00:00Le conflit a commencé dans la région, donc depuis 11 jours nous avons réuni au niveau des chefs d'État
00:05et de gouvernement le G7 à l'instant,
00:08d'abord pour faire un point sur la situation et ses conséquences et pour mettre en œuvre le travail et
00:16la coordination indispensables entre nos pays.
00:19– Évidemment, chaque jour, les bombardements continuent avec des impacts extrêmement préoccupants sur la région, je l'ai rappelé encore
00:30hier et avant-hier,
00:32les bombardements israéliens-américains sur l'Iran et la riposte iranienne qui touche beaucoup de pays amis de la région
00:39et qui à la fois endommage leurs économies,
00:43menacent leur sécurité et leur intégrité territoriale, ce qui a conduit la France entre autres à venir en aide conformément
00:50à ses accords de défense avec plusieurs de ses pays.
00:53Le G7 s'est réuni aujourd'hui d'abord pour organiser le travail sur les mécanismes à mettre en œuvre
01:02pour la liberté de navigation et la sécurité maritime.
01:06Et donc nous avons acté les trois axes que la France avait pu déjà définir pour elle-même, la présence
01:12en Méditerranée orientale,
01:14la libre circulation en mer Rouge de Suez à Babel-Mandeb, avec un exercice qui existe déjà, l'opération dite
01:23ASPIDES à laquelle nous contribuons,
01:25et enfin la nécessité de mettre en place un travail qui prendra plusieurs semaines,
01:30mais de coordination de plusieurs marines pour pouvoir escorter au moment voulu et assurer la libre circulation dans le détroit
01:40d'Hormuz.
01:41Les conditions aujourd'hui ne sont pas remplies, le détroit est un théâtre de guerre, mais ce travail doit être
01:47organisé,
01:47c'est ce que nous avons proposé de préparer, avec en parallèle un travail avec les compagnies maritimes, les transporteurs
01:54et les assureurs.
01:57Le cœur du travail des derniers jours du G7 a été aussi d'essayer de répondre aux conséquences économiques de
02:03cette guerre.
02:05C'est ce qui nous a conduit lundi à lancer ce travail, dont j'avais pu parler à plusieurs d
02:09'entre vous,
02:10d'utiliser nos réserves stratégiques pour pouvoir donner un signal au marché mondial du pétrole et faire baisser les prix.
02:18Cette décision a été préparée dans le cadre du G7, qui représente environ 70% des réserves qui sont contrôlées
02:25par l'Agence internationale de l'énergie.
02:28Et donc nous avons finalisé ces dernières heures, et ça a été annoncé à l'instant, la décision formelle de
02:34libérer 400 millions de barils de nos réserves stratégiques.
02:40Quand je dis nous, c'est la trentaine de pays qui sont dans l'Agence internationale de l'énergie.
02:45Ces 400 millions de barils, pour vous donner un ordre d'idée, ça représente environ 20 jours de sortie de
02:52barils par le détroit d'Hormuz.
02:54Donc c'est significatif, c'est la plus grande libération de barils qui a été faite depuis qu'on pratique
02:59ces libérations de réserves stratégiques.
03:03Nous allons le faire de manière organisée dans les prochains jours, et donc ça a été acté dans le G7
03:09que nous venons de tenir,
03:10ce qui envoie un signal clair pour faire baisser les prix mondiaux. Parallèle de ça, nous allons prendre toutes les
03:16mesures utiles pour encourager le maximum de production
03:19chez tous ceux qui produisent dans la période, et pour faire face donc aux conséquences de cette guerre, qui, je
03:25le rappelle, pour le pétrole et le gaz,
03:28fait qu'il y a environ 20% de nos capacités qui sont bloquées ou hors marché pendant cette période.
03:33Et puis, dans le même temps, nous allons engager avec plusieurs pays pour éviter toutes les mesures de restriction à
03:38l'export.
03:38Plusieurs pays ont pris des mesures qui ont un peu gêné le commerce mondial ou ont envoyé des mauvais signaux.
03:43Il faut que les choses restent fluides et que la coopération soit assurée entre toutes les économies.
