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Le rappeur Solo, 58 ans, pionnier du hip-hop en France et membre du groupe Assassin grâce auquel il a vécu la gloire et la démesure pendant huit ans, raconte son ascension vers le succès. De ses débuts aux Etats-Unis où, encore adolescent, il rencontre les grandes figures du hip-hop des années 80, à sa carrière de champion de jiu-jitsu brésilien, Solo raconte tout, au micro de notre reporter Barbara Gouy.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Pénélope Gualchierotti, Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network.

#hiphop #groupeassassin

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Dans l'histoire du rap français, Assassin fait partie des pionniers.
00:15Moins connu du grand public qu'NTM Wayam, le groupe était très important pour les amateurs de rap dans les
00:20années 1990.
00:22Leurs trois albums ont été certifiés disques d'or, ils se sont vendus à plus de 100 000 exemplaires.
00:27Aujourd'hui, l'un des rappeurs d'Assassin, Solo, 58 ans, revient sur son parcours dans un livre.
00:34Il raconte sa découverte du mouvement hip-hop, les débuts d'Assassin aux côtés de leurs amis d'NTM,
00:40les années d'excès qui ont suivi le succès et les relations parfois conflictuelles avec l'autre rappeur du groupe
00:46Rockin' Squat,
00:47Mathias Cassel, le frère de l'acteur Vincent Cassel.
00:50Solo témoigne aujourd'hui dans Codesource au micro de Barbara Gouy.
01:03Je rejoins Solo dans une salle de sport dans le 20e arrondissement de Paris pendant son entraînement de jiu-jitsu
01:09brésilien,
01:10un art martial qu'il pratique à haut niveau depuis plusieurs années.
01:14On s'assoit sur le tatami et il commence à me raconter son histoire et son parcours de pionnier du
01:19hip-hop en France.
01:22Les parents de Souleymane Dicot, le vrai nom de Solo, sont arrivés en France, du Mali, en 1962.
01:29Ils se sont installés en région parisienne et Solo est né 4 ans après, le 26 août 1966.
01:35Il grandit à Fontenay-sous-Bois, près de Paris, et ses parents divorcent quand il a 10 ans.
01:40Mes parents étaient en guerre ensemble, donc j'ai bien compris que j'étais aussi un moyen de pression entre
01:51eux.
01:51Que ce soit de mon père envers ma mère en refusant de payer la pension alimentaire et ainsi de suite,
01:58et de ma mère vers mon père dans l'aspect « votre patriarcat de merde, avec moi ça marche pas
02:05».
02:06Et donc, voilà, c'est mon fils et c'est moi qui décide.
02:09Donc, coup de pression, coup de pression.
02:17Solo part vivre avec sa mère à Anthony, au sud de Paris, et il voit de moins en moins son
02:22père.
02:22Dans sa nouvelle école, Solo a du mal à trouver sa place.
02:26Quand il y a des anniversaires de classe qui sont organisés, toute la classe est invitée, sauf moi.
02:31C'est assez radical, mais c'est là où je comprends qu'en vérité, je ne suis pas comme tout
02:35le monde.
02:36Enfin, je suis noir, quoi.
02:38Je n'avais jamais eu cette perception-là, d'autant plus qu'effectivement, à Fontenay-sous-Bois,
02:42j'ai été invité à des anniversaires de classe, et je n'ai jamais eu le sentiment que j'étais
02:50à part.
02:51Et là, tout d'un coup, l'école me fait comprendre, ou on va dire, les trucs un peu extrascolaires
02:56me font très vite comprendre que je suis à part.
02:58Solo noue ses premières amitiés en colonie de vacances, pendant lesquelles il part partout en France avec d'autres jeunes
03:04qui vivent dans son quartier.
03:05On était tout le temps ensemble, on se voyait tout le temps. Le point de rendez-vous et de ralliement,
03:09c'était la gare d'Anthony, pendant pas mal de temps.
03:13Il y a eu des hauts, tout comme il y a eu des bas, puisque dans les années 80, il
03:18y a eu l'arrivée de l'héroïne dans cette banlieue,
03:23et on a perdu certains de nos camarades, déjà à l'adolescence. Ça a créé des situations difficilement gérables pour
03:32des ados.
