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Sophie Pétronin est retournée vivre au Mali après y avoir été otage pendant 4 ans. Code source vous raconte son histoire dans ce pays et sa vie dans l’humanitaire.

Dans ce podcast : Elle a passées quatre années dans le désert au sahel détenus par des djihadistes affiliés à al Qaïda. Sophie Petronin, ancienne otage franco-suisse libérée l'an dernier est revenue dans l'actualité au début du mois de novembre. L'humanitaire de 75 ans est retournée vivre au Mali là où elle avait été enlevée en 2016. Son geste a provoqué la colère des autorités françaises et donné lieu à de nombreux commentaires indignés. Dans Code source on a voulu vous raconter au-delà de la polémique le parcours de Sophie Petronin.
Sophie Petronin est née le 7 juillet 1945 à Bordeaux, elle grandit dans un milieu plutôt aisé mais Sophie est toujours restée très discrète sur ses origines. Elle a d'ailleurs choisi très vite de s'en écarter et de se tourner, dans la première partie de sa vie, déjà vers l'étranger et notamment vers l'humanitaire…

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Présentation : Thibault Lambert - Production : Clara Garnier-Amouroux, Raphaël Pueyo et Sarah Hamny- Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : Europe 1, CNews, France 5, France Info, RFI, AFP, TV5 Monde, BFM TV.

#sophiepetronin #otage #mali

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Transcription
00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Elle a passé 4 années dans le désert au Sahel, détenue par des djihadistes affiliés à Al-Qaïda.
00:18Sophie Pétronin, ancienne otage franco-suisse, libérée l'an dernier, est revenue dans l'actualité au début du mois de
00:24novembre.
00:25L'humanitaire de 75 ans est retourné vivre au Mali, là où elle avait été enlevée en 2016.
00:32Son geste a provoqué la colère des autorités françaises et donné lieu à de nombreux commentaires indignés.
00:38Dans Code Source, on a voulu vous raconter, au-delà de la polémique, le parcours de Sophie Pétronin.
00:43Nous recevons Anthony Fouchard, journaliste indépendant, auteur du livre « Il suffit d'un espoir ».
00:49Il s'est longuement entretenu avec elle à sa libération.
00:59Le mardi de novembre, une information concernant Sophie Pétronin fait les gros titres.
01:04Sophie Pétronin, l'ex-otage qu'Emmanuel Macron a été venu accueillir à Villa Coublet, il y a deux ans,
01:10on l'a appris.
01:11Elle est repartie au Mali depuis 8 mois.
01:13Elle vit à Bamako depuis le mois de mars.
01:15La direction de la gendarmerie malienne vient juste d'ordonner de la rechercher très activement.
01:19Anthony Fouchard, le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, s'exprime le lendemain à l'issue du Conseil des
01:26ministres.
01:27Que dit-il ?
01:28Il décrit en substance un comportement qu'il qualifie lui d'irresponsable et puis il fait une liaison qui a
01:34été reprise par toute une partie de la droite et de l'extrême droite
01:37en liant les pertes françaises au Sahel à la décision de Sophie Pétronin, c'est-à-dire en la rendant
01:44à demi-mot responsable de ces morts-là.
01:48Il y a une forme d'irresponsabilité vis-à-vis de sa sécurité à elle, mais aussi vis-à-vis
01:52de la sécurité de nos militaires.
01:54Je rappelle que lorsque nous avons des ressortissants qui sont pris en otage à l'étranger, ce sont nos militaires
02:01qui vont les secourir au péril de leur vie.
02:03Voilà sa déclaration assez succincte sur ces deux thèmes-là.
02:06La nouvelle entraîne un torrent de commentaires négatifs sur les réseaux sociaux.
02:11Un flot de haine, de racisme, de sexisme, beaucoup d'incompréhension aussi.
02:16Pourquoi, après avoir été otage autant d'années dans le désert, Sophie décide d'y retourner ?
02:22La principale nuance à souligner, c'est qu'elle ne retourne pas dans le désert, mais Abamako, qui est une
02:28capitale sahélienne où des centaines d'expatriés,
02:32qu'ils soient français ou d'autres nationalités d'ailleurs, continuent de vivre tout à fait normalement.
02:39Pour comprendre cette polémique, Anthony Fouchard, vous allez nous raconter le parcours de Sophie Pétronin.
02:45Elle naît le 7 juillet 1945 à Bordeaux.
02:48Elle grandit dans quel milieu ?
02:50Dans un milieu plutôt aisé.
02:52Mais Sophie, elle est toujours restée très discrète sur ses origines.
02:56Et elle a d'ailleurs choisi très vite de s'en écarter et de se tourner dans la première partie
03:01de sa vie, déjà vers l'étranger et notamment vers l'humanitaire,
03:05puisque c'est là-dedans qu'elle a commencé au tout début.
