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  • il y a 3 heures
Après une réunion du G7, Emmanuel Macron a déclaré que le détroit d'Ormuz est devenu "un théâtre de guerre". Les pays du G7 ont acté "trois axes" que sont "la présence en Méditerranée orientale, la libre circulation en mer Rouge (...) et la nécessité de mettre en place un travail de plusieurs semaines de coordination de plusieurs marines pour escorter au moment voulu et assurer la libre circulation dans le détroit d'Ormuz", a déclaré le président français.

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Transcription
00:00Le conflit a commencé dans la région, donc depuis 11 jours nous avons réuni au niveau des chefs d'État
00:05et de gouvernement le G7 à l'instant,
00:08d'abord pour faire un point sur la situation et ses conséquences et pour mettre en œuvre le travail et
00:16la coordination indispensables entre nos pays.
00:19– Évidemment, chaque jour, les bombardements continuent avec des impacts extrêmement préoccupants sur la région, je l'ai rappelé encore
00:30hier et avant-hier,
00:32les bombardements israéliens-américains sur l'Iran et la riposte iranienne qui touche beaucoup de pays amis de la région
00:39et qui à la fois endommage leurs économies,
00:43menacent leur sécurité et leur intégrité territoriale, ce qui a conduit la France entre autres à venir en aide conformément
00:50à ses accords de défense avec plusieurs de ses pays.
00:53Le G7 s'est réuni aujourd'hui d'abord pour organiser le travail sur les mécanismes à mettre en œuvre
01:02pour la liberté de navigation et la sécurité maritime.
01:06Et donc nous avons acté les trois axes que la France avait pu déjà définir pour elle-même, la présence
01:12en Méditerranée orientale,
01:14la libre circulation en mer Rouge de Suez à Babel-Mandeb, avec un exercice qui existe déjà, l'opération dite
01:23ASPIDES à laquelle nous contribuons,
01:25et enfin la nécessité de mettre en place un travail qui prendra plusieurs semaines,
01:30mais de coordination de plusieurs marines pour pouvoir escorter au moment voulu et assurer la libre circulation dans le détroit
01:40d'Hormuz.
01:41Les conditions aujourd'hui ne sont pas remplies, le détroit est un théâtre de guerre, mais ce travail doit être
01:47organisé,
01:47c'est ce que nous avons proposé de préparer, avec en parallèle un travail avec les compagnies maritimes, les transporteurs
01:54et les assureurs.
01:57Le cœur du travail des derniers jours du G7 a été aussi d'essayer de répondre aux conséquences économiques de
02:03cette guerre.
02:05C'est ce qui nous a conduit lundi à lancer ce travail, dont j'avais pu parler à plusieurs d
02:09'entre vous,
02:10d'utiliser nos réserves stratégiques pour pouvoir donner un signal au marché mondial du pétrole et faire baisser les prix.
02:18Cette décision a été préparée dans le cadre du G7, qui représente environ 70% des réserves qui sont contrôlées
02:25par l'Agence internationale de l'énergie.
02:28Et donc nous avons finalisé ces dernières heures, et ça a été annoncé à l'instant, la décision formelle de
02:34libérer 400 millions de barils de nos réserves stratégiques.
02:40Quand je dis nous, c'est la trentaine de pays qui sont dans l'Agence internationale de l'énergie.
02:45Ces 400 millions de barils, pour vous donner un ordre d'idée, ça représente environ 20 jours de sortie de
02:52barils par le détroit d'Hormuz.
02:54Donc c'est significatif, c'est la plus grande libération de barils qui a été faite depuis qu'on pratique
02:59ces libérations de réserves stratégiques.
03:03Nous allons le faire de manière organisée dans les prochains jours, et donc ça a été acté dans le G7
03:09que nous venons de tenir,
03:10ce qui envoie un signal clair pour faire baisser les prix mondiaux. Parallèle de ça, nous allons prendre toutes les
03:16mesures utiles pour encourager le maximum de production
03:19chez tous ceux qui produisent dans la période, et pour faire face donc aux conséquences de cette guerre, qui, je
03:25le rappelle, pour le pétrole et le gaz,
03:28fait qu'il y a environ 20% de nos capacités qui sont bloquées ou hors marché pendant cette période.
