00:00Une longue allée arborée, voilà ce qu'il me reste de l'enfance.
00:05Droite, légèrement vallonnée, étrange colonne vertébrale du souvenir,
00:10pas la moindre calèche à l'horizon, que cherche à me dire cette mémoire trompeuse.
00:17Les arbres étaient mes compagnons de jeu,
00:20la propriété de grand-père n'ouvrait ses grilles qu'aux privilégiés.
00:25Combien de fois ai-je joué à Tarzan, sauvant sa Jane,
00:30un temps où les rôles ne se discutaient pas, garçons virils, filles fragiles,
00:36l'éternité semblait allée de soi, la vie en a décidé autrement.
00:41Les héroïnes aujourd'hui portent cap et épée, elles démontent le moteur de leur bagnole.
00:48Pourtant, dans ma mémoire, cette allée au grand feuillu reste mon théâtre d'homme tout puissant.
00:55Existe-t-elle encore ?
00:56La gentille homière veille-t-elle toujours au bout du chemin ?
01:01Qui en est le maître ou la maîtresse ?
01:05Les mœurs changent, les êtres moins qu'on ne le croit.
01:09Pauline, la fille du jardinier, que devient-elle ?
01:13Ne me dit de rien.
01:14Je la préfère percher sur son arbre, ma Jane éternelle.
01:20Les grands feuillus existent toujours, j'en suis sûr.
01:23Ils sont les témoins d'un temps révolu.
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