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  • 14 hours ago
Il y a des milliards d'années, une migration chaotique et violente de Jupiter a littéralement agi comme une boule de démolition cosmique, détruisant toute une première génération de super-Terres massives et rocheuses qui orbitaient autrefois autour de notre Soleil. Notre dernier documentaire en astrophysique explore l'hypothèse terrifiante du Grand Tack, détaillant comment le jeune système solaire était en réalité un cimetière planétaire surpeuplé rempli des débris fracassés de ces anciens mondes condamnés. Nous plongeons dans les mécaniques orbitales époustouflantes derrière la manière dont ce balayage gravitationnel apocalyptique a nettoyé le système solaire interne, ouvrant accidentellement la voie à la formation de notre propre petite planète habitable. Cliquez pour regarder maintenant et découvrez la vérité incroyable derrière les planètes fantomatiques et mortes qui se sont sacrifiées pour que nous puissions exister ! Animation créée par Sympa.
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00:00Stupéfiant. Les astronomes ont mis en évidence que le système solaire se déplace bien plus rapidement qu'il ne devrait.
00:06Un tachymètre cosmique éprouvé indique une allure normale, tandis qu'un nouvel outil suggère au contraire que nous traversons l
00:13'espace à une vitesse qui ne devrait pas être compatible avec les lois connues de la physique.
00:18Il semblerait donc que soit une force extérieure nous entraîne, soit qu'une de nos conceptions fondamentales de l'univers
00:25soit erronée.
00:26Sous-titrage Société Radio-Canada
00:56C'est sur ce principe que les astronomes s'appuient pour mesurer la vitesse du système solaire dans l'espace.
01:03A l'échelle cosmique, les astronomes appliquent ce raisonnement en observant le ciel, comme nous percevons le monde lorsque nous
01:10commençons à avancer.
01:11Mais au lieu de flocons ou de courants d'air, ils utilisent des galaxies très lointaines.
01:16Situées à des distances telles qu'elles évoluent à peine sur des milliards d'années, elles servent de repères quasi
01:22immobiles, idéaux pour distinguer ce qui est « devant » de ce qui est « derrière ».
01:28Si l'univers est uniforme aux plus grandes échelles, le nombre de galaxies devrait être comparable dans toutes les directions.
01:35Indépendamment de l'orientation ou de la rotation de la voie lactée, le ciel devrait s'équilibrer.
01:41En revanche, si le système solaire est en mouvement, une région peut paraître plus dense, car nous nous dirigeons vers
01:47elle.
01:47Le principe est identique à celui qui fait sentir davantage la pluie sur l'avant de votre veste lorsque vous
01:53courez.
01:54Les astronomes ont donc élaboré d'immenses cartes du ciel à l'aide de radiotélescopes, particulièrement adaptées à la détection
02:01des galaxies émettant en ondes radio.
02:04Ces ondes traversent la poussière cosmique, ce qui garantit une observation nette.
02:09Ils ont alors dénombré les radiogalaxies dans toutes les directions, afin de déterminer si une région du ciel était réellement
02:15plus dense que les autres.
02:16C'est à ce moment qu'une anomalie est apparue.
02:19La zone vers laquelle nous nous déplaçons se révélait bien plus peuplée que prévue, comme si des galaxies supplémentaires y
02:25avaient été accumulées.
02:26Cela pourrait indiquer soit que notre vitesse dépasse ce qu'autorise le modèle standard, soit que les galaxies ne sont
02:32pas réparties de manière homogène.
02:34Or, notre mouvement est déjà connu grâce à une autre référence.
02:38Le fond diffus cosmologique, reliquat lumineux du Big Bang, qui agit comme un immense tachimètre universel.
02:45Depuis des décennies, il fournit une mesure stable de la vitesse du système solaire, mais ce nouveau résultat ne concorde
02:51absolument pas avec cette valeur.
02:53Un tel excès de densité céleste ne devrait pas exister à cette échelle.
02:57Selon notre meilleur modèle cosmologique, lorsque l'on considère l'univers de suffisamment loin, il devrait apparaître uniforme.
03:05Cette observation déconcerte donc les chercheurs.
03:07Le motif mis en évidence dans la carte des radiogalaxies est nettement plus intense et déséquilibré que prévu.
03:14Et il s'aligne presque parfaitement avec la direction de notre déplacement.
03:18Comme si une force extérieure exerçait une attraction plus puissante que tout ce qui a été intégré jusqu'ici dans
03:23nos modèles.
03:24Les chercheurs ne se sont pas arrêtés à une seule carte pour tirer leur conclusion.
03:28Ils ont confronté ce résultat à plusieurs relevés du ciel réalisés à l'aide de différents radiotélescopes.
03:34Parmi eux figuraient l'OFAR, un vaste réseau d'antennes disséminés à travers l'Europe.
03:39Capables de capter les signaux radio les plus faibles et les plus basses fréquences.
03:43Combinés à deux autres grands relevés radio indépendants.
03:46La démarche revient à photographier une même scène avec trois appareils totalement différents.
03:51Si l'un introduisait une teinte anormale ou une distorsion, les deux autres la révéleraient.
03:56Or, ici, les trois ont mis en évidence la même anomalie.
04:00Le dipôle mesuré apparaît environ 3,7 fois plus intense que ce que prédit le modèle standard de l'univers.
04:07Il ne s'agit donc pas d'un simple problème de calibrage, mais d'un écart du type de ceux
04:12qui font penser que l'instrument de calcul est défaillant.
04:15Pour saisir à quel point cette situation est improbable, imaginez consulter simultanément deux compteurs de vitesse.
04:22Le premier, fiable et éprouvé.
