Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 minute
L’inquiétude de Tarek Zarhdad, délégué CGT de Forvia à Bavans à propos de l’avenir de la filière des sous-traitants automobiles dans le Pays de Montbéliard qui supprime de nombreux emplois

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Il est 7h47 avec notre invité ce matin, on s'intéresse à la santé de la filière des sous-traitants
00:06automobiles dans le pays de Montbéliard Thierry.
00:08Une filière qui souffre en ce moment avec la suppression de nombreux emplois et la délocalisation de plusieurs entreprises.
00:15Bonjour Therese Ardad.
00:17Bonjour.
00:17Merci d'être avec nous ce matin, vous êtes délégué syndicat CGT de Forvia à Bavent près de Montbéliard.
00:22Quelle est la situation justement dans votre entreprise ?
00:25On souffre terriblement.
00:27La situation est un peu compliquée.
00:29L'industrie automobile a perdu en France et en Europe quasiment 30% de sa production.
00:35Donc nous on échappe à la règle.
00:38Donc on a une baisse d'activité qui est constante et permanente.
00:42C'est à peu près 10 ou 13 000 de suppression d'emplois en quelques années dans le pays de
00:46Montbéliard, enfin dans le Nord-Franche-Côté ?
00:48Non, il y a 13 000 équivalents temps plein dans le Nord-Franche-Côté qui sont possiblement menacés,
00:55une grosse partie est menacée aujourd'hui par la baisse d'activité de la filière automobile.
00:58Des pertes d'emplois que vous avez connues vous en peu de temps à Forvia à Bavent ?
01:02Oui exactement, on est passé de 1000 salariés avant Covid à aujourd'hui où ils sont à peu près 600
01:08salariés.
01:08Et c'est justement dans cette usine de Forvia à Bavent que l'on devait développer le fameux moteur à
01:14hydrogène, on en est où de ce projet ?
01:16En fait c'est des réservoirs à hydrogène et Stellantis a subitement arrêté.
01:20Ivia qui était la filiale de Renault a fait faillite, a cessé liquidation judiciaire.
01:25Donc pour la mobilité, les réservoirs à hydrogène, c'est terminé.
01:29Est-ce que vous craignez pour la survie de votre entreprise carrément ?
01:33La survie non, parce que Forvia c'est quand même solide, c'est quand même costaud.
01:36Ce qu'on craint aussi c'est qu'une vente de la division, comme elle se fait actuellement pour fils,
01:41il faut réussir à ce système d'intérieur.
01:43Alors on en parlait tout à l'heure, il n'y a pas que Forvia qui s'ouvre, c'est
01:45le cas de nombreux sous-traitants automobiles dans le Nord-Franche-Comté.
01:49Est-ce que vous, vous pensez que c'est passager, que les choses vont s'améliorer ou pas du tout
01:54?
01:54Non, c'est conjoncturel. Ce n'est pas conjoncturel, c'est structurel.
01:59On est passé d'une production en Europe de 20 millions à 16 millions.
02:03Dans ces 16 millions, il y a 17% de parts de véhicules électriques.
02:08Donc la fin du moteur thermique et la baisse de production, puis aussi les acteurs chinois qui sont rentrés sur
02:13le marché européen et français,
02:15ça fait que le gâteau s'est réduit et il y a de plus en plus d'acteurs sur ce
02:19même gâteau.
02:20Thérèse Ardad, vous venez d'en parler, Renault annonce, on l'a dit hier, l'arrêt des voitures thermiques en
02:272030
02:27et ses lentilles se concentrent, on le sait uniquement bientôt sur l'électrique.
02:31Ça aura des conséquences directes pour les sous-traités automobiles chez nous ?
02:34Comme nous, par exemple, on fait des potes d'échappement, des systèmes d'échappement.
02:37Un moteur thermique a un système d'échappement.
02:40Une voiture électrique n'a pas de système d'échappement.
02:43Donc nous, demain, si tout le monde passe au 100% électrique, on n'a tout simplement plus de boulot.
02:47Ça veut dire qu'il va falloir faire autre chose, voir l'avenir différemment ?
02:50Il faudra faire soit autre chose, soit quitter l'entreprise.
02:55Fatalement, si on passe au 100% électrique, nous, on fait des systèmes d'épôt d'échappement.
03:01Donc fatalement, s'il n'y a plus de voitures thermiques, il n'y a plus de Forestia, système d
03:05'échappement.
03:06Dans un tract distribué aux salariés, vous pointez les subventions accordées par les collectivités à Forvia, notamment.
03:13Expliquez-nous.
03:15Pour l'hydrogène, pour développer la filière hydrogène, on a touché énormément d'argent.
03:18On a touché à peu près entre 5 et 700 millions d'euros sous différentes formes.
03:23Le PIEC, un prêt de la BEI à taux zéro.
03:26On a touché aussi des subventions régionales à hauteur de 100 millions sur 10 ans.
03:30On a touché aussi le rachat du site de Forestia qui était amendeur et la construction de la nouvelle usine.
03:36Donc on a touché énormément d'argent public.
03:38Et malheureusement, les conséquences, c'est qu'on a perdu beaucoup d'emplois entre temps.
03:42Donc le politique a aussi une part de responsabilité là-dedans.
03:45C'est-à-dire qu'il n'a pas anticipé, peut-être, cette évolution électrique ?
03:49Non seulement, je pense que ce n'est pas aux politiques d'anticiper, ce n'est pas aux politiques de
03:53décider quelle sera la politique d'une entreprise.
03:55Par contre, le politique n'a pas donné de l'argent sans contrepartie et sans garantie derrière.
04:00On ne donne pas des centaines de millions d'euros alors que la France est endettée.
04:04On ne donne pas des centaines de millions d'euros à une entreprise sans demander des comptes à un moment
04:07donné.
04:08Quel est le bilan comptable et humain de la situation aujourd'hui ?
04:13Tarek Zardade, vous êtes toujours au contact avec les salariés de votre entreprise.
04:17Comment est le moral des troupes ? Est-ce qu'il y a des perspectives d'avenir pour eux ?
04:21Ou est-ce que carrément certains se tournent vers d'autres corps de métier ?
04:24Aujourd'hui, chez Forvia, par exemple, sur les deux sites à Langeois et Bavon, on a enregistré 71 démissions et
04:32ruptures conventionnelles en moins d'un an.
04:35L'année 2025.
04:37Sachant que le taux de démissions en France, d'après la DARES, c'est 2,9% qui a été
04:41signalé comme la grande démission.
04:44Donc nous, on a plus de 10% de démissions et de ruptures conventionnelles.
04:47Ça veut dire beaucoup, ça veut dire que les gens ne croient plus en filière automobile telle qu'on a
04:53connue jusqu'à maintenant.
04:54Exactement. Quand on a une démission, 71 démissions, c'est plus d'une démission par semaine.
04:59Il y a 53 semaines dans l'année.
05:02Donc quand il y a eu un rythme de démission, des pots de départ quasiment toutes les semaines,
05:06c'est pas quasiment, c'est toutes les semaines, voire plusieurs pots de départ,
05:09à un moment donné, il y a forcément une inquiétude.
05:13Merci, Tarek Zardade, venu dans nos studios pour partager votre inquiétude.
05:16Je rappelle que vous êtes délégué syndical CGT de Forvia à Bavon.
05:20Merci et belle journée à vous.
05:22Merci.
Commentaires

Recommandations