- il y a 11 heures
La maladie a un prix. Mais ce prix ne se limite pas aux ordonnances, aux analyses ou aux frais d’hospitalisation.
Derrière chaque diagnostic, il y a parfois une perte d’emploi, une famille fragilisée, une détresse psychologique, un avenir compromis.
On parle rarement de ce coût invisible de la maladie, pourtant il pèse lourd sur les ménages et sur la société.
Pour en savoir plus sur le sujet, rendez-vous ce mercredi 18 mars 2026 avec le Dr Alassane Maïga, spécialiste en santé publique.
Derrière chaque diagnostic, il y a parfois une perte d’emploi, une famille fragilisée, une détresse psychologique, un avenir compromis.
On parle rarement de ce coût invisible de la maladie, pourtant il pèse lourd sur les ménages et sur la société.
Pour en savoir plus sur le sujet, rendez-vous ce mercredi 18 mars 2026 avec le Dr Alassane Maïga, spécialiste en santé publique.
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00:00La maladie a un prix, mais ce prix ne se limite pas aux ordonnances, aux analyses ou aux frais d
00:06'hospitalisation.
00:08Derrière chaque diagnostic, il y a parfois une perte d'emploi, une famille fragilisée, une détresse psychologique et un avenir
00:15compromis.
00:16On parle rarement de ce coût invisible de la maladie, pourtant il pèse lourd sur les ménages et sur la
00:23société.
00:23Comment mesurer ce que la maladie nous coûte vraiment et surtout pourquoi la prévention restait notre meilleure arme pour protéger
00:31notre santé et notre économie familiale ?
00:34Pour en parler, nous recevons le Dr Alassane Maïga.
00:38Bienvenue dans Face aux Santé, votre rendez-vous pour comprendre, prévenir et agir.
01:14Bonjour Docteur.
01:16Bonjour.
01:16Bienvenue sur notre plateau.
01:18Merci.
01:19Nous allons vous demander de vous présenter à nos internautes.
01:22Je suis Alassane Maïga, médecin en spécialisation en santé publique.
01:29D'accord.
01:30Quand on parle du coût de la maladie, on pense souvent aux frais d'hospitalisation ou aux médicaments.
01:36Mais qu'entend-on réellement par coût non visible de la maladie ?
01:41Alors, merci déjà pour cette opportunité de pouvoir encore contribuer à l'éducation des populations en matière de santé.
01:50Quand on parle de coût invisible, c'est ce qu'on appelle souvent ce qui ne se fait pas ressentir
01:56tout de suite et maintenant.
01:57Quand vous êtes malade et que vous partez pour consulter, ce que vous ressentez, c'est les frais que vous
02:02payez pour consulter.
02:03Ce sont les frais pour faire les examens et les frais pour payer les médicaments ou parfois les frais d
02:08'hospitalisation et de soins, que ce soit en interne ou en externe.
02:12Mais il y a d'autres coûts qui sont indirects, qui ne se font pas ressentir tout de suite, mais
02:18qui après vont avoir un impact considérable sur votre vie et sur la vie de votre famille.
02:22C'est ce qu'on appelle le coût indirect ou invisible.
02:25Invisible parce qu'on ne voit pas ça tout de suite.
02:28Et pourquoi est-il important d'aborder cette dimension souvent ignorée dans nos sociétés ?
02:33C'est important en effet d'aborder cette dimension parce que les gens ne ressentent pas tout de suite que
02:41quand je préviens une maladie, j'économise, je gagne en temps en productivité.
02:47Les gens donc prennent le temps ou bien ne partent pas du tout consulter jusqu'à ce que ça arrive
02:52à un niveau critique avant de se rendre à l'hôpital.
02:55Et alors les coûts exorbitants liés à la prise en charge ne se ressentent pas tout de suite parce qu
03:00'ils se disent bon je suis malade, je vais me soigner.
03:03Alors qu'il est plus important qu'on puisse prévenir pour éviter que ce coût-là n'impacte sur la
03:09vie de la famille.
03:10On planifie nos mariages, on planifie nos projets de carrière, on planifie tout mais on ne planifie pas notre santé.
03:16Jusqu'au jour où on tombe malade, on se rend à l'hôpital et en ce moment bonjour les dégâts
03:21financiers.