03:07Dans les années 60, elle part un temps en mission humanitaire au Cambodge.
03:11Sophie Pétronin, de retour en France, commence à travailler comme laborantine et nutritionniste.
03:16Puis elle rencontre son mari, Jean-Pierre, avec qui elle a deux enfants.
03:20Elle fabrique et conçoit avec son mari des parfums.
03:24Et donc c'était celle qui était chargée de les humer, de les respirer et de faire en sorte que
03:29les flagrances, les odeurs soient harmonieuses.
03:32Donc ça, c'est une grande partie de sa vie.
03:34Et puis lorsque ses enfants sont un peu plus grands, elle décide de revenir un peu à ses premiers amours.
03:40Et en l'occurrence, l'humanitaire, on est à la fin des années 90.
03:44Au début de l'année 1996, elle entreprend un voyage au Sahel.
03:49Oui, c'est son premier voyage au Sahel, en l'occurrence au Mali, dans une sorte de petit cahier qu
03:55'elle a gardé.
03:56Elle décrivait ce voyage et elle décrivait le désert comme un hôtel aux mille étoiles.
04:01Elle décrivait l'éclat de la lune, un peu comme l'ambe de chevet, très très poétique en fait.
04:05Et elle fait une méarrée, c'est-à-dire une sorte de transhumance avec des bergers locaux à travers le
04:11désert,
04:12un peu organisée évidemment pour les touristes.
04:14Et c'est là qu'elle tombe en amour, et pour la région, et pour ses habitants.
04:18Quatre ans plus tard, à 55 ans, elle décide de s'installer définitivement à Gao.
04:23Gao, c'est au nord du Mali, à 1200 km de Bamako à vol d'oiseau.
04:28Autant vous dire plusieurs jours de route quand on a l'ambition de faire le trajet par voiture.
04:34C'est vraiment le désert, c'est-à-dire que si on s'éloigne un petit peu du centre-ville,
04:38c'est le sable qui mange et qui ronge presque les maisons.
04:41Il fait extrêmement chaud.
04:43On a cette zone des trois frontières, pas très loin, avec des frontières burkinabées et nigériennes.
04:48Si on peut le décrire assez simplement, c'est une zone carrefour.
04:51En 2002, elle apprend la mort brutale de son fils aîné.
04:55Son fils aîné, Jean-Philippe, qui décède dans un accident de montagne.
05:00Et Sophie est contrainte, quelques jours après, de débrancher son propre fils.
05:06Les médecins lui expliquent qu'il est dans un état végétatif et qu'il ne sortira pas du coma.
05:11Et donc, elle débranche son propre enfant.
05:13Ce drame-là, ça l'éloigne définitivement de l'Europe et elle ne veut plus revenir sur ce continent.
05:18Que fait-elle après ce drame ?
05:20Après ce drame, Sophie poursuit son activité humanitaire,
05:23mais se concentre vraiment sur l'aspect malnutrition.
05:26Donc, il y a un orphelinat et un centre dédié à la malnutrition infantile
05:30qui s'ouvre avec son appui à Gao.
05:33Et elle récupère les enfants dans des états souvent très très affaiblis
05:38et essaye de les remettre sur pied.
05:41Plusieurs fois par semaine, Sophie se rend au centre de santé de Bougounjie,
05:45un quartier de la ville de Gao.
05:47Pour cette visite médicale, elle est entourée de son personnel soignant
05:50qu'elle a elle-même formé.
05:52Bonjour !
05:52Bonjour !
05:54Alors les kékés ?
05:56Bon, écoute, je t'avais promis que si tu buvais tout ton lait,
05:59je t'apporterai une robe.
06:00Je t'apporterai une robe et une poupée.
06:03Et quand tu partiras, tu partiras avec ta poupée.
06:07Les extrémités sont froides, le corps est chaud.
06:11À surveiller, hein.
06:12Si les extrémités sont froides, il faut réchauffer.
06:16Et le contraire, diminuer la température du corps.
06:20Et dans la foulée, en fait,
06:22elle est sollicitée pour intervenir sur une maman
06:25qui est sur le point d'accoucher,
06:26qui est vraiment très très mal en point, elle aussi.
06:29Et elle sauve et la maman et le bébé.
06:32Et la maman et la famille vont donc décider de lui offrir l'enfant.
06:36Et Sophie, en fait, à un moment d'hésitation, demande à réfléchir.
06:39Et puis, elle décide d'accepter, entre guillemets, cet enfant,
06:43mais pas de l'adopter de manière coutumière ou culturelle,
06:45mais de le faire légalement.
06:47Et donc, de faire tous les papiers pour devenir
06:49la mère adoptive de cette petite fille qui s'appelle Zainabou.
06:53Au fil des années, Anthony Fouchard, Sophie Pétronin,
06:56est très appréciée des habitants de Gao.