03:33Et puis, dans le même temps, nous allons engager avec plusieurs pays pour éviter toutes les mesures de restriction à
03:38l'export.
03:38Plusieurs pays ont pris des mesures qui ont un peu gêné le commerce mondial ou ont envoyé des mauvais signaux.
03:43Il faut que les choses restent fluides et que la coopération soit assurée entre toutes les économies.
03:48Dans le même temps, nous avons décidé d'avoir une coordination, donc on va l'organiser dans les prochains jours,
03:53entre les pays membres du G7 et les économies du Golfe, pour pouvoir, justement, organiser tout cela.
04:02En parallèle, nous allons lancer les travaux pour, évidemment, suivre de près tous les impacts plus spécifiques,
04:08les tensions qui pourraient exister sur certaines catégories de carburants,
04:12et évidemment, continuer de surveiller les conséquences sur le gaz,
04:15mais surveiller aussi les conséquences pour nos agriculteurs,
04:18puisqu'il y a aussi beaucoup d'engrais qui sont dans cette région.
04:22C'est environ un tiers des flux d'engrais mondiaux qui sont impactés par la situation.
04:28Donc là aussi, nous devons suivre la situation pour nos agriculteurs.
04:32Au-delà de cela, nous avons acté également dans ce G7 que cette situation ne justifiait en aucun cas
04:38de lever les sanctions qui existent à l'égard de la Russie,
04:42qu'elle devait continuer de...
04:44Cette situation ne devait pas, évidemment, réduire notre attention à l'Ukraine,
04:49au soutien à l'Ukraine, et à la clarté que nous avons en termes de sanctions à l'égard de
04:54la Russie.
04:55Et donc, nous allons maintenir nos efforts.
04:57Et plusieurs, d'ailleurs, d'entre nous ont pu saluer l'implication des Ukrainiens
05:01qui sont très rapidement venus en soutien de beaucoup de pays du Golfe
05:04pour leur apporter leurs capacités et leurs innovations en termes de lutte anti-drone.
05:10Voilà les quelques mots que je souhaitais faire pour vous rendre compte de ce G7
05:14qui, donc, a permis d'apporter des réponses concrètes pour nos compatriotes
05:18en termes de prix de l'essence à travers cette mesure,
05:24justement, sur les réserves stratégiques de nos économies.
05:28Je vais maintenant répondre à vos questions.
05:29Merci, M. le Président.
05:30Vous avez dit en début, en ouverture de réunion,
05:33vous alliez aussi faire un point sur la situation sur le terrain,
05:35en cas d'entre le Président Trump.
05:37Est-ce qu'il vous a donné une vision un peu claire de son intention sur la durée de cette
05:42guerre,
05:42c'est une déclaration contradictoire entre les différents dirigeants américains et israéliens,
05:47et sur les objectifs de cette guerre ?
05:49Et par ailleurs, sur les sanctions contre le pétrole russe,
05:53est-ce que, du coup, il s'est engagé, il est revenu sur ses propos de l'autre jour
05:56quand il avait dit qu'il était prêt à lever des sanctions sur le pétrole russe ?
05:59Sur la situation aujourd'hui et l'évolution de ce conflit,
06:03il ne m'appartient pas de parler à la place du Président des États-Unis d'Amérique.
06:07C'est lui qui clarifiera dans les heures ou les jours qui viennent.
06:10Ce qu'il veut dire, ce qui est clair, c'est qu'il est évident pour tous
06:14qu'aujourd'hui, il faut pouvoir définir des objectifs clairs
06:18sur le plan militaire et politique à ce conflit.
06:22Il y a déjà aujourd'hui des dommages considérables qui ont été portés
06:26aux capacités palistiques, militaires de l'Iran.
06:32L'Iran, néanmoins, continue d'agresser plusieurs pays de la région.
06:37Et donc, ces capacités ne sont pas réduites à zéro.
06:39Et dans le même temps, plusieurs groupes qui sont liés à l'Iran
06:43continuent d'agir, je pense en particulier à ce qui se passe en Irak ou au Liban.
06:50Donc, il appartiendra au Président des États-Unis d'Amérique
06:52de clarifier à la fois ses objectifs finaux et le tempo qu'il veut donner aux opérations.
06:59Pour ce qui nous concerne, nous, nous devons continuer de défendre
07:03nos ressortissants, ce que nous faisons, nos emprises.