03:22Mais puisque ça sort de la poche, on ne sent pas ça tout de suite.
03:25Et pourtant ça a un impact sur beaucoup d'aspects de notre vie.
03:28Mais justement, au-delà des dépenses médicales, quels sont les impacts psychologiques d'une maladie sur un patient ?
03:37Alors déjà quand vous êtes malade, vous avez le sentiment de perdre votre estime de vous-même.
03:43Vous avez ce sentiment que vous êtes isolé.
03:46En tout cas vous êtes seul dans votre coin, vous êtes le seul à ressentir votre mal.
03:50Mais vous avez aussi le sentiment que vous pouvez perdre la vie.
03:54Parce que quand on est malade, souvent ça nous rappelle qu'on peut mourir.
03:58Et donc tout ce stress-là, ça fait que la maladie nous rappelle à quel point il est important de
04:03prévenir.
04:04Mais puisqu'on le dit souvent en Afrique, on dit que conseil ne conseille pas.
04:09Ce sont les conséquences qui conseillent.
04:10Malheureusement, alors que dans d'autres contrées, les gens privilégient beaucoup plus la prévention.
04:17Parce que quand vous prévenez, vous limitez les dégâts à plusieurs niveaux.
04:21Déjà votre système reste intact.
04:23Vous gagnez beaucoup plus en productivité.
04:26Vous gagnez beaucoup plus en termes d'économie sur justement les aspects de votre vie.
04:31Et la maladie peut-elle affecter la stabilité familiale ?
04:36Si oui, comment ?
04:37Évidemment, la maladie peut même mettre fin à l'amour entre deux personnes.
04:41Imaginez un conjoint qui est diagnostiqué d'un cancer.
04:44Je prends par exemple une femme, ça peut être aussi un homme.
04:47Diagnostiqué d'un cancer.
04:49Vous savez que le cancer, quand il est malin, ça veut dire que quand c'est une tumeur maligne,
04:53on n'arrive pas à guérir.
04:55On est amené à prendre des médicaments, à faire des suivis.
04:58En tout cas jusqu'à la fin de sa vie, jusqu'à ce que Dieu décide autrement.
05:02Donc quand vous prenez quelqu'un comme ça, rien que les médicaments, le suivi, les examens,
05:06ça vide, ça épuise la poche.
05:08Et en ce moment, votre conjoint qui vous supporte, qui vous aime bien, va commencer à se dire
05:14« mais elle commence à peser vraiment sur mes économies ».
05:16Et à un certain moment, ça peut vraiment éclater totalement la famille,
05:20puisque les proches qui contribuent aux soins, qui arrêtent leur travail pour venir vous rendre visite,
05:25tout ça, ça va avoir un impact sur eux.
05:27Et à un certain moment, vous serez seul.
05:30Parce que tout le monde sera fatigué de vous accompagner,
05:33surtout quand c'est une maladie chronique qu'on ne peut pas guérir.
05:36Vous êtes tout le temps amené à aller pour des soins, pour des examens, pour un suivi.
05:41Et tout ça, c'est vos proches qui vont aussi avoir en tout cas un impact sur leur vie.
05:46Donc vraiment, ça peut contribuer à dégrader totalement les liens familiaux,
05:51et en tout cas les relations souvent sentimentales.
05:54Quoi qu'on lui dise que c'est fort, mais la maladie peut briser ça.
05:58Effectivement.
05:58Vous avez tantôt parlé des maladies chroniques.
06:01Est-ce que les maladies chroniques ont un coût social plus lourd que celle aiguë ?
06:07Évidemment, parce que quand on dit que c'est chronique, ça veut dire que ça dure dans le temps.
06:11Et ce qui dure dans le temps, ça épuise financièrement.
06:14Donc forcément, ça va avoir un coût plus que les maladies aiguës.
06:17Les maladies aiguës, c'est spontané.
06:18On fait ça deux jours, trois jours, une semaine, et c'est fini.
06:21Quand vous avez un paludisme, vous avez trois jours de prise en charge,
06:25vous allez prendre les médicaments, c'est fini.
06:26Mais quand vous avez une tension, on dit tension, mais c'est l'hypertension artérielle,
06:31vous êtes amené à faire des examens et à prendre des médicaments à vie.