03:33Plusieurs de ses amis meurent d'overdose et de complications médicales suite à la prise d'héroïne.
03:38Solo, quant à lui, ne touche pas à la drogue. En 1982, il est devant sa télé et regarde une
03:44émission de musique sur TF1, Megahertz.
03:50On nous présente cette nouvelle culture qui est en train de faire un raz-de-marée aux Etats-Unis, qui
03:56s'appelle le hip-hop.
03:58Alors ce soir, on va essayer de transformer le Bataclan en une annexe du Roxy de New York City,
04:04parce que Lady Blue, elle est arrivée avec ses potes, et ils sont là pour vous faire danser.
04:09TST, Africa Bombata !
04:11Et je regarde ça en me disant, mais tiens, quelle est donc cette chose ?
04:15Je regarde ça et je me dis, mais ils courent par terre, qu'est-ce qu'ils font ? Je
04:18ne comprends pas.
04:20Et d'autres qui sont debout, je suis émerveillé, dépassé, interloqué, il y a beaucoup trop de choses qui se
04:27passent en moi en même temps.
04:31Tout de suite, j'essaye. J'essaye déjà ces histoires de danse, et pour ce qui était du reste, je
04:38n'avais pas trop compris de quoi y retourner.
04:40autour de la musique, les gens qui parlent dans le micro, sans s'arrêter, et puis d'autres qui font
04:48des choses avec les mains sur les disques, d'avant en arrière,
04:52et je ne comprenais pas trop. Et puis il y avait aussi d'autres gens qui étaient là, qui faisaient
04:56des dessins avec des bombes.
04:58J'étais dépassé. Et puis plus le temps passe, et plus je me prends au jeu, c'est-à-dire
05:03déjà le jeu du perfectionnement,
05:05et d'être à la hauteur de ce que je perçois, parce qu'au début c'est que des perceptions,
05:09on voit une vidéo une fois de temps en temps, et puis effectivement il y a la sortie du film
05:15Flashdance,
05:16qui permet d'avoir une scène où tout est dedans.
05:23Et donc c'est un peu genre, bon ok, voyons voir, la marche arrière, qu'est-ce qu'il fait,
05:30ah puis les autres par terre, et voilà, et de là, je fonce.
05:37Solo découvre ce que Paris peut lui offrir en termes de hip-hop.
05:41Il commence à fréquenter des lieux qui diffusent ce style de musique, et se fait de premiers contacts.
05:46En parallèle, il s'entraîne régulièrement en breakdance au Trocadéro, un repère des fans de hip-hop.
05:52Un jour, il sèche les cours pour aller s'entraîner, et deux autres danseurs s'approchent de lui.
05:56Il semblerait que ça leur ait plu ce qu'ils aient vu de moi, et ils sont venus me proposer
06:00d'aller faire un casting pour une émission de télé.
06:03Donc moi j'ai dit oui, pourquoi pas, en n'y croyant pas trop.
06:06Et puis effectivement, on s'est retrouvés à danser derrière Julien Clerc, dans une émission de Patrick Sabatier.
06:13Donc déjà ça, lunaire, et puis on est restés en lien.
06:16Ils m'ont permis de rencontrer Sidney, à l'époque, qui animait une émission sur Radio 7,
06:23et qui était didier dans un club qui s'appelait L'Emeraude, de fil en aiguille,
06:28quand on lui a proposé d'animer une émission sur TF1.
06:41Lui nous a proposé à nous, jeunes danseurs, de l'accompagner dans cette aventure,
06:46et de devenir les jurys du défi qui prenait place au sein de l'émission.
07:02Cette émission est diffusée en 1984, et donne pour la première fois une certaine notoriété à Solo.
07:09A l'été de cette même année, il se rend aux Etats-Unis sur un coup de tête, à 17
07:13ans,
07:13pour découvrir plus en profondeur le hip-hop.
07:16J'arrive à la mecque de la culture hip-hop.
07:20J'ai la chance de rencontrer des gens qui sont vraiment très importants dans la culture,
07:27et je suis encadré par des gens qui vraiment comptent très très fort dans la culture.
07:35En fin de ce séjour, je suis malheureusement tombé un petit peu dans un piège.
