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L’invité du 7h50 de Benjamin Duhamel est Raphaël Glucksmann, député européen Place Publique, au lendemain du second tour des élections municipales. Il se félicite que les électeurs ont "tranché pour la clarté" lors de ces élections municipales. Plus d'info :
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-lundi-23-mars-2026-3109268

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00:007h49 sur France Inter, Benjamin Duhamel, votre invité est eurodéputé et coprésident de Place Publique.
00:07Bonjour Raphaël Glucksmann.
00:08Bonjour.
00:08Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter pour votre première réaction au lendemain de ce second tour
00:13des municipales.
00:14Paris, Lyon, Marseille qui reste à gauche, la droite qui conquiert des bastions socialistes historiques,
00:18le Rassemblement National qui s'enracine.
00:21Quelles leçons est-ce que vous tirez de ces résultats de ce second tour des municipales ?
00:26Vous savez, dans la démocratie, ce sont les électeurs qui sont les seuls maîtres.
00:31Et les électeurs ont tranché.
00:33Ils ont tranché pour la clarté.
00:35Pour la clarté, lorsque la droite refuse l'alliance avec l'extrême droite.
00:39Et pour la clarté, lorsque la gauche républicaine tient ferme sur ses appuis.
00:44Vous savez, la gauche républicaine qui refuse l'alliance avec les filles, elle gagne.
00:48Elle gagne à Paris, elle gagne à Marseille, elle gagne à Lille, elle gagne à Montpellier, elle gagne à Rennes,
00:53elle gagne à Saint-Étienne.
00:54Et c'est une leçon immense pour l'avenir.
00:58La tambouille, ça ne fonctionne pas.
01:01Vous savez, vous ne pouvez pas dire Jean-Luc Mélenchon bafoue les principes républicains et tient des propos antisémites.
01:09Et 15 jours plus tard, vous alliez avec lui.
01:11Ça ne marche pas.
01:12Les électeurs n'en veulent pas.
01:14Donc là, Raphaël Guzman, vous faites référence aux positions prises par Olivier Faure et le Parti Socialiste.
01:18Vous voyez dans ces résultats, notamment ce qui s'est passé à Toulouse, à Limoges, un désaveu de la stratégie
01:24du Parti Socialiste et de ses alliances entre l'EPS et la France.
01:27Ce que je vois, c'est qu'en fait, la seule manière de gagner, c'est la clarté.
01:32Et que lorsque je parle de clarté, je ne parle pas simplement d'éthique ou de morale.
01:36Moi, j'ai entendu les critiques qui disaient « oui, c'est un moraliste, son intransigeance va nous conduire dans
01:42le monde ».
01:42Mais attendez, la clarté, c'est une stratégie politique autant qu'une affaire de morale.
01:47Et quand vous êtes clair, eh bien vous gagnez.
01:50Quand Emmanuel Grégoire est clair, il remporte une fantastique victoire.
01:53Quand Benoît Payan est clair, alors qu'il a face à lui le Rassemblement National, eh bien il fait céder
01:59ses adversaires.
02:00Il y a aussi, Raphaël Guzman, des villes où ça a marché.
02:03À Lyon, le rassemblement derrière Grégory Doucet, ça a fonctionné.
02:06À Nantes, la numéro 2 du Parti Socialiste, Johanna Roland, qui s'allie avec la France Insoumise.
02:09Là, ça n'a pas empêché leur victoire à tous les deux.
02:12Vous vous rendez compte ?
02:13En fait, on a une situation où on a un message complètement illisible.
02:19Moi, ce que je vous dis, et j'en suis convaincu,
02:22c'est que le seul chemin pour que la gauche gouverne à nouveau ce pays,
02:26et c'est ça le but, pour que la gauche soit la digue,
02:29la gauche républicaine soit la digue face au Rassemblement National
02:32qui s'enracine partout dans le pays, dans toutes les villes moyennes,
02:35eh bien c'est la clarté.
02:37C'est la clarté.
02:38C'est la fin du flou artistique.
02:40C'est la fin de l'ambiguïté cultivée comme stratégie.
02:43Et que, finalement, quand vous prenez une décision,
02:45quand vous tranchez, eh bien oui, vous prenez toujours un risque,
02:47mais que c'est la seule manière d'être digne à nouveau de gouverner la France.
02:52Mais ce qui est singulier, Raphaël Glussmann,
02:53c'est que quand on entendait les réactions des socialistes hier soir,
02:56il disait à peu près ce que vous dites ce matin,
02:59Pierre Jouvet, effectivement, qui dit
03:00« Maintenant, la France Insoumise fait perdre ».
03:01C'est vrai qu'il faut rappeler que ce sont ces mêmes socialistes
03:04qui plaidaient en faveur des alliances locales pendant cet entre-deux-tours.
03:06Est-ce que vous comprenez encore quelque chose à la ligne du Parti Socialiste ?
