le rire malin, bonne vanne.
07:30Et moi, j'essaie de choper le rire qui vient des entrailles dans mon spectacle.
07:33Et du coup, je parle de trucs supposément tristes.
07:35La mort, par exemple.
07:37La mort de mon grand-père sous mes yeux, de plein de machins.
07:40Et franchement, ça rit fort.
07:42Tu vois, t'es venu, t'as vu.
07:43Et je crois que c'est un peu aussi le secret.
07:46Tiens, je dévoile un petit secret à tous les copains humoristes aussi.
07:49Je n'ai évidemment pas la science infuse, mais j'ai capté que si t'arrives à rire
07:52d'un truc supposément triste, si t'y arrives, purée, le rire, il est puissant à la fin.
07:56Et pour répondre à ta question, dans un vestiaire de foot, il n'y a plus de différence.
08:00Il n'y a plus le gars cool, le gars qui bégaye, le gars qui ne bégaye pas,
08:03le gars qui est fort à l'école, le gars qui est nul, le gars qui est grand, le gars
08:05qui est petit,
08:05le gars qui est chinois, le gars qui est noir.
08:08Il n'y a plus ça.
08:09Il y a vraiment des gars avec le même short.
08:11Et là, le seul truc qui compte, c'est de faire la bonne passe à ce moment-là.
08:13Il n'y a plus rien qui compte.
08:14Tu poses ton cerveau, il n'y a que ça qui compte.
08:17Ça paraît être un joli discours un peu préparé.
08:19Je te jure que je l'ai vécu.
08:20Je suis sûr que tu peux en dire pareil.
08:22Est-ce que ça t'a fait du bien aussi de côtoyer des gens qui ne ressemblaient pas forcément
08:25aux gens que tu côtoyais dans ta famille au quotidien ?
08:28Est-ce que tu as senti ça ?
08:29Ça t'a même ouvert sur le monde.
08:30Et j'imagine inversement aussi pour eux, mais tu as senti ça, cette mixité-là qui t'a fait du
08:33bien.
08:34Et c'est même génial de ramener mes potes à la maison,
08:36où on n'a pas forcément l'habitude, tu vois.
08:38Et pareil, moi, quand je vais au foot, un mec qui s'appelle Paul de Saint-Cernin
08:42et qui a cette coupe de cheveux-là, on n'en connaît pas beaucoup.
08:44D'ailleurs, moi, mon surnom au foot, c'est Louis XVI.
08:46Moi, je n'ai pas de prénom.
08:47Et tout ça est réel.
08:48Ce n'est pas juste une jolie vanne écrite.
08:50Moi, c'est Louis XVI.
08:51Les gars, il y a Louis XVI.
08:52Dès que j'arrive, c'est ça que j'entends.
08:54Et jamais on le prend mal.
08:56Mais tu sais, aussi, je parle comme un vieux con, mais c'était quand même une époque
08:59où on appelait le gros gros, le petit, le nain, le chinois.
09:03Enfin, tu vois, celui qui a une grosse tête, on l'appelait Alibi, parce qu'Alibi Montana,
09:06il avait une grosse tête.
09:07C'est par rapport à Alibi Montana ?
09:08Oui, oui.
09:09Le rappeur, incroyable.
09:10D'accord, on avait des surnoms fous.
09:11Et moi, c'était Louis XVI.
09:13Alibi, si tu nous écoutes, il existe.
09:15Oui, bien sûr.
09:15Alibi, gros, j'espère que tu t'écoutes la radio.
09:18Peut-être que les deux Alibi écoutent la radio.
09:20Alibi Montana et le Alibi.
09:21Ça serait fou.
09:22Bon, puisque Alibi Montana, c'est un rappeur français, je propose qu'on écoutait un morceau.
09:25C'est un morceau de rap, mais de rap américain, parce que tu rentres sur ce morceau, en tout
09:28cas sur la fois où j'étais là, c'est sur le morceau TV Off de Kendrick Lamar.
09:33Pourquoi ce morceau ? C'est un morceau qui te motive avant de rentrer sur scène ?
09:37Je te dis la vérité.
09:38C'est mon co-auteur qui me dit que ça va être super.
09:40Moi, je dis, j'aime bien Kendrick, on y va.
09:42Une semaine plus tard, il y a le Super Bowl.
09:45Tu te souviens de sa prestafolle ?
09:46Incroyable.
09:46Le morceau devient numéro un partout et tout, et je me dis, c'est horrible, on a l'impression
09:50que je suis juste un suiveur qui a pris le top 1 Spotify.
09:54Pas du tout.
09:56Juste, c'est mon co-auteur qui me le propose une semaine plus tôt, et ouais, ça marche.
10:00Bon, gros morceau, on s'écoute ça, Kendrick Lamar, et juste après, on est de retour avec
10:03Paul de Saint-Cernin.
10:17Sous-titrage Société Radio-Canada
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