06:58Oui, parce qu'elle vit avec eux.
07:00Elle habite dans la ville, comme tous les autres,
07:02et puis surtout, elle se rend utile partout où elle le peut.
07:05D'abord, elle construit des puits,
07:07puis elle retire des épines d'acacia, des pattes de chameau.
07:10Elle est tantôt chef de chantier, vétérinaire, nutritionniste.
07:14C'est vraiment une vie sans chichi, parmi les habitants,
07:17et c'est ce qui lui a permis de s'intégrer et d'être acceptée.
07:21Gao, c'est un territoire sensible.
07:23C'est une zone soumise à de nombreux soubresauts,
07:26depuis la décolonisation, en fait.
07:28Et Sophie Pétronin, lorsqu'elle s'installe à la fin des années 90,
07:32elle vit plusieurs de ces rébellions Touareg.
07:36Donc, il y en a une en 96, il y en a une autre en 2001, 2002.
07:39C'est des rébellions régulières contre un État central
07:43qui est incapable à l'époque, et incapable toujours aujourd'hui,
07:47d'apporter les services de base à des populations
07:50qui vivent très très loin de la capitale.
07:52Et donc, on est dans une zone où il y a un climat d'insécurité
07:56qui est assez pesant, et surtout, qui va aller de mal en pie.
08:00En 2012, elle échappe de peu à une tentative d'enlèvement.
08:03C'est le moment où Al-Qaïda au Maghreb islamique, donc Acme,
08:09s'associe avec certains des rebelles Touareg
08:12et leur propose d'augmenter leur puissance de frappe.
08:15Plusieurs villes du nord du Mali tombent entre les mains
08:18des djihadistes d'Acme.
08:21Et Sophie sent bien le vent tourner à ce moment-là.
08:25Et les habitants de Gao sentent qu'ils ne vont plus être en mesure
08:30de la protéger. Elle trouve refuge à l'ambassade d'Algérie, à Gao.
08:35Et elle et quelques membres de cette ambassade d'Algérie
08:38sont exfiltrées à travers le désert en pleine nuit
08:41jusqu'à la frontière algérienne par des combattants Touareg.
08:45Et ils échappent donc à ce qui n'a pas été une tentative d'enlèvement,
08:48mais ce qui aurait sûrement fini comme tel
08:50quand les djihadistes se seraient aperçus de leur présence.
08:53La ville de Gao est libérée en janvier 2013 par l'armée française
08:58qui agit dans le cadre de l'opération Serval,
09:00mise en place pour lutter contre les troupes djihadistes au Sahel.
09:04En 2015, Sophie Pétronin décide donc d'y retourner.
09:08Les autorités françaises le déconseillent.
09:10C'est une zone rouge depuis le lancement de l'opération Serval
09:13au sens du ministère des Affaires étrangères.
09:15Mais Sophie Pétronin estime que sa mission humanitaire la protège,
09:19qu'elle connaît les gens là-bas et qu'elle ne craint pas les djihadistes.
09:22Donc elle décide de s'y réinstaller.
09:27Anthony Fouchard, on en vient au samedi 24 décembre 2016.
09:32Racontez-nous d'abord ce que fait Sophie Pétronin en début d'après-midi.
09:36C'est Noël.
09:37Donc elle a acheté des cadeaux pour les enfants,
09:40notamment pour Zainabou, sa fille adoptive.
09:42Donc elle a tout préparé pour qu'il y ait un Noël ensemble, en famille.
09:46En fin d'après-midi, peu après 17h,
09:49elle quitte son domicile pour aller récupérer les enfants dont elle s'occupe à l'orphelinat.
09:53Elle connaît le trajet par cœur, elle le fait évidemment plusieurs fois par jour,
09:57mais toujours en voiture et toujours avec son garde du corps depuis des années.
10:02Et ce jour-là, elle lui dit, mais non, bois ton thé tranquillement, j'y vais, c'est juste à
10:08côté.
10:09Et lui, un peu hésitant, il dit, bon, pas de détour, tu vas vite, quoi, et tu reviens.
10:16Lorsqu'elle sort de l'orphelinat, il y a une voiture qui s'arrête en faisant crisser les pneus,
10:21des hommes armés qui en descendent et qui lui ordonnent de monter dans la voiture.
10:25Que se passe-t-il ensuite ?
10:26Elle a la tête maintenue entre les deux sièges arrière par un de ses ravisseurs.
10:31Elle ne comprend pas tout de suite ce qui se passe,
10:33mais les kidnappeurs lui disent, le chef nous a demandé de te ramener, alors on te ramène.
10:39C'est une course qui dure à peine quelques heures, puisqu'elle est enlevée en fin d'après-midi
10:43et juste avant la tombée de la nuit, elle arrive à un campement.