07:43Une des icônes de cette culture était un prédateur, un prédateur sexuel.
07:48De par son positionnement et la manière qu'on avait de le regarder comme l'icône incontestée et incontestable,
07:56ça lui donnait un ascendant qui lui permettait d'avoir des comportements vraiment inappropriés.
08:02Solo parle d'Africa Bambata, une star du hip-hop américain considérée comme l'un des fondateurs de ce mouvement
08:08et qui héberge Solo lors de ce premier séjour à New York.
08:12Chez Bambata, Solo commence par voir un jeune homme au pied de son lit, avec Bambata,
08:17sans trop comprendre ce qu'il se passe.
08:19Plus tard, Bambata appelle Solo pour qu'il vienne dans le salon,
08:22pendant qu'il est en train de regarder du contenu pornographique.
08:26Solo ne veut pas revenir en détail sur ce qu'il s'est passé,
08:28mais dans son livre, il dit avoir été victime d'abus sexuels.
08:32Solo revient en France, mais peu de temps après,
08:35il retourne à New York et il dort à nouveau chez Africa Bambata.
08:38L'erreur, le déni, je pense que mon rêve et ce par quoi j'étais porté,
08:43l'énergie par laquelle j'étais porté était plus importante que ce que j'avais vu,
08:48ou ce que j'avais subi, jusqu'à un certain point.
08:52Il y a un moment où le malaise est tellement fort que, ben voilà, on coupe les ponts.
08:57Pendant ce deuxième séjour, Africa Bambata prend une photo polaroïde de Solo,
09:01que Solo caractérise de compromettante.
09:03Solo quitte l'appartement de Bambata et réussit à se faire héberger ailleurs.
09:08Il ne perd pas son objectif de vue.
09:10Il veut rester à New York pour être là où le hip-hop est en plein essor.
09:14Pour moi, le plus important, c'était d'être là-bas et de vivre ce qui me faisait rêver.
09:18D'être vraiment là où ça se passe.
09:20D'aller dans les clubs qui sont les clubs mythiques.
09:22D'écouter la musique qui est la dernière musique du moment.
09:25De voir les derniers mouvements de danse qui sont les derniers mouvements du moment.
09:30Donc, en clair, d'être au centre de là où ça se passe.
09:34Avec les gens avec qui ça se passe.
09:36C'était ça, pour moi, le plus important.
09:39Ne pas savoir où dormir ou peut-être ne pas manger.
09:42Sauter un repas, deux, trois, voire quatre repas.
09:45Pour moi, ça ne voulait rien dire.
09:46Et je me disais, d'accord, je n'ai peut-être pas un dollar en poche.
09:49Mais ça va, je mange à peu près à ma faim.
09:52Je trouve que quand même, je suis bien entouré.
09:55Je connais des gens qui sont du gratin.
09:57C'était juste incroyable.
09:58J'étais à fond.
09:59Pendant ses voyages à New York, Solo fait la rencontre de Vincent Cassel,
10:02avec qui il devient inséparable.
10:04Lors d'une soirée, ils prennent de la cocaïne.
10:06J'étais tellement sur un nuage, en général, que ma perception de cette expérience, c'était
10:12« Ah ben ça va, c'est cool ».
10:14J'ai passé la nuit de 11h du soir jusqu'à midi le lendemain dehors.
10:19Mais pour moi, il ne s'est rien passé d'incroyable.
10:22Je ne me dis pas « Ah ouais, j'ai pris un truc qui a fait que je suis resté
10:26réveillé ».
10:26Non.
10:27Il y a un truc qui, pour moi, ça passe comme une lettre à la poste.
10:29Solo abandonne petit à petit la danse pour s'intéresser à d'autres formes de hip-hop.
10:33Ce qui l'intrigue, c'est le rap.
10:35J'ai la chance d'être entouré quand même de gens qui sont assez volontaires,
10:40notamment le petit frère de Vincent Cassel, qui s'appelle Mathias,
10:45Rocking Squat, de son nom de scène,
10:48qui lui fait partie, je dirais un peu, des Virtuoses.
10:52C'est vraiment le personnage, un des personnages les plus volontaires que j'avais dans mon entourage.