06:36Donc forcément, ce n'est pas le même coût.
06:38Que ce soit financièrement, que ce soit en termes de productivité,
06:42que ce soit en matière de lien, de relation familiale,
06:45les maladies chroniques ont un coût.
06:47En tout cas, plus important que les maladies aiguës.
06:51De façon générale, peut-on dire que la maladie contribue à l'apprevissement des ménages ?
06:56Évidemment.
06:58Selon les données de base de l'Organisation mondiale de la santé pour 2024,
07:03près de 25% des revenus des familles des ménages en Afrique subsaharienne
07:08partent dans les dépenses de santé.
07:09Vous comprenez déjà l'ampleur.
07:11On est parfois dans un cercle vicieux où la maladie conduit à la pauvreté.
07:16La pauvreté conduit à la maladie.
07:18Parce que quand vous êtes malade, vous devez vous soigner.
07:20Et les soins vont vous épuiser financièrement.
07:22Ce qui vous conduit à la pauvreté.
07:24Quand vous êtes pauvre, vous n'avez pas de l'argent pour vous soigner.
07:26Ça crée un cercle vicieux.
07:28Évidemment, donc, la maladie contribue à l'appauvrissement des familles.
07:31Parce que jusqu'à présent, l'État fait beaucoup d'efforts parce qu'actuellement,
07:36on est dans une dynamique de couverture de la sanité universelle avec l'assurance maladie
07:40qui a déjà commencé même.
07:42C'est en tout cas un espoir.
07:44Mais avant ça, ce sont les familles qui gèrent entièrement les dépenses liées aux soins de santé.
07:50Vous avez pris l'exemple sur un couple là où la dame souffre d'un cancer.
07:55Et quels sont les autres impacts sur les aidants qui accompagnent un malade d'une longue durée ?
08:00Alors là, c'est ça qui nous permet de nous rendre compte que la maladie a beaucoup plus d'impact
08:05invisible
08:06que justement ce qu'on voit.
08:08Parce que déjà, quand vous êtes malade, vous êtes alité ou hospitalisé,
08:11il faut que vous ayez des accompagnants.
08:13Des gens qui vont vous aider à vous nourrir, à faire certaines choses.
08:15Ces personnes doivent laisser leur travail.
08:17Donc, ils ne sont plus productifs.
08:19Vos liens familiaux, vos relations, vos parents sont amenés à vous rendre visite.
08:24Ils vont laisser leur travail, leurs occupations pour venir vous rendre visite.
08:27Donc, ça va avoir un impact sur toute la famille, sur toutes vos relations,
08:31parce qu'ils sont appelés à vous soutenir.
08:33Que ce soit moralement, que ce soit financièrement.
08:36Ils doivent vous soutenir, ils ne doivent pas vous abandonner.
08:38Donc, forcément, ce soutien qu'ils vous apportent a un poids sur leur vie et sur leur productivité.
08:44Donc, en réalité, quand on tombe malade, c'est toute la société qui est touchée.
08:49C'est pourquoi il est important de tout faire pour prévenir.
08:53Justement, peut-on éviter réellement certaines maladies grâce à la prévention?
08:58Évidemment, il y a beaucoup de maladies qu'on peut éviter grâce à la prévention
09:03ou même, au moins, influencées si on ne peut pas éviter.
09:07Quand vous prenez, par exemple, des maladies comme la variole, la poliomélite, la rougeole,
09:12ce sont les programmes de vaccination qui font partie de la prévention,
09:15qui ont permis d'éviter des milliers de morts.
09:17Donc, évidemment, la prévention, ça aide.
09:20Parce que non seulement au niveau de l'état, ça aide, mais au niveau des individus, ça aide.
09:24Mais quand vous prenez aussi des maladies qui font, par exemple, l'hypertension artérielle, le diabète,
09:29c'est notre mode de vie, notre façon de nous alimenter, nos habitudes,
09:36que ce soit alimentaire, que ce soit nos habitudes de travail.
09:39C'est tout ça qui crée une surcharge, qui contribue à ce que ces maladies se manifestent.
09:44Donc, si vous arrivez à bien vous comporter, à avoir une bonne hygiène de vie,
09:50toutes ces maladies-là, justement, au moins, si vous avez une partie génétique,
09:54parce qu'il y a des maladies qui ont des facteurs génétiques.