07:06Nous devons être en situation d'être responsables et à la hauteur de nos alliances.
07:11Et donc, nous sommes depuis le premier jour aux côtés de nos partenaires.
07:14Nous sommes aux côtés des pays qui sont les plus touchés
07:17et vis-à-vis desquels nous avons une responsabilité particulière.
07:20C'est ce qui a justifié l'arrivée, d'ailleurs, ces dernières heures
07:23de l'aide humanitaire à laquelle je m'étais engagé pour le Liban.
07:26Et du travail au long cours que nous allons poursuivre aux côtés du Liban
07:30pour lutter efficacement contre les actions du Hezbollah
07:32et permettre au Liban de restaurer sa pleine souveraineté.
07:35Et enfin, nous, nous allons structurer et poursuivre le travail
07:39pour la liberté de navigation.
07:40En la matière, c'est ça le cœur de notre rôle.
07:45Et comme je le disais, en parallèle de cela, il y a eu un consensus.
07:48Donc je vous confirme que dans les conclusions de ce G7 que j'ai pu tirer,
07:52j'ai résumé en disant qu'il y a un consensus qui n'a pas été rompu
07:55pour dire qu'on ne devait pas changer notre position à l'égard de la Russie
07:59et maintenir l'effort pour l'Ukraine.
08:01Et enfin, nous devons évidemment continuer de répondre aux conséquences économiques de cette guerre.
08:07C'est ce que nous avons fait par ce G7, les décisions des derniers jours
08:10sur la libération de certaines de nos réserves stratégiques
08:13et de manière plus nationale par les mesures que le gouvernement prépare.
08:17Sur la partie énergie, justement, M. le Président,
08:20je veux nous préciser quelle est la quantité qui va être utilisée dans les réserves françaises
08:24en termes de pétrole.
08:26Vous parliez à l'instant des mesures que le gouvernement pourrait prendre
08:30pour protéger le pouvoir d'achat des Français.
08:32Si jamais, en effet, ces réserves stratégiques ne suffisent pas à limiter la hausse,
08:36est-ce qu'il faut prendre des mesures, protéger le portefeuille des Français,
08:39quoi qu'il en coûte, au risque d'accroître ?
08:44Les réserves stratégiques, c'est un maximum qui a été donné.
08:47Et donc, nous avons décidé, dans le cadre de l'Agence internationale de l'énergie,
08:52la trentaine de pays qu'il compose, de libérer jusqu'à 400 millions de barils,
08:57ce qui équivaut à environ 14,5 millions pour les réserves stratégiques françaises.
09:04C'est un maximum.
09:05On va le faire par étapes, en fonction des évolutions du marché,
09:09en se coordonnant avec nos principaux partenaires.
09:11Nous avons encore beaucoup d'autres réserves derrière.
09:14Mais c'est une intervention de marché qui est importante.
09:17Pour que ce soit bien compris, ce sont des capacités que les États gardent par de véreux,
09:23qui ne sont pas sur eux-mêmes leur marché domestique.
09:25Donc, ce n'est pas quelque chose qu'on enlève à quelqu'un chez nous.
09:27C'est des réserves qu'on garde pour réguler le marché
09:29et avoir ces instruments d'intervention en cas de déstabilisation.
09:33On a considéré que c'était le cas.
09:35Et donc, on les libère sur le marché.
09:37Ce qu'on fait, c'est qu'on le fait de manière coordonnée.
09:39On envoie un signal de marché pour que les prix baissent.
09:42Et on le fait en s'assurant que d'autres ne fassent pas des réserves indues.
09:46Et ça, c'est en particulier le travail qu'on va mener avec l'ensemble des pays du G7,
09:50qui représente 70% des capacités qui seront libérées,
09:55et avec l'agence internationale vis-à-vis des pays tiers.
09:59Sur les autres mesures, le gouvernement a appelé chacun la responsabilité.
10:04J'ai vu aussi les prises de parole de plusieurs distributeurs.
10:07C'est une bonne chose.
10:08Au fond, il faut d'abord que les prix mondiaux se tiennent le plus possible.
10:14Et si je devais vous dire les choses,
10:16quelle est la bonne réponse à la crise que nous vivons ?