10:59Et de voir vraiment comment il était habité au bout d'un moment,
11:03vraiment, ça m'a vraiment intrigué.
11:05Je me suis dit « Mais le gars, il lâche jamais ».
11:13Avec Mathias Cassel, alias Rocking Squat,
11:15Solo crée un groupe en 1985, Assassin.
11:19Peu de temps après, le groupe de rap NTM se forme,
11:22avec Joey Star et Cool Shen.
11:24Les quatre musiciens sont amis et décident de s'imposer à l'antenne de Radio Nova,
11:28qui est précurseur sur le hip-hop en France.
11:35On y va, et la première chose, déjà pour marquer les esprits,
11:39c'est qu'on arrive et on vide le studio.
11:43Déjà, qu'on comprenne bien que, cette fois,
11:47c'est nous qui prenons l'antenne d'assaut.
11:50Nous, notre petit clan, Cool Shen, Joey Star, Rocking Squat et moi.
12:01Et donc, ce jour-là, je pense qu'on marque d'une empreinte indélébile
12:06le fait que le clan NTM Assassin est un clan qui ne rigole pas
12:12dans la manière qu'on a d'aborder le rap.
12:21Leur passage sur Radio Nova fait sensation.
12:24Quelques mois plus tard, Radio Nova organise une soirée
12:26dans la salle mythique de l'Elysée Montmartre et invite Assassin.
12:30Face à l'ascension de son groupe, Solo perd pied.
12:33Je me prends pour ce que je ne suis pas.
12:35Et puis, je commence à vivre un peu les événements
12:39d'une manière qui est là encore, je suis dans le rêve.
12:41Je crois que je ne touche plus terre, mais je ne touche plus terre,
12:44pas j'ai la grosse tête.
12:46C'est pire que ça.
12:48Je suis un personnage que je suis franchement très, très loin d'être.
12:52De me balader avec 10 000 francs en petite coupure,
12:57d'acheter de la drogue, d'aller en club, de boire plus que de raison,
13:03de me droguer aussi plus que de raison.
13:06Freestyle.
13:07Et puis, plus rien ne m'arrête.
13:08Et puis, en même temps, bon, ça va, tant que ça passe
13:11et que je ne me mange pas trop de mûres, allons-y, quoi.
13:14Solo et Rock'n Squad veulent organiser un concert à la cigale,
13:17alors qu'ils n'ont jamais sorti d'album.
13:20Ils vont directement voir le gérant de l'établissement pour le convaincre.
13:23Il accepte.
13:24Et qui fait que M. Jacques Renaud produit pour nous un concert à la cigale
13:30qu'on remplit, quoi, le jour même.
13:32Puisque je ne crois pas qu'il y ait de pré-vente ou de ce genre de trucs-là.
13:35Et la cigale est pleine, ce qui nous permet de signer le contrat
13:41avec Remarque Records, qui amènera au premier maxi
13:45« Note mon nom sur ta liste ».
13:50C'était le 3 mars 1991.
13:53Le maxi que l'on pourrait appeler EP, et qui est une sorte de mini-album,
13:58est produit par le label Remarque Records.
14:00Mais le label ne respecte pas le contrat.
14:02Il devait débloquer les fonds pour la production d'un album
14:05à partir de 40 000 ventes du maxi.
14:08Cette promesse n'est pas honorée.
14:09« Note mon nom sur ta liste ! »
14:12Le groupe de solo, Assassin, lance alors Assassin Productions,
14:15et ils produisent leur album de manière indépendante.
14:18En mars 1993, l'album sort et marche bien.
14:23En parallèle, les relations entre rockin' squat et solo se dégradent.
14:27Une guerre d'égo se met en place jusqu'à un concert caritatif
14:30pendant lequel rockin' squat et solo ont un accrochage.
14:34Je dis quelques mots en anglais comme j'en ai eu l'habitude depuis un bon bout de temps.
14:41J'étais toujours dans ce truc new-yorkais, et ainsi de suite.
14:45Donc je suis là et je ne sais plus ce que je dis,
14:47ou je parle en anglais, et tout ce quoi de me répondre
14:51« Ouais, mais on est à Paris ici, gars. »
14:54« Je le prends vraiment mal. »
14:56Tout ce truc de rapport passif-agressif,
14:58et en fait, t'es avec moi ou t'es contre moi ?
