00:007h46, c'est l'invité d'ici matin et Simon, notre invité, porte une grande et belle médaille d'or
00:06au tour du cou.
00:06Bonjour Cécile Hernandez.
00:08Et bonjour.
00:09Vous rentrez tout juste des Jeux paralympiques en Italie où vous avez décroché cette très belle médaille d'or en
00:15snowboard de crosse.
00:16Vous aviez déjà gagné sur cette épreuve il y a 4 ans.
00:19Mais ce coup-ci, on ne vous a pas senti seulement heureuse Cécile Hernandez, on vous a senti bouleversée après
00:24ce nouveau titre.
00:26Complètement, oui je viens juste d'arriver, c'est la première fois que c'est la sortie officielle de la
00:31médaille en terre catalane et je suis très fière que ce soit ici.
00:35Bouleversée, complètement bouleversée parce que quand même beaucoup de pression, j'arrive en porte-drapeau, j'arrive avec l'étiquette
00:42tenant du titre, un peu une cible à abattre sur cette compétition et surtout j'arrive avec ma fille.
00:49Oui, ce qui vous a bouleversée effectivement c'est elle, victoire et l'honneur.
00:52C'est une course, surtout quand on est là en fait pour la première fois qu'on va voir sa
00:56mère au Jeu Paralympique, on dit merde !
00:58J'avais 9 ans la dernière fois, j'en ai 18 maintenant, je peux me permettre de dire des gros
01:03mots ?
01:03C'était juste avant votre médaille d'or, c'est incroyable ce que vous avez vécu avec votre fille.
01:08C'est incroyable parce que c'est la première fois qu'elle était là et je lui ai toujours promis
01:13qu'elle serait là un jour au Jeu Paralympique et que tout ce travail, tous ces sacrifices qu'elle faisait
01:19aussi dans notre relation maman-fille, parce qu'on a besoin d'une maman tout le temps et j'ai
01:25quand même passé beaucoup de temps en dehors de la maison.
01:27Vous avez culpabilisé des fois de la laisser vivre sa vie d'enfant, parfois loin de vous, qu'elle aille
01:33à l'école, de ne pas pouvoir aller la chercher tous les jours parce que vous étiez à l'entraînement,
01:36vous étiez à l'étranger ?
01:38Complètement et j'ai culpabilisé, même si je savais qu'elle était avec son papa et que ça se passait
01:42très très bien, mais tu culpabilises, c'est une maman et puis d'autres mamans l'ont fait culpabiliser, on
01:50fait culpabiliser ma fille aussi ou complexer ma fille, on va dire, en lui disant
01:53« Ah bah ta maman, elle n'est pas là parce que ma fille faisait tel ou tel sport »
01:57et on lui disait « Ah bah elle n'est pas là pour ton match » et en vacances au
02:01Canada, ma fille disait « Non, non, maman, elle travaille, elle est sportive de haut niveau »
02:05et il y avait d'autres mamans qui lui faisaient peser ce poids de cette séparation et moi j'ai
02:10toujours dit à Victor Léonore « Je fais ça, c'est un vrai travail » et en plus, là je
02:17pense que toutes ces larmes de joie, ça a été de réaliser tous les sacrifices qu'on a pu faire.
02:23Et partager alors ce moment ensemble, cette médaille d'or ensemble, est-ce qu'on peut dire que c'est
02:26le plus grand moment de votre carrière, la plus grosse émotion sportive de votre carrière et familiale peut-être ?
02:30Ah mais c'est sûr, ça me touche encore énormément et je le vois quand, je remercie d'ailleurs tous
02:37les gens parce que le public était interdit de zone mixte et de zone podium
02:42et je l'ai vue, elle a été tirée, cachée pour arriver en zone mixte et quand je l'ai
02:47vue, je suis sur le podium et je vois ma fille en face de moi, la main sur le cœur
02:52en train de chanter la Marseillaise
02:53et de verser toutes les larmes de son corps, c'était un moment hyper bouleversant pour moi.
02:58Et le lendemain de votre sacre aussi, autre consécration en quelque sorte, consécration médiatique, faites la une du journal L
03:05'Équipe.
03:05On est un lundi, il y a eu du foot tout le week-end, du rugby tout le week-end,
03:09vous faites la une du journal L'Équipe.
03:11Cécile Hernandez, porte bonheur, vous l'avez gardée cette une du journal L'Équipe ?