04:25Ici, l'analogue du fond diffus cosmologique indique une allure parfaitement normale.
04:31Le second affirme soudain que vous roulez à plus de trois fois cette vitesse, comme si l'on constatait 320
04:37km à l'heure dans un parking.
04:39Il serait évident qu'il y a un problème.
04:41Ces deux mesures ne peuvent être justes en même temps.
04:44Toute la difficulté est là.
04:46Le fond diffus cosmologique fournit une valeur robuste, confirmée depuis des décennies, tandis que les données issues des radiogalaxies racontent
04:54une toute autre histoire.
04:55Deux mesures censées coïncider livrent des récits incompatibles.
04:59D'où peuvent alors venir ces calculs erronés ?
05:02Une hypothèse est que l'univers n'est peut-être pas aussi lisse et homogène à grande échelle que le
05:07suppose notre modèle.
05:08En principe, en prenant suffisamment de recul, tout devrait finir par se ressembler.
05:13Or ce résultat suggère que l'univers à très grande échelle pourrait être plus irrégulier.
05:19Certaines régions immenses seraient légèrement plus riches en galaxies, tandis que d'autres seraient plus pauvres,
05:25et l'accumulation de ces différences à travers le ciel produirait un dipôle plus marqué que celui prévu par le
05:30modèle standard.
05:31Dans ce cas, l'excès de radiogalaxies ne serait pas une erreur,
05:35mais l'indice que le cosmos ne suit pas le schéma simple que nous lui attribuons.
05:40Une autre possibilité est qu'une structure colossale et relativement proche
05:44exerce une attraction sur l'ensemble de notre région de l'espace.
05:48Il ne s'agit évidemment pas d'un monstre cosmique surgit d'une autre dimension.
05:53L'univers contient déjà d'immenses murs de galaxies,
05:56de longues chaînes de superamas,
05:57de vastes concentrations de matières noires et d'énormes vides
06:01s'étendant sur des centaines de millions d'années-lumière.
06:04Ces structures sont si vastes
06:06qu'elles peuvent influencer le mouvement de régions entières de l'espace.
06:10Il ne s'agit pas d'une impulsion brutale,
06:13mais d'une traction lente et continue,
06:15exercée sur tout ce qui se trouve à proximité durant de très longues périodes.
06:19Si une structure de ce type se trouvait suffisamment proche,
06:23nous ne pourrions pas l'observer directement.
06:24Une vaste portion de l'espace est en effet dissimulée par la poussière
06:28et l'éclat des étoiles de la voie lactée.
06:30Les astronomes désignent cette région sous le nom de zone d'évitement,
06:34car nos télescopes peinent à percer ce bandeau lumineux.
06:37Nous savons déjà qu'elle abrite une concentration de masse considérable,
06:40le grand attracteur, comme on me surnommait au lycée.
06:43Et certains chercheurs estiment qu'un ensemble encore plus massif
06:47pourrait se cacher plus profondément dans la même direction.
06:50Si cette hypothèse est correcte,
06:52alors le motif inhabituel observé dans la distribution des radiogalaxies
06:56ne serait pas une erreur.
06:57Il pourrait constituer le premier indice de l'existence d'une structure gigantesque,
07:02exerçant une influence sur l'ensemble de notre région galactique.
07:05Encore incomplètement cartographiée.
07:08La troisième explication envisageable est plus fondamentale.
07:11Il se pourrait que le modèle décrivant le fonctionnement de l'univers soit imparfait.
07:15Un modèle n'est qu'un ensemble cohérent de règles,
07:18comparable à une recette.
07:20Le modèle actuel rend compte de la matière noire,
07:22de l'énergie sombre,
07:24de la répartition des galaxies
07:25et de l'évolution du cosmos
07:27et suppose un comportement globalement lisse
07:30et prévisible à très grande échelle.
07:33Or, le résultat issu des radiogalaxies
07:35ne s'insère pas dans ce cadre.
07:37Il ressemble à une valeur récalcitrante
07:39qui refuse de s'accorder avec le reste de l'équation,
07:42ce qui impose de le prendre au sérieux.
07:44Cela pourrait indiquer que la matière et l'énergie
07:47se distribuent dans l'espace selon des modalités que le modèle n'intègre pas encore.
07:51La physique n'en serait pas invalidée.
07:54Les règles auraient simplement besoin d'être ajustées.
07:57Que va-t-il donc se passer maintenant ?
07:58Plusieurs programmes d'observation puissants entrent en service.
08:02Bien qu'ils n'ayent pas été conçus spécifiquement pour résoudre la question du dipôle,
08:06ils se révéleront extrêmement précieux pour la tester.
08:08Le Square Kilomètre Array et l'Observatoire Rubin
08:12vont cartographier les galaxies
08:14avec un niveau de détail bien supérieur à celui des relevés actuels.
08:18Grâce à des données plus profondes et plus claires,
08:21ces instruments pourraient permettre de déterminer
08:24si le dipôle marqué est bien réel
08:25ou s'il s'estompe lorsqu'il est examiné avec des outils plus performants.
08:30Aucune de ces missions n'a été pensée exclusivement pour répondre à cet énigme,
08:34mais la prochaine vague d'observation la mettra naturellement à l'épreuve.
08:38Si ce mouvement inhabituel se confirme,
08:41cela signifiera qu'une structure majeure façonne notre région de l'espace.
08:45Autrement, nous aurons appris à quel point il est facile de se laisser abuser
08:49par des motifs apparents dans le ciel.
08:51Dans les deux cas, nous franchirons une étape supplémentaire
08:54vers une compréhension plus fine de l'univers et de ses mystères.
08:59La Terre, figée par le froid et livrée à la solitude,
09:03dérive dans l'immensité du vide.