09:56Ces maladies qui ont des facteurs génétiques, là,
09:59quel que soit ce que vous faites,
10:01si, par exemple, ça se transmet de père en fille,
10:03souverain de mère en fille, en tout cas de parent en enfant,
10:06dans la transmission générationnelle,
10:07vous serez touché, mais vous pouvez retarder l'apparition de la maladie
10:13ou bien l'apparition des symptômes ou bien même son évolution vers les complications
10:18par votre façon de vivre, par votre mode de vie.
10:22Donc, c'est pourquoi il est important, justement,
10:24de pouvoir maximiser sur la prévention,
10:28parce que c'est ça qui va nous permettre de vivre bien et de vivre longtemps.
10:33D'accord.
10:34Parlant de la prévention, il y a trois types de prévention.
10:36Quelle différence pouvons-nous faire entre ces préventions primaires, secondaires et tertiaires?
10:43Alors, c'est simple à comprendre.
10:45La prévention primaire, comme son nom l'indique, c'est ça qui vient en premier.
10:49Elle vient en amont de la maladie.
10:51L'objectif, c'est de faire en sorte qu'on ne tombe pas malade.
10:54Donc, quand on applique les mesures de prévention dans une communauté,
10:57c'est pour réduire l'incidence de la maladie,
11:00le nombre de cas de ceux qui sont tombés malades
11:02ou bien, en tout cas, son apparition.
11:03Donc, par exemple, par des programmes de communication pour le changement de comportement,
11:08les sensibilisations, les programmes de vaccination,
11:11ça fait partie de la prévention primaire.
11:14Il y a maintenant la prévention secondaire.
11:16Lorsque la communication, l'éducation pour la santé, les vaccinations
11:19n'ont pas permis d'éviter que la personne tombe malade et qu'elle est quand même malade,
11:24il y a la prévention secondaire.
11:25Donc, l'objectif vise justement à limiter l'évolution de la maladie vers les complications
11:30ou bien à limiter les rechutes et les récidives.
11:34Donc, ça, c'est la prévention secondaire.
11:36Maintenant, quand tout ça échoue, il y a la prévention tertiaire.
11:40La prévention tertiaire va permettre, quand quelqu'un, par exemple, a le cancer,
11:45on lui apporte des soins palliatifs, ça lui permet de l'accompagner.
11:48Dans la prévention secondaire, je ne l'ai pas mentionné,
11:51il y a, par exemple, le dépistage et le traitement précoce.
11:55Quand, par exemple, il y a des cancers,
11:57quand on apprend, en tout cas, on dépiste ça précocement,
12:01on arrive à traiter ça plus rapidement que lorsque ça évolue.
12:04Mais quand on n'arrive pas à dépister et à traiter précocement
12:07et que quand même la maladie évolue,
12:09il y a la prévention tertiaire qui va permettre de limiter justement son évolution.
12:14Si vous avez, par exemple, deux ans ou trois ans à vivre,
12:18la prévention tertiaire va faire en sorte d'agir sur l'évolution
12:22pour que ça ralentisse, en tout cas, la progression de la maladie et son pronostic
12:27pour faire en sorte que vous puissiez vivre, en tout cas, durablement.
12:31Donc, ce sont les trois niveaux,
12:33mais ce sont des niveaux qui sont interconnectés.
12:36Voilà, la prévention primaire, la secondaire et la tertiaire sont interconnectés.
12:41Et dans les programmes d'éducation pour la santé,
12:45tout s'est mis ensemble.
12:48Mais est-ce que la prévention coûte plus cher que le traitement?
12:52Parce que nous voyons que les gens n'ont pas cette éducation-là.
12:58Ils préfèrent se laisser abattre, atteindre par la maladie avant d'aller à l'hôpital.
13:03Est-ce que la prévention coûte plus cher?
13:05Alors, je vous prends juste un exemple.
13:07L'exemple que je vais prendre, c'est peut-être que je vais prendre deux exemples.
13:11La maladie rénale et puis l'hypertension artérielle.
13:14L'insuffisance rénale, qui est une maladie, quand ça arrive au stade terminal,
13:20est vraiment à beaucoup d'impact sur la vie parce que les soins coûtent hyper cher,
13:23notamment l'hémodialisme.
