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La députée écologiste Sandrine Rousseau est l'invitée de Questions politiques ce dimanche sur France Inter. Au programme cette semaine : la guerre au Proche et au Moyen-Orient, l'affaire Patrick Bruel, la crise du carburant en France et l'élection présidentielle de 2027 qui approche. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/questions-politiques/questions-politiques-du-dimanche-24-mai-2026-4796237

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00:03Générique
00:10Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Question Polite.
00:14Quand certains réservent les salles des meetings, peaufinent leur stratégie de campagne à moins d'un an de la présidentielle.
00:19D'autres se demandent comment exister, voire comment survivre.
00:23Quelle place à gauche pour les écologistes en plein duel LFI-PS ?
00:27Le parti vert a-t-il encore du sens ?
00:29Ses élus se rangeront-ils dans l'un des deux camps ?
00:31Le vent, ils l'ont de face depuis des mois.
00:34L'examen de la loi d'urgence agricole rajoute quelques rafales.
00:37Comment inciter à la sobriété quand faire le plein est au centre des préoccupations ?
00:41Comment remettre les projecteurs sur l'urgence climatique quand il fait aussi chaud de plus en plus tôt ?
00:47Notre invité est députée écologiste de Paris, féministe aussi.
00:51L'affaire Patrick Bruel devient politique avec ce schéma qui reste le même 9 ans après MeToo.
00:57Un homme puissant, populaire, accusé de violences sexuelles.
01:00Sandrine Rousseau est avec nous sur France Inter, France Info, le canal 16 de la télé et en partenariat avec
01:05le journal Le Monde.
01:06Nous sommes ensemble pour répondre à toutes vos questions, à toutes nos questions politiques jusqu'à 13h.
01:11France Inter.
01:13Questions politiques.
01:15Victoria Coussa.
01:18Bonjour Sandrine Rousseau.
01:19Bonjour.
01:20Merci d'avoir accepté notre invitation.
01:22A mes côtés pour vous interviewer pendant une heure, je les salue.
01:25Brigitte Boucher de France Télévisions.
01:27Bonjour Brigitte.
01:28Bonjour Victoria.
01:28Bonjour Sandrine Rousseau.
01:29Tout à l'heure, vous nous ferez justement le portrait de notre invitée.
01:32Eh oui, écoféministe, femme de conviction ou idéologue, femme forte ou à fleur de peau.
01:37Qui êtes-vous vraiment, Sandrine Rousseau ?
01:39On verra ça à Belmestre.
01:41Bonjour du journal Le Monde.
01:43Bonjour à vous.
01:44Vers midi 50, on ira tout droit vers 2027 avec vous, avec une question qui sera également très importante pendant
01:51la campagne, la question du nucléaire.
01:52Oui, tout à fait.
01:53En pleine crise énergétique, est-ce qu'on se demandera si on peut encore politiquement prôner une sortie totale de
01:58l'atome comme le font les écologistes ?
02:00Mais d'abord, quelques questions d'actualité Sandrine Rousseau.
02:03Est-ce bientôt la fin de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran ?
02:07Le président américain Donald Trump affirme qu'un accord a été largement négocié.
02:12Il permettrait, selon des médias américains, aux navires de franchir à nouveau le détroit d'Hormuz bloqué.
02:19Assouplirait également les sanctions qui pèsent sur l'Iran.
02:22Le nucléaire renvoyait à des négociations ultérieures.
02:25Est-ce qu'il faut y croire, selon vous ?
02:28Je pense qu'on peut y croire.
02:29Après, c'est incroyable de gâchis.
02:31C'est-à-dire qu'on est exactement dans la situation d'avant la guerre.
02:34C'est-à-dire qu'en fait, on va pouvoir passer par le détroit d'Hormuz.
02:36Il n'y aura rien de plus sur le nucléaire.
02:39Par contre, le peuple iranien aura beaucoup souffert.
02:42Les répressions de la société civile seront bien plus grandes.
02:44Et en fait, on est là dans quelque chose de la logique absolument mortifère, dangereuse et effroyable du capitalisme.
02:52C'est-à-dire que Trump, qui est le garant d'un capitalisme sauvage, a voulu s'approprier des ressources,
03:00libérer le détroit d'Hormuz.
03:01Puis à la fin, ça a fait fonctionner un peu son industrie.
03:04Ça a occupé l'actualité.
03:05Ça a tué des gens.
03:06Et à la fin, on retombe sur la même situation.
03:08C'est tout ça pour ça, c'est ce que vous dites ?
03:10C'est tout ça pour ça.
03:11C'est-à-dire qu'en fait, on n'a aucune avancée sur l'Iran.
03:14Mais par contre, on a des morts.
03:15Par contre, on a des destructions.
03:18Et en fait, ça pose une question.
03:19C'est-à-dire parce que là, je pense que le capitalisme, parce qu'il est en crise profonde,
03:23parce qu'il est en crise systémique, va aller chercher des débouchés.
03:25Et pour chercher des débouchés, peut-être que la guerre en sera.
03:28Et on le voit d'ailleurs, parce qu'on a voté à l'Assemblée nationale 36 milliards d'euros de
03:32plus
03:32pour le budget de l'armée pour la première fois en France.
03:35Vous pensez que ce n'est pas nécessaire avec la guerre aux portes de l'Europe, la guerre internationale ?
03:40Pour la première fois en France, le budget de l'armée est supérieur au budget de l'éducation nationale.
03:46Et en fait, c'est un projet de société qui se dessine.
03:48Et c'est grave.
03:49Sauf que tout le monde s'arme.
03:50Oui, sauf que tous les pays.
03:52Alors, je vais vous dire, dans le projet de loi sur l'armée, ce qui s'est passé, c'est
03:56qu'on a voté,
03:58donc ce n'est pas nous, mais il y a eu une majorité à l'Assemblée pour voter 36 milliards
04:02de plus,
04:03dont 8,5 milliards sur les munitions.
04:05On a créé un nouveau label qui s'appelle France Munition.
04:08Donc après France Emploi, après France, je ne sais plus comment c'est,
04:11France Personnes Âgées, France Dépendance, je crois.
04:13Donc vous, ce statut de France, il faudrait ne plus bouger, ne plus toucher au budget de l'armée ou
04:18même le faire diminuer dans ce contexte ?
04:19Aujourd'hui, l'essentiel de la défense, de notre capacité à nous défendre,
04:27réside dans notre autonomie vis-à-vis des ressources pétrolières et fossiles,
04:32vis-à-vis aussi de l'uranium, j'imagine qu'on en parlera,
04:35vis-à-vis des terres rares.
04:38Et donc, ça nécessite d'avoir une forme de changement d'économie avec une autonomie,
04:44avec un changement de mode de consommation, de production.
04:47Et on va exactement à l'inverse, c'est-à-dire qu'on arme, on arme, on arme et on
04:50ne change rien.
04:51Et derrière, il y a quand même une partie de la guerre qui est sur les données, sur le captage
04:55des données.
04:55On est extrêmement fragile là-dessus.
04:57En fait, là, j'ai l'impression qu'on est dans une espèce de fuite en avant,
05:01mais je vais y revenir sans doute au cours de l'émission.
05:03On est dans une fuite en avant sur tout.
05:04La situation sur cette guerre, le détroit d'Hormuz, que pensez-vous du rôle de la France ?
05:10Emmanuel Macron s'est entretenu avec son homologue américain, les pays du Golfe.
05:13Est-ce que la France a un rôle à jouer, par exemple, même dans la sécurisation du détroit,
05:17si demain, il devait être débloqué ?
05:19Mais la France joue un rôle de spectateur des conflits mondiaux depuis le début.
05:23C'est-à-dire qu'en fait, il y a des grandes annonces,
05:24une voix qui tremble d'Emmanuel Macron, mais à la fin, on n'agit pas.
05:27Il y a le porte-avions Charles de Gaulle qui se trouve quand même dans la zone.
05:29Oui, mais si l'Espagne a repris une forme d'autonomie sur la scène internationale et géopolitique,
05:33c'est précisément parce qu'elle a fait une transition énergétique,
05:36parce qu'elle a pris les mesures pour être bien plus indépendante.
05:39Et en fait, là, on est dans...
05:40Enfin, vous savez que la guerre est un des débouchés naturels du capitalisme
05:43et que là, on est en train d'y aller.
05:45Et vraiment, je le pose, je sais que ce sont des grands mots,
05:47mais la réalité est qu'il va falloir trouver des débouchés industriels.
05:50Et qu'en fait, j'ai l'impression que la politique de la France
05:52se positionne aussi sur une forme d'exportation d'une industrie qui serait l'industrie d'armement.
05:57Mais enfin, moi, je suis désolée, je ne souhaite pas que la France soit une exporte.
06:00Donc on ne se protège pas, on ne se protège pas malgré la menace.
06:04Je vous ai dit exactement l'inverse.
06:05Je vous ai dit qu'on se protégeait différemment.
06:07Précisément, en n'étant pas dépendant des ressources internationales.
06:09Alors comment, pardon ?
06:10On a déjà voté une loi de programmation militaire de 400 milliards d'euros entre 2026 et 2030.
06:16Donc ça suffit.
06:16Et on est le budget d'Europe le plus important en matière d'armée.
06:20Donc on n'avait pas besoin de rajouter ces 36 milliards d'euros supplémentaires.
06:23A l'international, ce sont aussi ces images qui ont fait le tour du monde.
06:26Des dizaines de militants pro-palestiniens de la flottille pour Gaza agenouillés.
06:31Après leur arrestation par Israël, les mains liées, violentées par les autorités.
06:35Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Benvir,
06:38qui se met en scène sur la vidéo en question sur ces images, n'est plus le bienvenu chez nous.
06:42Interdit de territoire français par le Quai d'Orsay.
06:44Vous saluez cette décision ?