09:05Jupiter, seul vestige d'un système détruit,
09:09continue de graviter autour du Soleil.
09:11Ce n'est pas le scénario d'un film catastrophe,
09:14mais l'hypothèse sérieuse d'une simulation récente.
09:17Cette fois, la menace ne provient ni d'un Soleil agonisant,
09:21ni d'un gigantesque astéroïde frappant les planètes
09:23à la manière d'une boule de bowling.
09:25Elle s'insinue, discrète, et peut-être déjà à l'œuvre.
09:30Une étude récente s'est penchée sur les effets
09:33qu'un passage stellaire rapproché pourrait engendrer.
09:36Une telle rencontre risquerait de projeter les planètes dans l'espace,
09:40de bouleverser leur trajectoire,
09:42ou d'altérer leur climat.
09:44Mais que sont exactement ces étoiles errantes ?
09:47Et ce scénario est-il réellement envisageable ?
09:50Ces astres de passage sont des étoiles ordinaires,
09:53telles que notre Soleil, en mouvement constant dans la voie lactée.
09:56L'espace étant en perpétuel mouvement,
09:59il arrive qu'elle croise d'autres systèmes.
10:01En général, cela reste sans conséquence.
10:04Toutefois, si l'une d'elles venait à s'approcher de trop près,
10:07son influence gravitationnelle pourrait perturber les planètes les plus éloignées,
10:11comme Neptune,
10:12et engendrer une lente cascade de déséquilibre dans l'ensemble du système.
10:18Ces rapprochements, bien que rares,
10:20intéressent les chercheurs car leurs répercussions,
10:22à l'échelle de millions d'années, peuvent être majeures.
10:25Ils offrent des clés pour comprendre l'évolution des orbites planétaires
10:29et les bouleversements passés de notre propre planète.
10:32Une hypothèse avance qu'il y a 56 millions d'années,
10:35un passage stellaire aurait provoqué un bouleversement climatique majeur,
10:39faisant grimper la température terrestre de près de 8 degrés en quelques centaines de milliers d'années.
10:44Cette élévation aurait profondément remodelé la biosphère.
10:47Certaines espèces se seraient adaptées.
10:50D'autres auraient disparu.
10:52Bien qu'aucune preuve définitive n'atteste d'un tel événement,
10:55les scientifiques s'accordent à penser
10:58qu'un passage similaire, en altérant subtilement l'orbite terrestre,
11:02pourrait à long terme dérégler l'orbite de la planète.
11:06Tel est le passé, mais qu'en est-il de l'avenir ?
11:09Nous savons d'ores et déjà que le système solaire devrait croiser de près une étoile nommée Gliss 710.
11:16D'ici environ 1,3 million d'années,
11:20elle se dirige vers nous et devrait frôler le Soleil à une distance d'environ 1500 milliards de kilomètres.
11:26Elle ne s'approchera pas assez pour perturber les orbites planétaires,
11:29mais pourrait bien éjecter quelques comètes glacées depuis le nuage de Hurt,
11:33tel un enfant distrait lançant une boule de neige sans visée.
11:36L'une d'elles pourrait atteindre sa cible, mais cela reste peu probable.
11:40Dans une étude récente, cependant, les chercheurs ont envisagé un scénario encore plus extrême.
11:46Que se passerait-il si une étoile passait bien plus près, à seulement 15 milliards de kilomètres du Soleil ?
11:52Cela représente une distance 100 fois supérieure à celle qui nous sépare de notre astre.
11:56Pour nous, cela paraît incroyablement lointain,
11:59mais à l'échelle cosmique, c'est presque un contact rapproché.
12:04Ils ont donc effectué des milliers de simulations à long terme,
12:07s'étendant jusqu'à 5 milliards d'années dans l'avenir du système solaire.
12:11Les résultats montrent qu'il n'en faut guère plus.
12:14Une seule rencontre rapprochée suffirait à perturber les planètes les plus éloignées,
12:19comme Neptune, déclenchant une lente réaction en chaîne se propageant vers l'intérieur.
12:23Avec le temps, cette simple poussée gravitationnelle peut entraîner un chaos généralisé,
12:28un véritable effet papillon d'ampleur cosmique.
12:31La bonne nouvelle, c'est que même dans les pires configurations,
12:3695%, les simulations aboutissent à un scénario stable,
12:39où les planètes conservent leur place.
12:42Mais dans les 5% restants, le chaos s'installe.
12:45Parmi les victimes les plus fréquentes figure Mercure.
12:48Dans près de la moitié de ces scénarios instables,
12:50cette petite planète se retrouve engagée sur une trajectoire funeste,
12:55la conduisant droit dans le Soleil.
12:57Plus petite que toutes les autres,
12:58et située au plus près de notre étoile,
13:00Mercure est particulièrement vulnérable aux perturbations gravitationnelles,
13:05qu'elles proviennent des géantes gazeuses,
13:07ou d'une onde de déstabilisation causée par le proche passage d'une étoile.
13:11Lorsque Mercure s'enfonce en spirale vers le Soleil,
13:14on pourrait penser que l'ensemble du système s'effondre.
13:17Pourtant, il arrive que les autres planètes résistent au déséquilibre,
13:21et parviennent à retrouver une forme de stabilité,
13:23comme un orchestre poursuivant son concert malgré la chute d'un violoniste.
13:28Étrangement, l'orbite de Mercure est déjà la plus instable du système solaire,
13:33à la fois très allongée et fortement inclinée.
13:35Et certaines recherches envisagent déjà sa disparition dans le Soleil,
13:39comme une inéluctable issue à long terme.
13:42Vénus semble bénéficier d'un sursis légèrement plus favorable dans ces scénarios chaotiques.