10:47Et entre-temps, évidemment, la population locale à Gao a donné l'alerte,
10:51les soldats français sont arrivés sur place,
10:53mais au moment où ils la cherchent encore dans la ville,
10:57elle, elle est déjà à plus de 80 km de Gao.
11:03Plusieurs mois plus tard, à l'été 2017, alors qu'on n'a aucune nouvelle de Sophie Pétronin,
11:08elle apparaît dans une courte vidéo diffusée par ses ravisseurs.
11:12Le jour où elle est diffusée, le 1er juillet 2017,
11:15c'est aussi le jour où Emmanuel Macron arrive au Mali, à Bamako,
11:19pour lancer officiellement ce qu'on appelle désormais la force du G5 Sahel.
11:24C'est une force composée des armées sahéliennes,
11:27donc de la sous-région, pour lutter contre le terrorisme.
11:30Et donc, il diffuse cette vidéo quelques heures avant qu'Emmanuel Macron mette le pied sur le territoire,
11:35après des mois de silence.
11:37Mais il n'y a pas que Sophie Pétronin dans cette vidéo,
11:39il y a tous les otages occidentaux.
11:42Donc c'est vraiment un coup de force de ce groupe qu'on appelle le GSIM,
11:46le groupe de soutien à l'islam et aux musulmans.
11:48C'est une coalition de tous les groupes djihadistes au Sahel,
11:54qui ont tous prêté serment à Al-Qaïda, au Maghreb islamique,
11:58et qui se sont fédérés en 2017.
12:00Elle est comment dans cette vidéo ?
12:02Alors elle apparaît avec un visage très très terne et surtout très creusé,
12:08une sorte de châle vert autour de son visage et de ses cheveux.
12:11Et tous les otages disent globalement la même chose.
12:15Ils en appellent à leur gouvernement.
12:18Elle se présente, elle dit où elle a été enlevée
12:20et elle demande aux autorités de venir à son secours.
12:23À l'été 2017, vous rencontrez Sébastien Chadeau-Pétronin,
12:28le fils cadet de Sophie Pétronin.
12:30Qu'est-ce qu'il vous dit pendant cette rencontre ?
12:32Il sort d'un rendez-vous à la DGSI,
12:35donc la Direction Générale de la Sécurité Intérieure en France,
12:37les services français.
12:39Et moi, je lui ai transmis cette vidéo de sa maman.
12:42Je lui ai aussi appris par la même occasion
12:44que sa mère était vivante et que sa mère était détenue.
12:48Et personne ne lui avait transmis cette vidéo.
12:51J'étais un des premiers, si ce n'est le premier à la recevoir.
12:54Donc voilà, notre première rencontre, elle est assez sobre.
12:56Et puis ensuite, notre relation s'est développée au fil des années.
12:59Comment est Sébastien Chadeau-Pétronin ?
13:01Il a cette tête un peu bourrue,
13:03cette tête de montagnard avec des grosses mains,
13:05des grosses paluches là,
13:07qui ont été dans la montagne.
13:08On pourrait prendre pour quelqu'un qui n'a pas saisi les enjeux.
13:11Alors que quand on commence à discuter avec lui,
13:13on se rend compte que non seulement il est très au fait des enjeux
13:16et que surtout, il les a peut-être mieux intégrés
13:18que beaucoup d'autres personnes.
13:20Quelqu'un de réfléchi, de stratège,
13:23de profondément loyal,
13:26en l'occurrence vis-à-vis de sa mère.
13:28Il ne s'est jamais départi de ses promesses à son encontre.
13:30C'est un peu comme ça que je le décrirais.
13:33Dans les années qui suivent, son fils,
13:35qui œuvre étroitement avec le ministère des Affaires étrangères
13:38pour le tenter de faire libérer sa mère,
13:41agace de plus en plus les autorités françaises.
13:43Pour la première fois dans une affaire d'otage,
13:46les autorités françaises vont déléguer la gestion
13:49au fils de l'otage, en l'occurrence à Sébastien.
13:53Pour être très concret, Sébastien va bénéficier
13:55de billets d'avion, de logements dans les ambassades,
13:58de mises en contact avec des services diplomatiques à l'étranger.
14:02Tout ça grâce au service du ministère des Affaires étrangères français.
14:06Et là où ça change, c'est quand Sébastien parvient à ses fins.
14:10Et en 2018, il apporte sur la table, à la fin de l'année,
14:14une demande de rançon qui émane d'une personnalité malienne
14:19très très connue et reconnue pour sa capacité à dialoguer
14:22avec les groupes djihadistes.
14:24Et cette personne lui annonce une somme,
14:26un peu moins de 500 000 euros, pour libérer Sophie.
14:30Et lorsque les autorités françaises la prennent,
14:32il décide de ne pas donner suite.
14:35Et là, c'est le début d'une incompréhension.
14:37Sébastien poursuit, mais dans son coin.