03:11Ce que je comprends, c'est qu'en fait,
03:13les urnes viennent de nous donner une leçon.
03:18Et que ce n'est pas la première fois.
03:20Aux Européennes, nous avons fait 14% sur une ligne extrêmement claire,
03:25alors que la social-démocratie française n'avait pas fait plus de 6%
03:28depuis plus de 10 ans à une élection nationale.
03:31Eh bien, c'est la même chose qui s'est produite hier.
03:33Et moi, ce que je veux, c'est que nous construisions sur cette base.
03:36C'est ce que je répète.
03:37Ça, Raphaël Guzman, l'éloge de la clarté, je crois qu'on a compris,
03:40sur le Parti Socialiste et la ligne prise par Olivier Faure.
03:43Est-ce que vous la comprenez ou est-ce que vous considérez ce matin
03:46qu'il n'est plus légitime pour diriger le Parti Socialiste,
03:49compte tenu de ces têtes à queue stratégiques ?
03:51Ce que je veux, moi, c'est rassembler les gens sur une ligne claire.
03:54Je peux vous le répéter 50 fois parce qu'en fait, apparemment,
03:56les appareils politiques ont du mal à le comprendre.
03:59Et ils pensent que c'est déconnecté.
04:01J'entends leur mot, c'est déconnecté.
04:02Non, ce n'est pas déconnecté.
04:04C'est complètement connecté aux attentes des Françaises et des Français.
04:07Oui, Marine Tourdelier a dit par exemple,
04:09Raphaël Guzman, François Hollande,
04:10ils seront contents d'être à la tête de cimetières de ville
04:13où la gauche est défaite.
04:15Mais ce que l'on veut, c'est l'inverse du cimetière.
04:17Et je veux dire, le procès en déconnexion venant d'appareils politiques
04:20qui se plantent à chaque élection,
04:23il ne vaut rien.
04:25Parce qu'être connecté,
04:27c'est répondre aux attentes des électrices et des électeurs.
04:31Être connecté, c'est répondre à ces électrices et électeurs de gauche
04:35qui, par exemple, sur le marché de Lavore, dans le Tarn,
04:37viennent me voir pour me dire,
04:38mais cette fois-ci, vous ne refaites pas toujours le même coup de la tambouille.
04:43Vous êtes clair, vous êtes digne, vous êtes ferme sur vos appuis.
04:45Et à ce moment-là, alors oui, nous viendrons
04:48et nous pourrons créer une dynamique dans le pays
04:49et nous pourrons empêcher la bascule de la France au Rassemblement National.
04:53La clarté, ça veut dire les gauches irréconciliables ?
04:55Mais ça veut dire qu'en fait, quand vous jouez sur les non-juifs,
05:00quand vous bafouez les principes républicains,
05:02vous n'êtes pas la gauche, ce n'est pas notre famille,
05:04ce n'est pas notre histoire, ce n'est pas notre tradition.
05:05Donc ça veut dire des gauches irréconciliables ?
05:07Mais pour moi, ils ne sont pas de gauche.
05:09Enfin, je veux dire, qu'est-ce que c'est que la gauche ?
05:11Si la gauche, c'est la lutte pour l'émancipation,
05:13si la gauche, c'est la République, si la gauche, c'est la fin de l'assignation
05:16à résidence identitaire, si la gauche, c'est le progrès,
05:19si la gauche, c'est d'assumer la construction européenne jusqu'au bout,
05:22nous sommes la gauche, nous sommes la gauche qui peut gagner,
05:24nous sommes la gauche républicaine, nous sommes la gauche...
05:25Pourquoi Jean-Luc Mélenchon, la France en famille, ce n'est pas la gauche ?
05:27Ce n'est pas notre histoire, ce n'est pas notre famille.
05:29Ils ont quitté les rives de cela.
05:31Ils ont quitté les rives de cela et il faut le dire une fois pour toutes.
05:34Ce n'est pas quelque chose qu'on peut effacer
05:37d'un coup d'éponge dans une salle obscure
05:39pour faire des négociations électorales.
05:41Donc en fait, la seule manière,
05:43la seule manière, c'est de renouer avec notre histoire,
05:45c'est de montrer qu'en fait, on peut être
05:48viscéralement attaché à la justice sociale,
05:49aux services publics et fondamentalement
05:52attaché au principe de la démocratie libérale
05:53qu'on peut voter en étant à la fois
05:55complètement écolo, complètement
05:58favorable à la transformation écologique
05:59et farouche partisan de l'Europe
06:01qu'on n'a pas besoin de se scinder intérieurement
06:03à chaque élection.
06:04Vous pouvez dire si vous voulez que Jean-Luc Mélenchon
06:05et la France insoumise, ce n'est pas la gauche,
06:06simplement, on voit aussi des victoires
06:08du côté de la France insoumise,
06:09en plus de Saint-Denis au premier tour
06:11à la Courneuve, à Roubaix, à Vaud-en-Velin,
06:12à Creil, à Vénitieux.