13:46Elle est moins fréquemment expulsée ou engloutie par le Soleil que Mercure,
13:50mais reste loin d'être à l'abri.
13:52Le plus souvent, le désordre survient lorsque Mercure devient instable.
13:57Perturbant l'orbite de Vénus,
13:59et la déviant peu à peu vers une trajectoire de collision avec la Terre, ou Mars.
14:04Même en l'absence d'interférence des étoiles de champ,
14:06certaines simulations à long terme révèlent une infime, mais réelle,
14:10possibilité que Vénus entre un jour en collision avec la Terre,
14:14sous l'effet indirect de l'influence de Jupiter sur Mercure.
14:18Une telle rencontre entre Vénus et notre planète entraînerait leur destruction totale.
14:23Mars pourrait connaître un destin comparable.
14:25Selon les projections, dans environ 0,3% des cas,
14:30elle est soit précipitée hors du système solaire, soit propulsée contre une autre planète.
14:35Sa masse modeste et sa gravité relativement faibles la rendent plus vulnérable aux perturbations.
14:41Fait notable, dans plusieurs de ces scénarios où Mars est perdue,
14:45la Terre parvient néanmoins à conserver sa place.
14:47Jupiter demeure, sans conteste, le colosse du système solaire.
14:52Ornée de ses bandes nuageuses caractéristiques,
14:55elle exerce, grâce à sa masse imposante et à sa forte gravité,
14:59une fonction d'ancrage qui stabilise l'ensemble.
15:02Parmi les 12 000 simulations effectuées,
15:043992 aboutissent à un résultat extrême.
15:07Toutes les planètes sont éjectées, sauf une, Jupiter, seule survivante.
15:12Son influence régulatrice empêche souvent les planètes plus petites de dériver.
15:16Et dans certains cas, elle contribue même à la réorganisation du système après une perturbation.
15:22Saturne, bien que moins imposante, apparaît comme l'allié constante de Jupiter.
15:26Mais, les projections révèlent que lorsqu'elle change soudainement d'orbite,
15:30elle peut engendrer des ondes gravitationnelles, appelées résonances séculaires,
15:35qui se propagent jusque dans le système solaire interne,
15:38altérant ainsi les trajectoires d'astres comme la Terre ou Mars.
15:42Uranus et Neptune sont les plus exposées.
15:44Reléguées aux confins du système solaire,
15:46elles sont les premières à être éjectées dans de nombreuses simulations.
15:50Cette perte déclenche des perturbations gravitationnelles
15:53qui se propagent vers l'intérieur,
15:55troublant les autres planètes sur des millions d'années.
15:58Un simple décalage de 0,1% dans l'orbite de Neptune
16:02suffit à compromettre la cohérence du système.
16:05L'équilibre des forces gravitationnelles serait altéré,
16:08contraignant Jupiter et Saturne à réajuster leur position,
16:11ce qui répercuterait l'instabilité jusque dans les régions internes,
16:15menaçant l'harmonie de l'ensemble.
16:17Cela nous conduit à une question cruciale.
16:19Qu'en est-il de notre propre planète ?
16:21Dans la grande majorité des modèles simulés,
16:23la Terre demeure intacte.
16:25Toutefois, environ 0,2% des scénarios
16:28se concluent par une collision avec Vénus
16:31ou une chute dans le Soleil.
16:32Parmi les 12 000 simulations réalisées,
16:35seules 23 voient où la Terre subsistait seule en orbite.
16:38Mais ce résultat ne tient que si l'on nommait la Lune.
16:41En l'incluant, la prévisibilité du système s'effondre.
16:44Notre satellite pourrait s'écraser sur la Terre,
16:47être capturé par une étoile errante
16:49ou perturber lentement notre trajectoire au fil de millions d'années.
16:52Il convient de rappeler que ce tableau correspond à une hypothèse extrême.
16:56Les probabilités restent infimes, mais elles ne sont pas nulles.
17:00Cela étant posé, envisageons cette éventualité.
17:03Que se passerait-il si la Terre était projetée hors du système solaire ?
17:06Notre planète deviendrait ce que les astrophysiciens nomment une planète errante,
17:11livrée à l'espace interstellaire une fois privée de l'ancrage solaire.
17:14Sa surface gèlerait vite, avec des températures plusieurs centaines de degrés en dessous de zéro.
17:20Mais contre toute attente, la vie ne serait pas totalement éradiquée.
17:23Le noyau terrestre conserverait sa chaleur pendant des milliards d'années,
17:28entretenue par la désintégration radioactive et la chaleur résiduelle de sa formation.
17:33Cette énergie suffirait à maintenir des zones souterraines tempérées,
17:37comme c'est sans doute le cas sur des lunes glacées, telles qu'Europe ou Encelade.
17:41La vie pourrait subsister dans des cavernes profondes ou des océans enfouis.
17:46Ce ne serait plus un monde foisonnant.
17:49Mais il ne serait pas non plus tout à fait désert.
17:52Du moins, pendant un temps.
17:54Un globe froid, silencieux, isolé, vestige d'un monde jadis animé.
17:59Et peut-être, quelque part dans l'immensité, une autre civilisation lèvera les yeux,
18:05distinguera une lueur bleutée dérivant dans le vide.
18:08Et, intriguée, se mettra à simuler ce qui pourrait advenir si cette planète venait à frôler son propre soleil,
18:15disons à seulement 15 milliards de kilomètres, par exemple.
18:20Le système solaire regorge d'objets mystérieux venus de « partout ».
18:25En octobre 2017, des chercheurs d'Hawaï ont découvert un étrange objet qu'ils ont baptisé « Oumuamua »,
18:32signifiant « un visiteur d'une terre lointaine, en hawaïen ».
