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  • il y a 10 heures
Stellantis veut mettre un terme au télétravail, une pratique en cours depuis près de dix ans et qui concerne principalement les ingénieurs et les cadres, un retour en arrière qui passe mal pour les salariés concernés et leurs syndicats

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Transcription
00:00L'invité d'ici matin au micro de Thierry Compredon chez Stellantis, le télétravail c'est bientôt fini.
00:06Cette pratique en vigueur depuis des années concerne principalement les ingénieurs et les cadres.
00:11Il vaut donc devoir réintégrer leur bureau à l'usine.
00:15Bonjour Laurent Oxel.
00:16Bonjour.
00:16Vous êtes délégué central CFE-CGC, syndicat majoritaire chez Stellantis France.
00:21Comment accueillez-vous cette fin programmée du télétravail ?
00:25Tout d'abord, combien de salariés sont concernés sur le site de Sochaux ?
00:28Sur Sochaux, ça correspond à peu près à 1500 personnes concernées et ça touche énormément de salariés.
00:35Parce que finalement, depuis 2014, la mise en place du télétravail en 2014, puis Covid, etc.
00:40Les salariés se sont habitués à ce mode de travail et d'organisation du travail.
00:44Et donc cette annonce a été assez brutale parce que ça met en œuvre, ça retouche à leur qualité de
00:50vie et à des habitudes qu'ils ont prises depuis Covid.
00:54Alors comment les salariés concernés perçoivent cette information ?
00:57Alors, les salariés nous avaient remonté.
00:59Quand on fait des tours de terrain, ils nous remontent qu'effectivement, c'est quelque chose qui les touche fortement.
01:04On a lancé un sondage sur l'ensemble des établissements, pour les 17 établissements Stellantis.
01:09Et on a eu 5500 réponses.
01:11Donc ça vous montre un peu, quand on fait un sondage avec un taux d'audience de ce niveau-là,
01:16le retour brutal que ça peut faire vis-à-vis des salariés.
01:19Et nous, on est en train de travailler une feuille de route pour rencontrer la direction et préparer une négociation
01:25avec eux.
01:25Alors justement, comment la direction de Stellantis explique ce retour en arrière ?
01:29Alors, la direction de Stellantis valorise ou motive ce sujet en disant, finalement, c'est un retour.
01:36Les salariés vont retravailler ensemble, être au contact, être sur les sites tous ensemble à travailler sur des projets de
01:43transformation.
01:45Les salariés ont du mal à comprendre cet argument et cette motivation de la direction,
01:49parce que finalement, le groupe est devenu mondial.
01:51Il est beaucoup plus dense qu'il était à une époque.
01:54Et finalement, les gens travaillent maintenant avec des plaques étrangères.
01:58Donc ils disent, mais finalement, mes collègues de travail ne sont pas forcément sur le même site que moi.
02:02Et je ne vois pas bien l'intérêt de venir sur un site et de casquer toute la journée à
02:05travailler à distance.
02:07Laurent Auxel, on s'en souvient, vous vous en souvenez également, en 2014,
02:09le télétravail était parfois mal perçu par les salariés concernés.
02:14Aujourd'hui, apparemment, c'est rentré dans les mœurs.
02:15C'est compliqué de revenir en arrière pour eux.
02:17Alors on explique souvent, on parle de gestion du changement.
02:20Quand on explique à quelqu'un qu'il faut aller dans un sens, c'est compliqué de le faire bouger.
02:24Si socialement, on n'a pas accompagné.
02:26Et là, on est dans le sens inverse.
02:27C'est-à-dire qu'on leur a expliqué que c'était mieux le télétravail à une époque, après Covid,
02:31dans la phase Covid.
02:32Et d'ailleurs, ça a servi, parce que beaucoup d'entreprises qui avaient le télétravail
02:35ont permis de continuer à travailler dans ces phases Covid qui étaient compliquées.
