- il y a 9 heures
Interview diffusée le 15 juin 2023 dans l’émission Les Clefs d’une vie sur Sud Radio. Patrick Roussel partage des souvenirs personnels de Johnny Hallyday et évoque la relation qu’il entretenait avec lui, allant jusqu’à l’appeler « Patron ». Un témoignage authentique qui donne un aperçu des coulisses et du quotidien du chanteur.
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MusiqueTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Vous avez été pendant 16 ans le chauffeur et le garde du corps de Johnny.
00:09Vous avez choisi d'être également un gardien de sa mémoire
00:12en racontant celui qui aurait eu aujourd'hui 80 ans,
00:16ou plutôt 4 fois 20 ans, et 4 fois plus aucune.
00:19Bonjour Patrick Roussel.
00:20Bonjour.
00:21Alors c'est vrai que vous avez pendant 16 ans été dans le fil de Johnny Hidé,
00:26vous ne l'avez pas quitté pendant 16 ans,
00:27et vous publiez ce livre, tout le monde l'appelait Johnny,
00:31chez Mareuil Édition, et aujourd'hui il aurait eu 80 ans de Johnny.
00:34Et on va donc parler de ce livre et de Johnny,
00:36et surtout de l'angle que vous avez choisi,
00:38parce que vraiment on apprend dans ce livre des choses qu'on ne sait pas.
00:41Et on va expliquer tout à l'heure pourquoi vous avez fait ce livre.
00:44Alors, le principe des clés d'une vie, ce sont 4 dates,
00:46et la première que j'ai trouvée, Patrick Roussel, à propos de Johnny,
00:50c'est le 17 février 1997.
00:53Il chante au vélodrome de Gourdeliane à Bémao,
00:56et c'est votre première rencontre.
01:00Oui, la première rencontre effectivement se fait au stade du vélodrome de Bémao,
01:05où je vis à ce moment-là,
01:08et mon employeur de l'époque me désigne,
01:11qui avait organisé le concert, me désigne chauffeur.
01:13Voilà.
01:13Voilà.
01:14L'histoire commence là, je pense qu'elle s'arrête là aussi.
01:16Au début, moi je pense qu'elle commence et elle s'arrête là.
01:19Voilà.
01:19Voilà.
01:20Alors il se trouve, et on le sent à votre accent,
01:22que vous venez d'une ville qui est chère à Sud Radio, c'est Toulouse.
01:24Absolument.
01:24Vous avez grandi à Toulouse ?
01:25Oui, oui, oui.
01:27Je suis né et grandi à Toulouse, oui.
01:28Et vous avez ensuite eu différents métiers avant de devenir chauffeur garde du corps ?
01:33Absolument, oui.
01:34Vous avez, je crois, travaillé...
01:35Vous avez travaillé...
01:37Je suis électricien de formation.
01:39Voilà.
01:39Je travaille dans l'électricité.
01:40J'ai travaillé à la mairie de Blagnac, à la mairie de Toulouse,
01:43avant de décider de partir dans les îles.
01:46Là-bas, j'ai fait divers emplois, un peu d'électricité aussi,
01:50avant de basculer sur la sécurité.
01:52Voilà.
01:52Donc ce jour-là, il y a une chose très importante.
01:55Vous mettez la clim dans la voiture, et ça va changer votre destin, Patrick Roussel.
02:00Oui.
02:00Alors quand je la mets, au début, je suis en stress.
02:03Parce qu'en fait, j'ai la voiture qui est pleine de bueux.
02:05Et j'ai dit, s'il arrive et que c'est comme ça, et que ça ne marche pas,
02:08que je sois obligé de la couper, ça ne va pas le faire.
02:10Et par bonheur, j'ai réussi à régler le truc.
02:12Et il y a Johnny et Laetitia dans la voiture qui ne disent pas un mot ?
02:15Non, ils ne sont pas encore dans la voiture.
02:16C'est quand je prépare la voiture que je suis là, que je suis en stress.
02:19Quand ils arrivent, j'ai réglé mon souci.
02:22Mais ils sont...
02:24Ils débarquent d'un avion, ils ont fait un long voyage, c'est un peu compliqué.
02:27Ils ne me connaissent pas.
02:30Voilà, ce n'est pas très ouvert.
02:34Il ne se passe pas grand-chose dans la voiture.
02:36Il y a un souvenir, je crois, de cette époque.
02:39Il a voulu croquer dans un piment, Johnny,
02:41et on s'est retrouvé dans un film de Tex Avery.
02:44Oui, parce qu'il était violent, le piment.
02:47Il adorait ça.
02:48Il adorait tout ce qui était épicé, tout ça.
02:50Il adorait ça.
02:51Donc du coup, il a croqué dedans, mais ils étaient vraiment puissants.
02:54Et oui, pendant 10 minutes, là, il ne rigolait plus.
02:57Voilà, et il adorait aussi certains combats,
03:00et vous l'avez amené à un combat théoriquement interdit,
03:03une présentation clandestine de combats de coqs
03:05contre des mangoustes et des serpents.
03:07Oui, oui, oui, c'est plus ou moins clandestin.
03:11Aux Antilles, ça se fait encore, mais voilà.
03:14Et grâce à un contact que j'avais là-bas,
03:16bon, on a pu aller, il faut faire ça.
03:18Et c'était génial.
03:19Et Johnny adorait ça.
03:21Oui, oui, on avait passé un bon moment.
03:22Et puis en plus, on était tranquille, en fait.
03:26Voilà, personne ne l'embêtait, ni rien.
03:27Donc c'était vraiment bien.
03:28Et il se trouve que ces combats,
03:30il y a eu aussi une époque des combats de coqs en Espagne.
03:32Et c'est comme ça qu'un jeune garçon qui s'appelait Joseph Oller
03:35a eu l'idée, quand il est venu à Paris,
03:37de faire le même principe que là-bas,
03:39c'était des paris sur les combats de coqs,
03:41de faire le pari mutuel.
03:42Et c'est comme ça, à cause des combats de coqs,
03:44que le pari mutuel est né.
03:45Ok.
03:46Alors, il se trouve que quelques temps plus tard,
03:49Johnny vous rappelle.
03:50C'est ça qui est extraordinaire.
03:52Alors, ce n'est pas tout à fait lui qui m'appelle.
03:54C'est son responsable sécurité,
03:56enfin, le responsable sécurité des productions Camus,
04:00M. Dimirefas,
04:01qui m'appelle et qui me dit,
04:04va te présenter.
04:06Il cherche quelqu'un.
04:08Voilà.
04:09J'y suis allé.
04:11Le seul lendemain, vous avez commencé ?
04:13Oui.
04:13Vous avez rencontré le jeune,
04:14je crois qu'il se réveillait à peine ?
04:16Oui.
04:17Oui, parce que ce n'était pas un lève-tôt.
04:19Donc, je me suis présenté,
04:21je l'ai vu,
04:21on a bu un café,
04:22on a discuté un petit peu,
04:23il y avait Laetitia également.
04:25J'ai commencé essentiellement avec elle,
04:28parce que lui était en tournée, en fait.
04:30Il venait de temps en temps,
04:31il faisait des allers-retours à Paris,
04:33donc là, je le prenais aussi en charge.
04:35Et ça a commencé comme ça.
04:36En fait, j'ai commencé par,
04:38de juin 1999 jusqu'à septembre 1999,
04:42on va dire en gros que j'étais en période d'essai avec Laetitia.
04:44On va dire ça.
04:46Et au 1er septembre,
04:47j'ai commencé officiellement en tant que salarié de Johnny Alillé.
04:50Voilà.
04:50Alors Laetitia, ce n'était pas facile à gérer,
04:52parce qu'on a toujours dit que Johnny était en retard à ses concerts.
04:56Laetitia, c'était un peu pareil.
04:58Toujours une heure de retard.
05:00Oui.
05:01Alors, quelle femme n'est pas en retard ?
05:03Non, ne disons pas ça.
05:05Les femmes sont merveilleuses, c'est toujours à l'heure.
05:06Oui, c'est vrai.
05:08Mais oui, effectivement, elle avait un petit peu cette faculté d'être en retard.
05:12Mais bon.
05:13Alors, surtout, si Johnny a pensé à vous,
05:16est-ce que finalement, le fait d'avoir mis la climatisation dans la voiture
05:20n'a pas été une chose bénéfique pour vous ?
05:23Alors, effectivement, s'il n'y avait pas eu de clim dans la voiture,
05:25je pense que ça aurait été beaucoup plus compliqué.
05:27Voilà, parce qu'il fallait la clim partout.
05:31Même un jour à Deauville, je crois qu'il a quitté une manifestation importante.
05:34Oui.
05:35Et c'est là que j'ai commencé à comprendre réellement pour qui je travaillais,
05:38pour que j'ai compris que ça allait être rock'n'roll, en fait.
05:43Qu'est-ce qui s'est passé ce jour-là à Deauville ?
05:45Il avait trop chaud à l'hôtel, parce qu'il n'y avait pas de clim dans les chambres.
05:51Et donc, du coup, il a décidé de quitter Deauville avant la cérémonie protocolaire
05:55avec tous les invités qu'il y avait là, au festival du film.
06:01On devait inaugurer une suite Johnny ?
06:03Oui, c'est ça.
06:04Et il est parti ?
06:05Oui, il est parti.