03:48Dans le même temps, nous avons décidé d'avoir une coordination, donc on va l'organiser dans les prochains jours,
03:53entre les pays membres du G7 et les économies du Golfe, pour pouvoir, justement, organiser tout cela.
04:02En parallèle, nous allons lancer les travaux pour, évidemment, suivre de près tous les impacts plus spécifiques,
04:08les tensions qui pourraient exister sur certaines catégories de carburants,
04:12et évidemment, continuer de surveiller les conséquences sur le gaz,
04:15mais surveiller aussi les conséquences pour nos agriculteurs,
04:18puisqu'il y a aussi beaucoup d'engrais qui sont dans cette région.
04:22C'est environ un tiers des flux d'engrais mondiaux qui sont impactés par la situation.
04:28Donc là aussi, nous devons suivre la situation pour nos agriculteurs.
04:32Au-delà de cela, nous avons acté également dans ce G7 que cette situation ne justifiait en aucun cas
04:38de lever les sanctions qui existent à l'égard de la Russie,
04:42qu'elle devait continuer de...
04:44Cette situation ne devait pas, évidemment, réduire notre attention à l'Ukraine,
04:49au soutien à l'Ukraine, et à la clarté que nous avons en termes de sanctions à l'égard de
04:54la Russie.
04:55Et donc, nous allons maintenir nos efforts.
04:57Et plusieurs, d'ailleurs, d'entre nous ont pu saluer l'implication des Ukrainiens
05:01qui sont très rapidement venus en soutien de beaucoup de pays du Golfe
05:04pour leur apporter leurs capacités et leurs innovations en termes de lutte anti-drone.
05:10Voilà les quelques mots que je souhaitais faire pour vous rendre compte de ce G7
05:14qui, donc, a permis d'apporter des réponses concrètes pour nos compatriotes
05:18en termes de prix de l'essence à travers cette mesure,
05:24justement, sur les réserves stratégiques de nos économies.
05:28Je vais maintenant répondre à vos questions.
05:29Merci, M. le Président.
05:30Vous avez dit en début, en ouverture de réunion,
05:33vous alliez aussi faire un point sur la situation sur le terrain,
05:35en cas d'entre le Président Trump.
05:37Est-ce qu'il vous a donné une vision un peu claire de son intention sur la durée de cette
05:42guerre,
05:42c'est une déclaration contradictoire entre les différents dirigeants américains et israéliens,
05:47et sur les objectifs de cette guerre ?
05:49Et par ailleurs, sur les sanctions contre le pétrole russe,
05:53est-ce que, du coup, il s'est engagé, il est revenu sur ses propos de l'autre jour
05:56quand il avait dit qu'il était prêt à lever des sanctions sur le pétrole russe ?
05:59Sur la situation aujourd'hui et l'évolution de ce conflit,
06:03il ne m'appartient pas de parler à la place du Président des États-Unis d'Amérique.
06:07C'est lui qui clarifiera dans les heures ou les jours qui viennent.
06:10Ce qu'il veut dire, ce qui est clair, c'est qu'il est évident pour tous
06:14qu'aujourd'hui, il faut pouvoir définir des objectifs clairs
06:18sur le plan militaire et politique à ce conflit.
06:22Il y a déjà aujourd'hui des dommages considérables qui ont été portés
06:26aux capacités palistiques, militaires de l'Iran.
06:32L'Iran, néanmoins, continue d'agresser plusieurs pays de la région.
06:37Et donc, ces capacités ne sont pas réduites à zéro.
06:39Et dans le même temps, plusieurs groupes qui sont liés à l'Iran
06:43continuent d'agir, je pense en particulier à ce qui se passe en Irak ou au Liban.
06:50Donc, il appartiendra au Président des États-Unis d'Amérique
06:52de clarifier à la fois ses objectifs finaux et le tempo qu'il veut donner aux opérations.
06:59Pour ce qui nous concerne, nous, nous devons continuer de défendre
07:03nos ressortissants, ce que nous faisons, nos emprises.
07:06Nous devons être en situation d'être responsables et à la hauteur de nos alliances.
07:11Et donc, nous sommes depuis le premier jour aux côtés de nos partenaires.