18:35Ou bien c'est le beuglement d'une très grosse vache.
18:38Il a suivi une orbite d'évasion, échappant littéralement à l'attraction gravitationnelle de sa planète,
18:44comme si l'on lançait une balle dans l'espace sans espoir de retour.
18:48Cela signifie que cet objet insolite provient de l'extérieur de notre système solaire.
18:53Les théories à son sujet étaient nombreuses, d'un simple astéroïde à un vaisseau spatial extraterrestre.
19:00Certains scientifiques ont même envisagé qu'il s'agisse d'un morceau de glace d'azote,
19:05provenant d'une planète similaire à Pluton.
19:07Sa forme inhabituelle n'a fait qu'ajouter au mystère.
19:10Les variations importantes de sa courbe lumineuse laissent-en penser que cet objet pourrait être soit allongé,
19:16comme un tube, soit plat, comme une crêpe.
19:18Cet objet était unique en son genre.
19:21Oumuamua ne se comportait pas comme une comète, ni comme un astéroïde.
19:24Les comètes, composées de glace, développent des queues brillantes en s'approchant du Soleil,
19:30tandis que les astéroïdes, essentiellement faits de roches, n'ont pas de queue.
19:34Oumuamua n'a pas de queue et ne libère pas de gaz, mais il n'est pas non plus une
19:38simple roche.
19:39Sa surface est très brillante, presque comme du métal poli.
19:43Lorsqu'il est passé près du Soleil, sa vitesse a brusquement augmenté,
19:47comme s'il avait été propulsé par une fusée.
19:49Et ce n'est pas la gravité du Soleil qui a causé cette accélération soudaine.
19:53Les scientifiques ignorent ce qu'il a provoqué.
19:56Alors, qu'était réellement cet objet ?
19:59Après des années d'études, les scientifiques estiment désormais qu'Oumuamua est probablement une comète recouverte d'hydrogène gelé.
20:06Cet hydrogène a réagi avec la lumière du Soleil, accélérant la comète et modifiant sa trajectoire.
20:12Oumuamua a probablement accumulé cet hydrogène en étant exposé pendant longtemps à des rayons cosmiques.
20:18Il a aussi acquis une jolie teinte rouge grâce à cette exposition.
20:22Cet objet était un visiteur en provenance d'un jeune système solaire chaotique,
20:26où les collisions et les migrations sont fréquentes.
20:29De tels systèmes propulsent souvent de nombreux petits objets.
20:32Il est possible qu'il ait été éjecté par une planète telle que Jupiter,
20:37dont la gravité est si intense qu'elle peut projeter d'énormes objets à travers l'espace.
20:42Ce phénomène se produit également avec les comètes que nous observons.
20:46Oumuamua a déjà quitté notre système solaire,
20:49bien que des objets similaires nous rendent visite de temps en temps, environ une fois par an.
20:53Pour en apprendre davantage sur ces mystérieux visiteurs,
20:56les astronomes prévoient d'envoyer une sonde à la poursuite d'Oumuamua.
21:00Nous utiliserons les orbites de la Terre et de Jupiter pour l'accélérer suffisamment afin de le rattraper.
21:06Toutefois, certains visiteurs ont séjourné un peu plus longtemps dans notre voisinage.
21:10En octobre 2019, le télescope spatial Hubble a capturé l'image d'une comète bleuâtre entourée de poussière et de
21:17gaz.
21:18À ce moment-là, elle se trouvait déjà dans notre système solaire,
21:21à environ 420 millions de kilomètres de la Terre, quelque part entre Mars et Jupiter.
21:26Nous avons pu observer la poussière lumineuse qui l'entourait, mais son noyau était encore invisible, en raison de sa
21:32petite taille.
21:33Cependant, petit et relatif ici, cette comète mesure environ 1000 mètres de large, soit la longueur de 10 terrains de
21:40football.
21:41En mars 2020, les images d'Hubble ont révélé qu'un petit fragment s'était détaché du noyau,
21:46indiquant que cette comète est très active, contrairement à Oumuamua.
21:50En examinant l'objet de plus près, nous avons découvert que son noyau était un mélange de glace et de
21:55particules de poussière.
21:57Sa surface est également semblable à celle d'autres comètes, avec des zones rugueuses et des couches lisses de débris
22:03glacés et poussiéreux.
22:04Cette comète a été découverte par l'astronome amateur Gennady Vladimirovich Borisov, et a donc été baptisée comète 2I Borisov.
22:13Les scientifiques ont rapidement confirmé qu'elle provenait de l'extérieur de notre système solaire.
22:17Cette comète était comme un touriste enthousiaste.
22:20Elle se déplaçait à une vitesse vertigineuse d'environ 180 000 km d'heure.
22:25Une telle vitesse permettrait de faire le tour de la Terre 4 fois, en une heure.
22:29Mais cette visite était fascinante pour bien d'autres raisons.
22:33La plupart des comètes de notre système solaire proviennent de la ceinture de Kuiper, ou du nuage de Hort.
22:39La ceinture de Kuiper est une région de l'espace au-delà de l'orbite de Neptune,
22:43semblable à un grand anneau lointain autour du Soleil, et rempli de nombreux objets glacés.
22:49Tous sont des vestiges anciens de l'époque où notre système solaire était encore très jeune.
22:54Le nuage de Hort est beaucoup plus éloigné.
22:56Il forme une gigantesque bulle autour du système solaire,
23:00également rempli d'objets glacés très anciens.
23:02La plupart des comètes à longue période proviennent de là.
23:05Mais d'où nous vient la comète 2I Borisov ?
23:09Nous ne le savons toujours pas avec certitude.
