00:00À coup sûr, Rachida Dati rêvait d'une autre fin de campagne.
00:05Elle vient de faire son discours de défaite, les résultats sont décevants.
00:09Et quand elle sort, elle doit traverser une foule plutôt haineuse.
00:13Ce sont des détracteurs, des gens qui ne sont pas de son camp,
00:15qui sont venus devant son quartier général et qui profèrent des choses plutôt insultantes.
00:20Ça fait quand même une sorte de sortie par la petite porte,
00:22alors que c'est une élection qu'elle pensait pouvoir gagner.
00:25On a gagné ! On a gagné !
00:29Côté vainqueur, Emmanuel Grégoire qui fait cette longue traversée
00:32depuis la rotonde de Stalingrad jusqu'à l'hôtel de ville, à vélo, sur son Vélib.
00:37C'est évidemment deux images et c'est ce choc-là qui raconte la victoire de l'un
00:43et la défaite cuisante de l'autre.
00:46Je n'ai pas réussi à convaincre suffisamment que le changement était non seulement possible,
00:52mais surtout qu'il était nécessaire.
00:54Alors sur le papier, c'était une campagne qui était faite pour elle.
00:58La gauche était là depuis 25 ans, usée d'une certaine façon,
01:01avec un bilan qui a beaucoup été chahuté, beaucoup critiqué.
01:05Les scandales sexuels dans le périscolaire,
01:06la dette de la ville de Paris, les questions de propreté.
01:09La liste d'extrême droite de Saragnafo s'était retirée en appelant à voter pour Rachida Dati.
01:14Et la liste de centre droit de Pierre-Yves Bournazel,
01:17qui avait fusionné avec celle de Rachida Dati.
01:20C'est-à-dire que vraiment sur le papier, c'était fait pour une victoire de Rachida Dati.
01:24Nous avons proposé un changement profond.
01:27Nous avons fait une campagne pleine de conviction et de détermination.
01:31Cet élan n'a pas suffi.
01:32Alors, si on essaye de comprendre ce qui s'est passé,
01:35il y a manifestement, et c'est quelque chose qui va commencer à monter maintenant,
01:38que les langues vont se délier.
01:40La question de la candidate de l'incarnation était-elle le bon profil pour emporter Paris ?
01:46Ville qu'on dit de gauche, mais qui a aussi tout un électorat qui voulait une forme d'alternance.
01:52Il y a eu un côté sans doute un peu clivant de cette personnalité qu'on sait, spontanée, assez directe.
01:57Je suis ici à l'une des 34 portes d'entrée de Paris.
02:05Et honnêtement, quand on est ici,
02:06on n'a pas vraiment l'impression d'être à Paris.
02:10Avec un grand sens de la com qui est très punchy,
02:12mais qui en même temps n'est pas rassembleuse.
02:14C'est le revers de la médaille et a pu paraître parfois,
02:18ça s'est vu en tout cas dans le débat d'entre-deux tours à la télévision,
02:21parfois connaître un peu moins ses dossiers à l'heure même.
02:25Je le rappelle qu'elle est maire d'arrondissement du 7e arrondissement depuis 2008,
02:29c'est-à-dire qu'elle est censée quand même connaître parfaitement le terrain parisien.
02:33Vous habitez où ?
02:36Alors la question de son avenir judiciaire a évidemment beaucoup joué,
02:41puisque ça a été un argument d'attaque de ses détracteurs, la question de la probité.
02:45En France, la mise en examen de la maire du 7e arrondissement de Paris,
02:49Rachida Dati est accusée de corruption passive.
02:51La prochaine étape judiciaire pour Rachida Dati, c'est son procès en correctionnel.
02:56Il aura lieu au mois de septembre pour trafic d'influence passive et corruption.
03:00Et quand on regarde les reports de voix ou même la participation,
03:04on se rend compte que beaucoup d'électeurs qui,
03:06naturellement, se seraient normalement reportés sur Rachida Dati,
03:10ont préféré soit voter pour quelqu'un d'autre, soit rester chez eux.
03:17Rachida Dati perd beaucoup avec cette défaite,
03:20puisqu'elle a quitté le gouvernement, où elle était depuis plus de deux ans ministre de la Culture,
03:25parce qu'on lui avait demandé, c'était notamment le premier ministre Sébastien Lecornu,
03:28de ne pas cumuler, d'être soit candidate sur une municipale, soit d'être ministre de la Culture.
03:34Elle a finalement renoncé au gouvernement et elle chute lourdement aux municipales,
03:40ce qui fait que maintenant son avenir politique va être largement compromis.
03:44D'autant que, comme la défaite est cuisante, il y a dix points de différence.
03:49Forcément, ça va être, et puis c'est une tradition dans la droite parisienne,
03:52à couteau tiré, les règlements de comptes vont commencer.
03:54Et donc, ça va être difficile pour elle de maintenir ses positions comme chef de l'opposition à Paris.
04:00J'ai aussi subi des attaques mensongères, indignes, en dessous de la ceinture,
04:05et qui sont absolument inacceptables dans une démocratie. Je vous remercie.
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