13:25Vous avez la possibilité d'appliquer certaines mesures simples.
13:29Ne pas retarder vos urines quand vous avez envie d'uriner.
13:31Boire suffisamment d'eau pour permettre de faciliter la filtration.
13:36éviter l'automédication, certaines tisanes et médicaments traditionnels dont le dosage n'est pas bien maîtrisé.
13:43Tout ça, ça joue sur le rein.
13:44Si vous arrivez à avoir une bonne hygiène qui vous permet de jouer sur ces paramètres-là,
13:49eh bien, vous allez éviter l'insuffisance rénale.
13:52Si vous n'arrivez pas à l'éviter, ça, ça ne vous coûte rien.
13:54Ça ne vous coûte rien, par exemple, d'uriner quand vous avez besoin, de boire assez d'eau.
14:00Ça ne vous coûte rien.
14:01Mais si vous tombez malade et que l'insuffisance rénale arrive à un stade terminal
14:05où il n'y a que la dialyse qui peut vous sauver, allez-y, vous demandez le prix d'une
14:10dialyse.
14:11Si ce n'est pas que maintenant le gouvernement, dans sa dynamique d'amélioration,
14:14a fait que les prix ont baissé, avant, la dialyse pouvait prendre tout un salaire d'un mois, une seule
14:20dialyse.
14:21Pourtant, il peut arriver à faire deux dialyses par semaine.
14:24Ou une par semaine, imaginez-vous quelque chose dont on ne guérit pas d'ailleurs.
14:27Vous êtes appelé à faire la dialyse toute votre vie.
14:30Et une seule dialyse, ça dépasse parfois un salaire.
14:34Donc, imaginez, ce n'est pas comparable.
14:36Alors que l'autre côté, la prévention, ça ne vous coûte rien.
14:38Quand je prends la question de l'hypertension artérielle, c'est vrai qu'il y a d'autres facteurs qui
14:42interviennent.
14:44Mais si vous arrivez à contrôler votre tension, vous arrivez à pratiquer des acteurs sportifs,
14:49vous limitez votre consommation du sel, ainsi de suite,
14:52qui sont des facteurs qui entraînent justement cette maladie-là.
14:56Ce n'est pas comparable à lorsque vous êtes malade et qu'on vous prescrit un médicament,
15:02en tout cas d'hypertension.
15:06Les médicaments d'hypertension, je prends par exemple, quand vous êtes hyper tendu,
15:09il peut y avoir des troubles ioniques.
15:12Donc, quand il y a des troubles ioniques, vous avez par exemple un défaut de potation.
15:16Il y a un médicament qu'on appelle le kaecelat, qui n'est pas parfois à moins de 40 000
15:21francs.
15:22Pourtant, même le tensiomètre qu'on prend pour mesurer la tension, ça ne vaut pas 15 000 ou bien 20
15:27000 maximum.
15:28Donc, il n'y a qu'un seul médicament pour lutter contre l'hypertension,
15:32des choses dont on ne guérit pas d'ailleurs.
15:34Vous voyez.
15:35Donc, quand on compare un peu même les coûts de ce que la prévention coûte par rapport à ce qu
15:41'on injecte dans les soins,
15:42il n'y a même pas de comparaison à faire.
15:44La prévention, c'est notre arme.
15:46Si on rate ça, bon, on doit pouvoir en tout cas faire face aux conséquences.
15:51Sans oublier le fait que le système de santé à lui-même coûte énormément au budget de l'État.
15:58Les médicaments, les vaccins, les appareils qu'on met à disposition de la population,
16:03c'est parce que l'État les subventionne.
16:05Si l'État ne subventionne pas, là, ça va être la catastrophe.
16:10Donc, le fait même d'adopter une bonne attitude de prévention,
16:13en réalité, on contribue au développement du pays
16:16parce que ça permet à l'État de réduire considérablement les dépenses liées à la santé
16:20et de pouvoir les injecter dans d'autres domaines de développement
16:23comme l'agriculture, la sécurité alimentaire ou bien l'éducation et autres.
16:29Mais est-ce que la prévention, elle est uniquement une responsabilité individuelle ?