23:11Les scientifiques estiment qu'elle pourrait s'être formée dans un autre système stellaire,
23:16lequel pourrait être soit plus jeune, soit plus ancien que le nôtre.
23:19La NASA nous avait habitués à davantage de précision.
23:23Quoi qu'il en soit, il est possible qu'elle ait été expulsée de son système d'origine,
23:27tout comme l'a été Oumuamua.
23:31Bien que la comète 2I Borisov soit trop petite pour conserver sa propre...
23:35Petite pour conserver sa propre...
23:37Développer une chevelure lorsqu'elle s'est rapprochée du Soleil.
23:40Le terme chevelure désigne ce magnifique nuage de gaz lumineux et de poussière
23:45qui entoure le noyau de la comète.
23:47Il se forme lorsque la chaleur du Soleil provoque la vaporisation de la glace qui s'y trouve,
23:52libérant ainsi de la poussière et du gaz dans l'espace.
23:56Cette comète était plus conviviale qu'Oumuamua et nous a permis de l'étudier davantage.
24:00Nous avons ainsi découvert des caractéristiques intéressantes,
24:03comme le fait qu'elle n'avait jamais interagi avec une autre étoile par exemple.
24:07Malheureusement, Borisov a également dû nous fausser compagnie.
24:10Elle se trouve à présent sur une trajectoire qui la renverra dans l'espace interstellaire.
24:15Néanmoins, d'autres visiteurs nous sont en approche.
24:18Et vous avez peut-être entendu parler de celui-ci.
24:22La Grande Comete de 1996
24:24C'est ainsi que nous avons surnommé la comète Hyakutake.
24:28Elle a également été nommée d'après l'astronome Yuji Hyakutake,
24:32qui l'a découverte, par une incroyable coïncidence, à la veille du Nouvel An.
24:36Le 25 mars 1996, cet objet est passé incroyablement près de la Terre.
24:42A peine 0,1 unité astronomique, soit un peu plus loin que la Lune.
24:47Il a survolé le pôle Nord, faisant de cette entrevue l'une des plus rapprochées
24:51avec une comète de ces 200 dernières années.
24:54Visible dans le monde entier, elle était très brillante et s'étendait largement dans le ciel.
24:58Et elle ne s'est pas contentée de rester visible une seule nuit.
25:02Elle est devenue de plus en plus apparente au cours du mois de mars,
25:06se classant parmi les objets les plus brillants du ciel nocturne à la fin du mois.
25:10Elle n'a complètement disparu qu'à la fin du mois de mai.
25:12C'est une comète à longue période, ce qui signifie qu'il lui faut des centaines d'années pour orbiter
25:17autour du Soleil.
25:18La dernière fois qu'elle nous a rendu visite, c'était il y a environ 17 000 ans,
25:23mais sa période orbitale a maintenant augmenté jusqu'à 70 000 ans.
25:27Mais ne vous en faites pas, d'autres comètes illumineront nos jours et nos nuits.
25:31De plus, certains objets spatiaux préfèrent s'attarder plus longtemps.
25:36Vient ensuite cet astéroïde, Kaepaoka-Auela.
25:39Vous m'excuserez si j'en écorche le nom.
25:42En hawaïen, ce dernier signifie l'espiègle de Jupiter.
25:46Heureusement, les scientifiques ont eu la bonté de le surnommer BZ,
25:50pour faciliter la vie de votre sympathique narrateur.
25:53C'est un petit astéroïde, d'environ 2,9 km de diamètre.
25:57Comme son nom l'indique, il partage une orbite avec Jupiter.
26:01Mais voici un détail fascinant.
26:03Cet astéroïde se déplace dans la direction opposée.
26:06Ce qu'on appelle une orbite rétrograde.
26:09Cet astéroïde inhabituel a été découvert en novembre 2014.
26:13Il orbite autour du Soleil pendant environ 11 ans et 8 mois,
26:17passant parfois à l'intérieur et à l'extérieur de l'orbite de Jupiter.
26:21Il en est ainsi depuis au moins 1 million d'années.
26:23Et il continuera encore ainsi pendant un autre million d'années.
26:27Mais pourquoi se déplace-t-il de façon si singulière ?
26:30BZ pourrait bien être un vagabond interstellaire.
26:33Peut-être est-il passé par notre système solaire il y a environ 4 milliards et demi d'années,
26:38à l'époque où le Soleil se formait.
26:40Ensuite, il aurait été capturé par sa gravité, tout en conservant une orbite opposée.
26:46Ou peut-être provient-il du nuage de Hort.
26:48Dans ce cas, il pourrait avoir hérité son orbite étrange de la mystérieuse planète 9.
26:52Un corps hypothétique dont on suspecte l'existence dans notre système solaire, bien au-delà de Neptune.
26:58Quoi qu'il en soit, cet astéroïde nous offre un aperçu précieux de l'histoire du système solaire
27:03et de la manière dont les matières organiques pourraient voyager depuis l'espace interstellaire jusqu'à nous.
27:08A tout moment, des milliers d'objets de notre système solaire proviennent de l'espace lointain.
27:13Ils y restent pendant des durées variables.
27:15Mais parfois, nous avons de la chance.
27:18Et ils nous en apprennent beaucoup sur l'espace qui nous entoure.
27:213, 2, 1, 0.
27:26En 1977, la NASA lança les sondes voyagères afin d'explorer les régions externes du système solaire,
27:33puis l'espace situé au-delà.
27:36À un moment de leur périple, elles rencontrèrent un phénomène pour le moins terrifiant.
27:40Un véritable mur de feu, où les températures atteignaient entre 30 et 50 000 degrés.