06:06C'est pas facile à gérer ça.
06:08Il a inauguré la suite.
06:09Ça, ça a été fait.
06:10Par contre, après, tout le reste du festival, ça, c'est pas fait.
06:13Alors, il se trouve que travailler avec Johnny,
06:16c'est presque travailler de 9h du matin à 1h du matin.
06:21Oui, c'est une grosse amplitude horaire, oui, effectivement.
06:24Parce que Johnny se lève parfois à midi, mais se couche très tard.
06:29Oui, et puis, alors il y a de grosses amplitudes horaires journalières
06:35et des grosses semaines.
06:36Voilà, c'est-à-dire ?
06:38C'est-à-dire que des fois, on peut faire 7-7, même 15-15.
06:41C'est pas un problème ?
06:43Oui.
06:43Mais qu'est-ce qu'il fait dans la journée, Johnny ?
06:47Il va toujours quelque part ?
06:51En période, quand il y avait des préparations d'albums ou de tournées,
06:54bon, ben là, il y avait forcément la partie musique qui est rentrée
06:59dans le planning.
07:01Sinon, après, c'était essentiellement des déjeuners.
07:05Voilà, il allait faire des déjeuners, pas mal de courses.
07:07Il aimait bien faire du shopping, il aimait bien s'habiller quand même.
07:10Il avait quand même un côté un peu dandy.
07:12Enfin, il aimait bien ça.
07:15Et après, sinon, non, il aimait bien quand même rester chez lui,
07:18dans son bureau, surtout après à Marne-la-Coquette.
07:20Depuis Marne-la-Coquette, en fait,
07:21où il avait vraiment son bureau, sa télé, son ordinateur.
07:24Il aimait bien être tranquille quand même.
07:25Mais, concernant ce qu'on pense,
07:27c'est quelqu'un qui était assez solitaire parfois.
07:32Oui, moi, je l'ai vu très souvent
07:34dans son bureau, bien tranquille.
07:36Et franchement, là, il donnait l'impression d'être bien.
07:39Et le soir, il se couchait tard
07:40parce qu'il surfait sur Internet d'abord.
07:43C'est-à-dire que très souvent, il y avait quand même des déjeuners.
07:45Et puis après, oui, beaucoup de télé aussi.
07:48Beaucoup de télé, beaucoup d'ordinateurs,
07:49mais beaucoup de télé.
07:50C'était un gros, gros passionné.
07:51Il avait une grosse collection de films à Marne-la-Coquette
07:53dans sa salle de cinéma.
07:55Et puis, oui, oui, voilà,
07:56il avait tous les abonnements à toutes les chaînes
07:58qu'on peut avoir pour avoir tous les films.
08:01Et oui, beaucoup de films, beaucoup de télé.
08:03Mais surtout, le décor de la salle de cinéma
08:05était très particulier, Patrick Roussel.
08:07Oui, ça me faisait penser à la dernière séance
08:09d'Eddie Mitchell.
08:11La salle de cinéma était un peu dans ce style-là.
08:13Eddie était son plus vieil ami,
08:15donc il s'en était inspiré.
08:17Cette dernière séance, on a un peu oublié.
08:19Au départ, Eddie Mitchell était fou de rage
08:21parce qu'on ne voyait plus au cinéma
08:23les films qu'il aimait, les films américains.
08:25Il demande l'autorisation de faire une soirée
08:27à Paris dans un cinéma avec ses films.
08:30Il la présente à minuit.
08:32Et ça marche tellement que ça va devenir une émission
08:34pendant 18 ans.
08:36Ça, là, l'histoire, je ne la connaissais pas.
08:38Et je crois qu'il avait un fournisseur
08:40pour ses DVD très particulier, Johnny.
08:43A une époque, on prenait...
08:45Il a jeté beaucoup dans une boutique
08:47dans le 16e
08:48puisqu'il s'est débrouillé
08:52pour avoir les CD en avance.
08:54Tout à fait, les DVD en avance.
08:56Voilà, et donc son truc, c'était ça.
08:57C'est l'avoir avant tout le monde,
08:59ce qui en fait, c'était bien.
09:01Mais pourquoi ?
09:03Parce que lui, il arrivait à voir les films
09:04aussi en version originale.
09:06Et il les regardait avec passion
09:07car sa vraie passion de Johnny,
09:09c'était le cinéma.
09:11Il adorait ça, oui, effectivement.
09:13Il adorait regarder les films
09:14et il aimait jouer aussi.
09:16Je crois même que l'argent n'avait pas d'importance
09:18quand il faisait du cinéma.
09:21Oui, je ne pense pas que ça a été sa priorité,
09:23effectivement, pour faire du cinéma.
09:25C'était plus faire du cinéma.
09:27Voilà, sinon, effectivement,
09:28ce n'était pas...
09:31Je pense qu'il pouvait faire des efforts
09:32au niveau de son cachet
09:34pour pouvoir faire un film.
09:35Ça le passionnait plus que tout.
09:37Il y a même eu un jour, à Berlin,
09:39une projection
09:39à laquelle vous vous êtes rendu avec lui.
09:42C'était Love Me.
09:43Oui.
09:44Oui.
09:45Et...
09:48J'ai été surpris
09:50parce que ce n'était pas prévu.
09:53Le film...
09:53La projection a commencé.
09:55Mais habituellement, c'est pareil.
09:57Donc, normalement,
09:57les comédiens passent sur la scène
09:59pour se présenter.
10:01Et là, il m'a tapé sur la cuisse.
10:02Il m'a fait signe qu'on partait.
10:04Et on est parti.
10:05De Berlin, directement ?
10:07Oui, direct.
10:08Voiture avec chauffeur,
10:09aéroport, jet et maison.
10:11Mais comment ça se fait ?
10:14Je ne vous posais pas de questions.
10:16C'est quelqu'un qui ne parlait pas beaucoup
10:17au départ, quand vous l'avez connu ?
10:19Non, non, non.
10:20C'est quelqu'un qui est quand même
10:21assez réservé.
10:23Honnêtement, c'était un timide.
10:25Oui.
10:26Voilà.
10:26Timide et pudique en même temps.
10:29Et...
10:29Et...
10:29Voilà, ça que je le dis,
10:30en effet,
10:31c'était assez paradoxal
10:32d'être timide
10:33et faire des spectacles
10:33de la taille qu'il faisait.
10:36Quand on est timide
10:36et se retrouver devant
10:3960 000 personnes,
10:40on va voir à la Tour Eiffel
10:42beaucoup, beaucoup plus.
10:43Un million de personnes.
10:44C'est paradoxal, quand même.
10:46Mais c'était Johnny.
10:48Voilà, c'était lui.
10:49Eh bien, on va continuer
10:50à parler de lui,
10:51justement, à travers une autre date
10:52qui se rapporte à la Tour Eiffel
10:53le 12 juin 2000.
10:55A tout de suite sur Sud Radio
10:56avec Patrick Roussel
10:58pour parler de Johnny Hallyday
10:59qui aurait eu aujourd'hui 80 ans.
11:02Sud Radio, les clés d'une vie.
11:04Jacques Pessis.
11:04Sud Radio, les clés d'une vie.
11:06Mon invité, Patrick Roussel,
11:08auteur de Tout le monde,
11:09l'appelait Johnny
11:10chez Marie-Edition.
11:11Vous avez été le chauffeur
11:13et le garde du corps de Johnny.
11:15Et je crois d'ailleurs
11:15que ça vous fait drôle
11:15d'aller dans les studios
11:16de Sud Radio
11:17parce que d'habitude,
11:18vous y alliez
11:18mais de l'autre côté du micro.
11:20C'est-à-dire qu'effectivement,
11:22quand je suis arrivé
11:22devant le bâtiment,
11:23je me rappelais
11:24avoir amené l'artiste
11:25à l'époque
11:25dans ces mêmes bâtiments.
11:27Et aujourd'hui,
11:28venir,
11:29pardon,
11:29pour moi,
11:30je trouve ça bizarre.
11:32Mais voilà,
11:32ça me fait une sensation étrange.
11:33Je ne le cache pas.
11:34Alors,
11:34vous avez donc connu Johnny,
11:36vous publiez un livre
11:36où vraiment vous racontez
11:37le vrai Johnny
11:38qui aurait eu 80 ans aujourd'hui.
11:40Et il y a une date
11:41que vous évoquez largement,
11:42c'est le 12 juin 2000,
11:45ce concert à la tour Eiffel
11:46devant un million de personnes.
11:47C'était extraordinaire.
11:48Oui.
11:49Oui.
11:50C'est très, très impressionnant.
11:53J'ai repensé tout à l'heure
11:54en venant en plus.
11:56Parce que je me rappelle très bien,
11:57il y a eu deux événements
11:58à ce jour-là.
11:59Il y en a un que je raconte
12:00dans le livre.
12:01Mais il y a eu aussi
12:02l'arrivée derrière la scène.
12:04On est monté derrière la scène.
12:06Il y avait un paravent
12:07pour cacher l'arrivée
12:08de l'artiste.
12:09Et je ne sais pas,
12:10on a regardé chacun
12:11d'un côté du paravent
12:12pour voir la foule.
12:13Et on est repassé
12:14derrière le paravent,
12:15on s'est regardé
12:16et il m'a fait un signe
12:17de la tête pour en dire
12:18« Waouh ! »
12:19parce que c'était « Waouh ! »
12:21Il y avait...