16:35Il faut dire que c'est plutôt un contrat
16:36parce que quand vous êtes malade, ce n'est pas le président du FASO qui est malade.
16:41Il ne ressent pas la maladie.
16:42Ce n'est pas le ministre de la Santé qui est malade.
16:44C'est vous, vous êtes malade.
16:45Donc, la responsabilité nous incombe individuellement d'abord
16:48parce que quand on est malade, c'est d'abord nous.
16:51Maintenant, comme nous sommes dans un État
16:53et on n'est pas supposé avoir toutes les informations pour prévenir,
16:57l'État est chargé maintenant d'accompagner
16:59pour qu'on ait accès à l'information sur les maladies,
17:02sur les signes, sur les moyens de prévention.
17:04Donc, c'est la communication pour le changement de comportement.
17:06L'État est appelé aussi à subventionner les vaccins
17:09pour que les populations puissent se faire vacciner.
17:12Certains médicaments, certains appareils,
17:14ça, c'est l'accompagnement de l'État et aussi de la société
17:17parce que quand on dit l'État, c'est nous tous.
17:20Mais vous, en tant qu'individu,
17:22la responsabilité vous incombe de mettre en œuvre,
17:24en pratique, les mesures de prévention
17:26pour ne pas tomber malade.
17:28Parce qu'une fois que vous tombez malade,
17:30la charge, ça se répartit encore chez tout le monde,
17:34tout le monde le ressent.
17:35OK. Mais, docteur, comment intégrer davantage
17:38la culture de la prévention dans nos habitudes quotidiennes?
17:42Comme je l'ai dit, il faut simplement se dire
17:44que quand, parfois, on prend le cas du casque-là,
17:48pour la sécurité routière,
17:50on dit que nous mettons des incassables à nos téléphones,
17:53on les coquille bien,
17:55mais notre tête même là,
17:57qui permet d'exploiter le téléphone,
18:00on ne protège pas la tête.
18:02Donc, vous voyez déjà là
18:04qu'il y a une question de mentalité, peuple.
18:06Ce n'est même pas d'abord une question de connaissance,
18:08mais une question de mentalité.
18:10Vous voyez, on révise nos motos.
18:12Chaque semaine, chaque mois,
18:13on révise nos motos,
18:14moindres petites pannes,
18:17ça y est sur le mécano,
18:18on refuse nos véhicules,
18:19on révise tout.
18:20Parce qu'on veut que ça soit en bonne forme.
18:22mais notre corps, on ne révise jamais le corps.
18:25On marche, on fait tout ce qu'on veut,
18:27mais on ne pense jamais à réviser le corps.
18:31Oh, pourtant, le corps aussi a besoin de révision.
18:33Et la révision du corps, c'est chez le médecin.
18:36Le médecin peut vous recevoir
18:38même quand vous n'êtes pas malade.
18:40Il ne faut pas attendre d'être malade
18:43avant d'en savoir plus sur votre état de santé.
18:47Parce que lorsque la maladie arrive,
18:48il y a des maladies qui sont silencieuses.
18:50Vous prenez les hépatites virales,
18:53même l'hypertension atérieure,
18:54certaines maladies sont silencieuses au début.
18:57Et quand ça se déclenche,
18:58lorsque vous arrivez à ressentir les symptômes,
19:01c'est que c'est arrivé à un niveau grave.
19:03Et à partir de ce moment,
19:05bon, vous comprenez que
19:08vous allez dépenser beaucoup
19:09pour pouvoir vous soigner.
19:11Parfois, vous n'allez même pas pouvoir en guérir.
19:12Or, pourtant, il suffit simplement
19:15de pouvoir aller chez le médecin,
19:17faire un bilan de santé.
19:19Et dans le bilan de santé,
19:20on va vous faire les examens
19:21qui vont vous permettre de savoir
19:22si vous avez déjà la maladie ou pas.
19:24Si vous ne l'avez pas, vous êtes tranquille.
19:26Vous vivez tranquillement.
19:28Si vous l'avez,
19:29on a pu dépister ça tôt
19:30et on pourra prendre ça en charge efficacement.
19:33Et ça vous permet vraiment
19:34de vivre bien longtemps.
19:36Mais vous qui êtes sur le terrain,
19:39est-ce que les populations
19:40sont suffisamment sensibilisées
19:42au bilan de santé régulier ?