06:45Oui, bien sûr, mais c'est une petite décision dans l'ensemble des décisions qu'il faudrait prendre.
06:52Il faudrait contester l'accord de l'Union européenne avec Israël.
06:55Il faut aussi se poser maintenant, sérieusement, la question du boycott des produits qui viennent d'un pays qui est
07:03capable de faire cela.
07:04D'un pays qui est allié à la France.
07:06Israël, qui est un pays israël, qui colonise la Cisjordanie avec une violence inouïe,
07:12qui affame et qui tue en masse des personnes sur la bande de Gaza simplement parce qu'ils sont et
07:18parce qu'elles sont palestiniennes.
07:19En fait, ça n'est pas possible de continuer à jouer.
07:22Et d'ailleurs, encore une fois, l'Espagne a eu un discours politique bien plus fort.
07:26Donc, contre ce génocide, contre tout ce qui est en train de se passer là-bas,
07:30qui est en dehors du droit international, en dehors du droit humain, mais en dehors même de l'humanité,
07:34nous devrions avoir une politique bien plus forte que juste.
07:36Vous n'aurez pas le droit de passer des vacances en France, monsieur Ben Gvir.
07:40Donc, rupture des liens commerciaux et rupture des liens diplomatiques.
07:43Absolument.
07:44Très bien.
07:44Vu les risques que représentent ces flottilles sécuritaires, diplomatiques,
07:49et vu aussi l'inefficacité pour les habitants de Gaza,
07:52est-ce qu'elles ont encore du sens, ces flottilles ?
07:55Elles sont très importantes parce que je pense que les images que nous avons vues donnent un aperçu
07:59de ce que vit actuellement le peuple palestinien.
08:01Et moi, je vais vous dire, je réfléchis même à pouvoir aller sur une prochaine flottille
08:05parce que je pense que ce qui se passe là-bas, ce qui se passe là-bas,
08:08est vraiment, doit être...
08:11Enfin, nous sommes tous responsables de ce qui se passe là-bas.
08:14Vous avez déjà prévu ?
08:14Si nous ne le dénonçons pas forcément.
08:16Non, non, j'avais été contactée par celle-ci, mais je n'y suis pas allée.
08:20C'est le rôle d'une élue de la République de monter sur ces flottilles ?
08:23Je pense que là, vu ce qui s'est passé, c'est absolument...
08:27Et on ne parle pas des viols et des agressions sexuelles qu'on subit manifestement,
08:30en tous les cas, dont témoigne une partie des membres de l'équipage.
08:34Moi, je voudrais qu'il y ait des personnalités dont le nom soit connu.
08:38Je ne dis pas que j'en fais partie, mais en tous les cas, des personnalités
08:41dont le nom soit connu et reconnu pour empêcher cela.
08:46C'est très symbolique, ce genre de flottilles ?
08:49C'est très symbolique, mais le symbole a de la force, des fois.
08:52France, Belgique, Canada, au moins 13 plaintes contre le chanteur Patrick Bruel
08:56et une trentaine de femmes qui dénoncent des agressions sexuelles et des viols.
09:00Il a fallu attendre une récente enquête de Mediapart pour que ces accusations aient de l'écho.
09:04Et on entend toujours la même chose.
09:06Tout le monde savait, tout le monde se taisait.
09:08Comment expliquer qu'on en soit encore là, neuf ans après MeToo ?
09:12Alors, on n'en est plus tout à fait là, puisque pour la première fois,
09:14il y a des enquêtes qui sont ouvertes.
09:16Pour la première fois, on n'est pas dans un classement sans suite.
09:18Pour la première fois, un parquet s'est saisi.
09:20Mais combien il aura fallu de temps ?
09:23En 2019, il y a déjà neuf femmes qui avaient témoigné des comportements de Patrick Bruel.
09:28Et aujourd'hui, on en est à une trentaine de femmes.
09:31Et en fait, moi, je voudrais juste poser deux choses dans le cas de Patrick Bruel.
09:34C'est, un, la question de la sérialité.
09:37C'est-à-dire que comment on détecte la dangerosité de personnes.
09:41Et manifestement, la sérialité.
09:43Je suis en train de faire une mission flash avec d'autres députés à l'Assemblée nationale transpartisane
09:48sur le squarnec, qui est un chirurgien qui a violé jusqu'à 300 personnes.
09:52En tous les cas, c'est le minimum, puisqu'il a été condamné pour cela.
09:56Et en fait, la sérialité des personnes qui violent et qui agressent
10:00n'est jamais anticipée, de sorte qu'on minimise considérablement leur dangerosité
10:04et que ça fait partie de la culture du viol.
10:06Mais il y a une autre chose qui est ce qu'on appelle le grooming institutionnel,
10:11qui est le fait que normalement, des institutions qui devraient protéger les patients dans
10:15le cadre de la médecine, les fans dans le cadre de Bruel, puisqu'on se souvient de la Bruelmania...
10:19Et d'ailleurs, on rappelle juste que Patrick Bruel conteste ses faits.
10:22Bien sûr, évidemment.
10:22Et qu'il est présumé innocent, tout à fait.
10:25Mais dans le cadre de la Bruelmania, il était entouré d'un nombre de femmes tout à fait conséquent.
10:30On se souvient, c'était dans les années 90.
10:32Et en fait, dans ces cas-là, les institutions devraient protéger les personnes, les fans.
10:37Et c'est tout l'inverse qui se passe.
10:39C'est-à-dire que les institutions, mais on l'a vu dans PPDA,
10:41on l'a vu dans toutes les affaires, dans toutes les graves affaires sérielles,
10:46et on le voit aussi dans le squarnec,
10:47c'est que les institutions, au contraire, finalement, facilitent l'accès au corps de femmes,
10:53de jeunes femmes, de mineures,
10:55et légitiment les attitudes, et derrière, couvrent les exactions.
11:00D'ailleurs, sur un texte de loi que vous déposez à l'Assemblée, on y reviendra.
11:04Parmi ces plaignantes, il y a l'animatrice Flavie Flamand,
11:07qui dénonce un viol quand elle avait 16 ans.
11:09Elle envisage de porter plainte pour diffamation après la défense de l'artiste.
11:12On écoute son avocate Corinne Hermann.
11:15Elle parle d'abord parce qu'elle parle pour cette jeune fille de 16 ans qui a subi ses faits.
11:19Elle parle pour soutenir la parole des autres femmes,
11:22parce que ça devient insupportable d'avoir des femmes qui sont moquées,
11:26qui ne sont pas comprises,
11:28et des paroles qui sont oubliées ou mises de côté parfois par la justice.
11:32Elle se concentre sur son combat.
11:33Pour le restant, la seule chose que demande l'ensemble des plaignantes,
11:37d'ailleurs, pas seulement Flavie Flamand,
11:39et il va y avoir de nouvelles plaintes, je vous l'annonce,
11:41c'est qu'on protège en tous les cas les jeunes femmes qui sont à son contact,
11:45ou en tout cas dans son environnement, dans son cadre professionnel.
11:48Vous qui êtes engagée dans la lutte contre ces violences,
11:51vous accueillez comment cette parole ?
11:55D'abord, je voudrais dire que Flavie Flamand est extrêmement courageuse,
11:58mais extrêmement courageuse,
12:00parce que dénoncer deux viols,
12:02et on sait que quand on a subi un viol enfant,
12:04on est plus exposé à en subir d'autres après, malheureusement,
12:07parce que les agresseurs, les violeurs arrivent à détecter tout un tas de signaux faibles
12:13qui rendent les personnes plus vulnérables à leurs agressions.
12:17Et Flavie Flamand est extrêmement courageuse de faire ce qu'elle fait.
12:20Et vraiment, je le pose parce que, évidemment, si loin en arrière,
12:24probablement que les preuves manqueront au moment du jugement.
12:27Et donc, elle prend un risque sur sa réputation, sur sa notoriété,
12:31et elle prend un risque pour toutes les autres femmes, et pour cela, merci.
12:33Mais dans la proposition de loi que nous portons avec Erwann Balanant,
12:37nous mettons une mesure qui est très importante,
12:40qui est d'amplifier les condamnations, les sanctions contre les personnes
12:44qui savent et qui n'agissent pas.
12:46Parce qu'en fait, on le voit, là, dans l'industrie de la musique,
12:49qu'il a fallu tout un système pour protéger Patrick Bruel.
12:51Et là encore, on va revenir très vite sur votre proposition de loi à Belmestre.
12:55Oui, Patrick Bruel maintient pour l'instant ses concerts en France.
12:58Les préfets peuvent les annuler pour risque d'atteinte à l'ordre public.
13:02Des maires appellent à le faire, notamment à Marseille, Nancy, Brest, Nancy, Lille.
13:07Au Québec, plusieurs concerts ont été annulés par le promoteur de Patrick Bruel.
13:11C'est ce qu'il faut faire, malgré justement la présomption d'innocence que vous releviez tout à l'heure.
13:14Mais évidemment, puisque c'est un trouble à l'ordre public,
13:17puisque c'est mettre en danger des personnes.
13:19Même en l'absence de manifestation, etc.
13:20Il n'y a pas de trouble à l'ordre public.
13:21Mais bien sûr que si, il y aura forcément des féministes devant, et c'est très bien d'ailleurs.
13:25Ce n'est pas le cas pour l'instant.
13:26Ce n'est pas le cas pour l'instant, mais ça va forcément venir.
13:28Et par ailleurs, c'est aussi une mise en danger.
13:32Je veux dire, Patrick Bruel n'organise pas ses concerts seul.
13:34Il y a des techniciennes, il y a des personnes qui gèrent les lumières, le son,
13:39qui gèrent sa loge, qui le maquillent.
13:43On l'a vu d'ailleurs le masse avant ou après ses concerts.
13:46Et puis derrière, il y a des fans.
13:47Et donc c'est une mise en danger de toutes ces personnes.
13:49Tant que la justice de Régide Boucher...