15:00Et là, pour moi, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase,
15:03donc je fais « Bon, vas-y, c'est bon, tu m'as saoulé. »
15:05Solo décide de quitter le groupe Assassin,
15:07et il part vivre quelques temps à Marseille.
15:09« Je pense que si je restais à Paris,
15:11à un moment, je pense que je n'allais pas faire long feu.
15:14Vu les races que j'étais capable de me mettre,
15:16ça n'aurait pas bien fini. »
15:19Je suis parti à Marseille,
15:20et gros coup de chance,
15:23j'ai fait des rencontres à Marseille
15:25qui m'ont permis de vraiment développer
15:28mon goût de la production,
15:30et j'en ai profité à fond.
15:32Et ça m'a bien sauvé,
15:34je me suis concentré sur autre chose,
15:36et second souffle.
15:37Je décide de revenir à des choses
15:40qui sont très terre-à-terre
15:42et très simples pour moi,
15:43par exemple mixer.
15:45Ça a mis quelques années,
15:47mais dans les années 2000,
15:49Marseille, le camarade de toujours,
15:52qui est Uncle O,
15:55alias Olivier Carrier,
15:57m'a proposé de mixer avec lui.
15:59On a fait une première partie
16:01d'Eryta Mitsuko.
16:03Ça a plu,
16:04et donc Jacques Renaud,
16:06le même Jacques Renaud,
16:08nous a proposé,
16:09nous a dit « Écoutez,
16:09vous avez l'air de bien vous amuser,
16:11puis ça a l'air de plaire aux gens
16:12ce que vous faites.
16:13Si vous voulez,
16:14je vous propose de vous donner
16:15un créneau à la boule noire
16:17pour que vous puissiez organiser
16:19votre soirée. »
16:20Et voilà,
16:21et ça y est, c'est parti.
16:22Et puis ça commence à faire
16:23son petit bruit,
16:24tout doucement,
16:25on s'aperçoit qu'il y a des gens
16:27qui sont quand même
16:28musicalement très en vue,
16:30qui sont touchés par ça.
16:31Et voilà,
16:33c'était une forme de résurrection
16:35et le côté de...
16:38Enfin,
16:38de mettre dans la même marmite
16:40tout ce qui,
16:42à mon goût,
16:44caractérise
16:44la culture hip-hop,
16:46de l'électro-funk,
16:47de l'électro,
16:48de la new wave,
16:48du disco,
16:50tout y passe.
16:51Et on arrive quand même
16:53à faire en sorte
16:53que ce soit cohérent
16:56et assez entraînant.
16:58On joue de tout,
16:59mais vraiment de tout.
17:00Solo et Uncle O,
17:01dans ses alternatives,
17:02les DJers et animators
17:03des soirées toxiques.
17:06Dans les années 2000,
17:07Solo sort enfin
17:08la tête de l'eau
17:09et il s'attaque également
17:10à ses addictions.
17:11D'arrêter de boire,
17:13par exemple,
17:15ou de se droguer
17:15ou de fumer
17:17pendant les sets,
17:18je vois comment ça change
17:20le contenu du set.
17:21Comment mon set
17:22n'est plus du tout le même
17:24et que des gens
17:24viennent me voir
17:25et me disent
17:25« Oh putain,
17:26t'étais bon aujourd'hui !
17:27Ah ouais,
17:27là,
17:28t'as mixé ! »
17:29La seule chose
17:30qui a changé,
17:30c'est que j'ai pas bu
17:32et que j'ai été
17:33clair et net
17:35tout le temps.
17:36Donc,
17:36je vois que ça impacte.
17:37Donc,
17:38il y a un moment
17:38où je me dis
17:38« Bon,
17:39peut-être que c'est
17:40dans tous les domaines
17:41de ma vie
17:41qu'il faut que
17:42j'en sois là. »
17:44Solo parvient
17:45à arrêter la drogue
17:46et l'alcool à outrance.
17:47Ces sets
17:48se font remarquer
17:49lorsqu'un nouveau club
17:50est sur le point
17:50d'ouvrir,
17:51le Silencio.