19:44Je n'ai pas vraiment de preuves d'études
19:48ou quoi qui ont été réalisées
19:49qui prouvent que les populations
19:51étaient suffisamment sensibilisées.
19:55Mais je sais qu'il y a beaucoup d'efforts
19:57qui sont consentis à ce niveau.
19:59Il y a non seulement l'État
20:00qui contribue beaucoup
20:01à travers les services du ministère de la Santé,
20:03il y a les organisations de la société civile,
20:04il y a le secteur privé,
20:06chacun médicien,
20:07pour que les populations
20:08aient la bonne information
20:10par rapport à l'État de santé.
20:12Donc, on peut dire suffisamment,
20:14je ne sais pas.
20:15Mais en tout cas, c'est fait.
20:16Il y a beaucoup d'efforts
20:17qui sont consentis
20:18pour que les moyens de prévention
20:21puissent être vulgarisés.
20:23Et que recommandez-vous concrètement
20:25aux familles
20:25pour limiter ces coûts invisibles ?
20:29C'est très simple, comme on l'a dit.
20:31De la même façon
20:32que nous révisons nos motos,
20:33nos véhicules,
20:34de la même façon
20:35que nous protégeons
20:35nos téléphones et nos ordinateurs,
20:37il faut protéger le corps.
20:39Il faut aussi réviser le corps.
20:40Et la révision du corps,
20:41c'est aller chez le médecin,
20:43faire un bilan de santé.
20:45Le médecin va vous consulter.
20:46Il va prescrire
20:47un certain nombre d'examens
20:48pour voir
20:49s'il y a des maladies
20:50qui sont déjà là ou pas.
20:52S'il n'y a pas d'anomalie,
20:54il n'y a pas de problème,
20:55vous êtes tranquille.
20:56Vous savez que maintenant,
20:57vous allez pouvoir bien vivre.
20:59S'il se trouve
21:00qu'il y a des maladies,
21:01le médecin va vous soigner.
21:03Et le plus tôt
21:04vous soigner,
21:05le mieux c'est
21:06parce qu'il y a des séquelles
21:07qui sont irréversibles.
21:09Il y a des maladies
21:09qui vous laissent
21:10avec une paralysie totale,
21:11comme par exemple
21:12l'AVC,
21:13l'accident vasculaire,
21:14cérébrale peut vous laisser
21:15avec des membres
21:16qui ne peuvent plus fonctionner.
21:18Vous allez rester paralysé,
21:20il n'y a que des gens
21:20qui peuvent vous conduire.
21:21Il y a des maladies
21:22qui vont vous laisser aveugle,
21:24certaines maladies de l'œil.
21:26Même si on arrive
21:27à soigner,
21:27les séquelles sont là.
21:29Donc,
21:29il y a des maladies
21:30qui restent
21:30des séquelles irréversibles.
21:33Le plus tôt
21:34vous prenez,
21:35le mieux c'est.
21:36Donc,
21:36ce qu'on conseille aux populations,
21:38c'est de prêter attention
21:40à notre corps,
21:41comme on prête attention
21:42à nos moyens de transport,
21:44à nos engins,
21:45à nos objets.
21:46L'objet
21:47que j'utilise
21:48n'est pas plus précieux
21:50que ma personne.
21:51Donc,
21:52de la même façon
21:52qu'on prête attention
21:53à ces objets,
21:55il faut prêter attention
21:56à nous-mêmes,
21:57notre propre organisme.
21:59En allant chez le médecin,
22:01demander un bilan de santé,
22:02on va vous faire
22:03un certain nombre d'examens
22:04pour voir
22:05votre état de santé.
22:06Ça vous permet
22:07d'être tranquille.
22:08Aussi,
22:09c'est de suivre
22:10les mesures de prévention
22:11que le gouvernement
22:12en tout cas
22:12arrivent à vulgariser
22:14les organisations
22:15de la société civile.
22:16Ce sont des gestes
22:17assez simples
22:18qui ne demandent pas
22:19beaucoup d'efforts,
22:20mais qui demandent
22:21juste de la discipline.
22:23Quand vous arrivez
22:23à discipliner votre vie,
22:25vous allez vivre mieux
22:27et longtemps.