13:52On n'a rien à lui reprocher jusqu'ici, puisqu'elles font partie de l'équipe
13:55et elles travaillent peut-être avec lui depuis des années.
13:57Ce n'est pas ce qui apparaît de certains des témoignages, des 30 témoignages,
14:00puisqu'il y a une éclairagiste, je crois, dans les témoignages.
14:04Il y a deux masseuses.
14:05Il y a une ostéopathe qui était venue, une kinésithérapeute,
14:09qui était venue pour lui remettre le dos ou je ne sais plus comment...
14:14et qui l'a agressée.
14:17Il y a en fait tout un tas de personnes à l'intérieur de son staff.
14:21Il y a eu des maquilleuses aussi, je crois, dans la première version des témoignages.
14:24Donc ce serait plus sur le fondement d'une mise en danger d'autrui ?
14:27Absolument.
14:28Et ce serait sur la protection des risques psychosociaux,
14:30ce qui est un devoir dans le cadre du droit du travail.
14:35Et donc la présomption d'innocence dans le droit du travail n'est pas première.
14:40Il faut d'abord protéger les autres.
14:41Et donc à ce titre-là, on devrait annuler évidemment les tournées de Brigitte.
14:46Vous dites qu'il faut annuler, mais il joue tous les soirs en ce moment au Théâtre Édouard VII
14:50et ça ne provoque aucun trouble effectivement.
14:53Vous êtes déçue par justement les féministes ?
14:55Parce que justement là, on ne les entend pas, elles ne manifestent pas.
14:58Alors on entend beaucoup les féministes, sans quoi l'affaire Patrick Bruel n'existerait pas.
15:03Donc au contraire, on entend beaucoup les féministes
15:05et je ne suis pas du tout déçue des féministes jamais.
15:07Mais au contraire, je pense que grâce aux féministes, MeToo ne s'arrête pas.
15:12Parce qu'on a essayé d'arrêter MeToo de mille et une manières depuis 2017 où c'est sorti.
15:17On a porté plein temps, certains ont porté plein temps de diffamation.
15:20Il y a eu des procès, il y a eu des condamnations, il y a eu des personnes qui ont
15:25été empêchées.
15:25On a été traité de sale conne, etc.
15:27Et à la fin, à la fin, MeToo continue.
15:30Donc les choses ont changé ?
15:31Oui, je pense qu'on est dans un mouvement social d'une ampleur telle qu'il est impossible de revenir
15:39en arrière.
15:40Et là, je pense qu'on va ouvrir dans les semaines prochaines un MeToo de l'inceste.
15:44Ça aura changé quand il y aura eu des condamnations ?
15:46Oui, mais il y en a déjà eu, regardez Depardieu.
15:48Et je rappelle quand même que Depardieu, Besson, Cobert, Bruel, tous ceux-là ont bénéficié soit de non-lieu, soit
15:56d'affaires classées sans suite.
15:58Et que tous finalement, d'Armont, reviennent sur le devant de la scène dans les affaires MeToo.
16:05Donc ce que je veux juste dire, c'est que heureusement qu'il y a la pugnacité des victimes et
16:12bravo à elles.
16:13Heureusement qu'il y a l'accompagnement des féministes.
16:15Et l'accompagnement des politiques, justement, c'est ce que vous voulez, avec un texte qui découle de la commission
16:19d'enquête sur ces violences sexistes et sexuelles dans l'univers du cinéma,
16:25mais aussi plus largement dans l'univers de la culture.
16:27Vous proposez par exemple d'obliger les employeurs dans le cinéma, la mode, l'audiovisuel, à accompagner les victimes, à
16:32lancer des enquêtes internes au moindre signalement.
16:35Qu'est-ce que ça changerait ? Est-ce que ça pourrait éviter ce genre d'affaires, Patrick Bruel ou
16:40d'autres ?
16:41Oui, dans le texte de loi, on propose qu'il y ait des enquêtes systématiques à tout signalement, ce qui
16:47n'est pas aujourd'hui le cas,
16:49que ces enquêtes par ailleurs fassent l'objet d'une procédure établie, que ce soit des enquêtes sérieuses.
16:56Et puis derrière, on oblige surtout, et c'est ça pour moi une des forces de ce texte, pas que,
17:00mais une des forces de ce texte,
17:02c'est qu'on oblige les personnes qui ont été dépositaires de témoignages, on oblige les producteurs, les organisateurs de
17:10tournées,
17:11on les oblige à signaler les faits au procureur, c'est-à-dire qu'on étend l'article 40.
17:17Et en fait, ça c'est très important parce que vous voyez bien que si je reprends dans un autre
17:22domaine,
17:22mais je fais les parallèles exprès pour montrer qu'en fait c'est la même mécanique.
17:26Quand on regarde ce qui s'est passé avec Joël Lesquarnac, le Conseil de l'Ordre n'a pas signalé
17:31les faits.
17:32On a eu des directeurs d'hôpitaux qui n'ont pas perçu la dangerosité du personnage.
17:38Et en fait, c'est parce que tout le monde ferme les yeux, parce que tout le monde minimise,
17:41parce que personne ne veut voir, parce que ça dérange tout le monde.
17:44C'est de la lâcheté ou de la complicité pour nous ?
17:45Ça relève de la lâcheté ou de la complicité ?
17:48Ça relève d'un peu les deux, c'est-à-dire que c'est à la fois un peu de
17:52lâcheté parce que ça sort d'une zone de confort
17:54de devoir soutenir une victime ou de devoir prendre véritablement la mesure des paroles.
17:58C'est très compliqué en réalité.
18:00Mais je vais vous dire, je l'ai vécu dans mon parti.
18:01Je l'ai vécu, on l'a vu avec l'affaire Bayou dans mon parti,
18:05où même un témoignage de viol n'a pas été instruit comme ça aurait dû être instruit.
18:08Donc en fait, c'est très inconfortable d'instruire ces paroles-là.
18:12Vous parlez d'un nouveau témoignage, Julien Bayou conteste les faits.
18:14Absolument.
18:14C'est important.
18:15Oui, oui, ils sont tous présumés innocents, il n'y a pas de problème.
18:17Et sur les autres affaires, les plaintes ont été classées sans suite ?
18:21Oui, mais pour le coup, il y a une nouvelle révélation qui a été faite.
18:23Il y a un vrai problème, Sandrine Rousseau, c'est que...
18:25Donc attendez, juste, je termine, pardon, sur ce que vous disiez.
18:29C'est qu'il y a à la fois de la lâcheté, mais il y a aussi une forme de
18:32complicité.
18:33C'est-à-dire que comme on est une société qui est organisée autour de la silenciation des victimes,
18:38eh bien, il y a tout un tas de petits phénomènes qui se produisent ou on minimise.
18:44C'est-à-dire que quand vous parlez de viol, la personne en général retient agression sexuelle, par exemple,
18:49et donc diminue la gravité des faits.
18:51Et puis après, si c'est quelqu'un qu'on aime bien, et Bruel, c'était quelqu'un qui était
18:54très admiré,
18:55eh bien, on a tendance à ne pas penser qu'il puisse mal se comporter.
19:00Mais ça, la loi peut résoudre ce social.
19:00Et tout cela, c'est la culture du viol.
19:02Mais la loi, vous pensez que la loi peut changer ça, cette omerta ?
19:05Oui, absolument, parce que si on oblige les gens qui ont été dépositaires d'un témoignage
19:10à véritablement prendre la mesure de ce témoignage,
19:12faute de quoi ils seraient eux-mêmes condamnés pour non-assistance à personne en danger
19:16ou pour non-dénonciation de crimes ou de délits,
19:19eh bien, alors, évidemment, la responsabilité de chacun est bien plus importante.
19:23Sauf que pour condamner, il faut des preuves.
19:24Il y a aussi aux parents des écoles de Paris qui ont subi le pire et solidarité avec eux.
19:30Il y a des silences, vous le dites, parce qu'il y a aussi beaucoup de femmes qui ne parlent
19:34pas.
19:34Il y a ce problème de la libération de la parole.
19:36Et puis, il faut des preuves pour condamner.
19:39C'est souvent parole contre parole.
19:41Comment on arrive à prouver ?
19:42Et est-ce que votre loi, par exemple, elle va permettre de dépasser ça ?
19:46Moi, je ne connais pas de femmes qui n'ont pas parlé.
19:49Je connais des femmes qui ont parlé à des proches.
19:51Je connais des femmes qui ont parlé à des employeurs et qui n'ont pas été entendues.
19:54J'ai vu des femmes qui, ou des hommes d'ailleurs, parce qu'il y a aussi des hommes victimes,
19:59qui ont parlé à demi-mot, ça c'est vrai.
20:02Mais je n'en connais pas qui n'ont jamais parlé.
20:04Alors, évidemment, il peut y en avoir.
20:06Il peut y en avoir.
20:06Sauf que souvent, les années après, les preuves n'existent plus.
20:09Non, en général, les gens parlent très vite en réalité.
20:12Très vite.
20:14Dans les jours, dans les semaines qui viennent.
20:17On écrit à une amie en disant « ça s'est très mal passé hier soir, je ne vais pas
20:22bien ».
20:22Et il y a tout un tas de troubles aussi liés aux violences sexistes et sexuelles.
20:27Des comportements d'évitement, des comportements de troubles alimentaires, de l'anxiété, de la dépression, etc.
20:33Tout cela, ce sont des preuves indirectes qu'il s'est passé quelque chose.
20:36Il suffit à condamner ?
20:37C'est aussi toute une justice que l'on va devoir revoir.
20:41Mais une des choses aussi que j'apprends dans cette mission Flash sur le Square Next,
20:44c'est à quel point la justice est démunie face à cela.
20:47C'est-à-dire qu'il faut beaucoup de moyens, il faut beaucoup plus de moyens
20:50si on veut prendre et saisir l'ampleur des violences sexuelles dans la société.