17:52Et Solo devient
17:53résident permanent
17:54de ce club
17:55pendant plus de deux ans.
17:56En 2024,
17:58Solo décide
17:58d'écrire un livre
17:59pour raconter son parcours.
18:00« Je pense que je suis
18:02un personnage incontournable
18:04du développement
18:05de cette culture
18:06et pas dans le côté
18:07moi-moi-moi
18:09égocentrique
18:09et ainsi de suite,
18:10mais comme tout le monde
18:11y va
18:11de son histoire
18:13et de donner
18:14sa version des faits. »
18:16Je me disais
18:16« Ce serait pas mal
18:18que je donne moi
18:18ma version.
18:19Ma version
18:20et ce par quoi
18:21je suis passé.
18:23Ni plus ni moins.
18:25Chacun donne
18:26sa version.
18:26Voilà la mienne. »
18:38Barbara,
18:39Solo,
18:39qu'est-ce qu'il fait
18:40maintenant ?
18:40« Alors,
18:41il s'est passionné
18:41pour le jiu-jitsu brésilien
18:43il y a une quinzaine
18:43d'années
18:44et quand je suis allée
18:44le voir dans son dojo
18:45où il s'entraîne,
18:46tout le monde le connaît,
18:47tout le monde lui parle.
18:48On sent vraiment
18:48qu'il est dans son élément.
18:50Il s'entraîne beaucoup
18:50et il a remporté
18:51son premier championnat mondial
18:53en 2022.
18:54Sinon,
18:55en parallèle
18:55de ses compétitions
18:56de jiu-jitsu,
18:57il n'a pas totalement
18:57arrêté la musique.
18:58Il a par exemple
18:59travaillé sur la
19:00programmation musicale
19:01du 211
19:02qui est un club
19:03dans le parc de la Villette
19:04à Paris.
19:04Est-ce qu'il s'est réconcilié
19:05avec l'autre rappeur
19:07d'Assassin,
19:07Rockin' Squat ?
19:08Les relations entre eux
19:09ont été compliquées
19:10mais aujourd'hui,
19:11oui,
19:11ils se sont réconciliés.
19:12Ils sont d'ailleurs
19:13remontés sur scène
19:14en 2009 à l'Olympia.
19:15Donc,
19:16plus de 20 ans
19:16après avoir fondé
19:17leur groupe Assassin,
19:18ils ont rempli
19:19l'Olympia ensemble
19:20pour un concert
19:20de plus de deux heures.
19:22Dernière question,
19:22Barbara,
19:23est-ce qu'il a des regrets
19:27partis d'Assassin ?
19:28Mais il a travaillé
19:29avec Mathieu Kassovitz
19:30sur le film La Haine
19:31et sur la direction artistique
19:33de l'album
19:34des musiques inspirées
19:35du film
19:35qui avait fait un carton
19:36à l'époque.
19:37Et sur cet album,
19:38il devait faire un titre
19:39avec NTM
19:40mais au moment de l'enregistrer,
19:41il était dans le studio
19:42et son anxiété
19:43a pris le dessus.
19:44Il a perdu ses moyens
19:45donc il ne l'a pas fait.
19:46Ce morceau n'a jamais existé
19:48et pour lui,
19:49oui,
19:49ça reste un regret.
19:50Merci Barbara Gouy.
19:52Le livre de Solo
19:53est publié par Masso Editions.
19:55Le titre,
19:56c'est
19:56« Note mon nom sur ta liste »
19:58en référence à l'un
19:59des tout premiers morceaux
20:00d'Assassin.
20:01Ce podcast a été produit
20:02par Clara Garnier-Amourou
20:03et Pénélope Gualquier-Oti
20:05réalisé par Pierre Chaflongeon.
20:07Code Source
20:07est le podcast quotidien
20:09d'actualité du Parisien.
20:10Nous publions un nouvel épisode
20:12chaque soir de la semaine
20:13du lundi au vendredi.
20:14Et puis on vous invite également
20:15à écouter Crime Story,
20:16le second podcast du Parisien.
20:18Chaque samedi
20:19dans Crime Story,
20:20une nouvelle affaire criminelle
20:21racontée par Claudia Prolongeau
20:23et Damien Delseny.
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