02:39Et maintenant, on leur dit, finalement, retourne arrière, reviens sur le site.
02:42Et les gens nous expliquent que l'organisation du travail a vachement changé depuis qu'on est mondial.
02:47Et que c'est quand même bête de se connecter et d'être tout seul au bureau,
02:51alors que les interlocuteurs sont all over the world.
02:54Donc il faut qu'on fasse gaffe à ce sujet-là.
02:57Et il faut que la direction s'en tienne contre.
03:00D'un point de vue purement pratique, est-ce qu'il a de la place dans les bureaux ?
03:04Parce que beaucoup de choses ont changé en disant, est-ce qu'ils vont tous retrouver leur bureau ?
03:08Alors, le travail est en train de se faire.
03:10En fait, il y a la motivation qui touche les salariés.
03:13Et puis après, est-ce que les lieux de travail permettent d'incorporer les salariés ?
03:18Ce n'est pas forcément vrai partout.
03:20En région parisienne, la massification, la densification fait qu'on a plus de difficultés à faire rentrer les salariés.
03:26À Sochaux, le site est grand.
03:28C'est à Belchamp d'ailleurs.
03:29Sochaux-Belchamp.
03:30Parce qu'en fait, on a les deux.
03:31On a la recherche et développement qui est à Sochaux.
03:33Et aussi des équipes qui sont à Belchamp sur les pistes.
03:36Les mètres carrés, les ratios à Belchamp sont beaucoup plus larges.
03:40Mais par contre, on va retrouver des problématiques du type parking, cantine.
03:45Enfin voilà, on embarque tout.
03:46Il faut tout embarquer.
03:47Et puis il y a la question également de l'empreinte carbone pour les salariés qui vont devoir partir de
03:51chez eux pour aller jusqu'à l'usine.
03:52Ça, c'est quelque chose que vous mettez en avant également ?
03:54C'est quelque chose qu'on mettait en avant.
03:55Et d'ailleurs, ça faisait partie des motivations de la direction quand on nous expliquait que c'était mieux le
03:59télétravail.
03:59Qu'effectivement, ça réduisait l'empreinte carbone.
04:01Maintenant, les salariés disent, ben oui, mais tu nous as dit que c'était mieux pour l'empreinte carbone.
04:04Et tu nous demandes de revenir.
04:05Donc voilà, il faut que les explications soient claires.
04:09À moins d'avoir des voitures électriques.
04:11Alors les voitures électriques, on sent que ça démarre.
04:13Mais ça ne démarre pas aussi vite qu'on pensait et que l'Europe pensait.
04:16Le Roxelle, est-ce qu'il y a encore une marge de manœuvre pour vous, les syndicats ?
04:20Ou est-ce que la direction reste figée ?
04:23Non, il y a toujours une marge de manœuvre en fait.
04:25C'est le fait d'avoir fait ce sondage, le fait d'avoir communiqué, le fait que vous, vous portiez
04:30le sujet.
04:31La direction est enclin à nous mettre autour de la table pour négocier.
04:34Après, qu'est-ce qu'on obtiendra ?
04:35Ce qui peut être négociable, c'est avoir certains salariés en télétravail, d'autres à l'usine.
04:40Peut-être un turnover comme ça ?
04:42Oui, c'est définir le niveau de télétravail par métier.
04:48Un métier acheteur à l'étranger qui ne travaille qu'avec l'étranger, il a peut-être plus de taux
04:53de télétravail que celui qui travaille en ligne ou celui qui va adapter des process ou des véhicules.
04:59Ce sont des discussions qui risquent de durer encore quelques semaines, quelques mois ?
05:02Je pense que ça ne va pas tarder. La pression qu'on met collectivement va faire bouger les lignes de
05:09la direction.
05:09Merci beaucoup Laurent Exel. Je rappelle que vous êtes délégué central CFE-CGC, syndicat majoritaire chez Stellantis France.
05:16Belle journée à vous.
05:17Merci.
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