20:54Dans un agenda parlementaire déjà saturé.
20:56Passons à la crise énergétique.
20:58Les prix à la pompe en plein blocage du détroit d'Hormuz.
21:00Le gouvernement prépare les esprits au fait que ça va durer avec une stratégie d'aide à la semaine.
21:07Mais pas question pour autant pour le Premier ministre d'appeler à la sobriété.
21:12La perspective que le gouvernement ou la classe politique aille faire des plans de sobriété
21:17en expliquant comment il faudrait rouler, etc.
21:20A titre personnel, ça m'insupporte.
21:22Et je le dis, il faut arrêter d'emmerder les Français.
21:24Comme disait Georges Pompidou, parce qu'au fond, je fais bien des mesures qui sont parvenues au début
21:28en disant qu'on va baisser la vitesse sur l'autoroute.
21:32Mais les gens le font de même s'ils veulent le faire.
21:35Vous l'écologiste, vous en pensez quoi ?
21:37Quand il dit qu'il ne faut pas emmerder les Français ?
21:39J'en pense que j'étais au débat sur la loi agricole cette semaine
21:43et qu'ils ont porté un amendement pour supprimer le mot sobriété dans l'usage de l'eau.
21:48Et en fait, c'est incroyable de ne pas poser ce mot sobriété qui est indispensable dans la période.
21:54Donc vous dites aux Français qu'il faut limiter vos déplacements ?
21:57Mais il est limite, de fait.
21:58Il est limite, de fait.
21:59Je ne dis rien, moi.
22:00Je dis juste, il est limite, de fait.
22:01Par contre, je dis au Premier ministre, quel est votre plan pour les alternatives à la voiture thermique ?
22:06Quel est votre plan sur...
22:07L'électrification, un grand plan d'électrification qui a été annoncé.
22:10Emmanuel Macron s'en saisit d'ailleurs en la semaine.
22:11Il y a un plan d'électrification avec 30% de voitures électriques vendues de manière supplémentaire.
22:15Vous savez combien coûte une voiture électrique ?
22:17Donc ce n'est pas tout le monde qui peut faire ça.
22:18Et par ailleurs, c'est aussi très polo, les voitures électriques.
22:20Et par ailleurs, les voitures électriques, il faut rouler jusqu'à 150 000 à 200 000 km sans changer de
22:28batterie pour que ça soit équivalent à une voiture thermique.
22:31Donc c'est loin d'être une solution.
22:33Et ça dépend des terres rares, notamment du cobalt, qui sont aujourd'hui au cœur de conflit.
22:36On parlait du recyclage des batteries.
22:38Absolument.
22:38Donc en fait, c'est quoi la solution ?
22:40La solution, c'est d'investir dans des transports de proximité, de faire de l'autopartage, de faire des voitures
22:47aussi qui sont beaucoup plus légères, qui consomment nettement moins, de faire des mesures sur le train.
22:53Là, aujourd'hui, on n'a aucune annonce sur le train, sur les TER par exemple.
22:56Mais vous savez bien qu'il y a plein de trains qui ne desservent pas...
22:59Oui, mais je vais vous dire si déjà...
23:00Il y a une réalité dans les territoires, on a l'impression que votre vision, vous, écologiste, est un peu
23:05en décalage avec ce que vivent les terres rares.
23:06Et moi, je vais vous dire que là, on est dans un pic de chaleur énorme, inouï, inédit.
23:12Et qu'en fait, on peut se dire qu'on ne peut rien changer, mais qu'en fait, c'est
23:14le moment aussi de s'interroger sur ce qu'on peut changer.
23:16Et que la voiture fait partie des choses sur lesquelles on peut investir, à condition d'avoir de la volonté
23:20politique de le faire.
23:22Et donc, où sont les gratuités des TER, des trains express régionaux ?
23:27Où est la diminution du prix des tarifs de trains comme en Lituanie ?
23:31Comment on fait pour avoir des transports en commun de proximité avec de l'autopartage ?
23:37Non, ça ne prend pas de temps.
23:39De l'autopartage, ça ne prend pas de temps.
23:39Là, il y a une immédiateté, Sandrine Rousseau, il y a un vrai problème.
23:43Comment vous arbitrez chez les écolos entre cette aide au pouvoir d'achat et cette subvention à l'énergie carbonée
23:48?
23:49En 2008, quand la Russie a envahi l'Ukraine, il y avait déjà une crise de la mobilité.
23:59Déjà.
24:00Il y avait déjà une crise de l'essence.
24:01Il y avait déjà une crise de l'essence.
24:02Vous vous êtes en train d'agir avant.
24:03Qu'est-ce qui a été fait ?
24:04Qu'est-ce qui a été fait ?
24:06Mais c'est ça qui est irresponsable.
24:07On a déjà eu des pics de chaleur.
24:09Qu'est-ce qui est fait sur le bâtiment pour éviter qu'on soit dépendant d'une climatisation, par exemple
24:13?
24:13Qu'est-ce qui est fait comme plan, comme politique publique ?
24:16Alors, c'est facile pour Sébastien Lecornu de dire « je ne dis rien, j'emmerde pas les Français ».
24:20Mais moi, j'ai envie de dire à Sébastien Lecornu « mais emmerdez vos ministres, en fait ».
24:25Il faut un quoi qu'il en coûte climatique, vous dites ?
24:28Mais là, aujourd'hui, quelle est l'annonce, à part quelques petits chèques ?
24:32Oui, donc il faut massivement dépenser ? C'est une sorte de quoi qu'il en coûte qu'il faut
24:36?
24:36Je viens de vous dire qu'il faut investir.
24:38Vous savez qu'on a, par exemple, le deuxième réseau ferroviaire de France.
24:43Le deuxième réseau ferroviaire d'Europe.
24:46Aujourd'hui, on investit 2,5 fois moins que l'Allemagne ou l'Italie sur ce réseau ferroviaire.
24:53Et puis, je vais vous dire, moi, j'aimerais aussi que Sébastien Lecornu,
24:56qui refuse d'utiliser des mots qui fâchent, nous parle, par exemple, de mots qui plaisent.
25:01Comme, moi, j'aimerais qu'on annonce un plan vacances avec des billets de train de faible prix.
25:07Avec des chèques vacances.
25:08Avec la renationalisation des autoroutes, par exemple.
25:11Parce que la renationalisation des autoroutes, elle permettrait de prendre cet argent
25:15et de l'investir dans des tramways, dans des véhicules partagés, etc.
25:19Et sur la chaleur, juste pour avancer, vous, vous proposez, vous écologistes, un congé climatique.
25:255 jours, c'est ça, par an, pour les travailleurs les plus exposés à la chaleur.
25:29Ça consiste en ça.
25:30Ça coûte très cher.
25:32Vous avez un peu mesuré l'ampleur financière de cette mesure ?
25:35Mais en fait, là, vous voyez, en rentrant dans la maison de la radio,
25:38il y avait deux personnes qui faisaient la sécurité à l'entrée.
25:40Et c'est important parce que les médias sont aujourd'hui une cible pour les terroristes.
25:46Et ils étaient en plein soleil.
25:47Ils n'avaient aucune espèce de protection.
25:49Et il y a plein de personnes partout qui ont les mêmes conditions de travail.
25:54Et donc, les personnes qui travaillent dehors...
25:56Ils ont des mesures à Radio France exprès, justement, pour lutter contre la chaleur avec...
26:00Il me semble, ils ont un ventilateur, d'ailleurs, dès l'entrée, que vous avez, vous, d'ailleurs, pu constater.
26:06Non, je n'ai pas vu le ventilateur, mais si vous le dites, je vous le crois.
26:08Mais en tous les cas, 5 jours...
26:10Vous savez que là, les prévisions montrent que dans les années qui viennent,
26:14on va monter à à peu près 20 jours de canicule en dehors de juillet et août.
26:19C'est-à-dire qu'en fait, au mois de mai, au mois de septembre,
26:22on va avoir des épisodes caniculaires comme on en connaît aujourd'hui, voire beaucoup plus.
26:25On a fait des études pour tester la résistance d'une ville comme Paris en 2050, à 50 degrés.
26:34Là, on est à 35 degrés.
26:36Ça monterait à 50 degrés.
26:38Et en fait, si on ne revoit pas le droit du travail pour éviter que les gens, simplement, meurent au
26:42travail
26:42ou soient malades de leur travail,
26:44eh bien, on est encore une fois dans un déni climatique.
26:49Mais surtout, on met des personnes en danger.
26:50Donc, il est très important de faire ces 5 jours de congés supplémentaires en cas de canicule.
26:55Sur le prix du carburant, les insoumis dont vous êtes proches proposent le blocage des prix.
26:59Qu'est-ce que vous leur dites ?
26:59Qu'ils se trompent ?
27:00Que ce n'est pas la bonne solution ?
27:02Non, moi, je pense qu'ils ont raison à très court terme, mais que ça ne peut pas être la
27:04seule mesure.
27:05Mais ça bénéficie à tous les Français, le blocage des prix.
27:08Ça bénéficie à tous les Français ?
27:10Oui.
27:10Parce que tout le monde a besoin d'avoir un blocage des prix.
27:12Il faut par ailleurs aller chercher les surprofits des entreprises extraordinaires
27:18que réalisent les entreprises multinationales qui sont propriétaires de gisements de fossiles.
27:23Ça veut dire que les personnes les plus aisées, elles bénéficieraient aussi de cette mesure.
27:27Oui, mais par exemple, si vous faites des chèques, là, par exemple, les chômeurs ne sont pas concernés par les
27:33chèques.
27:34Par exemple, les personnes au RSA dont on a voté une loi qui rend obligatoire l'accès à des formations
27:38n'ont pas de chèques.
27:39Comment on fait pour les personnes qui sont très isolées ?