22:28Quand on dit
22:29de réduire la consommation
22:30du sel,
22:31ce n'est pas pour quelqu'un,
22:32c'est pour vous-même.
22:33Quand on dit
22:34de consommer modernement
22:35le sucre,
22:35c'est pour vous-même.
22:37De même que l'huile
22:37et autres.
22:38Donc,
22:39ce sont des mesures
22:39qui visent
22:40à vous garantir
22:41une bonne vie,
22:42une vie saine
22:43qui vous permettra
22:44d'être assez productif
22:46et de vous réaliser.
22:47Parce qu'in fine,
22:49l'objectif de notre vie,
22:50notre mission,
22:51c'est de nous réaliser.
22:52Que je laisse
22:53un héritage
22:53pour qu'on dise
22:54parce que voici
22:55ce à quoi lui aussi
22:57sa vie a servi.
22:58Mais la maladie,
22:59parfois,
23:00écoute nos ambitions.
23:01La maladie écoute
23:02nos rêves.
23:03Donc,
23:03il ne faudrait pas
23:04qu'on permette cela
23:05parce que notre pays
23:06a besoin de nous.
23:07La société a besoin de nous
23:08pour qu'on puisse construire.
23:10Et nos parents même
23:10qui ont investi à nous
23:12n'ont pas intérêt
23:13à ce que l'enfant part tôt.
23:15C'est pourquoi
23:15on doit de plus en plus
23:16prêter attention
23:17à notre état de santé.
23:18Donc,
23:19ce que je souhaite
23:20qu'on reparte avec
23:21par rapport à ça,
23:22c'est qu'à partir
23:23de maintenant,
23:23chacun met dans ses habitudes
23:25de faire un bilan de santé
23:27au moins deux fois par an.
23:29Quand on dit
23:29bilan de santé,
23:30ce n'est pas quelque chose
23:31qui est lourd.
23:32Une consultation,
23:34voilà.
23:35Après la consultation,
23:36on va vous prescrire
23:37un certain nombre d'examens.
23:38Dites au médecin,
23:39je peux faire ça,
23:40mais je ne peux pas
23:40faire ça d'abord.
23:41Donc,
23:42vous faites ça
23:42à votre rythme,
23:44progressivement.
23:45Ça vous permet
23:45d'avoir l'état
23:47exact de votre santé.
23:50Et ça vous permet
23:51d'éviter les maladies.
23:52Ça coûte
23:53100 fois moins cher
23:54que l'investissement
23:56que vous allez mettre
23:57dans une maladie
23:59pour vous soigner
23:59sans être sûr
24:00que vous serez guéri
24:02et sans compter même
24:03l'impact
24:04qu'il y a
24:05sur votre famille
24:06parce que la famille
24:06va mettre la main
24:07dans la poche.
24:08Ils vont vous assister
24:09ainsi de suite.
24:11Donc,
24:11pour éviter tout ça,
24:12c'est de veiller
24:13sur notre corps
24:13comme on veille
24:14sur nos téléphones,
24:15nos ordinateurs,
24:16nos motos,
24:16nos voitures
24:17et nous allons voir
24:19que le résultat
24:19sera positif.
24:20nous vivrons mieux
24:21et plus longtemps.
24:23Nous retenons donc
24:25que la maladie
24:26ne coûte pas seulement
24:27de l'argent,
24:28elle peut coûter
24:29du temps,
24:29de la stabilité,
24:31de la sérénité,
24:32parfois même
24:33des opportunités
24:34de vie.
24:35La prévention
24:36n'est pas un luxe,
24:37c'est un investissement.
24:39Un simple geste
24:40aujourd'hui,
24:41un dépistage,
24:42une consultation précoce,
24:44une bonne hygiène de vie
24:45peut éviter
24:46des dépenses lourdes
24:47et des souffrances demain.
24:49Merci Dr Maïga
24:50d'être venu nous éclairer
24:52sur le sujet.
24:53Merci à vous.
24:54Et à vous,
24:55chers internautes,
24:57rappelons-nous,
24:58prendre soin
24:58de sa santé,
24:59c'est aussi protéger
25:00sa famille
25:01et son avenir.
25:03C'était Face aux Santé,
25:04à très bientôt
25:05pour un nouvel épisode.
25:06Merci.