12:22C'est impressionnant.
12:23Il y avait un million de personnes
12:24qui attendaient Johnny.
12:25Ce qui est effectivement
12:26impressionnant.
12:27Alors, au départ,
12:28ce concert ne devait pas
12:29avoir lieu au pied
12:30de la Tour Eiffel,
12:31mais aux Champs-Elysées.
12:32Il rêvait de ça
12:33et puis ça ne s'est pas fait.
12:34Il n'a pas eu l'autorisation,
12:35je crois.
12:36J'ai entendu parler de ça,
12:37effectivement.
12:38Après, les détails,
12:39là, je ne connais pas.
12:41L'important,
12:42c'est que ça ait eu lieu
12:42et c'est l'époque
12:43où il chante
12:44notamment
12:45ce immense succès.
12:57Je crois que Gabriel
12:58était une chanson incontournable.
13:00Même s'il en avait assez,
13:01il était obligé
13:01de la chanter, Johnny.
13:03Il y avait un vrai échange
13:04avec le public,
13:04parce qu'en fait,
13:05le fait qu'au moment donné,
13:08c'est que tout le public
13:09croise les bras
13:09et les lèvres,
13:10enfin, croise les poignets
13:12et les lèvres à main,
13:13en l'air,
13:14c'était, voilà,
13:15ça faisait vraiment le chaud.
13:17C'était vraiment bien.
13:17Il y avait un échange.
13:18Alors, quelques semaines
13:20avant ce concert
13:21à la Tour Eiffel,
13:22il vous demande quelque chose,
13:24de lui trouver
13:25un véhicule utilitaire
13:26tout terrain
13:27qui s'appelle le Humair.
13:28Oui.
13:29C'est un truc américain, ça.
13:31Oui, à la base,
13:32c'est un véhicule
13:33de l'armée américaine.
13:34Oui.
13:34Il est à Los Angeles
13:35en répétition.
13:38Il m'envoie un message d'abord
13:39et puis après,
13:39je crois qu'il m'appelle
13:41et il me dit
13:42je voudrais ça.
13:45Et il lui dit,
13:46mais dans ma tête,
13:47je ne dis pas non
13:48parce que je ne sais pas,
13:49je ne dis rien.
13:52Et la chance a voulu que,
13:53voilà,
13:53le hasard a fait
13:54que j'ai trouvé
13:54un concessionnaire
13:56dans le 15e.
13:57Je regardais un magazine,
13:58je tombe sur un magazine,
14:00je tourne,
14:00il y a un magazine
14:01qui fait la pub,
14:02j'appelle,
14:02il en a un dispo.
14:04C'est, voilà,
14:05la chance, l'étoile.
14:06Résultat,
14:07et ce humeur,
14:07il l'a utilisé souvent
14:08pour ses concerts,
14:09Johnny.
14:10Oui,
14:10et notamment,
14:11notamment pour la Tour Eiffel,
14:12évidemment.
14:13D'ailleurs,
14:13à un moment,
14:14il y a eu un jour
14:15un problème avec ce humeur,
14:16il y avait quand même
14:16beaucoup de monde devant lui,
14:17il l'a quand même remarqué.
14:20C'est-à-dire que,
14:20vous racontez dans le livre,
14:21il vous dit,
14:22mais qu'est-ce que vous avez fait
14:23avec ce humeur ?
14:24Oui,
14:24c'est-à-dire que,
14:25justement,
14:25pendant le concert à la Tour Eiffel,
14:27j'avais mis le véhicule
14:29derrière la scène
14:29pour être prêt à partir,
14:32moteur allumé,
14:34portière fermée
14:35pour la clim,
14:36toujours la clim,
14:39sauf que,
14:40j'ignore pourquoi,
14:41soit le feu d'artifice,
14:42les vibrations
14:42ou le système électronique,
14:44l'ouverture s'est verrouillée
14:45et on ne pouvait plus ouvrir.
14:47Donc,
14:47on a réussi à ouvrir
14:48avec des collègues,
14:49on s'est débrouillé.
14:50À ce moment-là,
14:51lui,
14:51il était dans sa loge rapide
14:53et derrière,
14:53il se changeait.
14:55Mais,
14:56et quand il est monté
14:57dans la voiture
14:57après le spectacle,
14:58il m'a dit,
14:58qu'est-ce qui s'est passé
14:58avec ma voiture ?
14:59Et là,
15:00je me suis dit,
15:01il chante devant
15:02un million de personnes
15:03et son souci,
15:04c'est qu'est-ce qui s'est passé
15:04avec la voiture ?
15:06Je ne sais pas,
15:07il n'est pas normal.
15:09C'était imperfection.
15:11Je me suis demandé
15:11pourquoi il avait voulu
15:12un humeur.
15:14Je crois que j'ai trouvé
15:15parce qu'en fait,
15:15il était un fan
15:16de la série
15:16Les Experts Miami
15:18et il y avait
15:18un humeur dedans.
15:20Je ne sais pas,
15:21par contre,
15:21je ne me rappelle pas
15:22à l'époque pourquoi,
15:24comme il allait régulièrement
15:25à Los Angeles
15:26pour les répétitions,
15:27là-bas,
15:27il y en avait quand même.
15:31Le perfectionniste,
15:31justement,
15:33moi,
15:33je me souviens très bien
15:34d'un jour,
15:34il y a des années,
15:36je le reçois
15:36dans une émission de radio,
15:37il est arrivé,
15:38il avait son Walkman,
15:39il répétait sa chanson.
15:40Car chaque fois
15:41qu'il y avait une séance
15:41et ça a continué,
15:43Patrick Roussel,
15:44il se faisait faire
15:45un CD
15:45à la fin de chaque séance.
15:47Oui.
15:48Et il partait
15:49avec son CD
15:50qui commençait
15:51tout de suite.
15:53Il me demandait
15:53de le mettre
15:53dans la voiture.
15:55On l'écoutait
15:55dans la voiture,
15:56on rentrait à la maison,
15:57souvent très fort.
15:59Et ensuite,
16:01après,
16:01quand on arrivait
16:02à Mardin Coquette,
16:03là,
16:03il le remettait
16:04en boucle,
16:04il l'écoutait,
16:05tout ça.
16:05Comme ça,
16:06le lendemain,
16:06quand il revenait
16:07au studio
16:08pour faire
16:09une nouvelle chanson,
16:11il savait
16:11s'il y avait
16:12des petites choses
16:15à pouvoir rajouter
16:16ou à modifier
16:17sur la chanson
16:18enregistrée la veille.
16:19C'est incroyable
16:20ce perfectionnisme.
16:21Oui.
16:22En même temps,
16:23je crois que
16:23pour faire une carrière
16:24comme la sienne,
16:25il faut l'être.
16:25Voilà.
16:26Alors,
16:26il écoutait aussi
16:27ses anciennes chansons
16:29en voiture
16:29et il voyait
16:30des images
16:31de son look
16:32et ça le faisait rire.
16:33Oui.
16:34Et il disait même
16:35qu'il chantait mieux
16:35maintenant qu'à l'époque.
16:37Oui.
16:38Moi,
16:39je ne me permettais
16:39pas de commentaire.
16:40Voilà,
16:40mais en même temps,
16:42il faisait peu de confidence
16:43mais quand il disait ça,
16:44il se moquait un peu
16:44de lui-même.
16:45C'était un petit peu
16:46d'autorision,
16:47mais ça,
16:47il savait faire.
16:47Il adorait.
16:48Oui.
16:49Alors,
16:49il ne chantait jamais
16:50le matin,
16:51Johnny.
16:52Très peu.
16:53Très peu.
16:53Non,
16:53il n'était pas du matin.
16:56Non,
16:56mais le soir,
16:57ça finissait très tard
16:58et surtout sur scène
16:59et vous le racontez
17:00notamment à partir
17:01d'un exemple au Liban,
17:02Patrick Roussel,
17:03Johnny tenait à être
17:04le plus près possible
17:05de son public.
17:06Oui.
17:08Oui.
17:11Il aimait bien
17:12avoir le public
17:13là devant la scène
17:14pour pouvoir communiquer,
17:15pour pouvoir échanger
17:16parce qu'en fait,
17:17lui,
17:18sur la scène,
17:18c'était échanger
17:19avec le public.
17:20C'est ce qui est normal.
17:21Et effectivement,
17:22au Liban,
17:24les militaires
17:25qui s'occupaient
17:25de la sécurité
17:26de l'endroit
17:27ne voulaient pas
17:27que le public
17:28avance juste devant.
17:29Il y avait une fosse
17:29qui était vide.
17:31Et là,
17:32il y a eu,
17:32donc,
17:33M. Camus
17:33qui était le producteur
17:34à l'époque,
17:34le tourneur à l'époque,
17:38a fait le forcing
17:39pour faire avancer
17:39le public
17:40avec les militaires
17:41et la situation
17:42a été extrêmement tendue.
17:44Vraiment tendue
17:45jusqu'à ce que,
17:46comme je le dis
17:47dans le livre,
17:49il y a eu une dame,
17:49j'ignore toujours
17:50et j'ignorerai toujours
17:51qui c'était cette dame
17:52qui a lavé la main
17:53pour dire OK.
17:54Et le militaire
17:55s'est reculé
17:56et tout s'est arrangé.