07:14Nous sommes aux côtés des pays qui sont les plus touchés
07:17et vis-à-vis desquels nous avons une responsabilité particulière.
07:20C'est ce qui a justifié l'arrivée, d'ailleurs, ces dernières heures
07:23de l'aide humanitaire à laquelle je m'étais engagé pour le Liban.
07:26Et du travail au long cours que nous allons poursuivre aux côtés du Liban
07:30pour lutter efficacement contre les actions du Hezbollah
07:32et permettre au Liban de restaurer sa pleine souveraineté.
07:35Et enfin, nous, nous allons structurer et poursuivre le travail
07:39pour la liberté de navigation.
07:40En la matière, c'est ça le cœur de notre rôle.
07:45Et comme je le disais, en parallèle de cela, il y a eu un consensus.
07:48Donc je vous confirme que dans les conclusions de ce G7 que j'ai pu tirer,
07:52j'ai résumé en disant qu'il y a un consensus qui n'a pas été rompu
07:55pour dire qu'on ne devait pas changer notre position à l'égard de la Russie
07:59et maintenir l'effort pour l'Ukraine.
08:01Et enfin, nous devons évidemment continuer de répondre aux conséquences économiques de cette guerre.
08:07C'est ce que nous avons fait par ce G7, les décisions des derniers jours
08:10sur la libération de certaines de nos réserves stratégiques
08:13et de manière plus nationale par les mesures que le gouvernement prépare.
08:17Sur la partie énergie, justement, M. le Président,
08:20je veux nous préciser quelle est la quantité qui va être utilisée dans les réserves françaises
08:24en termes de pétrole.
08:26Vous parliez à l'instant des mesures que le gouvernement pourrait prendre
08:30pour protéger le pouvoir d'achat des Français.
08:32Si jamais, en effet, ces réserves stratégiques ne suffisent pas à limiter la hausse,
08:36est-ce qu'il faut prendre des mesures, protéger le portefeuille des Français,
08:39quoi qu'il en coûte, au risque d'accroître ?
08:44Les réserves stratégiques, c'est un maximum qui a été donné.
08:47Et donc, nous avons décidé, dans le cadre de l'Agence internationale de l'énergie,
08:52la trentaine de pays qu'il compose, de libérer jusqu'à 400 millions de barils,
08:57ce qui équivaut à environ 14,5 millions pour les réserves stratégiques françaises.
09:04C'est un maximum.
09:05On va le faire par étapes, en fonction des évolutions du marché,
09:09en se coordonnant avec nos principaux partenaires.
09:11Nous avons encore beaucoup d'autres réserves derrière.
09:14Mais c'est une intervention de marché qui est importante.
09:17Pour que ce soit bien compris, ce sont des capacités que les États gardent par de véreux,
09:23qui ne sont pas sur eux-mêmes leur marché domestique.
09:25Donc, ce n'est pas quelque chose qu'on enlève à quelqu'un chez nous.
09:27C'est des réserves qu'on garde pour réguler le marché
09:29et avoir ces instruments d'intervention en cas de déstabilisation.
09:33On a considéré que c'était le cas.
09:35Et donc, on les libère sur le marché.
09:37Ce qu'on fait, c'est qu'on le fait de manière coordonnée.
09:39On envoie un signal de marché pour que les prix baissent.
09:42Et on le fait en s'assurant que d'autres ne fassent pas des réserves indues.
09:46Et ça, c'est en particulier le travail qu'on va mener avec l'ensemble des pays du G7,
09:50qui représente 70% des capacités qui seront libérées,
09:55et avec l'agence internationale vis-à-vis des pays tiers.
09:59Sur les autres mesures, le gouvernement a appelé chacun la responsabilité.
10:04J'ai vu aussi les prises de parole de plusieurs distributeurs.
10:07C'est une bonne chose.
10:08Au fond, il faut d'abord que les prix mondiaux se tiennent le plus possible.
10:14Et si je devais vous dire les choses,
10:16quelle est la bonne réponse à la crise que nous vivons ?
10:18La première, qui est le plus vite possible,
10:20un arrêt des combats et qu'on puisse reprendre la route d'Hormuz
10:23en la sécurisant comme il faut dans un cadre qu'on est en train de préparer.