27:42Et donc, le blocage, c'est presque la pire des situations à l'exclusion de toutes les autres.
27:48Pour reprendre la phrase de Churchill, c'est pas idéal du tout.
27:52Je ne suis pas en train de vous dire que c'est idéal, mais ça permettrait de ne pas avoir
27:54de trous dans la raquette.
27:55On voulait vous entendre sur les ZFE, le Conseil constitutionnel qui annule la suppression des zones à faible émission.
28:00Il y en a 43 dans le pays.
28:02Pour écarter les voitures les plus polluantes des centres-villes, Paris, Lyon, Marseille,
28:07c'est une victoire pour votre groupe Les Écologistes et pour vous ?
28:10C'est surtout une victoire du droit.
28:12Ce n'est pas une victoire pour le groupe Les Écologistes.
28:14C'est le Conseil constitutionnel qui a décidé que la santé des Français était importante.
28:18Vous soutenez ces ZFE ? Vous, Sandrine Rousseau ?
28:20Je soutiens les ZFE à condition qu'il y ait des mesures véritables pour pouvoir se passer de la voiture.
28:27Parce que ce qui n'est pas le cas, donc ?
28:29Voilà, ça n'est pas le cas aujourd'hui.
28:31Donc, encore une fois, Sébastien Lecornu, plutôt que de dire des bêtises à la télé...
28:34Mais vous êtes pour ou vous êtes contre ?
28:36Je suis pour les ZFE à condition que ce soit accompagné de mesures...
28:40Avec des transports en commun, des places de stationnement, c'est ce que vous dites.
28:42Des parkings relais, des transports en commun, de l'intermodalité.
28:47Oui, mais là, dans l'immédiat, il y a plein de gens qui sont exclus, finalement, de ce...
28:48Oui, aujourd'hui, vous savez, le nombre qui sont en périphérie, en périphérie urbaine, etc.
28:52Ben non, précisément, parce que si on met des mesures compensatoires,
28:56ça permet à tout le monde d'avoir accès à sa voiture.
28:58Mais je vais vous dire, aujourd'hui, il y a 48 000 morts prématurées de la pollution en France.
29:05À Paris, lors des pics de pollution, il y a trois fois plus de morts chez les catégories populaires que
29:11chez les catégories riche.
29:13Donc, en fait, à un moment, il y a quand même un enjeu de santé publique majeure.
29:17On a vu que la pollution changeait, en plus, le cerveau s'infiltrait,
29:21parce que ce sont des particules ultra fines qui s'insèrent jusque dans le cerveau.
29:25Enfin, vraiment...
29:25Comment on finance l'offre de transport supplémentaire, tout ce que vous venez de décrire, dans ce contexte-là ?
29:31Eh bien, par exemple, en renationalisant les autoroutes,
29:34il y a 4,5 milliards de bénéfices qui sont faits chaque année sur les autoroutes.
29:38Il serait temps, quand même, que ça n'aille pas au privé et à des fonds de pension.
29:41On estime que sur cinq ans, les compagnies d'autoroutes vont distribuer en dividendes 40 milliards.
29:48C'est pas possible.
29:49D'accord.
29:49Voilà.
29:49Mais on pourrait aussi, très bien, plutôt que de laisser Total décider de sa politique,
29:55aller chercher une taxe sur les surprofits.
29:59Mais bien sûr.
30:00Et en fait, c'est toutes des ressources fiscales dont on se prive,
30:02qui ne permettent pas de financer des alternatives.
30:05Mais par contre, on y va sur la déficialisation des produits, des dividendes.
30:12Votre position, c'est d'ailleurs celle du groupe LFI.
30:14L'une de vos sorties a fait beaucoup réagir des agriculteurs.
30:18D'ailleurs, il y a un texte d'urgence agricole qui est en train d'être examiné à l'Assemblée.
30:22Après votre guerre contre les barbecues, vous voulez maintenant enlever le mot « steak » des cartes des restaurants
30:27et écrire à la place « cadavre de vache ».
30:30C'est ce que vous voulez vraiment ou c'est une provocation ?
30:34Alors, je répondais à une question de Futur Asso qui promeut une alimentation végétale.
30:40Et nous parlions des steaks de soja dont l'appellation a été interdite au niveau européen grâce au lobby de
30:45la viande.
30:45Et donc, je répondais que si on interdit steak de soja, pourquoi on n'appellerait pas des steaks des cadavres
30:50de vache ?
30:50Je voudrais quand même poser quelques éléments pour qu'on comprenne bien de quoi il s'agit.
30:55La viande, aujourd'hui, la consommation de viande est responsable de 60% de notre empreinte carbone.
31:02Et si on regarde les émissions de gaz à effet de serre, on est à peu près entre 20 et
31:1160%.
31:12On a bien compris votre position sur la consommation de viande. Est-ce que vous maintenez vos propos ?
31:16Est-ce qu'il faut écrire « cadavre de vache » sur les cartes des restaurants ?
31:18En tous les cas, j'assume de mener une bataille culturelle pour dire que la viande n'est pas neutre
31:21sur le climat,
31:22qu'en plein dôme de chaleur, oui, nous devrions interroger la consommation de viande.
31:26Et si on a réussi à diminuer la consommation d'alcool, c'est parce que nous avons envoyé des messages
31:31sur la réalité des conséquences de l'alcool.
31:33Et on est passé d'une consommation d'alcool quotidienne, y compris dans les écoles primaires.
31:38Souvenez-vous, dans les années 50, il y avait de la consommation d'alcool dans les écoles primaires
31:41à une consommation d'alcool des soirs de fête à des occasions exceptionnelles.
31:46Il faudrait que nous faisions le même mouvement sur la viande.
31:50Ça doit être politique avec une loi.
31:51Et que nous diminuions la consommation de viande quotidienne
31:54pour aller sur des consommations d'exception, de qualité.
31:57Et pour cela, ça nécessite de changer les représentations que nous avons.
32:01À aucun moment, vous voulez interdire l'élevage ?
32:04Non, je veux juste poser le fait que l'élevage intensif tel que 80% de la viande que nous
32:13mangeons
32:15est issue, dont 80% de la viande que nous mangeons actuellement est issue,
32:19est un élevage qui ne respecte pas la sentience animale.
32:22Vous saviez par exemple que les poulets rosissaient, les joues des poulets rougissent
32:27quand elles subissent des émotions.
32:30Vous saviez que les vaches, par exemple, avaient une santé mentale.
32:35Vous saviez que quand on enlève des petits...
32:37Du coup, ça ne justifie pas d'interdire les vaches, ça ?
32:39En fait, les conditions d'élevage intensif telles qu'elles sont actuellement
32:42sont des conditions qui nient notre humanité.
32:46Et par ailleurs, il y a des gens qui travaillent dans ces élevages de manière intensive.
32:49Il y a des gens dans les abattoirs qui ont des conditions de travail absolument abominables.
32:52On entend votre volonté de mener cette bataille culturelle avec des mots forts.
32:56Mais est-ce que, malgré tout, ce n'est pas un risque pour vous de vous enfermer dans un rôle
33:00et de nourrir les caricatures que vos adversaires ont à votre sujet ?
33:04Est-ce que ce n'est pas un équilibre auquel vous pensez ?
33:06Moi, je vais vous dire, j'ai dénoncé des violences sexuelles avant MeToo.
33:10On m'a caricaturée, on m'a dit que j'étais une espèce de pleureuse, etc.
33:13Aujourd'hui, je constate que MeToo s'installe dans la société.
33:16Je dénonce les conditions d'élevage et notre rapport aux animaux.
33:21Et je pense que, dans la transformation écologique, un des leviers, c'est vraiment de changer notre rapport aux animaux.
33:27De ne pas les considérer comme des boulons sur une chaîne de production, mais comme des êtres sentients, etc.
33:33Et donc, en fait, oui, je mène ces batailles culturelles.
33:35Et j'ai toujours, au début où je les mène, été taxée de débiles, d'hystériques, de folles et de
33:43stupides.
33:44Parce que c'est quand même l'insulte que je reçois le plus.
33:46On m'a menacée de mort, on me menace de viol.
33:47Et à la fin, 3, 4, 5 ans plus tard, on se dit, ah, ben non, mais en fait...
33:52Et donc, oui, j'ouvre des portes.
33:54Et parfois, quand on ouvre des portes, on se prend la volée de bois vert qui va avec.
33:59Mais je constate quand même que tous les combats que j'ai menés s'inscrivent dans la société.
34:03Et donc, je continuerai à le faire.
34:04Et je dis aux gens qui me menacent de mort et de viol, arrêtez.
34:07Parce qu'en fait, ce que vous faites ne fait que me conforter.
34:10Et on vous entendra peut-être aussi auprès d'un candidat, d'une candidate pour 2027.
34:14À gauche, il y en a beaucoup.
34:15Il y a celle de votre parti.
34:17Marine Tondelier, très rapidement, est-ce que vous la soutenez ?
34:19Marine Tondelier ?
34:20Mais là, pour l'instant, on a une primaire.
34:22Et donc, la primaire...
34:24Vous êtes sûre que vous avez une primaire ?
34:25Alors, c'est toute la question.
34:26Mais en tous les cas, pour l'instant, moi, je pense qu'il faut aller au bout de cette aventure
34:29qu'elle a primaire.
34:29Vous faites quoi ?
34:30Sandrine Drosson, vous faites quoi s'il n'y en a pas ?
34:32Au mois de juin, il va y avoir un vote du Parti Socialiste.
34:35Et donc, on va voir ce qu'il en est.
34:37Mais moi, je souhaiterais qu'on ne le mette pas.
34:37Sans les socialistes, pas de primaire ?
34:40Je pense que sans les socialistes, mais même avec les socialistes, en réalité, cette primaire est très fragile.
34:45Et elle est très fragile aussi parce qu'elle a été...
34:47Elle est fille, par exemple, s'il n'y avait pas de primaire ?