17:57Sinon,
17:58là, ça...
17:59Voilà.
18:00Sinon,
18:00je pense qu'on allait goûter
18:01avec M. Camus
18:02à la prison au Liban
18:03et ça n'allait pas être sympa.
18:04C'était pas terrible.
18:05Alors,
18:06il y a eu aussi
18:06une scène mémorable
18:08dont vous avez été le témoin,
18:09Patrick Roussel,
18:10à Saint-Etienne
18:11et il est rentré en scène
18:12en disant
18:12« Bonsoir, Clermont-Ferrand ».
18:13Oui.
18:15Oui,
18:15mais alors,
18:16honnêtement,
18:19honnêtement,
18:19c'est tout à fait pardonnable
18:21et c'est tout à fait
18:23explicable.
18:24Même moi,
18:26au bout d'un moment,
18:27quand on fait une tournée,
18:29des fois,
18:29le matin,
18:31j'ouvrais le roadbook
18:32où je regardais
18:32sur mon calendrier
18:33où est-ce qu'on allait
18:33le lendemain,
18:34parce qu'à force,
18:35on ne sait plus.
18:37Donc,
18:37c'était...
18:39Alors,
18:40en plus,
18:41il ne pouvait pas vivre
18:41sur la scène.
18:42On a annoncé en 2009
18:44sa dernière tournée,
18:45c'était un coup marketing
18:46entre nous.
18:48Ou est-ce que peut-être
18:49il a eu un coup
18:50à ce moment-là
18:51de fatigue
18:52et dire
18:52« J'ai assez chanter,
18:53j'en ai assez,
18:54je vais faire différemment »
18:55peut-être.
18:56Je pense que
18:57l'envie de faire différemment,
18:59il avait dû l'avoir,
19:01mais c'est reparti
19:02de plus belle après.
19:03Bien sûr.
19:03Et même à la fin de sa vie,
19:05il s'économisait
19:06par des solos
19:06de ses musiciens en plus.
19:08Oui.
19:08Ça, c'est ce qu'on avait remarqué.
19:10Pour s'économiser lui-même,
19:12il faisait participer
19:14davantage des musiciens.
19:15Il leur laissait un peu plus
19:16de solos,
19:17un peu plus...
19:18mais il avait quand même
19:19une faculté de récupération
19:20assez hors norme.
19:22Il y avait une chose particulière
19:23que vous avez appris
19:24en travaillant avec Johnny,
19:25Patrick Roussel,
19:26c'est conduire très vite.
19:28Oui.
19:30Les limites de vitesse,
19:31ce n'était pas son truc.
19:32Non.
19:33Non, non.
19:36Il fallait...
19:39Du point A au point B,
19:40il fallait le faire
19:40le plus rapidement possible.
19:42Et surtout,
19:44c'était ne pas être pris
19:45dans les bouchons.
19:46Aujourd'hui, je ne sais pas,
19:46ça serait compliqué.
19:47Oui, exactement.
19:48Mais voilà,
19:49il fallait que ça roule.
19:50Même si toutefois,
19:51on ne roulait pas vite,
19:52mais au moins roulait.
19:53Voilà, pas rester à l'arrêt
19:54dans les bouchons et tout ça.
19:56Mais après, oui,
19:56dès qu'on prenait la route,
19:57il fallait rouler.
19:59D'ailleurs, lui,
20:00il revenait en avion privé,
20:01il fallait arriver avant lui
20:02en voiture.
20:02Oui, ça, c'était le début.
20:04Ça, c'était le début.
20:04Mais quand il y a...
20:05Ce n'était pas trop un souci
20:06si il me laissait le temps
20:10nécessaire et légal
20:12de faire la telle distance,
20:13il n'y avait pas de souci.
20:14Sauf que des fois,
20:15il s'amusait à retenir
20:16un petit peu
20:17et moi, je partais,
20:19j'étais à la limite.
20:20Il a été votre chauffeur
20:21pendant 10 jours aussi, Johnny.
20:22Oui.
20:23Qu'est-ce qui s'est passé ?
20:24Oui, ça, c'est quand même
20:25la classe ou pas ?
20:28Oui, mais toujours pareil,
20:30en roulant un petit peu
20:30trop vite sur le périphérique,
20:32je me suis fait le permis.
20:33Oui.
20:33Et donc, du coup,
20:35pendant 10 jours
20:35de retrait que j'ai eu,
20:37c'est lui qui m'a conduit.
20:38Sauf pour les créneaux.
20:39Oui, non, ce n'est pas son truc.
20:40Ça, c'est étonnant.
20:41Il ne savait pas faire
20:41des créneaux, Johnny ?
20:42Non, je crois qu'il n'avait
20:44surtout pas envie.
20:44Ah bon ?
20:45De faire des manœuvres
20:47et tout ça,
20:48ce n'est pas son truc.
20:49Ce n'est pas son truc.
20:49Il était très tranquille
20:50comme ça,
20:51en conduisant très vite,
20:52avec des Ferrari
20:53qu'il amusait un temps.
20:56Oui.
20:56Oui, c'était...
20:58Oui.
20:59Il adorait les voitures,
21:00il adorait acheter
21:01des voitures
21:02et effectivement,
21:03comme la Ferrari,
21:05on l'a roulée
21:05un petit peu avec
21:08et puis après,
21:09elle ne bougeait plus.
21:09Voilà.
21:11Et après,
21:11elle ne bougeait plus.
21:12Voilà, jusqu'à ce qu'elle
21:13soit revendue.
21:14Et c'était...
21:15Oui, pour ça,
21:16c'était...
21:17Je ne sais pas.
21:18Ça fait bizarre de dire ça,
21:19mais oui, oui,
21:19la voiture était garée là
21:20et j'étais, moi,
21:21obligé de la prendre,
21:23comme je dis,
21:24pour la faire rouler,
21:25pour qu'elle puisse rouler
21:26un petit peu,
21:27pour débloquer les frais.
21:28J'allais acheter le pain,
21:29j'allais...
21:29Voilà, avec la Ferrari.
21:31Oui, ça aussi encore,
21:34c'est quand même spécial.
21:35C'était Johnny,
21:36dont on va continuer
21:36à parler à travers
21:37une autre date
21:38qui aurait pu être tragique,
21:39le 14 décembre 2009.
21:41A tout de suite
21:41sur Sud Radio
21:42avec Patrick Roussel.
21:44Sud Radio,
21:44les clés d'une vie,
21:45Jacques Pessis.
21:46Sud Radio,
21:47les clés d'une vie,
21:48mon invité Patrick Roussel,
21:50chauffeur et garde du corps
21:51de Johnny pendant 16 ans.
21:53Et aujourd'hui,
21:53Johnny aurait eu
21:5420 ans et 4 fois
21:56plutôt qu'une.
21:56et vous le racontez
21:57à votre façon
21:58dans Tout le monde
21:59l'appelait Johnny
22:00chez Mareuil Édition.
22:02Et vous évoquez
22:03notamment une date importante,
22:04le 14 décembre 2009,
22:06où ce jour-là,
22:07vous avez vécu un miracle
22:09à l'hôpital de Los Angeles.
22:11C'est-à-dire qu'il est sorti
22:12du coma artificiel.
22:14Oui, oui, oui.
22:16Je ne me rappelle plus exactement
22:18combien de jours
22:19il est resté.
22:19Je crois que c'est 9 jours
22:20dans le coma,
22:21quelque chose comme ça.
22:22Mais pour ça,
22:22je ne suis plus sûr.
22:24Mais effectivement,
22:25quand il est sorti,
22:26ça a été...
22:28c'était un miracle.
22:30Franchement,
22:31c'était génial.
22:32Il est sorti comme ça.
22:33Il s'est réveillé
22:34à un moment.
22:34Non, c'est-à-dire
22:35que ce sont les médecins
22:37qui petit à petit
22:37l'ont fait sortir,
22:38l'ont fait revenir
22:39parce que donc
22:39ses fonctions étaient
22:40à nouveau stables.
22:45Alors ça a été génial
22:46parce qu'il revenait
22:48et ils pouvaient
22:49à nouveau communiquer.
22:52Mais à commencer
22:53une partie,
22:54quelques jours,
22:54un peu compliqués
22:55parce qu'on ne met pas
22:58Johnny Hallyday
22:59même dans un état
23:00très faible
23:00dans un lit coincé.
23:02Oui.
23:03Non.
23:04Et ça,
23:04il ne pouvait pas.
23:05Et ça a été un peu compliqué
23:06de le faire rester
23:07dans ce lit-là.
23:08Surtout en réanimation.
23:10Après,
23:10quand on a changé,
23:11c'était un peu plus soft.
23:13Il se levait la nuit,
23:14il voulait sortir.
23:15Il essayait,
23:15oui.
23:16Et qu'est-ce que vous faisiez
23:17dans ces cas-là ?
23:17Non, je l'interdisais.
23:19Ce n'était pas facile quand même ?
23:20Non.
23:21Non, non.
23:22Mais un jour,
23:22il m'a dit très clairement
23:23c'est qui votre patron ?
23:24C'est le docteur ou moi ?
23:25Oui.
23:26J'ai dit,
23:26c'est vous,
23:27mais vous n'allez pas sortir.
23:28Voilà.
23:28Et vous avez goûté ?
23:30Oui.
23:32Non, mais en plus,
23:33il détestait ça.