14:40À partir de ce moment-là, Sébastien Petronin
14:42va commencer à beaucoup parler dans les médias.
14:44À chaque fois que sa mère apparaît dans une vidéo,
14:47les djihadistes la mettent en scène
14:48en écoutant des interviews de Sébastien
14:50qu'il a accordées à différents médias.
14:53Donc il a compris qu'en parlant dans les médias,
14:55sa mère l'entendait.
14:56Et c'est pour ça qu'il le fait autant.
15:00Je voudrais dire à ma petite maman
15:04que je fais tout ce que je peux,
15:05mais ce que je peux garantir
15:07et ce que je peux te promettre, ma petite maman,
15:10c'est que je ne t'abandonnerai jamais
15:12et je ne renoncerai pas.
15:15On en vient.
15:16À l'été 2020, Anthony Fouchard, le 18 août,
15:19une junte militaire réalise un coup d'État au Mali.
15:22Ce putsch a des conséquences sur la captivité de Sophie Petronin.
15:26Le gouvernement d'Ibrahim Boubakar Keïta,
15:29qui était le gouvernement légitime,
15:30qui a été destitué par la junte militaire,
15:33a engagé, à l'époque, début 2020,
15:37des négociations avec les djihadistes
15:39pour libérer un homme malien,
15:42Soumaïla Sissé,
15:43qui est un homme extrêmement important
15:44politiquement parlant pour le Mali.
15:46Et quand la junte militaire prend le pouvoir,
15:49eh bien, au lieu de tout arrêter,
15:52elle laisse les intermédiaires en place
15:54et elle les laisse continuer de mener les négociations.
15:57Et ça, c'est extrêmement intelligent
15:58parce que quand vous êtes une junte
16:00qui prend le pouvoir par la force,
16:02libérer des otages,
16:03notamment une otage française,
16:05ça permet de facto d'avoir
16:07une certaine légitimité
16:09au point de vue international.
16:11Le 8 octobre, les autorités maliennes
16:13annoncent la libération de plusieurs otages,
16:16dont Sophie Petronin.
16:17Les Français ont reconnu,
16:19par la voix d'Emmanuel Macron,
16:21n'avoir pas eu leur mot à dire
16:22dans cette libération.
16:24Ils n'ont pas payé eux-mêmes la rançon.
16:27Les Maliens l'ont fait.
16:28Les Maliens ont payé 2 millions d'euros
16:31pour libérer Soumaïla Sissé.
16:33C'est ce que dit l'intermédiaire
16:34qui a délivré l'argent.
16:36Et les Maliens ont libéré
16:38206 prisonniers,
16:39dont une vingtaine de djihadistes avérés,
16:42en échange des autres otages.
16:45Et donc, Sophie,
16:46Soumaïla Sissé
16:48et 2 otages italiens
16:49vont être libérés.
16:50Et c'est l'agente
16:51qui va en récolter les lauriers.
16:57Sophie Petronin, bonjour.
16:58Bonjour Serge.
16:59Avant de monter dans l'avion
17:01qui doit la reconduire vers la France,
17:02Sophie Petronin accorde
17:04une première interview
17:05à un journaliste de RFI,
17:07Serge Daniel.
17:08Quels sont ses premiers mots
17:10sur sa détention ?
17:11Elle lui confie
17:12de la manière la plus badine
17:13ou anodine possible
17:15qu'elle a fait de cette détention
17:17une retraite spirituelle.
17:19J'ai transformé la détention,
17:23si on peut dire,
17:24en retraite spirituelle.
17:26Comme ça, ça se passe mieux.
17:29J'étais dans l'acceptation
17:32de ce qui m'arrivait
17:33et je n'ai pas résisté.
17:34Elle a préféré accepter sa condition
17:36plutôt que de se battre
17:37jour après jour
17:38contre sa situation.
17:40Et c'est ça, ses premiers mots,
17:42c'est une prise de recul
17:42assez déconcertante.
17:44Elle évoque aussi
17:45ses ravisseurs.
17:46Elle évoque les ravisseurs
17:47et surtout,
17:48elle refuse de les appeler djihadistes.
17:51Avant d'un autre question,
17:51un mot sur vos géoliers ?
17:53Sur mes géoliers ?
17:54Oui.
17:55Les ravisseurs ?
17:56Oui, appelez-les comme vous voulez.
17:58Moi, je dirais que ce sont
17:59des groupes d'opposition armée
18:00au régime.
18:01Il y a eu celle de 90.
18:03En 96,
18:04ils ont signé
18:05des accords de paix.
18:06Si nous voulons la paix
18:07réellement au Mali,
18:08il faut que chacun
18:11respecte son engagement.
18:12C'est pas des djihadistes
18:13vos ravisseurs ?
18:15Pourquoi vous les appelez
18:16djihadistes ?