06:14Ça aussi, c'est un mouvement en faveur de la gauche,
06:17de villes qui, par ailleurs,
06:18ont un électorat populaire.
06:20C'est ce que Jean-Luc Mélenchon appelle
06:21la nouvelle France.
06:22Mais il n'y a pas de...
06:23C'est pas la gauche, ça ?
06:24Il n'y a pas de nouvelle France.
06:26Il n'y a pas d'ancienne France.
06:27Il n'y a que la France.
06:30Et vous savez, il faut s'adresser
06:32à tous les Français,
06:34en tant que citoyens français.
06:36Et moi, je ne me résous pas
06:37à ce que les quartiers populaires
06:39des métropoles soient désormais
06:43simplement captés par la France insoumise.
06:45D'ailleurs, tout comme je ne me résous pas
06:47à ce que les villes moyennes françaises
06:50soient aujourd'hui captées
06:51par le Rassemblement National,
06:52il va falloir qu'on aille partout,
06:54dans tous les quartiers français,
06:55qu'on reprenne le métier à tisser
06:57de la République française,
06:58qu'on lance une politique forte
07:01sur l'école, sur l'intégration,
07:03sur la justice sociale,
07:04pour que l'ensemble des Françaises
07:05et des Français trouvent leur place
07:07dans le projet de redressement
07:08et le contrat patriotique
07:09qu'on va leur proposer.
07:10Mais moi, ce que je vais vous dire,
07:11c'est qu'en fait,
07:12la bataille de la France a commencé.
07:15On a désormais un an.
07:17Un an.
07:17Pour que la gauche républicaine
07:19soit la digue face au Rassemblement National.
07:21Un an.
07:22On proposait un nouveau contrat patriotique
07:24à la France.
07:24Un an pour reprendre le drapeau tricolore
07:26des mains du Rassemblement National.
07:28Et un an pour reprendre le drapeau
07:29de la justice sociale
07:30des mains de ceux qui la vilissent.
07:32Un an avant l'élection présidentielle,
07:34il y a un sondage paru hier soir à Aris
07:36qui vous donne, en vue de 2027,
07:38à 14% devant Jean-Luc Mélenchon
07:40qui est à 11%.
07:41Je pense que ça frappera les auditeurs ce matin.
07:43Vous parlez comme un candidat
07:44à l'élection présidentielle.
07:45Qu'est-ce qui pourrait encore vous empêcher
07:46de concourir à cette élection ?
07:49Là, le moment maintenant,
07:50c'est de se rassembler autour d'un projet,
07:52autour d'un cap clair,
07:54autour d'une stratégie
07:56qui ne soit pas une tambouille
07:57et de montrer qu'il y a un chemin.
07:59Moi, ce que je veux dire d'abord
08:00à tous les auditeurs qui nous écoutent,
08:03c'est qu'il n'y a aucune raison de renoncer.
08:07Qu'est-ce qui pourrait vous empêcher
08:08d'être candidat à l'élection présidentielle, Raphaël Gluck ?
08:11Il n'y a aucune raison de se résigner à la bascule.
08:13Pourquoi ? Parce que oui,
08:14le Rassemblement National est en train de progresser.
08:16Mais il y a quand même encore
08:18un sursaut possible.
08:20Vous l'avez vu à Lens,
08:21vous l'avez vu à Toulon,
08:23vous l'avez vu à Nîmes.
08:24Ne répondez pas à ma question.
08:24Qu'est-ce qui pourrait vous empêcher
08:25d'être candidat à l'élection présidentielle ?
08:27Mais simplement,
08:27de ne pas être la personne
08:28qui va pouvoir gagner.
08:31Moi, je vous le dis aujourd'hui.
08:33Pourquoi je suis en tête ?
08:34Parce que j'incarne cette clarté.
08:37Parce que j'incarne cette ligne.
08:38Et donc, je veux la construire, cette ligne.
08:40En rassemblant tous ceux qui la partagent.
08:42Mais maintenant, moi,
08:42je vais vous dire une chose.
08:44Personne ne doit penser
08:45que 2027, c'est une élection
08:46comme les autres.
08:48Il va falloir y aller
08:49pour gagner.
08:50Nous n'avons pas le droit de perdre.
08:52Merci.
08:52Parce qu'en face de nous,
08:53ce sera la bascule de la France
08:55dans le trumpisme
08:55et dans le poutinisme.
08:56Et donc, ce n'est pas une affaire d'égo.
08:58C'est une affaire de ligne politique.
09:00Merci, Raphaël Glucksmann,
09:01d'avoir réservé à France Inter
09:02votre première réaction
09:04sur les municipales.
09:04Et à tout à l'heure.
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