23:34Il y avait une télévision
23:35toute petite,
23:36ça ne l'intéressait pas.
23:36Oui.
23:38Ah ben oui,
23:39lui qui en plus
23:39était un fou
23:40de grands écrans,
23:42il avait des écrans partout
23:43géants dans ses maisons
23:44et là,
23:44on se retrouve
23:45où il y a un écran
23:47d'ordinateur
23:48comme télé,
23:49presque.
23:50Et non,
23:51mais bon.
23:53Alors,
23:53il y a aussi une chose
23:54qu'on a raconté,
23:55c'est une légende
23:56à laquelle vous mettez
23:57un terme,
23:57Patrick Roussel,
23:58qu'il avait chanté
23:59Love Me Thunder
24:00en se réveillant.
24:03Moi,
24:04la première chanson
24:04que j'ai entendu chanter,
24:05effectivement,
24:06et il me l'a chanté
24:07comme ça,
24:08en face,
24:08j'étais penché au-dessus de lui,
24:10j'étais dans son lit,
24:10j'étais penché au-dessus de lui
24:12et il m'a chanté
24:13il pleut bergère
24:14et moi,
24:15en rigolant,
24:15je lui répondais
24:16moi je préfère
24:16le soleil brille,
24:17brille, brille,
24:18parce que je n'aime pas la pluie.
24:20Et voilà,
24:21on a souri comme ça
24:22parce qu'encore là,
24:23il rigole et pas
24:23à gorge déployée
24:24à ce moment-là.
24:26C'était juste,
24:27en fait,
24:27il avait besoin
24:28de se rassurer
24:29sur sa voix.
24:30Mais il pleut bergère,
24:31c'est quand même
24:32étonnant comme chance.
24:33Pourquoi ?
24:34Je n'en sais rien.
24:35Je ne sais pas.
24:37Toujours pareil,
24:37je n'ai jamais posé
24:38de question.
24:39Alors,
24:39il faut savoir que
24:40Johnny a quand même
24:40eu une santé de fer
24:41parce que vous l'avez vu
24:43fumer jusqu'à trois paquets
24:44de gitanes par jour
24:45sans filtre.
24:45Oui, beaucoup.
24:46Oui, beaucoup.
24:47Énormément.
24:49Je ne sais pas
24:50comment on peut faire ça.
24:52Et je l'ai vu
24:53quelques fois
24:54allumer une cigarette
24:55avec l'autre.
24:56Oui, mais c'est hallucinant.
24:57Surtout dans les endroits interdits.
24:59Oui.
24:59Vous avez vécu
25:00quelques moments difficiles
25:01aux Etats-Unis ?
25:03Oui.
25:05Surtout que là-bas,
25:06alors ça,
25:06c'était pendant la route 66.
25:10Quand on a fait ça,
25:11c'était quasiment
25:13le premier jour.
25:15et donc on était
25:16avec le groupe d'amis
25:16qui faisaient la route
25:1766 avec lui
25:19et il a fumé,
25:20il a allumé
25:20une première cigarette,
25:22le serveur est venu
25:22l'arrêter,
25:23une deuxième,
25:24le serveur est revenu
25:25l'arrêter
25:26et à la troisième,
25:27là, j'ai vu
25:28qu'il appelait son manager
25:29et j'ai dit là,
25:30on va avoir un souci.
25:31Sauf que personne
25:32n'osait lui dire
25:34il faut arrêter.
25:35Donc à un moment donné,
25:36j'étais là pour ça,
25:36pour éviter les soucis
25:38et donc j'ai dû
25:39aller lui dire
25:41mais il faut savoir
25:42qu'à chaque fois
25:43que je me déplaçais
25:45comme ça,
25:46que j'allais lui dire,
25:48que j'allais moi
25:48lui interdire
25:49de faire quelque chose,
25:49je m'attendais
25:50à la foudre
25:51quand même
25:51parce que c'était
25:52Johnny Hallyday,
25:53c'était mon boss
25:54et puis il m'a dit
25:55mais ok,
25:56on s'en va.
25:57Super,
25:59super,
25:59on s'en va.
26:00Il y a eu aussi
26:00un autre incident
26:01dans les coulisses
26:02de Star Academy
26:04face à Chris Brown,
26:05je crois.
26:05ouais,
26:06là ça a été,
26:08oui,
26:09oui,
26:09mais il a été
26:11seigneur
26:12ce jour-là.
26:13Il s'est mis à fumer
26:14alors que c'était interdit ?
26:15À l'époque,
26:16on pouvait fumer
26:16sauf que Chris Brown,
26:18lui,
26:18ne supportait pas la fumée.
26:19D'accord.
26:20Voilà,
26:20donc,
26:22et donc,
26:23le garde du corps
26:24qui était une montagne,
26:25il a voulu
26:26lui prendre la main
26:26pour
26:28l'interdire de fumer
26:30parce que Chris Brown
26:31se trouvait là.
26:33donc moi,
26:33j'ai bloqué
26:34ce garçon,
26:36il s'est tourné,
26:37il m'a dit
26:37qu'est-ce qu'il veut ?
26:38Et donc,
26:39je lui ai dit,
26:39il veut que vous arrêtiez
26:40de fumer
26:41et moi,
26:41j'aimerais que vous continuiez
26:42parce qu'en fait,
26:42il voulait faire leur loi
26:43et ça,
26:44ça me dérangeait en fait.
26:45Ça,
26:45c'était perso par contre.
26:46Et il a été seigneur
26:47avec moi en fait
26:48parce qu'en fait,
26:48il a continué
26:49à fumer sa cigarette
26:51et ensuite,
26:51il s'est tourné
26:52vers Chris Brown
26:52et il lui a dit
26:53j'arrête pour toi
26:54mais pas pour eux
26:55parce qu'ils étaient deux.
26:56Voilà,
26:57mon binôme
26:58à l'époque,
26:59Jimmy,
27:00enfin,
27:00lui,
27:01il s'était mis en face d'un
27:02moi,
27:02en face de l'autre
27:03et on a dit
27:03ça va être chaud
27:05et puis ça s'est arrêté là
27:06mais il avait été seigneur
27:07franchement.
27:08Moi,
27:08je me souviens de Francis Blanche
27:09qui un jour fumait sa pipe
27:10dans les coulisses
27:11d'un théâtre,
27:12c'était interdit.
27:13Le monier de service
27:13tente de l'arrêter
27:14et Francis Blanche lui dit
27:16en le regardant
27:17droit dans les yeux
27:18si vous n'aimez pas la fumer,
27:19il faut changer de métier
27:20mon vieux.
27:21C'était assez drôle.
27:23Oui,
27:24Alors,
27:24il y a eu aussi l'alcool.
27:25On a raconté beaucoup de choses
27:26sur l'alcool,
27:27on ne va pas y revenir
27:27mais surtout,
27:28il a essayé d'arrêter l'alcool
27:30et vous l'avez aidé
27:31parce que vous avez voulu
27:32remplacer le vin blanc
27:33par le bourgogne,
27:34Patrick Roussel.
27:36Le vin blanc
27:37par le vin rouge
27:38en général
27:38et des bons crus.
27:40Voilà,
27:41parce que ça se boit
27:43différemment en fait
27:44et c'était pendant
27:45une autre tournée en fait.
27:47Voilà,
27:48et donc,
27:49pendant pas mal de temps,
27:50il a fait ça
27:51et c'était
27:52vraiment très agréable
27:53pour lui
27:53et même pour nous
27:55du coup
27:55parce que
27:57on finissait les soirées
27:58beaucoup plus calmement.
27:59C'était vraiment bien.
28:01C'était,
28:02voilà,
28:03je pense qu'il n'y avait que
28:03le trésorier de la tournée
28:05qu'il devait moins apprécier
28:06parce que ça coûtait
28:07beaucoup plus cher
28:08mais bon après,
28:09mais par contre,
28:10voilà,
28:10il a fait ça pendant
28:11quelques temps
28:11et c'est vrai que
28:12c'était beaucoup plus soft
28:13les soirées.
28:14Oui,
28:14et effectivement,
28:15il a recommencé
28:17à avoir ses défauts.
28:18C'est vrai que moi,
28:18certains soirs,
28:19effectivement,
28:19à table,
28:20je l'ai vu
28:20assez fatigué
28:21mais ce qui est étonnant,
28:22c'est que certains disaient
28:24alors du mal de lui
28:25mais il n'oubliait pas
28:26malgré sa fatigue.
28:30Même s'il pouvait être
28:31un peu fatigué,
28:32il entendait,
28:33il voyait tout
28:34et il s'en rappelait
28:34le lendemain
28:35contrairement à ce que
28:36certains pouvaient penser.
28:37parce qu'il y avait une cour
28:39et moi j'ai connu une époque
28:40notamment à Lézé Matignon
28:41où jeune journaliste
28:42je le retrouvais
28:43alors on discutait
28:44et je voyais une cour
28:45autour de lui
28:46et je crois qu'il avait trouvé
28:47un truc à la fin
28:48c'est-à-dire que
28:48je crois que c'était avec vous
28:49il partait avant
28:51la fin du dîner
28:51pour ne pas avoir
28:52réglé la note.
28:54Non,
28:54alors ça il l'a fait
28:55je me permets
28:56de juste apporter
28:57une petite correction
28:58il l'a fait
28:59pendant la route 66.