18:16Parce qu'ils font le djihad.
18:17Vous savez ce que ça veut dire
18:18en français ?
18:19Djihad, c'est guerre.
18:20Mais ils ont revendiqué,
18:21ils ont demandé la libération
18:23de djihadistes dans les prisonniers
18:24avant de vous libérer.
18:25de leurs militaires.
18:28Oui.
18:28Mais si vous avez un groupe
18:31de militaires,
18:33d'armées,
18:34de guerre,
18:35et qu'il y a des militaires
18:37qui se font prendre,
18:38vous allez tout faire
18:39pour les faire libérer.
18:40Que vous soyez
18:40l'armée française,
18:42l'armée congolaise
18:43ou l'armée malienne
18:44ou l'armée américaine,
18:46ils vont tout faire
18:46pour les faire libérer.
18:47Et ça, ça a fait polémique
18:49lorsqu'elle est sortie.
18:51Sophie, elle a vécu
18:52les rebellions Touareg.
18:53Et les hommes qui prennent
18:55les armes en 96,
18:56en 2000,
18:57en 2002,
18:58puis en 2012,
19:00ce sont les mêmes.
19:01Donc elle,
19:02elle les a connus
19:02en tant que rebelles Touareg,
19:04donc en tant que groupe
19:04d'opposition armée.
19:06Et elle n'a pas bien compris
19:07que les gens
19:09qui l'ont enlevé,
19:10eh bien à l'époque,
19:11ne s'étaient pas fédérés
19:12sous cette nouvelle bannière
19:13d'Al-Qaïda.
19:14Le GSIM n'existait pas
19:16lorsque Sophie a été enlevée.
19:18Il a été créé
19:19après son enlèvement.
19:21Et donc,
19:21elle explique ça
19:22avec des mots
19:23d'une vieille dame
19:24de 75 ans
19:25et qui lui ont été
19:26très vivement reprochées.
19:29Elle fait le voyage
19:30dans un Falcon médicalisé
19:32qui atterrit
19:33le matin du 8 octobre
19:35sur la base aérienne
19:36de Villacoublet
19:37dans les Yvelines.
19:38Décrivez-nous
19:39son arrivée
19:40sur le tarmac.
19:41C'était assez étonnant
19:43encore une fois
19:43parce que Sophie
19:44est toute petite
19:44et elle sort
19:45de cet avion
19:46un peu hébété.
19:47Où est-ce qu'elle est ?
19:48Elle ne comprend pas
19:49très très bien.
19:49Et puis il y a Emmanuel Macron
19:50qui l'attend en bas
19:51qui mesure à une bonne
19:53trentaine de centimètres
19:54de plus qu'elle.
19:55Donc la scène,
19:55en tout cas les photos,
19:56les vidéos
19:57sont assez étonnantes.
19:58Et immédiatement,
19:59elle retrouve sa famille.
20:01Il y a Sébastien
20:02et les trois petits-fils
20:03de Sophie,
20:04donc les fils de Sébastien.
20:06C'est des retrouvées
20:07extrêmement émouvantes.
20:08Sébastien,
20:08qu'on a connu
20:09si dur et si ferme,
20:11là il se met à pleurer
20:12devant tout le monde
20:13et il retrouve sa mère
20:14en fait tout simplement.
20:26Quelques minutes plus tard,
20:27Sophie et son fils Sébastien
20:29accordent une interview
20:30en duplex
20:31à TV5 Monde.
20:32Anthony Fouchard,
20:33vous faites partie
20:34des journalistes en plateau
20:35qui lui posent des questions.
20:37L'un de vos confrères
20:38lui demande
20:38si elle compte
20:39retourner au Mali.
20:40Elle répond oui
20:42parce que sa vie est là-bas,
20:43son engagement est là-bas
20:44et c'est d'ailleurs
20:45un mot qu'elle dit.
20:46Quand vous prenez
20:46un engagement
20:47dans la vie,
20:48quel qu'il soit,
20:49allez au bout
20:50de votre engagement
20:51sinon vous aurez perdu
20:52votre raison d'être
20:53sur cette terre.
20:54Et là,
20:55ce qu'elle évoque
20:55c'est sa fille
20:56parce que sa fille adoptive
20:57ça fait 4 ans
20:58qu'elle ne l'a pas vue
20:59et elle n'a pas pu la voir
21:00à Bamako.
21:01Elle a été ramenée
21:02directement en France
21:03et elle n'a qu'une idée
21:04en tête finalement
21:05c'est de la retrouver.
21:06Comment réagit son fils
21:07à ses côtés ?
21:08Il apprend en même temps
21:09que tout le monde
21:10que sa mère veut retourner au Mali
21:11et il est à la fois
21:13pas surpris
21:13et à la fois un peu mal à l'aise.