27:46Les sondes ont-elles pu résister à de telles conditions ?
27:49Eh eh, vous le découvrirez très bientôt.
27:52Par ailleurs, il existe plusieurs manières de définir la limite du système solaire.
27:56Selon la première, celle-ci correspondrait à l'extrémité des orbites planétaires.
28:00Une autre fait intervenir le nuage de Hort, immense ensemble d'objets glacés situés bien au-delà des planètes,
28:05et constituant la région la plus éloignée du système solaire.
28:08Cette zone se trouve à une distance prodigieuse, peut-être à un quart, voire à la moitié de celle qui
28:13nous sépare de l'étoile la plus proche.
28:15Pour appréhender de telles échelles, les scientifiques recourtent à l'unité astronomique.
28:19Une unité astronomique correspond à la distance séparant la Terre du Soleil, soit environ 150 millions de kilomètres.
28:27A titre de comparaison, Pluton gravite à une distance comprise entre 30 et 50 unités du Soleil.
28:34La limite interne du nuage de Hort serait bien plus lointaine encore, aux alentours de 2000 à 5000 unités,
28:41tandis que sa frontière externe pourrait s'étendre entre 10 000 et 100 000 unités astronomiques.
28:47De telles distances défient l'imagination.
28:49On peut toutefois les exprimer en durée plutôt qu'en kilomètres.
28:52La sonde voyageait, un parcours près d'un million six cent mille kilomètres par jour.
28:57A cette vitesse, il lui faudrait environ 300 ans pour atteindre le nuage de Hort,
29:02et peut-être 30 000 ans pour en rejoindre la bordure extérieure.
29:06Une autre manière de définir la frontière du système solaire repose sur la gravité du Soleil,
29:11c'est-à-dire la zone où son attraction demeure suffisante pour ramener des objets vers lui.
29:16Enfin, cette limite peut également être envisagée à travers l'héliopause,
29:20frontière ultime de l'influence solaire.
29:23Le Soleil émet en permanence un flux de particules chargées, appelé vent solaire,
29:28qui traverse l'ensemble des planètes et s'étend jusqu'à environ trois fois la distance de Pluton.
29:33Ce vent façonne une immense bulle englobant le Soleil et les planètes, connues sous le nom d'héliosphère.
29:40L'héliopause correspond au bord externe de cette bulle,
29:43là où le vent solaire entre en contact avec le vent interstellaire, issu d'autres étoiles.
29:47A cet endroit, les pressions de ces deux vents s'équilibrent,
29:51forçant le vent solaire à se replier et à s'écouler le long de la traîne de l'héliosphère.
29:56En se déplaçant dans l'espace, celle-ci engendre un arc de choc,
30:00comparable à la vague formée à l'avant d'un navire en mouvement.
30:04Ainsi, selon que l'on définisse sa limite par les planètes,
30:07le nuage de Ourthe, la gravité solaire ou l'influence magnétique du Soleil,
30:12le système solaire peut s'étendre sur des distances très différentes.
30:16Toutefois, si l'on s'intéresse aux sondes voyagées,
30:19celles-ci ont bel et bien rencontré un phénomène d'une intensité remarquable,
30:23que l'on pourrait qualifier de « mur de feu »,
30:25une chaleur extrême et des températures fulgurantes.
30:28Les deux sondes sont ainsi devenues les premiers engins spatiaux
30:32à quitter l'héliosphère et à franchir l'héliopause.
30:34Avant que les sondes voyagées n'atteignent l'héliopause,
30:37les scientifiques ignoraient avec précision l'emplacement de cette frontière.
30:41Le fait que les deux engins l'aident traversés à des distances différentes
30:45a toutefois permis de confirmer certaines prévisions relatives à sa position.
30:50Les chercheurs supposaient en effet que la limite de l'héliosphère
30:53pouvait se déplacer en fonction des variations de l'activité solaire,
30:57à l'image d'un poumon qui se dilate et se contracte au rythme de la respiration.
31:01Le passage de Voyager 1 et de Voyager 2 à des distances distinctes
31:05correspondait pleinement à cette hypothèse.
31:07L'héliopause ne constitue ni une limite rigide ni un mur solide.
31:11Mais l'expression « mur de feu » décrit pourtant assez fidèlement la nature de cette région extrême.
31:17Les deux sondes y ont mesuré des températures exceptionnellement élevées,
31:21de l'ordre de 30 000 à 50 000 degrés Celsius.
31:24Malgré ces valeurs insensées, les engins sont restés intacts.
31:28Dans cette zone, les particules sont très espacées,
31:30ce qui rend les collisions rares
31:32et la quantité de chaleur transmise reste insuffisante pour endommager les sondes.
31:36Près de 50 ans après leur lancement,
31:39Voyager 1 et Voyager 2
31:40continuent de transmettre des données depuis l'espace situé au-delà de l'héliopause.
31:45À ce jour, elles demeurent les seules à avoir franchi cette frontière.
31:49Ensemble, elles ont déjà permis de réaliser plusieurs découvertes intrigantes
31:52sur l'environnement situé hors du système solaire.
31:55Ainsi, les mesures du champ magnétique effectuées par Voyager 2
31:59ont confirmé un résultat précédemment observé par Voyager 1.
32:02Passées l'héliopause, les lignes du champ magnétique s'alignent
32:05avec celles présentes à l'intérieur de l'héliosphère.
32:08Avant l'arrivée de Voyager 2,
32:10les chercheurs ne disposaient à porter que d'une seule série de mesures,
32:13ce qui ne permettait pas de déterminer
32:15si cet alignement relevait d'un phénomène réel
32:17ou d'une simple coïncidence.
32:19Voyager 2 a établi que cet alignement est authentique.