29:01Voilà.
29:02Donc il y avait
29:05un participant
29:06qui avait l'habitude
29:07d'oublier sa carte
29:11enfin voilà
29:11c'est bête
29:12c'est quand même
29:13très bête
29:15et donc du coup
29:17un jour
29:18ça a été
29:18l'instigateur
29:19du petit truc
29:20du petit stratagème
29:22tout le monde
29:23s'est levé de table
29:23en laissant
29:25monsieur assis
29:26soi-disant
29:27sous prétexte
29:28d'aller fumer dehors
29:29ils sont jamais re-rentrés
29:30donc quand l'addition
29:31est arrivée
29:32il a bien fallu
29:32qu'il la règle
29:34Alors il y avait
29:35les moments
29:35où il se retrouvait
29:36des forces
29:37notamment à Quiberon
29:37je crois
29:38il partait faire
29:39des cures à Quiberon
29:40et là c'était
29:41des moments
29:41tout à fait soft
29:42Patrick Roussel
29:43Oui
29:44alors Quiberon
29:45moi j'y suis allé
29:45une fois avec lui
29:47et là il se remettait
29:48au vert très souvent
29:50dans tous les cas
29:51c'était pour préparer
29:52les tournées
29:52pour se remettre
29:53bien bien bien
29:54et c'est vrai
29:55qu'il revenait
29:56de Quiberon
29:56il était changé
29:58Et Quiberon
29:59il ne faut pas oublier
29:59que c'est
30:00Louis-en-Bobet
30:00qui avait été soigné
30:02après un accident
30:03qui a découvert
30:04la thalasso
30:06à Roscoff
30:06et il a dit
30:07on va faire la même chose
30:08en France
30:08il a fait Quiberon
30:09et il a inventé
30:10la thalasso moderne
30:11Louis-en-Bobet
30:11tout en étant
30:12un grand champion
30:13de cyclisme
30:14Alors il y avait
30:16Depardieu à Quiberon
30:17qu'il le croisait d'ailleurs
30:18et Depardieu
30:19vous avez un souvenir
30:19très particulier
30:20qui a créé
30:21un embouteillage
30:22un jour
30:22près de Roland-Garros
30:23face à Bruxelles
30:24C'est ça
30:25en fait ils ont bloqué
30:26enfin on a bloqué
30:28la porte d'Auteuil
30:30nous on avait
30:31le deuxième mœur
30:32à ce moment-là
30:34Gérard Depardieu
30:34il était en moto
30:35comme très souvent
30:35à l'époque
30:37mais ils se sont vus
30:39se sont reconnus
30:39parce que nous
30:40avec le mœur
30:41c'était assez reconnaissable
30:44et bien il m'a dit
30:45arrêtez-vous
30:46ok je me suis arrêté
30:47au milieu de l'avenir
30:48au milieu du carrefour
30:50bord d'Auteuil
30:51Gérard Depardieu
30:52a mis la béquille
30:53à sa moto
30:54il est descendu
30:54il a retiré son casque
30:55ils ont discuté
30:563, 4 ou 5 minutes
30:57je ne sais pas
30:57le temps a paru long
30:59parce que quand tout
30:59est bloqué autour
31:00ça fait quand même long
31:01et puis
31:02et personne n'a rien dit
31:04bizarrement
31:05ils ont reconnu
31:05Johnny Depardieu
31:06Johnny Depardieu
31:07quand ils parlent au milieu
31:08ça fait quand même
31:09et personne n'a rien dit
31:10si on essaye de le faire là
31:11je pense qu'on aura des soucis
31:14alors il y a aussi
31:15une chanson
31:15qui a compté
31:16dans la vie de Johnny
31:17et cette chanson
31:18justement
31:19est liée au séjour
31:20que vous avez fait
31:21à Quiberon
31:21Patrick Roussel
31:22on a tous
31:23quelque chose
31:24en nous
31:25de Tennessee
31:28cette volonté
31:29de prolonger la nuit
31:31alors il faut savoir
31:31que cette chanson
31:32Johnny ne sait pas
31:33qui est Tennessee Williams
31:34pas du tout
31:35quand Michel Berger
31:36lui a proposé la chanson
31:37il était en train de lire
31:38La chatte sur un toit brûlant
31:40de Tennessee Williams
31:40il était beaucoup plus cultivé
31:42qu'on l'imagine
31:43carrément
31:43oui bien sûr
31:44bien sûr
31:45mais on l'a fait passer
31:46pour ceux qui n'étaient pas
31:47trop souvent
31:47et vous avez vu cette chanson
31:49vraiment
31:49à Quiberon
31:50c'est un grand souvenir
31:51à un moment magique
31:53voilà
31:54lui seul a cappella
31:55avec sa guitare
31:56face à l'océan
31:57sur les rochers
31:59franchement
31:59et là
32:00il n'y avait pas
32:01un bruit
32:02un bruit
32:03rien
32:04on l'a refait
32:05c'était juste pour le plaisir
32:06il l'a fait refaire
32:07le réalisateur
32:07vraiment
32:08parce que c'était bon
32:09au premier coup
32:11alors il y a quand même
32:12une chanson
32:12qu'il n'a pas
32:13beaucoup chanté
32:14sous scène
32:14c'est Laura
32:16Laura
32:16c'était
32:17la chanson
32:17elle l'adorait
32:18mais là
32:18c'était pas une chanson
32:19à chanter
32:20surtout quand Laetitia
32:20était dans le quartier
32:23je ne l'ai jamais
32:24entendu la chanter
32:24voilà
32:25on est d'accord
32:28parce que
32:29parce que
32:29parce que Laetitia
32:30il l'a vu en secret
32:33Laura
32:33oui effectivement
32:34oui
32:35Laura je veux dire
32:36Laura
32:37oui effectivement
32:38il l'a vu
32:38oui il l'a vu en cachette
32:39au début
32:40après
32:41après non
32:41mais au début
32:43quand j'ai commencé
32:44pendant
32:45je ne sais pas combien de temps
32:46mais oui effectivement
32:47il ne la voyait qu'en cachette
32:48parce que Laetitia
32:49ne voulait pas la voir
32:50bizarrement
32:51la raison exacte
32:52je ne sais pas
32:53je sais toujours
32:54qu'il la voyait en cachette
32:55et qu'il ne fallait pas
32:56que Laetitia le sache
32:57voilà
32:58en revanche
32:59il est allé avec Laetitia
33:01il a été présent
33:02et c'était vraiment
33:03un moment émouvant
33:04lorsque Joy
33:05la première fille
33:06a été adoptée
33:07il était à l'orphelinat
33:08Johnny
33:08oui
33:10la première c'était Jade
33:11Jade oui
33:12la deuxième Joy
33:13oui oui bien sûr
33:14alors en plus
33:15Jade c'était
33:16oui un orphelinat
33:17si on peut appeler ça
33:18réellement un orphelinat
33:20c'était
33:21c'était une maison
33:22où il y avait des enfants
33:22dedans
33:22et avec des accompagnants
33:24voilà
33:24mais c'était
33:25oui c'était
33:26vraiment vraiment
33:27super émouvant
33:28et à la fin de sa vie
33:30il avait une obsession
33:31de Johnny
33:31il voulait que
33:32Joy et Jade
33:33et Jade
33:35ne manquent de rien
33:35oui ça il me l'a dit
33:37plusieurs fois
33:37voilà
33:38il voulait les mettre
33:38à l'abri financièrement
33:40c'est clair
33:40qu'elles aient pas
33:42de problème
33:42dans leur vie
33:44voilà
33:44c'est vraiment
33:45un rôle de papa adoptif
33:47gâteau
33:48alors
33:51oui
33:51oui oui
33:52oui oui
33:52clairement bien sûr
33:53oui oui
33:54je dirais pas adoptif
33:55je dirais papa tout simplement
33:56exactement
33:57alors
33:57on va évoquer
33:59d'autres choses
33:59dans ce livre
34:00à travers sa date de sortie
34:01qui est aujourd'hui
34:02le 15 juin 2023
34:04à tout de suite
34:04sur Sud Radio
34:05avec Patrick Roussel
34:07Sud Radio
34:08les clés d'une vie
34:09Jacques Pessis
34:10Sud Radio
34:10les clés d'une vie
34:11mon invité
34:12Patrick Roussel
34:1315 juin 2023
34:14sorti de ce livre
34:15le jour des 80 ans
34:17de Johnny
34:17il aurait eu
34:184 fois 20 ans
34:19aujourd'hui
34:20tout le monde
34:21l'appelait Johnny
34:21chez Mareuil édition
34:23sauf que vous
34:23vous n'appelez pas Johnny
34:24mais patron
34:25oui
34:28c'est venu
34:30naturellement
34:30comme ça
34:30je veux me
34:31donc
34:32dans tous les cas
34:33quand on commence
34:33avec quelqu'un
34:34on ne va pas l'appeler
34:35par son prénom
34:36tout de suite
34:36ça c'est
34:37j'ai jamais vu ça
34:39l'appeler Johnny Hallyday
34:40je ne sais pas
34:41c'est pas venu
34:42et monsieur Hallyday
34:43ça faisait trop consensuel
34:46patron
34:46c'est venu patron
34:49naturellement
34:49et lui
34:50ça lui a convenu
34:51puisqu'il ne m'a jamais rien dit
34:52voilà
34:52alors il se trouve
34:53que pendant des années
34:54on vous a sollicité
34:55pour faire des livres
34:56et là
34:56vous avez pris la décision
34:57de l'écrire
34:58parce qu'il y a trop