34:49Je termine sur la primaire.
34:50La primaire est très fragile, notamment parce que c'est important.
34:53Elle a été verrouillée par les partis.
34:55Et elle n'a pas donné lieu à un vrai débat de fond.
34:58C'est-à-dire qu'en fait, on est resté sur un par parti.
35:01Et on verrouille tout pour que, surtout, la société n'ait pas à changer.
35:04Et ça, en fait, ça donne comme image à l'intérieur de la société quelque chose de l'ordre d
35:08'une réunion en salle B12 des chefs de parti.
35:13Mais dans ces cas-là, mettez-vous d'accord ?
35:15Donc il faudrait qu'ils se mettent d'accord, par exemple.
35:16Marie-Claude Lier n'a pas réussi sa mission de monter...
35:19Pour ça, il aurait fallu qu'elle ouvre.
35:20Pour ça, il aurait fallu qu'elle ouvre cette primaire.
35:21Mais ceci dit, moi, je ne suis pas en train de dire qu'il ne faut pas de primaire.
35:24Je pense que la primaire fait partie des modalités vers lesquelles on va.
35:28Mais par contre, s'il n'y a pas de primaire, je pense qu'il faut remettre à plat la
35:30stratégie.
35:31Et notamment la stratégie des écologistes.
35:32Et notamment la candidate.
35:34Ce ne sera pas Marine Tondelier pour vous.
35:36Il n'y a pas ce cas.
35:36Il n'y a pas d'automaticité sur l'étape d'après.
35:39Donc je le dis.
35:39Et je le dis à toutes les personnes qui sont dans notre parti, attention à ne pas vous faire enfermer
35:45dans un scénario dont nous n'aurions plus la maîtrise.
35:48C'est un parti qui se revendique démocratique.
35:50Il faut que nous allions au bout de la démocratie.
35:50Une des hypothèses du scénario serait un ralliement derrière Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour.
35:55Non mais en fait, pour l'instant, il n'y a pas de ralliement.
36:00Moi, je voudrais que les écologistes aient une stratégie qui fasse exister l'écologie.
36:05Enfin, on voit quand même à quel point nous sommes...
36:07L'écologie existe dans le programme de Jean-Luc Mélenchon ?
36:09Elle existe partout, l'écologie.
36:12On a bien même vu Lecornu qui nous expliquait que...
36:15Est-ce que vous avez encore une place de rapport à l'écologie ?
36:17Mais on peut se passer de candidat écologiste à la présidentielle.
36:20C'est déjà arrivé.
36:21Mais vous pensez que vous ne devez pas forcément être représenté.
36:24Moi, je pense surtout qu'il nous faudrait aller vers...
36:26Prendre à revers la Ve République et aller vers une équipe plutôt qu'une personnalité seule.
36:32Même s'il y a une seule candidature, évidemment, puisque telle est notre constitution.
36:36Mais qu'on puisse donner à voir une équipe avec des complémentarités,
36:39quitte à ce que nous ne soyons pas d'accord sur tout.
36:41Le NFP, en fait.
36:43Le NFP, je rappelle qu'il y a eu une mobilisation extraordinaire dans la société,
36:48d'ONG, d'associations, de syndicats,
36:52qui ont rompu avec des usages assez anciens
36:56pour soutenir le nouveau Front populaire.
36:58Certaines des associations ont même pris des risques conséquents
37:01sur leur financement, je pense au planning familial et à d'autres,
37:04pour soutenir le nouveau Front populaire.
37:06Et donc, on a gâché cette dynamique collective.
37:09On l'a gâché par des votes,
37:12et notamment, je pense au vote qui maintient le macronisme au pouvoir.
37:15Mais on l'a aussi gâché en faisant des partis,
37:18les acteurs principaux de ce mouvement.
37:20Or, ce qui a été fort dans le NFP,
37:23c'est que ça a été dépassé par une société civile mobilisatrice.
37:25Et si on regarde Minneapolis,
37:27ce qui s'est passé, c'est une société civile mobilisée
37:31qui a renversé et qui a contraint Trump à virer l'ice de Minneapolis.
37:36C'est l'heure de mieux vous connaître, Sandrine Rousseau.
37:47Vous êtes l'invité de Questions politiques.
37:49On va tenter avec Brigitte Boucher
37:51de mieux connaître la femme politique que vous êtes et vos combats.
37:56Pour ceux qui ne vous connaissent pas, Sandrine Rousseau,
37:58vous êtes docteur.
37:59Docteur en économie, enseignante chercheuse.
38:02Vous travaillez entre autres sur l'économie de l'environnement.
38:04Un chemin qui vous mène chez les Verts.
38:06Adhérente dès les années 2000, vous êtes l'une des figures
38:09de la création d'Europe Écologie Les Verts en 2009.
38:12En 2017, vous claquez la porte suite à l'affaire Denis Bopin,
38:18dont vous êtes l'une des accusatrices.
38:21Votre livre « Parlez » suivra pour inciter les femmes
38:24à libérer la parole dans les affaires de violences sexuelles et sexistes.
38:28Vous êtes une femme de conviction.
38:29Certains diront idéologues en tant qu'écoféministes
38:32quand vous dénoncez l'androcène, la destruction de dames nature par les hommes
38:36ou le virilisme autour du barbecue.
38:39Vous défendez les hommes déconstruits dont on ne sait pas très bien
38:42à quoi ils ressemblent puisque vous nous cachez toujours votre conjoint
38:45que nous avons découvert effectivement juste avant cette émission
38:50puisqu'il est dans la salle d'attente.
38:51Alors à fleur de peau, vous l'êtes, surtout quand vous défendez le suicide assisté
38:56comme ici à l'Assemblée au moment du projet de loi sur la fin de vie.
39:00Je ne voulais pas en parler dans cet hémicycle mais vous m'y forcez
39:04et donc je vais vous le dire.
39:06Ma maman s'est suicidée.
39:09Elle s'est suicidée alors qu'elle était en fin de vie
39:12parce qu'il n'y avait pas l'aide à mourir.
39:14Elle s'est suicidée dans des conditions abjectes.
39:17Son agonie a été insupportable, épouvantable.
39:21Elle a duré extrêmement longtemps parce qu'elle a fait ce que vous appelez
39:24un suicide libre.
39:25C'est-à-dire qu'elle a pris dans sa table de chevet
39:28tous les médicaments qu'elle avait gardés depuis des semaines
39:31et elle les a avalées d'un coup.
39:33Et je peux vous dire que c'est pour cela que je milite pour le droit à mourir.
39:39Cette réserve, Sandrine Rousseau, sur votre vie privée,
39:42vous l'avez dépassée pour parler d'un moment fort de votre existence.
39:45À ce moment-là, pourquoi ?
39:48Parce que dans l'hémicycle, à ce moment-là,
39:51la droite avait des mots qui étaient très durs vis-à-vis du suicide
39:55qui condamnaient le suicide.
39:58J'avais déjà pris la parole juste avant pour dire
40:01« Mais attention, il y a des familles qui ont vécu des suicides
40:03et on se remet rarement d'un suicide. »
40:05Enfin, c'est très très dur.
40:06Et donc arrêtez avec ce terme et prenons d'autres termes
40:08et soyons responsables dans le débat politique.
40:10Et comme il continuait, j'ai parlé de cette expérience personnelle que j'ai eue.
40:15Mais voilà, évidemment que je ressens des choses.
40:19Et je pense même que c'est une ligne politique
40:24d'assumer que nous ressentions des choses
40:26et que nous ne soyons pas imperméables.
40:30En fait, je pense que la planète est en train de crever,
40:33au sens premier du terme,
40:34de leaders politiques
40:35qui sont indifférents au monde,
40:39qui n'ont pas d'empathie.
40:40Je pense à Trump, mais je pense à d'autres.
40:42Et je pense que Macron, par exemple, a un problème
40:44avec l'empathie des personnes les plus vulnérables
40:46dans la société.
40:47Et donc, je trouve qu'on est dans cette espèce
40:50de figure du leader
40:52qui n'est bon
40:54que parce qu'il est d'une froideur inouïe,
40:57un stratège calculateur.
40:58Alors que profondément, je pense que la politique
41:00est quelque chose qui se fait avec les tripes,
41:04en étant perméable à l'émotion
41:06et au sentiment que l'on ressent.
41:09Qu'est-ce que vous attendez justement du projet de loi
41:11qui est actuellement en débat,
41:13toujours, j'allais dire, en débat
41:15et qui devrait aboutir avant l'été ?
41:17Qu'il passe en fin, je pense que c'est...
41:19Vous êtes confiante ?
41:20Oui, je suis confiante.
41:22Oui, je suis confiante.
41:23Il va passer en commission mixte paritaire
41:26puis il va revenir à l'Assemblée.
41:27Et je suis confiante parce que je pense qu'aujourd'hui,
41:30c'est une demande très importante dans la société.
41:32Et je rappelle qu'ouvrir ce droit à l'aide à mourir
41:35est aussi une manière de ne pas y recourir.
41:38Alors je sais que cet argument peut paraître contradictoire,
41:42mais en fait, si on est rassuré sur le fait
41:44que si les souffrances deviennent trop importantes,
41:45eh bien, on peut y mettre un terme.
41:47En fait, c'est aussi une manière de mieux vivre ces derniers jours.
41:49Et moi, c'est ce que je voudrais.
41:50C'est que chaque Français et Française qui est confrontée
41:52à une forme de fin de vie,
41:54eh bien, vive sereinement ces derniers jours.
41:57Parce qu'en fait, c'est très important quand on quitte cette terre
41:59de pouvoir vraiment être en paix avec ses proches,
42:02dire ce qu'on a à leur dire,
42:03aimer ce qu'on a envie d'aimer,
42:05et tendre la main, tenir la main des personnes.
42:07Vous auriez aimé aller encore plus loin vers l'euthanasie ?