10:18La première, qui est le plus vite possible,
10:20un arrêt des combats et qu'on puisse reprendre la route d'Hormuz
10:23en la sécurisant comme il faut dans un cadre qu'on est en train de préparer.
10:27Donc on fait déjà œuvre utile dans la durée.
10:30Deuxième chose, tant que nous n'avons pas ça,
10:32il faut pousser ceux qui peuvent à produire davantage,
10:36éviter tout dysfonctionnement de marché par des comportements inappropriés
10:39où les uns ou les autres réduisent les exports ou bloquent le commerce mondial,
10:45et faire des interventions techniques comme on vient de le faire
10:48en relâchant nos capacités stratégiques qui sont faites pour ça.
10:51Et puis au niveau national, ce que le gouvernement est en train de faire,
10:55c'est d'abord de faire des contrôles pour s'assurer
10:56qu'il n'y a pas des gens qui profitent de la situation
10:58pour monter un peu trop vite et trop fort les prix.
11:01Et c'est tout faire pour que la hausse se transmette
11:04le plus lentement possible dans les prix à la pompe,
11:07qu'ensuite dès qu'il y a une baisse,
11:09elle redescende le plus vite possible dans les prix à la pompe
11:12et d'engager les principaux distributeurs
11:16à essayer de tout faire à prix coûtant,
11:18à essayer de ne pas aller au-delà de certains prix.
11:23Certains ont commencé à s'engager ces dernières ans dans ce sens,
11:25c'est une bonne chose,
11:26puis le gouvernement, lui, renforcera les contrôles.
11:29Après, il appartiendra au gouvernement,
11:31si la crise devait durer,
11:33de voir les mesures appropriées.
11:35Ce n'est pas aujourd'hui qu'on peut dire cela.
11:37Tout ça nous montre une chose.
11:38Ce qu'on est en train de vivre,
11:40c'est le coût de la dépendance.
11:43Et donc, quand vous m'entendez depuis des années
11:45parler plus d'autonomie et de décarbonation,
11:48parce que la France ne produit pas
11:50du pétrole et du gaz sur son sol,
11:53c'est ça.
11:54C'est-à-dire que tout ce qu'on fait
11:55qui nous amène vers la transition,
11:57c'est réduire aussi la dépendance
11:58et donc notre exposition à des risques géopolitiques.
12:01Et donc, on a raison de continuer
12:03à électrifier massivement,
12:05à réduire nos dépendances.
12:06C'est un chemin en long cours.
12:08On l'a beaucoup accéléré ces dernières années.
12:10Il est utile dans ces périodes.
12:11Monsieur le Président,
12:12est-ce que vous avez des informations consolidées
12:13sur le minage par les Iraniens
12:15du détroit d'Hormuz
12:16et en quoi cela pourrait compliquer
12:18ou retarder la mission de sécurité
12:19que vous avez annoncé ?
12:20Et combien de temps pourrait durer
12:21cette mission pour débloquer l'effort ?
12:23Je n'ai pas d'informations sur ce sujet
12:25de manière sûre.
12:27J'ai vu comme vous,
12:28en ce qu'on appelle des sources ouvertes,
12:30c'est-à-dire sur des fils d'informations
12:33ou des interventions que ce serait possible,
12:35je n'en ai pas la confirmation,
12:37ni par des services partenaires,
12:39ni par nos propres services.
12:40Donc je ne peux pas vous répondre...
12:42Je ne peux pas répondre à cette question.
12:45Évidemment,
12:48ce serait un choix lourd
12:50qu'auraient fait les Iraniens,
12:52mais je ne veux pas commenter
12:53quelque chose sur lequel
12:54je n'ai pas de certitude.
12:55Aujourd'hui, en tout cas,
12:56c'est une zone de guerre.
12:57Donc aujourd'hui,
12:58on ne peut pas sérieusement considérer
12:59qu'on peut reprendre
13:00le commerce international.
13:02Et donc, il y a plusieurs centaines
13:03de tankers et de portes-conteneurs
13:05qui sont aujourd'hui à l'arrêt
13:07des deux côtés du Détroit.
13:08Et donc, il faut d'abord
13:10que les conflits cessent
13:11et ensuite que le travail se structure.
13:13est à la fois sécuritaire,
13:15il est aussi technique.
13:16C'est tout ça qu'on prépare.
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