34:58de bêtises
34:59qui ont été écrites
35:00par des gens
35:01qui soi-disant
35:02étaient des proches
35:02de Johnny
35:05il y a déjà
35:06oui alors
35:06j'ai entendu
35:08après sa mort
35:10beaucoup de choses
35:11j'ai vu beaucoup de gens
35:13parler
35:13raconter des histoires
35:15parfois vraies
35:16parfois fausses
35:17parfois
35:21pour se faire valoir
35:22pour
35:24et
35:24j'ai dit
35:25et là
35:26j'ai dit
35:26mais non
35:27je vais juste
35:28moi
35:28reparler
35:28et j'ai bien entendu
35:29parler des gens
35:29que j'ai jamais vus
35:31ou très peu
35:33je ne vais pas être vus
35:34trois fois
35:35et en fait
35:36ils étaient des amis
35:36de toujours
35:37oui bien sûr
35:39donc du coup
35:39j'ai dit
35:41non moi
35:41je vais raconter
35:43ce que j'ai vécu
35:45rien de plus
35:46rien de moins
35:47juste la vérité
35:48ce que j'ai vu
35:49entendu
35:49et constaté
35:52je crois qu'il y a
35:52plus d'une centaine
35:53de livres sur Johnny
35:54et effectivement
35:55je crois que le vôtre
35:56avec un autre
35:57qu'il avait fait lui-même
35:58est le plus proche
35:59de la vérité
36:00au moins la mienne
36:02exactement
36:02alors il se trouve aussi
36:04que les amis
36:04vos amis
36:05il y en avait beaucoup
36:06des vrais amis
36:06vous dites qu'il y en a eu
36:07trois dans sa vie
36:10toujours pareil
36:11de la période
36:12que j'ai vécu
36:13oui
36:14voilà
36:15oui moi effectivement
36:17j'ai pu constater
36:18une vraie
36:19vraie
36:19amitié
36:20avec Eddie Mitchell
36:21voilà
36:22très très proche
36:22Jean Reynaud
36:23très proche
36:24voilà
36:25je pense que vraiment
36:26c'était quelqu'un
36:27qu'il aimait profondément
36:29Claude Bouillon
36:29qui est décédé récemment
36:31voilà
36:31qui était son ami
36:32avec lequel il avait créé
36:33le restaurant
36:34le rue Balzac
36:36et voilà
36:37c'était des gens
36:38qui étaient là
36:39qui ne demandaient rien
36:42mais à tel point
36:42que le Balzac
36:43qui a été un restaurant
36:44mythique
36:46pour Johnny
36:47et pour ceux
36:47qui l'aimaient
36:48en fait
36:49c'est un restaurant
36:49qui a gagné de l'argent
36:50c'est très rare
36:51chez les stars
36:52et ça s'est très bien passé
36:53c'était vu
36:54son quartier général
36:54oui
36:55ah oui
36:56c'est là qu'il faisait
36:57ses rendez-vous
36:58ses déjeuners professionnels
37:00c'est là qu'il faisait
37:02des fêtes
37:02pour remercier
37:04un fin de tournage
37:06de clips
37:07publicitaires
37:08où au retour du Dakar
37:10il a organisé une fête
37:11pour toute l'équipe
37:12du team de soude
37:14voilà
37:14c'était son truc
37:15voilà
37:16le Dakar
37:17moi à l'époque
37:18j'étais
37:19je suis toujours au Figaro
37:20et on m'avait dit
37:21mais Johnny est très mal
37:22sur le Dakar
37:23parce que Laetitia s'en va
37:24et en lisant votre livre
37:25j'ai compris
37:26qu'il y avait quand même
37:27eu de l'eau dans le gaz
37:28il y avait eu
37:29un petit souci
37:30il avait eu une aventure
37:31quoi
37:33il semblerait que
37:34oui oui oui
37:36voilà
37:36et surtout
37:37c'est que Laetitia
37:38l'a appris
37:38voilà
37:38donc pendant le Dakar
37:40alors qu'il devait conduire
37:41être copilote de René Medge
37:43il a passé son temps
37:44à envoyer des SMS
37:45non non non
37:45il a conduit
37:46il a conduit tout le temps
37:48mais dès qu'il pouvait
37:49voilà
37:49il essayait de récupérer
37:51un peu l'affaire
37:51ça a été un peu compliqué
37:53et là
37:53monsieur Camus
37:55a joué
37:56une part importante
37:57je crois
37:57pour recoller
37:58tous ces petits morceaux
37:59et puis
38:00et ça s'est très bien arrangé
38:01par la suite
38:02et puis voilà
38:02moi j'ai toujours été persuadé
38:04que Johnny
38:05ne pouvait pas vivre seul
38:06il fallait une femme
38:07et Laetitia a été celle
38:08qui l'a conduit jusqu'au bout
38:11oui
38:12parce qu'elle lui a apporté
38:13je pense
38:13ce qui
38:15lui citoyen
38:16il voulait
38:18s'occuper de
38:19lui voulait chanter
38:21faire son métier
38:23et après
38:23s'occuper de rien
38:24et pas avoir d'histoire
38:25mais surtout
38:26il était très modeste
38:27sur sa carrière
38:27alors qu'il a fait
38:28une carrière exceptionnelle
38:29oui
38:29ah oui il était très humble
38:31c'est à dire
38:32je sais pas
38:33quand et jamais
38:33je l'ai entendu dire
38:34je suis le meilleur chanteur
38:35non
38:36mais non ça
38:36je pense que c'était pas possible
38:38bon non jamais
38:39il aurait dit ça
38:39non non
38:40il avait une seule fierté
38:42c'était l'immobilier de Johnny
38:43oui
38:45il aimait bien acheter des maisons
38:46et dire qu'il faisait toujours
38:47de bonnes opérations
38:48est-ce qu'il en a toujours fait des bonnes
38:49je sais pas
38:49mais il aimait bien le dire
38:50voilà
38:51et ça ça l'amusait beaucoup
38:52oui
38:53mais même
38:54à tel point que des fois
38:55on passait dans des villages
38:56un peu
38:57voilà sur les tournées
38:58où c'était pas formidable
39:00il voyait un panneau à vendre
39:01il dit
39:01ah
39:01on pourrait acheter
39:02on saurait bien
39:03si on s'est allé ici
39:06c'était son truc
39:06mais c'était un point commun
39:08avec Charles Trenet
39:09qui lui passait partout
39:10il disait
39:10je vais acheter
39:11et puis il achetait pas
39:11et d'ailleurs
39:12Johnny a commencé
39:13à faire du sport
39:14un jour
39:14il est allé voir
39:15Charles Trenet
39:16à Aix-en-Provence
39:16qui faisait des haltères
39:17et c'est Charles Trenet
39:19qui a initié Johnny
39:19aux haltères
39:20dans les années 60
39:21ah ouais
39:21il a gardé ça
39:22pendant très très très longtemps
39:24voilà
39:24alors il y avait
39:25il y a eu aussi quand même
39:26l'amnésia
39:27là ça a pas été terrible
39:28en revanche
39:29la discothèque de Montparnasse
39:31où il venait de temps en temps
39:32et qui a fini
39:33assez mal
39:35alors
39:36oui effectivement
39:38on finit tard
39:39dans une discothèque
39:40on boit quelque fois
39:42un petit peu plus
39:43et donc effectivement
39:43il y a eu des soirées
39:44un petit peu plus compliquées
39:46voilà
39:46mais c'était pas
39:47l'amnésia
39:48c'était pas trop ça
39:49mon souci
39:49en fait
39:50c'était surtout
39:51et c'était principalement
39:53les dimages
39:54en fin d'après-midi
39:55quand on y allait
39:55où
39:57ça s'appelait
39:57les petits dansegays
39:59et
40:01et là
40:01où en fait
40:02il n'y avait
40:03pas de carré VIP
40:05c'était
40:05tout le monde
40:06fait la fête
40:07partout
40:08et là
40:09je me retrouvais
40:10avec quand même
40:10la boîte de nuit
40:12était remplie
40:13elle marchait
40:13elle marchait quand même
40:14bien
40:15et là
40:15c'était compliqué
40:16voilà
40:16et c'est vrai
40:18que de temps en temps
40:18il m'est arrivé
40:19que mes nerfs
40:20montent un peu
40:21j'imagine
40:22parce qu'il fallait sortir
40:23Johnny de tout ça
40:23et surtout
40:24éviter que tout le monde
40:25essaye de l'approcher
40:26il balançait des paillettes
40:27enfin bon
40:28il y a X trucs
40:31il y avait une chose
40:32très forte chez Johnny
40:33je l'ai toujours constaté
40:34je ne suis pas le seul
40:34c'est son instinct
40:35il ne s'est trompé
40:36qu'une fois
40:37quand il a pensé
40:38que cette chanson
40:38serait un échec
40:46et c'est vrai
40:49que cette chanson
40:49a été un énorme succès
40:50à sa grande surprise
40:52très clairement
40:53je crois qu'au début
40:54il n'y croyait pas
40:55je pense même
40:56qu'il n'était vraiment
40:57pas partant pour la faire
40:58ou pas la mettre en avant
41:00au moins
41:01elle a été mise en avant
41:02par la maison de disques
41:04et ça a été juste incroyable
41:06incroyable
41:07je me rappelle
41:08j'ai un souvenir