42:11Moi, je pense qu'on aurait pu surtout demander à un soignant
42:15de faire le geste à notre place.
42:16Parce que, vous savez, pour faire le geste soi-même,
42:19il faut déjà ne pas avoir la main qui tremble
42:21pour que le cachet ne tombe pas.
42:23Il faut être en capacité d'avaler.
42:24En fait, bon, voilà, moi, je pense que c'est un stress supplémentaire
42:27à un moment où on aurait besoin de ne pas avoir de stress.
42:30Donc, je regrette que cette disposition ait été enlevée du texte
42:33lors de la dernière lecture à l'Assemblée.
42:35Mais même s'il n'y a pas cette disposition, je voterai le texte.
42:37Vous êtes féministe.
42:39Est-ce que vous considérez que le féminisme doit avancer
42:41avec et grâce aux hommes ?
42:44Bien sûr.
42:45Et d'ailleurs, je vous appelle à vous mobiliser
42:47parce que nous avons absolument besoin de vous.
42:50Et quand vous disiez que l'Androcène, l'Anthropocène,
42:53vous me renvoyez le fait que c'était les hommes
42:56qui détruisaient la planète,
42:57je vous réponds que ce n'est pas les hommes que je cible.
42:59C'est une masculinité toxique.
43:01C'est une construction viriliste.
43:03Et en fait, ça, ce sont des rapports sociaux.
43:05Ce ne sont pas les humains qu'il y a derrière.
43:07Ce ne sont pas les humains qui sont derrière.
43:10C'est par contre un rapport social
43:11qui fait qu'un vrai homme est un homme
43:15qui a des comportements à risque,
43:18qui exerce une forme de toxicité sur les autres.
43:20Et heureusement que tous les hommes ne sont pas comme ça.
43:22Et merci à ceux qui renoncent à ce modèle.
43:24Sandrine Rousseau, on vous a demandé de venir
43:26avec un thème, un sujet sur lequel vous voulez braquer les projecteurs.
43:31Deux minutes, pas plus, vous avez choisi l'artisanat.
43:34Oui, parce que c'est un sujet dont on parle trop peu
43:37dans le débat politique.
43:39Et les artisans sont pour moi au cœur
43:41de la transformation écologique à effectuer.
43:43C'est-à-dire qu'on passe d'une consommation de la quantité
43:45à une consommation de la qualité,
43:47d'une consommation standardisée
43:49à une consommation du sur-mesure,
43:51du jetable au réparable,
43:53que ce sont des emplois qui sont non délocalisables
43:57par rapport à des made-in ailleurs,
44:00que ce sont aussi des compétences
44:02qui sont transférées via l'apprentissage
44:04dans des conditions humaines.
44:05Vous pensez à quel métier ?
44:07Pardon ?
44:07Vous pensez à quel métier ?
44:08Plein de métiers,
44:09depuis l'isolation des logements
44:12jusqu'à la cordonnerie, à la réparation.
44:15Et en fait, ces corps de métiers sont indispensables,
44:18mais là, ils vont être secoués
44:20par la crise que nous connaissons,
44:22parce qu'évidemment, il va y avoir des retards de commande.
44:24Et donc, je voudrais vraiment
44:25qu'on ait aussi un discours écologiste
44:27qui aille au plus proche de ces métiers
44:29qui sont au moins aussi indispensables
44:31dans la transformation
44:32que les questions de mobilité qu'on a vues
44:35ou de consommation végétale,
44:38dont on a parlé précédemment.
44:39Donc, force aux artisans
44:41qui subissent de plein fouet la crise actuelle.
44:43Vous en parlerez peut-être dans le programme
44:45des écologistes ou d'un autre parti de gauche
44:47pour 2027.
44:48Et justement, un autre sujet de cette campagne,
44:51France 2027,
44:52c'est le nucléaire à Belmestre.
44:55Oui, tout à fait.
44:56En 2023, les Verts,
44:57enfin le parti écologiste,
44:59disaient résolument, je cite,
45:00résolument pour la sortie du nucléaire.
45:02Dans le contexte actuel de la crise de l'énergie
45:04où les cours du gaz et du pétrole explosent,
45:06est-ce que c'est audible ?
45:08Alors, non seulement c'est audible,
45:10mais nous devrions remettre cette question
45:12dans les mains du peuple français
45:14via un référendum,
45:15parce qu'on sait que sur le nucléaire,
45:16ce qui pêche beaucoup,
45:17c'est le débat démocratique.
45:19Vous savez, là, on prend des mesures
45:20qui vont avoir des conséquences
45:22dans les 5-10 prochaines années
45:24assez importantes.
45:25Dans la loi agricole,
45:27il y a le fait de pouvoir faire
45:28des méga-bassines
45:29ou des retenues collinaires,
45:31et on va même aller chercher
45:32dans les nappes phréatiques
45:32pour faire de la neige artificielle.
45:34On développe des data centers.
45:36On a 60 projets à peu près
45:38sur le territoire de data centers.
45:40Un data center, aujourd'hui,
45:41ça consomme à peu près
45:4319 millions de litres d'eau par jour.
45:46Et puis, il y a le nucléaire,
45:47et le nucléaire est une industrie
45:50grande consommatrice d'eau
45:51pour refroidir les réacteurs,
45:56et 12% à la fin qui s'évaporent.
45:58Et donc, en fait, là,
46:00on est dans une forme d'accaparement
46:03en bande organisée de l'eau.
46:05Mais l'eau, c'est absolument indispensable
46:06à notre vie.
46:07Et ce qui se passe,
46:09c'est que quand les nappes phréatiques diminuent,
46:10et on le voit là encore une fois,
46:12dans les jours qui viennent,
46:13il n'y aura pas d'eau
46:14pour alimenter ces nappes phréatiques,
46:15eh bien, il y a aussi
46:17une concentration de l'eau
46:18qui reste en pesticides,
46:20en pifas.
46:21Et donc, c'est un enjeu de santé.
46:23C'est toute une chaîne de responsabilités.
46:25Et donc, oui, sur le nucléaire,
46:26nous ne pouvons pas tout miser
46:27sur le nucléaire
46:28comme nous le faisons actuellement.
46:30Et je rappelle aussi
46:32que récemment,
46:33on a eu jusqu'à la moitié
46:34des réacteurs qui étaient arrêtés
46:35pour des questions de corrosion,
46:37pour des raisons de manque d'eau.
46:39Et donc, voilà, je dis juste,
46:41on est dans une forme
46:42non seulement de fuite en avant,
46:44mais de lâcheté et de déni.
46:47On refuse l'obstacle.
46:49On refuse de s'affronter
46:50au problème climatique et écologique.
46:51On voit qu'en 2025,
46:5368% de l'électricité
46:54provenait des centrales nucléaires.
46:56Comment concrètement,
46:57on peut passer au tout renouvelable ?
46:59C'est-à-dire,
46:59vu cette part majoritaire ?
47:01On ne passe pas au tout renouvelable
47:03en claquant des doigts.
47:04Mais de toute façon,
47:05on ne sait pas non plus
47:05démanteler une centrale nucléaire
47:07en claquant des doigts.
47:08Donc, on investit sur un mix énergétique
47:12fait de panneaux solaires,
47:15fait de géothermie.
47:16Mais qui doit aboutir
47:17à la sortie totale du nucléaire à terme.
47:19Oui, parce que...
47:20Mais oui, mais regardez le monde
47:21dans lequel nous avançons.
47:23Constatons aussi que même
47:25sur un plan de sécurité nationale,
47:26les centrales nucléaires
47:28sont aussi des cibles possibles.
47:29Et donc, en fait,
47:30construire notre résistance,
47:32construire notre résilience,
47:34notre résilience, pardon,
47:35Mettre les choses dans le bon ordre,
47:37c'est aussi ne pas créer
47:39des zones de fragilité.
47:41Et aujourd'hui,
47:42sur les data centers,
47:43sur le nucléaire,
47:44on crée des zones de fragilité.
47:46Et on prend un peu
47:47tout à l'envers.
47:49Je vais juste poursuivre
47:50un tout petit peu cette idée
47:51parce que moi,
47:52j'ai l'impression de vivre
47:53dans un monde
47:53où on prend les choses
47:54vraiment à l'envers.
47:55On a une concentration
47:57des médias dans Bolloré.
47:58Et puis, on a des services publics
47:59qui fonctionnent
48:00comme la SNCF, la RATP,
48:02où on les met en concurrence
48:03parce qu'on ne supporte pas
48:04les monopoles.
48:04Et de l'autre côté,
48:05on a un monopole
48:06qu'on ne conteste pas.
48:07On a des...
48:08Là, on est loin du nucléaire.
48:10Oui, oui, bien sûr.
48:11Mais ce que je veux dire,
48:11c'est que toutes les mesures
48:12politiques qu'on prend actuellement
48:14ne tiennent pas compte
48:18de notre capacité
48:20à durer,
48:21quitte à être plus humble
48:22dans notre mode de développement.
48:23Pour revenir sur le nucléaire,
48:24qu'est-ce que vous répondez
48:24à Greta Thunberg
48:25qui, bien qu'étant hostile
48:27aussi au nucléaire comme vous,
48:29a dit à plusieurs reprises
48:30que c'est un moindre mal,
48:31notamment en s'appuyant
48:32sur les travaux du GIEC.
48:33Est-ce qu'elle a raison ?
48:33Est-ce que...
48:34En fait, il y a toute la question
48:35du nucléaire déjà existant
48:37et de ce qu'on va construire.
48:38Là, on a prévu
48:39de construire des EPR2
48:41ou des SMR,
48:43des réacteurs de petite taille
48:46qui pourraient être mis
48:47à côté des data centers.
48:49On a déjà des centrales.
48:50Et en fait,
48:51si on n'entame pas
48:53la sortie du nucléaire,
48:54alors on est dans
48:56des investissements supplémentaires.