32:22Les champs magnétiques situés de part et d'autre de l'héliopause
32:26semblent ainsi s'étendre parallèlement.
32:28Ces observations fournissent aux chercheurs
32:31des informations sur la structure et le comportement de l'espace
32:34au-delà du système solaire.
32:36Examinons maintenant de plus près le programme Voyager lui-même,
32:39composé de deux engins, Voyager 1 et Voyager 2.
32:43Bien que Voyager 2 ait été lancé le premier en août 1977,
32:48Voyager 1 décolla seulement deux semaines plus tard
32:50sur une trajectoire plus rapide et plus directe.
32:53Ces deux sondes parcourent sur le cosmos depuis plus de 40 ans,
32:56explorant des mondes que l'humanité ne foulera jamais,
32:59du moins dans un avenir proche.
33:01Les deux sondes Voyager sont quasiment identiques.
33:04Chacune possède une grande antenne parabolique de 3,60 mètres,
33:08utilisée pour renvoyer les données vers la Terre.
33:11Elles disposent également de 16 propulseurs,
33:14permettant de contrôler leur orientation
33:16et de maintenir les antennes pointées vers notre planète.
33:19Les propulseurs utilisent un carburant spécial à base d'hydrazine,
33:22tandis que l'électronique est alimentée par des générateurs thermoélectriques
33:26fonctionnant au plutonium.
33:28Chaque Voyager embarque 11 instruments scientifiques,
33:31dont environ la moitié ont été conçus pour l'étude des planètes.
33:34La plupart de ces instruments sont désormais éteints,
33:37comprenant plusieurs caméras, spectromètres et deux expériences radio.
33:41Au cours de leur périple prolongée à travers le système solaire,
33:44les sondes Voyager ont capturé des dizaines de milliers d'images
33:47et relevé d'innombrables mesures.
33:49Ces informations ont profondément enrichi notre compréhension des planètes extérieures.
33:53À l'approche de Jupiter, elles nous ont offert une première observation détaillée
33:58de l'atmosphère de la géante gazeuse.
34:00Il en est ressorti que la grande tâche rouge constituait une tempête colossale,
34:04tournant dans le sens antihoraire et interagissant avec de plus petites tempêtes alentour.
34:10Les sondes ont également mis au jour un anneau ténu et poussiéreux autour de Jupiter.
34:14L'exploration de ces lunes révéla des volcans actifs sur Io,
34:17des formations linéaires sur Europe suggérant un océan dissimulé sous la glace
34:22et confirma que Ganymède est la plus grande lune du système solaire,
34:26dépassant même Titan, satellite de Saturne.
34:29Les sondes poursuivirent ensuite en survolant Saturne.
34:32Elles analysèrent l'atmosphère de la planète
34:34et étudièrent en détail ses célèbres anneaux,
34:38mettant en évidence des lacunes et des ondulations toujours observables aujourd'hui.
34:43Voyager 1 parvint à percer l'épaisse brume de Titan
34:46et suggéra que cette lune pourrait abriter des hydrocarbures liquides à sa surface,
34:51hypothèse confirmée plus tard par d'autres missions.
34:53La sonde découvrit également trois nouvelles lunes en orbite autour de Saturne.
34:57Atlas, Prométhée et Pandore.
35:00Après Saturne, Voyager 1 poursuivit sa route hors du système solaire,
35:04tandis que Voyager 2 se dirigea vers Uranus.
35:08Elle y découvrit onze nouvelles lunes ainsi que deux anneaux.
35:11La sonde observa aussi des caractéristiques inhabituelles,
35:14dont le champ magnétique singulier d'Uranus
35:16et une différence de température étonnamment faible entre son équateur et ses pôles.
35:21La dernière étape planétaire de Voyager 2 fut Neptune,
35:26atteinte douze ans après son départ de la Terre.
35:28La sonde y identifia six petites lunes ainsi que des anneaux entourant la planète.
35:33Elle étudia l'atmosphère et le champ magnétique de Neptune
35:36et observa des manifestations volcaniques sur Triton, sa plus grande lune.
35:41Par la suite, Voyager 2 rejoignit Voyager 1 dans sa progression vers l'espace interstellaire.
35:47Voyager 1 y entra en août 2012, suivi par Voyager 2 en novembre 2018.
35:54Ces missions ont permis aux scientifiques d'estimer la limite de notre système solaire
35:58à environ 16 milliards de kilomètres du Soleil.
36:01Les sondes continuent encore aujourd'hui de transmettre des données sur cette région énigmatique.
36:06A noter qu'après ses visites planétaires, Voyager 1 a pris la célèbre photographie de la Terre,
36:12le point bleu pâle, depuis environ 5,9 milliards de kilomètres.
36:17Aujourd'hui, Voyager 1 se trouve à près de 25 milliards de kilomètres de la Terre,
36:22tandis que Voyager 2 en est à environ 21 milliards.
36:25Chaque sonde voyagée embarque un disque en or,
36:28conçu comme une capsule temporelle de la Terre à destination d'éventuelles civilisations extraterrestres.
36:35Leur face supérieure indique comment les lire,
36:37présente une carte situant la Terre et le schéma d'un atome d'hydrogène.
36:42Ces disques sont plaqués d'uranium,
36:44dont la désintégration peut servir à dater leur fabrication.
36:48Ils contiennent 115 images montrant la Terre,
36:51les humains, les animaux, les plantes et le système solaire,
36:55ainsi que des sons naturels comme le bruit des vagues et le chant des oiseaux,
36:59des salutations en 55 langues, des ondes cérébrales
37:03et un ensemble musical allant de Beethoven à Chuck Berry,
37:06en passant par des chants traditionnels.
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