21:15Anthony Fouchard,
21:16quelques temps
21:16après sa libération
21:17et son retour en France,
21:19Sophie Pétronin
21:20part s'installer en Suisse.
21:21Elle accepte
21:22de vous accorder
21:23de longs entretiens
21:24pour la préparation
21:25de votre livre.
21:26Qu'est-ce qu'elle vous dit
21:27sur ses conditions de détention ?
21:29Elle les décrit
21:30comme relativement humaines
21:32c'est-à-dire qu'elle ne va pas
21:34s'attarder sur les difficultés.
21:35Elle est très pudique
21:37et moi il me faut presque
21:37plusieurs semaines
21:38pour réussir à percer
21:39cette carapace
21:40et à essayer de raconter
21:42la vraie Sophie.
21:44Elle vous raconte
21:45pourquoi elle s'est convertie
21:46à l'islam
21:47au cours de sa captivité.
21:48Alors c'est important
21:49de préciser que Sophie
21:50a été une catholique
21:51pratiquante
21:52pendant 45 ou 50 ans
21:54jusqu'à la mort
21:56de Jean-Philippe
21:56dans cet accident de montagne.
21:58Et ensuite,
21:59elle me le dit
22:00avec des mots
22:01que je trouve finalement
22:02assez beaux.
22:03Elle n'a jamais arrêté
22:04de croire,
22:05elle a simplement
22:06changé de figure.
22:08c'est-à-dire que
22:09le premier Dieu
22:10il lui a retiré son fils.
22:12Le deuxième,
22:13celui qu'elle a rencontré
22:15quand elle a choisi
22:16d'aller vivre au Mali,
22:17donc dans un pays
22:17majoritairement musulman,
22:19lorsqu'elle adopte
22:20cette petite fille
22:21née de parents musulmans,
22:23elle se dit
22:24écoute,
22:24j'ai essayé de croire
22:25une première partie
22:26de ma vie,
22:27je vais continuer de croire.
22:28C'est simplement
22:29que je crois
22:30en quelque chose
22:31de différent.
22:32Ensuite,
22:32pendant sa détention,
22:33elle se perd.
22:34Elle part avec
22:35la sœur Gloria,
22:36qui est une kidnappée,
22:37elle aussi une otage
22:38colombienne,
22:39Gloria Cecilia,
22:40et elles se perdent.
22:41Et se perdent
22:42dans le désert,
22:43souvent c'est quand même
22:44synonyme de mort,
22:44parce qu'il n'y a pas d'eau,
22:46si on se perd dans le désert,
22:47il y a peut-être
22:47300 km devant nous
22:48avant de trouver
22:49quelqu'un ou un puits.
22:51Les djihadistes
22:52suivent leurs traces,
22:54les retrouvent,
22:55et Sophie et Gloria
22:56prennent ça un peu
22:57pour un signe de Dieu,
22:59et elles l'expliquent
23:00« Eh bien,
23:01je me suis converti ».
23:02Et elle le résume
23:03aussi simplement que ça.
23:04J'ai essayé
23:05de lui faire dire
23:06quelque chose
23:06de plus complexe,
23:07de plus profond,
23:08j'ai essayé de lui demander
23:09si ça avait été contraint,
23:11et à chaque fois,
23:11la réponse a été non.
23:12C'est simplement
23:1325 ans de progression
23:16d'une foi qui évolue.
23:19Anthony Fouchard,
23:20au début de l'année 2021,
23:22elle tente plusieurs fois
23:23de retourner au Mali
23:24sans succès.
23:25À deux reprises,
23:27nous allons déposer ensemble
23:28des demandes de visa,
23:29donc d'abord au consulat
23:30du Mali en Suisse,
23:32où Sophie habite chez son fils,
23:34et ensuite au consulat
23:35du Mali à Paris.
23:36Et à chaque fois,
23:38ces demandes de visa
23:38sont refusées,
23:39et on lui explique
23:40que les autorités françaises
23:42et les autorités maliennes
23:44ont donné des consignes,
23:45ne pas donner de visa
23:46à Sophie Petronin.
23:48Donc elle ne peut pas rentrer
23:50dans son pays de cœur,
23:52et elle ne peut pas non plus
23:53pour l'instant
23:53revoir sa fille.
23:54En mars 2021,
23:56cinq mois après sa libération,
23:58elle trouve que le temps
23:59est trop long
24:00et elle décide de partir.
24:02Ils élaborent ensemble
24:03un plan avec son fils,
24:05un plan qui implique
24:06de traverser
24:06plusieurs frontières.
24:10Ce plan implique
24:12de faire un Genève-Dakar
24:14pour aller en vacances
24:15au Sénégal.
24:16Et donc ils prennent
24:17des bus et des taxis-motos
24:19pour rallier Dakar
24:20à Bamako,
24:21pour passer inaperçu,
24:23et ensuite,
24:24retrouver à la fois
24:25sa fille et à la fois
24:27cette capitale
24:28qu'elle aime tant.