48:57Donc je réponds
48:58à Greta Thunberg.
48:59Greta regarde, certes,
49:01l'évolution des émissions
49:03de gaz à effet de serre,
49:04regarde aussi
49:04les consommations d'eau
49:06et puis regarde aussi
49:06les enjeux géopolitiques
49:08parce qu'aujourd'hui,
49:08nos déchets nucléaires
49:09dépendent par exemple
49:10de la Russie,
49:12dépendent de l'uranium
49:14qui est extrait
49:14dans des conditions
49:16qui ont été largement dénoncées.
49:18Et en fait,
49:18on ne peut pas
49:19se mettre pieds et poings liés
49:21comme ça
49:21avec des régimes
49:22tels que celui
49:23de Vladimir Poutine.
49:24Vous êtes d'accord
49:25que le nucléaire
49:26fait partie de la réponse
49:27pour sortir de la dépendance
49:28aux énergies fossiles.
49:30Le plan d'électrification
49:33vise moins de 30%
49:35de l'énergie consommée
49:35en France
49:37provenant des énergies fossiles
49:39contre 60% aujourd'hui.
49:41Est-ce qu'on peut se passer
49:43du nucléaire
49:44pour passer au tout électrique ?
49:45Oui, on peut se passer
49:46du nucléaire
49:47mais de toute façon,
49:47ça ne se fera pas
49:48du jour au lendemain.
49:49Ça se fera se planifier
49:50sur 5, 10, 15, 20, 30 ans.
49:53Et en fait,
49:54vous dites,
49:55on a un plan
49:56qui vise à diminuer
50:00de 30%
50:01notre consommation
50:02d'énergie fossile
50:03et pour autant,
50:04je vous parlais
50:04des data centers
50:05qui augmentent.
50:06Le besoin des data centers
50:07est estimé à 3 fois
50:09les besoins de l'industrie
50:09aujourd'hui.
50:10Donc en fait,
50:10c'est ça quand je vous dis
50:11qu'on est dans une course en avant
50:13et je comprends
50:13que le cornu
50:14ne veuille pas dire
50:15le mot sobriété
50:16mais en fait,
50:16c'est aujourd'hui
50:17ce bon sens de la sobriété
50:19qui nous permettrait
50:19de nous en sortir
50:20et le nucléaire,
50:21c'est une manière
50:21encore une fois
50:22de ne pas nous affronter
50:23au problème.
50:24Encore une fois.
50:25Comment vous jugez
50:25le bilan
50:25d'Emmanuel Macron
50:27sur le nucléaire ?
50:27Au départ,
50:28on se souvient
50:28en 2017,
50:29il avait plutôt
50:31une ligne
50:32de sortie progressive.
50:34Il avait arrêté
50:35Fessenheim
50:36et puis,
50:37le temps passant,
50:38on a vu...
50:39La décision
50:40était préalable
50:40à Emmanuel Macron.
50:41Tout à fait,
50:41mais il l'avait continué
50:43et puis on a vu
50:44qu'au fil du temps,
50:45il avait fait
50:46un revirement
50:46et qu'aujourd'hui,
50:48il prend un tour
50:50pro-nucléaire.
50:51comment vous l'analysez ?
50:53Ça revient
50:54un manque de conviction
50:54ou c'est du pragmatisme ?
50:56Non,
50:56mais je pense
50:56qu'Emmanuel Macron
50:57est tout à fait fasciné
50:58par la tech.
50:59D'ailleurs,
51:00il en parle
51:00à un discours sur deux
51:02et qu'en fait,
51:03il voit l'intelligence artificielle
51:04comme ce qui va révolutionner
51:07les choses.
51:09D'où la fourniture
51:11d'électricité,
51:12mais on peut prendre
51:13l'intelligence artificielle
51:15sous plein d'angles.
51:16Je vous en ai parlé
51:16sur l'eau,
51:17mais je pourrais vous en parler
51:18sur les terres rares.
51:19Je pourrais vous en parler aussi
51:20sur le pillage des données,
51:22le moissonnage des données,
51:23le droit d'auteur,
51:24etc.
51:25En fait,
51:25on est dans une économie toxique
51:27si on dépend complètement
51:29de cette technologisation.
51:32Je ne sais pas comment le dire.
51:32Je pense qu'Emmanuel Macron
51:35a une forme de fascination morbide
51:37pour ça
51:37et pour ses personnages de la tech.
51:39Je me souviens de la manière
51:40dont il avait reçu Elon Musk
51:41comme si c'était un dieu sur terre.
51:46Évidemment,
51:46nous ne sommes pas du tout
51:47sur le même projet de société.
51:49Sauf qu'aujourd'hui,
51:49s'il n'y avait pas eu le nucléaire,
51:50on n'aurait pas pu faire face aux crises,
51:52à la guerre en Ukraine,
51:53à la guerre au Moyen-Orient.
51:54Ce n'est pas vrai
51:54puisque de toute façon,
51:55là, on est déjà
51:56dans une période d'inflation
51:58et regardez encore une fois l'Espagne
52:00parce que c'est un exemple.
52:01Alors certes,
52:02il y a eu un blackout
52:03mais qui a été corrigé depuis.
52:05Ils ont 56% d'énergie renouvelable.
52:0756% d'énergie renouvelable
52:09et en fait, tout va bien.
52:10On a quand même ce truc en France
52:12où on refuse le changement.
52:13Tout changement, c'est...
52:14Dernière question.
52:15Pour vous, la priorité,
52:16c'est sortir du nucléaire
52:17ou sortir des énergies fossiles ?
52:18Les deux, mon capitaine.
52:19En même temps.
52:21Deux minutes avant la fin
52:22de notre émission,
52:23avant la fin de questions politiques
52:25et c'est l'heure du vrai ou faux.
52:26Vous connaissez le principe,
52:28Sandrine Rousseau.
52:29Je vais donner des affirmations.
52:30C'est de changer nos usages.
52:31Tout à fait.
52:32Je vais donner des affirmations
52:33et vous me direz très rapidement
52:35vrai ou faux.
52:36Jean-Luc Mélenchon
52:37fera un meilleur candidat
52:38à la présidentielle
52:38que Marine Tandelier.
52:39Vrai ou faux ?
52:40Joker.
52:41Vous devez répondre.
52:43Le principe du vrai ou faux,
52:44il faut répondre.
52:45Ma liberté de vous dire Joker.
52:48Vous n'écartez pas
52:49de rejoindre Jean-Luc Mélenchon
52:50avant la fin,
52:51avant l'élection ?
52:52Moi, je pense que la gauche
52:53ne pourra gagner
52:54que si elle est unie
52:55plus largement
52:56que juste LFI.
52:58Et donc, ça va être
52:59tout le débat des semaines
53:00et des mois à venir
53:01que de reposer
53:02la question de l'union
53:03de la gauche.
53:03Pareil, vous ne répondez pas.
53:05Est-ce que vous écartez
53:07la possibilité
53:08de rejoindre
53:09Jean-Luc Mélenchon
53:10avant 2027 ?
53:11Je vous dis,
53:12je rejoindrai
53:13qui fera l'union.
53:15D'accord.
53:16Et si Jean-Luc Mélenchon
53:17ne fait pas l'union ?
53:20Je vous dis,
53:21je viens de vous répondre.
53:22Donc, je rejoindrai l'union.
53:26Vous aimeriez une femme
53:27présidente coûte que coûte ?
53:28Pardon ?
53:29Vous aimeriez une femme
53:29présidente coûte que coûte ?
53:31Pas si c'est Marine Le Pen, non.
53:33Vous auriez préféré ?
53:35Je préférerais qu'il y ait
53:36beaucoup plus de femmes
53:37comme disait.
53:37Vous auriez préféré
53:38être un homme ?
53:41Moi, préférer être un homme ?
53:42Pas du tout.
53:43Pas du tout.
53:44Par contre, je préférerais
53:45ne pas subir les discriminations
53:46liées à mon genre.
53:47Et ça, c'est clair.
53:47Pour vous, fin du monde,
53:48fin du mois,
53:49vous avez choisi votre cause.
53:50C'est la fin du monde ?
53:52En tous les cas,
53:54la fin du monde arrive
53:56si on ne fait rien.
53:57Donc, il y a quand même
53:58un enjeu à ce qu'on revoie
54:00en profondeur nos priorités.
54:04Ce que je veux dire,
54:04c'est qu'une société écologique,
54:06c'est aussi une société
54:07de l'émancipation,
54:08du temps libéré,
54:09de la plus faible consommation,
54:11mais des droits humains.
54:11En fait, c'est aussi une société
54:13qui est moins toxique
54:14que celle que nous avons actuellement.
54:15Et très rapidement,
54:15un livre se prépare sur vous,
54:16écrit par deux journalistes.
54:17Ça vous fait peur ?
54:19Non, je l'attends.
54:20Je vais voir.
54:21Moi, j'en ai écrit un
54:22qui s'appelle
54:22« Tu nuis à la cause »
54:23aux éditions incroyables
54:24de La Meute.
54:25Un instant promo.
54:26Merci Sandrine Rousseau
54:27d'avoir répondu
54:28à nos questions politiques.
54:29Merci à ceux qui m'ont accompagnée
54:30toute cette heure.
54:31Abel Mestre du journal Le Monde,
54:33merci beaucoup Brigitte Boucher
54:34de France Télé.
54:35Merci à vous.
54:36Merci à la grande équipe
54:37de cette émission
54:38de questions politiques.
54:38à Fabienne Lemoyle,
54:40à la Marius Serriès.
54:41Merci à l'équipe technique.
54:42Le son, l'image.
54:43Auditeurs, téléspectateurs,
54:44merci à vous d'être fidèles au poste
54:47et à la télévision.
54:48Pour suivre questions politiques,
54:50rendez-vous la semaine prochaine
54:51comme chaque dimanche.
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