03:15Je ne l'ai pas encore vue, je l'ai vue en numérique, mais non, ça a été faire la
03:20une de l'Équipe, effectivement, il y avait un PSG-Lens la veille,
03:23il y avait le match des Français, il y avait du rugby, il y avait plein de choses et moi
03:28je me retrouve en une de l'Équipe,
03:30je la prends le matin quand je vois tous les tags sur les réseaux, c'est la puissance des réseaux
03:33sociaux et je me dis, mais c'est quelle chance.
03:387h50, votre invité Simon Colbock, c'est notre championne olympique, Cécile Hernandez.
03:43Je rappelle que vous êtes de Saint-Esteve, Cécile Hernandez, vous vous entraînez aux Angles,
03:47cette médaille d'or elle est magnifique aussi parce qu'il y a quelques mois encore, vous étiez, on peut
03:51le dire, au fond du trou,
03:52vous avez même songé à un moment donné à tout arrêter, il n'y avait plus les résultats par exemple.
03:57J'ai songé à tout arrêter, j'ai enchaîné l'année dernière une somme de blessures,
04:03je n'aurais jamais cru que je pouvais être autant blessée en aussi peu de temps,
04:08et puis il y a eu la blessure physique et puis il y a eu la blessure mentale,
04:12il y a eu la blessure de l'âme où je n'allais pas bien du tout, vraiment je n
04:17'allais pas bien.
04:18Et vous avez fait appel à un psychologue ?
04:19Oui, je n'allais pas bien, j'ai fait mes premières Coupes du Monde avec des résultats totalement foireux,
04:24où je n'ai jamais été à des 6ème, 7ème place sur un classement de Coupe du Monde.
04:29J'arrivais encore sur cette saison avec le globe de cristal,
04:32le tenant du globe de cristal et du titre de championne du monde,
04:36et ça n'allait pas, je ne me sentais pas comprise par mon coach, pas du tout,
04:40il n'y avait plus aucune communication.
04:42Et puis moi je suis une grande sensible, donc j'avais besoin de comprendre ce qui n'allait pas.
04:46Et mon préparateur mental m'a dit, écoute, tu es trop down, tu es trop au fond du saut,
04:51il faut faire appel à un psychologue.
04:53Et je suis contente d'avoir tendu cette main,
04:55parce que ça m'a permis de verbaliser aussi mon mal-être, mon malaise,
05:00et de mettre une lumière sur la santé mentale,
05:02comme je peux le faire sur le handicap, sur le handicap invisible,
05:05mais mettre vraiment de la lumière sur la santé mentale des athlètes.
05:09Oui, vous parlez aussi du handicap invisible, le vôtre,
05:11vous souffrez de sclérose en plaques,
05:12et vous le savez, vous n'êtes pas juste une championne,
05:15vous êtes aussi un symbole pour tous les handicapés,
05:18et en particulier pour tous ceux et toutes celles qui souffrent de la sclérose en plaques.
05:21Est-ce qu'on vous écrit, vous recevez du courrier justement de la part de ces malades,
05:24vous avez conscience que pour ces malades,
05:27vous êtes vraiment beaucoup plus qu'une championne ?
05:29Alors j'ai conscience de ça,
05:31et d'ailleurs je prends à cœur de répondre à...
05:33Je reçois des cartes, des lettres, même à la Régie des Angles,
05:37qui fait un peu ma centrale courrier,
05:39et je reçois ça, et je reçois des messages sur les réseaux
05:42en me disant que je suis un exemple à suivre,
05:46pas toujours et pas pour tout,
05:47mais en tout cas j'essaie de montrer la voie sur le fait
05:51qu'on peut se battre avec une sclérose en plaques,
05:56vivre avec une sclérose en plaques,
05:57faire tout ce qu'on veut avec une sclérose en plaques,
05:59on va le faire différemment,
06:00mais aujourd'hui on est en...
06:02En 2026 les choses ont évolué,
06:04moi j'ai été diagnostiquée en 2002,
06:07et c'était dramatique le traitement psychologique,
06:10personnel qu'il pouvait y avoir autour de la sclérose en plaques,
06:13en tout cas j'essaie de montrer le champ des possibles
06:16plutôt que des impossibles.
06:17Vous avez 51 ans, comment est-ce que vous envisagez la suite ?
06:20Vous allez continuer ?
06:21Alors c'est marrant, on a beaucoup parlé de mon âge,
06:24ça m'a fait rire parce que j'ai l'impression que...