41:09un jour
41:09on sort de la plaine
41:10de Saint-Denis
41:10de studio
41:12et on voit
41:12deux petits adolescents
41:14qui passent devant la voiture
41:16on voyait par le pare-brise
41:17ils reconnaissent
41:18et ils se mettent
41:19à chanter
41:20le refrain
41:20j'ai dit
41:21c'est incroyable
41:23ça a été gigantesque
41:25mais effectivement
41:25au début
41:26ça a été un peu tendu
41:27je crois que c'est Gérald de Palmas
41:28qui avait amené cette chanson
41:29et qui a fait un très beau cadeau
41:31à Johnny
41:32pour votre cadeau
41:33je crois qu'il refusait les cadeaux
41:34et vous en avez été le témoin
41:35notamment avec des montres
41:36Patrick Roussel
41:38oui
41:40il y a une montre
41:42qu'on lui a offerte
41:43c'est une montre
41:43pourtant
41:44d'un grand horloger
41:46un grand horloger suisse
41:47qui avait une très belle valeur
41:52la personne qui lui a offerte
41:53une loge
41:53à Genève
41:55il n'était pas sorti
41:56de la loge
41:57la porte était en train
41:57de se claquer
41:58derrière ce monsieur
41:59il me l'avait déjà offerte
42:00il m'a dit
42:02tenez Patrick
42:02moi ton voyage
42:03je ne la mettrai pas
42:04et il m'a donné une montre
42:07de très bonne valeur
42:08et il y en a eu une autre
42:10d'ailleurs qui a fini
42:10sur son bureau
42:11oui alors celle-là
42:12par contre
42:13c'est effectivement
42:13on avait fait faire
42:14un grand horloger suisse
42:16également
42:16on avait fait faire
42:17une montre
42:19et là
42:20j'avais travaillé
42:21en collaboration
42:22avec Laetitia
42:23pour avoir des idées
42:23parce qu'elle était vraiment
42:25personnalisée à fond
42:26la montre
42:28donc c'était là
42:29on était sur des très gros montants
42:31en termes d'horlogerie
42:32et la montre
42:33je pense qu'il ne l'a jamais portée
42:35c'est fou ça
42:38elle était dans un
42:39parce que rien que déjà
42:41le support de la montre
42:44automatique
42:44pour que la montre
42:45ne s'arrête jamais
42:47déjà rien que ça
42:48c'était déjà un objet
42:48je dirais
42:51et la dernière fois
42:52que j'ai vu la montre
42:54dans le bureau
42:54elle était
42:54sur le bureau
42:56sur la table basse
42:57dans ce coffret
42:58et dans ce livre
43:00Patrick Roussel
43:00vous racontez aussi
43:01que Laetitia
43:03après justement
43:05son coma artificiel
43:06a vraiment repris
43:08la direction des opérations
43:11alors
43:12j'ai constaté
43:12que ça s'était fait
43:14progressivement
43:15effectivement
43:15et après
43:16il y a eu
43:17effectivement
43:18un petit peu
43:19plus d'emprise
43:20voilà
43:22emprise
43:22je ne sais pas
43:22si c'est bien le mot
43:23non je ne dirais pas
43:24mais elle a eu
43:24elle a pris
43:26un peu plus de décisions
43:27qu'elle ne prenait avant
43:28mais pas toujours
43:29les bonnes décisions
43:30je crois qu'il y a un disque
43:30qui n'a pas marché
43:32parce que la maison de disque
43:33ne voulait pas le sortir
43:34elle a insisté
43:36l'idée
43:36l'idée du réalisateur
43:39de cet album
43:39est venue d'elle
43:40effectivement
43:41la maison de disque
43:42était opposée
43:43le disque s'est fait
43:44quand même
43:45ça n'a pas été
43:46un grand succès
43:47commercial
43:47certes
43:48mais
43:49je pense qu'à ce moment là
43:50dans tous les cas
43:51le plus important
43:52était que
43:52lui
43:54rechante
43:55il ait à nouveau
43:56confiance en sa voix
43:57et qu'il ait
43:58ses possibilités
43:59de chanteur
44:00oui parce que finalement
44:01après cet accident
44:02ce coma artificiel
44:04johnny a hésité
44:05à remonter sur scène
44:06il avait peur en fait
44:08il avait peur
44:08de ne pas avoir
44:10ses capacités vocales
44:12ou quoi que ce soit
44:13et la première fois
44:14après où il a réellement
44:15chanté
44:16ça je ne le mets pas
44:16dans le livre
44:17mais il avait été organisé
44:20à notre retour
44:21de los angeles
44:21après
44:23un mini showcase
44:25sur une péniche
44:26voilà
44:27pour une centaine
44:29d'invités
44:29et là
44:32il avait rechanté
44:33en live
44:34pour la première fois
44:35là
44:35en fait
44:36devant des gens
44:38et voilà
44:39avec un petit orchestre
44:41sa voix était
44:42demeurée intacte
44:42il avait retrouvé
44:43car il ne répétait pas
44:45il ne prenait pas
44:45de cours de chant
44:46Johnny
44:46ah moi je ne l'ai jamais vu
44:47voilà
44:48non
44:48non non
44:50il faisait de temps en temps
44:51quelques vocalises
44:52trois vocalises
44:53et puis
44:53trois gitanes
44:54et puis c'était réglé
44:56c'était les gitanes
44:57qui étaient
44:58la meilleure chose
44:58pour faire un tabac
44:59ensuite sur scène
45:00oui c'est ça
45:00un tabac c'est lequel de dire
45:01alors il y a aussi
45:02une chose très importante
45:03puisque vous remettez
45:04les pendules à l'heure
45:04on l'a accusé de viol
45:06il y a eu un procès
45:07alors c'est dans ces cas là
45:08l'information est toujours importante
45:10quand il y a l'accusation
45:11mais quand c'est l'autre
45:12qui est condamné
45:13celle qu'il avait accusé
45:14ça on n'en parle pas
45:15et là vous remettez
45:16les pendules à l'heure aussi
45:19oui honnêtement
45:20je l'ai côtoyé
45:21donc pendant deux ou trois années
45:24jamais
45:26jamais il n'aurait pu faire ça
45:27mais à quel moment
45:29c'est inconcevable
45:31inconcevable
45:31et oui ça a été
45:33ça c'est
45:34comme c'est du domaine judiciaire
45:35je préfère quand même
45:35ne pas trop trop
45:36m'égarer là dessus
45:37quand même
45:38mais non non
45:39moi le connaissance
45:40c'était inconcevable
45:40qu'il fasse quelque chose
45:41comme ça
45:41vous avez dit
45:42qu'il ne savait pas
45:43draguer Johnny
45:44oui
45:45non mais parce que
45:46non
45:47dans tous les cas
45:48je n'ai jamais vu
45:49vraiment faire
45:49parce que de toute manière
45:50moi toute la période
45:51où je l'ai connu
45:51il était quand même marié
45:52déjà
45:54et puis il était timide
45:55donc un timide
45:56ne sait pas faire ça
45:58il pouvait être charmeur
45:59et puis dans tous les cas
46:00même s'il avait voulu
46:02changer de femme
46:03il n'aurait pas eu de soucis
46:05et toute sa jeunesse
46:06je pense qu'il n'a jamais eu besoin
46:08il avait des groupies
46:10sans arrêt
46:10donc non
46:12un timide
46:13ne sait pas faire ça
46:13avec le recul
46:15Patrick Roussel
46:15quand vous évoquez
46:16ces 16 années
46:17quand vous pensez
46:18à ces 16 années
46:19avec Johnny
46:19qu'est-ce que vous ressentez ?
46:22une fierté ?
46:23c'est un personnage unique
46:24pardon ?
46:25c'est un personnage unique
46:26un homme unique
46:27ah oui
46:27oui oui
46:30unique avec une santé
46:33unique
46:34une faculté de récupération
46:36hors normes
46:37une voix également
46:38et un talent hors normes
46:40voilà
46:40alors aujourd'hui
46:41il aurait eu 80 ans
46:42est-ce que dans 80 ans
46:44on parlera encore de Johnny ?
46:46pourquoi pas ?
46:47c'est très normal
46:48non ?
46:48parce que c'est un exemple unique
46:50dans l'histoire de la chanson
46:51en France
46:51à moins qu'il y ait un nouveau
46:53qui prenne la place
46:54et pour les 100
46:55il est le seul
46:55il est le seul
46:56et je pense qu'il restera le seul
46:58en tout cas
46:58merci d'avoir écrit ce livre
47:00qui s'intitule
47:01tout le monde
47:01l'appelait Johnny
47:02chez Marueil Édition
47:03parce qu'on apprend vraiment
47:05des vérités sur le Johnny
47:06qu'on aime
47:06et que nous sommes
47:07quelques-uns
47:08avoir eu le privilège
47:09de connaître
47:09merci Patrick Roussel
47:10de l'avoir écrit
47:10merci à vous
47:11les clés d'une vie
47:12c'est terminé pour aujourd'hui
47:13on se retrouve bientôt
47:14restez fidèles
47:15à l'écoute de Sud Radio