10:27Donc on fait déjà œuvre utile dans la durée.
10:30Deuxième chose, tant que nous n'avons pas ça,
10:32il faut pousser ceux qui peuvent à produire davantage,
10:36éviter tout dysfonctionnement de marché par des comportements inappropriés
10:39où les uns ou les autres réduisent les exports ou bloquent le commerce mondial,
10:45et faire des interventions techniques comme on vient de le faire
10:48en relâchant nos capacités stratégiques qui sont faites pour ça.
10:51Et puis au niveau national, ce que le gouvernement est en train de faire,
10:55c'est d'abord de faire des contrôles pour s'assurer
10:56qu'il n'y a pas des gens qui profitent de la situation
10:58pour monter un peu trop vite et trop fort les prix.
11:01Et c'est tout faire pour que la hausse se transmette
11:04le plus lentement possible dans les prix à la pompe,
11:07qu'ensuite dès qu'il y a une baisse,
11:09elle redescende le plus vite possible dans les prix à la pompe
11:12et d'engager les principaux distributeurs
11:16à essayer de tout faire à prix coûtant,
11:18à essayer de ne pas aller au-delà de certains prix.
11:23Certains ont commencé à s'engager ces dernières ans dans ce sens,
11:25c'est une bonne chose,
11:26puis le gouvernement, lui, renforcera les contrôles.
11:29Après, il appartiendra au gouvernement,
11:31si la crise devait durer,
11:33de voir les mesures appropriées.
11:35Ce n'est pas aujourd'hui qu'on peut dire cela.
11:37Tout ça nous montre une chose.
11:38Ce qu'on est en train de vivre,
11:40c'est le coût de la dépendance.
11:43Et donc, quand vous m'entendez depuis des années
11:45parler plus d'autonomie et de décarbonation,
11:48parce que la France ne produit pas
11:50du pétrole et du gaz sur son sol,
11:53c'est ça.
11:54C'est-à-dire que tout ce qu'on fait
11:55qui nous amène vers la transition,
11:57c'est réduire aussi la dépendance
11:58et donc notre exposition à des risques géopolitiques.
12:01Et donc, on a raison de continuer
12:03à électrifier massivement,
12:05à réduire nos dépendances.
12:06C'est un chemin en long cours.
12:08On l'a beaucoup accéléré ces dernières années.
12:10Il est utile dans ces périodes.
12:11Monsieur le Président,
12:12est-ce que vous avez des informations consolidées
12:13sur le minage par les Iraniens
12:15du détroit d'Hormuz
12:16et en quoi cela pourrait compliquer
12:18ou retarder la mission de sécurité
12:19que vous avez annoncé ?
12:20Et combien de temps pourrait durer
12:21cette mission pour débloquer l'effort ?
12:23Je n'ai pas d'informations sur ce sujet
12:25de manière sûre.
12:27J'ai vu comme vous,
12:28en ce qu'on appelle des sources ouvertes,
12:30c'est-à-dire sur des fils d'informations
12:33ou des interventions que ce serait possible,
12:35je n'en ai pas la confirmation,
12:37ni par des services partenaires,
12:39ni par nos propres services.
12:40Donc je ne peux pas vous répondre...
12:42Je ne peux pas répondre à cette question.
12:45Évidemment,
12:48ce serait un choix lourd
12:50qu'auraient fait les Iraniens,
12:52mais je ne veux pas commenter
12:53quelque chose sur lequel
12:54je n'ai pas de certitude.
12:55Aujourd'hui, en tout cas,
12:56c'est une zone de guerre.
12:57Donc aujourd'hui,
12:58on ne peut pas sérieusement considérer
12:59qu'on peut reprendre
13:00le commerce international.
13:02Et donc, il y a plusieurs centaines
13:03de tankers et de portes-conteneurs
13:05qui sont aujourd'hui à l'arrêt
13:07des deux côtés du Détroit.
13:08Et donc, il faut d'abord
13:10que les conflits cessent
13:11et ensuite que le travail se structure.
13:13est à la fois sécuritaire,
13:15il est aussi technique.
13:16C'est tout ça qu'on prépare.
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