24:28Est-ce que ce voyage
24:29est connu des autorités
24:31françaises et maliennes
24:32à ce moment-là ?
24:33Déjà, il est connu
24:34des autorités suisses
24:35parce que lorsqu'ils franchissent
24:36le portique de sécurité
24:38à Genève,
24:39Sophie, elle est toujours
24:40sur la liste
24:40des personnes recherchées
24:42et disparues.
24:42C'est une base internationale
24:44de personnes
24:45et elle a été enlevée
24:45par un groupe djihadiste
24:46en plus,
24:47donc son passeport bip.
24:49Ensuite, ils arrivent
24:50au Sénégal
24:51où là, ils passent
24:52à peu près entre
24:52les mailles du filet
24:53et à la frontière malienne,
24:55ils sont reconnus
24:55par les douaniers.
24:57Les autorités françaises,
24:58elles, l'apprennent
24:59un petit peu tardivement,
25:01quelques jours après,
25:01mais effectivement,
25:02sont au courant
25:03très rapidement
25:03de la présence de Sophie
25:05dès le mois de mars 2021
25:07à Bamako.
25:16Anthony Fouchard,
25:17on en revient
25:18au début de cet épisode.
25:20Début novembre,
25:21l'information
25:21de son retour
25:22au Mali fait polémique.
25:24Le 4 novembre,
25:25Sébastien Chadeau-Pétronin
25:26prend la parole
25:27sur BFM TV.
25:29Il donne des nouvelles
25:30de sa mère
25:31et tente
25:31de faire taire
25:32les critiques.
25:33Écoutez,
25:33elle va bien,
25:34je l'ai eu au téléphone
25:35ce matin.
25:36J'espère qu'on va pouvoir
25:38dédramatiser
25:39un petit peu
25:40tout ce qui a été dit.
25:41On a voulu sortir
25:42du silence
25:42pour rétablir
25:44la vérité
25:44et on espère
25:46retrouver l'anonymat
25:47après cette intervention.
25:49C'est 3-4 jours
25:50entre l'annonce
25:51de son retour au Mali
25:52et cette officialisation
25:54qui ont été extrêmement
25:55compliquées
25:56pour toute la famille
25:56qui s'est retrouvée
25:57prise dans une nouvelle
25:59tumulte médiatique.
26:00Alors que depuis 7 mois,
26:02Sophie était de retour
26:03sans causer de problème
26:04et sans causer
26:05des mois particuliers.
26:07Donc c'est ça
26:07qui questionne,
26:08c'est pourquoi
26:09les autorités maliennes,
26:10puisque c'est elles
26:11qui ont rendu
26:11cette information publique,
26:13ont décidé
26:14de le faire maintenant.
26:15Il y a ce conflit
26:16entre Paris
26:17et Bamako,
26:18entre le président Macron
26:19et les nouvelles
26:20autorités militaires
26:21et qui, moi,
26:22ont tendance
26:22à me faire penser
26:23que Sophie pourrait
26:24être un peu
26:24un dommage collatéral
26:26de cette querelle politique
26:28finalement.
26:29Anthony Fouchard,
26:30vous avez pu joindre
26:31Sophie Petronin
26:32quelques jours plus tôt.
26:33Qu'est-ce qu'elle vous a dit
26:34au téléphone ?
26:35Elle m'a simplement
26:36confirmé qu'elle était heureuse,
26:37qu'elle coulait
26:38une retraite paisible
26:39et qu'elle comptait bien
26:40y rester au Mali,
26:42que c'était son pays,
26:43qu'elle était de retour
26:44avec sa fille.
26:45Donc voilà,
26:45ma dernière conversation
26:46avec Sophie,
26:47ça a été ça,
26:47ça a été simplement
26:48le bonheur d'une femme
26:50qui a mangé du sable,
26:51ce sont ses mots
26:52littéralement pendant 4 ans,
26:53et qui aspire
26:55qu'à une chose,
26:55c'est un peu de tranquillité.
27:02Merci Anthony Fouchard,
27:04je renvoie tous nos auditeurs
27:05à votre livre enquête
27:06pour en découvrir
27:07beaucoup plus
27:07sur Sophie Petronin,
27:09son parcours,
27:10sa captivité,
27:10sa libération.
27:11Ça s'appelle
27:12Il suffit d'un espoir,
27:14aux éditions Les Arènes.
27:15Codesource est le podcast
27:17quotidien du Parisien,
27:18il est disponible
27:19sur toutes les plateformes audio.
27:20Cet épisode a été produit
27:22par Raphaël Pueyo,
27:23Clara Garnier-Amourou
27:24et Sarah Amny,
27:26réalisation Julien Moncoukiole.
27:28Si vous aimez Codesource,
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