06:28Déjà parce que vous ne les faites pas,
06:29quand on vous voit on ne vous donne jamais 51 ans.
06:31C'est gentil, mais à côté de ça on se rend compte...
06:34Quel est l'exploit en fait ?
06:35Moi j'ai envie de retourner la question,
06:38est-ce que c'est d'être en forme à 51 ans ?
06:41Non, parce que je pense qu'il y a beaucoup de gens qui sont en forme.
06:43Dans le paralympisme, la moyenne d'âge est beaucoup plus élevée,
06:46donc ce n'est pas non plus un exploit.
06:47Est-ce que c'est un exploit d'être passionné encore à 51 ans ?
06:50Je ne pense pas, donc pour moi il n'y a pas d'exploit.
06:53C'est bien que vous continuez ?
06:54Oui, je continue, déjà je vais continuer le snowboard.
06:57Parce qu'il y a les prochains Jeux Olympiques d'hiver,
06:58c'est en France, dans les Valpes françaises ?
07:00Vous y serez ?
07:01Je ne sais pas, pour l'instant je ne sais pas,
07:02j'ai envie de profiter de cette médaille que j'adore,
07:04et par contre je travaille sur un nouveau projet
07:07qui est d'essayer de me qualifier pour les Jeux de Los Angeles 2028,
07:12donc je vais reprendre l'entraînement dans pas longtemps.
07:14Donc là ce sont les Jeux Paralympiques d'été à Los Angeles,
07:16et dans deux ans, sur quelle discipline ?
07:18C'est du vélo, c'est vos premiers amours ?
07:20Mon premier amour c'est que j'ai fait longtemps du BMX,
07:22mais j'ai vraiment envie d'aller tester le vélo,
07:24je viens de signer dans un grand grand grand grand club,
07:27avec un grand grand grand entraîneur.
07:28Lequel ?
07:29Je vais me faire des ennemis,
07:31mais j'ai signé dans un club parisien,
07:33mais avec un grand entraîneur qui s'appelle Grégory Boget,
07:36qui a fait les Jeux,
07:37et qui croit beaucoup en moi,
07:40et ça me fait aussi du bien cette nouvelle relation.
07:42Et du coup, on va voir ce qui va se passer.
07:45Il y a aussi l'escalade qui me plaît,
07:46que j'ai commencé à Saint-Esteve,
07:47dans une salle de Saint-Esteve.
07:49J'ai reçu un message il n'y a pas longtemps,
07:51sur l'escalade sur les Los Angeles 2028.
07:54Donc vous pourriez avoir deux épreuves,
07:55effectivement, dans deux ans aux Jeux Paralympiques ?
07:57C'est un rêve.
07:59Il y a d'autres athlètes en Paralympique qui l'ont déjà fait,
08:01et même en Olympique avec Esther Ledeca,
08:03qui l'a fait en ski,
08:04qui fait médaille d'or en Pékin en ski,
08:07et médaille d'or en snowboard.
08:08Donc voilà, on va réfléchir à tout ça.
08:10Pour l'instant, je vais apprécier cette médaille,
08:12et je vais essayer de revoir mes amis,
08:14qui ont fait le déplacement aussi à Milan-Cortina,
08:17et faire la fête avec.
08:18Et apprécier cette médaille aussi,
08:19avec une tournée médiatique.
08:20Vous êtes là, dans le studio d'ici Roussillon,
08:23mais bientôt, vous partez à Paris,
08:25chez Léa Salamé, quelle époque ?
08:27Oui, voilà, c'est ça.
08:28Vendredi, je prends l'avion,
08:29le train pour aller à Paris,
08:31et faire l'émission,
08:32qu'à l'époque,
08:33il y a une belle consécration aussi,
08:34d'être sur un plateau,
08:36un plateau avec des sujets de société,
08:39comme l'époque.
08:41Donc je suis très fière aussi,
08:42de faire cette émission.
08:43Merci beaucoup,
08:44et un grand bravo, Cécile Hernandez,
08:46double championne paralympique de snowboard de crosse,
08:49et qui a donc des ambitions,
08:50pour le paralympique aussi,
08:51Los Angeles, les Jeux paralympiques en été,
08:54dans deux ans.
08:55Merci beaucoup,
08:56et bonne journée à vous.
08:57Merci.
08:57L'invité d'ici matin est à retrouver en podcast
09:00sur ici.fr.
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